CH2- Bienvenue à Ton DC

Et voilà le second chapitre !

Merci à tous pour vos reviews, follows et favs, je ne m'attendais pas à un tel accueil. :D

Et merci à Kouan pour la relecture ;)

Je vous laisse de ce pas découvrir le chapitre et on se retrouve en bas.


Après une bonne nuit de sommeil, Clarke fut néanmoins réveillée par des coups frappés contre la porte de sa chambre. Elle roula d'abord de l'autre côté du lit, s'enroulant dans sa couette en espérant échapper au tambourinement et dormir encore un peu mais c'est alors qu'elle entendit un bruit de clé dans la serrure puis la porte s'ouvrir. Entre surprise et panique, Clarke se redressa d'un bond lorsqu'Indra entra d'un pas déterminé, voir colérique, dans la chambre.

- Indra ?! Mais que…

- Dr. Griffin ! Voulez-vous bien vous lever pour aller répondre au téléphone de l'accueil qui ne cesse de sonner ?! déclara-t-elle avec sévérité tout en plantant ses mains sur ses hanches.

- Le téléphone ? Mais en quoi ça me concerne ? Retourna-t-elle confusément tout en tirant les couvertures avec elle pour s'assoir sur le bord du lit.

- Une certaine Octavia cherche à vous joindre et apparemment elle n'a eu que faire de ma réponse lorsque je lui ai dit que vous dormiez et que je vous informerai de son appel.

- Oh bon sang… grogna Clarke en réalisant qu'elle n'avait pas du tout rappelé son amie la veille… je suis désolée Indra, s'excusa-t-elle en se précipitant dans le couloir.

- Vous pouvez ! Et tant que vous y êtes apprenez-lui les bonnes manières, 6h du matin n'est pas une heure pour téléphoner ! lança-t-elle à la blonde qui dévalait déjà les escaliers.

A peine eut-elle fait quelques pas dans le couloir que Clarke entendit la sonnerie du téléphone qui devait effectivement déranger une bonne partie de l'auberge. Arrivant en bas, elle fit le tour du comptoir et décrocha l'infâme appareil, rendant son calme au lieu.

- Passez-moi immédiatement Clarke, sale mégère, sinon je vous envoie les flics ! Hurla la voix reconnaissable de sa meilleure amie.

- Octavia, c'est moi ! L'arrêta-t-elle immédiatement et espérant qu'elle n'avait pas osé parler ainsi à Indra lors des précédents appels.

- Clarke ! cria-t-elle de soulagement, ce qui obligea la blonde à éloigner le téléphone de son oreille, puis sa voix changea du tout au tout, clairement en colère, Bon sang ! J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose ! Tu ne pouvais pas me rappeler ?! Je me suis imaginée les pires scénarios, je…

- Octavia, calme-toi ! cria-t-elle à son tour, la stoppant net.

- …

- Bien… écoute je suis désolée de ne pas t'avoir appelé plus tôt. Il n'y a apparemment pas de réseau dans cette ville et la journée passant j'ai oublié…

- Mouais… bougonna la petite brune.

Clarke ne put s'empêcher de sourire alors qu'elle l'imaginait parfaitement avec son adorable moue boudeuse sur le visage et ses bras croisés sur sa poitrine.

- Mais… fronça-t-elle soudainement des sourcils… comment tu as su que j'étais à l'auberge ?

- Facile ! S'exclama-t-elle. Quand j'ai réussi à ne plus paniquer, je me suis dis que comme tu étais partie rapidement, tu n'avais surement pas de logement donc j'ai cherché les hôtels du coin et devine quoi… il n'y a qu'une auberge.

- Toujours aussi futée… s'amusa Clarke qui même si elle le voulait ne pourrait échapper à son amie qui n'était pas journaliste pour rien.

- Alors raconte-moi, il s'est passé quoi après qu'on ait été coupé ?

- Et bien comme tu le sais… commença-t-elle en s'appuyant contre le comptoir… ma voiture est tombée en panne, je ne savais absolument pas quoi faire, jusqu'à ce qu'une habitante s'arrête et me conduise gentiment en ville…

- Une habitante ? Qui-est-ce ? T'es certaine que ce n'est pas une psychopathe ? La coupa-t-elle d'une voix pressente et s'inquiétant à outrance.

- O', tu te fais des films, rit Clarke. Lexa est tout à fait saine d'esprit et serviable. Rien ne l'obligeait à s'arrêter pour m'aider.

- D'accord… souffla son amie… mais fait attention, tu veux ? Tu ne connais rien de cette ville et encore moins de ses habitants.

- Je ferais attention, lui promit-elle.

Il y eut un silence qui s'alourdit, présageant un tournant dans la conversation.

- Ta mère est inquiète, Clarke, ce serait bien que tu l'appelles…

- Tu ne lui as rien dit ? Paniqua-t-elle.

- Je lui ais dit que tu allais bien mais que j'ignorais où tu te trouves. Je déteste lui mentir, Clarke.

- La première chose qu'elle ferait c'est le dire à Finn.

- Ca ne risque pas. Quand elle a appris ton départ, elle lui est littéralement tombée dessus, elle le tient pour responsable.

- Et c'est le cas, trancha-t-elle.

- Je sais… soupira-t-elle. Ecoute, Clarke, tu peux encore revenir, je suis sûre que l'hôpital te reprendrait …

- Octavia, ma décision est prise. Je ne veux plus de cette vie…

- Et tu nous rayes aussi de ta vie au passage, lui reprocha-t-elle soudainement.

- Non, O', jamais de la vie, j'ai juste besoin de souffler, d'oublier tout ça et je ne pourrais pas le faire en ayant Finn dans les pattes ou encore ma mère et ses foutues ambitions pour moi.

Il y eut un soupir à l'autre bout de la ligne puis un léger silence.

- Tu ne changeras pas d'avis ?

- Non.

- D'accord, accepta-t-elle définitivement la situation.

