CH7-Adieu mon ami
Bonjour, bonjour :D
Nouveau chapitre en ce dimanche ensoleillé !
Un grand merci pour vos retours sur le précédent chapitre, toujours un plaisir de vous retrouver d'un chapitre à l'autre ainsi que de découvrir de nouvelle tête ! :)
J'espère que ce chapitre vous plaira :p
Et encore et toujours un grand Merci à Kouan pour la relecture. ;)
Bonne lecture !
En pleine nuit, incapable de fermer l'œil, Anya se redressa doucement sur le canapé, préservant sa blessure de tout mouvement brusque. Elle écarta ensuite la couverture que Lexa lui avait donnée, sa peau nue frissonnant, malgré le feu de cheminé encore crépitant. Elle serra les dents de douleur lorsqu'elle s'assit sur le bord du canapé avant de se pencher pour se saisir des vêtements que Lexa avait déposés pour elle sur la petite table basse. Elle enfila sans difficulté le pull mais ce fut une autre paire de manches avec le pantalon. Bien que légèrement ample, minimisant ainsi toute friction avec sa blessure, ce ne fut pas sans douleur et elle grimaça silencieusement pour ne pas réveiller Lexa qui dormait à l'étage. Habillée, elle se leva, s'appuyant difficilement sur sa jambe blessée puis elle marcha tant bien que mal jusqu'à l'entrée de la maison, où elle porta prudemment sa main sur la poignée de la porte en espérant qu'elle ne soit pas fermée.
- Tu espères aller jusqu'où en te trainant comme ça ?
Anya sursauta lorsque la voix de Lexa s'éleva. Elle tituba de quelques pas et se retrouva appuyée contre le mur, le cœur battant.
- Non mais ça ne va pas ?! Depuis combien de temps t'es là ?! lança-t-elle énervée à une Lexa tranquillement assise dans les escaliers.
- Tu le saurais si tu avais les sens aussi aiguisés que ton loup, encore une désillusion des légendes, s'amusa-t-elle.
- Ah Ah, très drôle, vraiment très drôle… sérieusement depuis quand tu joues les psychopathes à attendre comme ça dans le noir ? lui reprocha-t-elle une nouvelle fois de lui avoir fait peur.
- Depuis que j'ai suffisamment fait le mur pour savoir quand quelqu'un va s'enfuir sans même un merci, répondit Lexa en se levant et en descendant les escaliers pour faire face à la grande blonde.
- Je ne fuyais pas…
- Tu n'es pas en état de partir, du moins pas seule, la coupa Lexa en ignorant sa plainte.
- Je n'ai pas besoin de ton aide, claqua Anya.
- Clairement... s'amusa-t-elle ouvertement de sa réponse tout en prenant la direction du salon.
- Ne prend pas ce ton avec moi et ne me tourne pas le dos quand je te parle ! S'énerva Anya qui s'écarta du mur pour faire face à la brune.
Lexa obtempéra, se tournant à nouveau vers elle et constatant que la grande blonde tentait de cacher la douleur que lui infligeait sa blessure alors qu'elle se tenait debout.
- Tu aurais pu aller autre part mais c'est ici que tu es venue chercher de l'aide alors laisse-moi t'aider jusqu'au bout, persista-t-elle.
Anya soutint quelques secondes ses émeraudes puis elle capitula dans un soupir avant de doucement hocher la tête.
- Bien, maintenant retourne donc sur le canapé que je m'occupe de ta blessure que tu as rouverte.
Tandis que Lexa s'éloignait pour chercher ce dont elle avait besoin, Anya ne put que constater la tâche de sang qui grossissait sur son pantalon. C'est dans un grognement frustré qu'elle retourna au salon, retirant son pantalon avant de s'assoir. Quelques secondes plus tard, Lexa était à son chevet pour commencer à nettoyer la plaie avant de la recoudre.
- Il va falloir que tu te fasses discrètes afin d'éviter les questions, énonça Lexa après un long silence et terminant sa tâche.
- La discrétion est terminée, Lexa, répondit-elle durement alors que la brune se relevait, il y a eu deux morts et Gustus finira par parler.
- Raison de plus pour ne pas attirer l'attention sur toi, retourna-t-elle avant de disparaitre dans la cuisine.
Anya la rejoignit malgré la douleur et s'arrêta contre l'encadrement de la porte pour observer la brune qui s'affairait à préparer de la tisane.
- Hier soir, tu n'as rien remarqué lorsque j'allais me transformer ?
- J'aurais dû remarquer quelque chose ? Lui retourna Lexa qui ne comprenait pas sa question.
Anya ne répondit rien, se contentant de la fixer ou plutôt de l'analyser alors qu'elle ne comprenait toujours pas comment Lexa avait fait pour stopper sa transformation. La brune posa une tasse de tisane sur l'ilot central et elle s'y dirigea en serrant les dents de douleur avant de prendre la tasse fumante entre ses mains.
- Tu devrais t'assoir, lui conseilla Lexa tout en déposant sa propre tasse.
- Ne me dis pas ce que je dois faire, lui dit-elle durement.
Bien que se repliant quelque peu, Lexa ne le prit pas personnellement. Leur relation était compliquée et bien que leur amitié semble lointaine, laissant place aux conflits, il fut un temps où Anya avait été l'un de ses repères. Après la mort de ses parents, bien qu'Indra l'ait recueillie, Anya s'était également occupée d'elle, telle une sœur veillant sur elle. Ce temps était bien loin mais malgré tout, elle s'inquiétait toujours pour elle et Anya, par ses actions, lui prouvait que cela était réciproque. Elle savait que tout comme elle, elle portait une carapace qui lui faisait parfois dire des choses blessantes, surtout lorsqu'elle se sentait en situation de faiblesse comme en cet instant.
- Tu n'en fais toujours qu'à ta tête de toute façon, souffla-elle, tentant de détendre l'atmosphère.
Mais ce fut un échec car Anya songea immédiatement à la veille, où elle s'était transformée en répondant à l'appel de son Alpha, incapable de lutter.
- C'était pas ta faute, assura immédiatement Lexa qui sentit son changement d'humeur.
- J'ai cédé à son pouvoir, c'étaient mes griffes et mes crocs…
- An'…
- Je ne veux pas de ta pitié, cracha-t-elle.
- Alors quoi tu veux laisser Quint et sa bande te descendre ? Tu crois que ça changera quelque chose ? T'apitoyer…
Le rire sarcastique d'Anya la coupa dans son élan avant que son regard tranchant ne la fasse frissonner.
- Tu veux vraiment me faire un sermon sur le fait de m'apitoyer sur mon sort ? lança-t-elle incisive.
Lexa détourna piteusement le regard.
- En fait, réalisa avec sarcasme Anya, je n'ai aucune raison de me sentir coupable parce que je ne suis pas responsable de tout ça. Je ne peux rien y changer, je ne peux défier l'Alpha, termina-t-elle tranchante.
Ensuite, elle se leva en prenant sa tasse et retourna dans le salon. Lexa la laissa faire car bien qu'elle ait raison, qu'elle n'était en rien responsable de ce qu'elle ne pouvait contrôler, Anya se sentait coupable. Elle termina sa tasse puis elle passa par le salon, où elle trouva la grande blonde déjà allongée sur le canapé, cherchant le sommeil. Lexa passa sans un mot puis elle retourna dans sa chambre en quête d'un peu de repos.
