Désolé pur ce long moment d'absence, j'ai dû mettre les textes de coté à cause de problèmes familiaux. Je reprends la publication de mes Fics en cours :) J'espère que vous apprécierez ce chapitre malgré le retard.

Chapitre 6 : Hansel et Gretel

Harry réajusta ses lunettes de vol. Avec le brouillard épais, Il ne discernait rien à plus d'un mètre de distance. Malgré le peu de visibilité, il filait à toute vitesse à travers la barrière de nuages en se cramponnant au manche de son balai.

Il était en colère. Ça bouillonnait en lui. Une petite voix agaçante qui prenait les traits de Malfoy s'amusait à jouer avec ses nerfs.

Il fit un virage en épingle pour éviter la paroi rocheuse qui se dressait devant lui et tira sur le manche de son balai en frôlant les arbustes. Ron avait essayé de le suivre mais Harry avait utilisé toute la puissance de l'éclair de feu pour le distancer. Il en avait sérieusement mare de supporter le regard critique de ses meilleurs amis qui ne comprenait pas ce qui se passait entre lui et Malfoy. Harry n'avait pas l'intention d'avoir cette discussion avec eux. Il se sentait seul. Isolé dans sa propre tête.

Mais il avait besoin d'être seul.

Il atterrit prêt du sol cogneur, au milieu d'un paysage givré. Le froid était saisissant, il remonta son écharpe sur le bas de son visage en faisant crisser la neige sous ses bottes. Quand il arriva non loin du château, il reçut un choc à la tête. Il mit quelques seconde à réalisé que quelqu'un venait de lui jeter une boule de neige. Comme il ne réussi pas à identifier la provenance, il continua à marcher avec un air suspicieux. Un nouveaux projectile s'éclata dans les mailles de son bonnet rouge. Puis un autre. Il courut se réfugier sous le porche avant de finir trempé. Ça ressemblait à un sortilège mal contrôlé de novice, le genre d'effets secondaires qui faisaient parfois pleuvoir dans les couloirs ou provoquer des écoulements de boue dans les escaliers.

Pourtant quand il fit un tour vers la cabane d'Hagrid, plus tard dans l'après midi avec Ron et Hermione, le phénomène se produisit à nouveau. Des projectiles lancés depuis une localisation sur la droite s'éclatèrent sur leurs parkas.

- Qu'est ce que c'est encore que ça ? Bougonna Ron en se protégeant derrière ses bras.

- Ça a commencé ce matin.

Hermione tendit le doigt vers un arbre court, sans feuillage, d'où provenait la mystérieuse attaque.

- C'est un sortilège localisé, on dirait que quelqu'un essaye d'attirer ton attention.

- Est ce que ce quelqu'un ne peut pas simplement lui envoyer un Hibou ? S'exaspéra Ron.

Il fut gratifié d'un projectile en plein visage. Harry essaya de s'éloigner, mais dés qu'il fit dos à l'arbre, celui ci en profita pour le punir d'une nouvelle boule de neige. Il fit volte face avec agacement et s'engagea dans la direction du tronc qu'il allait déraciné si ça continuait comme ça. Mais derrière l'arbre il n'y avait personne. Son assaillant s'était apparemment volatilisé avec ses sortilèges. Personne non plus aux alentours, seule des traces mystérieuses qui s'éloignaient vers la surface du lac gelé.Ça ressemblait beaucoup à une blague de Fred et Gorge, où à une de leurs inventions grotesques. Ron avait du penser la même, parce qu'il faisait tout les efforts du monde pour faire disparaître ses larmes et son nez coulant avec le dos de son gant en laine.

Ils décidèrent de remonter la piste nettement imprimée dans la poudreuse. Le givre avait durcit la neige sans effacer les traces, si bien qu'elles pouvaient remonter à plusieurs heures. Ils traversèrent le potager, entre les arbres cours qui ressemblaient a des silhouettes de vieillard croulant sous le poids de la neige et des stalactites. Les énormes citrouilles gelées sortaient du sol et apportaient une touche de féerie. Dans la précipitation, le mystérieux assaillant avait perdu une partie de son équipement, des éléments éparpillés de ci de là comme des pièces à convictions. Un bonnet gris... Une écharpe noire... et plus inquiétant une chaussure en cuir et une traînée de sang. Tout ne s'était pas déroulé comme prévu pour Hansel et Gretel ! La piste de miettes de pain ne s'arrêtait pas là, en arrivant aux abords du Lac Noir, Harry remarqua un morceau d'étoffe au milieu de la poudreuse. Il la dégagea de la neige comme un archéologue. Quand il tira sur un pan, il fit rouler la dague qui était dissimulé à l'intérieur. Son sang ne fit qu'un tour. Il reconnu nettement la lame serpentine et le lettrage gothique cisaillé sur son flan :

Mélusine.

