Bonjour!

Alors pour les quatre chapitres à venir, ce n'était pas tellement prévu, mais je me lance dans l'enquête policière!lol! Un comble quand on sais que je n'en lit jamais parce que je n'aime pas ça hormis les Arsène Lupin!... Alors surtout, n'hésitez pas à me critiquer et ne prenez pas des gants pour me faire part de ce qui ne va pas, est ennuyeux, incompréhensible, illogique... bref de ce qui ne vous plaît pas, ça me permettra de m'améliorer.

Précision pour l'histoire: pour simplifier les choses, je considère que Maugrey est encore dans le métier d'auror, et que Tonks et Kingsley n'ont finalement que deux ans de différence.


Chapitre XXII: L'affaire Gaunt

Le lendemain matin, dans la grande Salle, le directeur et Rogue se firent remarquer par leur absence, durant le petit déjeuner. Harry les chercha vainement, et aurait bien aimé apercevoir son directeur. Depuis la veille, il repensait sans cesse à l'expression défaite de Dumbledore, et cela, bien plus que les disputes entre ses deux amis, le mettait mal-à-l'aise. Si le directeur était vraiment inquiet, c'était mauvais signe. MacGonagall, quant à elle n'avait pas bonne mine, constata Harry. Il entama son petit déjeuner sans entrain. A sa gauche, Ron. A sa droite, Hermione. Lui au centre, tentant tant bien que mal de parler à l'un et à l'autre sans relancer le sujet polémique, car ses deux amis avaient décidé de ne plus s'adresser la parole. Pour ne pas être inédite, cette situation n'en était pas plus confortable.

- Vous croyez que Rogue ne va pas faire ses cours aujourd'hui? demanda-t-il.

- Ce serait trop beau qu'il nous laisse échapper à deux heures de cachots!

- Eh! Hermione, interpella Lavande. Tu sais où est Kécile? Je ne l'ai pas vue depuis hier matin. J'ai l'impression qu'elle n'a pas dormi au dortoir.

- Ce ne serait pas la première fois, répondit placidement Hermione.

- Tu l'as vu?

- Non

- Moi, je l'ai croisée, hier en fin d'après-midi, répondit Neville. J'en ai profité pour lui demander le mot de passe.

- Je ne vois pas de toute manière ce que ça peut te faire, Lavande, remarqua Dean. Depuis quand Princesse Lointaine nous informe-t-elle de ce qu'elle fait?

- Arrête de l'appeler comme ça, Dean; c'est ridicule! dit Hermione.

- Ça lui va bien, reconnais!

- Plus maintenant. répliqua-t-elle d'un ton péremptoire. Ah! Voilà le courrier.

Et Hermione attrapa vivement la Gazette du sorcier qu'une chouette avait lâchée au-dessus de son bol de céréales. Pendant que Ron engouffrait son bacon aux oeufs d'un air détaché, Harry ne put s'empêcher de jeter un coup d'oeil à la première page. Mais cinq minutes plus tard, Hermione fermait le journal en faisant un signe négatif de la tête.

Rien à signaler, apparemment.

On ne pouvait pas faire la même constatation en arrivant au cours de potions. Rogue avait une mine effroyable et son humeur semblait épouvantable. Cela se confirma lorsque Seamus fit perdre vingt points à Gryffondors pour avoir lâché un flacon de sang de salamandre, que Neville éclopa d'une semaine de retenues après que son chaudron eut explosé et que Harry ait encore perdu dix points à Gryffondor pour avoir éternué. Même Malfoy se fit vertement remettre à sa place lorsqu'il se moqua de lui.

Durant l'appel, Rogue sauta volontairement le nom de Gaunt et Malfoy jeta un oeil perplexe à la rangée de Gryffondors. Puis son regard revint se poser sur Rogue, considérant probablement qu'il était lié à l'absence de Kécile. Mais Rogue lui jeta un regard glacial et Harry ne put retenir un sourire: Malfoy contre Rogue, le spectacle était vraiment réjouissant.

***

Dumbledore frappa à 13heures précises à la porte du bureau de la ministre de la justice magique, après avoir passé la vigilance stricte d'une secrétaire revêche. Dumbledore espérait beaucoup de cette entrevue et savait que les résultats qu'il obtiendrait dans ce bureau serait représentatifs de ce qu'il pourrait obtenir du ministère: Mrs Bones était une femme serviable, consciencieuse et juste sous ses dehors un peu sévères. S'il n'obtenait rien d'elle, la cause pouvait être considérée comme perdue.

Elle l'attendait, penchée sur un dossier de taille respectable, et lui fit signe de s'asseoir en face de son bureau. Très directe, elle ne s'attarda pas en politesses inutiles et lui demanda immédiatement:

- Alors, Albus, que voulez-vous savoir?

- Tout d'abord quels sont les chefs d'accusations?

