Rating : petite précision, j'ai utilisé des dialogues un peu vulgaire qui en mon sens n'ont rien de choquant, mais peuvent peut être déplaire. C'est assez cru mais ça ajoute une touche de réalisme que j'apprécie pas mal. Sur ce, bonne lecture ;)

La petite sirène.

Harry se sentait épié. Evidemment il était toujours facile de mettre cette impression sur le compte de la paranoïa, surtout à 3H du matin entre les bribes de souvenirs de la dernière fiole et le mal de tête lancinant. Le dortoir de Gryffondor était baigné dans la pénombre, le silence oppressant de la nuit était entrecoupé par la respiration régulières de ses camarades de chambrée.

Les craquements de plancher qui l'avaient tiré de son sommeil quelques secondes auparavant retentirent à nouveau. Harry plissa les yeux et fit un effort mentale surhumain pour essayer de discerner quelque chose dans cet environnement complètement floue. Il y avait quelqu'un. Il en avait la certitude. Et cette présence était pesante, il pouvait le sentir dans chaque pore de sa peau. Ses doigts remuèrent légèrement, c'est tout ce dont il était capable.

C'était pas malin de se prendre un shot de potion planante juste avant d'aller se coucher. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour faire taire les effets secondaires des souvenirs qui le tordaient de douleur. Résultat, il était à la merci de toutes les menaces existantes, même un moldu de 92 ans aurait pu se débarrasser de lui en pressant un oreiller sur son visage.

Les craquements se firent plus persistant. On se déplaçait autour de lui, en prenant soin de ne pas faire trop de bruit. Les gonds rouillés de sa malle grincèrent légèrement quand elle s'ouvrit. Harry serra les dents, c'est là qu'il avait rangé les deux dernières fioles restantes. Ce petit enfoiré de Malfoy n'aurait quand même pas osé s'introduire dans le dortoir de Gryffondor pour les reprendre !

C'était de bonne de guerre. Harry lui avait bien subtilisé le coffret en utilisant la baguette de son père quelques jours auparavant.

Mais il y avait plus grave. La dague de mélusine se trouvait également dans cette malle. Il se maudit intérieurement pour son manque de finesse. Après tout ce qu'il avait vu, les risques démesurés que Malfoy avait pris pour la récupérer, Harry avait été assez stupide pour l'enrouler dans un T-shirt sans prendre d'avantage de précaution. Ça la foutait mal pour quelqu'un qui prétendait être un futur Aurore. Vraiment très mal. Il prit une inspiration pour se calmer. Du peu qu'il en savait, l'intrus ne devait pas savoir qu'il était parfaitement éveillé. Il contracta sa mâchoire, Sa baguette était inaccessible sur sa table de chevet. Ses lèvres murmurèrent « Accio » alors que ses mains se serrait autour des draps. Il pouvait presque imaginer l'objet en bois remuer légèrement et glisser silencieusement vers lui. Mais rien ne se produisit. C'était difficile de ravaler sa frustration. C'était difficile de laisser les chose échapper à son contrôle. Encore.

Les bruits se firent plus discret, l'intrus avait du mettre la main sur ce qu'il était venu chercher. Son sang se glaça. Il entendit une respiration au-dessus de lui et le poids d'un corps qui se penchait sur son lit. Une voix chuchota, si prêt de son oreille.

- Tant que je respire, j'espère.

Les pas s'éloignèrent.

La potion planante mit plus de 4h à se dissiper. Harry se redressa difficilement, criblé de courbatures. Ses camarades de chambre commençaient à s'éveiller autour de lui.

- Ca va, vieux ? Tu ressembles à un cadavre ce matin, lança Ron depuis son lit à baldaquin.

Harry grogna en guise de réponse et fouilla sans sa malle pour évaluer les pertes. A sa grande surprise, la dague était toujours là, enroulée dans son T-shirt. Il la fourra dans sa sacoche, bien décidé de ne plus s'en séparer. Les fioles, quant à elles, avaient bien sur disparu. Une bataille était en train de se dérouler à son insu, entre son complice mystérieux qui lui laissait des miettes de pain et celui qui tentait de le laisser à l'écart. Restait à savoir dans quelle catégorie se trouvait Malfoy et la personne qui susurrait des mots doux incompréhensibles à son oreilles . Ce petit enfoiré ne s'était pas représenté en cours depuis leur altercation à l'infirmerie. Harry était toujours en colère, Malfoy ne lui facilitait pas la tache. C'était même difficile à croire que le Harry de la semaine dernière avait pu s'attacher à lui en si peut de temps. Il avait fallut quoi... une retenue et une escapade aquatique pour finir allonger dans les galets à se rouler des pelles ? Il ne supportait pas de se voir lui même complètement amoureux et attendrit comme une adolescente. Et puis quoi encore ? Il n'avait plus qu'a lui tenir la main dans les couloirs de l'école et porter son sac de cours ! Ça ferait surement marrer Ginny et les autres. Ron ne risquait pas de marrer par contre.