Raven ouvrit violemment la porte de sa chambre. Les yeux encore rougis de sommeil, la chevelure désordonnée et le corps encore engourdi, elle s'engouffra en grommelant dans le couloir.
- Maudit corbeau, grogna-t-elle alors que l'oiseau qui l'avait réveillé continuait de coasser avec force.
Tout en se frottant les yeux, elle avança d'un pas trainant. Elle passa devant la chambre faisant presque face à la sienne, la porte étant ouverte, elle put constater l'absence de sa grand-mère. Continuant sa marche encore embrumée par le sommeil, elle passa devant la porte de l'unique salle de bain de la maison mais l'ignora pour sortir du couloir et atteindre le salon.
- Sale piaf, je vais te passer à la casserole, vociféra-t-elle à l'encontre du corbeau.
Ce dernier coassait au sol, se débattant avec son aile brisée et encore bandée. A côté de lui, son nid de fortune qu'il avait renversé dans sa chute depuis le haut de la cheminée, où elle l'avait laissé la veille.
- Qu'est-ce que t'as foutu ? S'inquiéta-t-elle plus qu'elle ne s'énerva.
Elle contourna le canapé qui les séparait puis la petite table et elle s'agenouilla près de lui afin de le ramasser mais elle se prit un coup de bec sur les doigts.
- Aïe ! Mais ça va pas ?! S'insurgea-t-elle en portant son doigt rougit à sa bouche pour calmer la douleur.
- Il veut seulement rejoindre ses amis, lança sa grand-mère depuis l'entrée de la cuisine.
Cette dernière lui désigna la fenêtre du salon avant de disparaitre à nouveau. Raven suivit son indication et découvrit quatre corbeaux posés sur le rebord de la fenêtre. Elle se releva et alla les chasser mécontente. Ils s'envolèrent dès son approche et le coassement du corbeau mal en point s'éteignit progressivement. Raven retourna vers la cheminée, ramassa le nid pour le réinstaller puis elle prit entre ses mains le corbeau en prenant garde à ne pas lui faire mal.
- Un peu de patience, lui dit-elle alors qu'il se débattait une dernière fois, tu retrouveras bien assez vite ta liberté.
Elle le déposa dans son nid et il s'y blottit confortablement. Raven s'en détourna rapidement pour rejoindre la cuisine, où elle trouva sa grand-mère en train de déposer sur la table les derniers plats du petit-déjeuner.
- Pincez-moi parce que je dois encore être en train de rêver ou alors je suis dans la quatrième dimension, lança-t-elle surprise de voir sa grand-mère s'affairer dans la cuisine.
- On ne se moque pas de ses ainés, lui rappela Ilda en la pointant d'une cuillère en bois.
- Pardon grand-mère mais admets qu'il est déjà étrange que l'on soit toutes les deux à la maison alors si en plus tu prépares le petit-déjeuner.
- N'ai-je pas le droit de vouloir prendre soin de ma petite-fille ? S'offusqua quelque peu la vieille femme.
- Bien sûr que si, répondit-elle immédiatement.
- Alors pose tes fesses de râleuse et mange, lui ordonna-t-elle d'un sourire tendre.
Raven obtempéra sans pour autant se départir du sourire effronté inscrit sur ses lèvres puis elle attrapa un toast qu'elle commença à tartiner avant de sursauter lorsque les quatre corbeaux vinrent s'installer sur la petite fenêtre de la cuisine. Cette dernière était située au-dessus du petit évier auquel faisait face sa grand-mère et qui bien évidemment ne réagit pas à l'arrivée de ses oiseaux bien aimés.
- Pourrais-tu faire partir ces oiseaux de malheur ?
- Ne les appelle pas comme ça, la reprit-elle.
- C'est ce qu'ils sont, protesta Raven avant de mordre dans son toast.
- Ne sois pas de mauvaises foi, se retourna sa grand-mère.
Raven se renfrogna sur sa chaise, détournant les yeux pour éviter d'affronter sa grand-mère mais cette dernière ne laissa pas sa petite-fille s'en sortir comme ça :
- Que veux dire quatre corbeaux ?
Elle haussa les épaules et se servit un verre de lait en tentant d'ignorer le regard perçant qu'elle posait sur elle.
- Raven… insista-t-elle avec autorité cette fois.
La concernée bougonna quelque chose d'incompréhensible, ce qui fit soupirer la vieille femme. Elle s'en retourna à sa vaisselle tout en se mettant à chantonner :
- Un corbeau, un changement… deux corbeaux, une confession…
Raven leva les yeux au ciel d'agacement.
- Trois corbeaux, un malheur…
Ces paroles ramenèrent les récentes victimes des loups à leur esprit, pesant dans l'atmosphère, mais la vieille femme releva les yeux sur les corbeaux, un petit sourire plein d'espoir aux lèvres.
- Quatre corbeaux, une union…
La phrase fit écho en Raven car elle lui rappela une chose importante qu'elle avait oubliée. Elle se leva précipitamment et quitta la cuisine avant de revenir en arrière, ne laissant qu'apparaitre sa tête en lançant :
- Je t'aime grand-mère !
Puis elle disparut à nouveau pour se diriger vers le téléphone de l'entrée tandis que la vieille Ilda souriait de malice…
- Les habitants de Ton DC ainsi que moi-même vous remercions, Docteur, gratifia poliment la Mairesse, assise à son grand bureau.
Il y eux un silence alors que le médecin lui parlait.
- Oui, tenez-moi au courant, au revoir Docteur.
Nia raccrocha le téléphone puis songeuse, elle s'appuya dans le fond de son grand fauteuil, fixant un point invisible à travers les carreaux de la fenêtre. Fenêtre qui n'aidait guère à éclairer la petite pièce lui servant de bureau à la Mairie. A l'exception de son bureau en chêne massif et finement sculpté, rien n'imposait le respect dû à son poste. Cependant, cela n'empêchait pas les visiteurs de trembler sous la froide et puissante aura que dégageait la Mairesse. Ton DC était une petite ville bien loin du pouvoir et des richesses des métropoles mais Nia régnait en maître.
- Alors ? S'enquit sa fille dont elle avait presque oublié la présence.
- Le Sheriff est en vie et se remettra très bien.
- Il va parler, pointa Ontari.
- C'est fort probable en effet, confirma-t-elle tout en continuant de fixer froidement l'extérieur.
- Laisse-moi m'occuper de lui.
- Nous ne pouvons nous le permettre, se tourna-t-elle enfin vers sa fille, une étincelle d'autorité dans le regard.
- Mère, s'il attire l'attention sur nous…
- Crois-tu que deux morts sont passés inaperçu ? La coupa-t-elle avec sarcasme.
- Tout le monde pense qu'il s'agit des loups mais si Gustus parle, le doute ne sera plus permis, argua-t-elle vivement tout en approchant jusqu'au bureau.
Sa mère leva les yeux sur elle, prête à la remettre à sa place alors qu'elle sentait sa dominance tenter de s'imposer à la sienne. Un geste surement inconscient, qu'elle choisit de ne pas relever alors qu'Ontari avait raison.