Amélia répondit sans hésiter:

- Proche de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et responsable d'attaques contre des élèves de Poudlard.

- Cela nécessite-t-il un envoi à Azkaban?

- Oui.

- Prenez-vous en compte qu'elle n'a que 12 ans?

- C'est la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. On ne peut pas considérer cela comme un cas normal.

- Dois-je comprendre que je ne peux rien obtenir de vous?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit...

- Pourquoi n'a-t-elle pas eu droit à un procès? J'ai du mal à croire que vous ayez pu cautionner cela!

La ministre s'affaissa dans son fauteuil.

- Ne nous voilons pas la face, Albus! Fudge ne m'a demandé le mandat d'arrêt pour Kécile Gaunt que pour être sûr que vous ne pourriez rien dire. Fudge ne veut pas que cette affaire s'ébruite. Mettez-vous à sa place! Si la population apprend que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a une fille, cela va être la panique. Il a donc opté pour la discrétion. De ce fait, pas de procès. Maintenant, du point de vue de l'accusée, je ne suis pas certaine qu'un procès changerait grand-chose. Même si nous parvenons à maintenir un huis-clos, le Magenmagot ne sera pas conciliant avec un pareil cas.

- Puis-je savoir comment le ministre a découvert l'identité de Kécile Gaunt?

- Vous étiez déjà au courant , n'est ce pas?

Dumbledore hocha la tête.

- Elle a été dénoncé par une lettre anonyme.

- Pourriez-vous me la montrer?

Mrs Bones fit la moue, mais tendit un parchemin du volumineux paquet qu'elle avait devant elle.

- Dois-je comprendre que tout cela parle du cas de Kécile Gaunt?

- Oui.

- Eh bien! Dites-moi! Vous en avez trouvé des choses à dire! s'étonna Dumbledore, un brin moqueur. Qui a été chargé de l'enquête?

- Les aurors Dawlish et Shacklebolt.

Dumbledore hocha simplement la tête et lut la lettre de dénonciation.

Monsieur le Ministre

Je vous informe que le Seigneur Noir a eu un enfant qui se révèle aujourd'hui être en vie. La mère était Gwendoline Grunt, et sa fille est cachée à Poudlard sous le nom de Kécile Gaunt.

- Qu'a donné l'enquête? Ses renseignements sont vagues, remarqua Dumbledore.

- Le nom de la mère nous a suffis. Sans cela, nous n'aurions pas avancé. Gwendoline Grunt était une mangemorte peu connue, mais assez influente apparemment, dans le cercle des fidèles de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. A sa disparition, elle a laissé une petite fille dans un orphelinat moldu. Il semble que le nom initiale de l'enfant ait été Cécile Grunt, mais à partir de ce moment là, on ne trouve que la trace de Kécile Gaunt. Il y a deux ans, les Malfoy ont reçu une lettre posthume de Gwendoline Grunt, qui est une cousine de Narcissa Malfoy, d'aller chercher la dite Kécile, de l'introduire au monde sorcier et de la faire entrer à Poudlard. D'après leur témoignage, ils ignoraient l'origine exacte de l'enfant.

- Et pour l'accusation des agressions à Poudlard?

- Rien de particulier, si ce n'est que comme vous empêchez toute intervention du ministère dans cette affaire, vous n'avez qu'à vous en prendre à vous-même, pour reprendre les termes exacts de Cornelius.

- Vous avez cautionnez un chef d'accusation sans preuve?

- Albus, il n'aurait pas été très subtil de ma part de refuser, en sachant que vous vous mêleriez de l'affaire. Vous avez plus de poids que moi. Si je m'oppose au ministre sur un dossier comme celui-ci, il va en référer au magenmagot, sans vous laisser préparer le terrain.

- Si je comprends bien ,vous aller m'aider à engager ce procès...

Bones soupira.

- Écoutez, Albus, dans une certaine mesure, par amitié et respect pour vous et par justice aussi, oui. Mais je ne vous cache pas que je préfère voir la fille de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom à Azkaban plutôt qu'à Poudlard.

- Kécile y a pourtant sa place.

- Je crains que vous ayez du mal à en convaincre le magenmagot.

- Vous ne vous opposerez pas à moi? insista Dumbledore

- En aucun cas.

- Et jusqu'où m'aiderez-vous?

- Je ne suis pas avocate. Je ne plaiderai pas en faveur de votre protégée. décréta la magistrate

- Fort bien. Je vais donc vous demander trois choses.

- Voyons cela...

- La première c'est de me laisser effectuer une copie du dossier complet de Kécile.

La ministre de la justice eut une moue embarrassée.

- Je vous ai déjà laisser accéder à des dossiers, mais en faire une copie... Enfin, je suppose que personne n'en saura rien...

- Comptez sur moi, Amélia. La deuxième chose, c'est de demander un complément d'enquête quand je vous donnerais de nouvelles pistes.

