Alors d'abord merci pour vos encouragements. ça m'a fait bizarre de m'apercevoir que cette histoire a déjà atteint plus de 100 000 mots, alors que j'en suis à quoi... un huitième? Enfin, bref, j'espère qu'elle vous plait toujours autant.
Cependant pour une demi-douzaine de chapitre à peu près, Kécile va nous quitter...
Chapitre XIX: Dénonciation
- Je viens arrêter la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, cachée sous le nom de Kécile Gaunt, pour un aller simple vers Azkaban.
Un silence horrifié s'abattit sur la pièce.
Kécile fixait le ministre, les yeux agrandis de terreur et elle commença à reculer en trébuchant, n'ayant qu'une idée, s'éloigner le plus possible de cet individu.
Les trois hommes du ministère tournèrent le tête vers elle, et le petit homme court sur pattes demanda avec un sourire qui lui sembla mauvais:
- Dois-je en conclure que c'est vous, Kécile Gaunt?
Elle ne répondit pas, reculant toujours, et sursauta en sentant son corps arrêté par quelqu'un. Les deux bras puissants de Severus vinrent alors l'entourer d'un geste protecteur.
- Saisissez-vous d'elle.
- Attendez! ordonna Dumbledore.
Les deux aurors avaient déjà bondi et faisaient face à Severus qui s'était interposé, baguette brandie.
- Messieurs Shacklebolt, Dawlish, Severus, rangez vos baguettes, s'il vous plait.
Après un regard menaçant de part et d'autres, les trois hommes obtempérèrent, mais Severus resta devant Kécile, déterminé à la défendre.
- Bien. Maintenant que les esprits sont calmés, vous allez m'expliquer, Fudge, ce que cela signifie, déclara Dumbledore en fixant le ministre d'un oeil dur.
- Je suis désolé, Dumbledore, cette information ne doit pas vous plaire, mais c'est pourtant la vérité. Il se trouve que cette élève, Kécile Gaunt, est en réalité...
- La fille de Voldemort, acheva le directeur. Ce n'est pas une nouvelle. Et je ne vois pas en quoi cela nécessite de l'arrêter.
- Co... Comment?! éructa Fudge, soudain cramoisi. Vous le saviez?
- Je le savais, avant même que Kécile ne mette un pied dans cette école.
- Vous... Vous l'avez acceptée? Mais vous êtes fou? hurla le ministre.
- Fudge, coupa Dumbledore, calmez-vous! Ce n'est pas Voldemort lui-même que j'ai accueilli. Et Kécile n'a jusque là tué personne!
- Et que faîtes-vous des attaques mystérieuses de ces derniers mois?
- Kécile n'a rien à voir là-dedans.
- Elle est la seule capable d'avoir commis de tels actes. Enfin! Dumbledore, c'est la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
- Que Kécile soit la fille de Voldemort n'en fait pas une criminelle. Ça n'a pas de sens.
- Bien sûr que si!
- Kécile a rejoint notre camp.
- Je vous crois..., répondit Fudge narquois. De la même manière que Rogue, je suppose? C'est sans doute lui qui vous a révélé l'identité de la gamine sur l'ordre de son Maître. Vous et vos chers amis ont dû l'éduquer soigneusement, ajouta-t-il, méprisant, à l'adresse de Severus.
- Mon "Maître" comme vous dîtes a appris ma trahison, répliqua ce dernier d'une voix glaciale. Quant à mes "amis" ils ont dû recevoir l'ordre de nous tuer, Kécile et moi, à l'heure qu'il est.
Fudge lui jeta tout juste un regard dégoûté avant de dire avec une grimace:
- Vous êtes décidément complètement fou, Dumbledore. Accepter dans l'école un mangemort et la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom...
- Severus a depuis longtemps été innocenté par la cour du Magenmagot.
- Mais j'ai ici un mandat d'arrêt signé de Mrs Bones contre Kécile Gaunt. Vous ne pourrez pas dire que j'agis illégalement.
- Et quels sont les chefs d'accusation de ce mandat d'arrêt?
Fudge tira de sa poche un document officiel qu'il tendit à Dumbledore en déclarant:
- Personne proche du Lord Noir, partisane du même Lord et soupçonnée d'être responsable des attaques perpétuées contre les élèves de Poudlard depuis le mois de décembre.
Dumbledore lisait le document avec un mine écoeurée.
