J'ai vraiment bien aimé écrire ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Et merci pour les reviews, c'est super encourageant! (lol! je comprends les auteurs qui font du chantage genre pas de reviews, pas de chapitres!lol! ) normalement les 11 premiers chapitres (c'est-à-dire la première année) devraient arriver vite.

Bonne lecture!


Chapitre VI: La décision du Choixpeau magique

Kécile descendit du train à la suite de Ron et Harry sur un quai étroit où s'amassaient les élèves. Au dessus du flot bruyant, Kécile aperçut une lampe qui éclairait un homme immense à la tête hirsute, l'allure un peu menaçante à contre jour. Il lança d'une voix forte qui domina la foule " Les premières années, par ici. Suivez moi. Ça va Harry? Les première année sont tous là? Allez, suivez-moi. Et faites attention où vous mettez les pieds. En route!"

" C'est lui Hagrid? souffla Ron

-Oui, répondit Harry.

- On dirait un demi géant! Tu as vu sa taille!

- Je ne sais pas... c'est vrai qu'il est impressionnant, mais il est très gentil. Vraiment."

"M'oui, enfin... pensa Kécile, on va quand même éviter de se le mettre à dos..."

Ils s'enfonçaient dans une forêt obscure par un étroit chemin inégal, et Kécile commençait à se demander s'ils attendaient qu'il y en ait un qui se torde une cheville pour arriver, lorsque Hagrid, lança: " Vous allez bientôt apercevoir Poudlard. Après le prochain tournant."

Elle ne put retenir un murmure de stupéfaction qui se joignit à l'étonnement général, en découvrant l'immense château aux tours crénelées et pointues, désordonnées et majestueuses. L'imposante bâtisse dominait un lac d'un noir profond où ielle se reflétait, étincelante de lumière.

Ils montèrent dans des barques qui traversèrent silencieusement l'étendue d'eau avant d'atteindre la falaise du château où ils traversèrent un rideau de lierre et suivirent un tunnel menant probablement sous le château jusqu'à une crique sombre où ils débarquèrent tant bien que mal.

Quelques minutes plus tard, ils remontaient à l'air libre sur une immense pelouse, face au château qui les dominait de toute sa taille, et grimpèrent un escalier monumental jusqu'à la gigantesque porte en chêne massif.

Lorsque Hagrid frappa trois coups de son énorme poing, les portes s'ouvrirent toutes seules. Une femme grande, aux cheveux serrés dans un chignon strict et au visage sévère se tenait dans l'encadrement.

" Professeur McGonagall, voici les élèves de première année, annonça Hagrid

- Merci, Hagrid, répondit la sorcière. Je m'en occupe."

Le groupe d'élèves entra dans un hall immense, faisant face à un escalier de marbre qui montait aux étages. Mais le Professeur les conduisit dans une petite salle qui devait être attenante à celle où se passerait la répartition, car on entendait la rumeur ininterrompue des voix des élèves patientant de l'autre côté d'une porte. Face à la foule silencieuse et un peu anxieuse, le professeur McGanagall leur fit un discours de bienvenue.

" Bienvenue à Poudlard. Le banquet de début d'année va bientôt commencer mais avant que vous preniez place dans la Grande Salle, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Cette répartition constitue une cérémonie très importante. Vous devez en effet savoir que tout au long de votre séjour à l'école, votre maison sera pour vous comme une seconde famille. (Kécile reteint à peine un reniflement dubitatif. Elle n'avait jamais considéré avoir une famille, à moins que Voldemort et les mangemorts puissent être considérés comme tel, et doutait franchement en trouver une ici, alors qu'elle allait devoir être en permanence sur le qui-vive...) Vous y suivrez les mêmes cours, vous dormirez dans le même dortoir et vous passerez votre temps libre dans la même salle commune. Les maisons sont au nombre de quatre. Elles ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle, et Serpentard. Chaque maison a sa propre histoire, sa propre noblesse et chacune d'elles a formé des sorciers et des sorcières de premier plan. (Si elle entend par là qu'elles se valent toutes, ce n'est pas l'avis de tout le monde...) Pendant votre année à Poudlard, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison, mais chaque fois que vous enfreindrez les règles communes, votre maison perdra des points. A la fin de l'année scolaire, la maison qui aura obtenu le plus de points gagnera la coupe des Quatre Maisons, ce qui constitue un très grand honneur. J'espère que chacun et chacune d'entre vous aura à coeur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. La Cérémonie de la Répartition aura lieu dans quelques minutes en présence de tous les élèves de l'école. Je vous conseille de profiter du temps qui vous reste avant le début de cette cérémonie pour soigner votre tenue. Je reviendrais vous chercher lorsque tout sera prêt. Attendez-moi en silence."

