CH18- Fusion

Hey ! :D Nouveau chapitre !

Toujours l'arnaqueuse, mafieuse... euh... Kouan à la relecture :p

Bonne lecture :D


Arrivant presque à découvert, Octavia s'arrêta pour observer l'entrée du Mont Weather. Ce n'était ni plus ni moins que l'entrée d'une grotte que seule la lueur de la lune éclairait. Cette dernière lui permit d'ailleurs de distinguer les deux gardes qui surveillaient l'entrée. Accroupie dans les broussailles, elle songea que la nuit lui permettrait facilement de dissimuler son identité mais une fois à l'intérieur son visage la trahirait sûrement, et ce malgré l'uniforme de garde qu'elle portait.

Réfléchissant à une solution, son regard tomba sur le sol et une idée lui vint. Grimaçant, elle plongea ses doigts dans la terre trempée puis elle se l'étala sur le visage, se camouflant avec. Une fois terminé, elle inspira profondément pour se donner du courage puis se fut d'un pas déterminé qu'elle sortit des fourrés pour avancer droit sur l'entrée. A l'approche des deux gardes, son cœur s'accéléra d'appréhension, mais comme elle l'avait supposée, ils se laissèrent berner par son uniforme et la laissèrent entrer sans même l'arrêter.

Octavia entra dans la grotte qui se transforma rapidement en une galerie qui s'enfonçait dans le cœur de la montagne, ressemblant à l'entrée d'une vieille mine. Son chemin était éclairé par des torches accrochées aux murs et dont la lueur des flammes dansaient sur les parois humides. Peu rassurée, elle regardait régulièrement derrière elle, mais elle était seule. Elle marcha plusieurs minutes dans ce couloir de roche puis elle finit par arriver au bout, découvrant avec stupeur un vieux système d'ascenseur creusé dans la roche et gardé par un homme armé.

Lorsqu'elle approcha, elle n'afficha que confiance et détermination mais alors qu'elle allait atteindre la plateforme servant d'ascenseur, l'homme la stoppa en se plaçant devant elle, la scrutant d'un regard méfiant.

- Quoi ? Dit-elle, tentant de paraître détachée malgré son stress naissant.

- Pourquoi ta gueule est couverte de merde ? Répondit le garde en la scrutant avec attention, ses yeux quittant son visage pour constater l'état de l'uniforme qui n'était pas à son beau fixe non plus.

- Je...

- Tu ?

- J'ai entendu un bruit étrange pendant ma ronde...

- Et ?

- J'ai flippé, j'ai cru que le monstre était revenu...

- Ca n'explique pas pourquoi tu es couvert de...

- J'ai trébuché et je me suis étalée comme une merde dans une énorme flaque de boue et je ne sais quoi encore ! Satisfait ?!

Malgré son coup de poker verbal, le garde continua de la scruter, rendant le silence gênant voir angoissant pour la journaliste, mais il s'écarta soudainement la laissant entrer dans l'ascenseur qui ressemblait plus à une vieille cage, éclatant finalement de rire :

- Haha t'es tombée dans de la merde de monstre ça se trouve !

- Très drôle... Répondit-elle, restant dans son rôle bien qu'elle était à présent soulagée.

Une fois dedans, l'homme malgré son fou rire referma la grille puis appuya sur un bouton et le mécanisme la fit descendre. Dès qu'elle fut hors de sa vue, Octavia laissa tomber son sourire soulagé pour afficher une mine plus anxieuse alors qu'elle entrait dans le complexe ennemi. Bien que pour l'instant cet ascenseur plus proche d'une balancelle soit l'origine principale de ses craintes. La descente grinçante le long des parois rocheuses lui parut interminable mais elle finit par atteindre le fond.

Octavia quitta l'ascenseur et salua un autre garde avant de s'engouffrer dans un nouveau couloir de roche. Elle marcha de nouveau plusieurs minutes mais cette fois, elle croisa plusieurs gardes remontant à la surface avant d'atteindre une porte métallique et sécurisée par un passe. Priant pour sa bonne étoile, elle fouilla les poches de son uniforme et trouva une carte magnétique dans l'une d'elle. Inspirant d'anxiété, elle la passa sur le boitier et la porte s'ouvrit pour son plus grand soulagement.

La journaliste passa sans attendre la porte et c'est avec stupeur qu'elle découvrit, non pas un couloir de roche, mais le couloir de ce qui semblait être un bunker. C'est en redoublant de prudence et ses sens d'enquêtrice en éveil qu'elle se faufila dans les couloirs du complexe à la recherche de ses amies.

Au bout de quelques mètres, un garde sortit sans prévenir d'une pièce lui coupant la route. Octavia sursauta légèrement puis se figea au regard suspect qu'il lui lança, ne la lâchant pas du regard avant de disparaître au bout du couloir. Un second sortit de la même porte, lui laissant le temps d'apercevoir un vestiaire avant qu'elle ne se referme derrière lui. Le garde lui jeta également un étrange regard avant de lui dire avec dureté :

- Va te décrasser avant qu'on se chope un rappel de discipline par ta faute.

Surprise par sa réflexion, Octavia ne lui répondit rien alors qu'elle réalisait que son maquillage de boue ne lui était plus d'aucune aide à l'intérieur, bien au contraire. Bafouillant son accord au garde, elle s'engouffra dans les vestiaires. Elle découvrit plusieurs rangées de casiers, une zone de douche, toilettes, lavabos, ainsi qu'un homme et une femme en train de revêtir leurs uniformes à leur casier respectif. Les ignorant et leur tournant le dos, elle se dirigea vers un lavabo, ouvrant l'eau pour se laver le visage. Elle entendit deux fois la porte s'ouvrir et se refermer puis elle fut seule. Une fois démaquillée, son regard fouilla la pièce et c'est avec un sourire malin qu'elle s'empara d'une casquette traînant sur un banc avant de l'enfiler et repartir dans les couloirs.

La journaliste ne cherchait plus à cacher son visage, laissant simplement l'ombre de la casquette faire son travail, mais elle marchait avec assurance à travers les couloirs, sa présence n'attirant aucunement l'attention des gardes. Ni même de celle des groupes de chasseurs et des scientifiques qu'elle commença à croiser en s'enfonçant davantage dans le complexe.

Ce sont d'ailleurs ces derniers qu'elle suivit. Son instinct de journaliste lui hurlant qu'avec eux, elle obtiendrait les informations et les preuves qui la conduiraient au scoop du siècle ainsi qu'à ses amis. Avec sa carte de sécurité, elle réussit à entrer dans ce qui semblait être une zone de recherche. Les couloirs n'étaient plus gris mais blanc et plusieurs baies vitrées donnaient sur des laboratoires plongés dans le noir alors que les scientifiques brillaient par leur absence dans certains laboratoires. En effet, peu d'entre eux semblait braver le sommeil pour travailler. Ce qui arrangea les affaires de la journaliste qui allait pouvoir fouiner avec peu de risque les laboratoires vides pour la nuit.