- O', tu peux m'appeler quand tu veux, clarifia-t-elle son besoin de garder contact avec elle.

- Ok…

- Mais à des heures décentes sinon je vais me retrouver à la rue, s'amusa-t-elle.

- Promis… et puis on sait tous que Griffin ne se lève pas avant midi, la taquina-t-elle.

- C'est complètement faux, protesta-t-elle vivement.

- Les jours où tu travailles ne comptent pas, Clarke.

- On peut difficilement faire une généralité en se basant sur deux jours par semaine.

- Si ça peut te rassurer.

Clarke afficha un doux sourire, sa meilleure amie lui manquant déjà cruellement.

- Et sinon comment s'est passé ton installation ? S'enquit Octavia continuant de les ramener sur un terrain plus léger.

- Plutôt bien, l'auberge est agréable et j'ai déjà rouvert le cabinet médical, tout se passe bien.

- Tu aurais pu te reposer un peu avant, lui reprocha-t-elle légèrement amusée.

- J'aurais pu mais si tu avais vu le monde que j'ai eu, les habitants avaient vraiment besoin d'un médecin.

- Toujours une bonne raison de te tuer à la tâche, se plaignit-elle faussement. Et sinon si cette Lexa n'est pas une psychopathe, elle est sympa, vous avez sympathisé ? Ca me rassurerait de ne pas te savoir seule.

- Encore faudrait-il qu'elle le veuille, hoqueta-t-elle d'agacement. Cette fille est complètement fermée, elle est aussi froide qu'un glaçon et… continua-t-elle tout en quittant son appui sur le comptoir pour se retrouver face à… oh… euh… Indra !

Juste derrière elle, en bas des escaliers, se tenait la propriétaire dont le regard d'ordinaire sévère était devenu assassin.

- Hum… se reprit Clarke avant de demander d'une petite voix… depuis combien de temps êtes-vous là ?

- Suffisamment longtemps… claqua-t-elle sans se soucier d'intensifier son malaise alors qu'elle se rapprocha du comptoir pour en faire à son tour le tour.

- Octavia, je te rappelle plus tard, salut !

- Non, Clarke attends !

Mais elle raccrocha puis elle se précipita vers les escaliers avant d'être stoppée par la voix tranchante d'Indra :

- Vous ne devriez pas la juger aussi vite.

Clarke soutenu son regard quelque peu honteuse avant d'aller se réfugier dans sa chambre, à l'abri du regard accusateur d'Indra…


Dans une grande maison faite de rondins aux abords de la ville, bien loin de se douter d'être au centre des discussions et des pensées d'une certaine blonde, Lexa se réveilla à son tour. Dans sa grande chambre, bien au chaud dans son lit double, elle ouvrit brutalement les yeux sur le plafond en bois brut lorsque l'alarme stridente du réveil l'agressa dans son sommeil. Ignorant le bruit, elle continua de fixer avec lassitude le plafond puis c'est mécaniquement qu'elle s'en détourna en écartant les couvertures et s'asseyant sur le rebord du lit. Elle se passa une main sur le visage qu'elle glissa ensuite dans ses cheveux emmêlés puis elle mit fin aux hurlements du réveil avant de se lever pour quitter la chambre.

Elle se retrouva sur l'étage ouvert sur le salon puis elle rejoignit la salle de bain au bout du couloir. Lexa ôta rapidement son pyjama peu glamour mais bien chaud et entra dans la douche, où elle laissa l'eau terminer de la réveiller. Quelques minutes plus tard, elle revint dans la chambre uniquement vêtue d'une serviette serrée autour de son corps. Elle avança vers la commode, où elle prit des sous-vêtements au hasard avant de les enfiler puis de se diriger vers le placard. Elle l'ouvrit et prit machinalement des vêtements, regardant à peine le jean et le pull bien chaud dont elle s'empara. Fin prête, elle se dirigea vers la porte mais s'arrêta une fraction de seconde, fermant brièvement les yeux, elle inspira profondément puis passa la porte, prête à affronter cette nouvelle journée.

Lexa descendit d'un pas rapide les marches menant aux rez-de-chaussée puis traversa le petit hall d'entrée pour rejoindre la cuisine. Rustique, elle n'en restait pas moins agréable avec son ilot central aux pierres apparentes tranchant avec ses meubles et murs de bois. Lexa se prépara un simple café puis elle s'appuya contre le plan de travail, ses mains appréciant la chaleur de la tasse tandis que son regard se perdit sur l'extérieur. La grande fenêtre de la cuisine donnait sur la cours mais c'est la lisière calme des bois qu'elle observait. Le silence de cette grande maison pouvait parfois être pesant, voir angoissant lorsqu'il se joignait à la solitude, mais ces grands arbres se hissant vers le ciel avaient le don de l'apaiser. Pendant ce petit rituel matinal, Lexa oubliait ses soucis et accueillait le silence avec sérénité. Cette maison était bien trop grande pour elle seule, elle aurait pu se contenter d'un appartement en ville mais c'était l'héritage de ses parents qui étaient partis bien trop tôt. Alors malgré la solitude parfois écrasante entre ses murs, malgré ses fantômes, jamais elle ne la quitterait.

Elle termina tranquillement son café puis elle quitta la cuisine pour aller enfiler ses chaussures de montagne et enfiler sa grosse veste. Elle attrapa ensuite son couteau de chasse qu'elle plaça à sa ceinture puis elle quitta la chaleur de l'intérieur pour le froid du perron. Lexa fermait la porte à clé lorsque le pick-up du sheriff s'engouffra sur le sentier cahoteux reliant la route principale à sa cour. Bien que sa visite n'annonçait rien de bon, la brune descendit les marches du perron et avança vers le véhicule que le conducteur manœuvra de sorte que le coffre se retrouve face à elle. S'en suivit l'arrêt du moteur puis une porte qui claqua.

