Bonjour tout le monde ! En ces temps de confinement, je prends le temps de poster la suite de Deux Couleurs. J'espère que la suite vous plaira, nous arrivons bientôt vers la fin ! J'ai hâte de savoir ce que vous en pensez dans les commentaires !

41.

Les cris plaintifs de leur bébé les firent revenir à la réalité.

« Elle doit avoir faim ».

Hermione ne pouvait pas allaiter. Son corps avait changé trop rapidement à cause du maléfice la production de lait maternel n'avait pas pu se mettre en place. La jeune femme aurait aimé pouvoir allaiter sa petite fille et renforcer le lien maternel qu'elle partageait déjà avec elle, mais malheureusement la vie en avait décidé autrement. De nouveau, la jeune femme essaya de convoquer un biberon d'un sort informulé mais le sort ne fonctionna pas. Severus le fit et regarda Hermione d'un air interrogatif.

« Ce n'est rien, ma magie n'est pas encore entièrement revenue. Puis Madame Pomfresh m'a ordonné de me reposer. J'obéis aux ordres que veux-tu. »

« Ce serait bien la première fois » dit-il en souriant.

Hermione sourit aussi, elle savait qu'elle pouvait se montrer têtue et téméraire, mais la réalité lui avait bien fait comprendre qu'elle avait besoin de repos après tout ce qu'elle avait subi. La jeune fille espérait seulement que cette situation serait temporaire et qu'elle retrouverait le plein usage de sa magie après avoir eu du repos.

Elle avait passé des semaines à devoir tout contrôler, chacune de ses émotions, chacun de ses actes pour protéger ceux qu'elle aimait. Avec du recul, elle se demandait comment elle avait pu faire tout cela, comment elle avait pu tenir. D'où était venue cette force qui lui avait permis de surmonter chacun de ces épreuves ? Severus et leur bébé. Elle avait puisé sa force dans l'avenir des deux personnes qui comptaient le plus pour elle. Maintenant tout était fini. Même si la guerre menaçait d'éclater à chaque instant, elle savait qu'ils pouvaient tout affronter, sa famille était réunie et c'était l'essentiel pour l'instant.

Severus et Hermione passèrent de longs moments tous les deux à l'infirmerie, l'étudiante n'ayant pas le droit de sortir de l'infirmerie tant que son corps ne s'était pas reposé. Ce repos forcé dura quelques jours pendant lesquels Hermione et Lucy reçurent toutes deux la visite de leurs amis et professeurs. Hermione était observée de toute part. Elle était revenue d'entre les morts. Qui pouvait se vanter d'avoir survécu à une malédiction, à la mort ? Harry avait bien survécu au sortilège de la mort mais là il s'agissait d'une malédiction, et elle avait été morte, pour de vrai, pendant de longues minutes, et elle était revenue.

Hermione eut enfin l'autorisation de sortir de l'infirmerie pour gagner les appartements de Severus. Il semblait pour les deux âmes-sœurs absolument hors de question d'être séparés, et puis il y avait leur bébé. Même si la jeune femme avait pu sortir de l'infirmerie, Severus la forçait au repos dans leur quartier. Quand le professeur s'absentât pour donner ses cours, Hermione avait essayé de faire de la magie. Pendant plusieurs jours elle s'était abstenue de jeter un quelconque sort pour laisser le temps à son corps de se reposer. Elle savait aussi qu'elle s'était laissé du temps pour retarder le moment où elle constaterait si sa magie était revenue ou non. Maintenant elle voulait savoir. Après s'être assurée que sa fille dormait paisiblement dans son berceau, Hermione s'assit sur leur lit et se concentra pour faire léviter la chaise devant elle. De longues minutes de concentration passèrent. Hermione se focalisait sur sa magie, ce qu'elle devait ressentir, elle prononçait le sort avec sa baguette de la manière qu'il fallait pour que l'objet lévite. Mais rien ne fit. Hermione sentit quelque chose couler de son nez. Elle porte sa main à son nez et regarda ses doigts : du sang. Pourquoi saignait-elle du nez ? Pourquoi ce foutu objet n'avait-il pas lévité ? La Gryffondore essuya rageusement son nez pour faire disparaître toute trace de sang, quand quelqu'un toqua à la porte. Elle se dirigea vers l'entrée tout en s'assurant qu'il n'y avait aucune trace de sang sur son visage.

