Coucou tout le monde comment ça va bien en cette période bizarroide ? J'espère que vous et vos proches vous vous portez bien !

Bon... je me rends compte que je n'ai laissé AUCUN petit mot d'intro sur la fic anniversaire de Maloriel, ça fait tellement longtemps que je n'ai pas posté ici que les bonnes habitudes se perdent avec ce satané confinement (il a bon dos celui-là) !

Aujourd'hui, je vous reviens donc non pas avec un des mes sempiternels AoKaga, mais un AoKi, infidèle que je suis !

J'avais envie de quelque chose de simple et de mignon pour me remettre un pied à l'étrier de la fanfiction et Kagami ne se prêtait pas du tout à l'idée directrice de cette histoire, à cause de son caractère un peu trop... affirmé et explosif. Attention, je ne suis pas en train de dire que Kise n'a pas de personnalité, bien au contraire, mais je pense qu'il sait se montrer plus conciliant et surtout moins fier que le tigre indomptable. Mais bon, ça vient peut-être de ma conception (erronée ?) de l'AoKaga que je conçois et préfère étant constamment sur le fil du rasoir du conflit.

Bref, sur ce, enjoy, j'espère que Lawiki la Queen de l'AoKi appréciera et validera cette courte fic et pas très complexe (a priori), sans prétention autre que d'écrire une histoire sans grosse prise de tête, parce que mine de rien, même moi j'ai parfois besoin de trucs légers et pas tortueux pour un sou.

Des bisouilles et reviews appreciated, comme d'hab' !


Aomine était dur.

Genre dur comme du bois ou peut-être même, allez, soyons fifous, de la pierre.

Or, c'était quelque chose qui arrivait beaucoup trop souvent dernièrement et en particulier au moment le moins... opportun.

Dire qu'il pensait avoir déjà vécu ET survécu au pire pendant la période du collège, mais que nenni braves gens, que nenni... ! A son plus grand malheur, ses hormones étaient devenues encore plus incontrôlables depuis sa rentrée scolaire au lycée.

Mais bon, ça allait quand même au final, puisqu'il avait en effet décidé de ne pas trop se prendre la tête avec cet état de fait. Après tout, c'était un réflexe naturel sur lequel il n'avait pas le moindre contrôle, alors autant l'accepter plutôt que d'en faire tout un drame inutile.

Oh une jolie fille !

Bande !

Oh un chien !

Bande !

Oh deux mouches en train de niquer sur la vitre de la salle de cours !

Bande !

Oh un poteau électrique !

Bande !

Ca n'avait strictement aucun sens, alors Aomine avait décidé de ne même pas chercher à comprendre. Il n'y avait rien de logique dans ses réactions corporelles, sinon, depuis quand se sentirait-il excité par un arbre ? Pfff... c'était ridicule ! Ca ne voulait FORCEMENT rien dire, d'après lui.

… Et le fait que ce genre de petits désagréments semble survenir en majorité en présence d'autres gars – de préférence, dans les vestiaires après un match de basket ou un cours d'E.P.S. - ne lui avait absolument pas mis la puce à l'oreille.

Pour Aomine, c'était juste le hasard. Mieux valait donc ne pas accorder trop d'importance ou même de crédit à ce genre de manifestations dictées par Dame Nature, sinon c'était un truc à n'en plus fermer l'oeil de la nuit. Or, Aomine tenait à son sommeil réparateur. (nan, c'est faux : juste à ses rêves érotiques.)

Et puis, d'après sa propre expérience, Aomine avait remarqué ne pas être le seul adolescent de sexe mâle à être victime d'érections intempestives, au plus mauvais moment de la journée, alors pourquoi en faire tout un esclandre, je vous le demande bien ? Apparemment, c'était un truc NORMAL, juste une sale période à passer, et par laquelle justement passaient tous les gars de son âge. Au contraire même, d'après leur professeur de SVT, c'était plutôt un signe de bonne santé et de vigueur !

Alors oui, Aomine avait décidé de ne pas se poser de question, en prenant peut-être un peu trop sa situation à la légère.

En bref, toujours était-il que le brun était particulièrement content d'en avoir ENFIN terminé avec ce satané match d'entraînement contre Kaijo ! Match qui c'était beaucoup trop éternisé à son goût, mais hé, même lui devait bien admettre que Kise et ses équipiers avaient bien progressé depuis le dernier Inter High lors duquel ils s'étaient affrontés. Et pour Aomine qui n'aimait pas que ça traîne (au sens le plus global du terme, étant donné que le jeune homme ne possédait pas la moindre once de patience dans la vie...), devoir jouer avec une ERECTION par dessus le marché, avait achevé de transformer le match amical en supplice interminable.