- Qu'est ce que c'est que ça ? demanda Seamus en décrochant un morceau de parchemin fixé par un gros clou à la colonne du lit de Harry.

- C'était pas là hier soir, commenta Ron en baillant.

Perdu dans ses pensées Harry n'avait même pas pensé a regarder autour de lui. Pourtant le message avait été mit en évidence.

- Qu'est ce que ça dit ? Ron s'empara du morceau de papier avant quand Seamus ait le temps de le déplier.

Ses yeux s'arrondirent comme deux soucoupes. Ron cola le message si prêt de son visage qu'il le frôlait de la pointe de son nez.

- C'est écrit « j'aime ton petit cul serré, rejoins moi à la tour d'astronomie »

Harry lui arracha le morceau de parchemin en rougissant.

- Ne lis pas ça a haute voix, bordel ! S'indigna-t'il.

Ron lui adressa un sourire moqueur.

- C'est juste une adresse, faut te détendre, mon vieux !

Harry se maudit intérieurement. Il était bien trop nerveux pour faire la part des choses. Evidemment que Malfoy ne lui avait pas laissé ce genre de message salace, qu'est ce qu'il allait imaginer, bon sang ! Plus rien ne tournait rond à Poudlard depuis qu'il se voyait prendre des douches avec Malfoy dans des souvenirs plutôt explicite.

Il poussa un soupir et jeta un coup d'oeil au morceau de parchemin.

28 allée du Boursouf duveteux. Pré-au-lard.

Aucune autre indication. C'était bien mystérieux et ça puait un peu trop les embrouilles à son goût. Mais au point où il en était, le moindre indices susceptible d'éclaircir la situation ne pouvait pas être écarter.

- Oh non, je connais ce regard, j'en ai marre de répondre aux profs et te trouver des excuses bidon alors tu viens en défense contre les forces du mal !

Ron lui donna son sac et le poussa vers la porte.

- Je dois vraiment y aller, se plaignit Harry.

- Tu veux réussir l'ASPIC ? Alors arrête de faire le con et suis moi, je commence à être à court d'excuses.

Harry maugréa dans sa barbe en se laissant trainer vers les escaliers magiques. Sur le trajet il leur fit le point sur ses découvertes, en omettant bien sur la partie sur Malfoy et les souvenirs en bouteille.

Quand ils pénétrèrent dans la salle de cours, l'atmosphère était studieuse, un peu trop même, quand on prenait en compte le configuration Gryffondor/Serpentard.

- Qu'est ce qu'il se passe ? Chuchota Harry

- Ils se concentrent sur l'exercice d'Occlumencie. Il ne faut pas trop s'éparpiller si tu veux réussir à contenir tes pensées, lui expliqua Hermione tout bas.

- Surtout que tout le monde pense à s'envoyer en l'air la plupart du temps, ajouta Ron, tout haut.

Il provoqua un vent de protestation parmi les élèves déconcentrés par sa remarque.

- Tu pouvais pas la fermer Weasley, à cause de toi on arrivera jamais à penser à autre chose, et personne n'a envie de voir les fantasmes pervers de Millicent, se plaignit Pansy.

- Je m'en fiche, je serais pas son binôme, répliqua Ron en haussant les épaules.

Seamus se cacha les yeux.

- T'abuses, c'était déjà dur avant que tu la ramènes !

- Tu peux éviter de dire que t'es déjà dur quand on essaye de se concentre sur tout sauf du sexe ? Râla Blaise.

- C'est pas ce que j'ai dis, Zabini, faut pas tout ramener à ta bite !

- Subtile, vraiment subtile... s'exaspéra Hermione.

- Arrêtez de parler de bite, s'indigna Pansy les dents serrées.