Elle passa prudemment devant les vitres d'un labo occupé par un scientifique solitaire et sans doute insomniaque. Cependant, elle se figea lorsqu'elle réalisa ce qu'il était en train de faire. Debout devant une table d'opération, il disséquait minutieusement la carcasse d'un loup, ressortant ses mains rouge de sang pour s'essuyer le front avec son bras. Octavia grimaça de dégout et de fureur en songeant à cette pauvre bête puis elle reprit sa marche. Arrivant devant la porte d'un labo vide, elle testa son badge sur le dispositif d'ouverture.

Octavia étouffa un juron lorsque l'entrée lui fut refusée. Evidemment qu'en tant que garde, elle n'avait pas l'accréditation nécessaire. Elle reprit son chemin afin de ne pas attirer l'attention tandis que son regard fouillait les environs à la recherche d'une solution.

« Je pourrais attendre qu'un scientifique sorte d'un des labo et courir pour bloquer la porte ? Nan, je risquerais de manquer le coche et m'emplafonner dedans » rejeta-t-elle cette idée au vu de ses chances et de sa maladresse.

« Voler subtilement une carte ? Je ne suis pas pickpocket… » Grogna-t-elle intérieurement.

C'est alors qu'un scientifique sortit d'un labo, la porte se refermant immédiatement derrière lui. Heureusement qu'elle n'avait pas choisi ce plan car aucune chance de réussite. Toutefois, c'est instinctivement qu'elle lui emboîta le pas, le suivant à bonne distance jusqu'aux toilettes dans lesquels elle entra.

Hésitant quelques secondes, la journaliste prit finalement le risque de le suivre. Entrant, elle découvrit deux lavabos, des cabines de toilette et son scientifique debout au fond de la pièce devant l'un des urinoirs. Sachant qu'elle avait peu de temps pour agir, elle regarda rapidement si les toilettes étaient occupés mais par chance, ils étaient seuls. Sans aucune hésitation, elle prit l'arme accrochée à sa ceinture et subtilisée à la sentinelle qu'elle avait assommée puis avança prudemment vers l'homme. Lorsqu'elle arriva à bonne distance, il avait terminé son affaire et était sur le point de se retourner mais elle leva son arme et pointa le canon contre son crâne. Le scientifique se figea immédiatement.

- Ton badge et ta blouse, tout de suite, lui ordonna-t-elle.

- C'est une…

- J'ai dit tout de suite, le coupa-t-elle tout en appuyant un peu plus le canon sur sa tête.

L'homme rentra légèrement la tête dans ses épaules et commença à trembler, tout comme Octavia qui malgré son assurance apparente, se rendait compte de la portée de son geste car si le scientifique se rebellait tout pouvait tourner au drame.

- Te… tenez… finit-il par lui tendre son badge avant d'enlever sa blouse blanche et la lui donner.

Elle s'en empara puis elle le guida vers l'une des cabines, lui ordonnant d'entrer avant de subitement abattre la crosse du pistolet sur son crâne. L'homme s'effondra contre les toilettes, inconscient, puis Octavia le souleva avec difficulté pour l'assoir sur le WC avant de refermer la porte. Elle enfila la blouse blanche et quitta la pièce. De retour dans le couloir, le cœur battant la chamade, la journaliste fit tout son possible pour paraître calme alors qu'elle rejoignait le premier laboratoire vide qu'elle trouva. Octavia n'en revenait pas de sa chance et se fut seulement lorsqu'elle passa le badge sur le scanner de la porte qu'elle s'autorisa à souffler tout en entrant dans la pièce plongée dans la pénombre, où elle se retrouva seule.


Son regard fouillant les ombres de la pièce, Octavia hésita plusieurs secondes avant de se décider à chercher un interrupteur pour l'éclairer. Alors qu'elle craignait soudainement ce qu'elle allait découvrir, ses doigts se mirent à fouiller le mur à ses côtés jusqu'à trouver l'interrupteur et appuyer dessus. La pièce s'illumina pour laisser apparaître un laboratoire des plus classiques en apparence, avec son ambiance aseptisée baignée de blanc, ses plans de travail où des instruments et autres produits s'alignaient. Il n'y avait rien d'anormal jusqu'à ce qu'elle se décide à avancer et ne commence à analyser ce qu'elle découvrait.

S'éloignant de la porte, avançant prudemment, le regard scannant les moindres détails, la journaliste se rendit bien vite compte que s'il n'y avait pas de cadavre de loup prêt à être disséqué comme dans la pièce voisine, elle se trouvait tout de même dans un laboratoire digne du Dr. Frankenstein. Elle s'approcha d'un plan de travail au fond de la pièce et en eut la confirmation. Sous ses yeux reposaient une rangée de plusieurs bocaux, soigneusement posés sur une étagère. A l'intérieur un liquide jaunâtre et peu ragoûtant mais ce ne fut pas la raison de l'horreur qui s'inscrivit sur le visage de la journaliste : emprisonnés dans le liquide, des fœtus de louveteaux à des stades de développement différents flottaient à l'intérieur. La vision lui procura un frisson d'horreur avant de lui provoquer un haut-le-cœur.

Octavia se détourna de cet horrible spectacle afin de se reprendre puis une fois le choc passé, elle se tourna à nouveau vers les bocaux afin de les examiner. Il ne s'agissait pas seulement d'innocents louveteaux mort avant même leur naissance dans ces monstrueux labos, ils étaient le résultat de leurs expériences génétiques. Plusieurs fœtus montraient des signes distincts de mutation génétique, l'un d'eux avait deux têtes, tandis qu'un autre avait des pattes ressemblant horriblement à des membres humains.

- Ils sont complètement cinglés… souffla-t-elle en comprenant jusqu'où ils étaient allés pour jouer avec les lois de la nature et créer leurs monstres.

Octavia sortit son téléphone et prit quelques photos des fœtus avant de se tourner vers les autres plans de travail et commencer à fouiller parmi les papiers et dossiers trainant un peu partout, prenant des clichés de la moindre chose lui semblant utile. Une fois le tour de la pièce terminé, elle alla s'asseoir devant le seul ordinateur de la pièce. Elle l'alluma et tomba rapidement sur une demande de mot de passe. Loin de se laisser décourager et n'en étant pas à sa première infiltration en tant que journaliste, elle sortit à nouveau son téléphone qu'elle brancha à l'ordinateur avant de lancer une application de piratage. Il ne fallut que quelque seconde au logiciel pour craquer le code et ainsi déverrouiller l'ordinateur.

