Minnesota

Disclaimer : Les personnages et la série ne m'appartiennent pas. Je ne touche pas d'argent. J'écris juste pour m'amuser.

Saison : Fin de la saison 8.

Rating : K

Note de l'auteur : J'ai voulu écrire sur ce qui a pu se passer au chalet dans le Minnesota à la fin de la saison 8.

Il n'y avait pas un bruit dans le chalet. Les garçons devaient dormir depuis quelques heures déjà. Malgré son épuisement moral, Sam n'arrivait pas à trouver le sommeil. Le voyage n'avait pas été fatigant pour elle puisqu'elle avait dormi presque tout le trajet. Si le Général O'Neill considérait qu'elle était un bon second, elle avait fait un piètre copilote dans la journée.

Arrivés en début de soirée, ils avaient déchargé leurs bagages du pick-up de Jack et s'étaient installés dans les chambres d'amis. Daniel et Sam avaient visité la propriété. Elle s'était amusée des traits d'humour de son supérieur qui s'était improvisé guide touristique pour l'occasion. Il les avait ensuite laissés rejoindre Teal'c à l'extérieur pour qu'ils profitent du paysage pendant qu'il préparait le repas.

Ils étaient fatigués tous les quatre. Carter plus que les autres. Sa vie venait d'être chamboulée d'un coup : Jacob était mort et elle avait rompu ses fiançailles. Quand elle était arrivée chez le Général le matin, son sac de voyage à la main, ils avaient eu quelques minutes rien qu'à eux avant que les gars les rejoignent. Ils avaient peu parlé. En fait, Jack ne se souvenait presque pas des mots qu'ils avaient prononcés. Il se rappelait son sourire fatigué, son regard triste, ses yeux rougis par les larmes qu'elle avait dû verser la nuit précédente. Il se souvenait aussi de la force qui se dégageait d'elle à cet instant.

Elle lui avait alors confié qu'elle avait sorti Pete de sa vie, que son père lui avait fait comprendre sur son lit de mort qu'elle pouvait encore avoir celui qu'elle voulait. Son cœur à lui avait raté un battement avant de repartir deux fois plus vite. Il n'était pas doué avec les mots, alors il l'avait serrée fort contre lui, espérant qu'elle comprenne qu'il était d'accord et qu'il ne voulait qu'elle.

Teal'c et Daniel étaient arrivés, interrompant involontairement ce qui se jouait entre eux. Ils étaient ensuite tous montés en voiture, direction le Minnesota. Il avait été content de la voir dormir pendant le trajet. La nuit précédente n'avait pas l'air d'avoir été facile. La voir se reposer un peu le rassurait.

Pouvoir l'observer dehors lors de cette première soirée, dans son jardin, entourée de Daniel et Teal'c, avait quelque chose d'apaisant. Elle recevrait le soutien dont elle avait besoin. Et puis elle était là, dans son chalet, enfin. C'était peut-être idiot, mais il trouvait que le paysage était plus beau quand elle était dedans. Il ne savait pas ce qui allait se passer entre eux pendant leur séjour ici. Tout ce qu'il voulait, c'était être là pour elle comme il le lui avait promis. Il lui donnerait tout ce qu'elle voudrait.

Il n'y avait pas un bruit dans le chalet. Elle ne trouvait pas le sommeil et se tourna dans le lit pour ce qui lui sembla être la centième fois. Comme elle perdait patience, elle se leva et décida d'aller boire un verre d'eau, espérant y noyer les sombres pensées qui l'habitaient. Elle fit attention à ne pas faire grincer le plancher pour éviter de réveiller les trois hommes. Dans la cuisine, elle remplit un verre et le but d'une traite. L'eau n'effaça les souvenirs de son père mourant que pour un quart de seconde. Le moment de répit fut donc trop court pour qu'elle envisage de retourner se coucher.

