Me revoilà enfin, avec toutes mes excuses pour ce retard.

J'espère que je n'ai pas laissé passer trop de fautes dans ce nouveau chapitre, car j'utilise maintenant la reconnaissance vocale, et si la rédaction est plus rapide, la correction est beaucoup plus lourde...

Je pense reposter samedi.

Merci aux quelques fidèles reviewers, vous donnez du courage dans les moments de vide!

Bonne lecture!


Chapitre XXVI: Interrogations

Harry referma la malle de Seamus avec un sentiment de gêne mêlé de soulagement. Le journal de Jedusor n'était apparemment pas dans ce dortoir. Oh! pas qu'il s'y soit attendu, mais Hermione avait insisté pour qu'ils vérifient. Depuis le début des vacances de^pâques, entre deux révisions d'examens imposées par Hermione, ils fouillaient méticuleusement et discrètement les affaires de tous les Gryffondors. Les recherches infructueuses dans les dortoirs des autres années les avaient conduit à ce dernier recours. Mais c'était peine perdue.

- Qu'est-ce que c'est que ce truc? s'exclama soudain Ron

Il tira de la malle de Dean une boule noire et blanche qui clignotait attachée par une petite chaîne à un anneau.

- Un porte-clé, Ron.

- Et ce truc qui pendrouille, c'est quoi?

- Un ballon de football.

Ron grimaça avant de remettre l'objet dans les affaires de Dean en marmonnant qu'au moins, il savait maintenant à quoi ça ressemblait. puis il rabattit le couvercle en déclarant:

- Rien. Allons voir si Hermione a terminé de son côté.

Ils retournèrent dans la salle commune agitée et s'installèrent dans leur coin favori lorsqu'ils voulaient que leur conversation ne soit pas surprise. Un quart-d'heure plus tard, Hermione descendit à son tour du dortoir des filles. Elle leur demanda aussitôt s'ils avaient découvert quelque chose.

- Hormis que Neville porte des caleçons à pois jaune, non, rien d'intéressant, répondit Ron. Et toi. Qu'est-ce qu'il y avait dans les affaires de Kécile?

- Eh bien figure-toi, rien non plus, répliqua Hermione avec un petit air supérieur.

Il lui jeta un coup d'oeil suspicieux.

- Non, Ron, elle est hors de tous soupçons. On peut toujours pensé que celui qui t'a volé le journal, harry, l'a sur lui, de la même façon que tu le gardais avec toi. Mais le sac de Kécile est dans le dortoir et je l'ai vérifié. Et ça m'étonnerait qu'elle ait pu l'emmener à Azkaban, poursuivit-elle d'un ton ironique alors que Ron ouvrait la bouche pour répliquer.

- Avec tous les sorts qu'elle connaît, elle pourrait très bien le cacher, insista Ron, buté.

- Ne sois pas ridicule! s'agaça Hermione. Tu imagines bien qu'elle a dû être fouillée. Quand cesseras-tu de t'acharner sur Kécile, Ron!

- Mais qui veux-tu que ce soit d'autre!

- On a aucune preuve, et tu réagis exactement comme l ministère. Résultat, personne n'a l'air choqué qu'une fille de 12 ans soit envoyée à Azkaban, accusée sans aucune preuve d'un crime qu'elle n'a probablement pas commis.

Ron s'apprêtait à répliquer lorsque Harry décida d'intervenir:

- Stop! s'exclama-t-il en levant la main. On a déjà eu cette conversation je ne sais plus combien de fois, et ça n'avance pas notre affaire. Hermione et moi, on est d'accord, Ron. Kécile n'a rien à voir avec la chambre des secrets. C'est la majorité qui l'emporte.

- En fait Harry, répondit Hermione, je crois que tu fais un peu trop de raccourcis. Kécile n'est probablement pas responsable des attaques, mais elle est mêlée à l'affaire, bien malgré elle.

D'ailleurs...

Harry et Ron échangèrent un regard significatif. Voilà Hermione partie dans une de ses réflexions dont ils ne suivaient généralement pas le cours.

- J'ai découvert ce week-end des choses étranges à la bibliothèque. Je me demande maintenant à la réflexion si Kécile n'est pas au centre de toute cette histoire, sans pour autant en être responsable.

- Explique-toi, pria Harry déjà perdu.

