Merci pour vos reviews ! On se rapproche de la fin, déjà :( (spoiler alert : non ça me rend pas malheureuse ahahaha y a trop de nouveaux trucs que je veux commencer en vrai :D). Très contente que le chapitre précédent vous ai plu. :B Bonne lecture !


Personne ne s'étonna de trouver Ryōta affalé au milieu du couloir, le lendemain matin, et la plupart des visiteurs l'enjambèrent sans lui prêter plus d'attention qu'il n'en méritait.

Bokuto était déjà levé quand Akaashi se réveilla. Le passeur s'assit, analysa l'état de son cerveau pour constater qu'il avait, par miracle, évité la gueule de bois, et se traîna jusqu'à la salle de bain la plus proche en se grattant négligemment le ventre. Devant le miroir, il se découvrit le teint frais, les cheveux joyeusement hirsutes, les yeux aussi brillants que s'il avait eu droit à une semaine complète de sommeil. Pris d'un doute, il vérifia la date. Jeudi, dix heures. Rien d'inhabituel.

Son reflet lui sourit négligemment. Il lui trouva quelque chose d'un peu crispé.

Ce n'est que lorsqu'il posa la main sur la poignée de la porte que les souvenirs l'envahirent sans prendre la peine de s'annoncer. En quelques secondes, ses joues se mirent à chauffer dangereusement, tandis que la honte et l'embarras se frayaient un chemin sans se presser jusqu'à son cœur qui battait la chamade, déjà maîtrisé par une profonde anxiété. Il jura entre ses dents.

Ce n'était pas la première fois qu'il faisait la rencontre de celui qu'il avait intelligemment appelé « Keijivre », mais jamais il n'avait autant regretté de l'avoir laissé prendre sa place pour à ce point le couvrir d'opprobre. Il ne se souvenait pas exactement des mots qui s'étaient échappés de sa bouche, pas exactement de la réaction des autres, et espérait que c'était le cas pour toutes les personnes présentes.

Pour Bokuto en priorité.

Il s'immobilisa soudain, frappé d'horreur.

Il l'avait embrassé. Il avait embrassé Bokuto. Il ouvrit le robinet d'eau froide, s'en aspergea le visage, et décida qu'il ne quitterait cette salle de bain que lorsqu'on l'y obligeait.

Ce moment, malheureusement, arriva plus vite que prévu ; trois coups retentirent contre la porte qu'il avait par chance verrouillée, le faisant sursauter.

— J'ai fini, dit-il en refermant le robinet.

Il n'avait d'autre choix que d'affronter le monde. Avec un peu de chance, tous auraient oublié ; quand il arriverait dans la cuisine, il les trouverait à parler d'autre chose, et...

— KEI-KEI A EMBRASSÉ KOTARO ! hurla une voix d'enfant dans le couloir.

Il se laissa glisser au sol, complètement abattu. Un jour, pensa-t-il, il découvrirait un remède à sa naïveté. Un jour.

Lorsqu'il parvint enfin à se reprendre en main pour se diriger vers la cuisine, il ne put se résoudre à croiser le regard de Bokuto qui, assis à table, riait avec Kazuo sans avoir l'air le moins du monde gêné.

— Salut, Keiji ! s'exclama-t-il en le voyant entrer. Bien dormi ?

Il se passa une main dans la nuque sans répondre, puis accepta gracieusement la tasse de thé qui lui était offerte par sa mère. Celle-ci soupirait :

— Je suis triste de ne pas avoir vu ça. Ils sont tellement discrets.

— Berk ! cria Keita en laissant tomber la moitié de ses céréales sur la table. Dégueulasse !

— Tu trouves ? sourit Bokuto. On sort ensemble, après tout. Hein, Keiji ?

Akaashi sentit son estomac tomber comme une pierre au fond de son ventre. Il répondit :

— Oui, c'est vrai...

La situation était pire qu'il ne l'avait espéré mais, au moins, Bokuto ne semblait pas lui en vouloir. Il s'assit à côté de lui, toujours tendu, mais plus personne ne souleva cette histoire les heures qui suivirent.