- Soit. Et la dernière chose?

- Pouvez-vous faire en sorte que Scrimgeour envoie Dawlish sur une autre enquête et que Shacklebolt soit mis avec Maugrey.

Bones lui jeta un regard intrigué.

- Je peux le lui suggérer mais je ne vous assure pas qu'il fera, remarqua-t-elle. Et je n'en vois pas l'utilité.

- Cela me regarde.

- Pourquoi ais-je comme l'impression que l'Ordre du Phénix est rené de ses cendres? Enfin, reprit-elle sans attendre de réponse et en s'activant autour du dossier avec force gestes de baguettes, voici ce que vous voulez dans l'immédiat. Je m'occupe de trouver une enquête à Dawlish... Je dois bien avoir un moyen d'exploiter ses compétences en potion... j'attends de vos nouvelles.

- Je vous remercie, Amélia.

- C'est toujours un plaisir, Albus. J'espère simplement que vous ne vous attaquez pas à plus gros que vous. Le procès de Severus n'était déjà pas une mince affaire...

- Je le sais. Et cette fois-ci, je n'aurais pas autant de temps. Il ne s'agit pas ici d'un adulte, mais d'une enfant qui croupit à Azkaban, répondit sombrement Dumbledore.

Le dossier se révéla très troublant. Si Dumbledore n'avait pas su grâce à Severus comment s'était passée l'enfance de Kécile, il aurait pu croire sans problème ce qu'il lisait .

Le premier document concernait une certaine Gwendoline Grunt, dernière descendante de cette ancienne famille de Sang-pur, qui avait disparu de la circulation en 1977. Le second document était un extrait du procès de Bellatrix Lestrange, daté du 13 janvier 1982, durant lequel la dite Lestrange cite le nom de Gwendoline Grunt comme mangemorte tenue dans l'ombre mais influente, qu'elle accuse d'être responsable de la disparition du Seigneur des Ténèbres. Le lendemain, durant le transfert de Bellatrix Lestrange à Azkaban, celle-ci échappe à la vigilance de ses gardiens par le biais d'une complicité extérieure et s'enfuit. Le troisième document est un rapport des aurors Pears et Scrimgeour du 17 mai 1983 affirmant la découverte d'un corps dans la région d'Hangleton qui est identifié comme la dépouille de Gwendoline Grunt. On trouve à son bras la marque des Ténèbres. La mort est visiblement due à un Avada, ce qui laisse supposer un règlement de compte entre mangemorts. On effectue une minutieuse perquisition au manoir de la famille Grunt qui se révèle finalement assez décevante: si Gwendoline est convaincue d'être mangemorte, il semblerait qu'elle ait quitté le mouvement à la chute de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Aucun moyen de trouver le meurtrier de la jeune femme, l'affaire est donc classée sans suite deux mois plus tard.

Septembre 1990, Narcissa Malfoy reçoit une lettre de Gwendoline Grunt datée du 22 mars 1983.

Ma chère Narcissa,

Si tu reçois cette lettre, c'est que je ne suis plus de ce monde. J'ose espérer que tu te souviens de moi, et que malgré mes engagements idéologiques, tu me considères encore comme ta cousine.

J'ai un immense service à te demander, et j'ai toute confiance en toi pour l'accomplir.

J'ai donné naissance il y a trois ans à une ravissante petite fille. Mais aujourd'hui, sachant que mes jours sont comptés, j'ai décidé de m'en séparer, pour son bien, et de la placer dans un orphelinat moldu. Pourquoi, me diras-tu? Parce que ta soeur Bellatrix n'aura de cesse de la poursuivre tant qu'elle ne m'aura pas trouvée, et qu'elle n'ira jamais chercher mon enfant chez les moldus.

Ma petite fille s'appelle Kécile. Elle est née le 6 février 1980. Elle sera probablement une puissante sorcière si j'en crois les accès de magie spontanée qu'elle provoque déjà! Par précaution, je l'ai appelée Gaunt, et je te demande de lui laisser ce nom.

En septembre 1991, elle devra rentrer à Poudlard. c'est pour cela que je te demande de l'accueillir chez toi. J'ignore à quoi elle ressemblera à cet âge, mais pour l'instant, elle ressemble à son père plus que tout. Elle n'a que mes yeux, tu verras! Peut-être qu'en grandissant, elle héritera de quelques un de mes traits, je ne sais pas...

Elle se trouve à l'orphelinat Saint-Patrick, au 47 rue Abingston à Clonmel.

Je ne sais pas si elle se rappellera de moi. Soigne-la bien, et quand elle sera grande, dis-lui combien il m'a été difficile de me résoudre à l'abandonner, combien je l'aime, et combien j'espère qu'elle aura une vie plus heureuse et plus longue que la mienne.

