Encore merci aux reviewers! J'espère ne pas prendre de retard dans la publication, car je bloque sur le chapitre 20...

Concernant ce chapitre, il est un l'un des tous premiers que j'ai écrit. Il est essentiellement centré sur Severus. pour que tout soit clair, je précise que je garde à peu de choses près la trame psychologique de Severus, à savoir qu'il était bien amoureux de Lily, et que sans elle il ne serait pas revenu du "bon côté".


Chapitre XVII: Paroles d'or et souvenirs d'argent

Kécile pleura pendant plus de deux heures. Elle n'aurait su dire exactement pour quoi. Pour l'injustice de la vie, pour les horreurs qu'elle avait vécues, pour ses remords, pour la vie qu'elle perdait... Mais la fatigue eut raison d'elle. Avant que ses larmes ne se tarissent, le sommeil l'avait gagné, apaisant pour quelques heures ses angoisses.

Mais pas celles des deux adultes silencieux dans le bureau.

Severus Rogue avait assisté à toute la scène, immobile et muet.

Il avait osé!...Sa propre fille!S'en servir comme d'un vulgaire pion...

Elle avait osé... visiblement pleinement consciente. Il n'avait pas réalisé à quel point elle avait changé depuis l'été dernier... à moins que tout ceci ne soit qu'une horrible mascarade destinée à le mettre à jour et à mieux surprendre Dumbledore.

Mais un regard sur l'enfant lui fit abandonner définitivement cette idée. Ses joues humides portaient encore la trace des premiers pleurs qu'il lui ait jamais vu verser et dans son sommeil, elle s'était totalement abandonnée aux bras protecteurs qui l'étreignaient. On ne pouvait mentir ainsi dans le sommeil.

Sa respiration s'était enfin totalement calmée, lorsque Dumbledore la souleva avec une facilité qui restait impressionnante aux yeux de Severus. Il le vit se diriger vers la porte de ses appartements privés, et l'y suivit dans un salon qu'il connaissait bien mais s'arrêta lorsque la porte de la chambre s'ouvrit devant le propriétaire des lieux. Il vit Dumbledore coucher l'enfant sur le lit à baldaquin, transformer d'un sort ses vêtements en robe de nuit et la couvrir. Lorsqu'il revint dans le salon, laissant la porte ouverte, Severus songea qu'il y avait longtemps que Dumbledore ne lui avait paru aussi vieux.

- Je veux pouvoir veiller constamment sur son sommeil, murmura le vieil homme

Severus acquiesça

- Croyez-vous qu'elle puisse... mourir dans la nuit?

- Je l'ignore, répondit avec impuissance le directeur.

- Peut-être ne se réveillera-t-elle jamais, constata Severus. Et sa voix habituellement froide, était triste et amère.

- Peut-être. Si elle n'est pas morte sur le coup, quand elle a avoué sa "trahison", cela peut arriver à n'importe quel moment.

Il regarda le corps endormi avant de murmurer:

-Je me suis rarement senti aussi impuissant.

- Vous n'y êtes pour rien, Albus. La voix de Severus claqua, dure et sévère, interrompant toute pensée culpabilisante. Le seul responsable de cette situation, c'est le Seigneur des Ténèbres. Vous me l'avez assez répété en d'autres temps.

- Vous avez raison, Severus. Je ferais mieux de chercher à savoir quand...

- Le savoir l'empêchera-t-il? demanda sombrement Rogue.

- Non, certainement pas. Mais savoir permet de mieux s'y préparer. Je trouve cette incertitude pire que tout.

Severus ne put qu'hocher la tête. C'était vrai, cette épée de Damoclès était terriblement pesante. Tout comme Dumbledore, il en était certain, il avait l'impression qu'il suffisait qu'il quitte quelques instants sa veillée malsaine pour que le dernier souffle de vie quitte le corps de l'enfant endormie. Dumbledore finit par se lever jusqu'au meuble de bibliothèque qui recouvrait deux pans de mur du salon et chercha un livre qu'il sortit de son rayon au bout de quelques minutes: "Les liens magiques"vieux et poussiéreux, puis se rassit et commença sa lecture.

Severus se refusait à quitter les lieux, et ne pouvait s'empêcher de regarder fréquemment vers le lit à baldaquin de l'autre côté de la porte, allant même parfois jusqu'à se lever et aller dans la chambre, pour écouter la respiration calme et régulière de Kécile qui semblait étrangement apaisée dans son sommeil, comme déchargée d'un poids trop lourd. Lorsqu'il revenait dans la pièce où lisait Dumbledore, celui-ci levait un regard interrogateur, et il lui faisait un léger signe de la tête pour confirmer que rien n'avait changé dans l'état de la fillette. Puis il se rasseyait et replongeait dans ses réflexions.

