Bonjour tout le monde ! J'espère que vous allez tous bien et que le confinement ne vous pèse pas trop.
Je remercie à tous ceux et celles qui continuent de poster des reviews et de suivre cette fiction, cela me fait chaud au cœur !
Nous arrivons bientôt à la fin, je pense qu'il reste 2 ou 3 chapitres tout au plus !
J'ai hâte de lire vos avis !
Bonne lecture et à bientôt !
42.
Le regard du maître des Potions passa du jeune rouquin rouge d'énervement à Hermione qui semblait passablement énervée mais surtout pas loin de pleurer. Ses deux élèves semblaient tous deux être en plein milieu d'une dispute. Il était rentré de ses appartements et avait était guidé par les éclats de voix venant du salon. Enfin, Severus vit les mouchoirs tâchés de sang qui traînaient par terre.
Ron souffla et sortit des appartements, il lâcha toutefois un « Tu sais ce qu'il te reste à faire maintenant. » avant de sortir. Snape se tourna vers la Gryffondor qui s'essuyait les yeux, comme attendant qu'elle parle.
« Tu comptes m'expliquer ce qu'il se passe à la fin ? » exigea de savoir Severus, perplexe face à la situation et énervé à l'idée d'être maintenu dans l'ignorance.
« Tu veux vraiment savoir ? Je n'ai plus de magie, voilà ce qu'il se passe. »
Severus sembla accuser le coup. Il analysa l'ampleur de ce qu'Hermione avait dit. C'était une jeune femme intelligente, brillante même. Jamais elle n'aurait utilisé des mots si ce n'était pas à leur juste valeur.
« Et quand comptais-tu me le dire au juste ? Avant ou après t'être fait tuer à la guerre ? »
La jeune femme ne répondit pas et commença à ranger les mouchoirs et le bazar du salon. Elle ne voulait pas avoir cette conversation, tout simplement parce qu'elle ne savait pas où tout cela allait mener. Elle savait que sans magie elle était tout simplement inutile pour la guerre. Et le dire à voix haute, admettre qu'elle n'avait plus de magie lui était insupportable.
« Bordel Hermione regarde-moi quand je te parle ! On avait dit plus de secret et de mensonge et le jour-même tu trouves le moyen de le faire ?! Tu te fous de ma gueule ou quoi ?! »
Les cris d'énervement du Professeur de potions réveillèrent leur petite fille endormie. Hermione, comme sauvée par le gong s'en alla consoler Lucy.
« Cette conversation n'est pas finie Hermione. » dit-il alors qu'elle ne se retournait même pas à cette remarque.
La Gryffondore prit son bébé dans les bras et commença à chantonner une berceuse en la tenant dans ses bras. La petite fille se calma au bout de quelques minutes et la mère la reposa tendrement dans le berceau. Maintenant il s'agissait d'affronter le diable. Elle souffla un bon coup et retourna dans le salon, c'était une Gryffondor après tout.
Severus l'attendait, la main appuyée contre la cheminée, regardant les flammes danser dans l'âtre. Il avait senti qu'elle était de retour dans la pièce. Il attendait qu'elle parle, c'était à elle de s'expliquer. La jeune femme n'osait même pas s'approcher. Elle laissa passer quelques secondes, seulement dérangées par le bruit du feu dans la cheminée.
« Quand je me suis 'réveillée' je n'avais plus de magie Severus. Et malgré tout le repos que j'ai pu avoir, rien n'est revenu. J'allais t'en parler, mais je voulais m'assurer que je n'avais vraiment plus de magie… »
Elle décida finalement à s'approcher et posa une main dans son dos.
« Je n'ai jamais voulu te le cacher mon amour, j'avais juste besoin de temps avant de lâcher ce boulet de canon… »
« Tu aurais dû me le dire plus tôt, j'aurai pu faire des recherches. Chaque minute passée dans l'ignorance est une minute qui a été perdue pour trouver une solution » lui reprocha-t-il.