Bien amicalement,

Ta cousine Gwendoline Grunt.

Le document suivant est une déposition de Lucius et Narcissa Malfoy, qui déclarent donc s'être rendus à Clonmel et trouvent effectivement une Kécile Gaunt qu'ils recueillent. Lucius Malfoy avoue avoir usé d'un léger charme de confusion sur la directrice de l'établissement Saint-Patrick pour dissiper ses soupçons et la convaincre de son droit d'emporter Kécile.

La dénommée Kécile Gaunt montre une aptitude déconcertante à la magie et reste très distante de sa famille d'accueil. Elle entre à Poudlard en même temps que Drago Malfoy.

Une enquête est menée par les aurors Shacklebolt et Dawlish auprès de l'orphelinat Saint-Patrick. La directrice est interrogée. Elle confirme qu'un couple est bien venu, il y a un peu moins de trois ans, chercher Kécile Gaunt. Selon le rapport, "elle ne semblait pas capable de nous décrire ces personnes. Elle a cependant cherché dans ses registres pour nous confirmer que Kécile Gaunt a été accueillie à l'orphelinat le 28 janvier 1983. Elle nous décrit l'enfant comme très solitaire, impliquée dans toutes les histoires bizarres de l'établissement, mais très studieuse".

Suit un interrogatoire de Lucius Malfoy et de son épouse, pour lequel les réponses apportées sont à peu de choses près identiques, à savoir que laisser un enfant sorcier dans un orphelinat moldu ne leur semblait pas envisageable, malgré les relations froides qu'ils avaient entretenues avec Gwendoline Grunt, qu'ils ignoraient totalement l'identité du père de l'enfant, et qu'ils n'avaient pas un seul instant imaginé que le Lord Noir puisse avoir un enfant. Lorsqu'on demande à Narcissa ce que voulait dire sa soeur Bellatrix sur la responsabilité de Gwendoline Grunt dans la chute de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, elle répond qu'elle n'en sait absolument rien, que sa soeur et elle ont toujours eu des rapports relâchés depuis l'engagement de Bellatrix dans les rangs mangemorts. Elle reconnaît que "sans aller jusqu'à la livrer à Azkaban, car elle reste malgré tout ma soeur, il est hors de question qu'elle ait le moindre contact avec mon fils Drago. Je n'ai pas revu Bellatrix depuis 12 ans"

Enfin le dernier document, et de loin le plus troublant, est une lettre retrouvée lors de la perquisition au manoir des Grunt, après la découverte du corps de la propriétaire:

"Grunt

Je me fiche totalement de cette histoire, qu'elle soit ma fille ou non. Estime toi déjà heureuse que j'accepte de laisser la vie à ce marmot. Cesse de t'en préoccuper et concentre-toi sur ta mission. Il est hors de question que tu apparaisses au manoir, et je t'ai ordonné de ne pas avoir de contact avec les autres, cela n'a pas changé. Je t'interdis aussi tout rapport avec la prisonnière.

En ce qui concerne notre affaire, le quatrième est en sûreté, et le cinquième est prêt. Reste à savoir si le fait que la victime soit liée à l'objet pose un problème ou non. J'attends toujours ta réponse. Dépêche toi.

L.V."

Dumbledore relut cette lettre jusqu'à la connaître par coeur. Il sentait que plus d'un mystère se cachait derrière les propos de celui qui avait signé L.V., sans aucun doute possible Lord Voldemort.

L'ensemble des pièces assemblées du dossier composaient un puzzle assez complexe, et surtout convaincant. Après tout, on ignorait toujours l'identité de la mère de Kécile. Il y avait certainement une part de vrai dans toute cette histoire

Décidé à éclaircir l'affaire, il écrivit deux lettres qu'il envoya immédiatement à ses destinataires, et appela Rogue dans son bureau par la cheminée.

Lorsque son professeur de potion arriva, il lui résuma le contenu du dossier et lui fit lire la lettre de Gwendoline Grunt à Narcissa Malfoy ainsi que la lettre de Voldemort à Gwendoline Grunt.

Severus les lut attentivement, les sourcils froncés, puis feuilleta le reste du dossier. Il s'attarda sur la perquisition du manoir Grunt et sur l'interrogatoire de la directrice de l'orphelinat St-Patrick.

Dumbledore le laissa ensuite plongé dans une intense réflexion, espérant qu'il tirerait de son passé des éléments inédits.

Severus finit par croiser son regard et lui demander:

- Alors, que voulez-vous savoir?

- Que savez au sujet de cette Gwendoline Grunt? interrogea Dumbledore.

