Beta lectrice : Sama-66

Un grand merci à elle pour son aide précieuse.


Chapitre 2 : Dracula

Après avoir passé de longues minutes dans le bureau de McGonagall, à entendre tout un tas de sermons et de rappels du règlement de l'Ecole, Harry avait réussi à s'échapper des griffes de l'équipe pédagogique qui voulait encore le traîner à l'Infirmerie. Harry n'était pas malade ou agonisant ! Il avait simplement besoin de faire le tri dans ses souvenirs, pas de passer la nuit à boire des filtres amers sous le regard critique de l'Infirmière scolaire. Mcgonagall avait même fait appel à Horace Slughorn. La tête de l'ancien Maitre des Potions à la retraite était apparue dans les braises de la cheminée en crachotant de la fumée. Harry ne l'avait pas revu depuis le jugement des Mangemorts où il avait témoigné en faveur de Draco Malfoy. Ça le ramenait des mois en arrière, quand la confusion régnait encore dans la communauté des sorciers, ébranlé par les piles de cadavres encore fumants de la guerre.

Malheureusement, Slughorn avait mis fin à leurs gesticulations inutiles en leur donnant une réponse très claire. Impossible de défaire un sortilège d'Oubliette sans provoquer des séquelles irrémédiables, même à l'aide d'un antidote. Son diagnostique semblait plutôt alarmant, l'assemblée de professeurs avait immédiatement cessé leurs tentatives en entendant le genre d'effets secondaires dont il était question. Transplanages involontaires, destruction du lobe frontale, écartèlement des nerfs optiques, cécité. Le professeur Fauconnet avait lancé un regard épouvanté à son frère jumeau en charge des cours de Sortilège et ils rangèrent leurs deux baguettes.

Même avec son visage rougeoyant et caillouteux, Harry avait pu voir à quel point Slughorn était désolé de briser leurs espoirs. Le duo Fauconnet avait assuré qu'ils continueraient à faire des recherches sur le sortilège d'Oubliette sans trop de convictions.

Comme il commençait à avoir froid, Harry se rhabilla. Il en avait marre de se tenir nu, assis sur un tabouret pendant que ses professeurs lui jetaient tout un tas de sortilèges en dessinant des symboles à la craie autour de lui. Alors, il fut soulager qu'on le laisse partir.

Quand il sortit de la salle en refermant sa braguette, il faillit renverser Malfoy qui s'était caché derrière la porte comme le méchant d'un mauvais film d'espionnage.

- Toi ? Gronda Harry.

- Toi ! Lui renvoya Malfoy sur le même ton.

Malfoy enroula le fil de l'oreille ensorcelée qui lui avait permis d'entendre la conversation et la fourra dans sa poche.

- Qu'est-ce que tu foutais là ?

- Oh, je passais juste par là, Potter, pour le plaisir de me geler le cul dans un couloir vide au milieu de la nuit, lui répondit Malfoy avec mépris.

- Je sais bien que tu nous écoutais, j'aimerais simplement savoir pourquoi.

Il recula légèrement en tirant sur sa manche pour la remettre droite.

- Harry Potter est retrouvé sur la rive du Lac Noir et tout le monde pense que je suis venu terminer l'oeuvre du Sei-...de Voldemort. Après tout ce qui s'est passé pendant la bataille de Poudlard, je ne peux pas vraiment leur en vouloir... alors excuse-moi d'être curieux du sort que McGonagall me réserve pour avoir posé le doigt sur son petit protégé.

Harry le dévisagea, surpris.

- Je n'ai rien dit à McGonagall.

Malfoy lui lança un regard glacial.

- Je sais, Potter. J'ai écouté.

- Et... je ne pense pas que tu sois responsable, ajouta-t-il rapidement.

- Mais...? Compléta Malfoy d'un air méfiant

Harry fit un léger sourire face à sa perspicacité.

- Mais... je n'avale pas l'excuse que tu as donné à McGonagall. Je suis convaincu que tu n'as rien oublié du tout et que tu joues la comédie.

Ses joues rougirent violemment. Harry s'était attendu à tout un tas de réactions possibles. La colère par exemple, ou la haine, ou le mépris... mais certainement pas à voir un Malfoy écarlate et embarrassé. Il recula encore, comme pour se protéger d'une éventuelle attaque.

