Ce chapitre est dédicacé à un certain petit renard qui m'a motivé à écrire tous les derniers chapitres et qui suit assidûment toutes mes bêtises :D

Blanche Neige

Le trio pénétra dans un café moldu à proximité de l'entrée du ministère. Les conversations couvraient le chuintement du percolateur à expresso alors que les serveuses, le plateau chargé de boissons surmontées de chantilly, se faufilaient entre les clients. Ils trouvèrent une table libre entourée de gros fauteuil confortable. Hermione se laissa tomber sur un gros coussin, elle avait l'air minuscule au milieu du siège moelleux qui l'engloutissait.

- Tu es sûr que tu as vu une deuxième personne où c'était ton imagination ?

Harry secoua la tête.

- J'ai ressenti la même chose que devant le miroir, il y forcément quelqu'un ou quelque chose qui s'amuse à jouer avec mes nerfs. Draco était vraiment bizarre.

- Ça explique aussi pourquoi il est parfois glacial avec toi, si cette chose est capable de prendre possession de lui.

Ron fit une moue dubitative.

- J'ai jamais entendu parler de possession, il n'y a que le sortilège d'Imperium qui peut obliger un sorcier à faire quelque chose contre son grès.

- Même pas les fantômes ? Demanda Harry avec une pointe de déception.

- C'est encore un truc de moldus ça, les fantômes ne font que nous passer à travers et c'est déjà suffisamment désagréable comme ça, merci bien.

- Oui mais il y a ce truc avec le tatouage qui disparaît et réapparaît. Tu ne crois pas que ça expliquerait son changement d'identité ?

- C'est surement un charme de dissimulation, tu sais très bien qu'il est impossible de se débarrasser de la marque des ténèbres, réfuta Ron.

Hermione était songeuse, elle remuait ses doigts sur les accoudoirs rappés. Elle avait ce genre de toc quand elle sollicitait toutes la matière grise de son cerveau.

- Je sais, dit-elle brusquement en les faisait sursauter.

Elle se pinça le menton.

- Ce genre de marque n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler un tatouage, n'est ce pas ! Il ne s'accroche pas seulement à la peau sinon il suffirait de se mutiler pour la détruire et on sait que Malfoy t'a montré qu'un coup de couteau ne l'affectait pas. Elle doit être lié à la magie du sorcier qui la porte, comme une sorte de serment inviolable. Imaginons cinq secondes que quelque chose est capable de prendre possession de son corps, ça paraîtrait logique que la marque réagisse différemment à une autre présence magique.

Ron fronça les sourcils.

- Mais vous délirez tous les deux, aucun sorcier n'est capable d'une telle prouesse. Le contrôle mental est une chose, mais là vous me parlez carrément d'une personne capable de rentrer à intérieurs de son corps ? Et là je ne fait pas référence à Harry. Malfoy n'est pas un costume que tu peux simplement enfilé. C'est totalement impossible.

Harry recracha un peu de café.

- Merci pour la métaphore filée, j'avais vraiment besoin de penser à m'enfiler Malfoy.

- Si tu te tapes un grosse gaule ici, je te jure, je me barre, le menaça le rouquin.

Hermione lui tendit une serviette pour qu'il nettoie le café qui avait coulé sur son jeans.

- On se concentre, les garçons ! Je suis d'accord avec toi, Ron, aucun sorcier n'est capable de faire ce genre de magie, mais moi je ne te parle pas d'un sorcier.

Ron était perplexe.

- Tu penses à quoi ? Je ne vois pas beaucoup de créature magique capable de ce genre de sortilèges.

- Je te rappel qu'on à un miroir maléfique en roue libre !

- Mais j'ai moi même était très exposé à ce miroir, fit remarquer Harry, et je n'ai pas senti quoi ce soit de similaire.

- Oui mais souviens toi qu'il a beaucoup plus de pouvoir qu'il en a l'air, à la fin de la première année il a matérialisé la pierre philosophale dans ta poche, ce n'est pas rien, lui rappela Hermione.

Harry avait un très mauvais pressentiment à propos de cette affaire, et malheureusement, il se trompait rarement. Il avait une partie qui lui échappait encore. Le miroir avait-il vraiment la capacité de s'introduire dans l'esprit de Malfoy au point de compromettre sa raison et d'écouter leur conversation ? Ça semblait difficile à croire.

- Attendez, ça me rappelle vaguement quelque chose. Intervint Ron, il y a un conte que Fred et Gorge me racontaient quand j'étais petit, il rendait la fin toujours plus terrifiante et ça m'empêchait parfois de dormir. Le seul problème c'est que je ne connais pas la version original. Mais écoutez ça, à la fin de l'histoire la méchante fée est enfermée dans le miroir par les enfants qui réussissent a tromper sa vigilance.

Harry se massa les tempes.

- Une méchante fée ? On pari combien qu'elle s'appelait mélusine.

- Je croyais que mélusine était une diversion de Malfoy pour te faire croire qu'il était une victime. Objecta Hermione.