- C'est vrai ça, je suis pas pédé mais à cause de vous j'arrêtes pas de penser à Adrian en train de sa branler dans la salle de bain, exposa Goyle d'un air mortifié.

Adrian se leva d'un bon

- Je me branlais pas , s'exclama-t-il écarlate.

Blaise écrasa la paume de sa main sur son front.

- Merci Vincent, maintenant ABSOLUMENT toute la classe est en train de s'imaginer Adrian en train de se branler dans la salle de bain.

- Je me me branlais pas, insista Adrian d'un voix extrêmement embarrassée.

Même Ron grimaça.

- On est baisé.

Nouvelle vague de protestation parmi les élèves. Fauconnet choisit ce moment là pour pénétrer dans la salle de cours.

- Qu'est ce que c'est que ce vocabulaire, Monsieur Weasley ? Ça fera 10 points en moins pour Gryffondor.

Ron s'installa à sa table avec une mine boudeuse.

- Karmaaaa, chuchota Pansy.

Le professeur de défense contre les forces du mal poussa son bureau contre le mur du font d'un coup de baguette pour libérer un espace devant le tableau.

- Je vois à vos têtes que vous appréhendez beaucoup le cours d'aujourd'hui. Je vous rassure tout de suite, l'exercice portera sur les pensées superficielles, immédiates, les profondeurs de vos esprits sont en sécurité.

- Grace à Weasley, ça risque d'être problématique, râla Blaise.

Les autres élèves approuvèrent avec entrain. M. Fauconnet leva les mains pour réclamer le silence.

- Concentrez vous, jeunes gens. Je vais vous faire passer en binôme, ne vous inquiétez pas, je vous laisserez choisir votre partenaire.

On entendit frapper, Draco pénétra dans la salle de classe.

- Je suis désolé, Professeur j'étais à l'infirmerie, marmonna-t-il en regardant ses chaussures, il tendait dans sa main le mot d'excuse.

- Puisque vous êtes debout Malfoy nous allons commencez l'exercice avec vous, rejoignez moi devant le tableau.

Draco semblait sur le point de protester, mais il n'en fit rien. Il traversa la salle d'un pas hésitant.

- vous vous rappelez de la formule ?

Il hocha la tête en prenant soin de ne pas regarder ses camarades.

- Bien, il vous faut faut un partenaire.

Harry se leva brusquement comme si on avait posé un crabe de feu sur sa chaise.

- Moi ! Dit il bien haut pour être sur de se faire entendre.

En fait tout l'étage l'avait probablement entendu. Une vingtaine de paires yeux surpris se tournèrent vers lui. Il ne pouvait tout simplement pas rater l'occasion d'obtenir des révélations de la part de Malfoy. C'était beaucoup trop parfait pour laisser passer cette chance. Cet imbécile prétentieux ne pouvait pas refuser, Harry était de toute façon le seul volontaire. M. Fauconnet lui sourit.

- Merci Potter, vous pouvez vous approcher.

Harry s'avança. Et maintenant quoi ? Il fallait assumer le regard assassin de Malfoy.

- Bien, mettez vous face à face. Le plus simple pour débuter et de maintenir un contact physique constant entre vous. Cela permet de projeter plus facilement votre esprit.

A ces mots, il y eut quelques ricanements et des sifflements moqueurs. Blaise Zabini et les autres pouvaient se moquer d'eux à leurs guises, Harry était tellement déterminé à comprendre qu'il était prêt a se plaquer entière contre lui si nécessaire.

- Un peu de calme ! Malfoy, Potter, il vous faut vous concentrer. Dans un premier temps vous allez faire le vide dans vos esprits et laisser le silence vous pénétrer. Quand vous serez prêt, vous placerez vos mains l'une contre l'autre et commencerez l'exercice.

Ils se positionnèrent et leur yeux s'observèrent pour la première fois depuis une semaine.

Harry le trouvait encore plus fatigué que les fois précédentes, ses cheveux n'étaient même pas coiffés en arrière. L'épaisse couche de gel qu'il s'appliquait les rendaient habituellement solide et compact. Cette fois ci, ils tombaient sur son front en multitude de mèches folles et soyeuses. Ils avaient l'air doux, comme la fourrure d'un animal et sentaient probablement bon. Même si c'était surement étrange de penser ce genre de choses des cheveux de Malfoy.

