Hey, c'est encore moi, spammant ce fandom de ma fanfic peu subtile, haha. Un peu de fluff, du mignon, des fleurs, et l'apparition du titre. Bonne lecture, et merci pour vos revieeews vous êtes cool.
— Tu sais ce qu'on raconte sur ces bois, Kō-kun ?
Bokuto secoua la tête. Les yeux au ciel, Akaashi arrachait des brins d'herbe avec irritation. Sa cousine Mayu, une jeune fille de 16 ans aux grands yeux noirs, battait dangereusement des cils en fixant Bokuto avec intensité. Assise à côté d'elle, Shirofoku riait sous sa cape.
— On dit que la forêt qui pousse sur cette montagne est en fait la propriété d'un dieu farceur qui s'amuse à y perdre les âmes vagabondes. Un instant d'égarement, et te voilà enfoncé dans la nuit noire sans plus aucun chemin pour te ramener à bon port. Plus de point de repère, plus de sentier à travers les arbres, plus d'étoiles dans le ciel. Tu es définitivement perdu, effrayé et désespéré, priant les esprits de te guider au milieu des bois.
Elle fit une pause de sorte à ménager son public, gratifia Bokuto, pendu à ses lèvres, d'un clin d'œil mutin, puis reprit :
— C'est alors que, errant au milieu des feuilles, tu la vois enfin...
Akaashi marmonna entre ses dents en rabaissant un peu la casquette qu'il avait sur la tête. Mayu se pencha vers Bokuto et Shirofoku.
— La clairière aux secrets, dévoila-t-elle d'une voix terriblement sérieuse.
— C'est la clairière aux confidences, sœurette, rectifia Akihiko en soulevant le chapeau de paille qu'il avait déniché en fouillant une à une les pièces de la maison à la recherche d'un couvre-chef digne de ce nom. Ça sonne super mal, la clairière aux secrets.
Le jeune homme de vingt-deux ans, unique véritable cousin germain d'Akaashi — Kazuo et Ryōta étant issus des demi-frère et demi-sœur de sa mère —, profita de cet interlude pour lancer une poignée de petites fleurs sur sa cadette qui ne réagit qu'en haussant légèrement les sourcils.
Shirofoku, allongée dans l'herbe, le visage reposant sur une de ses mains, attendit la suite. Akaashi, quant à lui, n'était pas vraiment pressé de l'entendre. Il avait subi cette histoire une bonne vingtaine de fois et aspirait plus à faire une petite sieste plutôt qu'à l'écouter encore. Akihiko et Mayu étaient arrivés vers midi ; le jeune homme, ravi d'apprendre que Bokuto et Akaashi avaient emporté leurs affaires de volley, avait tout de suite insisté pour y jouer un peu. Le terrain ne s'y prêtait guère, mais un entraînement était un entraînement, et Bokuto s'y était appliqué avec tant d'énergie que toute celle d'Akaashi s'était retrouvée aspirée dans le néant. Résultat, il était fatigué, plus qu'il ne l'avait jamais été quand il jouait au lycée, et le sommeil tentateur faisait cligner ses paupières un peu trop souvent au risque de les sceller tout à fait.
— La clairière aux confidences, répéta Mayu sans s'occuper de son frère.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda Bokuto.
Assis en tailleur, il se balançait d'avant en arrière, semblable à un enfant cherchant à tromper son ennui.
Les yeux de Mayu brillèrent. Elle avait attendu cette question, devina Akaashi.
— Un endroit que les arbres ont oublié de coloniser, pile au centre de la forêt. Il y a un petit lac, aussi, où les animaux viennent s'abreuver.
— Et qu'est-ce qu'elle a de spécial, cette clairière ? l'interrogea Shirofoku.
— Le dieu adore entendre les secrets des hommes, affirma Mayu. En échange de sept confidences, il ouvre un chemin dans les bois, et le voyageur perdu peut enfin rentrer chez lui.
— Sept confidences ?
— Pas une de moins. Sept secrets enfouis au plus profond de ton âme, sept aveux que tu gardes enfermés dans ton cœur.
— Il s'appellerait pas Konoha, ton dieu, par hasard ? ironisa Shirofoku en échangeant avec Akaashi un regard amusé.
Bokuto éclata de rire. Ses deux camarades suivirent.