Le même que dans son souvenir.

Dés que ces doigts entrèrent en contacte avec le pommeau en métal, un violent mal de crâne s'empara de sa tête.

Un miroir. Un grand miroir se dresse devant lui. Un drap le recouvre, il fait sombre dans la pièce. Mais ça ne l'empêche en aucun cas de reconnaître cette silhouette qui hante encore ses rêves. Ses doigts serrent fermement la dague, le métal entaille légèrement sa paume. Ça fait mal. Mais pour une fois il heureux de sentir cette douleur. La marque sur son bras gauche remue, elle est agité, elle sait que quelque chose arrive. Sa main droite tire sur le drap...

- Harry ?

Hermione avait du le gifler, sa joue était chaude, elle lui faisait mal. Ron grimaça.

- Tes yeux étaient blancs, sans pupille, c'était flippant !

Il n'avait pas eu le temps d'apercevoir le reflet dans le souvenir. Il mordit l'intérieur de sa joue avec frustration. Le mystère était encore opaque. Cette fois le fragment ne lui appartenait pas, comme avait-il pu vivre le souvenir à travers les yeux de quelqu'un d'autre ? Son bras gauche était parcouru de picotement à l'endroit ou se trouvais la marque des ténèbres quelques seconde auparavant. Harry observa encore la dague, le métal était patiné sur le pommeau et des éraflures mordaient son flan. Aucun doute, il tenait entre ses mains l'originale. Pas étonnant que Malfoy n'ait eu aucun mal à identifier la fausse dans la bibliothèque du manoir, elle avait été conjuré avec médiocrité.

Harry la roula dans morceau de tissu et la glissa dans sa sacoche en cuir.Étrange. Vraiment étrange. On avait cherché a attirer son attention avec beaucoup trop d'insistance, pour tomber par hasard sur la dague de Mélusine offerte sur son chemin. Malfoy avait beaucoup insisté sur sa valeur, des Selkies habituellement pacifiques étaient prêtent à tuer pour la récupérer, ce n'est pas le genre d'objet qu'on trouvait perdu dans les sous-bois en rentrant de sa cueillette aux champignons ! Quelqu'un ou quelque chose était en train de lui donner des indices, mais qui ? Et Pourquoi ?

La piste de miette de pain ne s'arrêtait pas là. Une faible lumière bleutée attira son attention. Ron et Hermione l'avait également remarqué. Le trio tomba sur trois fioles incandescentes, nichées dans un trou dans lequel on avait mis un tapis de feuilles et d'aiguilles de pin pour les mettre en évidence au milieu du paysage prenait apparemment beaucoup de soin à lui indiquer la marche à suivre. C'était pourtant impossible que se soit une initiative de Malfoy. Pourquoi toute cette mise en scène alors qu'il aurait simplement pu lui envoyer un hibou ? Et puis ce dernier n'étais pas connu pour revenir sur sa décision, à fil des année Harry avait pu voir à quel point Malfoy pouvait s'engluer dans des choix radicaux sans jamais revenir en arriè fioles incandescentes rejoignirent la dague dans sa sacoche. Même si l'origine était plus que douteuse il n'allait pas refuser l'aide qu'on lui offrait. Il repensa à la chaussure pleine de sang, son mystérieux complice avait apparemment soustrait les différents items à un victime non consentante.

Le soir, il fut bien trop content de retourner dans sa chambre pour avaler un nouveau souvenir. Il n'allait pas pouvoir continuer à cacher autant de choses à ses meilleurs amis... mais pour l'instant il avait encore réussi à éluder la plupart des questions. Il ferma les yeux et se laissa glisser dans le terrier du lapin blanc.


Il faisait nuit. La pluie tombait sur les toits de Londres, ruisselait sur les tuiles et dévalait les gouttières. Harry tira sur sa capuche et essuya les gouttes qui entravaient sa vue sur le verre de ses lunettes. De sa cachette il avait une vue imprenable sur l'Allée des Embrumes, mais il ne pouvait pas échapper aux intempéries. Ça faisait tellement longtemps qu'il attendait là, à plat ventre sur la terre cuite, qu'il avait commencé à se fondre dans le décor comme une gargouille. Les taches lumineuses de la ville dessinaient un halo orange dans le ciel, d'ici, les rues magiques se confondaient avec les habitations Moldues.