Dans la journée, elle avait pu dormir parce qu'elle était entourée de ses amis. Ils avaient agi comme un rempart contre des souvenirs douloureux et bien trop récents. Dans la soirée, elle avait même réussi à sourire plusieurs fois. Venir ici, tous les quatre dans le chalet du Général, était une bonne idée. Elle savait cependant que les nuits seraient plus difficiles à affronter. Elle serait seule pour gérer la douleur engendrée par le décès de son père. À moins que... À moins qu'elle ne dorme pas seule. Elle pouvait demander à Daniel ou Teal'c, ils accepteraient sans doute de l'accueillir pour quelques nuits. Mais elle savait que ça n'était pas avec eux qu'elle voulait dormir. Oh, elle les adorait tous les deux. Seulement, elle connaissait le frisson caractéristique qui courait le long de sa nuque quand elle avait envie de voir le Général. Et ce frisson l'avait parcourue à la seconde même où elle avait pensé que dormir accompagnée était la solution à ces insomnies. C'était à côté de lui qu'elle voulait s'allonger. C'était ses bras qu'elle voulait sentir autour d'elle pendant la nuit.

Mais elle n'avait pas le droit. Ils n'avaient pas le droit. Même si elle avait essayé de lui faire comprendre ce matin qu'elle ne voulait que lui, elle ne savait pas s'il était prêt à bafouer le règlement pour elle. À une époque, elle aurait pu jurer qu'il l'aurait fait au moindre signe de sa part. Mais aujourd'hui ? Bien sûr, il y avait eu ce « toujours » quelques jours auparavant. Et encore aujourd'hui, il lui avait dit très sérieusement qu'il ne fallait pas qu'elle hésite à le réveiller si elle avait besoin de quoi que ce soit pendant la nuit. Et elle avait besoin de quelque chose. Elle avait besoin de lui. Alors pourquoi ne pas aller le rejoindre ? Si elle s'apercevait qu'elle était allée trop loin, elle se réfugierait derrière la première excuse qu'elle trouverait. Elle pourrait même peut-être trouver quelque chose de plus crédible le lendemain matin.

Elle posa son verre sur l'évier et se dirigea à pas de loup vers la chambre du Général avant de perdre son courage. Arrivée devant la porte, elle hésita une seconde. Sa main trembla sur la poignée avant d'appuyer dessus. La chambre apparut sous ses yeux habitués à l'obscurité. Elle ne savait pas s'il était réveillé depuis qu'elle s'était levée ou depuis qu'elle avait ouvert la porte de sa chambre, mais il se redressa en la voyant dans l'encadrement de la porte. Il lui fit signe d'approcher. Elle ferma la porte derrière elle et avança vers lui. Rassurée par le regard qu'il posait sur elle, elle s'assit sur le bord du lit, sans jamais quitter ses yeux. Il ne laissait que très rarement les autres lire en lui. À cet instant, il ne chercha pas à cacher ses émotions. Elle en fut touchée. Elle s'était dévoilée en entrant dans sa chambre. Pour elle, c'était comme lui avouer de vive voix qu'elle avait besoin de lui. Alors elle appréciait vraiment qu'il se dévoile un peu lui aussi.

Ils ne sauraient dire combien de temps ils restèrent plongés dans le regard de l'autre. Au bout d'un moment qui parut bien trop court à Sam, Jack bougea, mettant fin au moment d'éternité qu'ils venaient de partager. Elle mit un temps avant de comprendre ce qu'il faisait. Elle se leva pour qu'il puisse finir de dégager la couette de côté où elle était. Elle le laissa faire sans vraiment se rendre compte de ce que cela signifiait. Puis elle croisa son regard. Il l'invitait. Il l'invitait à rester si elle voulait. Près de lui. Dans son lit. Dans ses bras. Exactement ce qu'elle voulait.

Alors elle s'allongea et il la couvrit de la couette avant de l'encercler de ses bras. Elle s'installa plus confortablement, sa tête au creux de son épaule. Voilà, là elle se sentait bien. À sa place. Comme si la douce caresse de la main de Jack dans son dos appliquait un baume apaisant sur sa douleur. Comme si la chaleur qui se dégageait de son corps à lui faisait fondre la sensation de vide glacé que la mort de son père avait laissée dans son cœur à elle. Comme si sa simple présence effaçait le chaos de ces derniers jours.