- Je ne peux pas croire qu'Amélia cautionne une telle infamie. Kécile aura droit à un procès.
- Je ne crois pas que cela soit prévu. Vous pourrez toujours le demander... suggéra Fudge avec un sourire narquois.
Kécile eut alors la sensation que son corps se gelait littéralement. Dumbledore avait tourné un regard désemparé vers elle et elle avait compris que la cause était perdue.
- Ce n'est pas possible! gronda Severus. Dumbledore! Vous ne pouvez pas laissez faire une chose pareille...
- Je suis désolé, répondit simplement le directeur tout d'un coup terriblement las.
Tout s'effondra alors autour de Kécile. Elle réalisa brusquement la vérité: elle n'avait échappé à la mort rapide du Serment Inviolable que pour la lente agonie d'Azkaban. Elle vacilla et Severus la retint avant qu'elle ne s'effondre. Elle était secoué de violents tremblements et semblait incapable de prononcer un mot.
Fudge fit un signe aux deux aurors qui s'avançaient vers le petit corps tremblant.
- Attendez! interrompit à nouveau Dumbleodre.
Fudge se tourna d'un air excédé vers lui.
- Que voulez-vous encore, Dumbledore. J'ai dit ce qu'il y avait à dire.
- Laissez-moi deux minutes seul avec elle.
Fudge le fixa d'un air soupçonneux, les yeux rétrécis, cherchant le piège. Dumbledore soupira.
- Vous avez ma parole que Kécile ne s'enfuira pas, Fudge.
Finalement, après une longue hésitation, le ministre fit signe aux deux aurors de le suivre et s'avança jusqu'à la sortie.
- Nous vous attendons devant la gargouille, lança-t-il d'un ton sec.
Et la porte se referma derrière eux, laissant place à un nouveau silence.
Dumbledore demanda d'une voix résignée:
- Minerva, s'il vous plaît, allez donc chercher Mr Potter et Weasley, ainsi que Miss Granger.
Le professeur MacGonagall, très pâle, partit sans un mot. Dès qu'elle fut sortie, Severus se tourna vers le directeur d'un air accusateur et demanda, menaçant:
- Vous n'allez tout de même pas les laisser faire, Albus?!
- Je n'ai malheureusement pas d'autre solution pour l'instant.
- N'essayez pas de me faire croire que vous n'avez pas un moyen de la soustraire aux autorités.
- Pour qu'elle soit poursuivie à la fois par le ministère et Voldemort? Non, Severus, Kécile n'a de chance de résister que par les voix légales.
- C'est insensé! Vous ne...
- Severus, coupa Dumbledore, sortez maintenant.
Le professeur de potion resta à fixer son directeur avant de tourner les talons et de sortir en claquant la porte d'un geste rageur.
Le silence envahit une nouvelle fois la pièce. Kécile n'avait toujours pas dit un mot et fixait le vide d'un regard perdu et horrifié. Dumbledore se sentait presque aussi désemparé que le soir où elle avait annoncé sa décision de trahir un Serment Inviolable, à la fois coupable et impuissant.
Mais le temps passait. Fudge allait finir par s'impatienter.
Dumbledore rompit donc le silence d'une voix basse et grave:
- Je suis désolé.
Kécile tourna son regard vers lui. Il fut soulagé de n'y voir aucune accusation . Mais le désespoir qu'il y lisait lui serra le coeur. Elle déglutit avec difficulté et semblait lutter contre les larmes. Il se pencha vers elle et la tenant par les épaules, déclara:
- Je te jure, Kécile, que tu ne resteras pas à Azkaban. Je te sortirais de là le plus rapidement possible. Peux-tu me faire confiance?
Kécile hocha la tête et Dumbledore la prit dans ses bras. Elle ne résista pas à l'étreinte. Des larmes coulaient le long de ses joues.
- Je te sortirai de là, Kécile, répéta-t-il doucement, comme pour s'en convaincre lui-même.
Le nez dans sa barbe, la petite fille parla enfin:
- Je tâcherai de résister. Mais ne tardez pas trop.
Dumbledore la pressa davantage contre lui pour tenter de la rassurer.