Une bourrasque de vent et un bruit sourd lui indiqua que quelqu'un venait de transplaner sur sa droite.

- Bravo, t'as été efficace ! Ironisa Harry en s'ébrouant comme un chien mouillé.

Le sorcier encapuchonné s'allongea sur les tuiles à ses cotés.

- Si tu crois que c'était facile de faire des repérages sans se faire attraper... il y'a plus de protections magiques dans cette boutique qu'au manoir, se défendit Draco.

- Tu veux dire... pire qu'une armée de Détraqueurs, de chevaliers en armures ensorcelés et un groupe de Rafleurs Loup-garoux ? Lista Harry d'un air amusé.

- Tu oublies que ma famille est ruinée ! Répliqua-t-il avec agacement.

- Je n'en crois pas un mot, je suis sûr que ta mère cache une montagne d'or dans les donjons du manoir Malfoy.

Draco afficha un large.

- Ne compte pas sur moi pour te le dire !

Harry lui donna un coup de coude dans les côtes. Draco ricana et le fit rouler au-dessus de lui en l'attrapant par les hanches. Les gouttelettes d'eau glissaient sur leurs visages.

- Tu sais que tu n'es pas obligé de rester sous la pluie, Potter. Ça veut être Auror et ce n'est même pas capable de lancer un sortilège imperméable !

- Ça me donne un sacré bon prétexte pour que tu sois obligé de me réchauffer, répliqua Harry dans un petit rire.

Draco grimaça.

- Tu crois que c'est le moment de me donner une érection ? Tu es vraiment le pire !

Harry se laisse d'avantage aller contre lui en se pressant entre ses cuisses avec la satisfaction de sentir son partenaire frémir.

- Sang de bourbe ! Jura Draco en se cachant les yeux.

Ses cheveux blonds étaient maintenant trempés puisque Harry ne lui avait pas laissé le temps de jeter un sortilège imperméable. Quand il l'embrassa sa peau était glacée et humide, mais la sensation n'était pas désagréable. Draco plaqua sa main sur la bouche d'Harry qui se trouvait toujours au-dessus de lui.

- J'entends quelqu'un qui s'approche !

Les deux hommes se penchèrent sur la gouttière pour apercevoir ce qui se déroulait trois étages plus bas. Un carrosse noir tiré par deux Sombrals venait d'apparaître, les sabots martelaient les pavés et leurs hennissements surnaturels brisaient le silence de la nuit. Harry releva légèrement la tête pour observer le visage concentré de son camarade de classe. Des mèches blondes humides étaient plaquées contre son front. Après avoir vécu tant de deuils, c'était peut être la première fois qu'il apercevait la vraie apparence de ces créatures et cette expérience était toujours éprouvante. Pourtant il ne laissait rien transparaître. Draco surprit son regard.

- Concentre-toi, Potter ! Ils entrent dans la boutique.

Une dame vêtue d'une grosse robe pourpre et un elfe de maison qui lui fournissait un parapluie magique pénétrèrent chez Barjow & Beurk.

- Vite, donne moi ta main, ordonna Draco, il faut transplaner avant que le bouclier ne se referme sur la porte.

Harry glissa ses doigts contre sa paume, l'instant d'après ils apparaissaient en catastrophe au milieu des étagères, dans un grand fracas. Ils se redressèrent en s'extirpant des objets qui avaient roulé au sol. La pièce était plongé dans l'obscurité.

- Merde, Draco, c'était super dangereux! On aurait pu tomber sur dix gaillards prêt à nous faire la peau !

Ce dernier écarta les mèches de son front et les replaça sur le dessus de son crâne.

- Tu me prends pour un débutant ? On est dans une annexe destinée aux objets sans importance. Je savais qu'il n'y aurait personne pour surveiller cette partie.

- Dis ça aux pauvres étagères que tu as sauvagement massacré !

Draco leva un sourcil.

- Tu devrais surtout me remercier d'avoir protégé ton cul grâce à ma génialitude !

Harry se frappa le front avec exaspération.

- Est ce que ta génialitude sait comment trouver ce qu'on est venu chercher ?

Draco se massa les tempes en faisant les cents pas.

- D'après ma mère, la vente à lieu ce soir. Barjow et Beurk doivent craindre que les Aurors débarquent à tout moment, je suis sûr qu'on entrera pas si facilement dans la salle aux enchères.