- Elle a effectivement été une mangemorte très importante auprès du Seigneur des Ténèbres, mais seuls quelques-uns d'entre nous la connaissions, à savoir, Bellatrix, son mari, Lucius, Rookwood et moi. Je n'ai jamais su grand-chose d'elle, si ce n'est qu'elle travaillait pour le Lord sur de sombres projets, et qu'elle était une habile nécromancienne. Elle était aussi très versée dans tout ce qui avait trait aux sciences occultes et à l'art runique. Ce qui est certain, c'est qu'elle a quitté les rangs mangemorts après que le Seigneur des Ténèbres ait perdu la majorité de ses pouvoirs. Elle aurait pourtant été la mieux placée pour lui restituer sa puissance.

- Bellatrix l'a accusée d'être responsable de la disparition de Voldemort.

Severus eut une moue dubitative.

- Grunt et Lestrange étaient en concurrence. C'était à laquelle s'attirerait le plus les faveurs de leur maître... Et comme Grunt avait la préférence, Lestrange était folle de jalousie. Je ne serais pas du tout surpris d'apprendre que c'est elle qui l'a assassinée. Maintenant, il est vrai que Grunt a déserté les rangs mangemorts et que c'est elle qui a incité le Seigneur des Ténèbres à s'en prendre aux Potter après que je lui ais rapporté la prophétie. On peut se poser des questions sur sa loyauté. Mais peut-être que Grunt a tout simplement pris peur...

- Peut-elle être la mère de Kécile?

- Possible, répondit Severus avec réticence, les lèvres pincées.

- Et cette lettre, demanda Dumbledore en désignant le parchemin signé de Gwendoline Grunt.

- Bidon, décréta Severus d'un ton catégorique. Kécile a été confiée aux Malfoys, elle avait tout juste six mois. Je fréquentais à cette époque régulièrement le manoir Malfoy, je puis vous l'assurer.

- Il y a donc de fortes chances pour que cette lettre provienne des Malfoy...

- C'est aussi mon avis. Étonnamment crédible, pourtant, n'est ce pas?

Dumbledore acquiesça.

- Reste le témoignage de la directrice de l'orphelinat où Kécile aurait grandi, conclut le directeur.

- Modification de la mémoire, très probablement... proposa Rogue. C'est cependant un procédé risqué! Que ce serait-il passé si on avait interrogé d'autres personnes que la directrice?

- Le ministère n'irait pas cherché très loin des preuves contre Kécile, commenta amèrement Dumbledore, et celui qui a constitué ces alibis le savait très bien.

- Qu'allez-vous faire?

- Demander un complément d'enquête. J'ai déjà averti Amélia Bones. Ce qu'il faut, c'est prouver que cette lettre est fausse, que la déposition des Malfoy n'est qu'un tissu de mensonges. On pourra peut-être au mieux obtenir un interrogatoire sous véritasérum des Malfoy, au pire conclure un marché avec Fudge pour ne pas que cette affaire s'ébruite en échange de la liberté de Kécile.

- En quoi cela peut-il l'effrayer? interrogea Severus perplexe. Il est sûr que la communauté sorcière préfèrera savoir la fille du Seigneur des Ténèbres à Azkaban plutôt qu'à Poudlard!

- Oui, mais si on parvient à prouver que Malfoy a adopté Kécile en sachant qui était son père, si on parvient à prouver qu'il était réellement un mangemort convaincu, mieux, si on parvient à prouver que Voldemort est toujours actif, Fudge sera prêt à beaucoup pour ne pas que soient dévoilées au public les défaillances du système judiciaire en qui la communauté a toute confiance....

- Beaucoup de si...

- Certes, mais c'est notre seule chance.

- J'aurai bien des choses à révéler au ministère... marmonna Severus.

- Non, vous n'interviendrez pas, répéta Dumbledore d'un ton ferme. Il en faudrait si peu pour que le magenmagot décide de vous réexpédier à Azkaban! Hors de question que vous vous en mêliez.

Le ton catégorique de Dumbledore dissuada Severus d'insister pour l'instant. Il serait toujours temps de revenir à la charge...

En retournant à ses appartements, Severus se sentait assez découragé. S'il était vrai que les soit-disantes preuves, constituées probablement par Lucius, n'étaient pas très solides, le problème restait le même: Kécile était bel et bien la fille du Seigneur des Ténèbres. Il doutait que Fudge ou le magenmagot soit prêt à prendre en considération son changement tout récent de camp. Si la cour ne prenait pas en compte son témoignage jugé douteux, refusait d'interroger Kécile ou de soumettre les Malfoy au véritasérum, que pouvaient-ils faire?

Dumbledore commençait pour sa part à avoir une idée assez précise de ce qu'ils pouvaient faire: mettre la zizanie dans ce dossier si bien constitué, et qui suivait tellement les traces de celui qui avait monté les preuves de toutes pièces, qu'on se demandait si ce n'était pas fait exprès...

Le lendemain, deux étrangers pénétrèrent à nouveau dans Poudlard, et allaient frapper au bureau du professeur MacGonagall qui les mena à son tour jusque chez Dumbledore.