Mais quand bien même avait-il déjà perdu le match (de peu, mais tout de même, une victoire reste une victoire, aussi infime soit-elle.), que ce satané Kise refusait d'abandonner jusqu'au coup de sifflet final. Il le marquait à la culotte comme on le définirait dans un autre sport de ballon et déjà qu'au quotidien le blond était d'un naturel collant, cette fois, il avait carrément dépassé le stade de la super glue ! Or, ça n'arrangeait pas DU TOUT les affaires d'Aomine, qui n'avait qu'une hâte : en finir au plus vite pour pouvoir rentrer chez lui et ENFIN faire dégorger son poireau en bonne et due forme !

Au départ, le brun ne s'était pas inquiété de ce soudaine dureté qui avait pris ses aises dans son short de basket, commettant l'erreur fatale de penser qu'elle finirait peut-être pas retomber toute seule s'il ne s'en occupait pas... Mais plus le match avançait dans le temps et plus il devenait clair que cette intruse n'allait pas le lâcher simplement en l'ignorant. Or, ainsi que l'avait expliqué un peu plus tôt, la patience n'était pas une vertu que le basané possédait, hélas, ce qui avait tendance à le rendre de fort méchante humeur. Parce que jouer avec la bite tendue façon piquet de tente dans son short, c'était déjà extrêmement gênant d'un point de vue social, mais encore pire d'un point de vue purement sportif. Aomine avait effectivement un mal fou à se déplacer avec sa rapidité habituelle, mais quoi de plus normal lorsqu'on a un baobab qui pousse entre les cuisses ?

C'est pourquoi il soupira de soulagement lorsque le match se termina ENFIN.

Nan parce que là, c'était tout juste s'il n'avait pas envisagé de demander à ce que son coach le fasse sortir du terrain avant la fin, tant le problème devenait... compliqué à gérer.

Oui, il en était rendu là niveau urgence de la situation.

Ainsi donc, il se dépêcha de regagner les vestiaires pour prendre une douche FROIDE, espérant que ce geste fou parviendrait à annihiler le problème une bonne fois pour toute, mais sans trop y croire tout de même. Et malheureusement, même toute l'eau glacée qui avait coulé le Titanic n'aurait pas suffit à éteindre l'incendie qui avait pris place au niveau de sa queue...

Il se sécha donc et se rhabilla en grelottant, sous le regard pour le moins... circonspect de ses coéquipiers, à qui il n'avait sans doute pas échappé que leur as était sujet à quelques disfonctionnements physiques de plus en plus invasifs ces derniers temps. Pourtant, aucun d'eux n'osa se risquer au moindre commentaire, par empathie peut-être autre, mais sûrement plus par peur de subir le courroux légendaire d'Aomine. Non, au lieu de cela, chacun fit mine d'ignorer royalement la source du problème et personne ne posa les yeux sur cette... chose presque tabou et que personne ne souhaitait nommer.

Une fois rhabillé, Aomine remercia mentalement la composition de son uniforme. Son look débraillé avait l'avantage de stratégiquement cacher son bassin, étant donné que l'adolescent n'avait pas pris la peine de rentrer sa chemise dans son pantalon pour des raisons évidentes, autre que sa flemme habituelle, pour une fois. A présent, il n'avait plus qu'une seule idée en tête : rentrer fissa à la maison et sans détour pour se vidanger parce que ça commençait à lui faire mal mine de rien. Il n'entendit même pas Sakurai déblatérer ses excuses fétiches lorsque le brun entra en collision avec lui, l'éjectant contre le mur du couloir qui menait à la sortie du gymnase.

N'écoutant que sa soif de branlette sauvage, Aomine déboula dehors, tel un rhinocéros resté trop longtemps en captivité.

Satsuki était déjà rentrée de son côté, alors pas la peine de l'attendre.

Mais tandis qu'il s'éloignait en direction de son chez soi, une silhouette bien connue adossée à un mur attira son attention.

Kise.

Et le blond avait l'air... troublé. Peut-être même... un peu abattu.

« Ne fais pas ça Dai, tu te trouves littéralement à dix minutes de la branlette de ta vie là ! » S'intima le brun, dans le but de se raisonner.

Bien entendu, ce fut ce moment que le mannequin choisit pour se mordiller l'ongle du pouce nerveusement. Et pour avoir beaucoup fréquenté Kise au collège, Aomine savait que c'était TOUJOURS mauvais signe et que la crise de larmes n'était, en général, plus très loin...