— À part ça, dit Akihiko, décidé à changer de sujet de conversation, il paraît que vous êtes en compétition, vous deux ?
Shirofoku ricana.
— Il paraît, même si, dans le cas de Kōtarō, c'est déjà peine perdue.
Celui-ci lui adressa une grimace puérile. Il enroula son bras autour de celui du passeur en disant :
— Ak... Keiji m'aime. T'as déjà perdu. J'ai pas raison, Keiji ?
L'utilisation de son prénom parsemait l'échine de son possesseur de dangereux frissons. Il se tourna vers Bokuto. Celui-ci souriait, certain qu'il jouerait le jeu, puisque l'occasion s'y prêtait.
— Il a raison, confirma-t-il en prenant soin de ne pas les regarder.
— Ah ah ! T'as vu ?
— Ce qui compte, ce sont les scores, opposa Shirofoku. Et, à ce niveau-là, je m'en sors mieux que toi.
— Pardon ? On a qu'un seul point d'écart, je te signale. Deux à trois, c'est quand même pas extraordinaire.
Ils s'étaient départagés sur des épreuves plus ridicules les unes que les autres, Bokuto l'emportant sur le jugement des enfants et la fabrication de couronnes de fleurs — couronne qu'Akaashi avait portée près d'une heure avant que Keita ne la lui vole pour la cacher quelque part où, d'après ses dires, ils ne la retrouveraient plus jamais —, Shirofoku triomphant sur l'art de servir le thé, le concours de la devinette la plus ridicule — elle avait tout de même accompli l'exploit de faire rire Mariko, ce que tout un chacun considérait comme la plus grande épreuve qui eût jamais existé — et, enfin, le tournoi de celui qui pouvait rester le plus longtemps sans cligner des yeux, ce qui, pour être honnête, remplissait Akaashi d'effroi.
— Des couronnes de fleurs, se moqua Shirofoku en le lorgnant avec malice. À quel point tu peux encore être gay, pour voir ?
— Ne le provoque pas, Yukie, rit Akihiko. Certaines choses doivent rester privées.
— Je dois en faire une autre, dit Bokuto. Puisque Keita nous l'a piquée.
— Vas-y, fais-toi plaisir, fit Shirofoku. Moi, je vais faire une sieste.
Sur ces mots, elle s'allongea dos au sol, ses lunettes de soleil sur le nez, les mains derrière la tête.
— Je vais en chercher !
Akaashi le suivit des yeux un moment, puis prit sa place, tout contre un petit arbre qui ne leur offrait pas beaucoup d'ombre, les membres lourds. Il prenait toujours soin de faire ses étirements correctement, mais le sport lui restait dans les muscles comme s'il n'en avait plus fait depuis des années. La chaleur, sans doute.
Mayu partit chercher de l'eau pour tout le monde et revint avec Haruna et Reiko qui discutaient joyeusement de leurs vies respectives.
— Où est Akio ? demanda Akaashi tandis qu'elles s'asseyaient dans le cercle.
— Avec son père, dit Reiko. L'après-midi, c'est son domaine. Moi, je suis en congé. Et Bokuto ?
— Parti cueillir des fleurs pour son bien-aimé, répondit Shirofoku en regardant le ciel.
— Il fait tellement chaud, se plaignit Haruna en agitant devant elle un éventail qui semblait avoir vécu plus d'une guerre. Norie et papa sont partis acheter des pastèques pour tout à l'heure. Je crois qu'on va en avoir bien besoin.
Shirofoku retira ses lunettes.
— Pastèques ?
— S'ils en trouvent.
— J'espère... je vais prier votre dieu de la forêt.
Elle piqua la casquette d'Akaashi pour la placer sur sa propre tête puis se mit à discuter avec Akihiko de sa dernière compétition, où son équipe était apparemment arrivée en demi-finale avant d'être écrasée par le rouleau compresseur d'une tête de série qui remportait la victoire presque chaque année.
— Hé, y a plus de place pour moi ?
Tous levèrent les yeux vers Bokuto qui, quelques fleurs blanches à la main, cherchait en vain un espace libre où s'asseoir. Mayu allait s'écarter quand Haruna lâcha :
— Tu n'as qu'à te coucher sur Kei-chan, Kōtarō. Mon mec faisait ça tout le temps, il adorait ça.