Il s'agissait d'Harry, Ron et Drago. Elle les fit entrer dans le salon. Severus savait que ses amis passeraient, et il ne s'en formalisait pas plus que cela. Il s'agissait de ses amis, de personnes qui avaient été présents pour elle dans toutes les situations possibles et il risquait bien de les côtoyer pendant un très long moment, puis il savait aussi qu'ils étaient très importants pour elle. C'est pourquoi cela ne le dérangeait pas outre-mesure qu'ils viennent lui rendre visite.

Hermione enlaça chacun de ses amis et les invita à s'assoir sur le canapé du salon.

« Comment tu te sens Mione ? »

« Ça va mieux, je sens encore que mon corps a un peu besoin de temps, mais le pire est passé. » dit-elle en souriant.

« Où est Lucy ? » demanda Ron

« Elle dort » répondit Hermione avec un sourire aux lèvres. Parler de sa fille gonflait toujours son cœur.

« Alors, qu'est-ce que ça fait de revenir d'entre les morts ? » demanda Drago sans aucun tact.

Il reçut une tape derrière la tête de la part de son petit ami qui le foudroyait du regard.

« Quoi ? Faîtes pas les innocents, cette question nous taraude tous ! » se justifia-t-il.

Hermione appréciait que son ami blond la traite de la manière la plus normale qu'il soit. C'était comme si tout revenait à l'ordre, à la normale.

« Eh bien… c'est étrange… c'est comme s'endormir, sans plus rien ressentir. Comme si ton corps entier était anesthésié de toutes sensations… Et le réveil, eh bien… c'est violent. Tu ressens tout d'un coup, comme frappé par la foudre, tous tes sens reviennent et c'est déstabilisant. »

La jeune femme s'arrêta, se rappelant de tout ce qu'elle avait ressenti quand elle était partie, puis à son réveil. Cette puissance qui l'avait réveillée, qui l'avait ramenée. Puis elle dirigea son regard pour capter le regard d'Harry. Elle choisit tranquillement ses mots avant de s'exprimer le plus calmement possible.

« J'ai vu tes parents Harry… Ils m'attendaient avec mes parents et Sirius. »

Le silence se fit dans le salon. Le Survivant fixait sa meilleure amie sans vraiment comprendre ce qu'elle venait de dire. Avait-il bien compris ?

« Ils sont fiers de toi, de tout ce que tu as accompli, des choix que tu as faits. » En prononçant cette dernière phrase, elle lança un regard discret à Drago. Ils étaient même fiers du choix amoureux de leur fils.

Harry sentit des larmes couler sur son visage. Elle avait vu ses parents, ils avaient parlé. La jeune femme finit sa confidence.

« Ils t'aiment désespérément, ils voulaient que tu saches qu'ils seront toujours à tes côtés, qu'ils veilleraient toujours sur toi. »

Harry ne cachait pas ses larmes, et serra la Gryffondore fort dans ses bras. Il la remercia du plus profond de son cœur pour ce qu'elle avait dit. Même Ron et Drago avaient les yeux qui larmoyaient.

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Severus rentra dans sa journée de cours pour trouver Hermione dans le salon, lisant un livre avec leur fille paisiblement calée contre son torse. C'est comme s'il avait un aperçu de leur vie future, trouver la femme de sa vie et leur fille, tranquillement en train de lire au coin de la cheminée.

« Tu ne penses pas qu'il est un peu tôt pour qu'elle apprenne » et il pencha la tête sur le côté pour apercevoir le titre du grimoire avant de reprendre « Maléfices et sortilèges niveau 6 ? »

Hermione releva la tête et lui sourit. Severus enleva sa cape professorale et vient s'assoir à côté de son étudiante derrière laquelle il passa un bras, l'embrassa tendrement et embrassa la douce tête de leur bébé. C'était donc ça le sentiment de calme, d'apaisement, de bonheur ? Après tout ce qui s'était passé entre eux, il n'aurait jamais pensé un jour se retrouver dans un tel cadre avec une famille. Sa Famille.

Lucy commença à montrer des signes de fatigue et Severus la prit délicatement dans ses bras pour aller la coucher dans la nouvelle pièce que le château avait fait apparaître. C'était une petite chambre aux couleurs pastelles avec un berceau, une table à langer et tout le nécessaire pour leur bébé. Hermione observa d'un œil attendri Severus coucher leur fille. Tout était venu soudainement, à peine quelques mois de grossesse, et seulement quelques jours pour Severus pour se faire à l'idée de la paternité.