Hermione savait pertinemment que son amant avait raison. Elle avait perdu de précieux moments à le laisser dans l'ignorance. Elle savait que deux cerveaux valent mieux qu'un, surtout celui de Severus, mais avec tout ce qui s'était passé, elle avait voulu arranger les choses elle-même, redevenir maîtresse de sa vie.
« C'est ce que j'ai fait Severus. Mais honnêtement, connais-tu beaucoup d'âmes-sœurs qui ont un enfant, dont l'un meurt en couche et revit ? Aucune étude, aucun témoignage n'existe quant à ma situation… »
Severus ne répondit rien sur le moment. Elle avait entièrement raison, mais était-ce une excuse pour l'avoir laissé ignorant ?
« La guerre approche Hermione et si tu ne peux pas te défendre tu seras une proie tellement facile pour les mangemorts… »
« Mais ils ne savent pas que je n'ai plus de magie. Ils pensent toujours que je suis une menace avec de grands pouvoirs. »
« Mais moi je le sais ! » répondit Severus en se retournant, « Penses-tu vraiment que je vais te laisser aller au front ? Te battre ? Tout en sachant très bien que tu n'as aucun moyen pour te défendre ? Chaque minute à être en guerre sera une minute où je m'inquiéterai pour toi, une minute durant laquelle je ne serai pas capable de me concentrer sur l'état de Saint Potter pour qu'il l'affronte. Ne comprends-tu pas que je ne pourrais pas survivre te perdre encore une fois ? Nous avons une fille Hermione. Une merveilleuse petite fille qui a besoin de sa maman. »
« Et de son papa » crut bon d'ajouter Hermione.
Severus ne répondit rien. Il n'avait imaginé survivre à la guerre. Mais maintenant il n'était plus seul, il y avait Hermione et il y avait leur petite fille. Severus ne sut pas quoi répondre. Il prit Hermione dans ses bras, sa colère s'étant calmée. La jeune fille accueillit se câlin avec plaisir, c'était ce don elle avait besoin : de réconfort et d'être rassurée.
« Je trouverai un moyen de te rendre ta magie, je te le promets ».
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Les entraînements occupaient toutes les conversations à Poudlard. Les élèves avaient été séparés en groupe de niveaux pour faciliter les leçons et les progrès de chacun. Hermione ne pouvait évidemment pas y assister. Elle s'occupait de sa petite fille, et regardait Severus se tuer à la tâche. Le professeur n'avait pas un moment de repos : il assurait des leçons de défenses aux plus doués des élèves : Harry, Draco et Ron en faisaient partie. Il faisait aussi de nombreuses potions en prévision de la guerre qui menaçait d'éclater à tout moment. Hermione voulait aider, elle lui avait proposé plusieurs fois de l'aider ne serait-ce que pour les potions et après moult discussions, il avait accepté qu'elle l'assiste pour les potions les plus simples et les moins dangereuses.
Severus gardait toujours un œil sur son âme-sœur et surveillait son état physique et psychique. Pendant qu'ils étaient tous deux au labo, leur petite fille était gardée par madame Pomfresh.
Deux jours après la révélation d'Hermione à Severus, celle-ci se coupa lors d'une préparation d'une potion. Severus se précipita vers elle et se retint de lui jeter un sort de guérison. À la place, la jeune femme nettoya la plaie et mis un pansement moldu.
« Ce n'est rien Severus, ce n'est qu'une petite goûte de mon sang. »
Cette phrase fit tilt dans l'esprit de Severus qui était déconnecté de la terre ferme. Son visage se figea, affichant une expression neutre qu'il n'arborait jamais vraiment en présence d'Hermione.
« Severus ? Severus tout va bien ? » demanda Hermione en voyant le regard vide de son âme-sœur.
« Hermione c'est ça ! Ton sang ! »
La jeune femme, bien qu'étant la sorcière la plus intelligente de sa génération ne comprit pas où son professeur et amant voulait en venir. Son cerveau multipliait les analyses de la phrase mais rien ne venait.