Mais dès que la porte se fut refermée sur le professeur, un murmure parcourut tous les élèves se demandant comment ils allaient être répartis. Kécile entendit Ron parler de tests, et rit en douce. Ce qu'ils pouvaient être crédules! Tous semblaient plus ou moins anxieux, voir même terrifiés. Elle songea néanmoins qu'elle était bien contente qu'ils n'aient pas à passer de test, car elle aurait eu peur que les professeurs découvrent l'étendue de ses capacités, qui auraient semblées suspectes...

L'inquiétude des élèves fut soudain distraite par l'apparition de deux fantômes, discutant on ne peut plus sérieusement, mais le professeur McGonagall revint quasiment au même instant pour conduire les nouveaux élèves en rangs.

Kécile observa autour d'elle avec attention. La Grande Salle était absolument magnifique, et elle cligna des yeux face à la lumière presque éblouissante des milliers de chandelles suspendues en l'air et des grandes torches au feu joyeux, après la semi pénombre du Hall et et de la petite salle. Le ciel... non, le plafond devait être magique, songea Kécile qui avait cru un instant à une salle à ciel ouverte. Ils longeaient quatre immenses tables où étaient assis tous les autres élèves de Poudlard, répartis par leur maisons, avant d'atteindre une estrade au parquet brillant où se tenait une cinquième table faisant face aux autres, autour de laquelle attendaient les professeurs, qui regardaient les nouveaux attentivement.

Le professeur McGonagall installa un tabouret sur l'estrade sur lequel elle posa un vieux chapeau miteux et rapiécé.

" C'est ça, le chapeau de la répartition?! Et ben! On dirait plus tôt qu'il est bon pour la poubelle..."

Il y eut quelques instants de silence total, avant que le chapeau ne remût enfin. Par une déchirure près du bord, il se mit à chanter:

Je ne suis pas d'une beauté suprême (C'est le moins qu'on puisse en dire)

Mais faut pas s'fier à ce qu'on voit

Je veux bien me manger moi-même

Si vous trouvez plus malin que moi.

Les hauts-d'forme, les chapeaux splendides

Font pâl'figure auprès de moi

Car à Poudlard, quand je décide,

Chacun se soumet à mon choix (Vraiment, même le Directeur?)

Rien ne m'échapp'rien ne m'arrête (on va bien voir...)

Le Choixpeau a toujours raison

Mettez-moi donc sur votre tête

Pour connaître votre maison.

Si vous allez à Gryffondor

Vous rejoindrez les courageux,

Les Hardis et les plus forts

Sont rassemblés en ce haut lieu. (Dans ce cas, pas de risque!)

Si à Poufsouffle vous allez,

Comme eux vous s'rez juste et loyal (M'oui, tout le monde serait pas de cet avis...)

Ceux de Poufsouffle aiment travailler

Et leur patience est proverbiale. (Voilà qui me conviendrait en revanche...)

Si vous êtes sages et réfléchi

Serdaigle vous accueillera peut-être

Là-bas, ce sont des érudits

Qui ont envie de tout connaître. (Très peu pour moi!)

Vous finirez à Serpentard

Si vous êtes plutôt malin, (Pas spécialement...)

Car ceux-là sont de vrais roublards (Merci!!)

Qui parviennent toujours à leurs fins. (Ah bon?...)

Sur ta tête pose-moi un instant

Et n'aie pas peur, reste serein

Tu seras entre de bonnes mains

Car je suis un chapeau pensant!( justement, c'est ce qui m'inquiète!)

" Eh bien! pensa Kécile, voilà qui n'est pas très concluant. Je ne suis ni courageuse, ni avide de connaissances, ni roublarde... quant à juste et loyal, je pourrais peut-être l'être si je n'étais pas fille de Voldemort. Patiente, oui. Mais père est très patient... ça dépend surtout pour quoi... Kécile! Arrête de te torturer l'esprit! Tu es l'Héritière de Serpentard! Va pas chercher midi à quatorze heures!"

Les applaudissements s'interrompirent lorsque le professeur McGonagall s'avança vers les élèves, tenant un long rouleau de parchemin devant elle.

" Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret. Je commence: Abbot, Hannah"

Kécile tourna son regard vers la table des professeurs. Entre autres remarquables, elle vit Hagrid, assis à un bout de la table et qui prenait à lui seul la place de presque trois personnes, un minuscule professeur qui devait être assis sur un siège rehaussé, mais dont malgré cela seule la tête dépassait, Severus, fidèle à lui même, posant un regard neutre et implacable sur les nouveaux garnements qui allaient hanter ses prochains jours, et une femme grande et sèche aux allures de faucon. Au milieu de la table trônait un homme qui semblait ne plus avoir d'âge, et observait ses nouveaux élèves d'un oeil attentif à travers des lunettes en demi-lune avec un regard... était-ce cela qu'on pouvait appeler bienveillant?

" Gaunt, Kécile" Kécile sursauta et détacha un instant ses yeux du directeur pour s'avancer vers le choixpeau. Mais le mouvement du directeur ne lui échappa pas. En entendant son nom, il s'était redressé et son attention avait redoublé. Leurs regards se croisèrent. Kécile frissonna. Il la fixait, toute trace de bienveillance disparue, et semblait plutôt la jauger. Elle avait la sensation d'être un livre ouvert sous ce regard perçant. Elle baissa la tête, cherchant à oublier ce regard qui avait failli l'arrêter. Avait-il deviné? Pourquoi cette attention? Non, ce n'était pas possible. S'il savait, il ne l'aurait jamais laissé franchir le seuil de Poudlard! Remplie d'appréhension, Kécile s'assit sur le tabouret et sentit le choixpeau être posé sur sa tête. Aussitôt, une voix résonna à l'intérieur, ou bien murmurait-elle à son oreille...

" Oh!! Un cas vraiment particulier... Tu es la fille du Seigneur des Ténèbres, n'est ce pas? Je vois aussi que tu es héritière de Serpentard. Cette maison te tend les bras. Mais serait-ce te rendre service que de t'y envoyer? Je me le demande... Je vois en toi la peur, la solitude et la souffrance. Tu rêverais d'être quelqu'un d'autre... je me trompe? Non, évidement pas. Il y a un pouvoir en toi qui ne demande qu'à briller, et Serpentard l'enterrerait définitivement... Non, décidément cette maison ne te convient pas.

- Mais, je...

- Je vais donc t'envoyer à ... GRYFFONDOR"

Pendant que cette maison applaudissait, Kécile, sous le choc, restait assise sur le tabouret. Elle ne vit pas le haussement de sourcils de deux personnes de la table des professeurs et le regard rapide mais étonné qu'ils échangèrent. Le professeur McGonagall dut lui tapoter l'épaule pour qu'elle se lève et se dirige comme un somnambule vers ses nouveaux camarades. Elle se laissa tomber sur son banc et fixa le choixpeau d'un air incrédule. Elle releva la tête vers le directeur. A cet instant, elle aurait juré que Dumbledore venait de lui adresser un sourire bienveillant.

Elle remarqua à peine lorsque Hermione Granger vint s'assoire en face d'elle, la mine rayonnante. Elle tourna son regard vers Rogue. Il la fixait, le visage impénétrable. Allait-il prévenir Voldemort de ce qui venait de se passer. Probablement. De toute manière, celui-ci finirait par le savoir. Elle eut une bouffée de panique. Qu'allait dire le Seigneur des Ténèbres en apprenant que sa fille avait été envoyée à Gryffondor, la maison de Dumbledore?!

- Malefoy, Drago.

Kécile se força à reporter son attention sur Drago qui s'avança d'un pas conquérant vers le tabouret. Le choixpeau lui avait à peine frôlé la tête qu'il clama SERPENTARD, et Drago rejoignit la table, un sourire satisfait aux lèvres.

Pourquoi n'avait-elle pas été envoyée à Serpentard? Elle y aurait été probablement plus à sa place qu'ici, parmi les enfants de mangemorts, son identité protégée par le respect et la crainte qu'inspirait le nom de Voldemort.

- Potter, Harry!

Le garçon brun sortit d'un pas malhabile du rang, sous les regards et les murmures de toute la salle.

-Elle a bien dit Potter?

- Le Harry Potter?

Lorsque le choixpeau fut posé sur sa tête, toute la salle se fit silencieuse. Kécile vit Dumbledore aussi attentif que pour elle, presque anxieux? Le choixpeau semblait hésiter. Il mit un certain temps, et Kécile voyait le visage anxieux de Harry, attendant le verdict.