Mais il fallait malheureusement quitter la sécurité du bureau pour rejoindre les gens du ministère. Kécile descendit comme une somnambule les escaliers en colimaçon et passa la gargouille à la suite de Dumbledore. Elle ne remarqua pas la lueur de pitié dans les yeux de Shacklebolt ni la rage froide dans ceux de Severus. Elle se laissa faire lorsque Dawlish la lia et lui lança un sort anti-transplanage. (Comme si une gamine de 12 ans savait le faire! s'insurgea Severus.) Le sinistre cortège marcha dans les couloirs heureusement vides à l'heure du dîner, sans un mot. Kécile ne songea même pas à l'humiliation qu'elle aurait pu éprouver si des élèves l'avaient vue, escortée ainsi qu'une criminelle. Elle n'entendit pas non plus le cri faible cri qui résonna dans le hall lorsqu'ils le traversèrent.
Puis ils s'avancèrent dans le parc de Poudlard et Fudge rompit enfin le silence:
- Deux détraqueurs nous attendent aux portes du parc.
Kécile grelotta brusquement de froid et de peur. Severus, le poing et la mâchoire crispée se retint de ne pas sauter à la gorge du misérable abruti qui servait de ministre à la communauté sorcière. La nouvelle ne semblait pas émouvoir Kécile dont le visage restait totalement vide d'expression. En réalité, plus rien ne semblait l'émouvoir, et il aurait douté qu'elle l'ait entendu si elle ne s'était pas mise à trembler. Son pas se faisait de plus en plus vacillant . Et il en comprit rapidement la cause: ils approchaient des grilles du parc. Lui aussi commençait à ressentir le froid malsain que provoquaient les détraqueurs.
Kécile sembla brusquement sortir de sa torpeur en s'arrêtant net. Il voyait son corps frêle secoué de violents tremblements convulsifs, et elle était visiblement incapable de faire une pas de plus. Mais les deux aurores l'attrapèrent par le bras et l'obligèrent à avancer, comme une condamnée à l'échafaud. Alors que Severus commençait à ressentir un léger brouillard embrumer son esprit et qu'il fermait toute pensée pour ne pas se laisser envahir, le cortège passa les grilles de Poudlard, laissant derrière eux les protections magiques de l'école.
Ils virent deux ombres sinistres glisser vers eux, amenant avec eux un halo glacial. Kécile se figea, les yeux agrandis par la terreur. Elle ne se tourna pas vers eux, elle ne prononça pas une plainte. Mais lorsque les détraqueurs se saisirent d'elle, un gémissement s'échappa de ses lèvres et elle s'effondra au sol, inanimée.
Severus amorça un mouvement pour la rejoindre, mais une main se posa sur son bras et le retint. Il tourna la tête vers Dumbledore et vit le vieil homme le regarder avec un air désolé et secouer lentement la tête. Il aurait voulu hurler de rage, se jeter sur le petit corps abandonné et transplanter pour l'emmener loin ces bourreaux. Au lieu de cela, il ravala sa fureur et regarda Shacklebolt éloigner les détraqueurs et prendre dans ses bras le corps inerte de Kécile.
- Je ne crois pas qu'elle nous pause beaucoup de problèmes, Monsieur le ministre. Je vous demande l'autorisation de la transplanter moi-même directement à Azkaban avec Dawlish. Fudge acquiesça. Dans un ensemble parfait, les trois hommes transplanèrent avec leur victime suivis des deux détraqueurs qui disparurent dans un halo gris, laissant derrière eux le froid et la désolation.
Dumbledore et Severus restèrent un moment dans le vent glacial à fixer l'endroit où Kécile s'était effondrée. Ni l'un ni l'autre ne savait quand ils la reverraient et surtout, dans quel état. Dumbledore suivait dans son esprit le parcours monstrueux de l'innocente enfant. En cet instant, elle devait avoir passé la limite de zone de transplanage sur le rivage et être embarquée sur la barque qui la mènerait jusqu'à l'île morose et aride où se dressait la sinistre forteresse d'Azkaban.
- Je n'arrive pas à croire que vous ayez fait ça! Cracha Severus.
Dumbledore ne répondit pas. Il ne tourna même pas le regard vers son professeur. Il fit simplement demi-tour, d'un pas las, marchant sur les traces du chemin de croix de Kécile. Les élèves qu'ils croisèrent sur le chemin de son bureau les regardèrent avec attention. La rumeur avait déjà fait circuler que le ministre était venu et qu'ils avaient emmenés l'Héritier de Serpentard. Mais devant la mine sombre du directeur et celle plutôt effrayante du professeur de potions, tous se taisaient sur leur passage. Enfin, Dumbledore atteignit la gargouille. Il savait qu'en haut, dans son bureau, l'attendaient Harry, Ron Weasley et Hermione Granger. Qu'allait-il leur dire?