« Raaah putain ! » Pesta Aomine avant de revenir sur ses pas.

Il savait qu'il n'aurait pas du.

Il savait que ce n'était pas une bonne idée.

Mais par contre, ce qu'il ignorait, c'était à quel point son geste allait finir par s'avérer dangereux...

Cependant, c'était comme ça, dès le départ, les dés étaient pipés ! Aomine avait toujours eu un petit faible pour Kise et c'était sans doute la raison pour laquelle il adorait l'asticoter dès qu'il en avait l'occasion au collège. Mais dès qu'un connard le faisait chialer ou qu'une fille se servait de lui, ça avait tendance à mettre le brun dans tous ses états de nerf. Bien plus encore que le fait de ne pas pouvoir se branler pendant toute une semaine complète, c'était dire ! Et impossible de lutter lorsque Kise arborait cet air si vulnérable...

« C'est quoi cette gueule d'enterrement Kise ? Tu viens d'apprendre que ton carlin s'est fait écraser par un trente trois tonnes, ou quoi ? » Demanda naïvement Aomine, histoire de lancer la conversation.

...

… Oh putain.

Non mais, imaginez deux petites secondes que ce soit la VERITAY !

Ah bah bravo Daiki, tu ne pourrais t'en prendre qu'à toi-même (et à l'autrice) dans ce cas !

« … Heu c'est pas ça quand même, rassure-moi ? » S'empressa de rajouter l'indélicat basketteur.

Nan parce que si c'était ça, autant se préparer tout de suite à taper le sprint de sa vie hein !

« Ce n'est rien Aominecchi, laisse-moi... »

« C'est vrai que quand on n'a « rien », on a l'air sur le point de chouiner comme toi, j'avais oublié. »

« Puisque je te dis que ça va hmpfff ! »

« Ouaiiiis, c'est ça. Bon, quel est l'problème et puis d'abord... où qu'ils sont tes coéquipiers hein ? » Fit Aomine en les cherchant du regard.

Comme le match avait eu lieu à Too, Kise était sûrement venu en car scolaire avec son équipe mais... Aomine en voyait aucun véhicule garé sur le parking. Bizarre. Est-ce que par hasard ils... ?

« Ils m'ont oublié Aominecchi ! Voilà, tu es content ? Non mais tu te rends comptes ? Ils sont partis sans moi, leur as ! Ils sont tous montés dans le bus et ils sont partis, sans rien remarquer ! » Brailla soudainement le mannequin.

« … Aïe. Ca pique ça... » Fut bien obligé d'admettre Aomine.

Ca ne lui était jamais arrivé à lui, Dieu merci, mais si ça avait été le cas, il l'aurait très, très mal pris. Peut-être même encore pire que Kise. Quel manque de respect total ! Bon, l'espace d'un instant, Aomine eut le souvenir qu'il était vaaaaaaaaaguement arrivé quelque chose de similaire à Kuroko à Teiko, mais son cerveau fit aussitôt barrage à cette honteuse information superflue.

« Mais heu... comment ça s'fait ? J'veux dire, si une telle mésaventure était arrivée à Tetsu, encore, j'pourrai l'comprendre, il est tellement discret et tout, mais toi franchement, t'es tout sauf heu... » Merde comment dire ça sans être vexant... ? « … bah... silencieux quoi. T'as la voix qui porte et tu n'passes pas inaperçu en plus. 'Fin, t'es grand et blond, ça jure un peu dans l'paysage, mais heu... pas dans le sens négatif du terme, hein ! C'est juste qu'on te remarque quoi, alors j'ai peine à croire qu'on ait pu t'oublier comme ça. »

Et aussitôt, Kise se calma un peu trop facilement pour que ce soit tout à fait honnête.

« Mais c'est d'leur faute aussi, parce que j'avais pas fini de me sécher les cheveux et je ne pouvais pas sortir comme ça dehors, tout mouillé, tu comprends ? C'était un coup à tomber malade, ça, après avoir autant transpiré sur le terrain ! Alors je... »

« Wolaola attends, comment ça « c'est de leur faute » ? T'es pas en train de me dire qu'en fait ils t'avaient prévenus qu'ils partaient et que t'as préféré rester dans les vestiaires à te sécher les tifs comme une princesse, juste après la douche, au lieu de bouger ton cul pour les rejoindre, là ? »

« Bah... si. » Répondit ladite princesse toute penaude.

OH LE CON !

Barbie!Kise dans toute sa splendeur !