- Que me vaut l'honneur de cette visite bien matinale ? lança-t-elle désinvolte à l'adjoint du sheriff.

Ce dernier, un grand gaillard au crâne rasé, ignora sa question tout en plantant un regard en colère sur elle puis d'un geste brusque il abaissa l'arrière du coffre, révélant son contenu à la brune. Lexa perdit toute nonchalance alors qu'elle fixait maintenant les cadavres sanguinolents de plusieurs moutons, la gorge arrachée et le corps lacéré.

- Les tueries sont de plus en plus fréquentes et violentes, daigna-t-il enfin parler d'une voix calme contrastant clairement avec sa colère visible.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse, Lincoln ? Sortit-elle de sa contemplation pour braquer un regard contrarié sur lui.

- Il faut agir, répondit-il calmement mais le reproche clair.

- Je fais déjà le nécessaire pour éloigner les loups mais si tu veux des clôtures et des moyens plus efficaces, c'est avec le Maire qu'il faut t'arranger pour qu'elle lâche le budget.

- Lexa, claqua-t-il durement, tu sais quelle sera la prochaine étape.

- Et encore une fois, c'est avec le Maire que tu dois voir ça, rétorqua-t-elle tout en se détournant.

Mais après quelques pas, une poigne ferme se referma sur son bras, l'arrêtant brutalement. Prenant appuie sur sa jambe blessée, elle manqua de tomber mais Lincoln la retint par sa seule force. Un instant de faiblesse qui la fit sortir de ses gonds, repoussant violemment le jeune homme dès qu'elle retrouva son équilibre. Il recula de quelques pas, relevant les mains en signe d'apaisement alors que Lexa retourna froidement :

- Mon job c'est d'éloigner les loups de la ville et c'est ce que je fais alors fous moi la paix.

- Ton job c'est de nous protéger, corrigea-t-il vivement, ce qui la stoppa mais elle ne se retourna pas. Humains comme loups et tôt ou tard, ça va mal finir tu le sais aussi bien que moi.

Il vit ses épaules s'affaisser sous un poids invisible mais elle resta silencieuse et l'ignora, marchant tout droit vers son propre pick-up, grimpant dedans et démarrant en trombe avant de disparaitre…


Raven qui travaillait sous une voiture, vit des pieds traverser d'un pas rapide son garage puis elle entendit la porte de son frigo s'ouvrir puis claquer. Sortant rapidement de sous le véhicule, elle se releva, lâcha négligemment ses outils dans leur caisse puis elle rejoignit son « salon privé » y découvrant Lexa, à qui elle arracha des mains une bouteille de téquila.

- Woh, Woh, il est un peu tôt pour ça ! La réprimanda-t-elle en éloignant l'alcool derrière elle.

- Rends-moi ça tout de suite, se plaignit son amie.

- Même pas en rêve, affirma-t-elle en rangeant la bouteille dans le frigo avant de venir la pousser dans le canapé, et si tu me racontais plutôt ce qui ne va pas ?

- Tout va bien, Raven…

- Tut, tut, tut, n'essaye même pas, l'arrêta-t-elle d'un regard menaçant.

Lexa soupira lourdement, sachant pertinemment que son amie ne la lâcherait pas tant qu'elle n'aurait pas parlé.

- C'est seulement Lincoln qui s'est pointé chez moi avec les bêtes tuées la nuit dernière…

- Je vois… souffla Raven en venant s'assoir à ses côtés.

- J'en doute… soupira-t-elle avec fatigue et amertume.

- Et si tu l'écoutais… et si tu passais à des méthodes plus drastiques.

Lexa se recula, la regardant horrifiée qu'elle puisse ne serait-ce qu'une seconde y penser et encore plus le lui suggérer.

- Les gens parlent de plus en plus, ils sont à bout, c'est ce qu'ils demandent, se défendit Raven.

- Je me contrefous de ce qu'ils veulent, on ne blessera pas et on ne tuera pas de loups, se leva-t-elle furieuse.

- Lexa, je ne comprends pas, d'ailleurs personne ne comprend pourquoi tu les protèges à ce point après ce qu'ils t'ont fait…

- Quoi ? T'aurais préféré que je prenne un fusil et que je me mette à les massacrer ?! Claqua-t-elle hors d'elle.

- Ok, ok… je suis désolée, l'apaisa Raven.

Lexa expira lourdement, se passant les mains sur le visage pour se calmer.

- Excuse-moi, se rassit-elle honteusement à côté de son amie.

La mécano l'observa avec impuissance et ne put que constater la fatigue qui semblait l'écraser un peu plus chaque jour mais Lexa refusait de se confier, gardant ses défenses bien élevées, même pour elle alors qu'elle souhaitait pouvoir l'aider.

- Quoi qu'il en soit, la ville souhaite les chasser et je suppose que Lincoln t'a demandé d'agir plus durement… t'as plus beaucoup le choix, conclut-elle tristement pour son amie.

- Je ne les chasserais pas et moi vivante, leur chasse ne sera pas autorisé dans nos forêts, ce n'est pas la solution, on peut cohabiter, défendit-elle avec une énergie inespéré.

Un large sourire s'afficha sur le visage de Raven, ce qui déstabilisa Lexa qui la regarda avec confusion.

- Ca faisait longtemps que je ne t'avais pas vu aussi combative, ça fait plaisir, expliqua la mécano.

Lexa lui accorda ce point, souriant de complicité.

- Mais tu dois reconnaitre que les loups sont de plus en plus agressifs, les gens perdent leur gagne pain et ils ont peur, la cohabitation déjà existante devient impossible.

- T'es de quel côté ? S'insurgea Lexa. Ce n'est pas toi qui les idolâtres avec tes foutus légendes ?

-Je suis de ton côté, j'énonce juste les faits, la rassura-t-elle. Et aussi combative sois-tu, si le Maire décide d'ouvrir la chasse, tout ce que tu accompliras en t'y opposant c'est terminer en prison… ou bien te faire chasser de la ville à coup de fourche par la populace.