Il prenait conscience que Voldemort ne considérait finalement pas sa fille mieux qu'un mangemort. Peut-être même encore moins: qu'une enfant de 12 ans ne soit pas capable de tuer un sorcier tel que Dumbledore ne signifiait pas forcément trahir... et pourtant il la condamnait irrémédiablement à la mort si elle échouait. Même le dernier de ses larbins avaient au moins une chance de se rattraper. Après force doloris, cruciatus, et autres tortures du genre, certes, mais il ne les tuait généralement pas. Décidément, la pensée de Voldemort n'était pas obscure, elle était insondable, et ses réactions toujours aussi imprévisibles. Il s'était attendu à ce que Kécile soit punie bien plus sévèrement pour son envoi à Gryffondor, et il avait été, toute proportion gardée, assez clément. Mais il la condamnait à une mort certaine dès son premier échec dans une mission.

Aussi! Quelle idée de confier une telle chose à une enfant! Si Kécile n'avait pas changé et ne s'était pas rangée du côté de Dumbledore, que ce serait-il passé? Soit elle réussissait, peu probable, soit elle échouait, et alors que serait-il arrivé? Quelle aurait été la réaction de Dumbledore si une enfant avait cherché à le tuer? Peu importe comment les choses se seraient passées, il ne l'aurait pas tué, pas plus qu'envoyé à Azkaban, Severus en était absolument convaincu. Non, il aurait probablement interrogé, et cherché, avec ses questions qui semblaient anodines, et son air de ne pas y toucher, à ramener l'enfant sur le droit chemin, aidé par une bonne dose de douceur, de charisme, de fermeté et d'obstination. Et il aurait eu de bonnes chances d'y parvenir, s'il on considère qu'un enfant de 12 ans n'est jamais irrémédiablement perdu...

Voilà ce qu'avait voulu le Seigneur des Ténèbres: que Dumbledore meurt de la main de Kécile, si cela était possible, mais que sa fille ne puisse se tourner vers Dumbledore. Et pour empêcher cela, il n'hésitait pas à la condamner à mort.

Il en était arrivé à cette amère conclusion, lorsque Dumbledore ferma Les Liens Magiques d'un claquement sec et déclara lentement:

- Il semblerait que la mort arrive normalement juste au moment de la trahison.

- Ce qui veut dire que Kécile ne devrait plus être en vie...

- Ce n'est pas aussi évident que cela. Après tout, tant que Voldemort n'en sait rien, elle peut encore changer d'avis, et remplir les closes du Serment. Peut-être que la trahison ne sera prise en compte par le lien, qu'une fois que l'assermenteur, en l'occurrence, Voldemort, en aura pris connaissance.

- Ce qui n'est guère une consolation puisque cela veut dire que dans une certaine mesure, elle peut alors avoir encore jusqu'aux vacances d'été. Je crois qu'au final, c'est peut-être encore pire. Cette attente va la rendre folle. Elle ne peut pas attendre patiemment la mort, et d'un autre côté, s'y précipiter en se livrant à son père... A moins qu'on mette ce temps à profit pour trouver un moyen de briser le Serment?

- Parfaitement impossible. Le Serment ne peut être brisé que par l'assermenteur.

-Alors que suggérez-vous? demanda Severus, agacé.

- Je ne sais pas. Pas encore.

Dumbledore se leva et entra dans la chambre. Il s'assit sur le matelas où reposait Kécile et laissa glisser sa main sur ses cheveux noirs. Il fixait le visage serein de la fillette, incapable de se décharger de la culpabilité sourde qu'il éprouvait. Lui était vieux, elle avait la vie devant elle. Mais il y avait un combat à mener, un enfant à guider dans une voix terrible et périlleuse, une population entière qui avait placé tous ses espoirs en lui, et qu'il ne pouvait pas décevoir.

La guerre faisait des victimes, et Kécile serait l'une d'elles. Voldemort l'y avait condamné. La folie de cet homme n'aurait même pas épargné sa propre fille. Il se demandait dans quelles circonstances le mage noir avait enchaîné sa fille. Il l'avait envoyé à une mission perdue d'avance. Et il scellait ainsi son sort, alors que Kécile aurait très certainement pu être un atout de taille par ses qualités magiques.

Maintenant, la pauvre enfant allait en plus devoir subir l'attente de la mort. Comment allait-elle réagir, en apprenant cela? Ce temps indéterminé était cruel... et anormal. Le lien n'aurait-il pas dû avertir Voldemort de la trahison de sa fille? N'en savait-il vraiment rien? Et si Voldemort apprenait la trahison par quelqu'un d'autre que sa fille? Où si on lui faisait croire que Kécile avait réussi sa mission?... Non, s'était totalement inenvisageable. Et on ne pouvait pas tromper un Serment Inviolable... Pas longtemps, en tout cas... Et même à sa connaissance, pas du tout. Il y avait quelque chose qui lui échappait. Mais les liens magiques gardaient toujours leur part de mystère.

Dumbledore se retourna auprès de Rogue et lui dit:

" Severus, je dois me rendre au Clos-La-Rive. Je suis certain d'y trouver un livre qui nous éclairera davantage. Cela risque de prendre un certain temps. Je vous demande de veiller sur Kécile. Si elle se réveille avant mon retour, ne lui dites rien, pour l'instant."

Rogue acquiesça, la mine sombre, et regarda Dumbledore quitter les appartements de Poudlard avec Fumsec pour se rendre dans ce lieu qu'il espérait ne jamais revoir.

