CH6-Amies

Et hop un nouveau chapitre :D

Bonne lecture !


Clarke et Octavia déjeunaient tranquillement à l'auberge, savourant le festin que proposait comme chaque jour Indra.

- Tu n'avais pas d'article en cours ? demanda soudainement Clarke à la petite brune lui faisant face.

- C'est étonnant mais non, c'est le calme plat à Arkadia, j'ai donc pu prendre quelques jours de repos, lui expliqua-t-elle.

- Et tu n'as pas trouvé meilleur endroit pour tes vacances ?

- Je pourrais te retourner la question, lui retourna-t-elle malicieusement.

- Touchée, concéda Clarke avant de mordre dans du pain grillé.

Un léger silence s'étira entre elles tandis qu'elles dégustaient leur petit déjeuner respectif mais le silence s'alourdit lorsqu' Octavia se mit à la fixer avec insistance par-dessus le café qu'elle buvait. Clarke tentait désespérément d'éviter son regard inquisiteur, se concentrant sur la tartine qu'elle se préparait mais cela devenait de plus en plus difficile. La veille, elle avait réussi à éviter l'interrogatoire que lui réservait son amie en prétextant être fatiguée par une longue journée de travail. Evidemment, Octavia ne l'avait pas cru mais elle avait fini par lâcher l'affaire, rejoignant sa propre chambre mais maintenant, elle savait la fuite impossible.

- Alooors… laissa trainer la petite brune en reposant sa tasse… tu te décides à me raconter ou il faut que je t'arrache l'information ?

Clarke soupira, capitulant, car quand elle parlait de lui « arracher l'information », elle était sérieuse. Octavia était journaliste, de ce fait elle était passée maitre dans l'art de faire parler les gens et elle n'hésiterait pas à utiliser tous les moyens possible pour la faire craquer. Un combat perdu d'avance qu'elle décida de ne pas mener.

- D'accord… il se pourrait qu'il y ait quelque chose…

- mais encore ? Poussa-t-elle.

- … on s'est embrassées, murmura-t-elle en se penchant sur la table.

-Ah ah ! Je le savais ! Sauta-t-elle de joie sur sa chaise.

- Chuuut ! La réprimanda-t-elle alors que plusieurs clients déjeunant s'étaient retournés sur elles.

- Je savais que tu me cachais quelque chose, la nargua Octavia en reprenant son calme.

- Je ne te cachais rien, se défendit Clarke, parce que c'est arrivée après ton coup de téléphone.

- Peu importe… balaya-t-elle de la main en reprenant une gorgée de son café. Alors c'était comment ? demanda-t-elle ensuite avec un sourire taquin.

Clarke ne put s'empêcher de repenser aux lèvres de Lexa sur les siennes, de sentir leur douceur et leur ferveur… elle se mordit inconsciemment la lèvre d'envie.

- A ce point là, rit doucement Octavia en reposant sa tasse.

Mais ensuite, Clarke se souvint de son réveil seule, de Lexa refusant de la soutenir et la repoussant. Ses épaules s'affaissèrent tandis qu'un sentiment de trahison amer envahissait son esprit.

- Ce baiser ne voulait rien dire, ajouta-t-elle vivement.

- Tu viens de dire qu'il y avait quelque chose ? S'enquit la petite brune.

- Une attirance physique tout au plus, lâcha-t-elle.

Cependant, son cœur lui murmura une toute autre vérité. Un murmure qui se répercuta dans son regard, un bref flash de tristesse qui n'échappa pas à Octavia.

- Cette fille est plus importante que ce que tu veux bien me dire ou même te l'avouer, lui dit-elle de but en blanc.

Clarke souffla, ne pouvant décidément rien cacher à sa meilleure amie.

- C'est compliqué…

- Je veux bien le croire… tu viens ici pour oublier Finn et tu replonges tête la première dans une histoire.

Clarke allait lui accorder ce point lorsqu'elle réalisa qu'à aucun moment, elle n'avait songé à son histoire avec Finn. A aucun moment sa douloureuse rupture n'avait été un frein à son rapprochement avec Lexa. Bien au contraire, elle avait oublié toute peine en sa présence.

- Non ce n'est pas ça… contra-t-elle avant d'expliquer… Lexa a une histoire compliquée, elle a perdu des êtres chers et maintenant je pense qu'elle a du mal à s'ouvrir aux autres.

- Je vois… mais tu es bien placée pour comprendre ce qu'elle ressent et l'aider.

- C'est vrai, sourit tristement Clarke en songeant à son père, mais il n'y a pas que ça.

- Ah bon ? Quoi d'autre ? S'enquit-elle concernée.

- J'ai…

- Tout se passe bien ? Les coupa Indra en s'arrêtant à leur table.

- Parfaitement, merci, répondit Clarke.

- Votre cuisine est un régal, ajouta avec enthousiasme Octavia.

- Je fais des merveilles lorsque le téléphone reste silencieux de bon matin, piqua Indra à son attention.

- Hum oui… à ce propos… se passa-t-elle de gêne une main dans les cheveux… je vous demande pardon pour l'autre jour, j'étais inquiète pour Clarke et je n'ai pas réfléchi.

Indra se contenta d'un regard fermé avant de se détourner vers la prochaine table.

- Tu crois qu'elle est rancunière ? Grimaça Octavia.

- Je crois qu'elle t'aime bien, répondit Clarke avant de boire une gorgée de son jus d'orange.

- Et bien qu'est-ce que ça doit être quand elle déteste quelqu'un, lança-t-elle tout en suivant des yeux Indra qui retournait en cuisine.

- Il vaut mieux ne pas le savoir, s'amusa Clarke.

Un agréable silence s'installa jusqu'à ce qu'Octavia reprenne :

- Alors qu'est-ce qu'il y a d'autre ? lui rappela-t-elle leur conversation.

- J'ai l'impression qu'elle cache quelque chose.

- Comment ça ? demanda-t-elle intriguée.

Clarke sourit d'amusement alors que son amie s'était penchée sur la table, l'écoutant pleinement. Malheureusement, elle ne pouvait lui raconter car si elle commençait, elle irait jusqu'à lui parler de la bête et sans en venir à son père, c'était impossible. Elle ignorait si Octavia gardait informé sa mère à son sujet et si cette dernière apprenait qu'elle enquêtait, elle essaierait sans aucun doute de l'empêcher de découvrir la vérité.

- J'en sais rien, c'est juste une impression…, esquiva-t-elle.

Octavia la jaugea quelques secondes, se doutant bien qu'elle ne lui disait pas toute la vérité mais elle l'accepta. Et même sans toute l'histoire, elle pouvait voir qu'elle tenait déjà énormément à cette Lexa.

- Mouais… si tu veux mon avis, t'es complètement mordue Griffin, lança-t-elle d'un sourire taquin mais connaisseur, et tout ce « c'est compliqué », c'est juste une excuse parce que tu flippes.

- Je ne flippe pas ! S'offusqua Clarke.

- En tout cas tu sais choisir tes relations, taquina-t-elle de plus belle.

Mais Clarke perdit son sourire car bien que Finn n'interférait aucunement dans son histoire avec Lexa, sa trahison n'en restait pas moins douloureuse.

- Pardon, trop tôt ? S'enquit Octavia dans une mine désolée.