***
- Il va falloir tous les passer en revue, déclara Hermione d'un air décidé.
- On ne peut quand même pas écarter l'idée qu'un élève d'une autre maison ait fait ça, répliqua Harry.
- Comment veux-tu qu'il soit entré dans la tour, protesta Ron la bouche pleine.
- Votre petite virée chez les Serpentard prouve qu'il n'est pas impossible d'entrer dans les autres salles communes de manière frauduleuse.
- Tu crois qu'd'autres ont fait l'coup du polynectar marmonna Ron en enfournant une bouchée de pommes de terre.
- Peu probable rétorqua Harry. Ils n'ont pas tous les capacités d'Hermione.
- Je pense plutôt répliqua celle-ci sans relever le compliment, qu'un élève se soit procurer le mot de passe de manière tout à fait banale.
- Qu'est-ce que ça veux dire?
- Il y a forcément d'autres élèves de Poudlard qui connaissent le mot de passe du portrait: des frères et sœurs de Gryffondors, ou de petits ou petites amies. Mais je maintiens que le voleur doit d'abord être cherché à Gryffondor. Ce sera de toute manière plus facile pour nous.
Ron avala et demanda:
- Je suppose que Kécile ne fait toujours pas partie des suspects?
- Pas plus que les autres, répondit Hermione d'un ton catégorique.
- Mr Potter, Weasley, Miss Granger, venez avec moi, s'il vous plait.
Le professeur McGonagall les fit tous sursauter. Ils remarquèrent immédiatement la mine pâle et secouée de leur professeur. Légèrement inquiets, ils quittèrent la table sous le regard plus ou moins intrigués des autres élèves.
- Professeur, que se passe-t-il? Interrogea Harry.
MacGonagall ne répondit pas. Ils passèrent les doubles portes de la Grande Salle que le professeur ferma consciencieusement derrière eux.
Hermione poussa alors un cri d'effroi, et les deux garçons restèrent stupéfaits: le directeur, Rogue et un inconnu accompagnaient deux hommes qui encadrait Kécile, les mains liées, la tête basse.
- C'est Fudge, le patron de mon père. C'est le ministre, souffla Ron, éberlué.
- Qu'est-ce qu cela signifie, professeur? demanda Hermione d'une petite voix. Est-ce que Kécile a été … arrêtée?
- Venez, répliqua simplement MacGonagall.
Mais sa voix était beaucoup moins sèche qu'à l'ordinaire.
«Arrêtée, songea Harry. Ce seraient-ils donc trompés? Était-ce Kécile, l'Héritière de Serpentard? Et que faisait-on des criminels, dans le monde des sorciers? Réalisa-t-il. Particulièrement des mineurs?»
Ses interrogations furent interrompues lorsque MacGonagall les arrêta devant la gargouille et prononça le mot de passe: «Caramel mou». Ils arrivèrent dans le bureau et elle fit apparaître trois sièges supplémentaires en leur indiquant de s'asseoir.
- Professeur, réattaqua aussitôt Hermione, que se passe-t-il?
- Miss Gaunt a été arrêtée, répondit la vieille femme d'un air grave.
- Pourquoi?
- Le ministre l'accuse d'être responsable des agressions contre les élèves.
- Il n'a aucune preuve! S'insurgea Hermione.
- Nous n'en savons rien, Miss Granger, coupa sèchement MacGonagall. Croyez- moi, vous ignorez énormément de choses à propos de votre camarade. Moi-même, je n'aurais jamais cru que…
Elle s'interrompit en secouant la tête d'un air effaré.
En voyant le regard inquiet et avide de ses élèves, elle se murmura:
- Le professeur Dumbledore vous expliquera cela bien mieux que moi.
Alors, ils attendirent. Et lorsque le directeur revint dans son bureau, suivi de Rogue, Harry fut frappé par la lassitude et le chagrin qui marquaient le visage du vieil homme. Même Rogue semblait secoué et furieux. Les deux hommes s'assirent en silence et ce fut le professeur de métamorphose qui rompit le silence pesant de la pièce ne demandant, la voix légèrement tremblante.