« Tu n'as plus de magie parce que la nature génétique de ton sang a changé à ton réveil ! »
Severus n'employait jamais le mot « résurrection » quand il parlait du retour d'Hermione après sa mort. La jeune femme voyait s'afférer le Maître des potions mais ne comprenait rien. Severus réunissait des potions, des ingrédients, des plantes, des poudres, des ustensiles. Il continua son explication en installant un chaudron qu'il remplit d'eau sur un feu.
« Tu es revenue après avoir ingurgité le sang de Lucy. C'est ce qui fait que tu es en vie, mais tu n'es pas pleinement toi car il te manque une partie ! Le sang de Lucy est génétiquement un mélange de ton sang et du mien, tu as donc eu la dose de ton sang qui se trouvait dans celui de Lucy mais- »
Hermione suivit le raisonnement logique de son amant. En tant que son enfant, Lucy avait un mélange de son sang et de celui de Severus. La part de son sang avait permis de « réactiver » le sang qu'elle avait dans le corps mais il lui manquait une autre partie.
« Il manque ton sang » acheva Hermione.
Le regard de Severus affichait un sentiment de victoire et de découverte. Il avait mis le doigt sur ce qu'il manquait à Hermione pour être de nouveau elle-même : une sorcière à part entière. Aussitôt, Severus se dépêcha de réfléchir et d'annoter sur un parchemin tous les ingrédients, les formules chimiques et physiques pour créer la potion qui donnerait à nouveau à Hermione sa magie de sorcière. Severus se coupa le doigt et laissa couler quelques gouttes de son sang dans un verre en argent. Hermione ne savait pas quoi faire pour aider, son professeur semblait ne plus être sur terre. Il était perdu dans la confection de la potion. Son cerveau n'était que ingrédients, identités chimiques, formules et combinaisons. Son cheminement de pensée fut toutefois interrompu par l'arrivée d'Harry en trombe dans le laboratoire.
« Professeur, Hermione ! Des mangemorts ont été aperçus à quelques kilomètres de l'enceinte de Poudlard ! C'est aujourd'hui ! Ce n'est qu'une question d'heures ! »
Hermione échangea un regard paniqué avec Harry, puis elle se tourna vers Severus. Il arrêta de travailler et se tourna vers son élève.
« Merci Potter, aller avertir les autres ! » puis il se tourna vers Hermione une fois que le survivant fut sorti du laboratoire. « Hermione, tu dois aller voir Pomfresh et récupérer Lucy. Tu dois la déposer comme nous en avons parlé. »
Un matin, Severus et Hermione avaient parlé de la guerre à venir et de ce que cela signifiait. À ce moment, Hermione et Severus savaient qu'elle ne pouvait pas participer à la guerre si elle n'avait pas de magie en elle. C'était tout simplement inconcevable qu'elle risque sa vie inutilement. Et même, l'attention de Severus aurait été entièrement pour elle, et ça, il ne pouvait pas se le permettre. Ils avaient donc convenu de cacher Lucy, et Hermione elle-même dans un endroit sûr pendant la guerre. Cette pensée était détestable pour la jeune femme, mais elle savait qu'elle n'avait pas vraiment le choix. L'avenir sorcier était en jeu. Seulement, maintenant que Severus avait trouvé potentiellement un moyen de lui ramener sa magie, tout était remis en cause. Tout, sauf la sûreté de leur fille.
« Mais et toi ? »
Severus prit dans ses mains celles de la jeune femme.
« Je vais finir la potion, je te rejoins à l'infirmerie. »
Severus embrassa les douces lèvres de son âme-sœur et elle sortit du laboratoire. C'était une question de temps. Il devait finir et réussir cette potion. Il n'avait pas le droit à l'erreur. La vie d'Hermione était en jeu.
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Hermione courrait Presque dans les couloirs pour aller à l'infirmerie. Tout le château était en agitation. La guerre était imminente, c'était une question de minutes, d'heures tout au plus. La jeune fille accéléra encore sa cadence pour rentrer dans l'infirmerie. Madame Pomfresh semblait presque courir dans les sens pour préparer l'infirmerie et les potions.