Aomine s'écrasa une main sur la tronche de dépit, avant de reprendre :

« Ah ouais, quand même... Bon, bah j'imagine que t'as plus qu'à rentrer en métro dans ce cas. »

« O-oui... sauf que... » Cette fois, le joueur de Kaijo baissa la tête et se mordilla la lèvre inférieure. Ce qui, une fois de plus, était un bon indicateur du niveau de merde dans lequel se trouvait Kise. « Et bien... c'est bête mais j-je... il semblerait que ce matin... dans la précipitation, j'ai oublié de prendre mon portefeuille en partant à l'école... »

« … Portefeuille qui, je suppose, contenait ta carte de transport ET ton argent, n'est-ce pas ? »

« Voilà. »

« Ah ben oui, je me disais aussi que c'était pas drôle sinon ! » Ironisa Aomine. « Et un peu trop simple, venant de toi. »

« Ouiiiii, bon ! C'était un malencontreux oubli ! Ca arrive, bon sang ! » Rouspéta le blond en faisant des moulinets avec les bras.

« Ouais, ça arrive. Comme tes coéquipiers quoi. Bien que je doute qu'il s'agissait d'un oubli totalement involontaire, dans leur cas. »

« Hmpff ! Tu es méchant Aominecchi ! Déjà que j'ai rien mangé à midi parce que j'avais pas d'sou... »

« Et genre ta cantoche pouvait pas t'faire crédit pour un jour ? Ou j'sais pas moi, ton senpai là, Kasamatsu, il aurait pas pu te filer un peu de tune pour que tu manges ? Tu m'étonnes que tu t'traînais sur le terrain tout à l'heure, j'comprends mieux maintenant, si t'avais rien dans l'bide ! »

« Raaaah tu dis n'importe quoi, c'est même pas vrai, j'ai bien joué d'abord ! Et puis... j'ai pas osé leur demander de me prêter de l'argent, voilà... »

« Dis plutôt que tu n'y as même pas pensé. »

« ... »

« J'te connais Kise... »

« Ouiiii, d'accord, d'accord, c'est vrai ! Ca ne m'a pas traversé l'esprit de manger à crédit, tu es content.. ? »

Le brun lâcha un petit rire étouffé. Un rire sarcastique. Du Kise tout craché, ça.

Quel boulet.

« Et donc, t'as fait quoi pendant qu'tout les autres étaient en train d'becqueter et toi non ? »

« Ben j'leurs ai dit que... j'étais au régime et comme j'suis un grand mannequin international en devenir, ils m'ont cru sans s'poser d'question ! »

« Ah ouais, v'la l'niveau quoi... Bon... » Aomine ferma les yeux, pensif. Il devait trouver une solution pour sortir son ami de la mouise. « … et si j'te passais ma carte de métro ? »

« Mais tu en as besoin pour rentrer chez toi aussi, j'te rappelle ! » Protesta Kise, les larmes aux yeux à présent et un air de chien battu à rendre jaloux Bobby, son carlin.

Et de voir Kise dans cet état lui donna instantanément envie de lui faire un groooos câlin de réconfort. Mais si Aomine commençait à le prendre dans ses bras en pleine rue, au su et à la vue de tous, juste devant son gymnase, ç'en était fini de sa réputation de bad boy durement acquise, alors il s'en abstint. Et puis, cette diva pleurnicheuse de Kise n'avait que ce qu'il méritait, Aomine ne devait pas se laisser attendrir, sauf que...

« C'est vrai, mais... on pourrait dire que j'te raccompagne chez toi directement alors. Genre j'utilise ma carte de transport pour nous deux, il me reste encore de l'argent dessus, donc ça devrait aller. »

Impossible de ne pas voler à son secours, malgré sa furieuse envie de « détente » sexuelle.

Il remercierait Satsuki à ce sujet demain d'ailleurs, parce que c'était elle avait insisté pour qu'il la recharge pas plus tard qu'hier matin...

« Mais... j'habite carrément à l'autre bout de la ville Aominecchi, C'EST DE LA FOLIIIIIIE de vouloir me raccompagner à une heure aussi tardive ! Tu risques de ne plus avoir de train pour rentrer ! » Dramatisa le copieur des Miracles.

Et à ce niveau-là, c'était de l'art. Kise avait tendance à donner une importance grandiloquente aux moindre détails, même les plus triviaux... Ce qu'Aomine trouvait particulièrement casse-pied au collège, d'ailleurs. Mais plus maintenant, étrangement.