- GRYFFONDOR!

La table de Kécile se leva en un rugissement d'applaudissements et Potter se dirigea vers eux, l'air presque aussi effaré que Kécile, réagissant à peine aux claques dans le dos, et aux serrements de mains. Les gryffondors semblaient ravis d'avoir le Survivant avec eux. Serdaigle et Poufsouffle applaudissaient aussi, mais la table des Serpentard lançait surtout des regards glacés, voire haineux au nouveau gryffondor. Harry s'était assis au côté de Kécile et tous deux regardèrent au même moment Dumbledore qui sourit au garçon et leva son gobelet d'or étincelant avec un petit geste en direction de Harry. Kécile, interloquée, le vit boire à la santé du Survivant. Et bien! On pouvait bien appeler cela un honneur!

Lorsque les applaudissements se furent calmés et tous les Gryffondor rassis, le professeur MacGonagall continua son appel avec un regard glacial pour les derniers bavards. Ron fut parmi les derniers élèves à être réparti, et envoyé à Gryffondor sans hésitation. La cérémonie de la répartition terminée, le directeur se leva et embrassa la salle d'un regard réjoui et serein. Pour la première fois depuis son arrivée entre les murs de Poudlard, Kécile se calma. Rien ici ne semblait pouvoir arriver.

"Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots. Les voici: Nigaud! Gras-double! Bizarre! Pinçon! Je vous remercie!"

"Euh, c'est quoi cette plaisanterie? Tout le monde à l'air de trouver ça normal?!"

- Il est un peu fou, non? demanda Harry à un élève sur la poitrine duquel brillait l'insigne de préfet, probablement un Weasley, vu ses cheveux roux flamboyants.

- Fou? C'est un génie! Le plus grand sorcier du monde! Mais c'est vrai, il est un peu fou. Tu veux des pommes de terre?

Kécile détourna son regard du directeur en entendant la fin de la réponse et vit que la table s'était couverte de mets apparemment tous plus délicieux les uns que les autres. Cependant, pour quelque raison que ce soit, Kécile mangea peu. Elle regardait d'un air absent Ron engouffrer une quantité impressionnante de nourriture. Elle entendit vaguement un fantôme s'entretenir avec les deux garçons et jeta un vague coup d'oeil à la démonstration du dénommé Sir Nicholas de Mimsy avec sa tête mal tranchée. Il y a avait longtemps qu'elle avait abandonné son assiette lorsqu'elle se vida à l'instar de toute la table pour apparaître propre et laisser place aux desserts qui avaient surgi de nul part.

Les élèves autour d'elle avaient commencé à parler de leurs familles. Le garçon qui courrait toujours après son crapaud raconta comment sa famille avait longtemps attendu le moindre signe de magie en lui jusqu'au jour où on l'avait lâché par mégarde d'un étage au-dessus d'une fenêtre. Kécile nota que le garçon parlait de sa grand-mère et de son grand-oncle mais pas de ses parents. Lorsqu'il eut fini son récit, elle demanda brusquement, en le fixant d'un regard qui le mit mal-à-l'aise.

- Tu as dit que tu t'appelais?...

- Neville.

-Neville comment?

-Neville Longdubat.

Il se trémoussa un instant sous le regard intense de Kécile.

"Ainsi, c'est lui le fils des Longdubat? Je me serais attendue à une personnalité plus marquante. Ses parents étaient tous de même des sorciers de premier rang... On dirait qu'il a peur que j'en parle... Pas de risque! Neville, je ne tiens pas à étaler la cruauté des Lestranges... cette femme est folle, et je la déteste! ...Décidément, j'en reviens toujours à cette même conclusion..."

- Et toi, Kécile?

- Pardon?! Sursauta-t-elle.

- C'est quoi ton nom au fait.

- Kécile Gaunt.

- Tu as des frères ou des soeurs?

- Non.

- Tes parents sont sorciers.

- Oui, du moins je suppose... "Elle voyait mal son père aimer une femme qui ne soit pas sorcière... d'ailleurs, elle s'était toujours demandée comment son père avait pu aimer qui que ce soit, c'était un grand mystère pour elle.

- Comment ça tu suppose?! Tu es orpheline?

- Non, enfin, oui de mère. Mon père est sorcier " et comment!" mais je ne sais pas pour ma mère.