Severus revint quelques minutes plus tard et proposa à Hermione d'aller se coucher. La jeune femme revêtit un teeshirt de son amant qui lui arrivé mi-cuisse et s'allongea à côté de son homme. Elle se sentait timide. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas dormi à ses côtés, qu'elle ne semblait plus savoir comment ni quoi faire. C'est ridicule, c'est de Severus dont on parle. L'homme vint naturellement la prendre dans ses bras. Il la serra, comme pour se confirmer l'idée qu'il ne rêvait pas et qu'elle était bien à ses côtés. Hermione se retourna et observa se visage qui lui avait tellement manqué.

« J'ai l'impression de rêver » dit-elle.

Severus resserra son étreinte et passa son nez sur son front, inspira profondément son odeur.

« Je suis tellement désolée pour tout ça Severus… » dit-elle en se relevant sur un coude.

« Quand tu es… morte, j'ai vu des ondes magiques disparaître de ton avant-bras. Tu avais fais un serment inviolable, n'est-ce pas ? »

La jeune femme acquiesça.

« Avec qui ? » demanda-t-il.

« Hélia Connoy. » dit-elle.

La jeune femme se mit à lui expliquer l'ampleur du serment inviolable et tout ce qu'il avait engendré, tous les choix douloureux qu'elle avait dû faire et tous les mots horribles qu'elle avait dû dire. Severus admira la force de sa petite amie. Elle avait vécu tout cela toute seule, sans jamais pouvoir se confier à quiconque.

« C'est moi qui suis désolée. J'aurai dû comprendre que tu étais liée au silence d'un moyen ou d'un autre. Mon comportement a dû t'être insupportable. »

« C'est vrai que ce n'était pas facile, mais c'était légitime. Tu étais dans l'ignorance. Je ne sais pas comment j'aurais réagi si j'avais été à ta place honnêtement. Je pense que je serais devenue folle. »

« À partir de maintenant plus de mensonges, plus de secrets entre nous. » demanda-t-il, espérant mettre derrière eux tous les évènements du passé.

Hermione acquiesça et se pencha pour l'embrasser. Elle se sentait revivre quand elle sentait son contact. Severus approcha un peu plus la femme contre lui, qui l'enjamba pour approfondir ce baiser tant attendu. Ils savaient tout deux que même si Hermione avait eu une césarienne, il leur était impossible de faire l'amour. Pourtant ce simple contact physique, ce simple baiser semblait leur suffire. Se savoir appartenant de nouveau de l'un à l'autre les contentait.

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Le lendemain l'Ordre fut convoqué dans le bureau directorial du professeur Dumbledore. Tous les membres étaient présents. Chacun s'extasiait devant la fille de Hermione et Severus qui était entre eux. Tous enlacèrent Hermione et exprimèrent leur joie de la voir de nouveau à leur côté et de retrouver leur amie en vie.

« Bien, jeunes gens je vous ai convoqué car l'heure est grave. Les mangemorts multiplient les attaques aux alentours de Poudlard. Le Mage noir continue de convoquer et de recruter de plus en plus d'adeptes. Comme vous le savez, Severus n'est plus considéré comme un allié de la magie noire. Il fait maintenant partie des personnes à éliminer en premier. »

Hermione frissonna aux paroles du directeur.

« De même, Miss Granger ainsi que leur bébé et monsieur Potter sont aussi des cibles privilégiées. Il serait absurde de continuer à assurer un bon fonctionnement dans l'école alors que la guerre menace d'éclater à chaque instant. »

Chaque membre de l'Ordre semblait prendre conscience de ce que ces paroles signifiaient.

« C'est pourquoi j'ai décidé de mettre en place des entraînements magiques afin de préparer les élèves à cette guerre inévitable. Les professeurs assureront les entraînements et des membres de l'Ordre ainsi que des Aurors seront bénévoles afin d'assurer davantage d'entraînements et de cours de préparation. »

Hermione commença à s'inquiéter. Comment allait-elle pouvoir assister à ces cours et entraînements si elle n'était pas capable de ne serait-ce soulever un objet ? Et qu'allait-il advenir de leur fille ? Severus dû sentir une vague d'inquiétude de la part de son âme-sœur puisqu'il lui jeta un coup d'œil et lui serra discrètement la main.

Dumbledore leva la réunion mais demanda toutefois à Hermione et Severus de rester.