- Peut-être oui…

La petite brune sourit tristement, son amie lui retournant son sourire pour la rassurer avant qu'elles ne reprennent silencieusement leur petit déjeuner.

- Bon parle moi un peu d'elle, qu'est-ce qui t'as fait craquer ? Rompit-elle finalement le silence.

- Tu ne lâches jamais ? Rit Clarke.

- Pas journaliste pour rien, haussa-t-elle des épaules.

Clarke lui parla alors de Lexa, de cette étrange connexion qu'elle avait ressenti dès leur première rencontre, de cette fragilité qui cachait pourtant une force insoupçonnée, de sa compassion envers ces loups qui pourtant l'avaient fait souffrir, de son magnifique sourire, triste ou amusée… Octavia arrêta rapidement de l'écouter, souriant au sourire tendre de son amie, à ses yeux pétillants d'un sentiment évident envers cette Lexa. Il n'en fallut pas plus pour la convaincre que Clarke était en train de retrouver le chemin du bonheur avec elle, qu'il y avait bien plus que « quelque chose » entre elles…


- Je ne sais vraiment pas ce que tu vas pouvoir faire, s'excusa Clarke alors qu'elles étaient sur le chemin de son cabinet médical.

- T'inquiète pas, je vais tranquillement visiter cette charmante et calme petite ville, la rassura Octavia qui réajusta la bandoulière de son sac à main sur son épaule.

- J'aimerai pouvoir t'accompagner mais je suis surchargée de boulot, ces gens n'ont pas vu de médecin depuis le décès de mon prédécesseur, se justifia-t-elle.

- Je comprends, ne t'inquiète pas pour… Wow qu'est-ce qu'il se passe ? S'arrêta-t-elle soudainement en observant l'autre côté de la rue.

Clarke suivit son regard et découvrit plusieurs voitures autour desquelles s'agitait une dizaine d'habitant en tenue de chasse et armés de fusils, dont Quint qui semblait être le leader du groupe.

- Et bien Ton DC n'est pas aussi calme et charmante qu'elle y parait, commença-t-elle, les attaques de loups se sont multipliées et leur chasse vient d'être autorisée.

- Ils sont si dangereux que ça ? S'enquit Octavia.

- Un jeune homme a été tué il y a deux nuits, répondit sombrement Clarke.

- Intéressant... lâcha-t-elle songeuse.

- Intéressant ? S'offusqua la blonde.

- Je veux dire c'est horrible ! Se rattrapa Octavia, tentant de rattraper sa curiosité journalistique.

- Octavia Blake! La sermona Clarke. Si je ne te connaissais pas, je…

- Hey Doc' ! Les interrompit une voix bien connue de la blonde.

- Salut Raven ! L'accueillit-elle d'un sourire qui s'effaça dès qu'elle aperçut Lexa à ses côtés.

- Clarke… la salua cette dernière, peu confiante.

- Miss. Woods, lui retourna-t-elle d'un ton neutre mais qui jeta un froid sur le groupe.

Octavia et Raven échangèrent des regards gênés tandis que Clarke et Lexa se fixaient intensément, comme si elles s'étaient lancées dans le concours de qui lâcherait le regard de l'autre la première.

- Je suis Raven Reyes, se présenta-t-elle à Octavia en lui tendant la main.

- Octavia Blake, saisit-elle sa main, je suis la meilleure amie de Clarke.

- Et moi celle de cette tête mule qui s'appelle Lexa Woods, désigna-t-elle son amie.

L'échange eut le mérite de sortir de leur concours les deux femmes qui se tournèrent quelque peu gênées vers leurs amies respectives.

- Hum oui, désolée… Lexa Woods, enchantée, tendit-elle sa main à Octavia.

- De même, répondit-elle tout en saisissant sa main et jetant un regard complice à Clarke qui fit rouler des yeux cette dernière.

- On allait se prendre un café, ça vous dit ? Les invita Raven.

- Désolée mais je dois aller ouvrir le cabinet, refusa immédiatement Clarke dont le manque d'envie était clair pour tout le monde mais bien que cela l'arrangeait, son excuse était réelle.

- Pas de souci Doc', le devoir n'attend pas.

- Une autre fois peut-être, ajouta Octavia qui tenta d'apaiser la tension.

- Evidemment, répondit Raven alors que Clarke et Lexa recommençaient leur petit concours silencieux.

- Bonne journée, Raven, lança finalement la blonde, Miss. Wood, salua-t-elle à nouveau froidement la brune.

Puis elle les dépassa d'un pas rapide, n'attendant pas Octavia qui les salua d'un rapide au revoir avant de presque courir pour la rattraper.

- Wow, même le vent du nord est moins glacial, releva avec sarcasme Raven.

Lexa ne répondit rien, une triste expression et le regard fixé sur Clarke qui s'éloignait au bout de la rue.

- T'as merdé en beauté.

- Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Que je l'aide à passer pour folle devant tout le monde ?

- C'est ce que tu as fait, pointa Raven. Elle t'a défendu et toi, tu l'as ridiculisé.

- C'est pas…

Cependant, elle s'arrêta car son amie avait raison, même si les choses étaient bien plus compliquées que ça. Si elle ne l'avait pas soutenu, c'était uniquement pour la protéger mais ça, personne ne pouvait le comprendre.

- Peu importe… souffla-t-elle en se détournant pour reprendre leur marche en quête de leurs cafés.

- T'aurais au moins pu t'excuser ! s'exclama Raven.

- Pourquoi faire ?

- Joue pas à ça avec moi, Woods, je sais que tu tiens à elle malgré ce que tu veux faire croire, la sermonna-t-elle en la rattrapant.

- Tu t'imagines des choses, protesta Lexa.

- Ah oui ? Alors passer la nuit avec elle est aussi le fruit de mon imagination ? Argua-t-elle moqueusement.

Lexa s'arrêta net mais avant qu'elle ne puisse demander comment elle savait cela, Raven la devança :

- J'ai eu une conversation très intéressante avec la Doc', sourit-elle espiègle.

- Ca ne veut absolument rien dire, Clarke était sous le choc de l'attaque, elle avait besoin d'être rassurée, il ne s'est rien passé.

Alors qu'elle mentait, sa mémoire la trahit en lui rappelant le délice de ses lèvres, le désir qui l'avait enflammé…

- Ben voyons, « il ne s'est rien passé » l'imita-t-elle exagérément. Depuis Costia, je ne t'ai vu approcher personne, physiquement ou sentimentalement, c'est à se demander si tu n'es pas devenue bonne sœur…

- Raven… grogna Lexa tout en jetant des regards gênés autour d'elles, bien qu'il n'y ait personne.

- … et là, tu dors avec elle, excuse-moi tête de pioche mais ce n'est pas rien, pointa-t-elle en tapant du doigt sur son front.

Lexa s'écarta tout en frappant sa main pour l'éloigner. Raven la toisa ensuite d'un regard goguenard, la défiant de lui dire à nouveau le contraire mais lorsqu'elle ouvrit la bouche, elles furent dérangées :

- Hey Woods ! L'interpella Quint depuis la fenêtre de son 4X4 qu'il faisait rouler au pas. Je saluerai tes petits copains de ta part avant de les descendre ! Rit-il à gorge déployée.

Lexa fit un pas menaçant mais Raven la retint par le bras tandis que Quint accélérait en riant de plus belle, son rire s'éteignant seulement avec la distance.