- Alors il suffit de leur livrer le coupable, répondit-elle d'une lueur vicieuse dans le regard.
- Comment ça ? ne comprit-elle pas et craignant que sa mère ait soudainement perdu l'esprit.
- C'est simple… seul un puissant et horrible loup a pu commettre de telles attaques, alors nous allons le leur donner.
Un sourire de connivence s'étira sur le visage d'Ontari alors qu'elle comprit enfin où sa mère voulait en venir. Ils cherchaient un monstre, un loup bien particulier, le plus fort de tous, alors elles allaient leur livrer l'Alpha de la meute. Le parfait responsable pour détourner les regards du véritable coupable…
- Et cela fera beaucoup de mal à Woods, sourit Ontari.
- C'est un bonus non négligeable, en effet, énonça Nia dans un sourire carnassier.
- Puis-je avoir le plaisir de m'en charger ?
-Ton frère s'en charge déjà, ce sera également pour lui l'occasion de se racheter…
- Evidemment… soupira Ontari.
- Ne t'en fais pas, tu pourras t'amuser avec notre chère Lexa lorsqu'elle pleurera son sale cabot de loup, sourit sournoisement Nia.
Un sourire que partagea Ontari, impatiente de malmener Lexa.
Octavia descendait les escaliers menant à l'accueil de l'auberge. En se réveillant, elle était allée frapper à la porte de Clarke mais cette dernière ne lui avait pas répondu. La connaissant, elle devait profiter d'une bonne grâce matinée en ce dimanche matin.
- Bonjour, lança-t-elle joyeusement à Indra qui avait le nez dans un livre de compte.
- Bonjour à vous aussi, lui retourna-t-elle concentrée.
- Hum… est-ce que…
- Bonjour Indra, les interrompit Lexa qui venait d'entrer. Raven m'a dit que tu voulais me voir ?
- Je n'ai rien dit de tel, je n'ai même pas parlé à Raven, répondit Indra dans une totale incompréhension.
- Je ne comprends pas, s'étonna à son tour Lexa, elle m'a téléphoné pour me dire que tu n'arrivais pas à me joindre et qu'il fallait que je passe en urgence.
- Vous avez dû mal vous comprendre, proposa Indra, mais puisque tu es là, veux-tu un petit déjeuner ?
- Tu pourrais te joindre à nous, proposa Octavia, Clarke n'est pas encore réveillée mais…
- Le Docteur Griffin est partie il y a peu de temps, les informa Indra.
- Comment ça ?! S'étonna Octavia.
- Merci pour la proposition, coupa court Lexa, mais je n'ai pas le temps… A plus tard, indiqua-t-elle à Indra… Octavia, salua-t-elle brièvement la petite brune qui lui répondit d'un léger signe de main.
Indra retourna à son livre de compte pendant qu'Octavia se dirigea vers la petite salle de restauration tout en bougonnant :
- Où Clarke a bien pu aller aussi tôt un dimanche ? grogna-t-elle contre son amie qui l'avait visiblement abandonnée.
- Doc' ?! S'exclama de surprise Raven qui en lâcha sa clé à molette alors qu'elle pénétrait dans son garage.
Après son appel à Lexa, la mécanicienne avait délaissé la chaleur de la maison familiale pour la froideur du métal, travaillant sur ses patientes pendant que la plupart des gens profitaient de leur dimanche.
- Bonjour Raven, j'ai un service à te demander, annonça-t-elle de but en blanc et quelque peu essoufflée.
- Euh oui, bien sur, qu'est-ce qu'il te faut ? N'hésita-t-elle pas une seconde malgré sa déception de la trouver là alors qu'elle avait fait en sorte d'envoyer Lexa à sa rencontre à l'auberge.
- Le livre que tu as emprunté à la bibliothèque.
- C'est ce vieux rabougri de Titus qui t'envoie ? demanda-t-elle suspicieuse.
- Non, mais j'en ai besoin pour des recherches.
- T'as de la chance que je le garde ici, suis-moi.
Clarke la suivit jusque dans son petit salon aménagé, où Raven s'empara du livre reposant sur une vieille étagère avant de le lui tendre.
- Quelle recherche ? demanda Raven en éloignant subitement le livre des mains de Clarke.
- Ne le prends pas mal mais ça me regarde.
- J'aime beaucoup ce livre, insista-t-elle dans un espiègle levé de sourcil.
- Raven, s'il te plait, s'impatienta Clarke.
Elle accepta de le lui donner mais n'abandonna pas sa curiosité en si bon chemin :
- Tu sais, je le connais par cœur, je peux peut-être te faire gagner du temps en lecture.
Clarke qui avait déjà esquissé un pas pour se détourner, repensa soudainement la proposition et décida qu'après tout elle n'avait rien à perdre.
- Très bien, accepta-t-elle en revenant vers elle. Je cherche à comprendre ce que j'ai vu l'autre soir.
- Cette fameuse bête ?
- Oui…
- Dans un livre de contes ? Leva-t-elle un sourcil presque défiant.
- Je n'ai rien trouvé dans les archives de la ville, se justifia-t-elle.
- Il n'y aura rien sur ta bête là-dedans.
- Comment peux-tu le savoir ? Tu ne sais même pas ce que j'ai vu.
- Parce que tu cherches un animal et ce n'est pas ce que tu as vu, retourna-t-elle contre elle ce qu'elle clamait.
- C'est de la folie… refusait-elle d'admettre la vérité.
-Alors pourquoi chercher dans ce livre ? lança-t-elle d'un sourire connaisseur.
- Les légendes ont souvent un fond de vérité.
Raven releva un sourcil goguenard qui fit soupirer Clarke, avant qu'elle n'aille se laisser tomber sur le canapé, posant le livre sur la petite table et croisant les mains avant de fixer le sol.
- Ce que j'ai vu… releva-t-elle la tête pour plonger son regard dans celui de Raven… était mi-animal… mi-humain.
La mécanicienne exulta presque de joie en l'entendant mais elle se retint suffisamment pour venir s'assoir à ses côtés sans la faire fuir.
- Un loup-garou, c'est ça ? demanda-t-elle confirmation dans un sourire d'excitation remontant jusqu'à ses oreilles.
- Ca y ressemblait oui, accepta-t-elle de lui accorder face à son enthousiasme.
- Je le savais ! Bondit Raven. J'étais sûre qu'il n'y avait rien de normal !
- Comment ? demanda Clarke avec confusion car la mécanicienne n'avait jamais rien eu ou vu de concret pour y croire aussi fermement.
- J'ai grandi avec toutes ces histoires, répondit-elle simplement, d'ailleurs celle sur la malédiction de Ton DC est particulièrement intéressante.
- La malédiction ? Ne put s'empêcher de sourire Clarke, malgré tout toujours sceptique même si une part d'elle commençait à vouloir y croire.
- Yep, c'est celle que je te racontais avant d'être grossièrement interrompue par Lexa le jour de ton arrivée.
- Ah oui, je m'en souviens vaguement… mais dans l'hypothèse où je ne serais pas juste en train de perdre la tête en te suivant là-dessus, commença Clarke, je suppose que tu as déjà cherché ce monstre ?