Incertain, Bokuto interrogea silencieusement Akaashi qui, trop fatigué pour réfléchir, accepta d'un signe de tête.
— Cool, fit-il en s'asseyant devant lui pour s'appuyer nonchalamment contre son torse.
Akaashi, ne sachant pas exactement quoi faire de ses bras, les laissa errer sur le sol. De toute façon, Bokuto ne faisait plus attention à lui. Il était bien trop concentré à confectionner sa couronne ridicule.
— Où t'as appris à faire ça, Kō-kun ? demanda Mayu en admirant la finesse de son travail.
— J'ai une sœur qui adore ce genre de trucs, révéla Bokuto sans relever la tête.
— T'as une sœur ? s'étonna Shirofoku.
— J'en ai cinq.
— Cinq ?! s'exclama l'assemblée en chœur.
— Yup.
— Ça explique pourquoi il parvient à retenir le nom de tout le monde ici, dit Reiko. Même moi, je commence à avoir du mal. (Elle se tourna vers Akihiko.) Comment tu t'appelles, toi, encore ?
— Super marrant, Reiko.
— Elles sont plus jeunes ou plus âgées ? s'informa Mayu.
— Plus jeunes.
— Toutes les cinq ?
— Ouais. La plus petite a cinq ans, la plus âgée vient d'en avoir quinze.
— Ça doit être l'enfer, compatit Akihiko. Déjà avec une seule...
Mayu lui lança un regard noir qu'il réceptionna de son plus grand sourire.
— Non, c'est marrant. On s'habitue.
Akaashi n'avait jamais entendu parler de ça. Lui qui passait le plus clair de son temps avec Bokuto n'avait jamais pensé à se renseigner sur ce sujet. À vrai dire, ils discutaient le plus souvent de volley, rarement d'autre chose, et Akaashi lui-même n'était pas certain d'avoir évoqué son enquiquinante famille lors d'une conversation occasionnelle.
— Je m'ennuie, se plaignit Shirofoku. Keiji, donne-nous un défi.
— Bokuto-san est occupé, répondit-il, et Bokuto en profita pour tirer la langue à la manager qui plissa férocement les yeux.
— Il n'aura qu'à être déclaré perdant par forfait, dit-elle. Et c'est Kōtarō, Keiji.
— Akihiko n'a qu'à choisir, décida Akaashi en l'ignorant. Du moment que ça n'implique pas de bouger.
Le susnommé releva un peu son chapeau.
— Concours de devinettes ?
— Déjà fait, signala Reiko. Mais si t'en as une bonne, je suis partante.
— Mmh... j'en ai une. Qu'est-ce qui est transparent et qui court dans un champ ?
Chacun réfléchit.
— Un campagnol fantôme ? tenta Mayu.
— Ton esprit après avoir appris que maman était en charge de la cuisine pour la soirée ? dit Haruna.
— Non. Personne d'autre ?
Ils secouèrent la tête. Les lèvres d'Akihiko se tendirent en un sourire qui resta à peu près invisible sous son chapeau.
— Un troupeau de vitre !
Le silence perdura quelques secondes. Enfin, Shirofoku laissa échapper un petit rire étouffé.
— Vous n'avez pas d'humour, grommela Akihiko. Je retourne dormir.
— Pourquoi vous ne faites pas un concours de pierre-papier-fléau ?
— C'est ciseau, corrigea Haruna. On vous apprend même plus ça, à l'école ?
— Rien à voir. C'est pas la même chose.
— C'est quoi, la différence ? demanda Bokuto en se détachant de son travail.
— Tu commences normal et, à chaque victoire, t'as le droit de faire une prise de karaté à ton concurrent.
Shirofoku sauta sur ses pieds.
— Ça m'a l'air d'être le jeu parfait pour tester mes capacités.
— On avait dit sans bouger ! Tu rigoles, Yukie ! gémit Bokuto.
— T'as peur ?
— J'ai la flemme, surtout.
— Vous n'avez qu'à vous contenter de vous frapper sur la tête, dit Reiko, toujours intéressée par l'idée d'un combat sanglant. Ça peut se faire assis, ça.
— Mmh, d'accord, accepta Shirofoku sans demander l'avis de son adversaire.
Elle se plaça face à lui, assise sur ses jambes repliées sous elle, et le défia du regard.
— Deux à trois, rappela-t-elle. Viens me chercher.