- Finalement, j'en ai plus envie de ce café, annonça brutalement Lexa en se libérant de sa poigne, on se voit plus tard, ajouta-t-elle avant de s'éloigner.

Raven ne tenta pas de la retenir car elle savait qu'elle n'obtiendrait rien de plus de sa part. Elle savait que Quint n'était pas la raison de son départ, elle partait parce qu'elle avait mit dans le mille concernant Clarke. Tout comme elle savait que de simples paroles ne la feraient pas changer d'avis. Non, il fallait l'acculer, provoquer la situation qui l'obligerait à se révéler alors il était grand temps qu'elle s'en mêle.


- Je peux savoir ce qu'il vient de se passer ? demanda Octavia une fois suffisamment éloignée de Raven et Lexa.

- …

- On est plus proche de la guerre froide que d'un simple « compliqué », insista-t-elle face à son silence.

Clarke lâcha un soupir et ralentit sa marche.

- Pour faire simple, j'ai pris sa défense devant toute la ville mais elle, elle m'a complètement lâché.

- Ok, je vois l'idée mais est-ce que c'était si grave que ça ?

- Elle m'a fait passer pour folle devant toute la ville, révéla-t-elle durement.

- D'accord mais est-ce que c'était volontaire au moins ? Tentait-elle de comprendre et chercher à adoucir l'opinion de son amie.

Clarke soupira à nouveau et se stoppa pour lui faire pleinement face.

- Ils étaient tous en train d'accabler Lexa pour les attaques de loups alors j'ai pris sa défense en leur révélant qu'il ne s'agissait pas d'un loup. J'ai vu cette bête, pas d'assez près pour l'identifier mais je peux t'assurer que ça n'en était pas un, ça n'avait rien d'animal. Lexa le sait aussi mais au lieu de me soutenir, elle a menti en assurant que c'était bien un loup, déclara-t-elle d'une traite avant de rechercher du soutien dans le regard de son amie.

- Ok… répondit-elle simplement songeuse.

- Toi aussi tu me prends pour une cinglée, constata Clarke en reprenant sa marche, déçue.

- Non ! Bien sur que non ! D'ailleurs peu importe, je comprends ta colère mais de mon point de vue Lexa t'as évité bien des problèmes.

Clarke s'arrêta à nouveau. Cependant, elle ne se retourna pas, l'esprit bloqué sur les paroles d'Octavia. Elles résonnaient en elle mais elle était incapable de les accepter alors que sa colère obscurcissait son jugement. Une colère qui masquait la douleur qu'avait ravivée l'attitude de Lexa, plongeant tout droit dans la blessure qu'avait laissé Finn.

- Elle a menti, contra-t-elle la voix tremblante.

- Elle avait sûrement de bonnes raisons mais faut-il encore que tu lui parles pour le savoir.

- J'ai vraiment pas envie de les connaitre, s'entêta Clarke.

La médecin devança de quelques pas son amie qui roula des yeux alors que la blonde jouait sans surprise les têtes de mule. Octavia ne chercha pas à rattraper son rythme car elle savait qu'elle n'obtiendrait rien de plus. Elle la laissa donc évacuer leur conversation et la rejoignit lorsqu'elle s'arrêta devant ce qui semblait être la porte de son cabinet.

- C'est ici ? S'enquit Octavia.

- Ouais… je te fais visiter ? L'invita-t-elle ravie de pouvoir changer de sujet.

- Evidemment… s'enjoua Octavia.

Clarke lui fit une rapide visite et toute mauvaise humeur concernant Lexa fut oubliée. Néanmoins Octavia n'allait pas oublier le sujet et encore moins lâcher l'affaire de si tôt. Elle le savait, ce n'était que partie remise.


Une fois seule, Octavia se retrouva à déambuler dans les rues de Ton DC mais alors qu'elle avait l'air de errer sans but, ce n'était pas le cas. Depuis qu'elle avait entendu parler des problèmes que posaient les loups, sa curiosité avait été piquée au vif. Le tourisme rapidement oublié, c'est en professionnelle qu'elle arpentait les rues. Elle avait repéré le bar, où elle trouverait surement bon nombre d'informations, surtout des rumeurs mais ce qu'il lui fallait c'était des faits. C'est donc après plusieurs minutes de recherche qu'elle trouva le lieu de ses espoirs. Le bâtiment du sheriff n'était pas très grand et la peinture se détachait de si de là mais il était bien reconnaissable avec sa pancarte à l'étoile de sheriff peinte. Elle entra et tomba dans une seule et unique pièce, où les bureaux du sheriff et de son adjoint se côtoyaient, seule barrière séparant la sortie des cellules installées dans le fond de la pièce. Ces dernières étaient plongées dans la pénombre tandis que les bureaux baignaient dans la lumière.

- Que puis-je pour vous, Mademoiselle ? S'enquit un grand barbu en uniforme qui referma le dossier qu'il lisait pour se concentrer sur elle.

Avant de lui répondre, Octavia jeta un rapide coup d'œil à l'autre homme en uniforme de la pièce, qui tasse de café en main les observait debout dans un coin.

- Je souhaiterais parler au sheriff, répondit-elle.

- C'est moi, sheriff Gustus pour vous servir, sourit-il serviable et se levant.

- Parfait… J'ai quelques questions concernant les attaques de loups, alla-t-elle droit au but.

Le sheriff perdit rapidement son sourire.

- Et vous êtes ? demanda-t-il froidement.

- Octavia Blake, journaliste pour…

- Et en quoi notre petite ville et ses loups vous intéresse, n'y a-t-il pas assez de problème chez vous ? La coupa-t-il abruptement.

- En fait je suis venue rendre visite à une amie mais vos loups ont piqué ma curiosité, répondit-elle franchement.

- Alors cantonnez-vous à vos vacances, il n'y a rien d'intéressant à Ton DC pour les fouines de votre genre, claqua-t-il avant de prendre ses affaires et quitter le poste.

- Y a pas à dire, il sait accueillir les visiteurs, ironisa Octavia.

- Veuillez l'excuser, Gustus n'est pas méchant, c'est juste un vieux grincheux, l'excusa l'autre homme qui devait être son adjoint.

Elle le regarda alors réellement, la peau mate, crâne rasé, une légère barbe de trois jours et plutôt bien musclé. Il ne faisait aucun doute qu'il devait avoir un certain succès auprès des femmes.

- Je suppose que vous êtes son adjoint, constata-t-elle.

- Vous supposez bien, sourit-il avant de se présenter, je suis Lincoln.

- Octavia, lui rendit-elle son sourire tout en saisissant la main qu'il lui tendait.

La poigne ferme de Lincoln épousa sa main et elle planta ses yeux dans son regard noisette, le jaugeant avant de reprendre :

- Alors vous allez m'aider ou vous allez aussi vous sauver ? dit-elle, brisant le silence qui avait suivi leur échange.

- Et bien cela dépend de ce que vous voulez savoir ? Et pourquoi ?

- Tout. De leur apparition à la mort de ce jeune homme. Quant au pourquoi, simplement parce que cela fera un bon article et me changera de mes sujets habituels sur les criminels d'Arkadia, répondit-elle de but en blanc.

- Vous venez d'Arkadia, pointa-t-il.

- Euh oui… dit-elle attendant la suite.

- Je vous propose quelque chose, je réponds à vos questions si vous répondez aux miennes.