« Aux vues du lien qui vous unit et de vos pouvoirs réunis, vous devez comprendre que votre magie sera un atout plus que favorable à nos côtés. Je sais que c'est beaucoup vous en demander, surtout maintenant que vous avez une petite fille… » tous les regards convergèrent maintenant vers Lucy qui était très calme dans son fauteuil.

Hermione et Severus acquiescèrent et quittèrent le bureau. Dans les couloirs Hermione voulait interpeller Severus et lui expliquer son problème de magie et ses inquiétudes mais il la devança.

« Je dois aller au laboratoire fabriquer un maximum de potions, est-ce que tu peux garder Lucy ? »

Hermione retint les mots qui étaient dans sa tête.

« Bien sûr vas-y, on se voit ce soir » dit-elle.

Se moquant bien qu'il puisse potentiellement y avoir des élèves dans le couloir, il l'embrassa et s'en alla dans une volée de capes.

Trop demander pour se dire la vérité et ne plus avoir de secrets.

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Pendant que Lucy faisait la sieste, Hermione essaya de nouveau de faire de la magie. Mais rien ne faisait, son nez saignait et aucun objet ne voulait bouger ou léviter. Un petit tas de mouchoirs en papier imbibés de sang traînait par terre. C'est à ce moment-là que Ron décida de pénétrer les quartiers de Snape, sans même toquer ou demander l'autorisation. Il savait que Snape était dans son laboratoire et vue la situation, il ne voyait pas vraiment où était le souci pour voir son amie.

« Hermione, je suis désolée de te déranger mais… » son regard s'arrêta sur le sang séché du nez de son ami et sur la pile au sol. « Mais Hermione qu'est-ce que c'est que ça ?! »

Le rouquin se revu plusieurs mois en arrière quand Hermione avait essayé d'utiliser sa magie pour sauver Drago. La jeune femme essaya de bredouiller des excuses mais le rouquin ne semblait pas dupe.

« Ron, ce que je vais te dire, tu ne dois absolument pas le répéter, ni à Harry et Drago et encore moins à Severus. »

Le jeune Weasley hocha de la tête à contrecœur comprenant qu'elle allait lui confier quelque chose qui ne présageait rien de bon.

« Je n'ai plus de magie en moi. »

Ron ne sembla pas vraiment réagir, pour lui ce n'était tout bonnement pas envisageable.

« Mais enfin Hermione c'est impossible, tu es une sorcière ! »

« Oui bah visiblement je n'en suis plus une. » rétorqua Hermione de manière un peu puérile.

Le rouquin essaya d'assimiler la nouvelle et de réfléchir à la situation.

« Depuis combien de temps ça dure ? »

« Depuis que je me suis 'réveillée'… »

« Tu veux dire que ça fait presque une semaine que tu n'as pas fait de magie ? » demanda-t-il, en espérant que la jeune femme ne confirme pas.

« J'ai essayé ! Tous les jours quasiment et rien ne fonctionne, j'ai d'abord cru que c'était parce que j'étais faible mais les jours ont passé et rien ne fonctionnait… »

« Et Snape n'est pas au courant… » devina Ron.

Hermione confirma l'hypothèse de son ami.

« Mais enfin Hermione, tu dois lui dire ! Tu ne crois pas qu'il serait plus à même de t'aider et de trouver une solution ? Tu as entendu ce qu'a dit Dumbledore ce matin : la guerre risque d'éclater à tout moment ! Tu ne peux pas te permettre d'être vulnérable ! »

Ron se retint de dire que le pouvoir qu'elle partageait avec Snape était aussi une solution sur laquelle tout le monde comptait inconsciemment.

« Tu ne crois pas que je suis au courant de tout ça Ron ?! Je suis la principale concernée ! »

« Alors pourquoi continues-tu à cacher ce qui est primordial en ce moment ?! Tu n'as pas appris la leçon ou c'est juste que tu aimes risquer ta vie, mais il n'y a plus que toi maintenant il y a Lucy et… »

Ron arrêta sa tirade quand il vit le regard mouillé de sa meilleure amie. Il ne savait pas quoi faire. Il se doutait que gueuler et culpabiliser son amie n'était pas la meilleure des idées, mais pour la fille la plus intelligente de sa génération, elle semblait un peu perdue face à la situation.

« Qu'est-ce qui se passe ici ?! » dit une voix lente et grave reconnaissable entre toutes : celle de Snape.