« Miss Granger ! Je vous cherchais ! Que va-t-il se passer pour la petite Lucy ? »
Hermione s'approcha directement de son bébé et s'assura qu'elle dormait toujours paisiblement malgré les temps durs qui approchaient.
« Ne vous en faîtes pas Madame Pomfresh, je viens justement la chercher et la mettre dans un lieu sûre. En attendant que Severus arrive, est-ce que je peux vous aider d'une quelconque manière ? » proposa la jeune femme en se tournant vers l'infirmière.
L'aînée accepta volontiers l'aide de l'élève. Les deux femmes rangèrent les draps, sortirent les potions des premiers soins et organisèrent l'infirmerie. Harry, Ron et Drago arrivèrent quelques minutes après.
« Mione, tu dois aller te mettre dans un lieu sûr, toi et Lucy. » affirma Harry en s'approchant de sa meilleure amie.
« Harry a raison, tu seras la cible première ainsi que Lucy. » renchérit Drago.
« Nous allons mettre Lucy dans un lieu sûr Harry, ne t'en fais pas. »
« Mais et toi ? » demanda Ron.
Hermione ne répondit rien. Que pouvait-elle répondre de toute façon ? À l'instant où elle s'apprêtait à changer de sujet, Severus rentra dans l'infirmerie.
« Nous devons y aller Hermione ».
La jeune femme prit son bébé entre ses bras et se dirigea vers son âme-sœur.
« Allez où ? Enfin Snape ! vous ne pouvez pas partir maintenant ! » protesta Harry.
Le professeur de Potions fusilla le Survivant du regard.
« Je vais mettre ma fille dans un lieu sûr et protégé. » puis il rajouta « Ne vous en faîtes pas, je serai de retour pour vous sauver les fesses ».
Harry n'eut même pas le temps de réagir à la remarque de Snape qui s'approcha d'Hermione pour la prendre en transplanage d'escorte. Il lui demanda mentalement si elle était prête, elle hocha la tête, resserra sa prise sur leur fille et ils disparurent dans un tourbillon noir.
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Severus et Hermione atterrirent dans un appartement simple et confortable, plus principalement dans la nursery.
« Elpy ! » appela aussitôt Severus.
En une fraction de seconde le petit elfe domestique apparut devant le couple.
« Que peut faire Elpy pour maître Snape et miss Hermione ? » demanda l'elfe en s'abaissant.
« Nous te laissons notre fille Elpy. Prends soin d'elle et protège-la quel qu'en soit le prix. Nous reviendrons la chercher. Ne la confie à personne d'autres. Tu vérifieras notre identité à chacun. Me suis-je bien fait comprendre ? »
« Oui maître ».
Hermione pleurait. Elle savait qu'elle posait là sa fille, mais qu'elle n'était jamais vraiment sûre de la revoir. Au moins, elle vivrait. Le reste n'importait pas vraiment.
Severus se tourna vers la jeune femme après avoir embrassé sa fille. Il lui tendit une fiole à la couleur rougeâtre. La jeune femme la prit dans ses doigts, et la porta directement à sa bouche pour avaler le liquide. Le goût était bonnement infect et sentait le fer, sûrement celui de son sang. Elle avait une confiance totale en son âme-sœur, et elle savait que la potion était parfaite, sinon il ne lui aurait pas donné. Elle sentit le liquide couler dans sa gorge. C'était une sensation étrange, son corps commençait comme à prendre feu, chauffant chaque partie de son cœur, de ses doigts à son cœur.
« Comment tu te sens ? » demanda Severus en touchant le visage de son âme-sœur.
Un frisson parcourut le corps entier de la jeune femme, et quand elle rouvrit les yeux, ils étaient chacun d'une couleur différente. Ça avait fonctionné. Hermione sourit et embrassa Severus, savourant ce baiser qui pouvait être le dernier. L'énergie qui les parcourait était un signe plus que flagrant de la magie retrouvée, non seulement sa magie de sorcière mais aussi celle des âmes-sœurs. La bataille pouvait commencer.