- Si je sors d'ici vivante, il faudra que je pense à remercier Monty… songea-t-elle à son ami hacker qui lui avait fourni cette application plus qu'utile dans ses investigations.

Pianotant à toute vitesse sur le clavier, elle ouvrit dossier après dossier, découvrant différentes expériences menées. Ces savants fous cherchaient bel et bien à obtenir la puissance des loups-garous et cela depuis des années. Certaines des archives remontaient bien plus loin que la création de l'ordinateur, de vieux papyrus avaient été scannées pour être conservés numériquement, mais si tous n'avaient pas le même niveau de folie… allant de boire du sang de loup pour avoir leur force avant le combat à fusionner des gênes de loup et d'humain… ils parlaient tous de la même quête ultime : obtenir le pouvoir de Fenrir, loup gigantesque des légendes nordique qu'ils prenaient pour un dieu.

- C'est bien une putain de secte… souffla-t-elle alors que tout ce qu'elle lisait confirmait les dires de Lexa… mais qu'est-ce qu'ils veulent faire de ce « pouvoir » ? se demanda-t-elle et espérant trouver une réponse dans ces dossiers.

Happée par sa curiosité, la journaliste en oublia le temps qui s'écoulait pour elle et ses amis lorsqu'un brouhaha provenant du couloir la sortit brutalement de ses recherches. Octavia se leva et se précipita vers la porte pour éteindre la lumière et se coller contre le mur, espérant que la pénombre la dissimule. Elle eut tout juste le temps de se cacher qu'elle aperçut plusieurs scientifiques passer avec un brancard devant les vitres du labo. Elle retint tout juste un nouveau haut le cœur, lorsqu'elle vit le cadavre de Luna, la poitrine ouverte, le cœur arraché. Ils disparurent rapidement de sa vue, n'entendant plus que les roulettes du brancard sur le sol tandis qu'un homme en costume suivit par deux chasseurs arrivèrent à leur tour. Deux chasseurs qu'elle reconnut immédiatement comme étant les deux hommes de l'auberge : Pike et Emerson.

Ils disparurent à leur tour et sans attendre, elle se débarrassa de la blouse blanche, gardant tout de même le passe et quitta le labo, se lançant à leur suite. Guidée par le bruit des roulettes, elle les rattrapa rapidement jusqu'à apercevoir leur silhouette tandis qu'ils passaient plusieurs portes défoncées. Passant à son tour les portes visiblement blindées qui avaient été arrachées de leurs gonds, puis d'autres alors qu'elle continuait de les suivre, la journaliste fut finalement suffisamment proche pour entendre des bribes de conversations.

« Cette salope nous a bien démolie » reconnut-elle la voix d'Emerson.

« Et pourtant elle a trouvé plus forte qu'elle » entendit-elle la voix posée de Pike.

« Elle aurait dû être invincible, sous notre contrôle » ragea l'homme en costume qu'elle ne connaissait pas.

« Ils vont la disséquer et trouver ce qui a mal tourné » répondit Emerson dans un sourire sûrement malsain.

« Et nous avons l'Alpha qui l'a tuée » rappela sereinement Pike.

« Attendez-moi, ici » ordonna l'homme en costume avant de disparaitre avec les scientifiques dans un laboratoire sécurisé.

Octavia s'arrêta à l'embranchement du couloir, attendant leur prochain mouvement tout en analysant ce qu'elle venait d'entendre. Nul doute que Luna était responsable des dégâts, elle avait sans doute détruit les portes de sécurité lors de son évasion. Quelque chose avait visiblement mal tourné, dieu seul sait ce qu'ils lui avaient fait mais cela l'avait rendue complètement dingue, la transformant en le monstre qui les avait traquées dans les bois. Et l'Alpha qui l'avait tuée et qui était en leur possession était certainement Lexa.

« Tu crois que l'estropiée va survivre à l'implantation de la puce ? » demanda soudainement Emerson.

« L'estropiée ? Lexa… » En déduisit Octavia qui tendit à nouveau l'oreille. « La puce ?... L'expérience qu'a subie Luna peut-être ? » Songea-t-elle incertaine avant de brusquement réaliser ce que cela impliquait pour son amie. « Il faut que je la retrouve avant qu'il ne soit trop tard ! »

Elle n'entendit pas la réponse de Pike tandis qu'elle rebroussait chemin, guidée par la peur et priant pour retrouver ses amis avant qu'il ne soit trop tard pour Lexa.


L'atroce douleur ayant cessé, Lexa se réveilla lentement. Son environnement lui semblait étrange, rien ne lui rappelait les sensations du laboratoire. Ouvrant les yeux, elle ne trouva que l'obscurité. Allongée sur le sol, elle se releva et constata qu'il n'y avait qu'un vide obscur autour d'elle. Son regard balaya les environs mais rien, pas de lumière, personne, elle était seule.

Malgré tout, elle ne ressentait aucune peur, bien au contraire, elle avait le sentiment que ce lieu lui était familier, pourtant elle ignorait où elle se trouvait. Tout ce dont elle se rappelait était le laboratoire et cette intense douleur. Elle porta d'ailleurs sa main à sa nuque mais elle ne sentit aucune plaie et ne vit pas de sang sur ses doigts. Que se passait-il ? Avait-elle rêvé ? Rêvait-elle ? Il était fort probable qu'elle soit en plein rêve dû à l'inconscience car un tel lieu ne pouvait exister dans le monde réel, cette obscurité n'était pas normal. Elle devait se réveiller.

Elle commença à prudemment avancer dans les ténèbres, cherchant une quelconque sortie, un moyen de retourner à la réalité. Un silence de plus en plus oppressant l'accompagnait tandis que ses yeux fouillaient vainement l'épaisse noirceur qui l'entourait et qui ne laissait rien paraître. Seule dans cet océan obscur, ses pensées glissèrent rapidement vers Clarke. Sa compagne qui était seule aux mains de leurs ennemis, s'affola-elle soudainement, se déplaçant plus rapidement, Clarke qui était peut-être blessée, qui était en danger, qu'elle avait abandonnée… « Abandonnée » se stoppa-t-elle subitement alors que cette pensée la frappa.

A l'instant où elle le réalisa, un dangereux grognement s'éleva de l'obscurité. Lexa se figea immédiatement, ses yeux suivant prudemment les mouvements qu'elle pouvait discerner autour d'elle. Une bête rodait et l'encerclait, prête à l'attaquer. Tout son corps se tendit alors qu'elle pouvait sentir une puissante aura s'élever tout autour d'elle. Au bout d'une attente interminable, la bête passa à l'action, sortant des ténèbres à une vitesse fulgurante pour fondre sur sa proie. Lexa esquiva au dernier moment mais une puissante mâchoire se referma sur son bras, broyant ses os tandis que ses crocs perçaient sa chair. Elle lâcha un cri douloureux puis son bras fut soudainement libéré. Grimaçant de douleur, elle porta sa main à sa blessure, appuyant fortement, tout en se tournant pour faire face à la bête.