- Ils l'ont emmenée?
Dumbledore acquiesça.
- Et ce que… c'est vrai? Interrogea-t-elle, espérant visiblement de tout cœur entendre répondre par la négative.
Mais Dumbledore se contenta d'acquiescer.
- Je... Je n'arrive pas à le croire. Vous avez pris des risques énormes!
- J'ai pris des risques, c'est certains mais ils étaient contrôlés. Et la suite m'a donné raison. Vous remarquerez de plus qu'elle est à Gryffondor.
- Albus, vous savez aussi bien que moi que ça ne veut pas dire grand-chose.
- Content de vous l'entendre dire, Minerva, grogna Severus.
- Dans son cas, cela veut dire beaucoup. Et c'est une chance immense pour elle.
- S'il vous plaît, professeur, intervint Hermione d'une petite voix, pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe?
- Si je puis me permettre, Albus, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de mettre ces élèves au courant, remarqua Rogue, avec une expression qui rappelait désagréablement à Harry le jour d'Halloween où Miss Teigne avait été attaquée.
- Je crois au contraire qu'ils ont le droit de savoir la vérité, Severus, répondit Dumbledore.
Il se tourna alors vers eux.
- Je pense pouvoir dire sans me tromper que vous êtes des amis de Kécile...
Ron voulut protester, mais Hermione lui donna un violent coup de coude pour le faire taire, tandis qu'Harry répondait honnêtement.
- Nous ne sommes pas vraiment des amis, mais nous nous entendons de mieux en mieux.
- Vous êtes dans tous les cas ses camarades les plus proches. Et je compte sur vous pour comprendre ce que je vais vous révéler.
- Albus, intervint MacGonagall avec un ton réprobateur, c'est vous même qui m'avez demandé de mettre en garde Mr Potter contre Miss Gaunt l'an passé.
- Beaucoup de choses ont changées, Minerva. A commencer par Kécile., répondit le directeur. Il se tourna vers les trois Gryffondors: Kécile est en réalité la fille de Voldemort.
Hermione mit la main devant sa bouche d'un air effaré, Ron tomba de sa chaise dans un glapissement très distingué, et Harry fixa Dumbledore, essayant de réaliser l'information.
- D'une manière que j'ignore encore, le ministre en a été informé. Il a décidé que la fille de Voldemort n'a rien à faire en liberté. Pire encore, il l'accuse d'être responsable de ces agressions.
- C'est n'est pas de la justice! s'insurgea Hermione.
- Miss Granger, répondit Rogue sarcastique, le ministère n'a cure de savoir si ses actions sont justes ou non. Ce qu'il veut, c'est donner l'impression d'agir en mettant la main sur toute personne susceptible d'être mêlée de près ou de loin au Seigneur des Ténèbres.
- Professeur, nous autoriserez-vous à nous rendre au procès?
- Hélas, il faudrait déjà qu'il y en ait un, et rien n'est moins sûr, avoua Dumbledore.
- Mais... c'est impossible!s'écria Hermione
- Ce ne serait pas la première personne à qui cela arriverait, répondit amèrement Severus.
- Professeur, intervint Harry, où ont-ils emmené Kécile?
- A Azkaban, répondit Dumbledore
Hermione eut un petit cri horrifié et Ron prit une mine dégoûté.
- C'est horrible. Comment peuvent-ils faire une telle chose? Elle n'est même pas majeure!
- Je vais faire tout mon possible pour la libérer. Cependant, les enfants, je vous demande de ne rien dire à vos camarades. Inventez une excuse, faîtes-les ignorants, mais pas un mot. Je vous tiendrai informé de l'avancement de sa libération.
Alors qu'ils retournaient vers la salle commune, Harry avisa une salle vide et fit signe aux deux autres d'y rentrer.
- Je sais que j'ai l'air idiot, dit-il sans détour, mais qu'est-ce que c'est qu'Azkaban?
- Tu n'es pas idiot, répondit Ron. Azkaban c'est la prison des sorciers. Mais ce qui est particulièrement horrible, c'est qu'elle est gardée par des Détraqueurs.
- Ce sont des créatures vraiment maléfiques, poursuivit Hermione, qui se nourrissent du désespoir de leurs victimes.