- Ton père ne t'en a jamais parlé, demanda avec curiosité Seamus.

- Mon père ne parle pas de ce genre de choses, répliqua sèchement Kécile.

-Excuse-moi.

-Peu importe, de toute manière, je ne suis pas la seule à être orpheline ou tout comme... dit-elle en regardant Neville. Alors, qu'importe...

Kécile avait jeté un froid parmi les première année de Gryffondor, mais cela semblait être le cadet de ses soucis. elle s'était plongée dans une intense réflexion, et n'entendit pas Ron souffler à Harry " elle est vraiment bizarre comme fille!"

Kécile était très préoccupée. Deux choses la chiffonnaient. Deux choses qui ne s'étaient vraiment pas passées comme prévu. Tout d'abord, Dumbledore. Kécile savait que Voldemort détestait ce sorcier, et en avait peur. Kécile s'était donc attendue à un sorcier du genre de Grindelwald, faisant concurrence en force et en pouvoir à son père. Or, elle avait devant elle un vieillard débonnaire et jovial qui riait à grand éclat à la plaisanterie de son voisin... jusqu'où cette image était-elle vraie? se demandait-elle. Elle n'oubliait pas l'impression d'être transpercée par ces yeux inquisiteurs qui l'avait fait frissonner... Kécile repensa aussi à ce qu'elle avait entendu au sein des mangemorts "l'amoureux des moldus"... Elle tourna un instant son regard vers la sang de bourbe qui faisait étalage de son savoir, qu'elle avait appris Merlin sait où! Elle songeait qu'elle allait devoir faire très attention à ce qu'elle disait. Et il était préférable de se tenir à l'écart du directeur et de chercher discrètement à en savoir plus à son sujet. Cet air bienveillant ne lui disait rien qui vaille...

En parlant, de bienveillance, cela n'allait probablement pas être la réaction de Voldemort, lorsqu'il apprendrait dans quelle maison sa fille avait été envoyée. Elle n'avait reçu aucune menace de ce point de vue là, mais il fallait supposer que son père avait considéré son envoi à Serpentard comme une évidence... Kécile frissonna. La punition allait être redoutable, au retour à Noël...

Kécile sortit de sa réflexion, alertée par le soudain silence de la salle au moment ou les desserts venaient de disparaître. Dumbledore s'était levé et s'adressa à ses élèves.

- Maintenant que nous avons rassasiés notre appétit et étanché notre soif, je voudrais dire encore quelques mots en ce qui concerne le règlement intérieur de l'école. Les première année doivent savoir qu'il est interdit à tous les élèves sans exception de pénétrer dans la forêt qui entoure le collège. Certains de nos élèves les plus anciens feraient bien de s'en souvenir. Mr Rusard, le concierge m'a également demandé de vous rappeler qu'il est interdit de faire des tours de magie dans les couloirs entre les cours. (Dis donc, ça sert à quoi les sorts anti-détection?) La sélection des joueurs de Quidditch se fera au cours de la deuxième semaine. (Le quidditch?... ah! oui! j'ai du lire quelque chose à ce sujet dans un journal... On y joue dans une école! C'est quoi cette histoire! On n'est pas là pour apprendre à faire des singeries sur un balai!...)... avec Madame Bibine. Enfin, je dois vous avertir que cette année, l'accès au couloir du deuxième étage de l'aile droite est formellement interdite, à moins que vous teniez absolument à mourir dans d'atroces souffrances.

En entendant le commentaire du grand frère Weasley, Kécile eut un sourire en coin. "Tiens, tiens, on dirait bien que voilà une information qui semble intéressante. Je suis sûre que père appréciera d'être au courant, si Severus ne l'a pas déjà fait. J'irai le voir ce soir, et lui en parlerait..."

- Et maintenant, avant d'aller nous coucher, chantons tous ensemble l'hymne du collège! Annonça Dumbledore, faisant prendre une tête de six pieds de long à certains professeurs.

- Chacun chantera sur son air préféré. Allons-y.

Éberluée, Kécile entendit tous les élèves, y compris les première année autour d'elle, se mettre à hurler un texte complètement farfelu dans une cacophonie assourdissante, devant un Dumbledore radieux qui battait une soi-disante mesure avec sa baguette et applaudit avec enthousiasme lorsque les deux jumeaux Weasley eurent enfin terminé leur ridicule marche funèbre des études.