- L'an passé, tout ce qui s'est passé de bizarre ou d'inhabituel dans l'école n'avait finalement pour cause que la pierre philosophale. Admettons qu'il en soit de même cette fois-ci.

- Si tu veux, répondit Ron, fataliste.

- Reprenons dans l'ordre: les attaques sont probablement dues au monstre de Serpentard. Kécile et toi, Harry, entendez quelque chose qui se déplace dans les murs et qui parle fourchelangue. Tu trouves un journal qui te parle de la chambre des Secrets et qui accuse Hagrid d'avoir tué une élève il y a trente ans avec une araignée. Cette déclaration, d'après Kécile, et elle a sûrement raison est douteuse. Enfin, Kécile est arrêtée. On apprend alors qu'elle est la fille de Tu-Sais-Qui et elle est accusée d'être responsable des attaques.

- Ah! poursuivit Hermione après une seconde de silence, et on t'a volé le journal.

- Il faut absolument que je le retrouve. Je pourrais ainsi interroger Jedusor. Il pourrait peut-être nous en dire plus.

- Il pourrait, très certainement, répondit Hermione la mine sombre. Mais il ne le fera pas. Kécile t'a dit que les propos de ce Jedusor n'étaient pas logiques. Moi, je suis certaine qu'il a menti.

- Et pourquoi? interrogea Ron, l'air perplexe.

Hermione prit une mine sinistre.

- J'ai fait des recherches poussées dans les archives de l'école. Et voilà ce que j'ai découvert: Tom Jedusor est le fils d'un moldu et d'une sorcière qui s'appelle Mérope Gaunt.

- Gaunt! s'exclamèrent d'une même voix Harry et Ron.

- Oui. Il est l'unique descendant de cette famille. Je me suis alors renseigné sur son arbre généalogique. La famille Gaunt descend des Ivells qui vient elle-même des MacQuorc, lesquels sont connus pour être les descendants directs de Serpentard. les Ivells et les MacQuorc sont éteins depuis belles lurettes, ce qui veut dire...

- Ce qui veut dire que Kécile est l'héritière de Serpentard, souffla Harry.

- J'avais raison! constata Ron, l'air satisfait.

- Je ne crois pas que c'est aussi simple, répondit Hermione. Ce Tom Jedusor est à mon avis l'Héritier de Serpentard, car je n'ai trouvé aucune trace d'un autre Gaunt de sa génération. Marvin Gaunt, son oncle n'a pas eu d'enfant.

- Mais alors comment Kécile peut-elle porter son nom? Ca n'est pas normal! souligna Harry.

- Non, en effet. Et ça n'est pas la seule chose anormale: l'ascendance de kécile n'est pas indiquée sur les registres de l'école. Je me demande donc...

- Eh bien, pressa Harry, d'un ton impatient.

- Eh bien, maintenant qu'on sait que Kécile est la fille de Tu-Sais-Qui, et que je doute que V.... Vol... Voldemort soit le véritable nom de Tu-Sais-Qui, je me demande si on ne peut pas supposer que Tom Jedusor soit en réalité Tu-Sais-Qui.

- Tu-Sais-Qui n'est-il pas censé être un sang pur? ... C'est tordu ton idée, commenta Ron, les sourcils froncés.

- Pas tant que ça... réfléchit Harry. Si Voldemort est réellement le fils d'un moldu, ça n'est pas étonnant qu'il se soit donné un autre nom et qu'il ait donné à sa fille le nom de sa mère.

- Pourquoi ne lui aurait-il pas donné le nom de sa mère à elle, dans ce cas?

- C'est peut-être une moldue, elle aussi, suggéra Hermione

- Je ne vois pas Tu-Sais-Qui coucher avec une moldue, grimaça Ron..

- Je ne vois pas Voldemort coucher tout court, remarqua Harry avec une mine dégoûtée.

- Bon stop! s'exclama Hermione qui sentait la conversation dériver. Je n'ai pas fini mon raisonnement.

- Merlin... grogna Ron.

- Admettons que Tu-Sais-Qui et Tom Jedusor soient une seule est même personne. Tu-Sais-Qui est alors l'Héritier de Serpentard.

- Ce qui fait que Kécile aussi. Ce journal lui appartient même peut-être.

- Ridicule! Pourquoi s'en serait-elle débarrassée? remarqua Harry.