- Franchement j'en sais rien, ça m'a l'air plutôt réelle quand je regarde mon bras.

Il remonta la manche de sa chemise pour exhiber les lettres gravées dans sa chaire. Il aurait pu les faire disparaître à l'aide d'un sortilège mais il n'arrivait pas a s'y résoudre. Les traces d'ongles désespérée, les sillons qui formaient les lettres ne ressemblait pas une mise en scène. On sentait de l'acharnement, du désespoir...

- J'ai l'impression de faire trois pas en avant et cinq en arrière. Ma tête va exploser si je continue à me torturer avec cette histoire, leur confia Harry, j'aimerai me focaliser à faire sortir Draco de sa cellule.

Hermione poussa un long soupir.

- On aura du mal à le défendre sans y voir clair dans cette histoire.

Harry prit une longue gorgée de café froid pour terminer son verre et se leva.

- J'ai besoin de prendre l'air.

Ron s'apprêtait à le suivre mais Hermione le retint du bout du bras.

Harry déambula dans les rues Londoniennes. Il avait plus appris sur lui même en deux misérables semaines qu'en 10 ans de son existence. Il avait tellement envie de croire les images dans les souvenirs qu'il complétait lui même les cases manquante en faveur de innocence de Malfoy et de leur amour réciproque. C'était pathétique.

Le jours disparaissaient entre les appartements de briques rouges quand il sentit la pointe d'une baguette dans sa nuque.

- Ne bouge pas, ordonna une voix féminine.

Harry se figea. La ruelle où il se trouvait était vide, ses pas l'avaient mené vers un cartier résidentiel beaucoup moins fréquenté. Au loin on entendait les sirènes et les aboiements d'un chien. Il pouvait apercevoir la fine barrière translucide anti-moldu autour de lui, son ravisseur ne voulait visiblement pas être dérangé.

- Tu es difficile à cerner Potter, je dois bien le reconnaître.

La pointe métallique de la baguette s'enfonça davantage dans sa peau. Harry leva les mains en signe de soumission et se retourna lentement. Il s'attendait presque à voir surgir la créature de la tapisserie, une magnifique femme aux cheveux dorés qui flottaient autour d'elle comme une auréole scintillante. Mais ce n'était que l'agent Nicols, furieuse.

- Tu te crois malin, mais tu n'es qu'un gamin qui joue avec le feu. Robards est si fière de dire à tout le monde que tu veux grossir nos rangs, apprends déjà à coopérer avec la police magique avant de prétendre au titre d'Auror.

Harry prit une inspiration pour garder son calme.

- Qu'est ce qu'il vous fait croire que je ne coopère pas avec la police ?

- Ne te moque pas de moi, je sais très bien que tu as pris mon apparence pour rendre une petite visite à Malfoy. Je devrais t'arrêter et te jeter dans une cellule.

- Pourtant vous ne m'avez pas encore transplané au ministère.

Elle plissa les yeux.

- Je sais que tu ne nous à pas tout dis dans le bureau de la directrice, et j'aimerai beaucoup savoir pourquoi tu prends autant de risque pour un mangemort qui a essayé mainte fois de te tuer et qui t'as jeté un sortilège d'oubliette.

Harry ne se laissa pas impressionner, il la défia du regard.

- En ce qui me concerne, j'ai plus de raisons de me méfier du ministère que des Malfoys.

Cette remarque la piqua au vif mais elle n'ajouta rien. Elle baissa sa baguette.

- Kingsley te protège au nom de l'ancienne armée de Dumbledore, mais tu devrais faire attention aux ennuis que tu t'attires, Potter, tu ne seras pas toujours intouchable.

- J'en ai pleinement conscience, mais j'ai l'intime conviction que Draco Malfoy n'es pas responsable de ces récents agissements.

- C'est le héros de guerre qui parle ou l'amoureux ?

Harry ouvrit le bouche pour exprimer sa surprise, mais ne voulut rien ajouter qui aurait pu le trahir d'avantage.

- Je m'en doutais, dit-elle en secouant la tête avec désapprobation. Tu ne seras jamais un bon Aurore si tu n'es pas capable de séparer ta vie sentimentale de tes investigations.

Harry lui fit un petit sourire, un peu amer.

- On dirait presque une formation.

Elle se radoucit un peu.

- Je t'aime bien Potter, contrairement à tes détracteurs, je pense que tes actions partent toujours d'un bon sentiment, quitte à te mettre dans un sacré pétrin. Se dresser contre le Magen Magot pour défendre les Mangemorts de la peine de mort c'était courageux. Mais tout ça... le polynectar, les cachotteries, j'aimerai comprendre ce que ça signifie.

Harry secoua la tête.

- Je suis désolé, je ne sais rien de plus.

- Il va bien falloir que tu me fasses confiance, je suis celle qui tient la vie de ton compagnon entre les mains. La presse ne pas tarder à s'intéresser à lui, je pense que Robards est pressé de le jeter en prison si il peut s'éviter la première page de la Gazette. Et je crois que tu sais très bien ce qu'il va se passer là bas. Tous les partisans qu'il a balancé lors du procès se feront une joie de lui planter une lame de rasoir dans la carotide.