- J'aurai depuis longtemps testé tous les habitants si Lexa ne m'en avait pas empêché, ragea Raven en croisant les bras.
- Elle t'a probablement évité tout un tas de problème, notamment de passer pour folle, pointa Clarke.
Raven lui jeta un regard lourd de sens.
- C'était pas la même chose, répliqua-t-elle de mauvaise foi.
- Quoi qu'il en soit, reprit Raven, Lexa a toujours été la voix de la raison, elle a toujours su me stopper. On s'est souvent disputées mais ce n'est pas ça qui l'arrête quand il s'agit de protéger ceux qu'elle aime.
- Je sais ce que t'essaye de faire, accusa-t-elle gentiment en se levant et récupérant le livre, et tu te fatigues pour rien parce qu'on est de nouveau amies avec Lexa.
- Pfff amies, répéta-t-elle avec amusement, même toi tu n'y crois pas.
Et c'était vrai. A chaque fois qu'elle y pensait ou l'énonçait à voix haute, elle avait un pincement au cœur mais Lexa avait été clair.
- C'est tout ce qu'elle a à offrir, se défendit-elle auprès de la mécanicienne.
- Faut pas écouter ce que dit Lexa, elle dit une chose mais en pense une autre, dit-elle tout à fait sérieusement bien que sur le ton de la dérision.
- Et bien je n'ai pas le décodeur, voulut-elle mettre fin à la conversation.
- Doc', laisse lui une chance, continua Raven en la suivant alors que la blonde se dirigeait vers la sortie.
- Je ne suis pas sûre de vouloir m'embarquer là-dedans, s'arrêta-t-elle près de la porte.
- Lexa a ses blessures, Doc'.
- Et j'ai les miennes, trancha-t-elle un peu trop vivement, et je m'en remets à peine, ajouta-t-elle soudainement vulnérable avant de se détourner pour sortir.
- Je sais pas qui t'as blessé, Doc', la retint-elle une dernière fois, mais Lexa n'est pas cette personne. Elle a ses moments de stupidité, souvent même… mais c'est la personne la plus loyale que je connaisse et bien qu'elle le cache derrière sa foutu carapace, elle a un cœur immense, elle ferait tout pour ceux qu'elle aime. Quitte a sacrifier les liens les unissant et c'est ce qu'elle a fait à la Mairie en refusant de te soutenir… cette imbécile tient à toi et elle a besoin de toi, Doc', termina-t-elle dans cette vérité pleine d'espoir.
Clarke ne se retourna pas mais Raven fut certaine d'avoir fait mouche. La blonde serra la mâchoire, impactant ses paroles puis partit sans un mot de plus. A l'extérieur une froide bourrasque l'accueillit, elle resserra son manteau autour d'elle, combattant le vent.
- Hey Doc' ! La rattrapa Raven au milieu de la cour et serrant ses bras autour d'elle pour se protéger bien inutilement du vent.
Clarke se retourna sans pour autant cacher sa lassitude face à sa persistance.
- Pour tes recherches, commença-t-elle en la surprenant avec son changement de sujet, tu pourrais aller parler à Emori.
- Emori ? Retourna-t-elle en dégageant ses cheveux qui s'immisçaient devant son visage à cause du vent.
- Elle tient l'épicerie avec son mari, précisa Raven.
- Et pourquoi j'irai la voir ?
- Je te laisse le découvrir, où serait le fun sinon ? Oscilla-t-elle mystérieusement des sourcils.
Clarke secoua la tête dans un léger rire puis elle salua son amie avant de définitivement partir. Elle marcha en direction du centre-ville, décidée à éclaircir immédiatement cette piste « Emori » car par chance l'épicerie était ouverte le dimanche matin. Cependant, ce n'est pas son enquête qui accompagna son esprit sur le chemin mais Lexa qui s'immisça à nouveau, monopolisant ses pensées…
- C'était rapide pour une urgence ? S'étonna Anya lorsque Lexa la rejoignit dans le pick-up après avoir quitté l'auberge.
- Il n'y avait pas d'urgence, grogna Lexa d'agacement.
- Indra n'est pourtant pas du genre à dramatiser pour rien, pointa-t-elle alors que la brune dirigeait leur véhicule sur la route.
- Mais apparemment c'est le genre de Raven, grommela-t-elle en se concentrant sur la route.
- Raven ? Qu'est-ce qu'elle a encore inventé ? Rit-elle doucement.
- J'en sais absolument rien mais mieux vaut pour elle que je ne la croise pas.
La menace fit sourire Anya car elle la savait infondée. Etrangement, Raven était la seule personne à pouvoir énerver Lexa et s'en sortir sans histoire. Ces deux là étaient inséparables et elle devait admettre qu'elle enviait leur amitié. Raven était la seule à avoir tenu bon lorsque Lexa avait fait le vide autour d'elle. Même si Anya n'avait pas abandonné, elle savait que la brune ne lui aurait jamais permis de rester auprès d'elle comme elle l'avait fait avec la mécanicienne. Les choses étaient compliquées mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir blessée par cette préférence.
- Comment va ta jambe ? S'enquit sincèrement Lexa.
Anya étira un faible sourire alors que malgré leurs différents, elle s'inquiétait toujours pour elle. La vie les avait peut-être séparées mais leur amitié était toujours là. Elle ne l'avouerait probablement pas mais elle ne serait allée chez personne d'autre pour chercher de l'aide. Elle lui faisait pleinement confiance.
- J'ai l'impression que ta pince est toujours dans ma cuisse, répondit-elle tout en bougeant inconsciemment sa jambe pour une position moins douloureuse.
- Je n'avais rien de plus fort pour la douleur, tu devrais peut-être aller voir Luna.
- Ca ira bien comme ça, refusa-t-elle la proposition.
Ce qui fit soupirer Lexa mais elle ne dit rien de plus et continua de les conduire à travers les rues de Ton DC, tout en prenant innocemment la direction de la pharmacie. La ville était encore calme alors que la pluie se profilait à l'horizon, incitant les habitants à rester au chaud alors qu'il était encore tôt. Pourtant, en entrant dans la rue principale, Lexa fronça les sourcils à la vue de nombreux habitants circulant. D'un pas rapide, discutant vivement entre eux et nombreux fusils de chasse en main, ils avançaient d'une même énergie, la colère sur le visage.
- J'aurais préféré des fourches, commenta sans amusement Anya.
- Le résultat sera le même, répondit sombrement Lexa tout en garant son véhicule devant la pharmacie avant d'en descendre et d'en faire le tour.
- Qu'est-ce qu'on fait là ? Claqua Anya alors que Lexa ouvrait sa porte pour l'aider à descendre.
- On va te chercher des médicaments efficace, répondit-elle simplement et attrapant son bras.
- Je croyais que je devais me faire discrète, retira-t-elle son bras en s'entêtant.
- Très bien j'irais seule alors.
Elle recula, prête à s'éloigner dans la pharmacie mais Anya descendit brusquement de la voiture, retenant tout juste un cri douloureux avant de lui attraper le bras pour la retenir.
- T'es une vraie emmerdeuse, tu le sais ?
Lexa se contenta d'un fin sourire et d'un regard malicieux avant de revenir vers elle pour la soutenir afin qu'elle épargne sa jambe. Malgré les circonstances qui les réunissaient, elle réalisait à quel point elle lui avait manqué, heureuse de retrouver cette complicité entre elles.