Le capitaine, par ailleurs, ne changea pas son attitude envers lui. Il le regardait avec les mêmes yeux rieurs, l'attrapait par l'épaule quand il voulait attirer son attention, se plaignait à chaque pique reçue, se frottait les mains à chaque pique envoyée. Ryōta, qui subissait une impitoyable gueule de bois, en fit les frais à peu près toute la matinée ; trop fatigué pour réagir, néanmoins, il se laissa taquiner par Shirofoku, Mayu et Bokuto sans jamais ouvrir la bouche, si bien qu'on le retrouva affalé sur un canapé, de l'herbe dans les cheveux, quelques traces de boue sur les joues et le front, les yeux à moitié fermés tandis que Shirofoku s'arrangeait pour prendre les plus belles photos de groupe possible afin de les ajouter à son dossier.

Akaashi, occupé à jouer avec Akio, leur jetait de fréquents coups d'œil, l'esprit ailleurs. Il ne s'éveilla que lorsqu'Akihiko débarqua dans la pièce, l'air ravi.

— Keiji, Kōtarō ! Vous vous êtes remis d'hier, j'espère, parce que j'ai une super nouvelle à vous annoncer !

— T'es enceinte ? demanda Mayu, s'attirant par là les rires du public, Ryōta excepté.

— Mieux que ça, sœurette.

Il croisa les bras à l'arrière dans sa nuque, comme s'il attendait qu'on l'interroge plus avant, ce que seul Bokuto eut la bonne grâce de faire.

— J'ai été discuter avec l'entraîneur d'un petit club du coin, dévoila fièrement Akihiko. J'lui ai parlé de vous, et il était très impressionné par le classement de Kōtarō. Il a accepté de tenter un match, si on arrivait à réunir suffisamment de personnes pour former une équipe. Et devinez quoi ?

Bokuto se releva d'un bond.

— T'as trouvé ?

— J'ai réussi à convaincre quelques membres d'une association de quartier de se joindre à nous !

Bokuto, rayonnant, lui frappa dans les mains avec un cri de victoire.

— Par contre, continua Akihiko, on n'a pas de libéro.

— Yukie-san a joué comme libéro, rappela Akaashi.

— Sans blague ? Extra !

Celle-ci fronça les sourcils.

— Je suis une fille, au cas où, nota-t-elle.

— Et alors ? C'est qu'un match sans pression. De toute façon, il y a deux femmes parmi les trois autres joueurs. Tu ne seras pas toute seule.

— Si ça ne vous dérange pas, alors. Mais je vous préviens, j'ai plus joué sérieusement depuis pas mal de temps.

— Longtemps ?

— J'y joue encore les week-ends, parfois, mais rien de bien...

Bokuto l'attrapa par les épaules et la secoua comme un prunier.

— Mais c'est super, Yukie ! Tu devrais aider aux entraînements !

— Plutôt crever, rétorqua-t-elle avec un ravissant sourire. Sans vouloir te vexer.

Il fit comme s'il n'avait pas entendu, trop fébrile pour se laisser abattre par ce genre de commentaire. Il attrapa Akaashi par le bras, l'obligeant à transférer Akio à Mayu pour préparer leurs affaires le plus rapidement possible. Dix minutes plus tard, ils attendaient devant la voiture. Bokuto, plus surexcité que jamais, bavassait sans s'occuper de savoir si quelqu'un l'écoutait, des étoiles plein les yeux. Akaashi, lui, contemplait ses mains avec nervosité.

Bokuto, il en avait fait l'expérience, disposait d'une personnalité extrêmement simple à perturber dans certaines situations. Il s'était habitué à ses sautes d'humeur au milieu de matchs ou d'entraînements, au point de pouvoir les deviner avant même qu'elles ne se produisent. Cette fois, seulement, la situation en question lui apparaissait nébuleuse et imprécise, parcourue de variables inconnues susceptibles d'influencer chacune de ses prévisions. Bokuto ne connaissait pas l'équipe, n'avait plus participé à un véritable entraînement depuis quelques jours et trépignait tellement d'impatience qu'il existait un risque non négligeable de le voir accumuler les erreurs.

Et puis, Akaashi, son passeur et partenaire, l'avait embrassé.

Il secoua la tête pour éloigner le souvenir qui, depuis son réveil, s'amusait à le titiller aux moments les plus inopportuns.

Akihiko, fin prêt, entra dans le quatre-quatre de sa mère. Shirofoku s'installa à ses côtés, tandis que Bokuto et Akaashi s'asseyaient à l'arrière. Il ne fallut pas longtemps pour voir une deuxième voiture les suivre, Norie au volant, accompagnée de Reiko, Mashiro et Mayu qui avait apparemment réussi à reléguer le bébé au premier adulte à sa portée.