Lexa se retrouva avec surprise face à un loup gris gigantesque, babines retroussées et tous crocs dehors, la menaçant dangereusement d'un nouvel assaut. La sensation de familiarité qui la frappa en le voyant, lui fit comprendre qu'il s'agissait de son loup. Elle était là dans l'endroit où ils s'endormaient lorsque l'autre prenait le contrôle mais comment pouvaient-ils y être en même temps ? Elle ignorait ce que ces scientifiques lui avaient fait mais ils étaient sans aucun doute responsables de cette situation.

« Faible !... Peur !... » Résonna soudainement une voix tout autour d'elle, des mots sonnant telle une accusation.

C'était la voix de son loup mais avant qu'elle ne puisse lui répondre, il se jeta à nouveau sur elle, refermant intentionnellement ses crocs sur sa jambe atrophiée. La fulgurante douleur stoppa l'esquive ratée de Lexa qui tomba sur le sol avant d'être douloureusement secouée par le loup.

« Abandonner ! Lâche ! »L'accusa-t-il à nouveau tout en augmentant la pression de sa mâchoire sur sa jambe, lui arrachant un nouveau cri avant de finalement la relâcher.

Etendue au sol, le souffle erratique, Lexa tenta de se relever mais elle retomba à genoux lorsque sa jambe blessée céda sous la douleur mais si son corps lui faisait défaut, elle pouvait toujours tenir tête à son loup qui lui tournait autour, prêt à l'achever.

- C'est faux… lui répondit-elle tout en plongeant ses émeraudes dans son féroce regard.

« Anya… meute… » Pointa-t-il d'un dangereux claquement de crocs.

Lexa détourna le regard alors qu'elle ne pouvait nier sa faute dans la mort d'Anya et la capture de la meute.

« Clarke ! Abandonner ! Ta faute ! »Hurla-t-il en approchant tout en claquant la mâchoire, l'obligeant à reculer.

- Je ne l'ai pas abandonnée ! Il fallait se rendre pour la sauver et tu le sais ! protesta-t-elle, stoppant son loup dans son avancée.

« FAIBLE ! » hurla-t-il au point de lui faire mal au crâne.

Elle plia sous la douleur alors que son loup grognant, semblait lui envoyer des flashs de souvenirs. Lexa revit l'attaque de Luna, où elle ne s'était pas défendue pour sa place d'Alpha, puis différentes humiliations d'Ontari qu'elle avait laissée faire, et ensuite son impuissance face aux chasseurs pour défendre sa meute, pour finir par son abandon pour sauver Clarke…

« ABANDONNER ! » hurla-t-il davantage tout en déployant son écrasante aura sur elle.

Lexa sentit sa respiration devenir difficile, son corps s'alourdir alors qu'elle s'affaissait sur le sol en prise à de violents flashs. Elle vit clairement ses parents lui apparaitre : ils souriaient, son père la prenait dans ses bras sous le regard bienveillant de sa mère… puis elle les vit à travers les yeux de son loup et ressentit son attachement pour eux… elle revit ensuite Titus lui annoncer la mort de ses parents, elle ressentit la même douleur déchirante mais sentit également celle de son loup meurtri par leur perte… s'ensuivit ensuite une suite de flashs lui rappelant son entrainement avec Anya, ses chutes, ses échecs mais aussi la détermination qui l'aidait à se relever afin de devenir l'Alpha de la meute…

Au fil des souvenirs, des siens et de ceux de son loup qu'elle découvrait. Lexa s'aperçut que durant tout ce temps, il l'accompagnait. Dans ses joies, dans ses peines, dans ses échecs et ses réussites, son loup était toujours là, à lui parler, à lui prêter sa force pour se relever.

« Pourquoi je dois m'entrainer ?! » s'entendit-elle protester d'une voix d'enfant alors que des images défilaient dans son esprit.

« Parce qu'un jour ce sera à ton tour de veiller sur la meute » lui répondit son père.

« Et si j'en ai pas envie ?! » protesta-t-elle de plus belle.

Son père rit doucement avant de lui répondre :

« C'est ce que tu es Lexa, c'est dans ta nature de veiller sur les autres, devoir ou pas, je sais que tu prendras soins d'eux »

« ABANDONNER ! OUBLIER ! FAIBLE ! » Asséna violemment son loup, l'écrasant au sol de son aura telle la faible humaine qu'elle était.

Et comme pour l'achever, il la ramena face à Luna qui la toisait après sa défaite. Meurtrie par sa jambe blessée, sa douleur se rappelant vivement à elle… puis face à la meute lui tournant le dos, face à Anya lui reprochant sa faiblesse… avant de lui montrer la meute inconsciente, puis le corps d'Anya et celui de Luna…

« PROTEGER ! DEVOIR ! ECHEC ! TOI MOURIR CAR FAIBLE ! PLUS FORT SANS TOI ! » Lui reprocha-t-il clairement, sa mâchoire à quelques centimètres d'elle, prête à l'achever.

C'était vrai, elle avait échoué et elle en souffrait, autant que son loup en souffrait. Si ces flashs devaient la blâmer, terminer de l'écraser sous la culpabilité et les remords, ils lui avaient également fait ressentir la douleur de son loup. Il pouvait lui en vouloir mais ils ressentaient la même chose. Toute leur vie, ils avaient sans le savoir partagé les mêmes sentiments et le même sens du devoir. Toute leur vie, ils s'étaient battus l'un contre l'autre pour le contrôle alors qu'ils auraient pu lutter ensemble.

En abandonnant sa place d'Alpha à Luna, Lexa avait non seulement trahi ses parents mais également son loup en l'empêchant de respecter leur promesse envers leur devoir, leur héritage. Elle l'avait encore plus repoussé, l'empêchant de comprendre que malgré tout, elle avait fait de son mieux pour continuer de les protéger. Blessée, meurtrie, elle s'était sentie faible et seule mais elle n'avait jamais cessé d'agir pour le bien de la meute, souffrant pour les protéger. Peut-être qu'elle s'était trompée dans ses actions mais elle n'avait pas renié sa promesse à ses parents, elle ne les avait pas oubliés. Qu'il puisse l'accuser d'une telle chose, la mit hors d'elle, une profonde colère grondant soudainement en elle avant de brutalement exploser :

- JE NE SUIS PAS FAIBLE ! JE NE L'AI JAMAIS ETE ! Explosa-t-elle brûlante de colère.