Son souffle chaud dans son cou la fit frissonner. Elle resserra son étreinte. Les lèvres de Jack rencontrèrent inévitablement sa peau et elle le sentit sourire. Elle ne savait pas s'ils iraient plus loin. Elle le souhaitait, bien sûr, mais elle ne voulait faire aucun faux pas dans cette relation si compliquée parfois.

Elle l'aimait, elle en était sûre. À vrai dire, elle le savait depuis longtemps. Elle l'aimait. C'était pour ça qu'elle avait quitté Pete. Elle n'avait pas été tout à fait honnête avec le policier et il méritait mieux qu'une femme qui chercher à oublier un autre homme dans ses bras. Elle avait quitté Pete et le bonheur qu'il aurait pu lui offrir avec une vie normale. Elle avait quitté Pete parce que, aussi gentil, tendre et amoureux qu'il fût, il ne la faisait pas vibrer d'un seul sourire ou fondre d'un seul regard. Pas comme Jack. Elle avait quitté Pete parce qu'il n'était pas Jack.

Et maintenant, elle était dans les bras de Jack. Elle sourit, déposa un léger baiser sur sa joue et lui murmura un « merci » à l'oreille. Il se recula légèrement et captura son regard.

« Je vous l'ai dit, je serai toujours là pour vous.

- En tant qu'ami ? demanda-t-elle timidement.

- Je crois qu'on sait tous les deux qu'il y a plus que de l'amitié, lui répondit-il dans un sourire tendre. »

Il était prêt à avancer avec elle, mais il ne voulait pas la brusquer. Il ne voulait pas profiter de la situation. Elle n'était pas aussi forte qu'elle le laissait paraître ces derniers jours. Il ne voulait pas en profiter. S'il se passait quelque chose et qu'elle s'apercevait ensuite que c'était une erreur, il aurait du mal à s'en remettre.

Elle était un peu surprise par sa réponse. Ils avaient rarement été plus explicites. Elle fut émue de ce qu'elle lut dans ses yeux. Jack O'Neill était un livre ouvert pour elle à cet instant. Visiblement, il avait décidé de ne rien lui cacher. À l'amour qu'elle décelait dans son regard, une bouffée d'émotions l'envahit et elle le serra à nouveau contre elle.

« J'aime beaucoup la Carter spontanée et câline, lui dit-il, amusé.

- J'aime beaucoup le O'Neill qui m'accueille les bras ouverts, répondit-elle sur le même ton. »

Alors qu'il enfouissait son visage dans son cou pour y déposer un baiser brûlant, elle se recula d'un coup.

« Et Mlle Johnson ? demanda-t-elle, confuse d'avoir si vite oublié l'autre femme. »

Elle était libre désormais, mais elle avait occulté le fait que le Général, lui, ne l'était pas. Avant que ses pensées n'aillent plus loin, il la rassura.

« Elle a rompu avec moi, exposa-t-il simplement. Elle a compris qu'il n'y avait que vous, ajouta-t-il pour répondre à sa question muette. »

Le cœur de Sam rata un battement avant de s'emballer furieusement. Décidément, Jack O'Neill était surprenant ce soir. Il voulait effacer la distance entre eux et elle aimait ça. Alors elle lui sourit et s'installa confortablement dans ses bras une nouvelle fois. Elle soupira. La tension qu'elle avait gardée en elle ces derniers jours retombait. Le manque de sommeil se rappelait à elle et elle se sentit glisser. La voyant lutter pour garder les yeux ouverts, Jack la serra davantage contre lui.

« Dormez, Sam. Vous en avez besoin. Et on a toute la semaine, lui murmura-t-il. »

Elle sourit en l'entendant utiliser son prénom. Sa vie avait changé en si peu de temps. Elle avait eu peur. Elle avait mal. Mais le changement qui s'était joué cette nuit lui permettait de croire que les choses allaient s'arranger. Elle était avec Jack O'Neill.