— Un public pour nous soutenir ne nous fera pas de mal, dit Akihiko lorsqu'Akaashi le lui fit remarquer.

Il n'en était pas certain, mais ne répondit rien.

Lorsqu'ils arrivèrent au gymnase, ils trouvèrent une dizaine de joueurs occupés à s'échauffer, pas tout à fait adultes ni adolescents. La plupart semblaient de l'âge d'Akihiko ; ce dernier rejoignit l'homme qui les entraînait, les désigna d'une main, puis le coach s'avança vers eux, un large sourire aux lèvres.

— Bienvenue ! les accueillit-il. Vous êtes donc les joueurs dont m'a parlé ce jeune homme !

Ils acquiescèrent.

— Lequel d'entre vous fait partie du top cinq lycéen ?

Bokuto gonfla la poitrine.

— Je suis impatient de vous voir jouer, dit l'homme. Donnez tout ce que vous avez ; mes garçons ne vous feront pas de cadeaux, croyez-moi !

Il éclata de rire, puis retourna auprès de « ses garçons » en frappant des mains.

Quelques minutes plus tard, deux jeunes femmes de la vingtaine et un homme qui devait frôler les trente ans les rejoignirent et, après les présentations, tous commencèrent à s'échauffer. Alors qu'Akaashi, concentré, lançait des passes à chaque joueur, Bokuto sautillait sur place en attendant son tour. Il écrasa la balle au sol dès qu'il en eût l'occasion, déclenchant par là quelques exclamations impressionnées.

— J'suis en pleine forme, aujourd'hui ! s'exclama-t-il en remerciant Akaashi d'une tape un peu brutale dans le dos. On va leur montrer ce qu'on vaut, pas vrai ? T'as intérêt à me filer tes meilleurs ballons, Akaashi !

Il n'avait pas de souci à se faire ; s'il ne lui obéissait pas, il risquait de subir le pire match de son existence. Il avait suffisamment fait l'expérience des crises de déprime de Bokuto pour ne pas vouloir en affronter une nouvelle aujourd'hui.

Tâchant d'ignorer les cris d'encouragement gênants des membres de sa famille, il se plaça sur le terrain.

La rencontre se déroula d'abord plutôt maladroitement pour la nouvelle équipe autoproclamée ; Bokuto, comme l'avait prévu son passeur, était bien trop survolté pour jouer intelligemment ; Akaashi avait du mal à s'adapter efficacement aux besoins de chacun, bien qu'il ne fît aucune erreur irréparable et qu'Akihiko lui assurât le contraire. Par chance, une des deux inconnues se trouvait être excellente au bloc malgré sa taille moyenne et, comme il le leur avait raconté, Akihiko s'en sortait très bien aux réceptions. Contre toute attente, Shirofoku faisait un libéro plus que correct ; elle rattrapa quelques balles difficiles et manquait rarement sa passe à Akaashi, ce dont il la remercia silencieusement plus d'une fois.

Ils commençaient seulement à bien coordonner leurs mouvements quand le premier set leur échappa de quelques points. Par chance, Bokuto, nullement déçu et motivé par les encouragements de son maigre public, ne relâcha pas sa vigilance ; au début du deuxième set, Akaashi eut le plaisir de retrouver l'as qu'il était à Fukurodani, toujours avide de marquer, et Bokuto demanda tant de passes qu'il fut obligé de lui en refuser — après, bien sûr, s'être assuré que ça ne risquait pas d'influer sur son humeur, et, par là, sur le cours du match.

— J'en attendais pas moins d'un attaquant de ce niveau ! rit l'entraîneur sur le bord du terrain à la fin du deuxième set, arraché de justesse par Akaashi et ses coéquipiers. Et votre passeur n'est pas mauvais non plus !

Akaashi, en effet, se sentait en meilleure forme que d'habitude, et limita les fautes à quelques déséquilibres involontaires issus, le plus souvent, d'une réception de ballon sauvé in extremis après une attaque un peu trop violente.

— C'est parce qu'il est amoureux ! lâcha Shirofoku du fond du terrain.