Harry sentit de la sueur glisser au creux de son cou. Une boule se forma dans son estomac.

- C'est une menace ?

L'Agent Nicols était dure et froide, comme un bloc de marbre.

- Oui.

Harry avait la sensation de perdre pied. C'était comme se ramasser la face contre le sol.

- Tu as 4H h pour me faire un rapport complet de la situation et me dire ce qu'il s'est passé après le sortilège d'oubliette. Tu n'auras qu'a utiliser la poudre de cheminette en direction du bureau 444. Si je n'ai pas de nouvelle de toi d'ici là, j'envois joli cœur passer ses vacances dans un cachot pleins de détraqueurs.

Sur ces mots, elle transplana.


Ça devenait critique. Harry n'avait aucune foutu idée de la manière dont elle avait glané ces informations. Est ce qu'elle avait fait du mal à Draco pour qu'il lui parle d'eux ? Est ce qu'elle l'avait brisé. Et qu'est ce qu'il avait bien pu lui dire, leur relation se résumait à des faux souvenirs et des projections mentales, il ne s'était même jamais embrassé pour de vrai. Pas le temps de rattraper Ron et Hermione, Il transplana à son tour en direction du Portail de l'école.

Il courut tellement vite jusqu'au deuxième étage, la tête bourdonnante, l'angoisse nouant sa gorge, que le trajet passa en clin d'œil. Il devait trouver des arguments solides et des preuves. L'agent Nicols n'allait pas se contenter d'un conte pour enfant et des quelques suppositions bancales. Harry se trouva à nouveau devant la porte du couloir brûlé.

« tant que je respire, j'espère » dit il à la porte. Plus qu'un vulgaire mot de passe, il voulait croire ces mots. Les dires à haute voix lui donna du courage. La porte disparu, libérant le passage vers le miroir. Ses pas s'imprimèrent dans la cendre humide qui tapissait le sol, faisant craquer le plancher en mauvais état. Harry se positionna devant l'objet endormi. Sa surface ne reflétait qu'un Harry soucieux et épuisé. Il était beau, le héros idéalisé par Draco, avec toute ses cernes et ses incertitudes. Ses yeux lui renvoyaient son propre désespoir, sa solitude, sa faiblesse. A cet instant il se sentait si fragile. Prêt a céder à la moindre bourrasque de vent. Qu'est ce qu'il allait bien pouvoir trouver en quelques heures ? Les indices se mélangeaient sans prendre aucun sens. Il était noyé au milieu d'un problème insolvable.

Il s'assit en tailleur devant la glace, comme avant, quand il était enfant, le laissant venir à sa merci. Est ce que le miroir maléfique allait résister à l'envie de le persécuter, de lui montrer les images d'un fantasme qu'il n'atteindrait jamais ? À l'époque, le visage de ses parents avaient illuminé la salle, lui souriant, les yeux brillant d'un amour inconditionnel. Mais Harry avait onze ans, il n'était qu'un gosse, ses parents représentaient tout. Aussi bien son désir d'affection que les Dursley ne lui avait jamais donné, que sa quête d'identité. Cette image l'avait hanté pendant plusieurs jours jusqu'à ce que le professeur Dumbledore y mette fin. Mais aujourd'hui Harry savait qui il était, et il avait une famille. Qu'est ce que l'objet allait bien pouvoir lui montrer ?

Rien. l'image ne se brouilla pas. Harry continua de contempler son reflet. Étrange. Pourtant rien ne l'obsédait plus que de retrouver Draco. Pourquoi est ce qu'il ne le voyait pas dans le miroir ? Ça devait forcément être lui. Si il essayait de se concentrer très fort, il l'imaginait en train lui jeter des petits pois avec le dos de sa cuillère depuis la table de Serpentard, un sourire aux lèvres. Un vrai sourire. Un des rare qui atteignaient ses yeux.

Alors pourquoi ? « Rien » n'était pas une réponse acceptable.

Peut être qu'il n'espérait pas assez fort.

Tant que je respire, j'espère.

Peut être qu'il ne désirait pas assez fort.

Tant que je respire, j'espère.

Pourquoi ? Le miroir jouait avec lui.

Et puis il remarqua quelque chose qui le frappa. Il se mit à observer les traces de pas imprimés dans la cendre froide. Il y avait les siens, avec sa semelle de basket gauche légèrement rappé et moins visible. Ces traces faisaient deux allés-retours. Et puis il y avait ceux de Draco, légèrement plus grand avec le petit talon en cuir. Les plus récents partaient de la porte et recouvraient ceux de Harry jusqu'au miroir. Le plus étrange dans tout ça, c'est qu'il ne repartait pas dans l'autre sens. Le dernier pas était plus petit et ne formait que l'empreinte de l'avant de la chaussure. Comme si Draco s'était dressé sur la pointe des pieds s'apprêtant à... franchir la glace.

- Comment c'est possible ? Tu es toujours dans ta cellule, dit-il pour lui même en brisant le silence de la pièce.