« D'la folie, faut p't'être pas exagérer non plus hein... Il n'est pas question d'aller affronter un dragon de Komodo à main nue non plus... Ca ira, j'te dis. Enfin, ça ira si tu arrêtes de chouiner dans ta barbe et qu'on fonce attraper le prochain métro genre maintenant tout de suite, sans attendre ! »

« Dans ma « barbe »... ? Comment ça ? Mais j'ai pas d'barbe Aominecchi, de quoi tu paaarles ? »

« … C'est une expression Kise ! Bref, laisse tomber et amène-toi, vite ! »

Sans lui donner l'occasion de protester cette fois, Aomine attrapa son comparse par le poignet et il se précipita jusqu'à la bouche de métro, heureusement située à seulement quelques enjambées de là (l'avantage d'être grands.), dans laquelle ils s'engouffrèrent à la hâte.

« Merci Aominecchi. » Le gratifia le blond turbulent.

Et rien que pour le sourire éclatant qu'il lui envoya en pleine face, l'espace d'un instant, Aomine se dit que ça avait valu le coup finalement de privilégier son ami paumé, par rapport à sa branlette libératrice.

… Enfin, jusqu'à un certain événement fatidique...

En effet, tout se passait merveilleusement bien, jusqu'à ce qu'ils soient contraints d'effectuer un changement sur la ligne de Ginza. Or, la ligne était extrêmement fréquentée à cette heure de la journée. Du genre... carrément surchargée même.

Et malheureusement, ce qui était plutôt anodin d'ordinaire se transforma en véritable TORTURE pour Aomine.

Les portes du métro s'ouvrirent, laissant monter plus de passagers qu'il n'en descendit et inévitablement, Aomine se retrouva pressé comme un citron. La sensation n'était déjà pas agréable en soi, mais le comble de l'horreur fut atteint lorsqu'il se retrouva collé au dos de ce pauvre Kise, lui-même complètement écrasé contre une vitre.

« D-désolé, vieux. » Balbutia Aomine, avant de laisser son menton reposer sur l'épaule du blondinet.

Blondit qui se tendit sous le contact, observant timidement le reflet d'Aomine dans la fenêtre du métro.

« Ce n'est rien Aominecchi... c'est moi qui suis... désolé pour la gêne occasionnée par la... situation. »

Quoi ?

« Heu mec, c'est quand même pas d'ta faute si le compartiment est blindé, t'en fais trop là ! »

Mais en guise de réponse, le visage de Kise se mit soudainement à rougir et Aomine haussa un sourcil, incertain de la raison qui poussait l'inénarrable mannequin d'habitude si bavard et extravagant à se montrer tout à coup aussi... timide. C'est alors que Kise choisit de lui donner un semblant d'indication en remuant légèrement contre lui...

!

ET MERDE !

Horrifié, blême presque (ce qui était un exploit au vu de son teint bronzé), Aomine réalisa que non seulement son érection persistante ne l'avait pas quitté, mais qu'en plus, elle s'était pressée sans vergogne contre les reins de Kise, LA COQUINETTE !

PIRE.

SCENARIO.

POSSIBLE.

DU MOOOOOONDE.

Et autant vous le dire tout de suite : NON, il était IMPOSSIBLE que Kise ne l'ait pas sentie !

Aomine détourna le regard, toussotant un peu pour signifier son embarras. Parce que oui, même à lui, ça lui pouvait lui arriver sporadiquement d'être embarrassé par moment. Et c'était précisément l'un de ceux-là...

Dans une ultime tentative de redresser la barre, (non, rien de sexuel dans cette allusion, promis.) et de sauver Kise de ce monstre sans dent, Aomine essaya de reculer un peu, mais il fut aussitôt coupé dans son élan par le mur de gens qui se trouvaient autour d'eux. Impossible de laisser le moindre espace de sécurité entre lui et le blond ! Pire encore, son essai de se solda par une perte d'équilibre qui l'envoya s'affaler davantage sur Kise...

… Kise qui laissa échapper un gémissement...

… Qui fila droit jusqu'à l'entrejambe du brun.

« Merde ! Désolé Kise... J... c'est pas c'que tu crois ! J'ai la gaule depuis avant de monter avec toi dans l'métro, hein, ça n'a rien à voir avec toi, OKAY ? J'comptais d'ailleurs m'en occuper une fois rentré à la maison ! » Se sentit obligé de préciser Aomine.

Ben ouais, des fois que Kise s'imagine de mauvaises choses, comme par exemple qu'il puisse lui faire un quelconque effet... CE QUI ETAIT TOTALEMENT FAUX, BIEN-SÛR !