- Aucune chance qu'ils te laissent entrer avec ton tatouage super sexy ?

Draco poussa un soupir.

- Ça me fait pas rire. Tu sais qu'il y a de grande chance que je sois la personne qu'ils aient le plus envie de tuer entre nous deux. A leurs yeux je suis un traite à la cause.

- Je sais bien, je disais ça pour t'embêter. Qu'est ce que tu proposes ?

Il sembla hésiter.

- Ça ne va pas te plaire.

Harry croisa les bras d'un air déterminé.

- J'ai dis que je t'aiderais, quoi que tu décides.

- Ta dévotion est touchante, mais je n'ai pas envie de nous faire tuer, répondit-il la mâchoire serrée.

Draco poussa un soupir un peu tremblant, l'appréhension le rendait extrêmement nerveux. Ses plans n'avaient jamais vraiment fonctionné en sixième année, sûrement parce qu'il n'avait pas mis le cœur à l'ouvrage. Mais on ne pouvait pas dire qu'il avait l'habitude de prendre en main ce genre d'opération.

- Il va falloir voler la dague pendant la vente, quand ils seront sur le point de la présenter. Dés qu'ils la sortiront de la vitrine, elle sera vulnérable. On aura que quelques secondes pour la récupérer tout en créant une diversion pour s'échapper.

Pour un Harry en manque d'adrénaline, c'était loin d'être aussi effrayant que ça en avait l'air.

- Tu te charges de récupérer l'objet, je fais diversion ?

Il aimait autant attirer les gros bras vers lui plutôt que sur son camarade. Draco acquiesça, la gorge nouée.

- Il y aura sûrement des anciens partisans de Voldemort, des raffleurs et tout un tas de protections et de piège contre les voleurs. Sans compter les Aurors infiltrés qui auront la baguette facile et les molosse de Beurk qui font la ronde devant les portes...

Harry plaqua ses deux mains autour de ses joues et embrassa son front avec force.

- Ça va aller. Tu n'es plus le petit trouillard de première année.

- Hum... ça reste à prouver. J'ai surtout envie de vomir

Ils firent quelques mettre au milieu du brique à braque et descendirent un escalier dissimulé derrière une tapisserie poussiéreuse. Ils traversèrent un dédale de couloir et d'antichambre. Qui aurait pu croire qu'une véritable forteresse s'étendait sous la boutique. Heureusement que Draco connaissait bien les lieux, Harry n'était pas sur d'être capable de retrouver la sortie.

Draco ouvrit une trappe d'où se dégageait une odeur nauséabonde.

- Les égouts ? Sérieusement ? Ça m'étonne de toi.

Draco leva yeux au ciel.

- Tu me prends vraiment pour une de ces folles délicates qui prennent le thé avec ma mère.

Harry marmonna pour lui même.

- Tu es totalement une folle délicate.

Il s'arrêtèrent au bord d'un large canal qui s'enfonçait dans un tunnel de brique obscure. Draco frappa dans ses mains, le son provoqua un écho qui dura plusieurs secondes. Devant eux, l'eau verdâtre et opaque se mit à bouillonner. Une barque en forme de signe émergea en portant dans son bec une lanterne ouvragée.

Ils s'installèrent dans l'embarcation qui se mit en route immédiatement. Elle semblait connaître la route, Draco n'eut pas besoin de modifier sa trajectoire aux différents embranchement qu'ils rencontrèrent durant le parcours sous-terrain.

- On ne devrait pas tarder atteindre la salle des ventes.

- C'est beaucoup de mise en scène pour quelques objets magiques, commenta Harry en contemplant le signe ivoire qui filait sur le canal.

- Tu es bien placé pour savoir que certains objets magiques ont bien plus de valeurs et de pouvoir qu'ils en ont l'air. Avec tout ce que ces sales cracmoles ont volés dans mon manoir et dans les autres maisons de Sangs purs déchus, je peux te dire qu'il y a une véritable fortune...

Il n'eut pas le temps de terminer ses explications. Harry avait violemment appuyé ses deux mains sur sa tête pour l'obliger à s'aplatir au fond de la barque. Une autre embarcation, bien plus sommaire était en train de s'approcher d'eux, en son bord, deux sorciers patibulaires accompagné d'un molosse aux yeux jaune qui humait l'air en remuant la queue.