Et l'attente recommença. Avec cette fois de cruels souvenirs en tête.

Au delà des grilles qui délimitaient le domaine, une allée serpentait jusqu'à un magnifique manoir renaissance dont la pierre blanche étincelait au soleil. Ludivine sortit sa baguette et marmonna plusieurs sorts avant de pousser le portail et d'inviter ses amis à la suivre.

Severus fut frappé par la sensation de quiétude des lieux. C'était aussi puissant qu'à Poudlard, sans le côté imposant, plus reposant, presque apaisant. Lui d'ordinaire peu sensible à ces charmes, s'emplissait les yeux de la beauté du parc: la pelouse verte, épaisse qui n'attendait que d'être foulée à pied nu, s'étendait de chaque côté de l'allée qu'ils parcouraient, et s'arrêtaient bien plus loin, au bord d'une forêt luxuriante, d'où on entendait une myriade d'oiseaux gazouiller joyeusement. Devant le manoir, un parterre de fleurs aux couleurs éclatantes faisaient encore ressortir la blancheur du bâtiment. Severus était sûr que la lumière irradiante des pierres était due à un sortilège.

Tout semblait en ces lieux sous l'emprise d'un charme destiné à faire rêver les résidents. Pendant deux jours, Severus était passé de merveilles en merveilles. De la demeure aux jardins, en passant par l'hôte qui lui semblait de plus en plue envoûtante, à l'autre invitée charmante et enjouée, Severus devait garder une sensation de quiétude mêlée de trouble. Tout aurait pu basculer ce jour-là, être différent.

Severus suivait derrière, dévorant des yeux les deux petites filles devant lui. La première sautillait le long du chemin, allant d'une fleur à l'autre, s'émerveillant de la beauté d'une couleur, s'enivrant du parfum d'une autre, ses cheveux s'enflammant aux rayons du soleil, tout son être respirant la vie en ce jour de printemps. L'autre, calme et digne, un léger sourire aux lèvres, la tête doucement inclinée, laissant des ruisseaux d'or couler sur ses épaules, écoutant le babillage joyeux de son amie, répondant posément.

" Je maintiens, que ça n'est pas naturel.

- Dina et Tino en sont peut-être responsables, c'est possible.

- Peut-être? C'est sûr! Je me demande quels charmes ils utilisent. Tu ne leur as jamais demandé? Je voudrais tellement avoir des fleurs comme ça chez moi, plus tard!

- Non, je ne leur ai jamais demandé; car je ne suis pas convaincu qu'ils utilisent un charme. Je crois surtout qu'ils aident la magie de la Nature.

- Ça ne peut pas être naturel, reprit la rousse avec véhémence.

- Tu sembles avoir bien peu confiance en les pouvoirs de la Nature, Lily... Constata son amie d'une voix douce.

-Tiens! s'exclama cette dernière en courant un peu plus loin.

Ils la rejoignirent quelques instants après, la fillette tenant délicatement dans sa main une branche au bout de laquelle se balançait une rose d'une grosseur impressionnante et dont l'éclat blanc presque aveuglant, était à peine atténué par des couleurs pastels roses et jaunes d'une douceur exquise aux pétales de velours soyeux et tendres.

- Tu ne vas pas me dire que ça c'est naturel! Argua-t-elle en secouant légèrement la tige.

- Et pourtant! La voix de Ludivine devint mélancolique. Tu vois, c'est celle-ci qui t'a attirée plus que toutes. Celle-ci, pas une autre. Et je puis t'assurer qu'elle est un pur miracle de la Nature. Ma mère la préférait entre toutes. Elle disait que c'est l'un des plus beaux exemples des merveilles dont la Nature est capable, et de la magie qu'elle possède.

Ludivine cassa doucement la tige pour détacher la fleur, et reprit sa marche, faisant part de ses réflexions aux deux enfants pendus à ses lèvres.

"Il n'y a pas qu'une forme de magie. La magie est une et multiple. Nous utilisons à travers les sorts la magie comme énergie, mais elle est aussi une essence. Il y a de la magie en tout, et surtout dans la Nature. Le tout est de la sentir. Peu de gens en sont capables. Ma mère le savait. Elle m'a appris à sentir la magie de la Nature, la magie des mots, des sons, des couleurs, la magie des émotions. On ne maîtrise pas cette magie-là. On la ressent, on la comprend, on peut l'aider à s'exprimer, mais elle agira toujours envers et contre nous et ceux qui l'ignorent, car elle est l'essence de la magie, la magie la plus ancienne qu'il existe, un domaine de mystères inépuisables. Maman connaissait pourtant beaucoup de ses secrets."