De mémoire Harry n'avait jamais eu l'occasion de le regarder de cette manière, les petits coups d'oeil qu'il lui lançait depuis la table de Gryffondor entre deux tartines ne comptaient pas. Leur proximité était troublante et fascinante. Harry pouvait observer la rougeur de sa nuque se propager sur ses joues, le pli au coin de son nez souvent accentué par la haine, sa lèvre supérieur si étroite, le léger défaut sur son incisive gauche. Il s'amusa même à compter les plissures de son front provoqué par la concentration et la trace d'après-rasage oubliée à la base de ses tempes. Ses yeux trouvèrent également la minuscule cicatrice au coin de son menton et le grain de beauté presque invisible un tout petit peu plus haut. Sa pomme d'Adam tressauta quand il avala sa salive.

- Surtout ne vous quittez pas des yeux, levez les mains face à vous et dites la formule.

Harry plaqua la main contre celle de Draco sans attendre d'approbation de sa part. L'expression de son partenaire se fit plus douloureuse, comme si il venait de se bruler.

- Legimen, articula difficilement Draco pour en finir avec l'exercice.

C'était trop tôt. Leurs esprits se confrontèrent. Il était si troublé que Harry le domina immédiatement. C'était comme entrer dans une pensine mais les souvenirs jaillissaient tous à la fois en multitude de fragments confus et entremêlés. Harry ne savait pas ce qu'il cherchait, il pensa à Mélusine mais Malfoy mettait toute son énergie à bloquer cette partie de son esprit. Le mot tatouage s'imposa brusquement, c'était l'origine de tout, ce qui l'avait poussé à prendre des risques, à jouer avec la magie noire. Cette partie n'était pas protégée et Harry s'engouffra facilement dans la brèche.

Mais ce qu'il trouva n'était pas exactement ce qu'il était venu chercher.

Malfoy se trouvait à genoux dans la poussière, dans une salle sombre et lugubre. Deux hommes le tenait fermement par les épaules, l'un deux soulevait son bras immaculé vers une silhouette floue. Si Harry ne voyait pas ce qu'il supposait être Voldemort, c'était à cause des grosses larmes de Malfoy qui troublaient sa vision.

- Prête allégeance, ordonna cruellement la voix de Bellatrix.

Draco continuait de pleurer à chaudes larmes, il essaya de parler mais sa voix était entrecoupée de sanglots.

- Prête allégeance ou il tuera tes parents, lui murmura un des hommes qui le tenait.

- Si tu n'es pas sincère la douleur sera atroce, bien pire que tout ce que tu as imaginé, le menaça Bellatrix.

- Prête allégeance, insista l'autre homme.

Draco prit une inspiration tremblante.

- Je prête allégeance... au seigneur... des ténèbres... V...V...Voldemort.

Bellatrix le gifla.

- Tu appelles ça prêter allégeance ?

- Il suffit, qu'on me présente son bras, objecta sèchement Voldemort.

On traina Draco jusqu'à lui. Voldemort enfonça la pointe de sa baguette dans son avant bras. L'encre se diffusa dans ses veines qui noircirent à vue d'oeil et lui arracha des hurlements de douleur. Harry se sentit malade, c'était terrible à regarder. Ça dura si longtemps que ses cordes vocale s'enflammèrent. Il resta là, la bouche ouverte criant de désespoir un son qui ne voulait pas s'échapper. Harry perdit le contrôle.

Il se sentit expulser de la tête de Draco comme une vulgaire feuille dans une bourrasque de vent.

Il se rappela brusquement de la sensation désagréable d'une tierce personne en train de lire ses pensées en ouvrant aisément les tiroirs de son esprit . Draco ne cherchait rien en particulier, il se contentait de suivre le fil de ses idées. Harry pensa à ses cheveux qu'il avait envie de toucher, aux mèches blondes décoiffées et à la main toujours appuyée contre la sienne. À l'eau, au toit au-dessus de l'allée des embrumes. À la douche, à la bouche qui bougeait contre ses lèvres, à l'eau qui ruisselait et traçait un chemin le long de leurs mâchoires.

- Concentre toi, Potter, grogna Draco.

Harry essaya de penser à autre chose mais tout revenait à Draco. Il s'imagina traverser le faible espace qui les séparait et l'embrasser devant toute la classe. Empoigner sa tête, glisser ses doigts dans ses cheveux et respirer son odeur. Dans son fantasme les autres étudiants leurs jetaient des boulettes de papiers et criaient des insultes sans réussir à les atteindre. Les morceaux de gommes, les plumes et les bouts de parchemins rebondissaient sur leur robe de sorciers, tout comme les remarques homophobes ou les cris de stupeurs. Dans le chaos de la salle de classe Harry continuait de l'embrasser avec un petit sourire au lèvres. Draco, Surpris dans un premier temps finit par céder et serrer ses bras autour de sa nuque. C'était simple, et magique.