Le vieil homme les accueillit avec son habituel sourire bien veillant.

- Je suis content de voir que Mrs Bones a réussi à obtenir que vous soyez mis ensemble.

- Je me doutais que vous étiez derrière ce changement de tandem... grogna le vieil auror.

- J'ai hésité à te laisser avec Tonks, Alastor, mais comme Kingsley a déjà travaillé sur cette affaire, nous gagnerons du temps, expliqua Dumbledore.

- Nymphadora n'a pas encore rejoint l'Ordre, cependant, remarqua Shacklebolt.

- Ça ne va plus tarder, fais confiance à ce vieux renard, marmonna Maugrey.

- Comme vous vous en doutez, Kingsley, je vous ai convoqué pour enquêter en parallèle du ministère sur le cas de Kécile Gaunt.

Le jeune auror hocha la tête.

- Vous sentez-vous prêt à soutenir cette cause?

- Je vous fais confiance, Albus. Si vous considérer que cette enfant est de notre côté, je vous suis.

- Allez-vous m'expliquer de quoi il retourne? grogna Maugrey.

Dumbledore résuma succinctement l'évolution de Kécile au sein de Poudlard aux deux aurors. Fol-Oeil avait l'air sceptique, mais ne fit pas de commentaire. De toute manière, il connaissait l'éternel optimisme du vieil homme, et ne l'en suivait pas moins depuis des années...

- Qu'attendez-vous exactement de nous? interrogea Kinglsey.

- Je vais vous donner à chacun une copie du dossier que j'ai pu obtenir grâce à Amélia.

Maugrey eut un sourire goguenard.

- Ce n'est pas très régulier...

- Je me bats sur le même terrain que Fudge.

- Tu as raison, Albus, après tout ce n'est que justice! renchérit-il avec un rire rocailleux. Bon, sérieusement, qu'est-ce que tu veux qu'on trouve?

- Des contre-preuves. Sur Malfoy, si possible.

- Pour une fois, tes ordres sont clairs.

- Mais en quoi cela va-t-il aider Kécile? intervint enfin Minerva.

- Lucius Malfoy a trop de contact au ministère pour que cette affaire reste secrète. Qu'un de ses proches soit mêlé dans une histoire qui touche d'aussi près Voldemort incitera Fudge à être conciliant, expliqua Dumbledore

- On commence par quoi? demanda Maugrey

- Nouvel interrogatoire à l'orphelinat Saint-Patrick. Une première enquête auprès des professeurs et élèves devrait infirmer que Kécile ait bien séjourner là-bas, puis il faudra trouver de quel charme la directrice a été victime. Ensuite, il faut déterminer qui est le corbeau, poursuivit Dumbledore en désignant la lettre de dénonciation.

- C'est faisable, répondit Fol-Oeil. On a une liste des faussaires déjà repérés au QG.

- Parfait. Attendez de recevoir l'ordre d'enquête d'Amélia. Je vous confie le dossier. Etudiez-le. Si vous avez d'autres idées, écrivez-moi. Pas un mot à Scrimgeour.

- Je n'aurais jamais cru Amélia Bones capable d'entrer dans ce genre de combines, s'étonna Kingsley.

- T'as encore tout à apprendre du métier, jeune homme!... conclut le vieil auror cynique.

- Bon, Shacklebolt, tu vas venir chez moi, déclara Maugrey aussitôt que les deux aurors eurent quitté l'enceinte de Poudlard. Et on va étudier ce dossier ensemble. On va voir ce que Pears t'a enseigné. Il manque de culot quand il faut utiliser les grands moyens face à l'ennemi, mais il a l'oeil pour repérer les failles d'une enquête. On va voir si t'as bien retenu les leçons.

Kingsley était moyennement ravi à l'idée de se rendre chez son collègue à la réputation légèrement paranoïaque, mais il obéit à son supérieur et se laissa transplaner.

En arrivant, il fut ensuite pris par la curiosité de voir à quoi pouvait bien ressembler la demeure du célèbre auror.

C'était un ancien château d'eau, semblable à un bastion avec sa porte basse, ses fenêtres étroites, son toit plat et sa pierre grise et morne. Le lierre avait recouvert les parois de l'édifice jusqu'à mi-hauteur, et les herbes folles envahissaient le petit champs qui entourait le château d'eau.

Maugrey sortit sa baguette et effectua une série de mouvement tandis qu'ils s'avançaient vers la barrière en bois moulu qui clôturait le terrain.

- Original, comme demeure... commenta Kingsley.

- Une visibilité à 360° sur les alentours, un double sous-sol total avec issue de secours, et le réservoir a été aménagé en un étage supplémentaire, doté de toutes les protections existantes en matière de sort, répondit Maugrey, un brin de fierté dans la voix. Je peux presque dire que c'est imprenable!

-Euh....