- Ah, la musique, s'exclama-t-il en s'essuyant les yeux. Elle est plus magique que tout ce que nous pourrions jamais faire dans cette école. Et maintenant, au lit. Allez, tout le monde dehors.

Kécile ne suivit pas le mouvement. La bouche grande ouverte, elle continuait à fixer le directeur sans pouvoir réagir. Puis, se rendant compte qu'elle se retrouvait dans les derniers à quitter la salle, elle ferma la bouche brutalement et secoua la tête en disant à voix haute:

"C'est quoi ce délire! Il est complètement cinglé! Ma parole, poursuivit-elle en s'éloignant, je suis tombée dans un asile de fous!"

Elle n'entendit pas Dumbledore pouffer, ni le professeur Mac Gonagall pousser une exclamation indignée.

" Ne vous inquiétez pas, Minerva! La réaction de cette charmante enfant ne me surprend guère! Je voulais justement vous dire deux mots à son sujet. Surveillez-la étroitement, et rapportez-moi tout ce qui peut vous paraître étrange ou simplement important à me dire. Et prenez Harry Potter entre quatre yeux pour le mettre en garde contre cette jeune fille. Veillez à ce qu'ils ne se rapprochent sous aucun prétexte.

- Mais... pourquoi.

- Il est bien trop tôt pour vous le dire, ma chère Minerva. Faîtes moi simplement confiance."

Arrivée dans le hall, Kécile se souvint qu'elle devait parler à Severus. Elle attendit dans le hall, et un rapide regard entre le professeur et l'élève lui indiqua de le suivre. Elle marcha à sa suite dans des couloirs sinistres qui semblaient mener aux cachots, et pénétra derrière lui dans son bureau, une pièce sombre et confinée, autour de laquelle étaient exposée une collection de créatures visqueuses et répugnantes en bocaux. Un feu de bois, seule source lumineuse, éclairait ce spectacle d'une lueur fantasque.

Aussitôt la porte refermée, Kécile s'effondra sur le fauteuil en face du bureau de son nouveau professeur et lui fit signe de s'asseoir. Severus reteint un geste d'impatience et une remarque acerbe devant cette attitude, mais préféra en prendre son parti plutôt que d'éveiller un quelconque soupçon, et obéit.

- Severus, qu'est-ce que cela signifie?! Pourquoi ais-je été envoyé à Gryffondor, et non à Serpentard? Son regard était désemparé.

- Ma foi je n'en sais rien, Princesse.

- Kécile.

- Pardon.

- C'est incroyable! Ça n'a aucun sens! Je n'ai absolument pas ma place dans cette maison! " Si vous allez à Gryffondor, vous rejoindrez les courageux. Les hardis et les plus forts sont rassemblez en ce haut lieu." Je ne suis ni hardie, ni courageuse! Sans parler du fait que cela va rudement me compliquer la tache... Je vais devoir être constamment sur mes gardes pour ne pas me faire découvrir... Elle semblait tout d'un coup très lasse.

- J'ai l'impression que le professeur Dumbledore se doute de quelque chose

Severus se tendit.

- Que voulez-vous dire?

- Il m'a regardé d'une manière vraiment... bizarre au moment de la répartition. Bien que le bizarre soit probablement normal chez cet homme... Il est complètement détraqué!

- Ne vous fiez pas aux apparences, Kécile. Il sait aussi être un vieillard autoritaire, dans son genre, parfois aussi terrifiant que votre père.

Kécile eut une moue dubitative.

- Maintenant, si vous le souhaitez, j'essaierai de l'interroger discrètement à votre sujet.

- Débrouillez-vous, mais il ne faut pas que D. se doute de quelque chose. Je vais déjà avoir un mal fou à passer inaperçue auprès des Gryffondors, et si je n'y parvenais pas... Ce serait la catastrophe...

- Si je puis me permettre, Kécile, commencez par observer le comportement de vos congénères, puis imitez les. Évitez de parler ou de vous dévoiler dans les premiers temps... Néanmoins, je puis déjà vous donner quelques conseils. Bannissez de votre vocabulaire des termes tels que sang-de-bourbe, ou hybrides. Les gryffondors sont par tradition très... comment dire... égalitaires.

- Egalitaires! C'est-à-dire?

- C'est-à-dire qu'ils considèrent qu'un sang-de-bourbe, disons un né moldu, vaut autant qu'un sorcier sang pur, ou bien que les moldus valent autant que les sorciers.