- On a dû me le dire une ou deux fois, sourit-elle finement.
Elles entrèrent ensuite dans la pharmacie, une clochette signalant leur entrée. Elles avancèrent doucement vers le comptoir, où Luna discutait avec la vieille Mills, la commère de la ville. La pharmacienne leur jeta un regard par-dessus l'épaule de sa cliente, ce qui les arrêta alors que ses yeux passèrent de Lexa à Anya, cette dernière s'appuyant sur la brune lui fit froncer les sourcils.
- Quint et ses compères ne sont que de piètres chasseurs, continuait de parler la vieille femme, mais ce Roan, il aura cette maudite bête.
Cette remarque attira l'attention des deux femmes qui tendirent l'oreille.
- Un seul homme ne peut anéantir toute une meute, retourna Luna sceptique, malgré le talent bien connu pour la chasse du fils de la Mairesse.
- Oh, pas la meute, mais un loup ! s'exclama la vieille femme. Madame le Maire a fait une annonce ce matin, ils veulent uniquement la tête du responsable.
Lexa tourna brièvement les yeux sur Anya qui s'était soudainement tendue, ce qui attira l'attention de Luna, cette dernière regardant une nouvelle fois sa blessure mais ne s'y attardant pas.
- Quel coupable ? Poussa Lexa.
- L'Alpha !
- Heda… souffla avec horreur la brune.
- Une logique implacable, accorda Luna, seul un loup de cette puissance ferait preuve d'autant de violence. D'ailleurs Lexa, tu dois pouvoir le confirmer, tu étais là ?
La concernée posa les yeux sur Luna alors que tous les posèrent sur elle, attendant qu'elle réponde quelque chose mais elle resta muette sous les yeux sombres de la pharmacienne qui la clouaient sur place.
- Tu l'as surement reconnu ? Insista Luna.
- Je… non, pas vraiment, c'est allé si vite… balbutia-t-elle l'esprit engourdi.
La vieille Mills souffla de dédain avant de s'exclamer :
- Tu ne sers vraiment à rien !
- Attention à ce que tu dis vieille pie, grogna Anya en avançant légèrement comme pour protéger Lexa de ses paroles.
L'action fit légèrement sourire Luna tandis que Lexa restait figée, perdue dans ses pensées qui se bousculaient.
- Enfin bref… se retourna la Mills vers Luna, fuyant le regard assassin d'Anya,… ce monstre sera mort d'ici ce soir ! S'enjoua-t-elle.
Ces paroles furent comme un électrochoc qui sortit Lexa de sa torpeur.
- Je... je dois y aller, annonça-t-elle abruptement avant de se diriger vers la sortie.
- Lexa ! Non ! Ne joue pas les imbéciles ! cria Anya.
Elle tenta de la rattraper mais sa jambe l'en empêcha, grimaçant violemment de douleur dès qu'elle s'appuya dessus.
- Laisse-la partir, ordonna avec autorité Luna.
Anya se retourna, prête à lui répondre mais la pharmacienne l'en empêcha d'un regard tranchant tandis que des crissements de pneu signalèrent le départ de Lexa.
- Il faut qu'on s'occupe de ça, pointa-t-elle sa jambe. Mme. Mills si vous voulez bien nous excuser.
- Oh bien évidement, sourit la vieille femme. Je vous souhaite une bonne journée, Luna.
- Vous de même, lui retourna-t-elle la politesse.
La vieille Mills quitta la pharmacie, déjà prête à aller commérer ailleurs.
- Et si tu me racontais ce qu'il s'est passé ? demanda Luna en faisant le tour du comptoir pour venir aider Anya à marcher.
La grande blonde se laissa faire mais jeta un dernier regard vers la porte, inquiète pour Lexa, bien qu'elle lui en veuille de l'avoir abandonné à la merci des questions de Luna…
Clarke était en marche pour l'épicerie lorsqu'elle fut surprise par les passants en colère qui se trouvaient dans la rue principale. Lorsqu'elle était partie pour le garage de Raven, la ville dormait encore mais maintenant elle était bien éveillée et en pleine effervescence. Si la veille la nouvelle de l'attaque avait ébranlé les habitants, le temps du deuil était terminé et laissait maintenant place à la colère. Elle s'écarta d'un groupe qui manqua de la percuter alors qu'ils étaient perdus dans leur virulente discussion. Le calme avait clairement laissé place à la colère et cela se ressentait jusque dans l'atmosphère qui était bien lourde alors que la pluie menaçait de tomber. Un crissement de pneu attira son attention et elle vit le pick-up de Lexa faire un violent demi-tour avant de passer à toute allure à côté d'elle. Clarke la regarda disparaitre en direction de la forêt, se doutant que son empressement devait avoir un lien avec la colère des habitants. Une part d'elle souhaitait la suivre mais sans véhicule c'était peine perdue, alors elle reprit sa marche, se concentrant sur son enquête en rejoignant l'épicerie.
La clochette accrochée à la porte de la modeste épicerie de la ville tinta joyeusement à l'entrée de Clarke qui s'engouffra rapidement pour retrouver un peu de chaleur. Se frottant les mains et les bras, elle s'avança dans l'une des trois petites allées, faisant mine de chercher des articles alors que les étagères basses lui permettaient d'avoir une pleine vue sur la caisse. Caisse où se tenait un employé portant un gilet rouge, brun et maigrichon et servant un client, tandis que cette Emori qu'elle cherchait n'était pas en vue. L'homme étant le seul employé présent. Elle continua de faussement fouiller les étagères, se laissant bercer par la musique diffusée par la radio du magasin. Mais elle finit par soupirer, se sentant soudainement stupide à agir ainsi, jouant les pseudos détectives sur les simples paroles de Raven. Pour le peu qu'elle en savait, la mécanicienne se jouait peut-être d'elle en l'envoyant ici. Elle fit ainsi volte-face et manqua de renverser une femme qu'elle n'avait pas vu arriver.
- Oh pardon ! S'excusa-t-elle immédiatement.
- Ce n'est rien, la rassura-t-elle dans un sourire chaleureux, mais je peux peut-être vous aider ?
Clarke prit quelques secondes pour l'observer face à cette étrange question. De fine tresses parsemant sa chevelure brune, un franc et accueillant sourire et … un gilet rouge !
- Vous êtes Emori, énonça-t-elle plus qu'elle ne demanda.
- Oui, confirma-t-elle avec confusion, voir méfiance face à cette étrangère qui semblait la connaitre, et vous êtes ?
- Oh euh, Clarke, la nouvelle médecin, lui tendit-elle sa main en se présentant.
Emori en fit de même mais la blonde fut surprise en serrant sa main de sentir non pas la chaleur de sa peau mais la froideur du plastique. Elle baissa les yeux sur la prothèse avec surprise.
- Oh…
- Ca fait toujours cet effet là, énonça Emori sans se départir de son sourire.
- Désolée, je ne voulais pas…
- Pas de problème, la rassura-t-elle une nouvelle fois, alors de quoi aviez-vous besoin ?
- Eh bien, c'est vous que je cherchais en fait.
- Comment ça ? S'étonna-t-elle.