Harry tendit le bras pour toucher la surface réfléchissante. Ses doigts s'enfoncèrent dans le miroir comme à travers le rideau d'une cascade. Dans son sac la dague de mélusine se mit à vibrer à nouveau. Tout faisait brusquement sens. Rien. C'était la réponse du miroir. Il ne pouvait pas lui montrer Draco si Draco se trouvait à l'intérieur de lui même. Harry prit une inspiration et pénétra dans le miroir.

De l'autre coté il faisait noir. Un noir opaque et dense que l'on pouvait presque toucher. Harry n'arrivait pas à avancer, une pression le poussait vers l'extérieur; Une force invisible ne voulait pas qu'il progresse à l'intérieur. La dague remua encore, déchirant une partie de son sac. Il se débarrassa de son sweat et l'enroula autour de l'objet récalcitrant. Au même moment, la lumière verte de la lame fit apparaître un chemin qui menait à un tunnel. Harry l'emprunta sans savoir où il allait. Il marcha. Encore et encore... et encore et encore. Le temps s'était arrêté. Perdu dans cette immensité, Harry n'avait plus la notion des distances, du haut, du bas, de la droite ou de la gauche.

- Draco ? Cria-t-il.

Sa voix raisonna à l'infini.

- Draco ?

C'était vains. Comment est ce qu'il allait le trouver là dedans ? A quoi ça rimait tout ça ? Il avait simplement envie de se reposer. C'était calme autour de lui. Ses paupières étaient lourde. Il se sentait flotter dans un océan paisible enveloppé dans le silence. Les longue pellicules de souvenir se déroulèrent autour de lui, elle venaient de toutes les directions, comme une immense toile d'araignée parcouru d'images en mouvement. En posant ses yeux dessus, Harry avait l'impression de revivre les moments narrer par la bande numérique.

Un petit garçon se tient devant un énorme gâteau d'anniversaire, ses amis rient à ses blagues alors qu'il se tient debout sur une chaise. Un vieille homme plonge la main dans une de ses poches et retrouve une vieille montre brisée, ses yeux se remplissent de larmes alors qu'il sert l'objet contre lui. Une jeune femme se jette du bord d'une falaise, un paire d'ailes lui poussent des omoplates, un bec et des serres apparaissent alors qu'elle virevolte entre les nuages. Un étudiant est assis sur le perron d'un vieil immeuble décrépi, il attend que la fille à la valise se retourne.

Des inconnus, de différentes époques, différentes timeline. Le miroir avait précieusement conservé leurs désirs, leurs visions, leurs espoirs. Harry se sentait happer par la pellicule, comme si elle tentait désespérément à le rendre témoins de toutes ces images, de lui raconter leurs histoires.

L'obscurité l'engloutissait et il n'avait pas la volonté de se débattre. Est ce que ça faisait des heures qu'il était là ? Des jours ? Des semaines ? Des minutes ? Difficile à dire. Autour de lui c'était calme. Et silencieux. Il s'endormi, bercé par la cinématique des rêves des autres.

Il y avait quelque chose qui pulsait contre lui, comme les battements de cœur d'un oisillon. Harry lutta contre le sommeil et déballa les pans de son sweat-shirt d'une main lourde. La dague brillante comme une lanterne s'éleva lentement au dessus de sa tête. Un faisceau vert pointa une direction dans l'obscurité. Mais il n'avait aucune raison de le suivre.

- C'est peut être la sortie ? Murmura une petite voix dans sa tête.

- Laisse moi, je veux dormir, la chassa Harry.

- Tu es sur ? moi je pense que tu devrais y faire un tour, juste pour voir.

- Va-t'en.

Harry ferma les yeux.

- On baisse facilement les bras, Potter ?

Cette fois c'était assez méprisant. Harry se sentit vraiment très agacé.

- La ferme Malfoy ! Hurla-t-il.

Ça lui remit brusquement les idées en place. Merde. Le faisceau était en train de s'amenuiser. Harry arracha la pellicule qui l'emprisonnait comme des lianes. La bande céda, et il se jeta à la poursuite de la lumière qui commençait à disparaître. C'était comme nager dans de la boue. Merde. Qu'elle heure était-il ? Peut être que c'était déjà trop tard ? Il pouvait aussi bien être resté là pendant une année entière, tout lui semblait embrouillé et distant.

Au loin une autre lueur verte apparut. Il se débattit comme un diable pour l'atteindre. Un corps flottait a quelques mètres. Harry tendit le bras pour essayer de s'approcher.

Il toucha le visage endormi de Draco. Dans ses bras étaient glissé un livre ancien « les contes de la fée Mélusine ». Le faisceau était relié à sa baguette, fermement tenue dans son poing.

- Petit malin ! Tu as ensorcelé la dague pour qu'elle me conduise à toi.

Harry le secoua doucement pour le réveiller. Draco resta parfaitement immobile et inconscient.

- Oh bon sang ne me dit pas que c'est encore un truc de conte.