Akaashi resta parfaitement stoïque et prit bien soin de poser les yeux partout ailleurs que sur Bokuto. Son cœur, ignorant ses ordres murmurés, martela si fort sa poitrine qu'il fut incapable de dire si c'était à mettre sur le compte du sport ou de quelque chose d'autre.

Le sport, finit-il par décider, était une explication tout à fait acceptable.

Le sourire de Bokuto, lui, n'entrait pas en ligne de compte, pas plus que ses exclamations triomphantes lorsqu'ils réussissaient une combinaison difficile, encore moins la façon dont il criait tantôt son nom, tantôt son prénom en s'élançant pour attaquer.

Rien à voir avec le souvenir de ses lèvres sur les siennes, une éternité plus tôt.

Le troisième set démarra rapidement. Pas un instant leurs adversaires ne leur permirent baisser leur garde, et les scores, au coude à coude, ne laissèrent à personne le loisir de deviner l'issue du match.

Lorsque l'équipe adverse dépassa en premier la barre des vingt points, Akaashi était si tendu qu'il ne pouvait s'empêcher de faire craquer ses articulations malgré les regards noirs de Shirofoku. Il grinçait tant et si bien des dents qu'il finit par avoir un peu mal à la mâchoire. Après un temps mort durant lequel ils n'avaient de toute façon pas grand-chose d'autre à conseiller que de continuer sans rien changer, il se remit sur le terrain, le souffle court, et essuya la sueur qui coulait sur son front avec la manche de son t-shirt.

— Déjà fatigué, Keiji ? dit Bokuto en se tournant vers lui.

Akaashi haussa les épaules. L'ailier avait beau avoir enchaîné les frappes durant tout le deuxième et début du troisième set, il ne paraissait pas le moins du monde exténué ; à vrai dire, si on avait demandé l'avis d'Akaashi, il aurait juré que Bokuto avait regagné de l'énergie, peut-être en aspirant la leur par quelque procédé magique peu recommandable.

— On va pas les laisser gagner contre nous, hein ? Yamiji-san nous le ferait salement payer !

Imaginer la réaction de leur coach réveilla un peu Akaashi. L'arbitre siffla la reprise, et il se prépara à passer la balle à Akihiko qui, comme ils l'avaient décidé, se tenait prêt à exécuter une attaque de trois mètres en bonne et due forme. Par chance, la ruse fonctionna parfaitement, et, alors que les contreurs adverses s'élançaient pour bloquer Akihiko, le passeur remporta le point en assénant une seconde main bien sentie qui déclencha quelques sifflements dans l'assistance.

— Tu gères, Akaashi ! le complimenta Bokuto en l'invitant d'un geste à lui frapper dans la main, ce qu'il fit avec un semblant de sourire — plus que tout ce qu'il lui avait déjà offert au cours de ce match-ci.

Deux points plus tard, ils avaient enfin fait un break ; le score étant de 22 à 21, Akaashi se jura de ne plus jamais insulter Ryōta s'il avait le malheur de perdre ce match, ce qui, apparemment, fut suffisamment motivant pour lui permettre d'effectuer des passes si parfaites qu'il s'en trouva lui même étonné.

Le tableau affichait 24 à 23 pour eux quand ce fut enfin le tour de Bokuto de servir. Les doigts croisés, Akaashi pria toutes les entités existantes pour qu'il ne rate pas son coup.

Il ne le rata pas. Le libéro adverse, par contre, réceptionna la balle de justesse, désorganisant l'attaque qui réussit tout de même à les surprendre avec une feinte désespérée ; Akihiko, doué de réflexes qui n'avaient rien à leur envier, la renvoya avant qu'elle n'ait atteint le sol. Akaashi n'eut pas à réfléchir. Les yeux brillants d'une lueur sauvage comme il n'en avait qu'en de rares moments de concentration extrême, Bokuto jaillissait de l'arrière du terrain avec un timing presque parfait, instinctif ; il envoya la passe d'Akaashi s'écraser sur les lignes adverses en traversant le bloc aussi aisément que s'il n'avait pas existé.

Pendant une seconde infinie, le silence s'abattit dans la salle. L'arbitre, enfin, siffla la fin du match.

Les acclamations qui résonnèrent lui parurent plus assourdissantes que celles dont il se souvenait en compétition officielle ; soudain inondé d'une allégresse si intense qu'elle le fit trembler, Akaashi se jeta dans les bras de Bokuto qui poussait un cri de victoire. Soulevé de terre, il se mit à rire comme il ne l'avait plus fait depuis un bon moment, puis l'équipe entière les rejoignit, et il se sentit envahi d'une vague de bonheur si complet qu'elle para ses yeux d'assez d'émotion pour remplir un océan.