- Raven m'a envoyé vers vous…
- Raven, la coupa-t-elle avec un soudain agacement, alors vous êtes là pour ça ? Leva-t-elle sa main de plastique.
- Quoi ? Non, s'empressa-t-elle de la suivre alors qu'Emori s'éloignait à l'autre bout de l'épicerie. En réalité j'enquête sur les attaques de loups et Raven m'a envoyé vers vous et à vrai dire je ne sais pas pourquoi.
Emori s'arrêta, ses épaules s'abattant dans un profond soupir avant de se retourner vers la blonde qui s'arrêta de justesse avant de la percuter.
- Un loup a pris ma main, lança platement Emori.
Clarke, silencieuse, ne sut quoi répondre alors qu'elle comprenait qu'elle était sur le point de toucher un sujet sensible mais Emori lui épargna l'embarra des questions :
- J'étais gamine, je me suis éloignée de la maison, et me suis perdue dans les bois. C'est une fois la nuit tombée qu'il m'a attaqué et il m'aurait tué si les Woods ne m'avaient pas trouvé.
- Les Woods ?
- Ils faisaient partie des volontaires pour me chercher. J'ai eu de la chance, c'était quelques semaines avant leur disparition, ajouta-t-elle avec tristesse.
- Comment était ce loup ? demanda Clarke tout en notant dans un coin de son esprit la mention des Woods et de leur disparition.
- C'était un loup, c'est tout, répondit-elle un peu trop sur la défensive à son goût.
- N'avait-il rien de spécial ? Insista-t-elle d'un regard lourd de sens.
Emori détourna le regard tout en portant machinalement sa main valide à celle manquante, la serrant, protective.
- Plus grand peut-être ? demanda Clarke sous le tintement de la clochette qui laissa sortir le dernier client présent.
- Que vous a dit Raven ? demanda-t-elle quelque peu agressive.
- Rien du tout.
- J'étais une gamine d'accord ! Ce que j'ai vu, ce que j'ai cru voir c'était l'imagination d'une enfant terrifiée !
- Alors vous l'avez vu, réalisa avec confidence Clarke qui avança d'un pas, avide d'en savoir d'avantage.
- Hey reculez ! La poussa sans ménagement l'homme de la caisse.
- Murphy ! Le stoppa Emori.
- Est-ce que ça va ? S'enquit son mari.
- Oui, oui, c'est moi qui aie perdu mon calme.
- Tu n'as pas à t'excuser, se retourna-t-il vers Clarke, j'ai entendu votre conversation, il lui a fallu des années pour s'en remettre alors foutez-lui la paix.
- Ecoutez, je suis désolée, je ne voulais pas ressasser de mauvais souvenirs mais vous avez peut-être vu quelque chose qui pourrait éviter d'autre drame, poussa-t-elle.
- Dehors ! Claqua Murphy.
Clarke les regarda tour à tour puis elle prit la direction de la sortie sans faire d'histoire. La clochette tinta à nouveau mais avant de pouvoir mettre un pied dehors, Emori l'interpella :
- Je leur ai dit ce que j'avais vu et tout comme vous personne ne m'a cru, lui rappela-t-elle son intervention à la mairie.
Clarke tourna le regard sur elle, leurs yeux se croisant dans un sentiment commun d'impuissance et de solitude face aux personnes qui refusaient de les croire, les prenant pour folle. La blonde se détourna à nouveau pour sortir mais la voix d'Emori s'éleva à nouveau :
- Seuls les Woods m'ont cru et ils sont morts peu de temps après…
Elle ignorait pourquoi mais cela sonnait comme une mise en garde. Clarke acquiesça dans un dernier regard puis elle quitta définitivement l'épicerie. Elle n'avait rien appris de plus sur le loup, en revanche, le nom des Woods avait été bien trop prononcé dans cette histoire. Coïncidence ? Ou y-avait-il plus ? Quoi qu'il en soit, cela la ramenait une fois de plus à Lexa…
Lexa se faufilait à travers les bois à la recherche d'Heda. Elle espérait pouvoir le localiser avant Roan mais elle n'avait aucune idée de l'endroit où il pouvait se trouver et sa jambe la ralentissait. Forçant le pas sous la crainte d'arriver trop tard, sa jambe commençait à ne plus supporter tant d'effort. Elle n'avait pas eu le temps de se reposer depuis sa course dans les bois avec Gustus et elle en ressentait toujours les effets, la douleur s'accentuant à chaque pas. Où bien était-ce dû au souvenir s'immisçant en elle dans cette partie de la forêt ? Elle n'était plus très loin du lieu où tout avait basculé. Elle sentait une certaine angoisse l'envahir alors que tout son être lui hurlait de rebrousser chemin mais elle devait continuer pour Heda. Elle connaissait ce sentier par cœur pour l'avoir parcouru d'innombrables fois, même si elle l'avait délaissé depuis son « accident ». Il conduisait au cœur de la forêt, là où le gibier se cachait des chasseurs quitte à devenir la proie des loups qui en avaient fait leur zone de chasse. Elle s'arrêta soudainement, le regard fixé sur un arbre puis fermant les yeux, elle ressentit la douleur de l'impact aussi intensément qu'en ce jour fatidique. Distraite, elle ne l'avait pas sentit arriver, ce qui lui avait valu d'être violemment projeté contre cet arbre. L'impact lui avait coupé le souffle, une fulgurante douleur foudroyant son corps. Elle avait ensuite tout aussi durement heurté le sol et la seconde d'après, des griffes et des crocs déchiraient sa chair. Elle n'avait rien pu faire, elle n'avait même pas eu la force de réagir, impuissante, se contentant de subir…
« Faible… pathétique… » Lui murmura une voix honteuse qui résonnait au fond de son être.
Lexa secoua la tête, rouvrant les yeux et reprenant ses esprits avant de continuer son avancé n'avait pas le temps de se laisser emporter par le passé, elle devait trouver Heda au plus vite mais il n'y avait aucune trace de lui. Il devait se cacher, comme le reste de la meute, depuis que les chasseurs avaient envahi la forêt. Pourtant, elle pensait qu'il sortirait en la sentant entrer dans la forêt. Il avait pour habitude de lui signaler sa présence, même s'il ne se montrait pas, elle pouvait toujours le sentir. Malgré le danger, il savait qu'il pouvait avoir confiance en elle, qu'elle ne lui ferait rien. Cette absence lui faisait craindre le pire, se demandant s'il n'était pas déjà trop tard…
- Heda, où est-ce que tu es ? murmura-t-elle inquiète alors qu'elle était arrivée au bout du sentier.
C'est alors que telle une réponse, un hurlement s'éleva à travers la forêt. Elle l'aurait reconnu entre mille et c'est sans hésitation qu'elle prit la direction de la plage, descendant la colline d'un pas rapide. Elle manqua plusieurs fois de tomber jusqu'à glisser dans la pente devenant soudainement plus rude. Elle roula sur plusieurs mètres avant de s'écraser sur le sable de la plage. Elle se redressa douloureusement au son d'un grognement.
- Heda c'est moi, lui dit-elle en s'appuyant sur ses mains pour terminer de se relever.