Ils avaient atteints un coin reculé du parc et se tenaient devant une tombe de marbre blanc. Ludivine s'agenouilla devant et déposa la rose sur la pierre. Elle resta un long moment plongée dans une rêverie qu'aucun des deux enfants n'osa interrompre, la gorge serrée par une sorte de crainte mêlée de respect devant cette mort qui les dépassait. Lorsque Ludivine se releva, elle continua d'une voix toujours aussi calme:

" Ils l'ont tué, eux qui refusent de voir cette magie. Il l'a tué, lui qui semble violer une à une les règles de l'équilibre de ce monde. Il ignore cette magie, la méprise. Un jour, il s'en repentira. Elle le rattrapera, et c'est elle qui l'arrêtera. Parce qu'elle est toujours la plus forte. L'homme ne peut éternellement gagner sur la Nature. Voldemort ne pourra éternellement braver l'Essence de son pouvoir."

Ludivine lui était alors apparu comme une sorte de divinité surnaturelle, au-dessus de ce qui tracassait ce bas monde. Severus avait compris que Ludivine lui était inaccessible, trop au-dessus de lui. Les paroles qu'elle avait prononcées l'avaient frappé. Il trouvait qu'elles méritaient réflexions. Ces certitudes déjà bancales étaient sur le point de s'effondrer.

Tout aurait pu être différent. Le charme qui habitait ces lieux, son hôte envoûtante, avait été sur le point de le faire changer. Mais la magie s'était brutalement brisée, le soir même.

Severus avait une nouvelle fois soulevé au dîner la remarque que l'absence totale d'adulte le laissait perplexe. Ludivine avait répondu sereinement que son père lui faisait confiance, et que Tino et Dina étaient là en cas de problèmes et les surveillaient. Severus n'avait pas insisté sachant qu'il n'obtiendrait rien de plus que cette réponse habituelle.

Mais il était aussi persuadé que Ludivine recevait quelqu'un le soir, lorsque Lily et lui-même étaient couchés. Et il voulait en avoir le coeur net.

Après avoir dit bonsoir aux deux filles, il fit donc mine de se coucher, mais se força à rester éveiller. Onze heure sonnaient lorsqu'il perçut le bruit d'une porte se refermant doucement: Ludivine quittait sa chambre et descendait dans le salon sur la pointe des pieds. Severus attendit d'être certain qu'elle était bien en-bas, pour se lever à son tour, et se faufiler dans les escaliers. Ses pieds nus se glaçaient au contact du marbre froid, et il regretta de ne pas s'être chaussé, mais ces pas auraient résonnés sur le carrelage du grand hall. Il traversa plusieurs pièces, avant d'entendre des voix et de se laisser guider jusque dans la bibliothèque. Il se tint debout au milieu de la pièce près d'une table basse, posée au centre d'un tapis épais et moelleux dans lequel ses pieds s'enfonçaient agréablement, mais il n'en avait pas conscience, tout son corps tendu pour ne pas perdre un mot de la conversation qui se tenait dans le petit salon dont les portes étaient largement ouvertes.

" Je suis contente d'être revenue avec eux. Toute seule, cela aurait été trop dur. C'est encore trop tôt, murmurait Ludivine. Et puis, je crois que ça leur fait du bien à eux aussi. Lily n'était jamais venu ici aux beaux jours, et elle est ravie. Sa joie de vivre m'aide beaucoup. Severus ne parle pas beaucoup en revanche. Mais il écoute. Et je crois qu'il commence à se poser des questions. Tu sais au moins aussi bien que moi ce qui se dit à la maison des Serpentards, et j'espère que ce séjour ici l'aidera à se sortir de ces folies. Mais je ne parviens pas à savoir ce qu'il pense vraiment. C'est un garçon tellement secret...

- Il a eu une enfance difficile, dit une voix douce que Severus était certain de connaître.

- Oui, c'est ce que j'ai cru comprendre. Lily a l'air de savoir beaucoup de choses, mais elle ne m'a presque rien dit. Elle pense que c'est à Severus de me le dire s'il veut que je sache quelque chose. Elle ne veut pas briser sa confiance.

- Elle a parfaitement raison. "

Oui, décidément, il connaissait cette voix, mais... un doute affreux s'insinuait en lui. Ça ne pouvait pas être... elle ne pouvait pas l'avoir trahi ainsi!

Il s'avança sans plus de précaution jusqu'à la porte, n'écoutant plus ce que disait Ludivine. Et ce qu'il vit confirma ses craintes: la jeune fille était à moitié allongée sur un canapé, pelotonnée dans les bras de personne d'autre qu'Albus Dumbledore. Il sentit le sang commencer à battre contre ses tempes, et devait probablement rougir de colère à vu d'oeil.

Ludivine se tut brusquement , et resta silencieuse en le voyant ainsi, dans l'encadrement, les poings serrés, et les lèvres pincés. Il se sentait trahi. Elle lui avait caché pendant tout ce temps que son père était Dumbledore.

" Je te faisais confiance, siffla-t-il enfin. Et tu en as profité. Je croyais que tu m'acceptais tel que je suis, mais en fait, tu es comme les autres, même pire. Je ne veux pas de ta pitié, cracha-t-il. Je me fiche de ce que tu penses, je me fiche que tu dises que je ne suis qu'un pauvre garçon plongé dans la magie noire jusqu'au coup et qui s'habille comme un elfe de maison, je ne veux pas de tes sentiments huileux destinés à me "sauver".

Il cracha le dernier mot avec tout le mépris dont il était capable.