Elle se releva, épargnant au mieux sa jambe blessée en s'appuyant sur l'autre alors qu'une puissante aura émana soudainement d'elle. Une aura qui vint violemment s'entrechoquer contre celle de son loup. Ce dernier grogna, accentuant la force écrasante de son aura mais Lexa, furieuse, ne lâcha rien et commença à le repousser. Loin de se coucher face à sa soudaine rébellion, le loup s'élança sans prévenir sur elle. Il s'abattit violemment sur Lexa qui sentit ses pattes se planter dans son abdomen pour l'entrainer au sol dans des claquements de crocs. Elle leva instinctivement les bras pour les plaquer contre sa gorge, stoppant sa gueule à quelques centimètres de son visage puis elle se servit de son élan pour le repousser. Son loup vola par-dessus elle et alla se réceptionner quelques mètres plus loin.

« TUEEEER ! » Hurla-t-il en faisant volte-face et fonçant à nouveau droit sur elle.

Prête à se battre, Lexa hurla sa colère, préparée à le recevoir. Sans s'en rendre compte, son aura devint encore plus forte, provoquant un frisson au loup mais il continua de charger. Ils se percutèrent violemment avant de rouler au sol, leurs corps semblant ne faire plus qu'un. Les crocs transpercèrent sa chair mais Lexa ne s'avoua pas vaincue, supportant la douleur jusqu'à ce qu'ils se séparent.

Après quelques roulades, le loup se redressa immédiatement et se tourna vers la brune qui venait de s'immobiliser à quelques mètres de lui. Il releva l'odeur du sang ainsi que les traces qu'elle avait laissées dans sa chute, elle en perdait beaucoup. Sûr de sa proche victoire, il avança lentement vers sa proie affaiblie.

« Faible… » Constata-t-il avec dégoût.

Lexa souffrait, tout son corps hurlait de douleur et la perte de sang l'appelait au sommeil éternel, elle se sentait faible, pourtant une furieuse détermination lui hurlait de se relever. Le corps tremblant, une force oubliée la portant, elle se redressa lentement. Son corps lui fit défaut à plusieurs reprises mais elle se releva pour faire face à son loup. Ce dernier s'était arrêté, l'observant avec étonnement alors qu'il ne s'attendait pas à la voir se relever.

- Je n'ai pas eu le choix et tu le sais… l'accusa-t-elle à son tour. Tout ce que j'ai fait, tout ce que j'ai subi, c'était pour protéger la meute et ma famille ! C'était mon devoir ! cria-t-elle avant de s'élancer sur lui.

Son loup se jeta également sur elle, tous crocs dehors, prêts à déchirer sa chair mais se fut son propre couinement de surprise mêlé de douleur qui s'éleva dans les airs. Il s'écrasa au sol, le poitrail profondément lacéré. Il se releva puis se tourna pour faire face à Lexa, découvrant avec stupeur la cause de ses blessures. Des griffes remplaçaient ses ongles et son aura encore plus puissante, reflétait une force nouvelle qui appelait au respect.

Alors qu'à bout de souffle ils s'observaient silencieusement, leur colère s'estompait progressivement.

- Ils sont tous en danger… lui rappela-t-elle soudainement.

« Clarke » songea-t-il plus calmement.

Lexa acquiesça douloureusement puis elle reprit :

- On… on s'est toujours battu l'un contre l'autre pour le contrôle… j'avais peur de toi… mais le fait est que j'ai besoin de toi, sans toi je ne pourrais pas les sauver… et… et tu as besoin de moi…

Ses paroles semblèrent éveiller l'attention de son loup qui dressa ses oreilles et inclina légèrement la tête, contemplant ces paroles. Il était fort, sans elle, il pouvait se débrouiller mais sans elle, il était seul. L'humaine était pleine de faiblesse, pleine d'émotion le contaminant mais c'était son humaine, liés depuis la naissance, ils se comprenaient, partageaient tout.

- Ensemble on est plus fort… c'est en s'unissant qu'on les sauvera, termina-t-elle d'une voix forte.

Ensemble… ils n'y étaient jamais arrivés car ils étaient perpétuellement en conflit sans jamais trouver d'équilibre. Pourtant cette fois son loup sentait qu'il y avait quelque chose de différent. Qu'ensemble ils pouvaient réellement y arriver.

Son loup s'approcha à nouveau mais elle ne recula pas car il ne montrait plus aucun signe d'agression. Lexa s'accroupit pour être à sa hauteur et son loup s'assit devant elle. Elle leva alors sa main, un geste instinctif, et son loup vint coller son front contre sa paume. Au même instant, une lumière aveuglante perça les ténèbres pour venir les envelopper.

Lexa ouvrit brutalement les yeux, le cœur rapide, le souffle erratique, tandis qu'un bip alarmé et frénétique résonnait tout autour d'elle. A la vue des murs blancs, à la sensation de ses entraves, elle comprit qu'elle était de retour dans le laboratoire. Cependant, elle referma les yeux et grimaça sous une violente douleur. Son crâne était martelé par une cacophonie sans nom, des voix, des sons agressaient ses oreilles et noyaient son esprit. C'était comme si elle avait perdu le contrôle de son ouïe, le flux d'informations résonnant douloureusement en elle.

- Elle s'est réveillée ! cria l'assistant qui était penché sur elle.

Alie s'approcha en arborant un sourire carnassier et victorieux.

- J'ai réussi… sourit-elle de plus belle et ignorant totalement la souffrance visible de Lexa.


A force de patience et de recherche, Octavia avait fini par trouver ce qu'elle cherchait : un poste de sécurité. Elle espérait pouvoir trouver des plans ou mieux encore, voir ses amis sur les caméras de surveillance afin de les rejoindre au plus vite. Se plaçant discrètement dans un coin du couloir, elle s'assura qu'il n'y avait personne puis elle se dirigea vers la porte, où elle tenta le tout pour le tout en scannant simplement sa carte sur le boitier de sécurité. Se retenant de hurler de victoire, elle entra et tomba nez à nez avec un garde qui surpris, se leva de sa chaise mais se fut sans hésitation qu'elle l'assomma d'un coup de crosse de son arme, l'envoyant directement au sol, inconscient.

Elle s'appuya ensuite quelques secondes contre la porte pour observer la pièce, repérant un ordinateur et un écran géant diffusant les images des différentes caméras du complexe ainsi qu'un range document dans un coin. La journaliste finit par s'écarter de la porte et se dirigea tout droit vers l'écran, observant les différentes caméras à la recherche de ses amies et des captifs.