Le loup se calma lorsqu'il réalisa l'absence de danger puis il recula pour rejoindre la louve et ses petits dont il devait assurer la protection.
- Vous ne devez pas rester là ! S'affola Lexa alors qu'ils étaient complètement à découvert.
Elle avançait vers eux lorsque quelque chose changea brusquement dans l'air. Heda et la louve redressèrent la tête juste avant qu'une ombre ne se dévoile à l'entrée des fourrées. Lexa réalisa immédiatement le danger et s'interposa entre le chasseur et sa cible. Prit par surprise, il dévia de justesse son tir, une flèche venant se planter aux pieds de la brune, arme de prédilection de Roan.
- Partez ! hurla-t-elle aux loups qui entendirent la peur dans sa voix.
Ils s'enfuirent alors que le chasseur sortait d'un pas déterminé des bois. Il voulut contourner Lexa pour les poursuivre mais elle s'interposa à nouveau. Grand et bien bâti, il l'écarta sans difficulté en l'envoyant à terre mais elle réagit rapidement en lui attrapant la cheville et le faisant tomber. Elle se releva et se plaça sur son chemin. Roan se releva, dégagea ses longs cheveux de son visage puis il marcha droit sur elle, tranchant l'air de son arc qu'elle esquiva.
- Il fallait que tu t'en mêles, s'emporta-t-il violemment.
Lexa n'avait aucune chance face à sa force, en revanche son agilité et sa rapidité de mouvement jouaient en sa faveur. Du moins temps qu'elle réussissait à épargner sa jambe. Une faiblesse dont Roan usa rapidement. Après quelques coups dans l'air qu'elle esquiva habilement, il choisit de la jouer à la déloyale en balayant sa jambe blessée qui ne résista aucunement. Lexa tomba lourdement sur le dos, le souffle la quittant brutalement.
- Ils sont… innocents, tenta-t-elle de le raisonner entre deux reprises d'air et tentant de se relever.
- C'est ta faute si on en est là ! lui rappela-t-il tout lui donnant un puissant coup de pied dans l'estomac qui la fit rouler sur le sable.
Sous la douleur et la compression de son estomac, Lexa faillit vomir mais la bile acide resta dans sa gorge, rendant davantage douloureuse sa respiration.
- Si tu acceptes ton sort, moi non ! hurla-t-il en revenant à la charge.
Roan l'empoigna par le col de sa veste et la souleva de terre, la secouant comme si elle n'était rien.
- Si je dois jouer aux jeux tordus de ma mère et bien soit, j'en ai assez d'être un paria, lui cracha-t-il au visage.
C'est alors qu'un terrible grognement s'éleva puis un puissant impact les propulsa à terre. Lorsque Lexa se redressa, libre de la poigne de Roan, elle découvrit Heda s'interposant entre eux. Le chasseur se releva en riant malgré les grognements menaçant du loup.
- Regardez notre grande Lexa Woods qui doit se cacher derrière un vulgaire cabot, se moqua-t-il avec dédain.
Heda le menaça d'un claquement de crocs alors Roan sortit un large couteau de chasse, prêt à recevoir son attaque imminente. Lorsque le grand loup s'élança, le chasseur esquiva mais laissa glisser sa lame dans l'air, lacérant la chair de l'animal qui laissa échapper un couinement de douleur.
- Nooooon ! Les arrêta un hurlement guttural.
Heda et Roan se figèrent, se tournant vers une Lexa qui s'était relevée. Le souffle court et son corps tremblant, le regard oscillant entre le vert de ses émeraudes et un jaune primal, elle fixait avec effroi ses mains où des griffes étaient apparues tout en grimaçant de douleur alors que sa mâchoire se déformait sous l'apparition de ses crocs.
« Tuer… sang... » Hurlait son loup, réclamant sa liberté et le sentant brûler sa chair de ses griffes, son sang bouillonnant de rage.
- Jamais ! hurla-t-elle avec force en s'écroulant au sol, refusant de libérer son monstre.
Son loup ne résista pas, se rétractant, ainsi toute trace de transformation disparut douloureusement, la laissant pantelante sur le sable. Heda contourna rapidement Roan pour de nouveau s'interposer entre eux.
- Et dire que tu étais la plus puissante d'entre nous, reprit-t-il avec déception. Et maintenant regarde-toi, tu te contrôle à peine, tu es faibles, cracha-t-il avec dégout.
Lexa qui était déjà à terre, sentit la honte et l'humiliation l'écraser davantage.
- Tu étais notre avenir et tu n'es plus rien. Une défaite et tu nous as tous abandonné, asséna-t-il avec ferveur.
Il avait raison. Lexa le savait. Ce jour-là, le loup-garou qui l'avait attaqué, avait meurtri bien plus que sa jambe. Déjà blessée par le départ de Costia, sa défaite l'avait complètement brisée. La touchant au plus profond de son être, brisant la férocité de son loup, le rendant faible et dépourvu de toute combativité. En un instant, Lexa avait été réduite à l'état de paria. Laissée en vie uniquement pour l'amusement et elle n'avait rien fait pour changer cela. Isolée par la meute et soumise, elle avait simplement subit son sort, acceptant le fait d'être faible, une moins que rien, un monstre qui ne méritait rien d'autre.
- Mais sans toi, nous ne serions pas là aujourd'hui alors par respect pour ce que tu as été, je ne me plierai pas aux ordres de ma mère.
Elle eut dû mal à le croire mais Roan se détourna sous les grognements d'Heda et disparut dans la forêt. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser. Cependant, elle ne devrait pas être surprise. Roan n'avait jamais supporté les idées de sa mère et bien qu'elle l'ait renié et qu'il veuille regagner sa place dans la meute, il avait un certain sens de l'honneur.
Une fois seul sur la plage et certain que Roan fut parti, Heda se tourna vers elle. Le grand loup s'approcha et vint doucement la renifler pour s'assurer de son état, son instinct protecteur envers la brune prenant le dessus.
- Je vais bien, souffla-t-elle.
Le loup grogna légèrement à son mensonge, peu dupe quant à sa douleur et encore moins du tumulte de ses sentiments qu'elle laissait filtrer malgré elle à travers son aura.
- Tu dois partir, contourna-t-elle. Ils vont te chasser, prends la meute et partez aussi loin que possible.
Bien qu'il ne comprenne pas ses mots, il sentit la crainte l'enveloppant et l'urgence dans sa voix qui ordonnèrent à son instinct de fuir mais il grogna vivement dans l'air, refusant de partir.
- Vous battre, vous mènera à votre perte, contra-t-elle avec défaite et peur.
Heda la poussa d'un coup de tête dans la poitrine et elle se retrouva assise dans le sable. Lexa releva la tête, surprise, et le loup grogna férocement à son encontre alors qu'il refusait de fuir. Il poussa son aura de dominant sur elle pour lui faire comprendre qu'il n'acceptait pas cette faiblesse. C'est instinctivement qu'elle se soumit à lui, son corps frissonnant de crainte, son loup intérieur se repliant sur lui-même. Ce fut pour ainsi dire le coup de grâce pour Lexa. Jamais, il n'avait agi ainsi avec elle, la respectant au contraire des siens qui la méprisaient et l'humiliaient. Finalement Lexa craqua, se sentant trahie par son ami, son masque tomba, ses défenses cédèrent et les premières larmes de désespoir coulèrent.