" Sous tes airs de Sainte-Nitouche, tu es bien comme ton père!" Et il fit demi-tour d'un pas rageur.

Dumbledore n'avait pas réagi, à l'insulte à peine voilée, et il s'attendait à ce qu'il l'arrête, mais ce fut Ludivine qui se précipita vers lui et le rattrapa au pied du grand escalier, le visage bouleversé d'inquiétude et de tristesse.

" Severus, lui dit-elle en le retenant par le bras. Je te demande pardon. Je n'aurais pas dû te cacher ma véritable identité alors que tu es mon ami. Mais j'avais peur que tu refuses mon amitié en sachant cela, j'avais bien vu que tu n'appréciait pas le directeur.

- Et dis-moi franchement pourquoi tu avais peur de perdre mon amitié? Je ne crois pas être si important!

- Bien sûr que si, tu es important! s'exclama Ludivine avec véhémence.

A ce moment-là, Lily déboula en haut des escaliers en demandant ce qui se passait, probablement réveillée par les éclats de voix. Mais Severus l'ignora, et reprit d'une voix glaciale.

- Non, je ne suis pas important, pas pour toi, et mon amitié encore moi. Ce qui t'importe c'est le Serpentard que tu croyais prendre dans tes filets et amener comme un caniche à Dumbledore.

- C'est faux! Cria Ludivine qui commençait à avoir les larmes aux yeux. Je n'ai jamais envisagé de t'enchaîner à quelque opinion que ce soit!

- Tu as cherché à m'influencer!

- J'ai voulu te montrer une autre façon de voir les choses.

-Et qui te dis que j'en ai besoin? Je déteste les gens comme toi qui pensent savoir mieux que les autres!

- Je ne m'appellerais pas Dumbledore, tu aurais réfléchi à ce que j'ai dit.

- Tu ne t'appellerais pas Dumbledore, tu n'aurais jamais dit cela.

- Tu te trompes.

- Tu m'as trahi, je ne peux pas avoir confiance en ce que tu dis. Toi aussi, tu t'es bien moquée de moi! s'exclama-t-il en se tournant vers Lily qui les avait rejoint.

- Laisse Lily en dehors de tout ça, je lui avais demandé de ne rien te dire.

- Peu importe. Je rentre immédiatement à Poudlard.

- Vous êtes sûr de ne pas vouloir rester au moins jusqu'à demain matin, M. Rogue? Intervint enfin Dumbledore qui avait enfin quitté le salon

- Non, répondit Severus sans se retourner et en commençant à grimper les escaliers. Je ne resterais pas une minute de plus dans cette maison. ''Et il entendit Lily crier après lui, mais Ludivine dû la retenir un moment, car il eut presque le temps de faire ses bagages avant que la porte de sa chambre ne s'ouvre doucement. Lily entra et demanda à voix basse.

- Tu lui en veux vraiment?

- Oui. J'ai horreur des gens qui me prennent en pitié, tu dois savoir cela.

- Elle n'a pas pitié de toi.

- Alors comment appelles-tu son attitude envers moi, sa soi-disante amitié alors que je n'ai rien fait pour l'obtenir, sa façon de montrer qu'elle détient la vérité, sans avoir l'air d'y toucher, comme sa petite scène de ce matin? Je l'ai bien entendue il y a quelques minutes: "Il écoute. Je crois qu'il commence à se poser des questions. Tu sais au moins aussi bien que moi ce qui se dit à la maison des Serpentards, et j'espère que ce séjour ici l'aidera à se sortir de ces folies." Tu n'appelles pas ça de la pitié?

- Je crois que c'est au-dessus de cela, Severus.

- Alors, c'est qu'elle t'a convaincu qu'elle était au-dessus des autres.

- Je crois que c'est un peu le cas, comme Dumbledore. Ce ne sont pas des gens ordinaires.

- Tant pis pour toi, si tu crois à ce genre de discours, déclara Severus en bouclant sa valise.

Je rentre à Poudlard. Et c'est inutile de descendre avec moi, je ne changerais pas d'avis.

Lily soupira.

- Alors au revoir, Severus, dit-elle d'une voix lasse et triste. On se reverra à la rentrée."

Severus ne répondit pas et sortit en claquant la porte derrière lui. Lorsqu'il revint dans le hall, Ludivine lui dit d'une voix neutre.

" Père est allé avertir le directeur de ta maison que tu rentrais pour que tu passes par la cheminée de son bureau"

Il ne répondit rien, et le silence s'installa entre eux; Severus sentait le regard de Ludivine posé sur lui avec insistance, mais ne se retourna pas. Minuit sonnèrent.

" Écoute, Severus, finit par dire Ludivine de sa voix redevenue calme et claire. Souviens-toi de ce que j'ai dit ce matin, et n'oublie jamais qu'il est toujours temps de revenir sur ses choix, de changer. Il n'est jamais trop tard pour faire le bien. "

Severus n'eut pas le temps de répondre, car le feu crépitait d'une lueur verte, et Dumbledore sortit de la cheminée. Il la désigna au garçon et lui dit: "Le professeur Slughorn vous attend, M. Rogue."