- Les voilà… souffla-t-elle à la fois victorieuse et horrifiée en tombant sur la meute prisonnière de cages et ce qui semblait être une grotte au vu des parois de pierre.

« Mais sont-ils hors de ce bunker ? Y a-t-il un moyen de les rejoindre depuis ici ? » Fusèrent les premières questions tandis que ses yeux fouillaient le reste des caméras.

- Clarke ! S'exclama-t-elle avec soulagement alors qu'elle aperçut son amie également enfermée dans une cage mais séparée des autres.

Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle la vit parler à quelqu'un en face de sa cage mais Octavia était incapable de voir la personne depuis cet angle de vu de la caméra. Elle chercha sur celles d'à côté et trouva rapidement un autre angle de vu mais ses espoirs d'y découvrir Lexa furent réduits à néant en découvrant une inconnue.

- Et merde… grogna-t-elle tout en reprenant sa recherche sur les caméras.

Son regard passa frénétiquement sur les suivantes alors que plus le temps s'écoulait plus elle risquait de se faire prendre.

- T'es où bordel… allez… murmurait-elle le stress montant lorsque soudainement : putain mais qu'est-ce qu'ils font ?! S'horrifia-t-elle alors que sous ses yeux apparut un laboratoire où elle vit Lexa allongée sur une table d'opération entourée de deux scientifiques.

Octavia se recula de l'écran géant, ses yeux jonglant entre les trois caméras tout en se demandant comment agir ? Lexa était clairement la plus en danger mais était-elle la plus proche ? La moins surveillée ? Si elle était découverte dès le premier sauvetage, elle condamnait les autres… Les questions fusaient et elle avait peu de temps. Une part d'elle lui hurlait de courir à travers les couloirs et de tenter sa chance car à chaque minute passant, une vie pouvait être perdue, mais elle savait qu'en agissant ainsi elle risquait de perdre tout le monde. Malgré l'urgence elle devait agir avec prudence et espérer que ses amis tiendraient le coup en attendant. Ne pouvant rien faire sans plus d'information, la journaliste prit sur elle en choisissant de passer plus de temps dans la pièce et s'installa devant l'ordinateur en quête d'un plan de la base et de tout autre information susceptible de l'aider à les sauver.


Lexa, l'esprit noyé dans une douloureuse cacophonie, grimaçait toujours de douleur alors qu'elle paniquait de plus en plus, ne comprenant pas ce qui lui arrivait, sa respiration et son rythme cardiaque s'emballant.

- Que lui arrive-t-il ? Elle a l'air en souffrance, discerna-t-elle tel un écho lointain la voix de l'assistant d'Alie.

- Je n'en sais rien… surgit la voix d'Alie qui s'attardait enfin sur son état.

L'océan tumultueux de sons et de voix, engloutit à nouveau les paroles de la scientifique, disparaissant pour un bruit strident qui lui vrilla les oreilles et l'esprit. Un bruit, une cacophonie qu'elle était seule à percevoir alors que les deux scientifiques baignaient dans un silence seulement perturbé par le rythme de son cœur affolé.

« Calme-toi… » Entendit-elle alors un murmure familier qui se voulait apaisant.

« J'ai mal… » Protesta-t-elle tout en serrant les dents de douleur.

« Respire… concentre-toi sur ce qui t'entoure… repousse le reste… » La guida-t-il de son aura apaisante.

Lexa se laissa guider par la voix de son loup, se concentrant uniquement sur le laboratoire et les deux scientifiques. Petit à petit, les sons et les bruits intrusifs s'estompèrent un à un, la laissant reprendre le contrôle de son ouïe et son calme.

« Voilà… c'est bien… » L'encouragea son loup.

De nouveau en pleine possession de ses moyens, Lexa ouvrit à nouveau les yeux pour retrouver le cauchemar qu'elle vivait, impuissante, attachée à cette table sous le regard des deux scientifiques.

- Que s'est-il passé ? S'empressa de lui demander Alie.

- Que m'avez-vous fait ? grogna en retour Lexa.

La scientifique hoqueta un rire narquois mais fut coupée avant de pouvoir lui donner la moindre réponse par son assistant en panique :

- Professeur ! Regardez !

Elle se tourna vers lui puis suivit son regard sur la jambe atrophié de leur sujet. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise alors que devant eux, la blessure disparaissait, le muscle endommagé se régénérant pour laisser apparaitre une jambe comme neuve.

- Incroyable ! S'enthousiasma Alie dans un rire de joie tandis que Lexa qui avait redressé la tête restait sans voix en fixant sa jambe guérie.

- Vous avez vraiment réussi ! S'enthousiasma à son tour l'assistant. La fusion avec son loup est parfaite.

- Je veux un bilan complet, je veux connaitre le moindre changement de son métabolisme, ordonna soudainement Alie.

Bien trop heureux de leur réussite et se voyant déjà passer à l'étape suivante de leur expérience, aucun des deux scientifiques ne virent la rage qui s'emparait peu à peu de Lexa. Que lui avaient-ils fait ? D'abord son ouïe détraqué puis cette miraculeuse guérison, faire d'elle un loup-garou ne leur avait pas suffit ? Il fallait qu'ils jouent à nouveau avec sa vie...

« Attaquer !... Venger !... Tuer ! » Lui hurla son loup dans une rage commune.

Elle sentit son corps bouillir de rage et sa transformation démarrer afin de se libérer de ses liens et de tous les détruire. Elle s'aperçut immédiatement que le processus semblait plus rapide, moins de lutte entre son esprit et celui du loup. Ses griffes apparaissant rapidement tout comme ses crocs déformant sa mâchoire.

Noyés dans leur enthousiasme, les deux scientifiques ne se rendirent compte de sa transformation avancée que lorsqu'elle arracha un premier lien métallique de la table, libérant un de ses bras.

- STOP ! hurla Alie qui venait de vivement se retourner.

Lexa se stoppa net alors que furieuse, elle avait été sur le point de tout arracher avant de bondir sur eux. Elle en avait toujours l'envie, la rage la consumant de l'intérieur, pourtant elle s'était immobilisée, obéissant à ce simple ordre.

« Attaque ! » hurla son loup.

« Je n'y arrive pas ! » paniqua-t-elle en retour.

Alors que Lexa était en proie à la surprise et à l'incompréhension face à cette soudaine paralysie, Alie s'avança sans crainte pour venir la toiser de toute sa hauteur.

- Tu ne pensais pas que j'allais te donner plus de puissance sans un moyen de te contrôler ? Se moqua-t-elle de sa naïveté.

« Tue-la ! » ragea son loup qui tenta de forcer sa transformation pour prendre le dessus mais cela ne mena à rien de plus, son corps ne lui répondant pas davantage.

« On est foutu » songea Lexa face au sourire condescendant de la scientifique.