- Potter ! l'appela Draco d'une voix menaçante.

M. Fauconnet se racla la gorge.

- Ça suffit comme ça, vous pouvez relâchez votre emprise M. Malfoy.

Il s'exécuta immédiatement. La sensation disparu dans un souffle, Harry décolla ses paupières. Ils étaient tout les deux couverts de sueurs et haletant au milieu des autres étudiants perplexes.

- Bien, je dois dire que cette démonstration était plutôt impressionnante, les congratula le professeur Fauconnet. J'ai l'impression que vous vous êtes aventurés plus loin que nécessaire, je vous donne tout de même un E pour votre investissement dans l'exercice.

Malfoy, à bout de nerfs, retourna s'assoir sans échanger de regard avec Harry, la mine renfrognée. Harry remarqua alors quelque chose qui aurait du lui sauter aux yeux plus tôt. Sous la manche de Draco, la marque des ténèbres étaient de retour, bien à sa place. Pourtant il avait prétendu s'en être débarrassé, pourquoi ? Comment ?

- Merde Harry, c'était chaud... commenta Ron en sortant de la salle à la fin de l'heure.

- On a tous eu l'impression que vous alliez... commença Hermione mal à l'aise, sans oser finir sa phrase.

- Qu'on allait quoi ? Voulu-t-il savoir.

- ...Vous baiser sur place ! Compléta Ron pour elle.

- J'allais dire embrasser, protesta Hermione et le frappant sur la tête.

Harry s'arrêta net au milieu du couloir, il avait l'impression qu'on avait lesté des poids à ses jambes et ses bras. C'était facile de se laisser guider par ses fantasmes, c'était beaucoup moins évidant de faire face aux réactions de ses amis dans la réalité.

- A vrai dire...

- A vrai dire quoi ? S'affola Ron.

Harry déglutit, il n'aurait probablement pas d'autre occasion de l'aborder alors autant lâcher le morceau. Ron et Hermione avaient le droit de savoir.

- Il se pourrait bien que... comment vous dire ça sans que vous m'envoyer à l'infirmerie pour me faire ausculter... il se pourrait bien qu'on l'ai déjà fait juste avant mon amnésie.

- Vous embrasser ? Demanda Hermione, juste pour être sur.

- Vous baiser ? Demanda aussi Ron, juste pour être sur.

Harry fit un sourire qui ressemblait à une grimace.

- Les deux, Lacha-t-il timidement.

- Les deux ? S'étouffa Ron.

Hermione secoua la tête pour encaisser l'information.

- bordel de merde !

Si elle commençait à jurer c'est que ça allait vraiment mal.

- Tu m'étonnes que tu ne t'en souviennes pas, c'était probablement tellement horrible que ton cerveau a tout occulté.

Hermione écrasa les orteils de Ron avec le talon de sa chaussure pour le faire taire.

- Tu es sur que ça va, Harry, demanda-t-elle avec beaucoup de douceur pour une personne qui venait d'user de tant de violence.

- Pas vraiment non.

Il fut surpris d'entendre sa propre voix répondre avec autant de sincérité.

- Si ça va, se reprit-il. c'est juste... respire Ron... c'est juste que je viens de me rencontre compte que je suis probablement amoureux de lui.

Ron cessa de se masser le bout du pied et Hermione lui sauta au cou.

- Oh Harry je suis à la fois si triste et heureuse pour toi.

- Merde. Après Adrian Pucey qui se branle dans la salle de bain, je suis assailli par des images de Malfoy qui te suce la queue ! C'est vraiment la pire journée de ma vie ! Gémit Ron.


Le trio profita du Week end pour faire un tour à Pré-au-lard. Harry avait fini par tout leur raconter. Maintenant qu'il avait arrêter de se voiler la face, ce n'était plus la peine de jouer les cachotiers. Il fut rassurer de sentir le soutient unilatéral de ses deux meilleurs amis. Comment avait il pu en douter ? Même Ron avait commencé a lui exposer ses nombreuses théories a base de filtre d'amour et de reliques improbables.