- Papa dit que certains prisonniers finissent par devenir fou, ou se laissent mourir.
- Je n'arrive pas à croire qu'ils aient osé y envoyer Kécile, s'exclama Hermione. Je croyais que seuls les sorciers majeurs y étaient envoyés. Il n'y a donc pas de législation particulière pour les sorciers de premier cycle?
- Hermione, tu crois que j'en sais quelque chose? De toute manière, on ne peut pas considérer Kécile comme une sorcière de premier cycle! Si elle est la fille de Tu-Sais-Qui, j'imagine qu'elle ne nous a pas montré le quart de ce qu'elle sait faire.
- Dumbledore a l'air de penser qu'elle est de notre côté, remarqua Harry.
- Dumbledore fait confiance à Rogue. Ça ne veut rien dire.
- Ron, on n'a aucune preuve que Severus est un mangemort, et encore moins qu'il est du côté de Tu-Sais-Qui.
- Mangemort? releva Harry
- Un partisan de Tu-Sais-Qui. De toute manière, poursuivit- Hermione. Kécile n'a pas l'attitude d'une partisane des ténèbres.
- Ça ne veut pas dire grand-chose, insista Ron. Reconnais qu'on est plus tranquille en sachant qu'elle ne peut rien nous faire.
- Ron! s'exclamèrent Harry et Hermione en même cri.
- Tu devrais avoir honte!
- Attends, tu ne vas pas me dire que tu lui fais confiance! Hein, Harry?
- Je ne sais pas trop quoi en penser, mais l'envoyer en prison...
- Je reconnais que c'est dégueulasse de la soumettre aux Détraqueurs. Mais c'est certain qu'elle n'a rien à faire à Poudlard.
- Tu n'es vraiment qu'un imbécile, Ronald, cracha Hermione.
Les oreilles de celui-ci devinrent brutalement rouges et Harry regretta de ne pas savoir jeter un sort de silence comme Kécile. On devait l'entendre à l'autre bout du château.
- Un imbécile?! JE suis un imbécile! Merlin! Mais toi t'es qu'une inconsciente! C'est pas toi qui entend depuis que tu es née parler de ce Grand Malade de Tu-Sais-Qui, c'est pas toi qui voit la peur sur les visages de tes proches quand ils te racontent comment c'était à l'époque. C'est pas toi dont la moitié de la famille a été décimée par les mangemorts! Alors t'as beau jeu de jouer les humanistes!
- Tu-Sais-Qui est mort! Qu'est-ce qu'on risque? En attendant, tu n'as aucun scrupule à envoyer une fille innocente à Azkaban.
- Miss Mystère nous a jamais rien dit sur elle. On sait pas par qui elle a été élevée. Mon père dit qu'il y a pleins d'anciens Mangemorts en liberté. A commencer par Malfoy père. Et justement, tiens! Elle semble bien le connaître Malfoy fils.
- Sauf que tu oublies de préciser que Malfoy ne semble pas l'apprécier. Qu'est ce que tu en penses, toi, Harry?
- Je reconnais que ce n'est pas rassurant de savoir qu'on a la fille de Voldemort avec nous, commença prudemment Harry. Mais Dumbledore lui fait confiance. Dans tous les cas, je trouve qu'elle a droit à un procès.
- Mais vous vous rendez compte un peu, si tous les enfants de mangemorts devaient être jugés?
- Vu qu'on en a attrapé très peu...
- Mais ça veut dire que vous jugez les gens par ce que sont leurs parents! C'est grave. Je comprends pourquoi je me fais traiter de sang-de-bourbe.
- Ça n'a rien à voir!
- C'est exactement la même chose, Ron, répondit Hermione en ouvrant la porte. Ce genre préjugés, ça marche dans les deux sens. Et elle claqua la porte derrière elle.
Ron lança un coup de pied dans une chaise avec rage.
- Mais elle ne comprend donc rien!
Harry ne jugea pas nécessaire de faire remarque son ami qu'à son avis, Hermione comprenait beaucoup plus de choses que lui.
Dumbledore caressait machinalement Fumsec qui était venu se poser sur ses genoux, tout en réfléchissant à la conversation mouvementée qu'il avait eu avec son professeur de potion. Ce dernier n'avait pas pris la peine, contrairement à l'habitude, de cacher à son mentor, qu'il était bouleversé par ce qui arrivait à Kécile et qu'il n'allait pas attendre les bras croisés pendant que la gamine croupissait au fond d'une geôle. Il avait fallu toute la force de persuasion du directeur pour qu'il n'aille pas mettre le ministère sans dessus dessous pour obtenir la libération de sa protégée.