- La puce te contrôle et je contrôle la puce, asséna-t-elle victorieuse face à sa détresse.

« NON ! » protesta son loup.

- Reprends forme humaine, asséna Alie avec un rictus sadique.

C'est impuissante que Lexa sentit son corps répondre à l'ordre. Ses griffes se rétractant contre sa volonté puis ses crocs. Elle ragea intérieurement alors que ses sentiments étaient étouffés sous un nouvel ordre qui la fit se rallonger calmement sur la table. Lexa se retrouva à nouveau à la merci des deux scientifiques, restant immobile sous leurs regards victorieux.

- Tiens-toi tranquille maintenant, ordonna t-elle de nouveau. Bien, faites-lui une prise de sang, reprit Alie comme si rien ne s'était passé.

L'assistant s'exécuta et vint la piquer sans douceur. Lexa ne réagit pas à la douleur de l'aiguille, la ressentant mais son corps ne bougeant pas, pas même un frisson alors qu'on lui avait ordonné de ne pas bouger.

- Professeur, regardez ! Son sang est devenu noir, constata l'assistant, surpris.

Alie revint se pencher sur elle tandis que Lexa terrifiée par ce qu'elle entendait fut toujours incapable de bouger, simplement prisonnière de son corps. C'est alors que la porte du laboratoire s'ouvrit soudainement, faisant sursauter les deux scientifiques.

- Où en êtes-vous ? S'enquit un Cage visiblement impatient.

- La fusion est une réussite, annonça fièrement Alie malgré sa rude intrusion.

- Bien, bien, parfait, répondit-il songeur. Qu'en est-il du contrôle sur le sujet ?

- Elle est sous contrôle.

- En êtes-vous certaine ? Nous ne pouvons…

- Voyez par vous-même, s'agaça Alie en lui désignant Lexa, elle n'est pas attachée et pourtant elle est docile peu importe ce qu'on lui fait.

- Justement, comment êtes-vous sûre qu'elle ne se laisse pas délibérément faire en attendant une opportunité de fuite.

- Etes-vous conscient qu'il lui suffirait de se transformer pour tous nous tuer ? rétorqua Alie clairement énervée par son manque de confiance en ses compétences.

Cage eut un regard craintif en direction de Lexa, comme si Alie venait de lui révéler un secret et qu'elle allait se transformer dans l'instant pour les tuer. Bien que la brune le désire plus que tout, cela ne suffisait pas à faire obéir son corps.

- Le comité n'acceptera pas la moindre erreur, nous devons en être certains.

- Vous avez un meilleur test peut-être ? Le défia-t-elle.

- Peut-être oui… répondit-il alors qu'un dangereux petit sourire naissait sur ses lèvres.

Alie arqua un sourcil, attendant son idée pour tester le contrôle total de l'Alpha.

- Amenez la fille qui l'accompagnait, annonça-t-il satisfait de son éclat de génie, confirmé par la réaction étonnée de la scientifique.

« Clarke ! NON ! » Hurlèrent de peur Lexa et son loup, leur cœur éclatant de crainte tandis que leur corps restait paralysé.


- Donc si Lexa survit à l'implantation et que la fusion fonctionne… commença Clarke mais n'ayant pas la force de terminer alors que ses yeux s'humidifiaient à nouveau face aux révélations de Becca.

- … elle sera sous leur contrôle total, termina pour elle sa voisine.

- Elle se battra contre la puce, Lexa ne se laissera pas contrôler, reprit la blonde avec conviction.

Sa camarade de cellule lui répondit d'un petit rire sans espoir.

- J'aimerais vraiment que ça se passe comme ça, lui dit Becca sincèrement désolée pour elle, mais nous ne sommes pas dans un conte de fée, l'esprit et le cœur ne peuvent rien contre la technologie.

Refusant d'accepter cette idée, Clarke était sur le point de protester mais la scientifique l'interrompit immédiatement en assénant une vérité bien plus cruelle :

- Si tu recroises sa route, fuis, parce qu'elle n'aura plus rien de celle que tu aimes, un ordre et elle te tuera sans hésitation.

Leur échange fut soudainement interrompu par l'entrée d'un garde puis la surprise et le soulagement s'empara de Clarke lorsqu'elle reconnut sa meilleure amie.

- Octavia ?! Co… comment es-tu arrivée jusqu'ici ?!

- Avec du talent et beaucoup de chance, sourit son amie, tout aussi soulagée de la retrouver et se penchant vers la cage pour observer la serrure.

- Vous ne pourrez pas l'ouvrir sans la clé, énonça Becca.

Octavia se tourna vers elle dans un regard interrogateur.

- Et vous êtes ? lui demanda-t-elle méfiante.

- C'est une amie, clarifia Clarke, mais on n'a pas de temps à perdre en présentation, Lexa est en danger…

- Je sais… la coupa Octavia tout en fouillant dans sa poche pour en sortir une petite trousse qu'elle ouvrit pour en sortir de quoi crocheter la serrure.

- Octavia ? L'interrogea Clarke alors qu'elle avait parfaitement vu le voile sombre passant sur son visage à la mention de Lexa.

-Vous êtes bien équipée, pointa Becca à l'attention de la journaliste.

- Une bonne investigatrice ne part jamais sans son matériel, répondit Octavia en ignorant la question de la médecin.

- Octavia, qu'est-ce que tu sais sur Lexa ?! S'emporta la blonde.

La journaliste soupira tout en se concentrant sur la serrure, où elle venait d'insérer deux petits crochets afin de la crocheter.

- Je l'ai vue sur les caméras, elle était sur une table d'opération, répondit-elle enfin, inquiète et culpabilisant alors qu'elle avait choisi de secourir Clarke en premier malgré la situation précaire de Lexa.

Mais Clarke était la plus proche et la moins gardée, sans parler qu'elle aurait sûrement besoin d'aide pour sauver Lexa qui était très bien surveillée. Elle avait fait un choix logique.

- Est-ce que… est-ce que tu as vu ce qu'ils lui faisaient ? demanda avec crainte la médecin.

- Non, ils…

Elle fut interrompue par des bruits de pas venant dans leur direction. Octavia échangea un regard paniqué avec Clarke puis elle courut se cacher au fond de la pièce, se dissimulant derrière les dernières cages. Recroquevillée dans l'ombre, sa cachette était plus que précaire alors elle retint presque sa respiration d'anxiété lorsque deux gardes entrèrent.