Severus, s'avança sans un mot, prit une poignée de poudre de cheminette, et donna sa destination avant de pénétrer dans les flammes vertes. Il venait de clamer l'adresse de l'Enfer qu'il vivrait pendant dix ans."

Ces paroles, au fond du gouffre sombre dans lequel il était tombé quelques temps plus tard, unique lueur dorée, l'avait ramenées sur le chemin de la lumière, mais comme avait été tortueuse la route qui l'avait menée à son nouveau mentor... et quelles victimes elle avait emportées avec elle...

Severus secoua la tête pour chasser ses souvenirs et les remords qu'il continuait à éprouver. Décidément, il détestait tout ce qui se rapportait à cet endroit, et il était soulagé de ne pas avoir eu à accompagner Dumbledore. Il ne doutait pas que le vieil homme trouve dans ce temple de la magie une réponse, quelle qu'elle soit, aux terribles interrogations qui planaient au-dessus de l'enfant.

Et elle, pourquoi avait-elle fait ce choix. Le sang pouvait-il inciter à prendre une telle décision? N'aurait-il pas été plus facile de suivre les traces de Voldemort? Si; biensûr, lui répondit sa conscience. Mais elle a eu le courage que tu n'as pas eu. Elle n'a même pas eu un semblant d'amour maternel comme toi, tout la poussait à suivre la voix sombre, tu as eu bien plus d'occasions qu'elle de faire le bon choix avant d'être marqué. Et pourtant toi, tu as choisi ce qui semblait être le plus facile, tu n'as pas daigner faire tes propres choix avant d'avoir commis l'irréparable, et cependant, des signes auraient du t'alerter...

" Severus se sentait déboussolé, blessé dans son coeur, mais aussi humilié. Humilié de sentir qu'il s'était peut-être trompé, humilié de l'attitude de Lily qui changeait brusquement, pour un mot... humilié de comprendre que Lily lui échappait définitivement au profit de ce Potter...

-Je suis désolé.

-Ça ne m'intéresse pas.

- Je suis désolé!

- Épargne ta salive. Je suis sortie uniquement parce que Mary m'a dit que tu menaçais de dormir ici.

- C'est vrai. Je l'aurais fait. Je n'ai jamais eu l'intention de te traiter de sang-de-bourbe,ça m'a simplement...

-Échappé? avait achevé Lily d'un ton cassant et ironique. Il est trop tard. Pendant des années, je t'ai trouvé des excuses. Aucun de mes amis ne comprend pourquoi j'accepte encore de te parler. Toi et tes amis Mangemorts... Tu vois tu ne le nie même pas! Tu ne nies même pas que vous avez tous l'ambition de le devenir! Vous avez hâte de rejoindre Tu-Sais-qui, n'est-ce pas?

Severus ouvrit la bouche puis la referma sans avoir prononcé un mot.

- Je ne peux plus faire semblant. Tu as choisi ta voie, j'ai choisi la mienne.

-Non... écoute, je ne voulais pas...

-... me traiter de sang de bourbe? Mais tu traites de Sang-de-Bourbe tous les gens qui sont de même naissance que moi, Severus. Pourquoi serais-je différente?

Luttant avec lui-même, il avait été sur le point de parler, d'avouer. Mais avec un regard méprisant, Lily tourna les talons et se glissait par le trou du portrait de la tour Gryffondor."

Il aurait pu le faire, il aurait pu changer pour elle. Mais blessé dans ses sentiments et son amour propre, il avait renforcé ses convictions dans une sorte de provocation, pour se prouver à lui-même qu'il avait raison. Et cela, une fois de plus, Ludivine l'avait compris.

Il était venu trouver la solitude près du bosquet d'arbres au bord du lac, lorsqu'en approchant, il avait entendu les voix très reconnaissables de Lily et Ludivine.

" Je t'en prie, Lily, ne réagis pas comme lui! Sois un peu responsable! Il n'y a que toi qui puisse le faire changer, tu es la seule pour qui il le ferait!

- Ah oui!? Et bien explique-moi pourquoi il m'a insulté?!

- Je te l'ai déjà dit vingt fois! C'était une provocation! Il ne sait plus où il en est!

-Mes avis qu'il le sait parfaitement! Sinon il ne serait pas avec ses Mangemorts en herbe.

- Lily, on ne va pas reprendre cette conversation un nième fois, ça ne servirait à rien. Ce que je veux en revanche que tu comprennes, c'est que tu es sa dernière bouée, et que tu ne peux pas le lâcher.

- Cela fait des années que je sers de bouée, comme tu dis. S'il avait dû changer, il y a belle lurette qu'il l'aurait fait! Je ne suis pas responsable de lui!

- On est toujours responsable de nos proches.

- Ce n'est pas un de mes proches.

- C'est un ami. Moralement, tu ne peux pas l'abandonner.

- Qu'est-ce que je dois faire, à ton avis? Attendre qu'il se fasse marquer en le sermonnant et continuer à rester son amie une fois qu'il sera mangemort en vertu de ta moralité?