"D'accord, songea Kingsley, ce n'est pas tout à fait ce que je voulais dire... sa réputation n'est peut-être pas complètement erronée!"

Passée la porte d'entrée, on débouchait immédiatement dans un salon de style vieillot, séparé par une demi cloison d'une cuisine en désordre. Kingsley regarda avec curiosité autour de lui. Une cheminée sphérique en fonte trônait au milieu de la pièce, son conduit transperçant le plafond jusqu'à l'étage supérieur. Tous les meubles avaient dû être faits sur mesures pour épouser la forme arrondie du mur. Mais certaines étagères avaient des formes tellement alambiquées qu'on se demandait comment les objets posés dessus pouvaient tenir en équilibre: les livres semblaient tenir en lévitation sur une étagère qui se retournait complètement sur elle-même. Sur le noeud, posé sur la pointe et semblant vaciller au moindre courant d'air, brillait un strutoscope. Un peu plus loin, entre deux statuettes douteuses, Kingsley crut reconnaître une pendule à temps inversé dont le discret tac-tic lui donnait la chair de poule. Il regarda un instant la trotteuse suivre son bonhomme de chemin de gauche à droite, avant de lever le regard, mal-à-l'aise... Au dessus, était suspendue une glace à l'ennemi. Des ombres translucides glissaient sur la surface argentée en une danse macabre.

Le jeune homme se retourna en entendant Maugrey fouiller dans les tiroirs de ce qui se rapprochait le plus d'un buffet de forme circulaire, et remarqua posé au somment un capteur de dissimulation, dont les longues tiges d'or étaient parfaitement immobiles.

- Ouch!

- Attention Shacklebolt, le plafond est bas.

Kingsley se massa le front en grimaçant et jeta un regard noir au lustre qu'il venait d'heurter violemment en s'avançant.

- Aussi, quelle idée de mettre un lustre ici! grogna-t-il.

- Ce n'est pas un simple lustre, idiot, c'est un diffuseur, répliqua Fol-Oeil. Un simple contact ici, poursuivit-il en désignant une boule au centre du luminaire, et une substance toxique et anesthésiante se diffuse dans toute la pièce.

Kingsley grimaça à l'idée qu'on puisse avoir ce genre de système chez soi, mais s'abstint de tout commentaire.

- Bon, ça y est, tu as fini de fureter ton nez partout? Assieds-toi, alors. Ça fait combien de temps que tu es dans l'ordre?

- Ça fait six mois.

- Ok, donc tu es au courant de ce qui se passe en réalité et de ce que le ministère refuse de voir.

- Oui.

- C'est ta première mission?

- On peut dire.

- Alors, on te l'a peut-être déjà dit, mais deux précautions valent mieux qu'une: tout ce que tu fais dans le cadre de l'ordre doit rester secret aux yeux des officiels, à commencer par Scrimgeour et Fudge. Ces deux-là cherchent toujours un moyen de descendre Dumbledore, et ils ignorent que l'ordre a été reconstitué depuis cinq ans. Bon, maintenant, dis-moi, tu l'as vu, toi, cette Gaunt?

Kingsley acquiesça.

- Elle t'a fait quelle impression?

- Elle m'a fait pitié.

- Mauvaise réponse Shacklebolt. Ça, on n'en a rien à faire.

- Elle était terrorisée. Elle n'a opposé aucune résistance.

- En clair, innocente ou potentiellement dangereuse?

- Innocente, répondit Kingsley d'un ton catégorique.

Le visage couturé de cicatrise du vieil auror se tordit en une moue dubitative, et son oeil magique le regardait fixement comme pour l'inciter à revenir sur ses dires. Mais le jeune homme ne cilla pas.

- Bon, grogna Maugrey, t'as l'air sur de toi. Mais fais attention, ce genre de proie révèle parfois des surprises. Dumbledore a dit quelque chose de particulier à son sujet?

- Non... Enfin, si, qu'elle est de notre côté. C'est tout.

- Alors voyons le contenu de son dossier.

Pendant l'heure qui suivit, les deux aurors se penchèrent sur les documents que leur avait donnés Dumbledore. Mais Kingsley se sentit rapidement mal-à-l'aise dans le silence de la maison. On percevait seulement le tac-tic de la pendule, et il était persuadé d'entendre par intermittence quelque chose gronder à l'étage. Cependant, Maugrey ne semblait pas s'en inquiéter et avait son oeil magique fixé sur le parchemin qu'il lisait, signe de sa concentration. Les minutes s'écoulaient sans un mot échangé de part et d'autre quand une sonnerie stridente retentit à l'étage. Le jeune homme sursauta alors que l'oeil de Maugrey tournait dans son orbite sans que l'auror lève la tête.

- C'est rien. Un signal qui m'avertit qu'un sorcier potentiellement dangereux a pénétré dans un rayon de 5 km. Mais comme ma glace à l'ennemi ne me désigne personne, il n'y a rien à craindre, expliqua-t-il. T'as fini ou pas?