- Et si je refuse, vous allez m'arrêter ? Questionna-t-elle d'un sourcil suspicieux.

- Non, rit-il, tout ce que vous risquez, c'est que je vous invite à boire un verre, rétorqua-t-il d'un sourire charmeur.

- Je vois, rit-elle légèrement et lui rendant son sourire, alors je vous propose de répondre à mes questions et je répondrais aux votre autour d'un verre.

- Qui me dit que vous tiendrez votre part du marché ? Retourna-t-il en croisant les bras, défiant.

- Vous allez devoir me faire confiance, répondit-elle malicieuse.

- Avez-vous au moins une carte de presse ? Demanda t-il, redevenant sérieux.

- Evidemment, assura-t-elle en la sortant de son sac à main pour la lui donner.

- Vous avez réponse à tout… souligna-t-il tout en examinant la carte avant de la lui rendre.

Octavia rangea sa carte tandis que Lincoln alla s'appuyer contre l'un des bureaux.

- Bien maintenant que tout est en ordre, posez-moi vos questions, l'invita-t-il en affichant à nouveau son sourire charmeur.

Octavia ne se fit pas prier, le cœur avide des informations qu'elle allait obtenir...


Clarke était quelque peu honteuse d'avoir fait faux bond à son amie. Elle avait dit à Octavia qu'elle ne pourrait pas se libérer pour le déjeuner, ce qui était un pur mensonge alors qu'elle se dirigeait d'un pas rapide vers la bibliothèque de la ville. Tout en discutant avec ses patients, elle avait appris que la plupart des archives et informations concernant Ton DC ne se trouvaient pas à la mairie mais à la bibliothèque. C'est donc là qu'elle allait commencer son enquête et bien qu'elle adore Octavia, sa curiosité et son envie de vérité l'avaient emportées. Elle se promit de se rattraper en lui tenant compagnie autant qu'elle le voudrait le soir même. Limitée par le temps, Clarke se précipita presque à l'intérieur du bâtiment, ouvrant sans délicatesse la grande porte de la vieille bâtisse. Dès son entrée, l'ambiance tamisée l'enveloppa tandis que son regard se perdit sur les étagères pleines de livres qui s'entrecroisaient et filaient vers l'horizon de l'immense pièce.

- Que puis-je pour vous ? entendit-elle alors.

Elle se tourna vers l'accueil, où derrière un comptoir en chêne massif se tenait bien droit un homme élancé, au crane chauve et au costume en tweed. Il avait tout du bibliothécaire qui ne sortait jamais de ses livres. Elle avança vers lui et le parquet craqua sous ses pieds, témoin de la sagesse des lieux.

- Bonjour, je suis le Dr. Griffin mais vous pouvez m'appeler Clarke, se présenta-t-elle d'un sourire qui ne lui fut pas rendu, l'homme restant stoïque et la dévisageant de haut en bas.

- En quoi puis-je vous aider, Docteur ? répéta-t-il agacé qu'elle n'ait pas répondu.

- Et bien… Titus, prit-elle un malin plaisir à utiliser le nom sur le badge placardé sur sa poitrine, j'aimerai en apprendre plus sur la ville et on m'a dit que je trouverai tout ce qu'il faut ici.

- Section des archives, au fond à gauche, répondit-il platement.

- Merci, Titus, sourit-elle exagérément avant de s'éloigner dans les méandres de la bibliothèque.

Elle l'entendit marmonner quelque chose mais elle n'en tint pas rigueur, marchand d'un pas avide de connaissance vers sa destination. Elle trouva rapidement les archives et c'est sans perdre une seconde qu'elle se mit à parcourir les étagères poussiéreuses, remontant les années de son doigt jusqu'à s'arrêter sur celles l'intéressant. Elle se saisit de plusieurs livres puis repéra une petite table, où elle alla s'installer, ouvrant un premier document pour se pencher dessus…

Au bout d'un certain temps, Clarke referma le dernier livre, frustrée, car elle n'avait pas plus de réponse. Tout ce qu'elle avait réussi à prouver, c'est que Ton DC connaissait la même chronologie que les autres villes. Bien que les attaques aient été moins concentrées dans cette région que dans celle d'Arkadia et Polis avant que tout ne cesse. Aucun lien ne semblait lier la bête à Ton DC, si ce n'est la reprise des attaques il y a un an et le fait qu'elles se concentrent uniquement aux alentours de la ville. Et quand elle parlait d'attaque, elle prenait en compte celle sur le bétail car elle n'était pas dupe, les loups n'y étaient pour rien, du moins en ce qui concernait les plus violentes. Hormis ceci, elle n'avait rien, elle n'était pas plus avancée et en ressortait avec encore plus de question. La bête qu'elle cherchait parcourait la région, attaquant sans discernement alors à présent pourquoi concentrer ses attaques ici ? De plus cette bête n'était jamais loin des loups, brouillant les pistes entre leurs attaques, et les loups n'avaient jamais disparu alors pourquoi la bête ? Etait-elle aussi ancienne que les loups qui parcouraient la région depuis des siècles, depuis bien avant l'apparition de Ton DC ? Du moins, c'est ce que contait la légende de Raven…

« La légende ! » Songea-t-elle brusquement en se levant et abandonnant ses livres pour retourner dans l'entrée.

Si les faits ne lui apportaient aucune réponse, peut-être les légendes le feraient-elles car après tout, toute histoire avait un fond de vérité.

- Titus ! Interpella-t-elle sans ménagement le bibliothécaire. Avez-vous des livres sur les légendes de Ton DC ?

- Un seul, répondit-il dans une grimace face à son comportement irrespectueux.

- Où est-il ? demanda-t-elle avec impatience.

- J'ai bien peur que Mademoiselle Reyes l'ait en sa possession.

- Raven évidemment, sourit-elle à l'évidence.

- Bon courage si vous voulez l'avoir, j'essaye de le récupérer depuis des années, ronchonna Titus.

- Ne faites pas la grimace, je vous le rapporterai, lui promit-elle malgré sa froideur à son égard. Oh non ! Est-ce que cette pendule est à l'heure ?! Paniqua-t-elle soudainement.

- Euh oui… répondit-il en se tournant vers l'horloge accrochée au mur.

La porte d'entrée claqua et lorsqu'il se retourna la médecin n'était plus là.


Lexa terminait son tour quotidien dans les bois lorsqu'à l'approche de la lisière, elle les entendit. Plusieurs voix en colère s'élevaient dans le silence de la forêt, elle perçut ensuite un attroupement de pas, écrasant les feuilles sur leur passage. Les arbres s'écartèrent pour la laisser sortir, se retrouvant ainsi sur le chemin rocailleux où elle avait laissé son pick-up. Quelques mètres plus loin, un groupe de chasseur sortit également des bois. Ils semblaient préoccupés et frustrés.

- Toi ! L'interpella Quint qui s'écarta du groupe.

La grosse brute qu'il était s'approcha d'elle d'un pas colérique.

- Où sont-ils ?!

- Je ne vois pas de quoi tu parles, rétorqua-t-elle calmement.

- Tes foutus loups ! Où sont-ils ?! L'attrapa-t-il violemment par le col de sa veste.

Seulement cette fois, Lexa ne se laissa pas faire car si elle ployait l'échine devant Ontari, ça n'était pas le cas devant cette brute. Elle se défit de sa prise d'un geste rapide, le repoussant de quelques pas.