- je ne...tu devrais...je ne peux pas...

Des balbutiements incompréhensibles. C'était assez inédit de la part d'un type à la répartie facile. Harry haussa les sourcils d'un air perplexe. À cette distance, il était obligé de parler plus fort pour rester audible.

- Malfoy ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

L'embarras disparut du visage de son interlocuteur, vite remplacé par la colère.

- Va te coucher Potter. Ça vaudrait mieux. J'ai eu ma dose d'interrogatoires pour ce soir.

Harry essaya de le rattraper, mais il fuyait déjà vers son dortoir.

- Malfoy ! Explique-moi...

- Ne me poursuis pas.

- Je ne sais pas de quoi tu as peur, mais je peux t'aider !

Malfoy s'arrêta net.

- M'aider ? Tu crois que j'ai besoin de ton aide ?

- Je veux simplement comprendre ce qui s'est passé... ce que tu faisais dans l'Aile Abandonnée...

Malfoy le dévisagea les sourcils froncés, son regard n'était plus fuyant ou rivé au sol... Il était droit, sans aucune hésitation, sans aucun vacillement. Perforant comme une flèche.

- Je n'ai pas besoin de ton aide.

Harry avait la gorge un peu sèche. Peut-être parce qu'il avait oublié d'avaler sa salive depuis un bon moment. Alors il déglutit lentement en faisant tressauter sa paume d'Adam.

- Tu as des feuilles dans les cheveux.

C'était stupide à dire mais vrai. Malfoy avait des morceaux de feuilles d'arbres vert et orange qui garnissaient sa coiffure habituelle. Apparemment, ce n'était pas la chose qu'il voulait entendre, parcequ'il grimaça.

- Et toi tu schlingues.

Cette remarque mit fin à leur conversation.


Plus tard, sous la douche, Harry se fit la réflexion qu'il sentait effectivement la vase. Ce qui n'était pas si étonnant puisqu'on l'avait retrouvé sur les berges, entre la mousse et les roseaux. Il frotta avec insistance les tâches de saleté et le sang séché des blessures superficielles qui maculaient sa peau. Il était sale. Extrêmement sale. Seul un contact prolongé avec de l'eau et de la boue aurait pu laisser la terre traverser ses vêtements. C'était à se demander s'il n'avait pas fait une petite baignade nocturne dans le Lac Noir pendant son escape. Pourtant, sa chemise était parfaitement sèche.

C'était assez déconcertant de redécouvrir son corps avec des traces d'origines inconnues, comme si quelqu'un d'autre l'avait utilisé à sa place et rendu en mauvais état. Des marques roses se détachaient ici et là. Il aurait adoré que ce soit des marques de baisers torrides, mais ça ressemblait d'avantage à des irritations. Il continua son exploration topographique en retirant des morceaux d'algues et des bouts d'écorce emmêlés dans ses cheveux.

Et puis, ses doigts glissèrent dans sa nuque et frôlèrent sa gorge. Le bout de ses phalanges entra en contact avec des petits cercles en relief, imprimés près de la jugulaire.

Des traces de dents.

Compte tenu de son emplacement, il n'avait pas pu s'infliger cette morsure tout seul. La dernière semaine avait du être sacrément mouvementée pour se retrouver victime d'un suceur de sang.

Il repensa à la petite amie vampire imaginaire de Malfoy. Et puis quoi encore ? Il n'allait pas se mettre à porter un collier d'ail pour éviter de se faire bouffer par Dracula ! L'équation devenait de plus en plus nébuleuse. Il continua d'examiner son corps en laissant l'eau brûlante glisser sur ses épaules.

Oh bon sang

Il découvrit une autre morsure légère à l'intérieur de sa cuisse. Fort bien localisée, celle-ci ! Son membre se durcit malgré lui au souvenir agréable obscurci par la brume de l'amnésie.

Il eut soudainement envie de rire, il pouvait oublier la théorie du vampire ! Le Harry de la semaine dernière avait une vie sexuelle bien plus mouvementée que la sienne ! Il faut dire que c'était le calme plat depuis qu'il avait décidé de rompre avec Ginny. Il n'avait pas eu la tête à faire des rencontres et son esprit était focalisé sur sa formation d'Aurore au détriment de ses relations sociales. Même si le retour à la normale avait été plus rapide que prévu, la guerre avait laissé de larges cicatrices.