Kécile ricana.

- Voilà du nouveau! Il y en a qui ne doutent de rien!

- Il faudra que vous soyez très prudente, et surtout ne rien laisser paraître de vos véritables opinions.

- Je vois. Quelles autres genres d'inepties sont en vogue chez les gryffondors?

- Oh! Il y en a un certain nombre! Cependant, sachez que le Seigneur des ténèbres y est détesté et les mangemorts haïs.

- Formidable.

- De plus, restez vigilante. N'oubliez jamais que Harry Potter sera avec vous. En attendant les ordres de votre père, je vous suggère de sympathiser avec lui.

- Les ordres de mon père... Severus, comment croyez-vous que mon père va réagir en apprenant la nouvelle.

Severus eut un soupir.

- Je ne puis pas vous dire qu'il vous félicitera... Néanmoins, je suis certain qu'il en tirera le meilleur parti, et qu'il exploitera les opportunités de la situation...

- Je suppose... Espérons qu'il l'aura envisagé de manière positive d'ici aux vacances de Noël...

Son professeur lui jeta un regard de pitié.

- Je l'espère pour vous, Kécile.

- Il va falloir que je le lui écrive... D'ailleurs, en parlant de cela, avez-vous déjà parlé à mon père de ce couloir interdit à Poudlard? C'est curieux, tout de même... Savez-vous pourquoi?

- Non, j'ai été aussi surpris que vous.

- Je suis certaine que le Seigneur des Ténèbres aimerait en être informé...

Severus acquiesça.

- J'ai dans l'intention d'aller faire mon rapport au Maître dès ce soir.

- Très bien.

- Je vous propose d'informer dans le même temps votre père de... la décision du choixpeau magique.

Kécile fixa un moment son professeur, avant de répondre, embarrassée:

- Je vous remercie, Severus. Mais... vous serez aux premières loges pour subir les foudres de mon père... je ne voudrais pas que vous soyez torturé à cause de moi, et je sais que... mon père a tendance à ... passer sa colère sur ses mangemorts.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, Princesse. Je sais ce que je fais.

- Je n'en doute pas, hélas... Je vous remercie, Severus.

Kécile se leva de son siège.

- Je vais donc vous laisser.

- Ah! Kécile!

- Oui? fit-elle en se retournant, la main sur la poigne de la porte.

- Pour plus de commodité, il serait préférable de... rater lamentablement votre potion à mon premier cours, de façon à justifier vos cours particuliers.

Kécile rit d'un air enfantin.

- Comptez sur moi, professeur! Vous prierez Merlin de ne jamais avoir d'élèves comme moi de toute votre carrière! répondit-elle malicieusement. Bonsoir, professeur, et bon courage.

- Merci. Ah, au fait, la salle commune des Gryffondors se trouve au quatrième étage de la tour ouest, et le mot de passe en est "Caput draconis". Je ne vous accompagne pas. Un sortilège de labyrinthe devrait suffire?

- Parfaitement. Merci, professeur.

- Bonne nuit Kécile.

Dumbledore faisait les cent pas dans son bureau. Voilà deux heures qu'il avait vu Kécile Gaunt suivre Severus dans son bureau, et celui-ci n'était toujours pas venu le voir. Pourtant, il était sur qu'il viendrait, après ce qui s'était passé ce soir.

Fumsec piailla doucement comme pour l'apaiser. Dumbledore se tourna vers son phénix et le caressa doucement.

- Je sais que je ne devrais pas m'inquiéter, j'ai confiance en Severus. Mais cette fille va sérieusement compliquer sa tâche qui n'était déjà pas simple. J'ai parfois des scrupules à lui faire prendre autant de risques... Mais avec cette enfant à Poudlard, il serait probablement encore plus en danger en se dévoilant vraiment plutôt qu'en restant un agent double...

Dumbledore soupira et retourna s'asseoir derrière son bureau.

- Entre Kécile Gaunt et Harry Potter, les années à venir vont être mouvementées. Ce garçon ressemble vraiment beaucoup à James... mais il a les yeux de Lily! Voilà qui ne va probablement pas plaire à Severus!...Harry... J'espère que je ne ferai pas d'erreur avec toi... Le choixpeau t'a envoyé à Gryffondor, mais j'ai bien vu que ce n'était pas une évidence... Entrez!

Dumbledore leva la tête en entendant frapper à sa porte, et regarda son professeur de potions entrer, avec soulagement.