- Ce n'est pas ma faute, si tu es un piètre chasseur, lança-t-elle moqueuse.

- Tu sais où ils se cachent, s'approcha-t-il pour lui cracher l'accusation au visage.

- Et comment je le saurais ? Le défia-t-elle en terminant d'avancer, l'haleine fétide de Quint venant agresser son visage. Je ne te savais pas stupide au point de croire que je parle aux animaux.

Une rage gutturale s'échappa de sa gorge puis Quint la poussa violemment, l'envoyant s'écraser contre le capot de son pick-up. Lexa se remettait tout juste du choc, qu'il l'empoignait à nouveau par sa veste.

- Ca suffit ! Tonna la puissante voix du sheriff.

Quint recula immédiatement et relâcha Lexa qui se redressa soulagée que Gustus soit là car bien que prête à rendre les coups, elle ne serait pas sortie vainqueur.

- On ne faisait que discuter… tenta Quint avant d'être brutalement coupé.

- Dégage vite d'ici, avant que je ne décide de tous vous embarquer, les prévint-il.

Quint ne se le fit pas dire deux fois, rejoignant son véhicule et rapidement suivi par les autres chasseurs.

- Est-ce que ça va ? S'enquit Gustus en se tournant vers Lexa.

- J'en ai vu d'autre, répondit-elle en réajustant sa veste, mais merci.

Retentirent alors plusieurs coups de feu qui furent rapidement suivis par un cri déchirant de terreur entremêlé d'atroce souffrance.

- Qu'est-ce que c'était ?! Revint vers eux un Quint en prise à la panique.

- Restez ici, je vais aller voir, ordonna Gustus avant de se lancer vers les bois dans un masque d'assurance.

- On y va aussi ! Refusa Quint qui arma son fusil.

- J'ai dis restez ici ! Tonna le sheriff, ce qui les figea sur place.

- Gustus, tu as entendu ça, il faut buter cette bête, argua le chasseur.

- Je n'ai pas besoin d'hommes à la gâchette facile, alors retournez en ville si vous voulez garder vos permis de chasse, les menaça-t-il avec autorité.

Cette fois, Quint et ses hommes capitulèrent. Ils préféraient nettement abandonner cette partie et revenir chasser dès le lendemain plutôt que jamais.

- Toi aussi, gronda Gustus à l'encontre de Lexa alors que les véhicules s'éloignaient déjà.

- Je connais ces bois mieux que personne, tu vas avoir besoin de moi, argua-t-elle.

Le sheriff soupira lourdement puis il se détourna vers la forêt. Il n'avait pas le temps de se battre avec elle et puis elle n'avait pas tord. Il prit la direction du terrifiant cri, s'enfonçant dans le silence des bois avec Lexa sur ses pas. Gustus n'avait que peu d'espoir pour la victime du loup, son cri d'agonie ne laissant que peu de doute. Et s'il ne pouvait le sauver, il stopperait l'animal responsable d'une telle attaque.

- Gustus ce n'est peut-être pas une bonne idée d'y aller comme ça, suggéra Lexa alors que les arbres se resserraient autour d'eux.

- Tu as peur d'eux maintenant ? Rit-il amèrement.

- On est pas assez armés pour affronter un loup en chasse, argua-t-elle malgré sa remarque et en prise à un mauvais pressentiment alors que le chant des oiseaux avait disparu, laissant place à un lourd et étrange silence.

- Alors maintenant tu prônes les armes ? S'arrêta brusquement Gustus et Lexa manquant de lui rentrer dedans.

- Non… c'est pas ça…

- Dommage qu'Ilian n'ait pas bénéficié de ta soudaine clairvoyance concernant ces bêtes, trancha-t-il acerbe.

Ces paroles frappèrent de plein fouet Lexa qui se retrouva incapable de se défendre mais leur « conversation » s'arrêta là alors qu'ils entendirent du mouvement dans l'ombre des arbres. Sortant son arme de service, Gustus partit d'un pas rapide dans sa direction, avant de se mettre à courir entre les arbres. Lexa le suivit dans les profondeurs de la forêt, cette dernière s'assombrissant de plus en plus alors que la cime des sombres sapins étouffait la lumière du jour. Elle força sa marche, tentant un semblant de course, mais sa jambe la fit rapidement souffrir et trébucher sur l'une des nombreuses racines au sol. Elle se rattrapa à un tronc et son regard tomba sur une étrange marque imprimée dans le tapis de mousse recouvrant la terre. Il lui fallut quelques secondes pour identifier l'empreinte puis la peur prit possession de son visage. Malgré le handicap de sa jambe, elle reprit immédiatement sa marche rapide, forçant à nouveau mais combattant la douleur dans l'espoir de rattraper Gustus avant qu'il ne soit trop tard.

Gustus courait, le regard fixé sur l'ombre qu'il pouvait maintenant discerner. C'est pourquoi, il ne remarqua pas immédiatement ce qui aurait dû l'avertir du danger. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser les étranges marques sombres sur les écorces des grands sapins puis il s'arrêta brutalement lorsque ces marques recouvrèrent le sol. Il prit alors conscience de l'effroyable silence, tout comme il comprit ce qu'étaient ces marques, ou plutôt ces tâches poisseuses à l'odeur âcre qui se diffusaient dans l'atmosphère.

- Gustus, il faut partir, lui ordonna avec urgence Lexa en le rejoignant enfin.

Mais il était trop tard. Leurs respirations se coupèrent au son d'un grognement provenant des ombres puis quelque chose vola vers eux, touchant le sol avant de rouler à leurs pieds. Gustus eut un violent haut le cœur alors qu'une tête à la bouche figée en un cri de terreur se révéla à eux. De son côté, Lexa ne quittait pas des yeux l'obscurité alors que deux yeux luisant venaient d'y apparaitre. Lorsque Gustus les vit également, il pointa son arme sur la bête mais il ne fut pas assez rapide avant qu'elle disparaisse à nouveau.

- On s'en va ! Réitéra Lexa en l'attrapant par le bras afin de le retenir alors qu'il s'élançait déjà à sa poursuite.

- Hors de question de laisser un monstre pareil en liberté ! Refusa-t-il en se libérant de sa prise et partant à nouveau en courant.

Gustus n'avait aucune idée de ce qu'ils affrontaient réellement et qu'aucun d'eux n'étaient de taille. Lexa aurait pu faire demi-tour, l'abandonnant dans sa folie alors qu'il courait vers le danger mais elle ne put s'y résoudre et continua de le suivre.