Ça valait le coup d'essayer. Il avala sa salive avec un air embarrassé. C'était bien beau de jouer les chevaliers servant, mais là, c'était un peu trop réel à son goût. Même si ils s'étaient déjà embrassé en rêve ce n'était pas exactement pareille de se pencher pour de vrai et lui arracher un baiser dans son sommeil. Et si ce Draco là se réveillait et lui collait une gifle ? Il pressa ses lèvres contre celle de son camarade. Ce fut bref, mais Harry sentit qu'elles étaient froides et sèches. Il ressaya encore avec plus d'application en humidifiant ses lèvres.

- Je suis assez vexé que ça ne marche pas.

Il plaqua ses deux mains autour de son visage.

- Aide moi, j'ai besoin de toi, dit-t il d'un air désespéré, Draco, s'il te plait...

Au moment ou Harry appela son nom, Draco prit une grande inspiration comme si il venait de percer la surface d'un lac. Son torse se soulevait au rythme de ses gémissements pulmonaires. Dans ses yeux pale Harry pouvait y lire de la panique.

- Qu'est ce qu'il se passe ? Qu'est ce qu'il se passe ?

Il se dégagea brusquement.

- Ne t'approche pas de moi, gronda-t-il d'une voix enrouée.

Sa baguette était pointé dans la direction de Harry. Celui si leva les mains. Décidément, tout le monde le prenait pour un fou furieux.

- Tout va bien, je suis venu te chercher.

Draco ricana, un rire amer.

- Si tu savais le nombre de fois que je t'ai entendu me dire ça !

Visiblement il ne le croyait pas.

- Regarde, j'ai suivis les miettes de pains, se défendit Harry en lui montrant la blessure et les lettres qui formaient le mot Mélusine. Et c'était pas facile de te rejoindre, alors s'il te plait, sortons d'ici.

Ses yeux s'arrondir, le masque de la colère et du mépris glissa de son visage. Il ressemblait à un petit garçon à qui on venait de dire que Noël allait être fêtez six moi en avance cette année. Sans vraiment y croire. Il s'avança un peu et toucha la blessure de Harry du bout du doigt.

- Aie ! Se plaignit Harry en dégageant son bras. nous devons sortir d'ici, vient...

Il le tira par la manche et l'entraîna dans une direction au hasard.

- Ça ne sert à rien, Potter... cet endroit n'as pas de début ou de fin.

- J'ai bien réussi à te trouver, moi.

- C'était à cause du poignard... je l'ai ensorcelé pour...

- Oui oui, le coupa Harry, mais il n'y a pas que ça, j'ai entendu ta voix dans ma tête, tu sais cette horrible intonation méprisante.

Il fronça les sourcils.

- C'était surement ton imagination, je n'étais pas vraiment capable de te parler, tu sais.

Harry lui adressa un grand sourire.

- Je sais, je disais ça pour t'embêter. J'ai quand même l'impression que tu m'as guider jusque ici.

Il eut l'air brusquement gêné.

- C'est surement parce que je voulais que tu me retrouves... le miroir est sensible au souhait vraiment... vraiment persistant... je ne pouvais rien faire d'autre que d'espérer qu'on me retrouve alors...

- Draco. Tu n'as pas à avoir honte de quoi ce soit. J'étais aussi désespéré que toi à hurler ton nom, tu sais.

Dans un premier temps il ne dit rien.

- Depuis quand tu m'appelles pas mon prénom , Potter ? Il y avait un peu de moquerie mais Harry pouvait entendre la surprise dans sa voix.

C'était au tour d'Harry d'être confus.

- euh... depuis qu'on s'embrasse en utilisant la Legimencie ?

- Pardon ?

Harry s'arrêta de courir dans le noir et se retourna.

- Draco ?

- Potter ?

Draco était cramoisie, son visage rivalisait largement avec les horribles rideaux roses de Tante Pétunia. Harry se massa les tempes.

- Enlève moi un doute, quelle est la dernière chose dont tu te souviens ? Ne me dit pas qu'on t'a jeté un sort d'oubliette ?

- Non. Non pas du tout. C'est toi qui a subit un sortilège d'oubliette.

- Un sortilège que tu m'as jeté, tu veux dire.

Draco l'attrapa par les épaules.

- Non. Je n'aurais jamais fais une chose pareille. C'est le reflet qui a fait ça, quand il est sorti du miroir. Il avait mon apparence, je n'ai pas compris tout de suite pourquoi. Il est facile à reconnaître sa marque des ténèbres est du mauvais coté.

Les jambes de Harry était à deux doigts de céder sous son poids.

- Depuis combien de temps tu es coincé ici ?