Il geignit, chercha le soutien d'Akaashi qui ne fit rien d'autre que hausser les épaules, puis se prépara psychologiquement.
— Très bien, dit-il. Pierre, papier, ciseaux !
Il sortit le papier. Elle le soumit avec ses ciseaux.
— Oups, gagné, ricana Shirofoku, puis, d'un geste vif comme l'éclair, elle abattit son poing sur le crâne de son rival avec une violence surprenante.
— Aïe ! T'es malade ?
— C'était la partie fléau, intervint Mayu en secouant légèrement la tête. Pas de chance.
— Ça se joue en combien de manches ? demanda Reiko.
— Neuf.
— Neuf ! s'exclama Bokuto. J'aurai le temps de perdre la moitié de mes neurones, avec ça !
— On ne verra quand même pas la différence, asséna Shirofoku. Pierre, papier, ciseaux !
À nouveau, elle gagna le droit de le frapper sur la tête, ce qu'elle ne se priva pas de faire avec un sourire joyeux.
— Tu triches !
— Désolé, tu n'avais qu'à pas être nul. Pierre, papier, ciseaux !
Sa pierre écrasa sans merci les ciseaux de Bokuto qui se protégea la tête par réflexe, trop tard ; déjà il gémissait, les yeux humides, et appelait Akaashi à l'aide d'un regard désespéré.
— Pierre, papier...
— Ça suffit, la coupa Akaashi, pris de pitié pour son capitaine. J'ai besoin de Bokuto-san pour la prochaine compétition, avec le crâne entier, si possible.
Ce disant, il y avait posé les mains pour le protéger d'une éventuelle nouvelle attaque. Shirofoku secoua ses cheveux.
— Tu joues au chevalier servant ? se moqua-t-elle.
— T'as marqué ton point.
— C'est vrai. Ça fait deux à quatre.
— Je m'approche plus jamais de toi, siffla Bokuto en se laissant à nouveau aller contre Akaashi.
La trêve ne dura pas longtemps, toutefois ; quelques secondes plus tard, Shirofoku ouvrait son poing sur la cuisse de Bokuto qui, voyant ce qu'elle avait relâché, s'éloigna avec un cri de pure terreur. Elle gloussa.
— J'étais sûr que t'étais du genre à avoir peur des petites bêtes, dit-elle en récupérant la coccinelle qui tentait maladroitement de fuir vers de nouveaux horizons. Reviens, Kōtarō ! C'était une blague !
Bokuto s'approcha prudemment.
— T'as pas intérêt à balancer ce truc sur moi !
— Je l'ai remis plus loin, mentit-elle, mais, avant qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, Akaashi lui reprit l'insecte des mains pour le déposer plus loin dans le jardin malgré ses jambes fatiguées.
— Laisse-le tranquille, l'enjoignit le passeur. C'est pas drôle.
— Je sais, répondit Shirofoku d'une voix tranquille. Ce qui est drôle, c'est de te voir le défendre comme ça. Vous êtes adorables, quand vous êtes en public.
Il ne réagit que par un claquement de langue irrité. Bokuto, rassuré, revint s'installer auprès de lui. Il finalisa quelques secondes sa couronne puis la posa sur la tête d'Akaashi avec une expression d'intense fierté.
— Magnifique, commenta Shirofoku.
— Arrête de te foutre de moi, répliqua Bokuto. Ça lui va super bien.
— Il a pas tort, le soutint Reiko. T'as l'air d'une princesse, comme ça.
— D'une fée, rit Haruna.
Akaashi ferma les paupières, le dos contre le tronc, et décida qu'il était temps pour lui de faire comme si le reste de la terre n'existait pas. Il sentit à peine Bokuto se détacher de lui pour laisser reposer sa tête sur ses jambes croisées, le prenant sans doute pour un oreiller tout à fait confortable. Il ne put l'ignorer bien longtemps, cependant. Quelques secondes plus tard, son pseudo-petit ami s'était emparé de sa main dont il écartait les doigts avec fascination. Akaashi ouvrit les yeux.
— Bokuto-s...
Tout le monde le fixa intensément.
— Kōtarō-san, corrigea-t-il bien que le mot continuât de lui arracher la gorge, qu'est-ce que tu fais ?
— Mmh ? Rien.
— Aurais-tu l'obligeance de me rendre ma main, dans ce cas ?