Il n'était pas contre, loin de là, mais c'était simplement trop difficile de rencontrer une personne qui n'était pas intéressée par sa notoriété. Il espérait vraiment ne pas avoir succombé à une des groupies qui l'attendaient en embuscade dans tous les recoins de Pré-au-Lard ou du Chemin de Traverse. Mais, quelque chose lui disait que ça ne pouvait pas être ça, une sensation persistante qui faisait accélérer les pulsations dans sa poitrine. Le Harry de la semaine dernière ne pouvait pas être ce genre de gars détestable. Il le savait. Il le sentait.

Il frotta son bras avec énergie pour arrêter de penser à sa vie sentimentale proche du néant. Le Harry de la semaine dernière avait peut-être rencontré quelqu'un, mais aucun petit vampire n'était venu revendiquer la marque sur sa cuisse. Dracula se servait de son amnésie pour faire une croix sur ce qui s'était passé entre eux et ce n'était pas vraiment flatteur. Tout le monde à Poudlard savait que Harry avait été retrouvé sur les rives du Lac, l'information avait fait le tour des couloirs en prenant des proportions ridicules. Le nom de « Voldemort » était à nouveau sur les lèvres de tous les élèves. Il fallait voir l'attroupement d'étudiants et les murmures qu'il avait entendu quand Harry avait traversé l'Ecole, escorté par Mcgonagall.

Une nouvelle attaque ? Les partisans du Mage Noir de retour ? Le Survivant en danger ? L'Ecole dans le sang et les larmes ?

Harry n'était pas aussi alarmiste. Peut-être que ce quelqu'un en question allait se manifester dans les prochains jours ?

Il frotta avec plus d'insistance, son bras était couvert de crasse et de sang séché. À cet endroit, la terre avait presque fusionné avec la peau et la chaire à vif en créant une croute épaisse. Il fut stupéfait de rencontrer une éraflure en forme de lettres dans son nettoyage.

Un « E ».

Puis une autre.

« U ».

Et encore une autre.

« M »

Un message était gravé à même sa peau, irrégulier, creusé à l'ongle dans la précipitation. Rien à voir avec la cicatrice régulière que lui avait infligé Dolores Ombrage avec la plume ensorcelée. On pouvait sentir l'urgence dans cet acte désespéré. Il grimaça. Ça avait dû être douloureux.

Le texte se dévoila enfin dans son ensemble et couvrait tout son avant bras.

« M.E.L.U.S.I.N.E »

Il regarda le sang se mêler à l'eau et s'écouler entres ses orteils. Il tenait son vrai premier indice.


- Tu crois que c'est lui le responsable ? Demanda Hermione au petit déjeuner.

Harry leur avait tout raconté de ses découvertes... à l'exception des traces de morsures qu'il gardait jalousement pour lui-même.

- Responsable de quoi ?

- Du sortilège d'Oubliette.

Harry haussa les épaules.

- Je ne sais pas trop. Ça me paraît un peu dingue, Malfoy n'est pas mauvais mais il aurait eu beaucoup de mal à me jeter un sortilège aussi puissant.

Ron était en train de remuer sa cuillère dans son bol de porridge avec tellement de force qu'on aurait dit qu'il était en train d'essayer de créer un vortex.

- Tu as une idée à nous faire partager ? Lui demanda sèchement Hermione en lui arrachant son petit déjeuner des mains.

Ron posa la tête sur son coude avec lassitude.

- On devrait choper Malfoy à trois dans le couloir et le faire parler ! Ce type me fatigue avec toute ses foutues cachotteries.

Ce n'était pas une mauvaise stratégie, mais aucune chance que Malfoy se livre, entouré par leur trio armé de baguettes.

- Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre avec lui, reconnut Harry. La seule fois qu'il m'a vraiment confié quelque chose, j'étais sous l'apparence de Crabbe.

Hermione poussa un soupir.

- Ce n'est pas vraiment le moment de faire réapparaître le fantôme de son ami mort.

- T'as qu'à lui faire du gratin de citrouille, proposa Ron pince sans rire.

Harry lui donna un coup de poing amical dans l'épaule.