- Non, c'est possible, Harry, rétorqua Hermione. Ce journal pourrait être à elle. Dumbledore nous a dit qu'elle a changé de camp. Elle aurait pu s'en débarrasser après cela. Et ça expliquerait aussi sa colère quand elle a appris que tu avais réussi à entrer en contact avec Jedusor. Seul point d'interrogation dans ce cas, si ce n'est pas elle qui l'a volé, qui est-ce?

- Je maintiens que c'est elle, insista Ron. Au pire si vous tenez vraiment à tout prix à ce que Kécile ne soit pas la responsable de ses attaques, il y a de fortes chances qu'elle l'ait détruit.

- pourquoi ne l'aurait-elle pas fait dès la première fois, dans ce cas? demanda Harry. Avec tous les sorts qu'elle connaît...

- Ça ne doit pas être aussi facile que ça de s'en débarrasser; ce livre transpire la magie noire, constata Hermione.

- Tu dis ça maintenant que tu sais qu'il est probablement lié à Voldemort! s'exclama Ron.

- Non, ce n'est pas vrai! s'insurgea Hermione. Je l'ai dit dès le début qu'il n'était pas normal. Seulement, Kécile n'avait peut-être pas les capacités pour les détruire. Alors elle l'a jeté dans les toilettes.

- Franchement, je ne vois pas Kécile faire une chose aussi stupide, déclara Harry.

Harry avait un sentiment de profond malaise: ils nageaient jusqu'au cou dans les hypothèses sans aucune certitude, et ils accumulaient les risques de faire fausse route. Il avait la certitude intuitive de l'innocence de Kécile, mais savoir qu'elle était la fille de Voldemort, ajouté au fait que Jedusor était probablement devenu le mage noir, l'avait secoué. la supposition d'Hermione était assez probable s'il repensait à l'attitude de Kécile: sa réticence à parler d'elle, sa solitude, son caractère renfermé, ses aptitudes magiques, sa volonté de tenir les autres éloignés d'elle... Mais il y avait aussi son envoi à Gryffondor, l'espèce d'amicalité hésitante dont elle avait parfois fait preuve, son brusque rapprochement de sa maison ces derniers temps. Ce la pouvait être un piège, comme le pensait Ron. Mais Dumbledore semblait croire que non. Et Harry faisait confiance au directeur.

Sans compter que si Ron et Hermione semblaient s'être mis d'accord sur le fiat que le journal ait pu passer entre les mains de Kécile, Harry restait perplexe. Car alors, qu'était-il devenu?

Et puis, songea Harry, les attaques avaient cessées à peu près au moment où il avait trouvé le journal de Jedusor. Si cela correspondait au moment où Kécile se serait débarrassée du journal, n'était-ce pas au final supposer qu'elle était responsable de ces attaques? Pourtant, Harry était persuadé du contraire. Si les apparences avaient parfois été contre elle, sin comportement prouvait son innocence. Une petite voix lui souffla bien que Kécile pouvait jouer la comédie, mais il ne parvenait pas à y croire. Et puis c'était oublier la conversation que Ron et lui avaient eue avec Malfoy dans la salle commune des Serpentards...

Un mal de tête prenant commençait à lui enserrer le crâne et Harry renonça à réfléchir plus longtemps.

- Je renonce à comprendre pour ce soir, finit-il par déclarer en se levant. Je vais me coucher.

Tu viens, Ron?

- Je te suis. Hermione?

- Je monte aussi bientôt. Bonne nuit.

Les deux garçons rejoignirent leur dortoir et se couchèrent aussitôt. Ron s'endormit très rapidement, et Harry perçut bientôt ses ronflements. Puis il entendit Seamus, Dean et Neville rejoindre leurs lits à leur tour. Et le dortoir devint silencieux. Pourtant, Harry ne parvenait pas à trouver le sommeil. Dans son esprit tournait les propos d'Hermione et ses propres réflexions qui s'embrouillaient en une masse incompréhensible. Il se tournait et se retournait entre ses draps sans réussir à empêcher son esprit de sauter d'une idée à une autre de manière totalement incohérente.

A bout de patience, Harry finit par se relever alors qu'un heure sonnait . Il descendit dans la salle commune s'asseoir auprès du feu mourrant. Des images lui revenaient de son dernier voyage avec Jedusor. Le personnage était aussi énigmatique que le journal. Harry se demandait comment de simples feuilles de papier pouvaient ainsi retranscrire les pensées d'une personne disparue. Comment se faisait-il qu'un simple journal puisse ainsi sembler libre de réfléchir et de répondre. De mentir.