Par chance, ils se dirigèrent tout droit vers la cage de Clarke, ne se souciant de rien d'autre. Cette dernière recula instinctivement au fond, bien décidée à ne pas leur rendre la tâche facile. L'un d'eux ouvrit la porte tandis qu'un autre fit le tour en sortant sa matraque électrique pour venir la taser. La médecin tenta de lui échapper en se recroquevillant de l'autre côté mais il n'y avait pas assez de distance pour le fuir et l'électricité finit par douloureusement traverser son corps. Elle s'effondra, étourdit, et ne put rien faire lorsque l'autre garde l'attrapa pour la trainer dehors. On la redressa ensuite sans douceur. Solidement soutenue par les deux hommes, elle fut emmenée sous le regard impuissant d'Octavia.

Dès qu'ils furent partis, la journaliste quitta sa cachette pour se précipiter à leur suite.

- Attends ! Tu vas avoir besoin de mon aide ! L'arrêta Becca lorsqu'elle dépassa sa cage.

Octavia s'arrêta, clairement hésitante alors que ses yeux passaient de la porte à la prisonnière.


Clarke fut jetée sur le sol froid d'une pièce immaculée de blanc et vide. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits mais elle finit par se relever. Son regard tomba d'abord sur le grand miroir couvrant l'un des murs puis elle se tourna vers le centre de la pièce et découvrit l'inespéré.

- Lexa ?! Se précipita-t-elle vers sa compagne qui était debout et nue.

Clarke la prit presque violemment dans ses bras, l'étreignant presque avec désespoir malgré son bonheur de la retrouver saine et sauve. Cependant son soulagement vacilla lorsqu'elle se rendit compte qu'elle ne lui rendait pas son étreinte, ses bras restant le long de son corps. La médecin se recula avant de chercher ses émeraudes. C'est alors que la crainte s'empara de son cœur lorsqu'elle croisa le regard éteints de sa compagne, comme si elle ne la voyait pas.

- Mon amour… souffla-t-elle tout en prenant son visage entre ses mains… peu importe ce qu'ils t'ont fait, je sais que tu es toujours là… lui dit-elle une larme s'échappant sur sa joue alors qu'elle la savait sous le contrôle de cette puce… tu peux les combattre, tu es plus forte qu'eux l'encouragea-t-elle.

Cependant ses émeraudes restèrent silencieuses et froides, ne reflétant nullement le combat intérieur de Lexa, ni ses suppliques.

« Clarke, je suis désolée… » Agonisait Lexa tandis que Clarke la serrait à nouveau contre elle, en proie aux larmes.

Elle voulait lui rendre son étreinte, l'emmener loin d'ici mais on lui avait ordonné d'entrer dans cette pièce et de ne pas bouger, ce qu'elle faisait, prisonnière de son propre corps.

« Protéger ! » lui hurlait son loup.

Tout comme elle, il savait pourquoi ils étaient ici et Clarke devait s'éloigner au plus vite d'eux mais il lui était impossible de la prévenir et ce malgré toute sa volonté.

- Je vais te sortir de là, lui promit Clarke en se détachant d'elle.

« Non ! Tu dois t'éloigner de moi ! » Lui répondit-elle en vain tandis que sa compagne commençait à tourner dans la pièce en quête d'une solution.


De l'autre côté du miroir, Cage et Alie observaient la scène d'un regard froid et distant, n'ayant que faire du malheur qu'ils causaient.

- Ordonnez-lui de la tuer, lui ordonna Cage qui en avait assez de regarder ces absurdes retrouvailles.

- J'ai une idée qui nous sera bien plus bénéfique pour l'avenir, lui répondit Alie avant de se rapprocher d'un boîtier sous son regard interrogateur.

Elle laissa planer un léger silence puis elle se pencha vers l'appareil pour donner son ordre à l'Alpha :

- Je t'ordonne de te transformer…

Son sourire s'étira lorsque Lexa commença sa transformation en loup-garou.


- Lexa ! Résiste ! lui cria Clarke alors que sous ses yeux sa compagne obéit instantanément à l'ordre sorti du micro.

Tandis qu'elle reculait instinctivement jusqu'à se retrouver dos au mur, Clarke eut l'impression que la transformation fut plus rapide et moins douloureuse pour Lexa mais ce qui marqua son attention fut le pelage du loup-garou qui se tenait maintenant sous ses yeux. Le loup-garou n'était plus gris aux reflets d'argent mais brun, ce changement était sans aucun doute dû à la fusion de Lexa avec son loup. Comme le lui avait expliqué Becca, la puce devait les faire fusionner et ainsi partager certains aspects, bien que la scientifique ignorait lesquels mais apparemment le pelage du loup prenant la couleur de cheveux de Lexa en faisait partie.

- Maintenant… mords-la, transforme-la, ordonna à nouveau Alie à travers le micro.

Le loup-garou se tourna immédiatement vers la médecin, avançant d'un pas dangereux.

- Je t'en prie Lexa, résiste ! Se plaqua-t-elle un peu plus contre le mur, comme si elle allait pouvoir s'échapper à travers.

Mais le loup-garou avança davantage, retroussant ses babines pour lui dévoiler ses crocs. Clarke plongea son regard dans ceux de la bête mais elle n'y vit aucune trace ni de Lexa ni de son loup, ni aucune trace de lucidité. C'est alors que les paroles de Becca lui revinrent à l'esprit, la poussant à accepter la réalité. La médecin s'écarta brusquement du mur pour courir en direction de la porte, tentant de fuir au lieu d'attendre un miracle qui ne viendrait pas mais une patte griffue lui faucha les jambes et elle s'étala de tout son long sur le carrelage glacé. Lorsqu'elle se retourna sur le dos, elle tomba nez à nez avec le loup-garou qui était au-dessus d'elle, sa gueule à quelques centimètres de son visage, la bave coulant sur elle.

Clarke se laissa retomber sur le sol, se résignant à l'inévitable et souriant tristement à sa compagne, lui indiquant par ce sourire qu'elle comprenait et qu'elle lui pardonnait.

Et comme si le loup-garou avait attendu son accord, il se recula légèrement avant d'ouvrir grand la gueule et d'abattre ses crocs sur elle.

A suivre…


Vous vouliez une morsure vous l'avez ! Mouhahahahah ! :p La puce joue un bien mauvais tour à Lexa et son loup... obligés d'obéir à Alie, ça s'annonce mal :(

Alors que pensez-vous de tout ça ? Les effets de la puce sur Lexa et son loup ? L'investigation/sauvetage d'Octavia ? On peut dire que ce chap était presque pour elle, j'espère que vous avez aimé. Dites-moi tout ! J'attends vos retours avec impatience :D

Et j'attends vos théories pour la suite !

D'ailleurs, je me suis trompée sur le chap d'avant, il reste encore un chapitre puis l'épilogue.

Encore merci pour vos retours et votre fidélité, accrochez vous pour la fin ;)

Prochain chap : Du sang... du sang... et des larmes ! :p