Le sheriff suivait la bête qui ne se faisait aucunement discrète dans sa fuite. Persuadé que la peur guidait l'animal, il ne réalisait pas qu'elle se jouait de lui. Du moins jusqu'à ce qu'il trébuche violemment sur le sol. Se redressant, il se tourna vers ce qu'il avait percuté puis il recula brutalement, en proie à l'horreur alors qu'un buste baignait dans une marre de sang. Paniqué, il regarda autour de lui et découvrit le reste du corps quelques mètres plus loin. Cette fois, il ne put retenir son repas du midi qu'il vomit avec douleur. Pantelant et tremblant, il prit alors conscience du silence des lieux et de l'absence totale de la bête qui aurait dû profiter de sa faiblesse pour l'attaquer. Il serra son arme dans sa main, prêt à la moindre attaque, refusant d'être une proie sans défense… « sans défense »… C'est alors qu'il comprit sa terrible erreur. Il se releva brusquement et rebroussa chemin en espérant qu'il n'était pas trop tard…

Lexa s'était arrêtée lorsqu'un frisson l'avait traversé, sentant immédiatement l'effroyable regard qui l'observait. La bête ne cacha pas sa présence, tournant sans discrétion autour d'elle, son ombre se mouvant entre les arbres. Elle aurait dû se douter que Gustus ne serait pas la proie car il était bien moins dangereux de s'en prendre à la brebis boiteuse et sans arme. Calmant sa respiration, tentant de ne pas céder à la peur, elle ne bougea pas attendant simplement que la bête finisse de jouer en se révélant. Ce qu'elle finit par faire en sortant de l'ombre. Debout, la toisant de toute sa hauteur, ses yeux jaunes la transperçant, le pelage et la gueule dégoulinante de sang, le loup-garou salivait à l'idée de la dévorer. Lexa ne bougeait pas, soutenant le regard fou de la bête. Une aura glaciale l'écrasa soudainement de sa puissance, faisant trembler tout son corps et brisant son courage. Le cœur battant à tout rompre, son corps frissonnant, elle déglutit difficilement alors qu'elle n'avait aucun moyen de l'affronter. Elle n'avait pas plus de chance de lui échapper car une fraction de seconde suffirait à la bête pour la déchiqueter. Elle n'avait aucune échappatoire. Pourtant, elle n'avait aucune envie de mourir, elle devait le tenter. Elle recula d'un pas et ce fut le signal que semblait attendre le loup-garou pour se jeter sur elle. Elle ferma les yeux, attendant l'impact puis la douleur des crocs et des griffes déchirant sa chair mais elle ne rencontra que violemment le sol alors que Gustus venait de se jeter sur elle.

Elle entendit le cri de douleur du sheriff alors que le loup-garou réussit à profondément lacérer son dos avant de s'écraser dans les arbres derrière eux. Furieux d'avoir raté sa proie, le loup-garou se retourna vers eux dans un terrifiant grognement, prêt à les attaquer. L'adrénaline lui faisant oublier toute douleur, Gustus se redressa rapidement et tira dans la direction de la bête. Cette dernière disparut dans les ombres mais un râle d'agonie résonna soudainement à travers la forêt. Le sheriff continua de vider son chargeur dans l'espoir de tuer ce monstre mais il fut brutalement stoppé par Lexa qui rabattit son bras armé vers le sol.

- Qu'est-ce que tu fais ?! hurla-t-il.

- Elle pourrait revenir !

Gustus se calma car elle avait raison, il valait mieux garder leurs balles. Le danger se réduisant, la douleur de sa blessure lui fit prendre conscience de son état. Il laissa échapper une complainte alors que son corps succombait à la souffrance et surtout à la perte de sang. Ce dernier coulant le long de son dos et imbibant ses vêtements lacérés. Lexa le soutint immédiatement en passant un bras par-dessus ses épaules et l'entrainant sur le chemin qui les mènerait loin de ce cauchemar.

- C'était quoi cette chose ? Souffla Gustus de plus en plus fatigué.

- Je sais pas… grinça-t-elle… mais on s'en occupera plus tard. Il faut d'abord te sortir de là.

Il acquiesça silencieusement avant d'ajouter :

- Pardon pour ce que j'ai dit, j'aurais jamais dû, c'était injuste…

- C'est rien… le coupa-t-elle… je sais que c'est ta colère qui parlait…

- Ma colère concernant Costia ne devrait pas…

- Garde tes forces, l'arrêta-t-elle, sinon on y arrivera jamais.

Le sheriff obtempéra et le silence s'installant à nouveau, Lexa entendit le chant des oiseaux revenir, signe qu'ils étaient en sécurité...


Lexa grimpa à moitié sur le trottoir avant de sortir précipitamment de son pick-up, laissant tourner le moteur dans l'urgence de la situation. Elle fit le tour du véhicule pour aller ouvrir la portière passagère et en sortir un Gustus maintenant inconscient. Le poids de son corps la fit plier genoux à terre, l'écrasant presque. Elle se libéra de son poids puis l'abandonna pour se précipiter dans le cabinet médical.

- CLARKE ! CLARKE ! cria-t-elle avec panique en entrant avec fracas.

Les patients de la salle d'attente se précipitèrent dans le couloir et leurs cris de stupeur accompagnèrent l'arrivée du médecin qui sortit hâtivement de la salle d'auscultation.

- J'ai besoin d'aide ! C'est Gustus ! Dépêchez-vous ! ordonna-t-elle malgré sa panique et ressortant aussitôt.

La médecin suivit de plusieurs patients la suivirent à l'extérieur pour découvrir le sheriff allongé sur le trottoir, se vidant de son sang.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! S'enquit Clarke, une fois le choc dissipé et s'agenouillant près du sheriff ensanglanté.

- On a été attaqué dans les bois, il faut que tu l'aides ! la supplia-t-elle.

- Je… je ne suis pas équipée pour ça, paniqua-t-elle légèrement face à l'état de Gustus.

- Clarke… répéta-t-elle, plongeant ses émeraudes suppliantes dans son océan.

Clarke sentit la pleine confiance que lui portait la brune et cela suffit à lui faire reprendre pied. Elle inspira profondément, se saisissant de ce stress familier des blocs opératoires qui avec les années était devenu une véritable énergie. Elle redevint alors la médecin et chirurgienne de talent qu'elle était. Cependant, cela ne changeait en rien le fait qu'elle n'était pas équipée pour s'occuper de telles blessures, elle allait donc devoir improviser.

- Très bien, installez-le dans la salle d'auscultation, ordonna-t-elle avant de prendre les devant pour préparer ce dont elle allait avoir besoin.

Lexa aidée de patients, portèrent le sheriff jusque sur la table d'auscultation, l'allongeant prudemment sur le ventre.

- Enlevez-lui ses vêtements mais faites attention à ses blessures, ordonna d'une voix maitrisée la médecin qui circulait à travers la pièce.

Ils obtempérèrent retirant la veste du sheriff puis son pull mais ce dernier, grogna de douleur dans son inconscience, les mouvements qu'on le forçait à faire tirant atrocement sur sa chair ensanglantée. Ils arrêtèrent leurs gestes, attendant les consignes de Clarke qui s'était précipitée vers son patient en souffrance. Armée d'un gros ciseau, elle coupa le pull de sorte à pouvoir le retirer tout en minimisant les mouvements du blessé. Ces dernières étaient profondes, certaines lacérations avaient sans aucun doute déchirées des muscles et des nerfs…

- Il faut appeler l'hôpital d'Arkadia, qu'ils viennent le chercher, annonça-t-elle d'un imperturbable professionnalisme.

- Ca va leur prendre trop de temps, rétorqua Lexa.

- C'est pour ça que je vais faire mon possible pour le stabiliser en attendant leur arrivée, la rassura-t-elle avant de se tourner vers le matériel qu'elle avait rassemblé.

La brune acquiesça, soulagée, tandis que la médecin commençait a éponger le surplus de sang afin d'y voir plus clair.

- Je vais les appeler, annonça l'un des patients qui quitta la pièce pour s'exécuter.