Il se doutait que Hermione avait déjà cherché dans la bibliothèque l'origine des pouvoirs étranges du journal de Jedusor. Mais elle n'avait rien trouvé. Harry n'en était pas étonné. Si réellement ce journal avait appartenu à Voldemort, il n'y avait aucune chance pour qu'un simple élève puisse avoir accès à de telles informations. Il leur était maintenant prouvé que ses pouvoirs étaient dangereux.

Harry enviait les capacités de réflexion d'Hermione. Si elle avait passé autant de temps que lui à réfléchir à cet imbroglio, elle aurait très certainement déjà trouvé une réponse. Lui, n'était capable que d'agir et généralement de foncer droit dans les ennuis.

Une idée lui traversa soudain esprit. Égal à lui-même... Hermione avaient fouillé dans la bibliothèque, mais pas dans la réserve! Cependant, si Voldemort était réellement le propriétaire de ce journal, toute information le concernant serait probablement restreinte à la réserve. N'ayant pas de meilleure idée, Harry s'extirpa de son fauteuil, et grimpa silencieusement les escaliers jusqu'à son dortoir. Il y pénétra sans bruit et fouilla dans sa malle jusqu'à retrouver sa cape d'invisibilité.

Puis, redescendant précautionneusement les escaliers, il s'y enveloppa et quitta la salle de Gryffondor.

Les couloirs étaient glaciaux, traversés par des courants d'air qui venaient de nulle part. Ce ne fut que relativement éloigné de la tour des Gryffondor qu'il réalisa que le mystérieux monstre de Serpentard n'avait toujours pas été découvert et vadrouillait peut-être en ce moment même dans le château. Frisonnant, il raffermit sa prise autour de sa cape et songea à Kécile enfermée dans un cachot d'Azkaban, pour se redonner courage.

Par bonheur les couloirs semblaient déserts : pas de traces de Rusard, Miss Teigne ni de Rogue..., Oui, mais Rusard, Miss Teigne et Rogue n'étaient pas forcément les seuls à se tenir éveillés dans le château à cette heure-ci... Alors qu'il s'apprêtait à sortir d'un passage secret, caché par une tapisserie, il entendit une conversation qui se tenait juste devant lui. Il aurait fait demi-tour si la curiosité ne l'avait pas prise: il avait reconnu les voix de MacGonagall et de Dumbledore qui discutaient de Kécile, de ses amis et de lui-même.

- Maintenant que Kécile a été interrogée, j'espère que les choses vont bouger. Amélia me tient au courant de l' avancement jour après jour.

- Pensez-vous que Kécile tiendra jusqu'à temps que les choses soient réglées?

- Je ne peux que l'espérer. Je vous ai décrit dans quel état j'ai trouvé la pauvre enfant, répondit Dumbledore avec une émotion audible dans la voix. Ma plus grande crainte est d'arriver trop tard.

- Vous ne pouvez rien faire de plus que ce que vous faites déjà, Dumbledore, déclara MacGonagall avec autorité. Personne ne vous en voudra s'il arrivait malheur à Kécile.

- Mais moi je m'en voudrais, répondit simplement Dumbledore. Elle m'a donné sa confiance. Je n'ai pas le droit de la trahir. Savez-vous comment réagissent vos gryffondors? Demande-t-il ensuite.

- La plupart ne s'en préoccupent guère, répondit MacGonagall. Seuls Harry Hermione et Ronald semblent s'en inquiéter.

- Oui... J'ai cru remarquer que ces trois-là été agités depuis le début de l'année. Gardez un oeil sur eux. Merlin seul sait ce qui peut leur passer par la tête! Après tout, ce sont des gryffondors , leur amie est en danger, j'imagine qu'ils n'aiment pas eux non plus rester sans rien faire, conclut-il. Maintenant, Minerva, allons nous coucher. Il ne fait pas bon traîner dans les couloirs à cette heure-ci par les temps qui courent.