Manquerait plus qu'ça, tiens !

Et bordel, le fait qu'il puisse sentir sa propre queue essayer de se frayer sournoisement un chemin entre les deux monts Kiseiens pour venir se nicher dans le fossé les séparant, n'arrangeait en rien ce traquenard déjà bien complexe...

C'est alors que dans le reflet de la vitre, le regard des deux garçons se rencontra et brusquement, le monde autour d'eux cessa d'exister un bref instant. Ils se fixèrent pendant d'agonisantes secondes, puis, Kise se cambra subrepticement, comme pour le prendre au piège et un juron étouffé échappa à Aomine. Sans même en avoir conscience et sans doute par pur instinct, les hanches d'Aomine se mirent en mouvement à son insu, faisant montre d'une volonté propre et impossible à défier. Aomine était d'ailleurs prêt à s'excuser ou à jurer de nouveau, difficile même pour lui de savoir quelle option allait l'emporter sur l'autre, quand Kise tendit son bras vers l'arrière et attrapa du bout des doigts la manche de la veste d'Aomine.

« C'est bon. » Déclara Kise d'une voix douce. « Ca ne me dérange pas. »

Le cerveau d'Aomine lui parut éclater dans sa boîte crânienne d'un seul coup.

Non... il avait forcément mal entendu, pas vrai ? Ou alors... Kise voulait dire autre chose en vérité et il s'était trompé dans sa formulation. Parce qu'il n'y avait aucun moyen pour qu'il... puisse être d'accord avec ce qui était en train de se passer ! Ca n'avait juste pas de sens !

Pourtant, lorsque Kise tira sur la manche d'Aomine de façon à ce que ce dernier puisse poser sa main sur sa hanche, l'as des Miracles comprit. Il sut tout de suite ce que cela signifiait. Le doute n'était plus permis et ses dernières réticences s'envolèrent. Le code de bonne conduite social vola en éclat.

Kise venait de lui donner la permission de se servir de son cul pour... pour se soulager sexuellement.

Pour se masturber.

La main du basané reposa sur la taille de Kise, dont Aomine ne remarquait la minceur que maintenant. Kise frissonna sous le geste et il se cambra alors un peu plus, lustrant affectueusement de bas en haut la virilité d'Aomine, que ce dernier aligna bien avec la chute de rein aguicheuse du mannequin dans le but d'obtenir une meilleure friction.

Ce n'était pas faute d'avoir essayé de réprimer ses plus bas instincts, mais Kise avait détruit ses ultimes résistances d'une seule attaque judicieusement placée.

Aomine grognait doucement, son timbre baryton si chaud coulant comme si chocolat liquide à l'intérieur des oreilles de Kise. Une véritable musique pour ses tympans sensibles et réceptifs...

Non.

Il ne devrait pas faire ça.

Pas ici, pas en public.

Entouré de GENS.

Et pas avec KISE ! KISE, ENTRE TOUS, NOM DE DIEU !

Ce fut la dernière étincelle de bon sens qui essaya désespérément de ranimer le cerveau engourdi d'Aomine, mais ce fut un échec, car le jeune homme n'en pouvait juste plus.

Il avait besoin de jouir au plus vite !

N'y tenant plus, il attrapa l'autre hanche de Kise pour un meilleur maintien et il se mit à onduler du bassin à son tour, se montrant plus actif dans sa recherche de satisfaction physique. Kise ne le repoussa pas, bien au contraire, il se montra extrêmement docile et malléable, suivant le mouvement sans rechigner et participant autant qu'il le pouvait, en dépit de sa position inconfortable.

La torse d'Aomine épousa le dos de Kise, couvrant le blond et le faisant plier sous son poids, de sorte à ce que les deux adolescents soient bien cachés bien le corps bien carré d'Aomine. Le brun s'assura tout de même qu'aucun passager indélicat ou pervers ne les reluquait, mais fort heureusement, ils étaient tous absorbés par leurs smartphones pour remarquer la scène insolite qui se déroulait pourtant juste sous leur nez. (littéralement)

Parfait.

C'était tout ce qui manquait à Aomine pour s'abandonner complètement au délicieux ballet interdit auquel il se livrait avec son ami.

Le basané accéléra la cadence non sans un certain empressement, semblant vouloir étouffer Kise sous son poids, sous sa présence imposante et dominatrice. C'était en effet lui qui décidait du rythme instauré et Kise n'avait d'autre choix que de s'y soumettre. Le frottement causé par la rigidité de leurs couches épaisses de vêtements n'était pas des plus agréables, ni même des plus pratiques, mais Aomine s'en accommodait. De toute façon, il n'avait guère le choix et puis le plaisir sexuel immédiat engendré par cette friction était plus fort que les inconvénients qu'elle engendrait.