- Lâche-moi avec le gratin de citrouille.

Malfoy s'avéra inapprochable. Malgré les récents évènements, il n'avait pas l'air de vouloir revenir en cours pour laver les accusations qui pesaient sur lui. Les rares moments où Harry arrivait à croiser son regard au détour d'un couloir, Malfoy tournait immédiatement les talons et empruntait la direction opposée en arborant l'expression la moins avenante possible.

Une fois, son volte face précipité l'avait conduit directement dans la rambarde de l'escalier magique. Aoutch. Le regret avait été immédiatement lisible sur son visage. La douleur avait dû être tellement intense qu'il avait planté les dents dans sa main pour réprimer un hurlement. Même si c'était ridicule, le cerveau d'Harry n'avait pu s'empêcher de faire un rapprochement avec la morsure de sa cuisse. Il avait même ressenti un éclair de douleur Malfoy avait eu l'air de souffrir, Harry s'était approché pour l'aider à ramasser son sac. Il n'avait obtenu qu'un coup de coude et un regard de pure haine débordant de larme. La main de Malfoy avait rapidement redescendu sa manche gauche pour la dissimuler aux yeux d'Harry. Ce fut leur seul échange de la semaine.

Il eut aussi cette fois-là, où les fantômes du Hall s'étaient mis à chanter haut et fort, en se tenant par la main dans une immense farandole. A l'exception du le Baron Sanglant, bien sûr, qui s'était isolé dans un coin pour bougonner en jetant des coups d'œil désapprobateurs aux autres ectoplasmes. Les élèves avaient dû s'enfuir en courant pour échapper au vacarme et aux courants d'air. L'éclair de cheveux blonds avait disparu dans la foule qui sortait vers l'extérieur.

Harry avait même commencé à suivre tous ses déplacements en examinant la Carte du Maraudeur sous son bureau pendant les cours. Au point où il en était, passer pour un stalker était le dernier de ses soucis. La plupart du temps, Malfoy restait cloitré dans sa chambre, à l'exception de rares aller-retours à l'Infirmerie ou à la Bibliothèque. Autrement dit, obtenir des informations de sa part était mission impossible.

Harry aurait préféré mener sa propre investigation, mais McGonagall lui avait formellement interdit de retourner dans l'Aile brûlée, persuadée qu'un souvenir traumatisant aurait pu être à l'origine de l'amnésie. Elle avait condamné l'accès à l'aide de puissants boucliers et mis en place des tours de garde avec les armures ensorcelées qui faisaient des patrouilles à proximité du couloir. Alors, tant pis. Courir après Malfoy avec acharnement ne faisait pas vraiment partie de ses habitudes – quoi que – mais Harry était bien décidé à tirer les choses au clair, même si ça signifiait le kidnapper dans son dortoir au milieu de la nuit pour obtenir des réponses.

- AH !

Tout le monde sursauta dans la bibliothèque. Hermione se tenait debout, le doigt en l'air avec une expression victorieuse. La lumière de la lampe qui l'éclairait par dessous lui donnait des airs de savant fou.

- Tu as trouvé quelque chose d'intéressant sur Mélusine ? Lui demanda Harry, plein d'espoir.

Elle secoua la tête.

- À part des détails sur la créature de la Mythologie Grecque, j'ai rien trouvé qui pourrait avoir un lien avec ton amnésie. Par contre, j'ai élucidé le mystère de Viribus !

Ron referma son livre avec entrain.

- Je savais bien qu'on finirait par savoir ce que trafique ce petit enfoiré !

Hermione s'éclaircit la voix.

- « [… ] Viribus est donc préconisé contre l'apparition de tout nuisible responsable du pourrissement précoce des feuilles de salades. »

Ron prit une expression épouvantée.

- Un putain de produit anti-limaces ? Qu'est-ce que fout Malfoy à l'Infirmerie avec un truc pareil ? Vous pensez que quelqu'un lui a jeté un sort de crache-limace ?

Harry frotta ses yeux avec lassitude.

- Ça ne mène à rien. Si ça se trouve, la fiole contenait autre chose, on n'est pas plus avancé.

- Est-ce qu'on peut envisager que le sortilège anti-indiscrétion ait brouillé ta perception ? suggéra Hermione

- Peut-être, comment je pourrais savoir ? Ça remonte à plus de deux semaines.