Les deux professeurs se dire bonsoir, puis Harry entendit des pas s'éloigner dans un sens et dans l'autre. Il se glissa subrepticement derrière la tapisserie et avança dans le couloir suivant à distance d'un des professeurs. Il reconnut très vite Dumbledore et restait bien derrière lui. Le professeur disparut derrière un coude du couloir et Harry continua à avancer. Mais au moment où il tournait à l'angle à son tour, une voix l'interpella:

- Ce n'est pas raisonnable de se promener seul à cette heure dans les couloirs, Harry.

Harry sursauta violemment, alors que Dumbledore dépassait l'angle.

- Tu peux enlever ta cape.

Harry se découvrit, mais garda les yeux baissés sur ses chaussures, n'osant croiser le regard du directeur. Cependant, celui -ci ne lui parla ni froidement ni durement. Il demanda simplement :

- Que fais-tu donc à cette heure dehors, Harry?

Harry ne répondit pas, gardant les yeux baissés et se balançant maladroitement d'un pied sur l'autre.

- Suis moi, s'il te plaît.

Harry comprit très vite que Dumbledore l'emmenait dans son bureau. Pourtant, il ne se sentait pas plus angoissé que cela. Il n'avait pas l'impression que Dumbledore voulait le punir.

Il le suivit sans un mot jusqu'à la gargouille qui découvrait l'escalier tournant. Une fois dans le bureau du directeur, il s'assit sur un geste de celui -ci dans le fauteuil faisant face au bureau. Il se sentait un peu intimidé, mais Dumbledore ne disait pas un mot . Il l'observait simplement derrière ses lunettes en demi-lune, les mains croisées devant lui. Harry se sentait transpercé par son regard, et il gigota, mal à l'aise, sur son fauteuil. Mais au bout de plusieurs minutes de silence, Dumbledore n'ayant toujours pas pris la parole, Harry se décida à lui demander :

- Avez-vous vu Kecile récemment, M. Le directeur?

- Oui, répondit le vieil homme d'une voix lasse.

- J'ai... J'ai entendu ce que vous disiez au professeur MacGonagall... Elle ne va pas bien, n'est-ce pas?

- En effet.

- Elle sera libérée?!

- Je l'espère de tout mon coeur, Harry.

Harry hésita un instant avant de demander :

- Ron m'a parlé d'Azkaban, il m'a dit que c'était la prison des sorciers. D'après lui, c'est horrible là-bas. Pourquoi?

Dumbledore soupira et s'enfonça dans son fauteuil.

- Des enfants de votre âge ne devriez pas connaître l'horreur d'Azkaban. Pour répondre à ta question, oui, cette prison est un lieu absolument horrible. Azkaban est une forteresse humide, froide, mais surtout, elle est gardée par des créatures monstrueuses : les détraqueurs. Ils aspirent tout sentiment heureux, et ne laissent aux prisonniers que leurs pires souvenirs. Certains deviennent fou, d'autres finissent par en mourir. Privés de leurs baguettes, ils n'ont aucun espoir d'échapper à ce pouvoir maléfique.

- Vous voulez dire qu'ils sont... Comme dans un cauchemar continuel ?

- Oui.

Harry eut une mine horrifiée.

- Mais, Kecile...

- Elle est comme toi une enfant de 12 ans, qui plus est qui a eu une enfance difficile. Elle supporte très mal sa captivité.

Harry était atterré.

- Comment peuvent-ils faire cela ?souffla-t-il. C'est monstrueux.

- Ils ne voient que le fait est la fille de Voldemort. La peur amène souvent les gens à faire des choses inconsidérées, Harry.

- Hermione et moi avons beaucoup de mal à convaincre Ron que Kecile est innocente des attaques.

- Ton ami Ronald a grandi comme la plupart des jeunes sorciers avec des préjugés et des peurs. Sa famille a énormément souffert de la première guerre contre Voldemort. Tu ne peut pas lui en vouloir de se méfier.

- On se demande tout de même, continua Harry, si Kecile n'est pas liée à ces attaques malgré tout. Si elle n'aurait pas pu être manipulée...

- Qu'est-ce qui vous fait croire cela ? Demanda Dumbledore avec curiosité.

Harry eut l'air soudain embarrassé. Il ne voulait pas parler du journal de Jedusor au directeur. Peut-être cela aurait-il été plus judicieux lui murmura sa conscience, mais quelque chose l'en retenait. Il tenta de s'expliquer en restant le plus proche possible de la vérité.