Bokuto le lâcha précipitamment, sous les gloussements amusés de l'assistance.
— Désolé. Je me disais juste... (Il parut soudain gêné, ce qui, pour lui, était plutôt inhabituel, et Akaashi ne put s'empêcher de sourciller.) Que t'avais de jolies mains. Genre, rien à voir avec les miennes.
Akaashi espéra qu'on prendrait la couleur de son visage pour un simple coup de soleil.
— J'veux dire, elles sont toutes fines. C'est peut-être un truc de passeur ? Comme les pianistes, tu sais.
— Une couronne de fée, des doigts de fée, il ne manque plus que les ailes, lâcha Reiko.
Bokuto leva les yeux vers Akaashi et lui sourit. Celui-ci s'empressa de regarder ailleurs.
L'après-midi s'écoula avec lenteur, et le soleil ne semblait pas prêt à les abandonner quand Kazuo s'invita avec un grand plateau de pastèques luisantes sur lesquelles ils se jetèrent sans la moindre retenue. Bokuto, apparemment bien installé, la mangea tant bien que mal tandis qu'Akaashi grignotait la sienne à petites bouchées. Mayu et Akihiko, appelés par leur mère pour ranger leurs affaires et préparer leur chambre, quittèrent l'assemblée en en emportant quelques tranches avec eux. Shirofoku en avait avalé six quand on se décida enfin à les protéger d'elle en éloignant le plateau au loin. Haruna et Reiko, quant à elles, partirent à la recherche de Takaya, le mari de cette dernière, afin de faire goûter le fruit au bébé qu'il gardait quelque part à l'intérieur, loin des tendances sadiques du soleil.
Bokuto somnolait, paupières closes, la poitrine se levant et s'abaissant lentement au rythme de sa respiration. Par peur de le réveiller, Akaashi ne bougeait pas d'un iota, tout au plus si ses mains se perdaient dans les cheveux du capitaine pour les caresser d'un mouvement machinal. Il ne savait même pas quand il avait commencé. Lorsqu'il avait fini par réaliser, Bokuto l'avait pressé de continuer et, incapable de dire non, il avait simplement obéi sans y accorder plus d'attention que ça n'en méritait. Et, non, ça n'avait rien à voir avec le fait qu'il trouvait la texture des cheveux de son partenaire étrangement agréable, ni parce que son expression bienheureuse à chaque nouveau geste de sa part accélérait très faiblement les battements de son cœur, encore moins parce qu'il appréciait sa chaleur contre ses jambes et que c'était l'occasion rêvée pour lui de le contempler en silence.
Après tout, ce n'était pas son genre. Pas du tout.
— Gay, murmura Shirofoku à son oreille.
Puis elle se leva, sortit son téléphone de sa poche, et prit une rapide photo en ricanant.
— Efface ça, ordonna Akaashi.
— Jamais de la vie. J'vais la mettre en fond d'écran. Vous devriez vous voir, tous les deux. J'ai rarement vu scène aussi touchante.
— C'est juste...
— Pour satisfaire ton public ?
Elle balaya le jardin du regard.
— Je ne vois personne, pourtant, reprit-elle. T'as peur des caméras cachées ?
Alors qu'il tentait de balbutier une réplique bien sentie, elle éclata de rire et fila vers la maison en courant.
Akaashi, le temps d'une seconde, songea à réveiller Bokuto en lui tirant les oreilles, mais celui-ci était si profondément endormi, la bouche légèrement entrouverte, que son visage avait perdu toute trace d'émotion, plus serein que jamais.
Finalement, il ferma les yeux à son tour, les mains entre deux mèches grises et brunes, et se laissa emporter par la lourdeur de l'été.
Je réfute toute responsabilité sur la couronne de fleur, c'est Rin et Noyume qui m'ont dit que j'pouvais. /bam/. C'était votre chapitre cute du jour. Bokuto qui dort sur Akaashi c'est ma dope, j'dois avoir vu deux fanarts mignons af comme ça, j'étais obligée. :D
Plus que 4000 mots et j'suis aux 30K. Plus. Que. 4000. On y croit. (5 chapitres à écrire encore, argh. Y en aura 12, btw. Je crois. lol.)
Au prochain chapitre, Ryōta, une bouteille de saké, des décisions regrettables. Merci d'avoir lu, et à demain !