Malgré sa tentative d'humour, le moral de Lexa se décomposa instantanément au rappel de son impuissance. Elle ne pouvait pas grand-chose contre la loi et avec son handicap, elle ne pourrait même pas tenir tête aux habitants tentant d'entrer dans la forêt pour chasser. Les poings que serra instantanément Lexa, n'échappèrent pas à Raven qui passa un bras autour de ses épaules pour venir la serrer contre elle, tentant du mieux qu'elle le pouvait de la réconforter. Elles restèrent ainsi plusieurs minutes avant que Raven ne se redresse avec engouement :

- Allez ce soir, on sort !

- Raven, j'en ai vraiment pas envie…

- J'en ai rien à faire, la coupa-t-elle tout en se levant, que tu le veuilles ou non ce soir tu viens, hors de question que tu broies du noir dans ton coin, parole de Reyes !

Elle tira alors son amie toujours pas convaincue du canapé pour la pousser dehors.

- Allez file faire ton boulot ! T'as intérêt à avoir fini quand je passe te prendre à 20h !

- Fini oui, prête ça reste à voir ! lança Lexa en rébellion avant de monter dans sa voiture et partir.

- Prête et pomponnée, parole de Reyes, parce que ce soir ma petite Lexa Woods tu vas emballer… lui promit-elle totalement emballée par la perspective de cette soirée en compagnie de sa meilleure amie.


Après un rapide repas durant sa pause déjeuné, Clarke quitta son cabinet et entreprit de visiter un peu la ville. N'ayant que peu de temps, elle se concentra sur la rue principale. Ainsi, elle passa devant une charmante petite épicerie procurant le nécessaire à la ville et commerçant directement avec les petits producteurs locaux. Elle aperçut également un petit bureau de poste de l'autre côté de la rue puis en passant devant la bibliothèque, elle vit par la fenêtre un homme chauve et élancé ranger des livres sur leurs étagères. S'en suivit une lignée de petits buissons, séparant le trottoir des grilles de la cours de l'école. Clarke sourit à la vue des enfants jouant et riant pendant leur récréation, elle se focalisa sur un groupe semblant jouer à chat perché, ainsi elle ne vit pas le ballon voler dans les airs et passer les grilles pour venir la frapper de plein fouet.

- Ouch ! Laissa-t-elle échapper de surprise alors que le ballon roulait sur le trottoir.

- Pardon M'dame ! s'exclama la voix d'un jeune garçon aux cheveux de blé.

- Ce n'est rien, le rassura-t-elle, plus de peur que de mal, ajouta-t-elle dans un sourire.

- Vous pouvez nous le renvoyer, s'il-vous-plait ?

- Avec plaisir… quel est ton nom ?

- Aden !

- Ce sera donc avec plaisir, Aden, reprit-elle tout allant récupérer le ballon qui avait finalement stoppé sa course, avant de le relancer derrière les grilles.

- Merci, M'dame ! s'exclama l'enfant en repartant immédiatement à sa partie de football.

Clarke sourit à son enthousiasme puis elle reprit sa marche. Elle passa devant quelques logements puis elle traversa la route pour ce qui semblait être un petit parc. Elle n'y entra pas, se contentant de l'observer. Quelques bancs, une fontaine, des jeux pour les enfants et un unique chemin qui conduisait à l'autre partie de la ville. Sans doute le froid avait-il découragé les habitants car le parc était vide, enfin à l'exception de cette vieille dame qui donnait à manger à une nué de corbeau. Son apparence de mendiante n'invitait personne à l'approcher et même si cela n'aurait pas découragé Clarke, le fait qu'elle marmonne toute seule ou parle à ces oiseaux de malheur fut suffisant.

- Vous n'avez rien à craindre de la vieille Ilda, la surprit une voix suave.

Clarke se retourna dans un léger sursaut et découvrit, une grande brune au regard de braise et qui la fixait d'un petit sourire amusée.

- Je n'avais pas l'intention de traverser, clarifia Clarke face à cette étrange femme vêtue d'un long et épais manteau noir en laine, qui n'était d'ailleurs pas en meilleur état que les vêtements de la vieille Hilda.

Elles furent interrompues par le bruyant moteur d'un pick-up entrant dans la rue. Tandis que Clarke l'ignora rapidement, son interlocutrice le fixa et croisa directement le regard de la conductrice qui n'était autre que Lexa, la suivant jusqu'à ce que la distance rompe le contact. La grande brune revint sur Clarke, arborant alors un sourire plus chaleureux.

- Je suis Luna, je tiens la pharmacie, se présenta-t-elle tout en désignant le bâtiment à leur côté.

- Oh ! Alors nous allons surement travailler ensemble, s'enjoua Clarke, je suis le nouveau médecin.

- Je m'en doutais un peu, précisa-t-elle en serrant la main tendu de la blonde.

- Oui, j'ai cru comprendre qu'il n'y avait pas beaucoup de nouveau visage par ici.

- En effet…

Un croassement les dérangea et en levant la tête, Clarke aperçut un corbeau posé sur l'une des fenêtres. Ce dernier s'envola pour aller se percher sur l'épaule de la vieille Ilda, c'est alors qu'elle releva le visage sur elles, plus précisément sur Clarke qui eut un léger frisson.

- Bon et bien, ravie de vous avoir rencontré mais le devoir m'appel, s'excusa-t-elle alors qu'elle devait retourner au cabinet.

- De même… et je suis sûre que nous nous reverrons bientôt.

Bien que souriante et ravie d'avoir rencontré Luna, Clarke ressentit un léger malaise en jetant un dernier regard vers la vieille Hilda qui était pourtant retournée à ses affaires. Elle fut soulagée de s'éloigner de cette femme aux corbeaux.