- Lexa, il me faut quelqu'un pour lui faire une transfusion, il a perdu beaucoup trop de sang, continua avec maitrise Clarke qui jeta les compresses pleines de sang avant de prendre une pince pour nettoyer la plus profonde plaie.

La médecin savait exactement ce qu'elle devait faire, ses gestes étaient précis et sans hésitation. Durant ses années à l'hôpital, elle avait exécuté de nombreuses opérations sur différentes blessures, toutes plus horribles les unes que les autres. Celles de Gustus étaient impressionnantes mais elle avait vu pire et malgré le peu de moyen dont elle disposait, elle réussirait à le sauver. Cela était peut-être arrogant mais elle avait confiance en ses capacités.

- Comment je trouve ça ? demanda Lexa dont la panique se fit à nouveau sentir.

- Il doit bien avoir de la famille, retourna-t-elle concentrée.

- Non…

Clarke releva des yeux interrogateurs sur elle.

- Costia était sa seule famille, clarifia-t-elle.

- Oh… comprit-elle enfin pourquoi Lexa était si inquiète pour lui… et bien il y a forcément quelqu'un de compatible avec lui en ville…

Elle se retourna vers son matériel, déposa sa pince puis attrapa de nouvelle compresse qu'elle plaqua sur les plaies les plus saignantes avant d'attraper les mains de la brune et d'ordonner :

- Appuie fortement pour ralentir le saignement, je reviens vite.

Elle disparut alors dans son bureau pour rapidement fouiller ses dossiers à la recherche du groupe sanguin du sheriff.

- On a de la chance, il est AB+, n'importe qui fera l'affaire, annonça-t-elle tout en posant un regard évident sur Lexa.

- Non, je peux pas lui donner mon sang, trouve quelqu'un d'autre, expliqua-t-elle légèrement stressée.

Bien qu'elle eut envie de savoir pourquoi, Clarke n'en avait pas le temps alors elle revint vers Gustus, retirant les mains de la brune et les compresses avec empressement.

- Alors trouve-moi quelqu'un, lui ordonna-t-elle sans un regard, concentrée sur sa tâche.

Lexa obtempéra, quittant la pièce à la recherche d'un volontaire et laissant Clarke sauver la vie de Gustus…


Pendant ce temps, assise à une table du bar, Octavia devait bien avouer qu'au delà de son enquête, elle passait un excellent moment en compagnie du bel adjoint. Au fil des questions, ils en étaient venus à parler de tout et de rien, riant avec une complicité surprenante.

- Bon et bien j'espère que vous avez eu ce que vous cherchiez ? demanda Lincoln après que Niylah ait apporté leurs boissons.

- J'ai tout ce qu'il faut pour mon article, confirma-t-elle dans un sourire satisfait.

Un léger silence se posa, chacun en profitant pour boire à son verre.

- Vous comptez rester combien de temps ?

- Tant que mon amie aura besoin de moi, répondit-elle.

- Et qui est-ce ? Je la connais peut-être ? S'enquit-il.

- Le nouveau docteur.

- Oh, je n'ai malheureusement pas eu le plaisir de la croiser mais pour quelle raison venez-vous l'aider ? Elle a des problèmes ?

- Clarke me tuerait si je commençais à raconter ses problèmes au premier venu… Pardon, grimaça-t-elle, c'est pas ce que je voulais dire… enfin... vous n'êtes pas, plus « un premier venu »…

Lincoln rit gentiment face à ses balbutiements.

- Ne vous en faites pas, je comprends et c'est moi qui m'excuse, déformation professionnelle, je suis trop curieux.

- Je connais ça, sourit-elle en connaissance de cause. On peut dire qu'on fait la paire.

- Oui…rit-il de complicité.

Un léger silence plana entre eux, se perdant dans les yeux de l'autre alors qu'une envie cheminait dans leurs esprits. Ils ouvrirent la bouche pour parler en même temps mais :

- Sheriff Adjoint ! L'interpella un homme qui venait d'entrer en courant dans le bar.

- Qui y-a-t-il ? Se tourna-t-il vers lui.

- Woods m'envoie vous prévenir que le sheriff a été attaqué par un loup, il est gravement blessé…

- Où est-il ?! Le coupa-t-il en se levant de sa chaise.

- Au cabinet médical.

- Je suis désolé, se retourna-t-il vers Octavia.

- Allez-y, le rassura-t-elle en lui indiquant la sortie d'un signe de tête.

Lincoln déposa de quoi régler leurs consommations sur la table puis ils échangèrent un dernier sourire et Lincoln s'en alla d'un pas rapide. La journaliste le regarda partir, l'air songeur.


C'est épuisée que Clarke sortit enfin de la salle d'auscultation devenue provisoirement une salle d'opération mais elle avait réussi à stabiliser Gustus qui recevait maintenant sa transfusion. Elle fut accueillie par le silence du couloir. Pendant un instant, elle crut que tout le monde était parti et bien que cela soit le cas de ses patients, elle aperçut Lexa assise en salle d'attente ainsi que l'adjoint du sheriff qui était arrivé un peu plus tôt. Ce dernier affichait une profonde inquiétude, tout comme la brune et cela lui fendit le cœur, tout en étant soulagée de lui apporter une bonne nouvelle.

- Comment va-t-il ? Se leva-t-elle de sa chaise à la vue du médecin, la rejoignant dans le couloir et suivit par Lincoln.

- Il est stable mais il doit rejoindre au plus vite Arkadia pour une surveillance accrue.

A ses paroles, elle vit le corps de Lexa se détendre un peu sous le soulagement.

- Je peux le voir ? S'enquit Lincoln, soulagé mais toujours inquiet pour son collègue et ami.

Clarke acquiesça sans quitter des yeux Lexa et l'adjoint disparut sans attendre dans la salle d'auscultation.

- Tu es proche de Gustus ? Se risqua-t-elle à lui demander alors que les émeraudes regardaient avec inquiétude la porte où venait de disparaitre l'adjoint.

- C'est compliqué… répondit-elle en ramenant son regard dans les saphirs.

Clarke hocha la tête dans un sourire amer alors que sa réponse frappait durement son cœur, la ramenant à sa blessure encore à vif. N'ayant pas dépassé sa colère, elle répondit sans se maitriser.

- Avec toi, tout est compliqué on dirait, mordit-elle.

Lexa accueillit son attaque tel un coup de poing tandis que la culpabilité de lui avoir fait défaut mordait son âme. Une douleur qui traversa ses émeraudes pour aller se refléter dans les saphirs de la blonde.

- Pardon, c'est pas ce que je voulais…

- Si, la coupa-t-elle doucement, c'est ce que tu voulais dire et c'est mérité.

- Peut-être mais c'est pas le moment… s'excusa-t-elle alors que l'idée de l'avoir blessé, la faisait se sentir mal, allant jusqu'à oublier sa propre peine.

Un léger silence s'interposa, s'étirant à en devenir lourd mais Lexa reprit :

- Merci d'avoir tout fait pour l'aider, souffla-t-elle en fixant la porte, où se trouvait Gustus.

- Je n'ai fais que mon devoir, je n'allais pas le laisser tomber.

Bien qu'elle n'ait eu aucune volonté de reproche, ses mots ramenèrent Lexa à la Mairie, où elle avait laissé tomber Clarke.

- Je suis désolée de ne pas t'avoir soutenu, s'excusa-t-elle finalement.

- Alors tu reconnais qu'il ne s'agissait pas d'un loup ? Chercha-t-elle à clarifier.