Harry ramassa les livres de mythologie avec mauvaise humeur et s'éloigna entre les étagères. Rien. Toujours rien. Ça faisait des jours qu'il s'acharnait à réunir les morceaux et le mystère restait entier.

Le Lac Noir, l'inscription sur son bras, l'amnésie, le vampire, Malfoy, le couloir brulé.

Harry s'enfonça dans la Réserve pour atteindre la rangée de l'Histoire Moldue. Il resta un instant a fixer les lignes de grimoires qui s'étendaient à perte de vue. Il y avait ici des siècles et des siècles de pages écrites qu'il n'aurait jamais le temps de lire. Ça semblait tellement vain.

Une lueur attira son attention vers le fond de la Réserve. À cette heure avancée de la soirée, il n'y avait que les rats de bibliothèques comme Hermione pour continuer à faire des recherches.

Quand il reconnut les mèches blondes implacablement coiffées en arrière, Harry se plaqua contre l'étagère. Inutile de faire fuir l'animal sauvage en sortant brusquement de l'obscurité. Malfoy, la tête appuyée sur son coude, était entouré de gros volumes qu'il lisait d'un air consciencieux. Son visage était incroyablement détendu, c'était presque étrange de le surprendre dans un moment de calme.

Au bout d'un moment la chaise de Malfoy racla le sol et il se leva pour disparaître entre les étagères. Son sang ne fit qu'un tour, c'était le moment ou jamais d'aller jeter un coup d'oeil à ses lectures et grappiller quelques miettes. À l'exception d'une encyclopédie sur les plantes aquatiques et des livres d'Astronomie, Harry ne trouva rien de vraiment pertinent. Un carnet en cuir noir attira son attention. Quelques croquis accompagnés de notes se dévoilèrent au fil des pages.

Un Sombral à l'encre, un Dragon au crayon. Plus loin, différentes formes de pensines, des schémas fléchés sur l'utilisation des filaments argentés qui contenaient les souvenirs. Intéressant.

Oh merde.

Un visage endormi, les lunettes tombant sur le bout du nez, des cheveux sombres désordonnés, une cicatrice en forme d'éclair. C'était étrange de trouver un dessin de soi endormi. C'était encore plus étrange de trouver un dessin de soi endormi DANS LE FOUTUE CARNET DE DRACO MALFOY.

- Je peux t'aider, Potter ?

Harry lâcha le carnet comme s'il venait de se brûler les doigts en tournant une page. Malfoy le dévisageait les bras croisés et l'air passablement agacé. Ses yeux glacials se posèrent sur le carnet.

- Tu ne lâches jamais l'affaire. Il faut vraiment que tu fouines partout. On est pas dans un de tes putains de films pour Moldus, Harry.

Un lourd silence s'installa. Harry plissa les yeux derrière ses lunettes rondes.

- Euh... ?

Malfoy ferma les yeux. Son expression était plutôt explicite. ET MERDE. Les mots étaient sortis instinctivement de sa bouche.

- « Harry » ? Répéta Harry.

- Potter, rectifia Malfoy en serrant les dents.

Mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer pendant cette foutue semaine ? Comme Harry était enraciné dans le sol, Malfoy en profita pour ramasser son carnet et disparaître à nouveau entre les étagères.


Tard dans la nuit, alors que les flocons tombaient silencieusement devant les carreaux de la fenêtre, on entendit un tintement discret. Harry se retourna dans ses couvertures. Une voix ensommeillée l'interpella depuis le lit adjacent.

- C'est ton hibou, Harry.

Sa main tâtonna sur la table de chevet pour trouver la fine monture métallique de ses lunettes. Il les glissa sur le bout du nez en baillant aux corneilles. Un Grand Duc au plumage sombre s'engouffra par l'ouverture dès qu' il ouvrit le fenêtre. À sa patte, pendait un petit paquet sans aucun expéditeur.

Harry déchira le papier kraft et trouva une fiole lumineuse. En l'observant de plus près, il remarqua le petit filament argenté qui remuait dans le liquide laiteux. Un souvenir.


à bientôt pour la suite !

J'espère que ce chapitre vous a plu, un grand merci pour vos commentaires d'encouragement !