Disclaimer : The Big Bang Theory est l'oeuvre de Chuck Lorre et de Bill Prady.
Résumé : Le premier cheveu blanc, c'est une marque du temps. Un fantasme, c'est intemporel.
Note de l'auteur : Ceci est une réponse à la foire aux prompts de Bibliothèque de Fictions, une foire mise en place pour occuper les auteurs pendant le confinement. Dans les commentaires, les gens proposaient des prompts et on pouvait piocher dedans. J'ai choisi le prompt : Fantasme et écrire sur une sitcom.
Fantasme et cheveu blanc
Quand Leonard entendit le cri de Penny venant de la salle de bain, après un sursaut initial, il bondit de suite sur ses pieds, se précipitant dans la pièce. Il trouva sa femme encore en pyjama, une brosse à cheveux tombée à ses pieds mais surtout, elle se fixait dans le miroir avec des larmes qui perlaient au coin des yeux. S'il avait du mal à comprendre la situation, il était soulagé de voir qu'elle n'était pas blessée. Mais Penny qui pleurait, ça n'était pas normal. Oh, Penny pleurait souvent! De joie, d'émotion mais la voir aussi secouée au point d'en avoir les yeux brillants et luttant contre ses pleurs, c'était bien plus rare.
- Penny ? Dit-il en l'enlaçant de suite. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je deviens vieille ! Gémit-elle
Il haussa un sourcil, étonné.
- Vieille ? Penny, tu es aussi parfaite que le jour où on s'est rencontrés !
Elle finit par réellement laisser libre cours à sa tristesse. Il ne pouvait que la serrer contre lui en lui frottant gentiment le dos.
- Penny, qu'est-ce qu'il y a ? Tenta-t-il
- J'ai... J'ai un cheveu blanc ! Hoqueta-t-elle
Il l'observa un instant, figé, avant de se mettre à rire, un rire franc mais dénué de malice.
- C'est très sérieux, Leonard ! S'indigna-t-elle. J'ai un cheveu blanc ! J'ai cru... J'ai cru que c'était un reste de peinture...
L'avant-veille, Penny s'était rendue chez Howard et Bernadette pour les aider avec des travaux de peinture. Bernadette avait accepté que la cave de leur maison devienne une garçonnière pour Howard. Il avait fait tellement d'efforts pour elle, pour leur famille par la suite ! Elle s'était rendue compte qu'il avait fait beaucoup de sacrifices pour elle : débarrasser sa chambre de ses goodies, s'entendre avec son père... Il avait exprimé l'envie d'avoir un petit coin à lui, où il pourrait recevoir ses amis sans la gêner et, une fois Halley et Neal plus grands, l'endroit pourrait facilement devenir une salle de jeux. En fait, Bernadette s'était sentie coupable, elle avait eu cette impression d'avoir été une espèce de tyran domestique alors qu'elle était tombée sur le carton contenant les vieilles figurines de son mari. Oui, certaines choses avaient dû changer pour que cela puisse fonctionner en harmonie mais n'en avait-elle pas trop demandé ? Bien sûr, dès qu'il l'avait su, Howard l'avait consolée, en lui disant combien il l'aimait, combien elle embellissait sa vie. Elle avait donc validé l'idée d'un genre de batcave pour son mari au cœur de grand enfant et avait appelé Penny pour les aider. Malgré sa bonne volonté, en raison de sa taille, même sur un escabeau, elle n'atteignait pas le plafond. Penny était rentrée chez elle, épuisée, mais contente d'avoir rendu service. Elle avait filé à la douche et s'était endormie comme une masse sur le canapé pendant le film qu'elle regardait avec Leonard.
Et ce matin, au sortir de la douche, elle avait constaté que le fil blanc dans les cheveux qu'elle avait, ça n'était pas un ersatz de peinture récalcitrante. C'était un vrai cheveu blanc, une marque du passage du temps sur elle, le premier d'une longue série.
- Penny... Peu importe ta couleur de cheveux, la jeunesse est un état d'esprit ! Expliqua Leonard
- Dis ça à ma future moi de quatre-vingt ans ! Ironisa sa femme
- Je suis sérieux, Penny. Tu pourrais être complètement grise ou blanche, tu resterais à mes yeux la plus belle femme du monde.
- Tu ne diras pas ça quand je serai blanche comme neige...
- Non, je dirai que j'ai épousé Daenerys Targaryen.
Elle eut un petit rire nerveux.
- Leonard... Dit-elle après quelques instant, ayant réussi à se calmer. Quand je serai vieille et ridée... Tu m'aimeras toujours ? Tu me trouveras toujours belle ?
Il lui embrassa tendrement le front.
- Je vais t'avouer quelque chose. J'ai eu le coup de foudre pour toi dès que nous nous sommes vus pour la première fois. Et depuis, tu incarnes chacun de mes fantasmes. Catwoman, Batgirl, Margaery Tyrell, leurs traits s'effacent pour te laisser apparaître dans leurs costumes. Tu es ma reine d'Amour et de Beauté, l'incarnation de ce qu'il y a de plus beau sur cette Terre. Et même âgée, tu resteras mon idéal de femme.
- Oh Leonard... Même si je m'habillais avec un sac poubelle ?
- Tu rendrais le sac poubelle tendance et sexy.
Elle se détendit complètement.
- Tu sais toujours quoi me dire pour me réconforter. Et tu sais quoi ? Tu es mon fantasme idéal. Parce qu'il n'y a rien de plus excitant pour une femme d'être aussi profondément aimée par un autre être humain.
Le soir même, ils recevaient pour le sacro-saint repas chinois.
- Penny, as-tu remarqué qu'un de tes cheveux avait entamé un changement de pigmentation ? Lança Sheldon
- Quoi ? S'écria Bernadette. Penny, tu as un cheveu blanc ?
- Oui ! Sourit-elle fièrement en prenant la main de son mari. Je me transforme en Mère des Dragons pour mon merveilleux Khal Leonard.
Leonard avait raison. Peu importait l'apparence tant qu'ils étaient le fantasme l'un de l'autre, unis par leur amour.
FIN