- Merlin merci, Severus! Vous voilà enfin! Je commençais à me faire du soucis.

- Je m'excuse, monsieur le directeur, mais j'ai dû me rendre auprès du Seigneur des Ténèbres.

- Vous a-t-il appelé?

- Non. Mais ne pas y aller dans ces circonstances aurait semblé suspect. Kécile m'y a en quelque sorte contraint. J'ai une très mauvaise nouvelle, monsieur, le Seigneur des Ténèbres a une idée assez précise de l'endroit où se trouve la pierre philosophale.

Dumbledore lui jeta un regard interrogateur.

- Le couloir du deuxième étage. Kécile a aussitôt noté que l'accès interdit était anormal, et m'en a parlé ce soir, dans mon bureau, avec l'intention de faire parvenir cette information à son père. Je ne pouvais pas prendre le risque de me faire devancer.

- Je comprends, Severus, vous avez bien fait.

- C'est tout ce que vous trouvez à dire?

- Que voulez-vous que je dise de plus, Severus? Voldemort ne va tout de même pas confier à sa fille la tâche de récupérer cette pierre?! Vous savez les protections qui l'entourent, je doute que cette enfant, aussi douée soit-elle, parvienne à la retirer de son emplacement. De toute manière je compte sur vous pour surveiller ses agissements.

- Et si le Seigneur me demande de la voler?

- Alors, nous aviserons.

Rogue eut un geste d'impatience.

- Severus, le coupa Dumbledore, je ne souhaite pas parler de cela plus longtemps. La pierre est en sécurité, et le restera temps que nous serons vigilants.

Severus s'assit sur un geste de son directeur, avec une mine contrariée et résignée. Dumbledore l'observa s'installer attentivement, et remarqua la raideur des mouvements habituellement si souples de son professeur.

- Severus, demanda-t-il presque à voix basse, Voldemort vous a encore fait subir son mécontentement, n'est-ce-pas?

Severus haussa les épaules.

- Rien d'inhabituel et qui doive vous inquiéter. Je dirais même que pour une fois, j'ai eu plutôt de la chance... Il était furieux lorsqu'il a appris que sa fille était à Gryffondor.

- Une surprise...

- C'est le moins qu'on puisse en dire. C'est à croire que ce vieux choixpeau a fini son temps!

- Je suis certain que le choixpeau n'a pas pris cette décision au hasard. A ma connaissance, il ne s'est jamais trompé.

- En tout cas, Kécile est très inquiète, ricana Rogue. Vous lui avez porté un peu trop d'attention à son goût, et elle est dans la hantise que quiconque, à commencer par vous, découvre son identité...

- Elle a donc de la chance, puisque j'ai décidé d'être particulièrement aveugle à son sujet! Sourit Dumbledore. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne sera pas étroitement surveillée. Mais, voyez-vous, Severus, le fait que le choixpeau l'ait envoyée à Gryffondor me conforte dans l'idée que nous devons laisser une chance à cette enfant. Si Voldemort est furieux, je trouve que c'est une excellente chose, mis à part la présence de Harry Potter dans la même maison, mais je compte bien ne pas les laisser se lier.

- Croyez-vous vraiment que la mise en garde de McGonagall sera suffisante pour les éloigner si Kécile a reçu l'ordre de son père de sympathiser avec lui?

- J'emploierai des moyens plus drastiques s'il le faut.

Severus haussa les épaules avec fatalisme. Il trouvait que le directeur prenait vraiment beaucoup de risques, mais que pouvait-il y faire?

-Severus, voici ce que j'attends de vous. Interrogez-la, parlez lui, mais connaissez son état... disons "psychologique": comment se sent-elle à Gryffondor, que pense-t-elle de ce qu'elle y entend, se lie-t-elle d'amitié avec certains élèves, quels sont ses rapports avec les enfants de Mangemorts...

Rogue acquiesça.

- J'ai déjà de bonnes bases relationnelles avec Kécile. Je suis certain de parvenir à devenir une sorte de "confident".

- Ce serait une excellente chose. Une fille de son âge a besoin de se confier, et ne peut pas dissimuler constamment... J'ai confiance en vous pour tirer profit de la situation.

- Vous pouvez compter sur moi.

- Très bien, dans ce cas, Severus, je vais vous laisser vous reposer des évènements de ce soir avant votre première journée de cours...

- Bonsoir professeur.

- Bonsoir Severus.