Kingsley secoua la tête, tout en se demandant ce qu'il allait encore découvrir dans ce véritable château fort.

- Dépêche-toi, qu'on expédie cette affaire. J'ai du boulot au QG.

Un quart d'heure plus tard, Kiongsley finissait de lire la lettre de Voldemort.

- Il va falloir déterminer les document authentiques de ceux qui ont été truqués et des faux, consta-t-il en remettant le parchemin avec les autres.

- Ça résume assez bien l'affaire. Qui est le corbeau selon toi?

- On ne peut pas encore dire...

- Si, jeune homme.

- Je sais bien que l'interrogatoire des Malfoy est un conte du début à la fin, mais...

- Je ne te parle pas de l'interrogatoire. Rappelle-toi ce que nous a dit Dumbledore: d'après Rogue, Gwendoline Grunt n'était connue que de cinq mangemorts: les Lestranges, Rookwood, Malfoy et Rogue lui-même. Pour monter de fausses preuves, il fallait très bien connaître Gwendoline Grunt, et avoir accès aux archives judiciaires du ministères. On élimine Rogue, on peut aussi éliminer les Lestranges parce qu'ils sont trop recherchés pour pénétrer au ministère. Reste Rookwood et Malfoy. Malfoy a bien entendu la préférence, puisqu'il a répondu à l'interrogatoire et que Narcissa est une cousine de Grunt.

- Pourquoi Malfoy aurait-il pris de tels risques?

- C'est la question. Quel est le motif de celui qui l'a dénoncée? Je passerai demain demander l'avis de Dumbledore. Toi, dès que tu reçois l'ordre de mission, tu vas voir dans les archives le détail du compte-rendu de la perquisition au manoir Grunt. Ensuite, on fait tous les faussaires autour du chemin de Traverse. En discrétion.

- Pourquoi ne pas commencer par l'orphelinat? demanda Kingsley. On est à peu près sûr du résultat, au moins.

- Parce qu'on risque d'alerter le gibier. On fera ça en dernier. OK?

Kingsley hocha la tête, et rouvrit le dossier.

- Ça fait quand même bizarre de se dire que Voldemort a une fille...

- Il a dû avoir besoin de satisfaire un besoin bestial... répondit Maugrey dont le visage couturé se tordit en une grimace vicieuse.

- Justement... Est-ce que Gwendoline Grunt avait une quelconque relation intime avec son Maître.

- Tu crois ça possible?

- J'en sais rien... J'ai plutôt du mal à me l'imaginer. Je le vois plus prenant une femme de force qu'en faire sa compagne de lit, répondit Kingsley avec une mine légèrement dégoûtée. De toute manière, qui le voudrait?

- Bellatrix serait bien du genre à accepter, répondit le vieil auror en se levant.

- Arrêtons là la conversation! Sinon, je vais faire des cauchemars cette nuit! se plaignit le jeune homme.

- T'as de la chance si tu peux encore faire des cauchemars cette nuit, parce que moi je suis de garde! C'est vraiment indécent! Des aurors de mon âge! Aucun respect. Nous donner des tours de garde comme les bleus... grogna Maugrey en ouvrant la porte. Bon, malgré ça, on se retrouve demain au QG. Et ne sois pas en retard, parce que connaissant Albus, on aura à la première heure du matin notre ordre de mission.

Et Maugrey congédia son invité sans plus de cérémonie.

En rentrant chez lui, Kingsley se demanda comment allait se passer une mission avec un pareil personnage. Il n'avait jusque là pas eu l'occasion de côtoyer le vétéran excentrique. Ces deux premières années s'étaient passées sous la tutelle de Pears, qui dans le genre n'était pas mal non plus, et il avait travaillé depuis le début de l'année essentiellement avec Dawlish, avec qui soit dit en passant il avait du mal à accrocher. Maugrey quant à lui travaillait surtout avec des aurors déjà formés, sauf cette année, où il s'était lui aussi retrouvé mentor d'une nouvelle: la sympathique Tonks, très vive d'esprit, mais maladroite comme pas deux. Il devait régulièrement y avoir des étincelles entre eux deux...

Une fois chez lui, Kingsley rouvrit le dossier de Kécile Gaunt. Toute cette affaire était bancale. Quelque chose clochait. Il savait aussi que le ministère, à la supposée chute de Voldemort, n'avait pas hésité à expédier des dossiers de manière aussi légère. Mais malgré tout, il avait du mal à croire que Malfoy ait pu prendre autant de risque. Si la supercherie était découverte, il risquait Azkaban. Le projet de Dumbledore était relativement simple. Cependant, Lucius Malfoy avait dû y songer, et parer à cette éventualité... Qu'allaient-ils donc découvrir?