Aomine avait l'impression d'être l'un de ces sales pervers qui profitent des transports en communs bondés, pour assouvir leurs fantasmes dépravés en se frottant aux cuisses des femmes.

N'empêche... n'importe qui pourrait se retourner sur eux et... ruiner leur scolarité avec pareil scandale.

Voire même leur vie entière.

L'exhibitionnisme était une activité illégale dont on ne sortait pas indemne, surtout à leur jeune âge.

Une seule photo prise à l'arrache et ils deviendraient la risée de Tokyo et certainement même du monde entier, merci Internet, ce genre de nouvelles se répand très vite...

Mais bizarrement de savoir qu'ils pourraient se faire prendre la main dans le sac, ou plutôt la bite dans le cul, rendait l'acte en lui-même encore plus... excitante.

Erotique, même.

Et inédite.

Alors autant en profiter un maaaaaaaaaax et tout donner, étant acquis que la situation actuelle ne risquait pas de se reproduire un jour !

Aomine reposa à nouveau son menton sur l'épaule de Kise, yeux fermés et il profita de leur proximité pour sucer doucement le lobule d'oreille de l'autre garçon. (et avouez que vous venez d'apprendre un nouveau mot là !)

Un seul gémissement de Kise fut suffisant pour le faire basculer dans le précipice au dessus duquel le brun avait entamé un numéro d'équilibriste sensoriel, maculant son pantalon de l'intérieur avec les résidus crémeux d'un des plus puissants orgasmes de toute sa jeune vie.

Aomine s'effondra un peu plus contre le pauvre Kise (qui devait vraiment commencer à le trouver lourd à plus d'un titre et dans tous les sens du terme...), haletant de sa transe post-coïtale, tandis qu'il enlaça inconsciemment la nuque de Kise pour le rapprocher encore de lui, si tant est que cela soit encore possible. Le mannequin se redressa en silence, restant aussi rigide que possible pour servir de charpente à Aomine et le soutenir du mieux qu'il le pouvait, le temps que le brun recouvre ses esprits.

Mais brusquement le strident du freinage atteignit leurs oreilles, indiquant que le convoi n'allait plus tarder à s'arrêter en gare. Ce son agit comme un bac d'eau glacée sur Aomine, refroidissant immédiatement ses ardeurs fraîchement épanchées et il s'écarta immédiatement de Kise. Kise qui ne lui adressa pas le moindre mot, ni même le moindre regard, tandis qu'ils se frayaient un chemin hors du wagon. Cependant, Aomine ne fit pas non plus la moindre remarque, se contentant de suivre le beau blond presque... timidement... jusqu'au quai.

Flotch flotch... la sensation flottante, humide et froide dans son pantalon le fit grimacer à la fois d'inconfort, mais aussi de dégoût. Comme quoi, malgré les apparences et ce qu'il clamait haut et fort, même Aomine Daiki avait ses limites, hygiéniquement parlant.

Tirant sur sa chemise, il se félicita encore une fois de ne pas la porter rentrée à l'intérieur du pantalon...

Cette portion du métro tokyoïte était vraiment labyrinthique. Difficile de s'y repérer même en la connaissant par cœur, comme cela semblait être le cas de Kise. Parfois, le Gémeaux hésitait et se retrouvait contraint à consulter l'un des nombreux plans affichés sur les murs. Définitivement, Kaijo se situait loin du quartier où vivait Aomine et le chemin du retour s'annonçait d'ores et déjà loin d'être une sinécure...

Imprimant mentalement le chemin du retour, Aomine fut soudainement interrompu par une main ferme lui attrapant le poignet. Surpris, il se tourna vers la source de « l'agression », qui n'était autre qu'un Kise aux joues toutes roses, ce qui en retour fit rougir ou plutôt brunir Aomine, sensible au petit air timide et adorable affiché par son blond.

« Hmm... Aominecchi... le chemin du retour risque d'être... pénible... si... enfin... je doute que tu veuilles reprendre le métro sans t'être changé au préalable. »

Oh.

Bonne.

Remarque.