- Désolé de te décevoir mais je ne suis toujours pas ensorcelé, avait répondu Harry pour la centième fois.

- Mais comment tu peux en être aussi sur ?

Harry fit une moue désapprobatrice.

- Tu veux vraiment je t'exposes les raisons, Ron ?

- Non merci, en fait ça ira.

Mais Harry décida d'ignorer son refus juste pour l'embêter.

- Si t'insistes, déjà sache qu'il est très différent une fois que tu as réussi à l'apprivoiser. Il a l'air renfrogné mais c'est sa manière à lui de se soucier des autres. Parfois ses vrais sourires atteignent ses yeux, c'est si rare que ces moments là me foutent en l'air. À chaque fois. Il a cette manière de balancer des punch line pour cacher ses émotions, et c'est hyper drôle quand il foire son timing parce que pendant une fraction de seconde tu peux voir l'embarras sur son visage et même un peu de panique. C'est juste avant de se reprendre et de lancer un regard méprisant. Mais tout ça tu peux l'oublier pendant le sexe. Perce qu'il est tellement émerveillé et surpris de ce qui est en train de se passer qu'il a l'air vulnérable, comme si je pouvais le briser avec trois fois rien. Et le pire c'est que c'est probablement vrai, il y a tellement de fissures dans sa carapace que je suis terrifié à l'idée de lui faire plus de mal que de bien.

Ron poussa un soupir.

- Mec...

Hermione posa la main sur son épaule avec tendresse.

- Ça devient un peu gênant, si on allait voir du cotés du Boursouf duveteux avant que je vous parles de la tache de naissance sur sa cuisse gauche.

- Tu viens juste de le faire, râla Ron.

Ils firent le trajet dans le silence. Le trio s'arrêta devant le numéro 28.

- c'est un musée.

- Bien vu, Ron, ironisa Harry en observant les lettres dorée qui annonçait « Musée de la tapisserie médiévale ».

- Allons faire un tour à l'intérieur, proposa Hermione.

Ils se faufilèrent entre les rubans rouges qui délimitaient la fil d'attente malgré l'absence de public. Ils longèrent un long couloir poussiéreux au papier peint décrépis. Un vieux comptoir en bois à la peinture écaillée faisait office de billetterie. Un homme de la trentaine avec un visage de musaraigne était occupé à lire un livre les pieds posés sur la caisse. Hermione se racla la gorge et il leva les yeux.

- v'voulez quoi ?

- Entrer ?

Il les dévisagea.

- Vous n'avez pas mieux à faire ?

Ron commençait à s'agacer.

- On est vraiment BEAUCOUP intéressé par les tapisseries médiévales, si vous aviez l'amabilité de nous vendre des billets.

L'homme haussa les épaules.

- 12 mornilles. C'est derrière que ça se passe.

Harry paya et suivit ses indications.

- Putain, 12 mornilles, quel salaud ! Explosa Ron.

- C'est pas cher payé quand on est vraiment BEAUCOUP intéressé par les tapisseries médiévales, se moqua Hermione.

- Très drôle. Je voulais voir si le message avait un sens.

Ils entrèrent dans une vaste salle à la décoration désuète qui sentait l'humidité. Les murs étaient recouverts des fameuses tapisseries abimées et moisies aux extrémités. Elles représentaient des mythes oubliés où des héros anonymes affrontaient des dragons tissés en fil doré.

- Ils ne respectent pas les règles de conservation, observa Hermione.

Ils en firent le tour sans grand intérêt.

- Oh regardez ça ! S'exclama Ron brusquement surexcité.

- Tu t'intéresses vraiment BEAUCOUP aux tapisseries médiévales, s'esclaffa Harry.

- Mais non, regardez... là... Mélusine.

La créature se tenait face à eux, sa grande queue de poisson s'enroulait jusqu'à l'extrémité de la tapisserie. Son visage gracieux était encadré par une cascade de cheveux scintillants. De sa main gauche elle brandissait un dague à la lame serpentine. Plus curieux encore, une bannière flottait au-dessus d'elle avec l'inscription « Dum spiro, spero »

Tant que je respire, j'espère.


La suite au prochain épisode.

On se retrouve rapide j'espère, n'hésitez pas laisser des commentaires pour motiver les auteurs , ça donne toujours la motivation d'écrire. Il suffit parfois de ce message un peu magique qui vous pousse à écrire deux pages à la vitesse de l'éclair :D