Heda cessa de grogner, surprit par les larmes de son amie à qui il ne voulait aucun mal. Le loup avait développé un instinct protecteur envers la brune, en plus d'un profond respect. Cependant, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même, même lui pouvait le ressentir mais cela ne l'avait jamais autant frappé. Son amie n'était plus qu'un animal blessée.
- Si tu te bats, toi aussi tu perdras tout… lui dit-elle d'une voix brisée.
Le loup ne comprenait pas ses mots mais à travers son aura, il pouvait sentir toute sa détresse, toute sa faiblesse alors que la profonde blessure provoquée par le départ de Costia saignait toujours. Il posa son regard intense sur elle, l'examinant attentivement, avant de légèrement grogner, lui intimant de réagir, de se battre.
- Et si je me bats, ils s'en prendront à Clarke… continua-t-elle tremblante… mon loup l'a choisi… nous sommes liées… s'il lui arrive quelque chose… je ne supporterais pas cette douleur une seconde fois, avoua-t-elle vaincue.
Soudainement, elle sentit son aura dominante s'estomper, la crainte la quittant peu à peu. Lexa releva les yeux et elle le vit fixer l'endroit où la petite famille de loup avait disparu. Heda se tourna à nouveau vers elle et son regard lui dit qu'il comprenait puis il s'approcha pour venir doucement poser son front contre le sien. Elle se laissa aller, caressant sa chaude fourrure d'une main, se laissant apaiser.
- Ca va aller… souffla-t-elle.
C'est alors qu'il se recula de quelques pas puis il lança un puissant hurlement en direction du ciel. S'éleva ensuite plusieurs réponses, échos dans la nuit.
- Tu as bien fait, lui dit-elle en se remettant debout.
Heda lui attrapa soudainement la manche de sa veste, la tirant vers les bois, souhaitant clairement qu'elle parte avec eux. Elle contempla l'idée pendant une fraction de seconde mais malgré tout, elle était ici chez elle, c'était son foyer, un foyer que ses parents avaient protégé jusqu'à leur mort, elle y avait des souvenirs heureux avec Costia et des personnes auxquelles elle tenait, Indra, Anya malgré leurs problèmes, Raven… et Clarke.
- Je ne peux pas, ma place est ici et même si je ne peux me battre, je me dois de veiller sur elle, l'arrêta-t-elle.
Il lâcha tout de suite sa prise alors qu'une sensation familière lui parvint. Cela avait été fugace mais il avait senti sa force percer à travers son aura. Elle ne s'en était surement pas rendu compte mais pendant un bref instant, Lexa avait retrouvé sa confiance d'antan en songeant à ses proches et plus particulièrement à une certaine blonde. Heda l'observa alors avec une lueur nouvelle dans le regard, une étincelle d'espoir pour l'avenir, puis il se détourna et rejoignit la lisière des bois. Là, il s'arrêta et se tourna une dernière fois vers elle, inclinant légèrement la tête.
- Prends soin de toi mon ami…
Puis il disparut dans les bois. Lexa observa les fourrés pendant quelques minutes, un léger pincement au cœur alors que son fidèle ami s'en allait, songeant amèrement qu'on lui arrachait encore une chose…
La journée touchait à sa fin lorsque Clarke entra avec Octavia dans le bar. Pour se faire pardonner de l'avoir abandonnée, la médecin avait consacré son après-midi à sa meilleure amie, ainsi elles avaient décidé de la terminer en allant boire un verre. Ce moment de légèreté avait permis à Clarke d'oublier son enquête et ses tracas pendant un temps, ce qui lui avait fait le plus grand bien. Pourtant lorsqu'elle aperçut Lexa assise, seule à une table au fond de la salle, elle ne put s'empêcher de repenser à sa discussion avec Emori et ses propos sur les Woods.
- Tu m'excuses une minute, lança-t-elle à Octavia qui partit vers le bar après un échange de regard.
Clarke se dirigea vers la brune, prête à saisir l'occasion d'obtenir des informations sur ses parents mais plus elle approchait, plus elle discernait la tristesse qui émanait de tout son être. Le regard perdu sur sa bière, Lexa semblait épuisée. C'est alors qu'elle perdit toute envie de la questionner, n'ayant plus qu'une envie, chasser cette tristesse de son si beau visage.
- Hey… souffla-t-elle prudemment en atteignant sa table.
- Clarke ? Sortit-elle de ses pensées, surprise par son arrivée.
- Je peux ? demanda la blonde en désignant une chaise.
Lexa hésita une seconde puis hocha la tête et Clarke s'installa en face d'elle.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle prudemment.
« Maintenant oui » songea sa voix intérieure tandis qu'un faible sourire se dessinait sur ses lèvres.
Lexa rentra chez elle sourire aux lèvres. Après la perte d'Heda, elle aurait dû se sentir dévastée et elle l'était lorsqu'elle était allée au Grounder dans l'idée d'oublier sa peine mais Clarke était arrivée. Son sourire s'élargit alors qu'elle retirait sa veste pour l'accrocher au crochet de l'entrée avant de monter les escaliers. Elle avait failli la repousser, lui dire qu'elle souhaitait être seule mais elle n'en avait pas eu la force. Lexa entra dans sa chambre et retira son pull avant d'entrer dans la salle de bain. Là, elle le jeta dans la panière de linge sale puis le t-shirt qu'elle portait dessous suivit rapidement, révélant ainsi le soutien-gorge noir qu'elle portait. Elle retira ensuite son pantalon, libérant ses jambes fuselées avant de s'en débarrasser dans la panière. Uniquement vêtue de ses sous-vêtements, Lexa se rapprocha du lavabo et de son grand miroir afin d'observer le bleu qui ornait son côté droit. Elle grimaça légèrement, bien qu'elle n'ait rien de cassé. Elle songea qu'en la présence de Clarke, elle n'avait plus ressentie la douleur, qu'elle soit physique ou morale. Que ce soit elle ou son loup, ils s'étaient retrouvés complètement apaisés par la blonde. Lexa ferma les yeux, en songeant à l'agréable soirée qu'elle venait de passer, le sourire de la belle médecin s'emparant de son esprit puis de son cœur.
- Nous ne sommes que des amies, soupira-t-elle en rouvrant les yeux.
Elle croisa son regard dans le miroir et ses émeraudes lui crièrent son propre mensonge tandis que son loup hurlait son envie de s'emparer de la blonde.
- Des amies, répéta-t-elle sans y croire et luttant inutilement contre ce lien qui les unissait.
A suivre…
Enfin des réponses ! :D
Lexa est donc officiellement un loup-garou :p Pour beaucoup ce n'est pas une surprise mais ça fait une question de moins. Question suivante, pourquoi refuse-t-elle de se transformer ?
Et Clarke qui commence à fouiner sérieusement ! Et comme elle le dit "tout la ramène à Lexa"... que pensez-vous de ça ?
Et nos loulou sont partis :( Ils vont me manquer...
Comme d'habitude j'attends vos retours, vos théories, vos questions (si je peux vous éclairer), auxquels je répondrais avec plaisir ;)
Prochain chapitre : Raven entre en action... une soirée au bar... et une tempête.