- Tu dois lui laisser une dernière chance s'il te la demande. Et hier, il est venu te la demander. Que t'aurait-il dit si tu n'avais pas été aussi intransigeante?

- Rien de bien intéressant. Il a été incapable de se défendre.

- Je n'en suis pas si sûr. Et il avait surtout besoin d'être compris, pas de se défendre. Le fait même qu'il soit venu te faire des excuses montre qu'il n'est pas sûr de lui-même. Tu aurais été en mesure de lui faire... ce qu'il faut bien appeler du chantage affective, c'est vrai, mais cela aurait sûrement été efficace: ton pardon et ton amitié contre son changement à lui.

- Je ne te savais pas aussi vicieuse...

Severus avait choisi ce moment pour se montrer, un masque de colère froide sur le visage.

- Moi, non plus. Décidément le portrait craché de son père, celle-là!

- Ça vaut toujours mieux que d'être mangemort!

- Lily!

- Laisse la dire! Après tout, c'est ce qu'elle pense, non? Que je suis un moins que rien?

- Et c'est pas ce que tu m'as craché au visage, hier? Je crois que nous n'avons plus rien à nous dire.

Et Lily retourna vers le château d'un pas rageur. Ludivine et Severus se firent face.

- Pourquoi es-tu si en colère?

- Je ne supporte pas qu'on manigance derrière mon dos, tu agis exactement comme il y a deux ans.

- Toi aussi. Une fois de plus, ce que tu ne supportes pas, c'est que quelqu'un arrive à lire en toi aussi facilement, que je comprenne tes motivations.

- Tu crois tout savoir sur tout le monde!

- Sur tout le monde, certainement pas. Mais toi, tu ne te rends pas compte à quel point tu es limpide pour moi. Personne n'est tout blanc ou tout noir, Severus, mais généralement les gens penchent plus d'un côté ou de l'autre. Qu'est ce qui fait que quelqu'un est blanc, ou noir, avec toutes ses nuances? Il est souvent difficile de le dire pour quelqu'un d'extérieur, d'autant que ces personnes-là ont souvent une partie opposée qu'ils cachent soigneusement aux autres et parfois à eux-même.

Mais pourquoi continuait-il à l'écouter? Pourquoi ne s'en allait-il pas?

-Mais toi, je dois dire que je n'ai jamais vu quelqu'un autant osciller entre l'un et l'autre. A cause d'un passé douloureux dont tu as honte, tu cherches aujourd'hui la reconnaissance. Le moyen le plus direct, le plus sûr et le plus facile te semble être de suivre Voldemort. Mais tu aimes Lily, une née moldue, une femme que tu es censée mépriser et plus tard réduire à l'état d'esclavage. Tu l'admires, elle est ton unique véritable amie, la seule qui t'ait choisi sans un quelconque intérêt. Maintenant, tu dois faire un choix, Severus. Partages-tu les opinions de Mulciber, Dolohov et compagnie, ou celles de Lily?Qu'est ce qui est plus important pour toi: la reconnaissance des mangemorts ou celle de Lily? Tu es arrivé au point où il te faut choisir une route. Tu peux continuer sur celle où tu t'es engagée, et perdre définitivement Lily, et bien d'autre chose, atteindre une hypothétique reconnaissance au sein d'un groupe dont tu connais les opinions, la réputation, et les actes, qui te donnera peut-être la puissance, mais à quel prix! Ou te peux rebrousser chemin et la suivre; dans ce cas te heurter aux obstacles que seront d'autres préjugés, le risque toujours présent de s'opposer à Voldemort, mais au bout du compte, une réelle amitié et un réel amour.

Il y eut un moment de silence.

- Prends bien le temps de réfléchir, Severus, car personne ne peut t'aider dans ce choix-là. Le seul conseil que je puisse réellement te donner, c'est de ne pas laisser le passé et tes frustrations décider pour toi. Au revoir, j'espère.

Et elle était partie, le laissant à son choix après avoir tout tenter pour le ramener. Elle avait dit "au revoir" lui , lui répondait "adieu".

Cela avait pourtant bel et bien été un au revoir, mais pas comme Ludivine l'entendait...

Oui, se dit Severus, j'ai eu plusieurs occasions de faire le bon choix dès le début... Et lorsque je l'ai revue pour la dernière fois...

" Elle était allongée sur la paillasse, livide dans la pénombre de son cachot. Elle savait que sa dernière heure était arrivée. J'étais venu l'informer de la décision du Seigneur des Ténèbres. Lucius devait arriver dans quelques minutes, et probablement juste après, le Seigneur des Ténèbres lui-même... et pourtant elle paraissait sereine: le regard dans le vide, un léger sourire sur les lèvres, entourée de cette aura mystérieuse qui m'avait attirée vers elle dès le début. Je lui avait dit ce qui allait se passer. Elle avait hoché la tête et m'avait remercié.

" Je compte sur vous pour tenir votre promesse, avait-elle répondu. Puis, après un silence, elle avait ajouté comme une simple constatation:

"Vous vous rappelez, Severus ce que je vous disais la dernière fois que nous nous sommes parlés à Poudlard? Et bien, j'ai découvert ma propre part d'ombre..."