" Puisque je ne suis plus bon à rien au sein de l'ordre, avait dit Severus, j'assumerai au moins correctement mon devoir de protéger Kécile."
Dumbeldore avait eu toutes les peines du monde à faire admettre à son professeur que non seulement il était une cible prioritaire de Voldemort, mais qu'en plus son statut d'ancien mangemort le laisserait toujours suspect aux yeux du ministère. Lorsque son irascible professeur était enfin parti, le premier soin de Dumbledore avait été d'envoyer malgré l'heure tardive, une missive à Amélia Bones lui demandant un rendez-vous de toute urgence.
Maintenant, il essayait d'envisager les différents moyens de faire libérer Kécile qu'il possédait. Bien que l'idée séduirait probablement beaucoup Severus, il ne pouvait pas envisager d'aller chercher la fillette par la force. Les conséquences politiques seraient trop graves. Il ne pouvait non plus laisser Severus agir, comme celui-ci le lui avait demandé. Le ministère ne le manquerait pas et sauterait sur l'occasion pour l'envoyer rejoindre Kécile à Azkaban. Il allait donc voir ce qu'il pouvait obtenir d'Amélia Bones comme informations et surtout attendre le lendemain pour savoir ce qui apparaîtrait dans la gazette. En fonction de ce qui serait dit, il saurait quelle marge de manoeuvre il possédait auprès de Fudge.
Minuit avaient sonné depuis longtemps quand une tête surgit enfin de l'âtre de la cheminée.
- Albus?
- Bonjour Amélia
- Je n'étais pas sûr que les barrières seraient encore levées à cette heure-ci.
- J'attendais votre réponse avant de les remettre.
- Bien. Je suppose que c'est au sujet de l'arrestation de ce matin?
- Oui.
La mine de Mrs Bones s'assombrit.
- Je m'en doutais. Je me suis libéré pour vous consacrer une heure entre 13h et14h. Je savais que vous voudriez me voir...
- J'y serais. Vous aurez bien sûr son dossier avec vous...
Bones soupira.
- J'ai compris, Albus. De toute manière, je vous connais! Tant que vous ne l'aurez pas vu, vous viendrez me voir jusqu'à ce que je vous dise tout ce qu'il contient...
Dumbledore eut un petit sourire satisfait.
- Eh bien, dans ce cas, tout est pour le mieux. Demain 13heure. Bonne nuit, Mrs Bones.
- Bonne nuit, professeur Dumbledore.
Ce n'est pourtant pas ce qui attendait le-dit professeur Dumbledore.
Lundi 2h15. Malheureusement, rien ne pouvait être fait à un tel horaire. Dumbledore se résigna donc à se coucher, n'ayant rien de mieux à faire. Mais le sommeil ne vint pas. La pression maintenue toute la soirée retombait et l'inactivité forcée l'obligeait à voir les évènements sous un autre jour. Jusque là, il s'était concentré sur les meilleurs moyens de libérer Kécile, la colère de Minerva, la fureur de Severus. Mais maintenant, il songeait à la fillette, abandonnée dans un cachot humide et glacial, peut-être toujours inconsciente, ou plongée dans un sommeil peuplé de ses pires angoisses et de ses pires souvenirs, incapable de résister à l'influence macabre de ses gardiens. Alors que lui était là, entre ses couvertures moelleuses, dans la chaleureuse sécurité de ses apprêtements, sur ce même lit où il la revoyait encore, tout juste deux semaines auparavant, dormir enfin d'un sommeil apaisé malgré la menace d'une mort imminente
Il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable alors même qu'il ne pouvait rien faire.
Ne parvenant pas à trouver le sommeil, il fut tenté de se relever pour s'occuper l'esprit. Mais les jours à venir promettaient d'êtres rudes. il ne pouvait plus, à 4h du matin, envisager de prendre une potion de sommeil sans rêves. il s'obligea donc à se vider l'esprit pour parvenir enfin à dormi quelques heures d'un sommeil agité.
Dès demain, la bataille commencerait.
Ne haïssez pas trop Dumbledore, c'était un mal nécessaire.