C'était juste un match sans importance, siffla dans sa tête la voix de la raison, mais, pour une fois, il n'avait pas la moindre envie de l'écouter.

— Tu avais raison, Kōtarō, dit Norie en les voyant sortir bras dessus bras dessous du gymnase après les salutations et remerciements. Il arrive même à Keiji de sourire, quand il en a envie.

Et le sourire d'Akaashi, lorsqu'il croisa son regard, se fit plus grand encore.

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Attablés dehors, à la lueur des lanternes, Bokuto et Akihiko résumaient le match pour tous ceux qui n'avaient pas eu l'occasion d'y assister, s'attirant quelques fois des regards assassins de Ryōta qui avait passé la journée à tenter de conserver le contenu de son estomac bien au chaud à l'intérieur de celui-ci.

Le visage posé sur une main, Akaashi sentait la fatigue réclamer son dû, une récompense cette fois bien méritée. Depuis le coucher du soleil, il faisait bon. Les grillons chantaient encore, ignorant la tombée de la nuit, et les rumeurs agréables de la conversation qui ondulait jusqu'à ses oreilles le berçaient doucement. Une soirée parfaite, songea-t-il en contemplant distraitement le profil de Bokuto qui décrivait sa seconde main en des termes si élogieux qu'il en aurait d'ordinaire rougi.

— C'est pas si mal, hein ? susurra Shirofoku à son oreille. De l'entendre parler comme ça.

Elle avait parlé suffisamment bas pour qu'il soit le seul à pouvoir l'entendre. Il resta silencieux.

— Vous avez bien joué, continua-t-elle.

On a bien joué. Toi aussi.

— Bien sûr, mais je parle de vous deux. Je suis sûre que le coach aurait été impressionné. On aurait dit que vous communiquiez par la pensée.

— Ah... oui. J'en sais rien.

Le sentiment qui avait résulté du match d'aujourd'hui avait en effet quelque chose de différent de celle qu'il avait l'habitude d'éprouver. C'était étrange. Une sensation qui s'enroulait comme du lierre de ses pieds à sa poitrine, caressante, difficile à identifier. Une compréhension nouvelle ? Une plus grande complicité ?

— Il est plutôt beau gosse, hein ?

Heureusement qu'on ne lui avait jamais appris le sens du mot « subtilité ». Avant qu'il ait pu les retenir, cependant, les mots s'échappèrent de ses lèvres, semblables une nuée d'abeilles.

— C'est vrai.

— T'es adorable, Keiji. Ça fait des mois que ça flotte dans ton regard. Tu commences à t'en rendre compte ?

Il se tourna vers elle.

— De quoi ?

— Pourquoi l'avoir appelé lui ?

Il sentit sa bouche s'assécher.

— C'était le seul choix possible.

— Il aurait survécu sans toi. Konoha aurait tout aussi bien pu faire l'affaire.

— Konoha ?

Bien sûr que non. Il pinça les lèvres.

— Tu l'as embrassé, lui rappela-t-elle avec un demi-sourire.

Il la dévisagea un moment.

— Je sais, répondit-il enfin.

Son sourire s'agrandit.

— Alors ? Comment c'était ?

Gêné, il détourna les yeux. Son regard croisa celui de Bokuto qui lui adressa un signe joyeux de la main. Il s'éclaircit la gorge.

— Bien, murmura-t-il.

— Bien ?

— Très bien.

Merveilleusement bien.

Il soupira, transporté par la lumière suave des lanternes et les bourdonnements de la nuit, par le sang qui battait à ses tempes avec douceur, l'émotion qui agitait sa poitrine, convive familière et silencieuse d'un dîner secret qu'il avait toujours pris soin d'ignorer.

Puis, lentement, il ferma les yeux et sourit.


Yes bby you're in love. EVEN DEMONS KNOW.

Next : Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas, si le loup y était, il nous MAN-GE-RAIT. Aussi, des fantômes. À demain ! :D

Allez, j'retourne à écrire 9vies en attendant. J'vous conseille grandement cette fic elle est vraiment bien /bam/ OK JE SORS. Bye !