Je n'ai jamais compris ce qu'elle a dit à ce moment-là...

"Mais vous, une fois de plus, vous m'avez montré votre part de lumière que vous cherchez en vain à étouffer. Severus, que ma mort serve au moins à quelque chose. Allez voir mon père. Il vous aidera à revenir sur le droit chemin, vous n'avez pas à craindre sa colère. Vous lui raconterez mes derniers jours, et je suis certaine qu'il ne vous en voudra pas, au contraire. Vous avez été une grande aide pour moi. Allez le voir, et il vous protègera. Il n'est jamais trop tard pour changer, Severus. Jamais."

Ce furent là ses dernières paroles, et son dernier regard confiant et mélancolique qui me bouleversa.

Je décidais alors de prendre une nouvelle voie. Mais j'allais encore trébucher une nouvelle fois sur le chemin qui allait me mener à la lumière. Cependant c'est à ce moment-là que j'avais pris ma décision."(*)

Severus fut tiré de la spirale de souvenirs par un appel timide. Il redressa brusquement la tête pour voir Kécile, debout dans une chemise de nuit blanche, ses longs cheveux noirs encadrant son visage pâle, le fixant d'un air timide et suppliant, expression qu'il n'eut jamais cru voir sur ce visage.

L'aube allait poindre et Dumbledore n'était toujours pas revenu. Que pouvait-il bien faire?

" Je ne croyais pas me réveiller aujourd'hui."

La voix de Kécile s'éleva dans le silence de la pièce, simple constatation, réveillant un sinistre écho.

-Le professeur Dumbledore est à la recherche d'informations pouvant éclairer votre cas.

- Peu importe après tout, dans peu de temps je serais tuée soit par le sortilège, soit par mon père.

- L'ordre du Phénix vous protègera.

- Vous en faites parti, n'est-ce pas?

Severus acquiesça.

- Depuis quand vous en doutez vous?

- Depuis le mois de juin dernier. J'ai surpris une conversation entre Dumbledore et vous. Au sujet de mon journal intime.

- Pourquoi ne m'avez-vous pas dénoncer?

- Peut-être parce que vous êtes le mangemort que j'apprécie le plus, ou encore parce que je ne savais plus vraiment ce que je devais faire. C'était tellement difficile de prendre une décision. Je ne pensais pas qu'on pouvait être confronté à des choix aussi terribles...

- A votre âge, c'est exceptionnel, et cela rend le choix plus difficile encore.

- Vraiment? mourir ou tuer est-il plus facile à un moment ou un autre?

- Il y a en effet certaines périodes de la vie ou il semble plus aisé de faire l'un et l'autre.

Devant le regard interrogatif de l'enfant, il poursuivit sa pensée.

- Après certaines déceptions ou certaines souffrances, les hommes peuvent être pris d'un désir de vengeance ou de désespoir... l'absence d'espoir pouvant aussi bien se manifester par la volonté de mourir que par la négation de l'importance de la vie des autres.

- Est-ce la vengeance ou le désespoir qui vous ont poussés vers le Seigneur des Ténèbres?

- En quelque sorte, oui.

Kécile attendit un moment de voir s'il allait lui raconter ces évènements, mais comme il se taisait, elle poursuivit:

- Et qu'est ce qui vous a ramené vers Dumbledore?

- Vous le saurez un jour.

- Et pourquoi êtes-vous restez malgré tout dans les rangs mangemorts?

- Être espion était d'abord pour moi un moyen d'expier mes crimes passés. Avec le temps, j'ai compris que cela ne s'effacerait jamais. Aujourd'hui, c'est surtout par utilité, et pour rendre service à Dumbledore.

- Utile, certainement, mais dangereux!

- Bien sûr, mais être membre de l'ordre est toujours dangereux, et j'étais le seul à pouvoir accomplir ce travail.

Severus fut interrompu par le bruit de la porte d'entrée du bureau du directeur. La porte du salon s'ouvrit, et le propriétaire des lieux pénétra dans la pièce, le front soucieux.


(*): L'enfer est pavé de bonnes intentions. Comme Severus le dit, il va encore trébuché en révélant la prophétie à Voldemort, mais j'en modifie les circonstances. Pour moi, il est déjà passé "psychologiquement" de l'autre côté. Lorsqu'il entend la prophétie, ce n'est pas volontairement. Il n'était pas venu à la tête de Sanglier en tant qu'espion, mais pour demander à Dumbledore de le prendre à ses côtés. Mais il est chassé de l'auberge, Voldemort apprend qu'il est allé voir Dumbledore, et Severus, pour sauver sa peau, ment en déclarant y être allé pour l'espionner et lui révèle ce qu'il a entendu de la prophétie pour se faire pardonner.


Voilà! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre. J'espère cependant qu'il est suffisamment clair pour vous... N'hésitez pas à me demander si vous ne comprenez pas quelque chose, j'essaierai de vous répondre dans la mesure du possible.

A bientôt

(oulala!! Mythi! Plus que deux chapitres d'avance, magne-toi le c... un peu!)