Lexa arrêta son pick-up devant la petite ferme des West. Parmi toutes les exploitations de la ville, c'était sans doute la plus modeste, quelques champs pour quelques moutons. Il faut dire que l'élevage n'était pas leur première vocation. Le patriarche avait longtemps exercé en tant que pêcheur sur son chalutier mais avec l'âge, cela était devenu difficile, il avait donc raccroché ses filets et c'était concentré sur une petite exploitation de moutons pour subvenir aux besoins de la ville. C'est donc bien consciente de la lourde perte qu'engendrait la mort de ces moutons que Lexa descendit de son véhicule. A peine la porte fut-elle refermée, qu'elle entendit un autre claquement et se tournant vers sa provenance, elle vit quelqu'un quitter la maison adjacente à l'étable.

- Niylah ? Tu ne devrais pas être au bar ? S'étonna-t-elle de voir la fille des West.

- Ce n'est pas parce que j'ai refusé de reprendre le business familial que je m'en contre fous, répondit la propriétaire du Grounder.

Lexa hocha brièvement la tête, comprenant.

- Comment vont-ils ? demanda-t-elle en regardant la maison.

Niylah jeta un bref regard triste vers l'intérieur où ses parents faisaient face aux évènements.

- Ils accusent le choc, répondit-elle tout en mettant ses mains dans ses poches.

- Je suis désolée.

- Pourquoi ça ? S'étonna sincèrement Niylah.

Pour toute réponse, Lexa posa un regard coupable sur les champs bordant la forêt puis elle allait à nouveau s'excuser lorsqu'elle fut arrêtée :

- Sois pas stupide. Je t'ai vu travailler sur ces clôtures et installer tes gadgets pour les éloigner, t'as fait ton possible, t'es pas responsable.

Lexa étira un mince sourire, sincèrement surprise par sa réaction.

- Tu dois bien être la seule à penser ça, pointa-t-elle amèrement.

- Oh je suis sûre que tu peux compter sur Reyes et tu peux ajouter mes parents… quant aux autres, ils ont tendance à oublier que les loups vivent ici depuis bien avant la création de Ton DC, ils en ont vu de toutes les couleurs, ils sont malins, ils s'adaptent.

La brune la fixa davantage surprise par sa réaction qu'elle trouvait presque trop belle.

- Quoi ? fit-elle face à son regard suspicieux.

- Non, rien, c'est juste que…

- … tu penses être la seule à vouloir partager ce territoire avec eux ? La coupa Niylah.

- Ils viennent tout juste de ruiner le travail de ta famille alors oui, j'ai dû mal à le croire.

La grande blonde ne put retenir un léger rire ironique avant de rétorquer sans malveillance :

- Plutôt amusant venant de toi.

Lexa accepta la réplique, bougeant inconsciemment sa jambe blessée et un éclat de tristesse traversant son regard.

- Enfin bref, faut que j'y aille, je dois préparer le bar pour ce soir, annonça Niylah avant de lancer en s'éloignant : Tu devrais passer, ça te ferait du bien !

Pour réponse, elle hocha simplement la tête et partit de son côté, quelque peu revigorée par leur conversation. Elle se dirigea vers les pâturages où le bétail avait été attaqué, bien décidée à comprendre ce qu'il s'était passé car elle était certaine que les clôtures étaient intactes lors de son dernier passage, tout comme les dispositifs d'éloignement. Elle ouvrit le portail de bois puis elle fit à peine quelques pas que le vent porta une odeur âcre à ses narines, l'odeur du sang imprégnant l'air puis la terre, le sol maculé de sang là où les bêtes avaient gis toute la nuit. Même sans cadavre, le spectacle que cela laissait imaginer était clair mais Lexa resta impassible, un regard froid sur les alentours. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver la faille. Quelques mètres plus loin, la barrière de bois avait été littéralement défoncée. Les rondins de bois gisaient sur le sol, éparpillés en petits morceaux. Seul un prédateur de grande taille et de force égale avait pu faire une telle chose. Elle avait sa réponse, pourtant elle fronça les sourcils, son instinct lui intimant d'aller plus loin. D'un pas presque mécanique, elle franchit le trou dans la clôture et se dirigea vers la lisière de la forêt.

Le bon sens aurait voulu qu'elle ne s'aventure pas seule dans les bois, l'animal ayant attaqué les troupeaux rôdait peut-être encore dans les parages, pourtant elle avança suivant l'appel de la forêt. Au bout de quelques minutes de marche à travers les arbres, ces derniers s'écartèrent de plus en plus, la menant vers une petite clairière cachée aux yeux de tous. Elle entendit au loin le bruit d'un ruisseau puis une plainte presque inaudible se fit entendre. Un second gémissement s'éleva, se rendant alors compte que ça ne venait pas de la clairière, elle bifurqua puis après quelques pas, elle l'aperçut. Etendu sur le sol, un loup au pelage aussi noir que la nuit agonisait, son sang coulant lentement d'une plaie béante sur le flanc, sa respiration laborieuse. L'animal leva les yeux sur elle et leurs regards se croisèrent. Lexa ni vit aucune agressivité, aucune peur, seulement l'acceptation de son sort, l'implorant de mettre un terme à sa souffrance. Dans le silence de la forêt, elle vint s'agenouiller à ses côtés, son regard se posant sur sa blessure. Elle vit les marques de crocs, mâchoire béante ayant arrachée sa chair. Le loup n'avait pas attaqué le troupeau mais il avait également croisé la route de la bête criminelle. Il gémit à nouveau alors quittant sa terrible contemplation, elle ferma les yeux, sortant doucement son couteau de chasse du fourreau à sa ceinture. Elle posa sans crainte sa main sur le flanc de l'animal, caressant doucement sa fourrure. Le loup ferma les yeux, s'apaisant sous son touché, puis elle se pencha amenant son autre main et son couteau près du cœur de l'animal. Il rouvrit les yeux, une respiration laborieuse, une dernière caresse et elle frappa.