- Ça doit faire quelques jours...Je t'ai vu entrer dans la salle, tu m'as dis que tu étais là pour m'aider et que tu voulais m'amener dans le bureau de Mcgonagall. Mo je ne voulais pas causer de problème à mes parents alors j'ai supplié au miroir de m'aider. Le reflet est sorti et t'as attaqué. Il a fait apparaître ta mère. c'était horrible, il y avait du sang partout. Quand tu t'es mis à réagir, Il t'a jeté un sortilège d'oubliette d'une puissance hallucinante, j'aurais été bien incapable de conjurer une tel magie. Tu étais au sol inconscient. C'est à ce moment là qu'il s'en est pris à moi. Il m'a dit qu'il serait une bien meilleur version de moi même, qu'il profiterai de ma vie au lieu de se morfondre devant une image qui n'existe pas. J'ai compris qu'il allait se débarrasser de moi, alors j'ai jeté un sortilège sur la dague pour qu'elle te trouve toujours, un traqueur Mangemort, et qu'elle te conduise jusqu'à moi. Juste avant de disparaître dans l'espace sans teint, j'ai gravé les mots dans ton bras, pour te reconnaître. Je savais que le miroir était capable de générer des images de toi.

Harry était abasourdi.

- Tu es un putain de génie.

- Euh ? Merci ?

- Je me suis fait complètement avoir, je pensais que tu avais trouvé le moyen de te débarrasser de la marque, je n'ai jamais pensé à regarder de l'autre coté. Le reflet m'a complètement trompé.

- Je t'aurais bien dit que tu es un crétin, mais il a dupliqué mes souvenirs, ma personnalité et mes aspirations. Il me connait probablement mieux que moi même.

- Ça explique beaucoup de chose.

Draco se racla la gorge.

- Et donc... juste pour savoir... on peut revenir sur le passage ou tu m'embrassais avec la Legimencie.

Harry sua à grosse goûte.

- Ça devient gênant.

- Je viens de vider mon sac et de t'avouer que j'avais mis un traqueur pour que tu me retrouves, je vois pas ce qui pourrait être pire.

- Ah... alors à ce propos, tu réagirais comment si je te disais que le miroir m'a fait revivre tout ce que tu as vu à travers lui pendant ces derniers mois ?

Draco se décomposa, son visage devint livide.

- J'irais me pendre sous le saule cogneur.

- Hum... donc la quête du poignard tout ça... c'était vraiment ton rêve ?

- Je lis beaucoup de roman, d'accord ! S'offusqua Draco.

- … Et quand tu m'as entraîné dans la douche et jeté sauvagement contre la paroi et...

Draco plaqua ses deux mains sur sa bouche.

- La ferme. Je sais très ce que tu vas dire et j'ai déjà l'intention d'en finir avec ma vie.

Harry éclata de rire et glissa sa langue sur la paume de sa main.

- Merlin, Potter ! Ce n'es pas le moment de jouer, je te rappelle qu'on est coincé.

Il libéra Harry qui continuait de rire.

- Pourquoi est ce qu'il a fait ça, se questionna Draco, pourquoi est ce qu'il essayerait de te faire croire que...

- ...Que tu en pinces secrètement pour moi ?

Draco se résigna et secoua la tête avec mécontentement. Harry parut songeur.

- Si il a dupliqué tes souvenirs, ta personnalité, tes désirs, peut être qu'il a finit par croire qu'il était toi ? Peut être qu'il était sincère quand il m'a dit qu'il ne savait pas quoi faire quand il m'a jeté son sortilège. Peut être que vous partagez les mêmes sentiments.

- C'est... possible.

- La présence malfaisante c'était toi ?

- Pardon ?

- Je sentais toujours le regard de quelque chose sur moi, j'ai même eu l'impression que tu étais venu dans ma chambre pour me murmurer des choses. Tu devais te sentir complètement abandonné ici et appeler au secours.

Draco poussa un soupir.

- Ce n'est pas les meilleurs vacances de ma vie.

- Je suis tellement désolé... et dire que j'ai faillis croire qu'il était toi.

- Tout le monde se serrait fait avoir. J'imagine qu'il cachait sa marque inversée.

Draco contracta la mâchoire.

- Qu'est ce qu'il s'est passé entre vous ?

- Oh... pas grand chose pour tout dire.

- Potter.

ça sonnait comme une menace.

- Je te le dirais si on arrive à sortir d'ici.

Draco regarda autour de lui.

- C'est en partie une question de volonté, si j'ai réussi a t'atteindre alors que j'étais endormi ici, à deux on devrait pourvoir y arriver. Il faut espérer. Sans l'ombre d'un doute.

Harry lui tendit les mains. Après quelques secondes d'hésitation, Draco les serra doucement. La situation était loin d'être idéale, pourtant Harry se sentait soulagé. Parmi le brouillard il avait au moins une certitude, Il savait qu'il tenait le vrai Draco. Il se laissa guider par son envie viscérale de le sortir de sa prison. Il ferma les yeux, en espérant de toutes ses forces y arriver. Le sol se déroba sous leurs pieds, ils chutaient dans des abysses interminables. Draco fermait les yeux et serrait les dents. Harry n'entendait pas ce qu'il murmurait mais il avait l'air concentré malgré l'urgence de la situation. Il en fit de même. Au moment ou il cessa de regarder autour de lui son corps se stabilisa et la sensation de chute disparue.