- Hagrid nous a parlé de son renvoi lorsqu'il était en troisième année, mentit-il. Il nous a avoué qu'il avait été dénoncé par un élève nommé Jedusor comme étant l'héritier de Serpentard. On a trouvé ça idiot. Et puis, quand on en a parlé à Kecile, elle s'est emportée en nous traitant d'imbéciles pour croire de telles inepties. Je ne sais pas si elle vous l'a dit, mais elle entend une voix parler fourchelangue. Elle est persuadée que le monstre de Serpentard est un serpent. Pas une araignée comme l'a fait croire Jedusor.

- Kecile est une fille intelligente... remarqua en souriant Dumbledore.

- Hermione trouve qu'elle en sait trop. Et que ce Jedusor n'était pas net.

- Et Miss Granger est allée voir à la bibliothèque ce qu'elle pouvait trouver, n'est-ce pas ?

Harry hoche la tête en souriant intérieurement. Le directeur avait donc remarqué la manie de son amie à se précipiter vers la bibliothèque au moindre problème.

- J'imagine que je ne vous apprends rien, Monsieur, mais Hermione a découvert que Tom Jedusor était lié à la famille Gaunt. De là on a supposé qu'il était peut-être le père de Kecile, et donc Voldemort.

- Harry, répondit Dumbledore, vous nous prouvez une fois de plus que vous êtes plein de ressources et de débrouillardise. Je n'en suis pas surpris, après tout vous êtes à Gryffondor.

- Nos suppositions sont donc vraies ?

- Oui. Il y a une trentaine d'années, Tom Jedusor était en effet à Poudlard. C'était un élève très brillant et très apprécié des professeurs. Trop brillant d'ailleurs, trop poli, trop distant avec ses camarades. Lorsqu'il était en cinquième année, les attaques du monstre de Serpentard ont commencé. Et puis une élève est morte. En désespoir de cause le ministère a fini par arrêter Hagrid, car tout le monde connaissait son intérêt pour les monstres. Tom l'aurait trouvé en train de libérer le monstre de Serpentard. J'ignore si quelqu'un a soupçonné Tom de mentir. Mais Hagrid avait le don pour s'attirer des ennuis alors que Tom était un élève modèle.

- Mais vous ne l'avez pas cru vous, n'est-ce pas ?

- Non. J'ai toujours gardé un oeil vigilant sur Tom depuis ce jour. Les attaques ont cessé, ont été oubliées. Quelques années plus tard Tom Jedusor disparaissait de la circulation.

- Est-il vraiment Voldemort ?

- Oui. C'est pourquoi vous ne devez pas vous occuper de cette affaire, reprit Dumbledore d'un ton sérieux. Toute cette histoire est beaucoup trop dangereuse. Je vous avait interdit de vous rapprocher de Kécile. Aujourd'hui cette interdiction n'est plus valable. Mais Voldemort n'en reste pas moins une menace. Je suis en effet persuadé que c'est lui qui frappe à nouveau à travers l'héritier de Serpentard. C'est pourquoi je te demande, Harry, de rester éloigné de tout cela.

- Mais, Kecile !

- Tu ne peux rien pour Kecile. Elle est déjà une victime de Voldemort. C'est sur son ordre qu'elle a été dénoncé au ministère. Harry, promets moi que tu ne prendras plus de risques inconsidérés. Promets moi que tu ne te promèneras plus seul dans les couloirs, la nuit, alors que ça n'est pas absolument nécessaire.

Harry soupira profondément et marmonna à contrecoeur :

- Je vous le promets.

- Je te remercie, répondit doucement Dumbledore. Y a-t-il autre chose dont tu voulais me parler ?

- Non Monsieur. Ou plutôt, si! Je voulais vous poser une autre question.

- Je t'écoutes.

- Quand Kecile a-t-elle changé de camp ?

- elle s'est décidée il y a trois semaines. Mais elle y songeait depuis un moment.

- Qu'est-ce qui l'a fait se décider?

- Cela, Harry, je ne puis te le dire. Est-ce tout?

- Oui, monsieur.

- Alors je vais te raccompagner jusqu'à ton dortoir, déclara le directeur en se levant. Remets ta cape ; si nous croisons Severus, je ne voudrais pas qu'il me gronde pour encourager les élèves à ne pas respecter le couvre-feu !