-Je n'ai pas dis ça, se renfrogna la brune.

La médecin lâcha un rire acerbe.

- Et tu vas aussi me dire que ce sont les griffes d'un loup qui ont littéralement déchiqueté le dos du Sheriff ?

- En quoi est-ce si important ? Retourna-t-elle abruptement, plongeant ses émeraudes dans ses saphirs.

Cela eut le mérite de prendre Clarke par surprise, cette dernière ne trouvant plus ses mots alors que Lexa décelait une certaine panique dans ses yeux.

- Je… je ne suis pas folle, c'est tout, mentit-elle en partie car au fond, elle espérait que ses recherches prouveraient qu'elle n'était pas simplement en pleine obsession, cherchant simplement à soulager sa peine en trouvant un coupable à la perte de son père.

- C'était un loup, Clarke, asséna-t-elle à nouveau, mais je peux t'assurer que tu n'es pas folle, la peur nous joue simplement des tours…

Les saphirs se perdirent dans les émeraudes, se laissant presque convaincre par ce mensonge. En revanche, Lexa était sincèrement soucieuse de son bien-être, elle souhaitait réellement la rassurer et cela toucha la blonde. Elle accepta enfin le fait qu'elle n'ait agit que dans le but de la protéger et sa colère s'amenuisa alors lorsqu'elle lui demanda prudemment :

- Tu me pardonnes ?

- Oui… répondit-elle sans hésitation.

La brune retint difficilement un sourire alors que son cœur s'enrobait d'une douce joie.

- Amies ? Lui tendit-elle sa main.

- Amies ? Retourna Clarke alors que le souvenir de leur baiser se rappela à elles.

« C'est tout ce que j'ai à offrir » lui répondirent silencieusement ses émeraudes. La médecin regarda sa main avec une légère hésitation puis elle la saisit, acceptant le peu qu'elle lui offrait.

- Amies, sourit Clarke alors qu'une douce chaleur la traversait pour rejoindre son cœur.

Elles restèrent ainsi, les yeux dans les yeux jusqu'à ce que l'arrivée de l'ambulance d'Arkadia ne les sorte de leurs bulles.


Lexa claqua la porte de son pick-up puis après un regard préoccupé vers les bois, elle marcha en direction du perron de sa maison. Elle le gravit tout en sortant ses clés qu'elle entra dans la serrure mais au moment de les tourner, elle sursauta lorsqu'une ombre sortit de l'angle du balcon pour s'écraser sur le plancher. Sans aucune hésitation, elle franchit la distance les séparant et identifia rapidement le corps d'une femme entièrement nu et luisant de sueur. Cette dernière bien que faible, tentait de se relever. Lexa s'agenouilla à ses côtés et l'aida à se relever.

- Anya, appuie-toi contre moi, ordonna-t-elle à la grande blonde et nullement gênée par sa nudité.

- On m'a pas loupé, grogna-t-elle alors qu'une vive douleur traversait sa cuisse ensanglantée.

- Gustus est un bon tireur, l'informa Lexa en l'aidant à marcher jusqu'à la porte.

- Gustus ? répéta Anya confuse.

Lexa fronça les sourcils face à son ignorance puis elle ouvrit la porte avant de l'emmener sur le canapé du salon, où elle l'allongea.

- Est-ce que la balle est ressortie ? S'enquit la brune tout en quittant la pièce à la recherche de matériel de soin.

- Non, répondit Anya lorsqu'elle revint.

- Alors ça va être douloureux, annonça Lexa tout en sortant une pince pour extraire la balle.

- Pour une fois, j'aimerais que toutes ces conneries sur les loups-garous soient vraies, se crispa-t-elle à l'approche de la pince vers sa blessure, sa respiration se faisant plus rapide.

Lexa stoppa son geste.

- Tu aurais préféré que la blessure cicatrise toute seule avec la balle à l'intérieur ? lui demanda-t-elle perplexe.

Pour toute réponse, Anya grimaça d'une douleur imaginaire. Lexa reporta son attention à sa tâche et sans plus de cérémonie, elle plongea la pince dans la plaie, fouillant à la recherche du mortel bout de métal. Anya se tordit de douleur, serrant violemment les coussins du canapé et son regard luisant dangereusement.

- Anya, la prévint-elle alors qu'à ses yeux luisants venait s'ajouter l'élongation de ses ongles en griffes.

- Je peux pas… gémit-elle de douleur.

- Retiens-le ! ordonna-t-elle d'une autorité innée alors qu'elle était concentrée sur la balle qu'elle sentait enfin.

La transformation d'Anya cessa immédiatement et à la plus grande surprise de cette dernière car jamais son loup n'aurait dû se replier sur le simple ordre de la brune. Serrant les dents, la grande blonde jeta un regard étrange à Lexa qui ne semblait pas s'être rendue compte de son exploit. Cependant sa réflexion fut brutalement coupée, grognant de douleur lorsque dans un dernier tiraillement, elle extirpa la balle.

- Ne craindre que les balles en argent aurait été sympa, souffla Anya qui se remettait de la douleur.

La brune ignora son commentaire et jeta la balle dans un récipient puis elle appliqua une compresse sur la plaie, la nettoyant avant d'envisager de suturer.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda Anya qui fixait le plafond.

- Tu as tué un homme...

La grande blonde ferma les yeux, accusant la nouvelle, puis elle les rouvrit.

- L'influence de l'Alpha se fait plus forte, peu d'entre nous résiste encore… soupira-t-elle défaitiste.

- J'ai pu m'en rendre compte, confirma Lexa tout en commençant à recoudre la plaie.

Serrant les dents pour se maitriser, Anya lui demanda plus d'explication d'un regard.

- Tu étais en pleine frénésie, si Gustus n'avait pas été là tu m'aurais tué.

- Je ne t'ai pas reconnu ? S'étonna Anya face à son manque de contrôle.

Lexa secoua la tête, continuant de s'appliquer à sa tâche. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'occupait d'une telle blessure, aussi termina-t-elle rapidement les points pour s'atteler ensuite à poser un bandage.

- Et Gustus ? S'enquit Anya.

- Tu l'as gravement blessé mais Clarke lui a sauvé la vie, révéla-t-elle un éclat de fierté dans le regard.

Bien que soulagée par la nouvelle, la grande blonde ne put s'empêcher de secouer la tête de mécontentement.

- Tu ne comptes pas t'éloigner d'elle, je me trompe ?

- Ca m'est impossible, répondit-elle simplement et sans détourner les yeux du bandage qu'elle passait autour de sa cuisse.

- Lexa… soupira-t-elle contrariée.

- On est seulement amie.

- Qui est-ce que tu trompes Lexa ? lança-t-elle pleine de sarcasme.

La brune releva les yeux et Anya asséna la vérité :

- Vous ne serez jamais des amies.

A suivre…


Clarke et Lexa amies, la blague de l'année non ? :p Alors dite-moi, que pensez vous de ce grand méchant loup-garou ? Enfin des réponses sur Lexa ou pas du tout ?

Encore merci pour vos retours, c'est d'une grande motivation et croyez-moi j'en ai besoin alors n'hésitez pas. Et c'est toujours un plaisir de vous répondre ;)

Lâchez donc vos théories sur la suite :p

Prochain chapitre : Amitié... Amitié... et Amitié mouhahahaha :p