Quand il souleva les paupières ils étaient revenu dans la salle brûlée. La lumière des torches magiques leurs fit plisser les yeux. Draco lâcha son livre qui atterrit au sol avec un bruit sourd. Il se laissa tomber sur le plancher, épuisé, vidé.

- J'ai cru que je ne sortirai jamais de ce miroir.

Harry s'agenouilla à ses cotés, la cendre collait à ses vêtements. Ils entendirent un fracas de verre brisé derrière eux. Quand ils observèrent le miroir le reflet avait repris sa place. On y voyait une version fidèle de la réalité. Quelque chose clochait au niveau de son regard étrangement fixe et effrayant.

- Il n'a pas l'air contente d'être de retour, fit remarquer Harry.

- Allons nous en...

Draco le traîna par le bras, ils traversèrent l'ouverture vers le couloir brulé. Quand il jeta un dernier coup d'œil en direction du miroir avant de franchir le seuil, Harry fut presque sur de voir le reflet pousser un hurlement de rage.


- Ils ont vraiment détruis le miroir ? Demanda Ron d'un air incrédule, je croyais que Dumbledore lui même n'avait pas réussi à neutraliser sa magie.

Le trio marchait d'un pas rapide vers le ministère de la magie. Harry haussa les épaules.

- C'est la version officielle, mais ça ne m'étonnerai pas qu'il réapparaisse dans quelques temps au département des mystères. En tout cas ce n'est plus mon problème.

- Quelle histoire quand même. C'est un coup dur pour Mcgonagall, ça va encore ternir l'image de Poudlard. Commenta Hermione.

Harry haussa les épaules.

- A condition que le public l'apprenne. Kingsley va tout faire pour étouffer l'affaire.

- J'imagine que les Malfoy ne porteront pas plainte, il ne doivent pas vouloir que tout le monde sache qu'une version maléfique – plus maléfique que d'habitude- de leurs fils s'en est pris au sauveur du monde Sorcier ! Ça va encore finir en accusation de Mangemort tout ça !

Ron avait raison, il valait mieux pour tout monde que cette affaire ne s'ébruite pas trop. D'un commun accord, l'agent Nicols avait "oublié" dans son rapport de parler du polynectar et Harry n'avait pas fait mention de leur rencontre dans la ruelle. À condition bien sur qu'elle ne s'approche plus des Malfoy. En retournant dans la cellule de ce dernier, quelques jours auparavant, elle avait eut la mauvaise surprise de trouver une pièce vide à l'exception d'un monticule de morceaux ce bouts verres fracassés au sol. L'affaire semblait belle et bien réglée. Draco avait accepté de subir un interrogatoire sous Veritaserum pour le laver de toute nouvelle accusation et calmer le bureau des Aurores qui n'était pas très enclin à abandonner les charges qui pesaient contre lui. Harry avait lourdement insisté pour assister à cet interrogatoire mais son statut de héros de guerre n'avait pas suffit à se soustraire à la procédure.

Il ne s'était ni revu, ni parlé depuis que Mcgonagall les avaient cueillit sur le chemin de son bureau alors qu'il venait tout juste de sortir du miroir. Harry avait passé les deux semaines suivantes à s'inquiéter et à patienter.

- Je suis fière de toi, mon pote, j'ai bien cru que tu allais retourner au ministère à dos d'Hyppogriffe, épée à la main, mais tu as tenu bon, le félicita Ron avec un tape dans le dos.

Hermione fit quelques pas pour se mettre à leur hauteur.

- Tu es sûr que lui tomber dessus à la sortie du tribunal est une bonne idée ? Sa mère sera là.

- J'avais juste l'intention de me cacher dans un coin et de balancer des sortilèges en cas d'émeute anti Mangemort. Un interrogatoire sous veritaserum est une expérience suffisamment éprouvante en soit, sans subir les insultes et les agressions de la foule à la sortie.

Ron approuva.

- Crois moi, ils seront là. Ces types se planquaient chez eux pendant la guerre et maintenant ils viennent avec leurs fourches et leurs torches magiques ! Quelle bande de lâche !

Hermione fit une moue boudeuse.

- D'accord, mais pas d'imprudence, on se contente d'éteindre les départs de feux et de faire des boucliers.

Harry se dissimula sous sa capuche, ses amis l'imitèrent.

- Oui, tu peux me faire confiance !

La grande horloge indiquait 18H37, l'heure de pointe. Des milliers de sorciers et sorcières circulaient comme des bataillons de fourmis dans les couloirs du grand hall. Harry avait réussi à obtenir l'heure de l'interrogatoire à force de tanner le professeur Mcgonagall. Harry soupçonnait le bureau des Aurores d'avoir volontairement choisi cet horaire pour qu'il soit de nouveau exposé à la foule au moment de sa sortie.

Ils patientèrent une petite demi heure avant de voir de l'agitation sur les marches du tribunal. Une escorte de quatre agents en uniforme fit sont apparition, conduisant Draco à l'extérieur. Un groupe de protestataire se forma rapidement au pied de l'escalier en marbre avec des banderoles. Ils ne pouvaient pas être là par hasard, on les avaient prévenu.