La distance parcourue entre les deux barques parut interminable, un silence de mort régnait dans le tunnel. Les deux hommes avaient du sentir qu'il se tramaient quelque chose, ils brandissaient leurs baguettes d'un air menaçant. Arrivé à la hauteur du signe en ivoire, ils ne virent personne. Harry et Draco avaient déjà pris la fuite.

Ils émergèrent la tête de l'eau quelques mètres plus loin.

- Qu'est ce qui t'as pris, Potter ? Gronda Draco, la mâchoire serrée.

- Je nous sauve la vie !

- Tu ne comprends pas, le danger ne vient pas des gardes mais plutôt de...

l'eau sombre se mit a remuer autour d'eux.

- Qu'est ce que c'est cette fois ? J'en ai franchement marre des tentacules ! Se plaignit Harry.

- C'est un piège.

Dans cette partie du tunnel il n'y avait pas de quai le long de la paroi à quoi se raccrocher. Ils se sentir happer vers le fond, dans un mouvement de panique, ils tachèrent ne nager pour fuir cette force magique qui les entraînait.

- Draco, ça ne sert à rien, on s'épuise trop vite...

La peur se lisait dans les yeux bleu de son compagnon. Harry tacha de le calmer sans céder lui même à la panique.

- Calme toi, tu dois essayer de transplanner. Moi je ne connais pas suffisamment les lieux

- Tu sais que c'est impossible dans une environnement intangible.

- J'ai déjà réussi.

- Je ne suis pas toi ! S'agaça Draco.

Leurs muscles étaient engourdis par la fatigue et la température de l'eau.

- Je ne peux pas, insista-t-il

Harry tacha de réfléchir à une autre option. Il pouvait les conduire à l'extérieur, à condition que les barrière de la boutique ne les grilles pas comme des moucherons sur un lampadaire. Mais cela signifiait également abandonner la mission et leur seule chance de retrouver cette maudite dague. Pour une raison ou une autre, il se remémora les épreuves pour atteindre la pierre philosophale. Hermione lui avais appris ce jours là qu'il faut parfois savoir prendre le problème par un autre angle.

- Laisse toi faire, le piège va t'entraîner sous l'eau, tu pourras transplanner quand tes pieds toucheront la sol.

Draco hocha gravement la tête, Harry se rapprocha de lui pour rester en contacte quand ils se feraient happer. Dés qu'ils arrêtèrent de se débattre l'eau les engloutirent.Harry comprit que son plan avait fonctionné au moment où l'eau nauséabonde disparut et qu'il se retrouva au beau milieu d'une salle aux enchères pleine de sorciers armé de baguettes.

- Mince, quand je te disais de transplanner ailleurs, je ne faisais pas forcément référence à l'endroit où tous les gardes se trouvent !

- J'ai pas vraiment eu le temps de réfléchir, rétorqua Draco les dents serrées

Les cris de surprise et les murmures régnaient aux alentours. La clientèle ne s'attendait probablement pas à voir apparaître deux créatures puantes et dégoulinantes au milieu de la vente. Harry et Draco faisaient tache en comparaison à tous ces invités vêtues de beaux costumes, de plumes et de perles scintillantes. L'homme sur l'estrade avait cessé de parler dans son micro et les regards était tournés vers eux. C'était une diversion efficace, c'est le moins que l'on puisse ! Mais cette attaque surprise aurait nécessité quelques petits repérages au préalable. La milice de Barjow et Beurke était en train de se frayer un chemin dans la foule incrédules qui les entouraient.

Ils disparurent à nouveau, Draco venait de les déplacer dans une pièce à proximité. Ils se trouvaient dans un amphithéâtre où s'alignaient des sièges en velours bordeaux devant une vaste scène et un pupitre.

- ouf !

- Ne soit pas trop rassuré, tu as vu leurs têtes ? Je leurs donne moins de cinq minutes pour nous retrouver.

Harry lui adressa un sourire, cette brève apparition lui avait donné une idée.

- Tu peux conjurer ton masque de Mangemort ?

Draco tourna la tête dans sa direction avec un air incrédule.

- Pardon ?

- Ton masque, répéta Harry.

Des bruits de pas se faisaient déjà entendre dans le couloir. Draco regarda vers la porte avec inquiétude et reporta son attention sur Harry. Son partenaire semblait fou mais il n'avait pas vraiment le temps de discuter. Il releva sa manche pour faire apparaître le crâne et le serpent que gigota avec satisfaction. Il passa lentement sa main à quelques centimètres de son visage. Le masque en métal se révéla au-dessus de ses doigts.