- Ca va aller… tu peux partir en paix…, murmura-t-elle à l'oreille de l'animal alors que la vie le quittait.

Un dernier regard échangé, un soulagement, un remerciement et l'étincelle dans ses yeux s'éteignit alors qu'une larme solitaire s'échappa des siens. Une larme qu'elle chassa aussitôt du revers de la main, se relevant, rangeant son couteau puis s'éloignant sans un regard en arrière…


Raven avançait d'un pas contrarié vers le bar alors qu'elle venait de passer chez Lexa pour se rendre compte qu'elle n'y était pas. Elle fut encore plus contrariée lorsqu'elle découvrit son pick-up garé devant le bar. D'abord Lexa refusait de venir puis elle la faisait tourner en bourrique en s'y rendant avant elle ? Elle allait l'entendre. Raven accéléra le pas et entra dans le bar, cherchant immédiatement sa cible qu'elle trouva accoudée au comptoir. Remontée, elle avança vers elle mais sa colère s'évapora instantanément lorsqu'elle remarqua les verres qui s'alignaient déjà devant elle. Lexa n'était pas une grande buveuse, du moins pas si tôt dans la soirée, donc il était évident que quelque chose n'allait pas.

- Tu pensais faire la fête sans moi Woods ? S'installa-t-elle sur le tabouret à côté de son amie.

- Je reste pas, répondit presque froidement Lexa après une gorgé de son verre qu'elle repoussa sur le bar.

- ooook… traina Raven tout en regardant Lexa boire une nouvelle fois, terminant son verre d'une traite… Rester te ferais du bien pourtant, insista-t-elle.

Son amie lui retourna un regard sceptique.

- Sérieux Woods, t'as besoin d'évacuer le stresse, reste, amuse-toi, trouve-toi une charmante compagnie pour la nuit…

- Non, répondit-elle catégorique.

Raven allait surenchérir lorsqu'un homme quelque peu éméché cria depuis l'autre bout du bar :

- Hey West ! Interpella-t-il Niylah. Comment tu peux la servir ?! C'est sa faute si tes parents, on plus de quoi vivre ! L'accusa-t-il avec dégoût.

- Quint, ça suffit ! Le rappela à l'ordre la propriétaire qui n'entra pas dans son jeu.

Lexa quant à elle, le prit comme le signal de son départ. Elle jeta quelques billets sur le bar puis s'éloigna.

- Ouais, c'est ça, dégage sale déchet ! Tu ne sers à rien ! Renchérit Quint.

- Hey ! Tu vas la fermer ou tu vas avoir mon poing dans la gueule ! Se leva Raven.

- J'ai dis ça suffit ! S'interposa Niylah.

De son côté, Lexa les ignora, accélérant légèrement mais trop tard car quelqu'un lui bloqua le passage.

- Où tu vas comme ça, Woods ? Encore en train de fuir tes responsabilités ? lança moqueusement une petite brune.

- Laisse-moi passer…grinça-t-elle mais elle fut superbement ignorée.

- Quint à raison, reprit-elle plus fort et attirant tous les regards sur elles, on ne peut pas dire que tu sois très utile face à la menace des loups, Woods. C'est quoi ton excuse ?

- Ontari, laisse-la tranquille, lança Raven depuis le bar avant d'avancer dans leur direction.

Lexa serra les poings et choisit de ne pas répondre à la provocation, se contentant de la dépasser.

- Hey ! Je t'ai posé une question ! S'énerva Ontari devant l'affront.

- Va te faire foutre ! répondit sans réfléchir Lexa.

- Quoi ?! S'égosilla Ontari.

La seconde d'après, une poigne ferme attrapait Lexa et la tirait violemment en arrière. Sous l'impulsion, sa jambe céda et elle s'effondra sur le sol, se retrouvant sur le dos, Ontari la surplombant.

- Hey ! cria Raven qui se précipita vers son amie mais qui fut instantanément retenue par l'une de ses acolytes.

- T'en mêle pas Reyes, gronda dangereusement Echo en la retenant fermement.

Raven ignora son avertissement et se débattit de toutes ses forces contre la grande brune mais ses efforts étaient inutiles, sa poigne ne faiblissait pas tandis que sa colère grandissait à chaque vaine tentative.

- Raven stop ! L'arrêta Lexa.

La mécanicienne ravala sa colère et se calma sous le regard de son amie. Ce n'était pas la première fois qu'Ontari et Echo s'en prenaient à Lexa. Elle ignorait ce qu'il y avait eu entre elles mais Lexa avait toujours refusé d'en venir aux mains. Raven se débattit encore un peu mais capitula bien vite sous le regard déterminé de son amie. Elle finit par se calmer, obéissant à contre cœur. Lexa tenta ensuite de se relever mais à peine eut-elle trouvé un équilibre sur sa jambe valide qu'Ontari la lui balaya, la renvoyant au sol.

- Tut, tut, tut, reste à ta place, asséna Ontari alors que Lexa grimaça en retombant sur le sol dur. Tu te lèveras lorsque tu te seras excusée.

- Putain mais faite quelque chose ! cria Raven aux autres clients alors que son sang ne fit qu'un tour. Anya ! Reste pas plantée là !

La grande blonde faisait partie des quelques clients présents dans le bar mais alors que les autres observaient la scène d'un regard fuyant ou bien baissaient les yeux, Anya observait pleinement l'altercation, un regard de marbre posé sur Lexa et Ontari.

- C'est pas mes affaires, lâcha-t-elle froidement avant de se détourner pour rejoindre le bar.

Raven en resta soufflée. Elle ignorait ce qu'il s'était passé entre elle et Lexa mais du jour au lendemain elles ne s'étaient plus parlé. Pourtant elles avaient grandi ensemble, devenant même inséparable suite à la mort des parents de Lexa alors peu importe leur dispute, elle n'aurait jamais pensé qu'elle ne lui viendrait pas en aide. Et pourtant, c'est ce qu'elle venait de faire.