- J'y vais. Prévint Harry en transplanant.

- Attends Harry... tenta Hermione.

Mais celui ci était déjà sur les marches.

- Salutation messieurs !

Les aurores mirent quelques secondes à reconnaître Harry avec son sweat à capuche.

- Potter, dirent ils froidement.

Draco était en retrait avec sa mère et son avocat, trop occupé à progresser dans la foule qui les chahutaient pour remarquer sa présence.

- Puis-je connaître le statut de l'accuser après son audition, demanda Harry avec une extrême politesse.

Les hommes se jetèrent des regards entendu. Ils savaient pour eux. Quoi que Malfoy ait révélé pendant son interrogatoire, il n'en avait rien à foutre.

- Libre de toute charge. Dit l'un deux avec amertume.

- Merci bien.

Harry abaissa sa capuche et se faufila dans la foule compacte, des gens hurlaient « Mangemort » « Assassin » « Qu'on le pende ».

Une caméra volante et un micro à papote flottaient prêt du visage de Draco. Harry se glissa dans le champ de la caméra au moment ou celle ci prenait un plan large de la scène. Il choisit un moment parfaitement opportun pour le serrer dans ses bras.

Draco, d'abord surpris, mit un peu de temps à lui rendre son étreinte pendant que l'avocat et la police magique repoussaient les individus avec les pancartes.

« c'est Potter ? » « Il a perdu la tête »

Même si c'était de la mise en scène Harry profita de chaque seconde dans ses bras avec un frémissement de satisfaction. Draco avait enfouie sa tête dans le creux de son épaule. Quand il fut certain que la caméra ait bien enregistré leur accolade virile et pas si innocente que ça, il salua Narcissa Malfoy qui semblait avoir avalé quelque chose de travers et transplana à nouveau.

Plus loin Hermione croisa les bras avec mécontentement.

- Qu'est ce qu'il avait dit déjà ? J'ai juste l'intention de me cacher dans un coin et faire des boucliers ?

- Et tu l'as cru ? Explosa Ron.


Un peu plus loin, sur les toits de briques rouges, Harry et Draco firent un atterrissage en catastrophe.

- Qu'est ce qu'il t'as pris, Potter, tu vas retourner l'opinion publique contre toi si tu commences à jouer à ce genre de petit jeu, s'offusqua Draco.

- Depuis quand ma bonne réputation est au cœur de tes préoccupations ? Elle est loin l'époque où tu envoyais des parchemins humides sur mon pantalon pour faire croire aux autres que je m'étais pissé dessus !

Draco ricana.

- Ça c'était vraiment hilarant !

- T'as vraiment un humour de merde.

Le pied de Draco glissa sur une tuile fragile, il se cramponna à l'échelle de sécurité en métal fixé à la cheminée.

- Doucement, ne part pas sans moi, vers ici c'est stable, l'invita Harry en lui tendant la main.

- Sérieusement, Potter ? tu n'avais pas un endroit encore plus dangereux ? Se plaignit-il en acceptant son aide.

Harry lui afficha un sourire malicieux.

- Je croyais que tu aimais les toits. Ça t'avais plutôt inspiré quand on cherchait la dague dans ton rêve.

La lumière de la fin d'après midi se reflétait sur les tuiles. Un champs de fils électriques et de cheminées s'étendaient à perte de vue. Au loin on apercevait big ben et le parlement.

- Je dois reconnaître que c'est plutôt joli.

Il y avait une lueur douce dans ses yeux, et l'esquisse d'un petit sourire. Un vrai. Harry tira sur son bras pour qu'il s'assoit à ses cotés. Il se laissa guider. Il ne protesta pas non plus quand Harry le saisit par le menton pour qu'il tourne la tête.

- Tu voulais savoir quoi déjà, à propos de la Legimencie ? Lui demanda Harry.

Il rit.

- Je crois que j'ai manqué un cours crucial !

- Je confirme, mais ne t'en fais pas, j'ai pris des notes !

Sur ses mots il l'embrassa doucement. La legimencie c'était pas mal mais il n'y aucune comparaison valable avec la réalité. Il y avait plus de salive, de respirations chaotiques et de mordillage de lèvres dans la réalité. Il ne s'était jamais douté qu'un jours il finirait assis sur toit à rouler des pelles au roi des emmerdeurs en personne. Le vrai Draco était moins aventureux et assuré que celui de ses fantasmes. Ses mains étaient moites et tremblantes et il ne savait visiblement pas quoi faire d'elles. Harry retrouvait cette fragilité désarmante qu'il avait aperçu dans le terrier du lapin blanc, mais cette fois, il savait qu'il ne risquait pas de le briser. Le fil qui avait recousu ses blessures était solide.


Fin

Merci beaucoup d'avoir lu cette histoire et d'avoir souffert avec moi au fil des chapitres :D je me suis bien amusé à l'écrire et la partager avec vous.

j'hésite à faire un petit bonus, on verra bien.

see you soon