Même si c'était son idée, la vision de son compagnon recouvert de cette atrocité le heurta plus qu'il ne l'avait imaginé. Les mains de Draco tremblaient sur les accoudoirs du siège, il fallait que cette mascarade se termine rapidement. Ce masque était marqué par le sang et la souffrance, cela dit, il y avait quelque chose de jouissif à effrayer d'anciens partisans de Voldemort à l'aide de leurs propres instruments de terreur. Et puis ce n'était qu'un objet qui méritait qu'on le désacralise.

Harry toucha le masque, il fut rassuré de sentir le contacte du métal, l'objet avait une forme physique. Il l'arracha du visage de son propriétaire et le mit à son tour. Il le positionna et rabattit la capuche de sa cape sur sa tête. Il observa le visage de Draco à travers les fentes de métal. Ce dernier contractait la mâchoire en jetant des coups d'œil furtifs au fantôme de son père. Harry lui prit la main en la serrant fort, pour lui dire que tout allait bien se passer, que tout ça c'était derrière eux.

- Je vais attirer l'attention sur moi, tache de récupérer la dague. Où se trouve la salle des ventes ?

Draco pointa le plafond au-dessus d'eux, Harry hocha la tête et fit un décompte en pliant ses doigts...5...4...3...2...1...

- Bombarda

Le plancher déjà très abîmé céda sous la puissance du sortilège. Harry Transplana en se projetant un peu plus haut pour apparaître par l'ouverture. La foule d'acheteurs en tenue de soirée se dispersa en poussant des cris de panique. Barjow, un homme maigre au teint cireux, tomba à genoux, l'air épouvanté.

- C'est...C'est impossible, tous les Mangemorts sont à Azkaban... balbutia-t-il

Harry s'élança vers eux. Beurk, un gros bonhomme moustachu, lâcha la Dague qui reposait sur un petit coussin avec un cri aiguë pathétique. Cet imbécile l'avait sûrement sorti de la vitrine enchantée pour la mettre en lieu sûr. C'était bien la première fois qu'ils avaient de la veine ! L'arme tomba au sol dans un tintement. Du coin de l'œil, Harry vit Draco user d'un sortilège d'attraction pour la récupérer, caché derrière un rideau. Même si la milice s'étaient dispersées dans les couloirs à leurs recherche, certain hommes de mains s'étaient positionnés devant la scène en prévision à une nouvelle attaque. Les gros bras que les deux commerçants avaient engagé pour assurer la sécurité commençaient à réagir. Harry se retrouva vite encerclé par un groupe de sorciers fort peu sympathiques. Personne n'avait encore remarqué la présence du jeune Malfoy où la disparition de la Dague, trop occupé à surveiller le Mangemort qui mettait du grabuge dans la salle. Harry évita quelques sortilèges en cherchant son compagnon des yeux. Des étincelles rouges et vertes filaient autour de lui. Il s'étonna lui même du sang froid avec lequel il déviait les attaques et jetaient ses « Expelliarmus ».

Un sortilège de feu rebondit sur son bouclier magique et enflamma les tapisseries accrochées aux murs. Harry fut soulager qu'une grande partie des acheteurs aient pris la fuite, la situation était déjà suffisamment difficile sans que le chapeau à plumes d'une dame ne s'enflamme comme une allumette.

Draco lui fit signe qu'il était temps de prendre la fuite, il lui tendit la main pour qu'Harry le rejoigne et qu'ils transplane ensemble.

- Aguamenti, murmura Harry pour éteindre l'incendie qui avait commencé à gagner le tapis et les chaises.

Un filet d'eau s'échappa de sa baguette et étouffa les flammes. Le temps qu'il utilisa pour éteindre les dernières braises le mit en difficulté. Un homme charpenté comme un buffle l'envoya valser contre un mur. Son dos percuta les débris dans un bruit sourd. Sa tête se mit à bourdonner, il se redressa en sentant les battements de son cœur marteler ses tempes. Du sang coulait de sa narine gauche.

- Protego !

Il para un sortilège cuisant. Un autre.

- Stupefix

Cette fois le buffle s'effondra au sol comme un vieux sac de farine. Harry courut en direction de Draco, Ils transplanèrent au moment où leurs doigts entrèrent en contact.

L'atterrissage fut plus dur qu'à l'aller. Ils s'écrasèrent dans la pelouse, devant le portail de Poudlard.

Hors d'haleine, ils prirent quelques secondes pour reprendre leurs souffles. Draco tenait la dague de Mélusine fermement serré contre sa poitrine. Ils avaient réussi.