En effet, ce n'était pas spécialement agréable de NAGER, ou plutôt de TREMPER dans son propre sperme. La sensation était plus dérangeante que ne l'aurait cru Aomine de prime abord, même lui devait bien l'admettre. Et bien que les adultes répètent souvent que « dans le sexe, rien n'est saaale » dans le but sans doute de se déculpabiliser en cas de pratiques un peu... exotiques, Aomine pouvait l'affirmer sans crainte : si, le sperme, c'est dégueulasse. Quand on marine dedans, cela s'entend. Et honnêtement, le brun n'avait surtout pas envie que ça sèche, parce que la sensation risquait d'être encore plus désagréable et puis bordel, c'était sa mère qui faisait la lessive à la maison ET PUIS NON MAIS SERIEUX, VA LUI EXPLIQUER L'ETAT CALAMITEUX DE TON SLIBARD !

Nan, franchement, sa meilleure option serait encore d'aller le BRÛLER en franchissant le seuil de la porte ! Mais il doutait sérieusement que sa mère le laisse faire... et surtout sans chercher à savoir ce qui s'était passé d'abord/sans poser de question... Aomine abandonna donc cette solution de fortune et considéra donc l'option de repli stratégique offerte par Kise.

« Je n'habite pas très loin de la gare et ta présence ne dérangera personne, puisque mes parents sont actuellement en voyage d'affaire à l'étranger... »

Tiens ? Ca lui faisait penser que malgré le fait qu'ils se connaissent depuis des années, le basané ignorait toujours la profession des parents de Kise. Alors qu'il était A PEU PRES SUR en revanche que Kise connaissait le métier des siens...

« … Quant à mes sœurs, l'une d'elle vit dans une résidence universitaire et l'autre ne rentre que le week-end pour s'assurer que vais bien en cas d'absence de mes parents. Le reste de la semaine, elle vit chez son petit-ami qui a son propre appartement du côté de Shibuya. »

Hmm... oui, pourquoi pas ? Si Kise était seul chez lui, Aomine se sentirait moins gêné d'aller squatter. Il s'apprêtait à accepter la généreuse proposition, quand soudain, son regard se posa malencontreusement sur le pantalon de Kise. Et le moins que l'on puisse dire, c'était que l'uniforme de Kaijo était vraiment très moulant, laissant peu de place à l'imagination. Surtout au niveau de l'entrejambe. Or, le mannequin était... pour le moins « gonflé à bloc » à l'idée d'accueillir son ancien équipier chez lui...

Et tout à coup, cela ne sembla plus être une aussi bonne idée que cela à Aomine...

Ca risquait d'engendrer trop de complications... et surtout, le basané n'était pas sûr de savoir comment réagir face au fait qu'un mec BANDE littéralement pour lui. Et non des moindres, puisqu'il s'agissait de Kise. Son ami. Son copain. Son pote à la compote ! C'était trop de nouvelles informations à gérer pour lui et il ne s'en sentait la force mentale pour l'instant.

« Ah hmm... je ne sais pas, il se fait tard tu sais et puis tu connais ma mère, elle est hyper protectrice et tout ça, alors elle n'aime pas que je sois à la bourre.. En plus, je ne l'ai même pas prév'nue, ça craint, elle risque de s'inquiéter... » Improvisa Aomine.

MAL.

A tel point que Kise relâcha automatiquement sa prise sur son poignet et il baissa la tête, sa frange lui recouvrant le visage pour masquer sa déception.

« Oh... je vois. »

Mais pas sa voix.

Sa voix qui trahissait sa déception.

Le cœur d'Aomine se brisa au son de celle-ci.

Pourquoi ?

Et surtout depuis QUAND l'idée même de voir ou de sentir de la tristesse chez Kise, lui était devenue insupportable ?

Kise tourna alors des talons et Aomine serra les dents.

« T-tout compte fait ! » S'écria Aomine, tandis qu'il s'élançait vers Kise pour le rattraper. « Peut-être que me changer ne serait pas du luxe, en vrai... »

Ca ne lui ressemblait pas d'être aussi gentil et conciliant d'ordinaire, mais lorsqu'il vit Kise sourire, Aomine comprit qu'il avait fait le bon choix. Jamais l'as de Too n'avait encore vu un sourire comme celui qui illumina le visage de son ami à cet instant précis. Un sourire pur, bienveillant et radieux : celui d'un ange !

« Alors suis-moi ! » Ronronna le blond en lui attrapant le poignet de nouveau pour le guider.

« Bordel de merde Daiki... dans quoi tu t'es encore fourré ? Et ne me répond pas « dans Kise » toi, espèce de sale cerveau dépravé ! »

Parce que concrètement si ce n'était pas encore le cas, au rythme où allaient les choses, ça risquait de ne pas tarder...