- Ontari, ça suffit, s'éleva soudainement la voix de Niylah mais la propriétaire manquait de conviction et pour cause.

- Je te conseille de ne pas t'en mêler, si tu ne veux pas que ton bar ferme, menaça Ontari.

Niylah se rétracta alors que la petite brune ne daigna même pas lever les yeux sur elle, ne craignant aucun sauvetage de la part des habitants. Raven ne comprenait vraiment pas pourquoi Lexa se laissait faire et encore moins pourquoi tout le monde acceptait cette situation. Bon il est vrai que se frotter à Ontari était lourd de conséquence et personne ne voulait devenir sa prochaine victime, préférant lâchement laisser ce rôle à Lexa. D'ailleurs cette dernière, bien que décidée à ne pas se battre eut tout de même un élan de rébellion, en relevant le regard vers Ontari, refusant de s'excuser mais le retour de bâton ne tarda pas. Ontari écrasa violemment son pied sur la jambe blessée de Lexa. Raven se débattit immédiatement dans les bras d'Echo alors que le cri douloureux de son amie s'éleva.


Clarke était sur le chemin de l'auberge lorsqu'elle passa sans aucune intention de s'arrêter devant le Grounder. Elle marchait dans la nuit, la musique étouffée du bar accompagnant ses pas lorsque sur le côté du bâtiment un tonneau de bière tomba sur le sol, elle sursauta au fracas puis évita de justesse un volatile poursuivit par un chat noir qui lui coupèrent la route. Une main sur le cœur, reprenant son souffle, ses yeux tombèrent sur un véhicule familier, le pick-up de Lexa. Elle eut un regard pour l'entrée du bar puis reprit sa route.

« Elle est sympa ? Vous avez sympathisé ? Ca me rassurerait de ne pas te savoir seule ». « Vous ne devriez pas la juger aussi vite ».Résonnèrent les voix d'Octavia et d'Indra.

Clarke s'arrêta, luttant soudainement avec l'idée d'aller boire un verre et pourquoi ne pas donner une autre chance à une certaine brune. Son regard fit plusieurs fois l'allée-retour entre le chemin de l'auberge et le bar, pour finir par choisir ce dernier dans un soupir. Ainsi c'est sous le regard d'un certain volatile aussi noir que la nuit qu'elle se dirigea vers le bar et bien loin d'imaginer ce qu'elle allait découvrir. Lorsqu'elle poussa la porte, elle ne fut pas accueillit par l'ambiance festive attendue. Devant elle, les clients s'étaient pour la plus part écartés sur les côtés de la pièce formant un cercle au centre duquel, une Lexa au sol était toisée par une petite brune. Lorsque cette dernière abattit subitement son pied sur la jambe blessée de la brune et que son douloureux cri s'éleva, Clarke réagit immédiatement :

- Hey ! Mais ça va pas ! cria-t-elle furieuse.

L'instant d'après elle poussait sans douceur Ontari, libérant Lexa de sa douleur.

- Lexa, est-ce que ça va ? S'enquit-elle plus doucement en venant s'agenouiller auprès d'elle.

La concernée hocha doucement la tête, serrant pourtant les dents alors que la douleur était vivace.

- Vous avez complètement perdu la tête ou quoi ?! S'énerva à nouveau Clarke contre Ontari avant de se tourner vers les clients : Et vous laissez faire ?!

Les habitants détournèrent davantage les regards, fuyant clairement la situation à la plus grande stupeur du médecin qui ne pouvait concevoir que l'on puisse rester sans bouger. C'est donc tout naturellement qu'elle se dressa entre Lexa et Ontari, faisant pleinement face à cette dernière, la toisant sans peur sous les regards choqués de tous les clients. A l'exception d'Anya qui observait la scène avec attention et un petit sourire en coin.

- Une leçon s'imposait, répondit sereinement Ontari tout en jetant un regard dangereux par-dessus l'épaule de la blonde, fixant sa proie.

- Une leçon, répéta-t-elle avec dégout et incompréhension. Vous savez ce que peux vous coûter cette leçon ? Agression physique avec circonstance aggravante sur personne vulnérable, ça vous parle ? La défia-t-elle.

- Et vous êtes qui au juste ? Questionna à son tour Ontari en la fixant droit dans les yeux.

- Clarke Griffin, le nouveau médecin, ne se démonta-t-elle pas.

- Vous êtes nouvelle alors je vais oublier ce qui vient de se passer et vous allez me laisser finir ma discussion avec Woods.

- Je vous conseille de laisser tomber, à moins que vous ne vouliez qu'on aille voir le sheriff ? Se rapprocha-t-elle un peu plus, affirmant sa détermination et sa position de protecteur des habitants de cette ville de par son statut.

Cependant, leur petit duel de force fut interrompu par une légère complainte. Clarke se retourna immédiatement et vit que Lexa tentait de se relever mais sa jambe lui faisait clairement mal. Elle se précipita à son chevet et lui apporta son aide.

- Ca va aller, Dr. Griffin, protesta Lexa.

Clarke l'ignora et l'aida à se mettre debout tandis qu'Ontari les observait dans un sourire moqueur, tout comme Echo.

- J'ai dit : ça va aller ! Repoussa-t-elle rudement Clarke alors qu'elle était parfaitement consciente des regards pesants sur elle.

Clarke recula de quelques pas, surprise par sa virulente réaction. Lexa serrait les poings de colère et sa jambe manqua de céder lorsqu'elle s'appuya à nouveau sur elle. Clarke esquissa un geste mais se retint au dernier moment sachant que Lexa la repousserait à nouveau alors elle se contenta de la regarder quitter le bar, blessée et meurtrie sous les rires d'Ontari et d'Echo. Cette dernière relâcha Raven qui rejoignit Clarke tout en bouillonnant de rage.

- C'est ça riez, profitez bien parce qu'un jour quelqu'un finira par vous remettre à votre place, lança-t-elle aux deux tortionnaires.

- Et tu penses à qui là ? rétorqua Echo. A ton éclopé de copine peut-être ?

Raven fit un pas dans leur direction alors qu'elle riait de plus belle mais une main sur son avant-bras la retint. Elle se tourna pour trouver Clarke lui intimant du regard de se calmer. Elle obtempéra, sachant parfaitement que la violence ne résoudrait rien. Son « abandon » fit rire Ontari et Echo qui s'éloignèrent pour s'installer à une table tandis que le bar reprenait vie comme si rien ne s'était passé.

- C'est quoi leur problème ? demanda finalement Clarke.

- Disons que ce sont les reines de la ville et qu'elles prennent leur pied à écraser le petit peuple, grinça Raven.

- Et personne ne fait rien ? S'insurgea la blonde.

- C'est chacun pour soi… se contenta-elle de répondre.

Clarke n'en revenait pas. Elle n'aurait jamais cru entendre ça ici. L'entendre à Arkadia était tout à fait normal pour une métropole, où les gens allaient et venaient mais dans cette petite ville, où tout le monde se côtoyait ? Elle aurait plutôt pensé qu'ils se serraient les coudes mais c'était visiblement tout le contraire. La loi du plus fort régnait et ça ne lui plaisait pas. D'autant plus lorsque les plus forts étaient de la trempe de cette Ontari.

- Allez venez je vous paye un verre, l'invita Raven.

- Vous n'allez pas suivre Lexa ?

- Croyez-moi, il vaut mieux la laisser seule pour le moment, expliqua-t-elle en connaissance de cause. Et puis vous ne pouvez pas rester sur cette mauvaise note, laissez-moi vous montrer qu'on vaut mieux que ça.

Clarke allait refuser mais Raven lui sortit son plus beau regard de Cocker et elle craqua, capitulant d'amusement.

- Yeah ! s'exclama la mécanicienne. Allez les amis, c'est l'heure de la fête ! Interpella-t-elle tous les habitants présents qui s'empressèrent de s'enjouer avec elle.

A l'exception d'Ontari et Echo qui observaient la scène avec attention et dégout, ainsi qu'Anya qui resta assise dans son coin au comptoir du bar, observant néanmoins du coin de l'œil la médecin.

- Nilh' la première tournée est pour moi ! lança-t-elle à la propriétaire des lieux.

Niylah ne se fit pas prier et lança les hostilités, les verres glissants sur le bar jusqu'aux mains de ses clients et amis. Raven se saisit de son verre et se tourna vers la petite assemblée d'habitant s'étant jointe à elle.

- Au Docteur Griffin ! Scanda-t-elle avec un clin d'œil pour Clarke qui rougit de gêne lorsque les habitants répétèrent ses paroles avant de boire en son honneur.

Cependant, Raven ne descendit pas son verre comme les autres mais le leva en direction du verre de la blonde qui trinqua volontiers avec elle.

- Bienvenue à Ton DC, déclara officiellement la mécanicienne avant de boire son verre, suivit de Clarke qui la remercia d'un large sourire.

Cette dernière, regarda autour d'elle et malgré ce qu'elle avait vu à son arrivée, elle devait avouer que les sourires et la joie de vivre des habitants lui réchauffaient le cœur.

- La seconde tournée est pour la maison, annonça Niylah dans un clin d'œil pour Clarke.

Raven ne manqua pas de s'amuser de sa soudaine gêne, précisant au passage que Niylah était célibataire mais qu'elle aurait parié que les brunes étaient plus son genre. Ce qui la ramena immédiatement à Lexa en se demandant si tout allait bien pour elle…


Lexa descendit de son pick-up et claqua la portière, libérant dans ce simple geste toute sa colère contenue depuis le bar qu'elle avait fui, puis elle écrasa à plusieurs reprises son poing contre la carrosserie. Elle s'arrêta à la première goutte de sang, sa chair déchirée alors qu'elle aurait souhaité pouvoir écraser son poing sur Ontari mais elle en était incapable. Elle était pitoyablement faible, pathétique et devait être secourue ! Songea-t-elle soudainement abattue et réalisant qu'elle n'était pas en colère parce qu'une fois de plus on l'avait humilié, ni parce qu'elle ne s'était pas défendue mais parce que Clarke l'avait vue, parce qu'elle l'avait défendue, la prenant en pitié. Et même si elle regrettait d'avoir si durement repoussé Clarke, il lui restait encore un peu de fierté pour refuser qu'on la porte en pitié. Dans un soupir las, Lexa se détourna, avançant vers sa maison, grimaçant à chaque appuie sur sa jambe blessée. Elle s'arrêta sur un élancement plus douloureux que les autres, fermant les yeux en attendant que la douleur passe. Elle sentit sa présence avant même de rouvrir les yeux. Là, à la lisière des bois, il l'observait, un grand loup au reflet argent, l'Alpha de la meute la transperçait de son regard. Un regard triste faisant écho avec son âme. Triste de voir ce qu'elle était devenue. Autrefois forte et incontestée, elle était maintenant faible, à la merci de tous… Elle avait accepté son sort sans rien faire, elle avait abandonné. Le loup l'observait, majestueusement fier alors qu'elle reprenait sa marche, écrasée par sa honte...

A suivre…


Alors ? Pas beaucoup de réponse mais encore plus de question hein :p

Quelques nouveaux personnages autour de notre clexa et pas que des gentils héhéhéhé... :p

Petite aparté comme je ne peux répondre aux guest en mp : J'ai bien écris une fic "once upon a time" mais je l'ai supprimé pour certaines raisons déjà expliqué. Du coup, je suis désolée mais il n'y aura pas de suite. :)

Encore merci à tous pour vos reviews et j'attends vos retours sur ce chapitre ! ;)

Prochain chapitre dans deux semaines : Raven qui s'inquiète, Lexa qui s'entête et une balade dans les bois...