Albus,

Le ministre a été informé des nouveaux éléments de l'enquête. Une réunion est demandé entre vous moi-même et Fudge, demain matin à 9h00 au ministère. Rendez-vous dans mon bureau. Je suis désolé je n'ai pas pu obtenir que la confrontation se passe plutôt. Et j'imagine qu'il veut se préparer.

Amélia Bones

Dumbledore lut le message avec un sentiment mitigé. Que Fudge se prépare n'était pas forcément une bonne chose. Il avait plus ou moins compté sur la surprise pour faire céder le ministre. Mais si Fudge considérait nécessaire de se préparer, cela signifiait qu'il se sentait menacé.

Le directeur sursauta alors que le professeur Flitwick faisait irruption dans le bureau, l'air paniqué.

- Dumbledore ! Une nouvelle attaque ! Il y a eu une nouvelle attaque !

Dumbledore se dressa brusquement la mine sombre, et ordonna à son professeur de le conduire jusqu'au lieu de l'incident.

Deux élèves avaient été attaqués. Deux filles, deux moldues, une Serdaigle: Pénélope Deauclair, une gryffondor: Hermione Granger.

- Allez prévenir le professeur MacGonagall que le match de Quidditch est annulé. Que tous les élèves regagnent leur salle commune. Professeur Chourave, aidez-moi à les mener à l'infirmerie. Filius, vous demanderez aussi à Minerva qu'elle conduise M. Potter et M. Weasley à l'infirmerie.

Quelques minutes plus tard, après un examen minutieux de Mme Pomfresh, Dumbledore était assuré que les deux élèves étaient elles aussi pétrifiées. Les mandragores de Mme Chourave n'étant pas encore à maturité, ils ne pouvaient rien faire d'autre qu'attendre. Une atmosphère morose régnait sur le château. La plupart des habitants, à commencer par les élèves, avaient pensé que le monstre de Serpentard ne frapperait plus, la menace avait semblé s'éloigner. Ceux qui savaient pourquoi Kécile avait été arrêtée, marmonnaient qu'une fois de plus le ministère s'était trompé. Les rumeurs les plus folles commençaient à nouveau à courir les couloirs de Poudlard.

Une réunion de professeurs eu lieu cet après-midi-là. Les membres du corps enseignant étaient tous très inquiets. La fermeture de l'école fut envisagée, mais Dumbledore s'y opposa. De nouvelles mesures de sécurité furent prises pour la sécurité des élèves.

Mais une fois les professeurs partis, Dumbledore ne put s'empêcher de retourner faire un tour du côté des toilettes de Mimi Geingnarde.

Il ne comprenait pas. Par quel moyen Voldemort pouvait-il ouvrir cette fichue chambre, sans entrer dans Poudlard? Et où donc était l'entrée de cette salle secret ? Plus le temps passait, plus il se persuadait que cela avait un lien avec cette pièce. Mais elle avait été fouillée de fond. Rien.

Et puis, si sa théorie été la bonne, comment penser que Voldemort pouvait laisser un objet de cette valeur à la portée du premier venu ? Ce serait de la folie...

Il remontait, pensif, vers son bureau, lorsqu'il fut interpellé par Rusard. Derrière lui, s'avançait le ministre.

- Bonsoir, Cornelius.

- Bonsoir Dumbledore. Vous savez pourquoi je suis là ?

- Bien sûr, je ne m'attendais pas moins de votre conscience professionnelle, répondit Dumbledore, d'un ton amène qui ne cacha pas un léger sourire narquois. Voulez-vous me suivre dans le bureau ?

- Je ne crois pas que ce soit nécessaire. Je suis venu voir quelqu'un de bien précis.

- N'est ce donc pas moi ?

- En tant que directeur de cette école, et responsable du personnel, je me devais de vous voir. Mais je viens emmener M. Hagrid au ministère.

- Hagrid ? Ne venez de me dire que vous l'accusez à nouveau ? s'exclama Dumbledore tout d'un coup sévère. Après avoir emmené Kécile, vous voulez emporter un second innocent ?

- Je ne considère pas Miss Gaunt comme innocente, et son cas sera réglée demain, répondit Fudge sèchement. Et vous comprenez bien que je ne peux pas rester les bras croisés.

- Hagrid n'a rien à faire dans cette histoire.

- Au lieu de me dire qu'un tel et un tel ne sont pas coupables, déclara Fudge avec colère, dites moi plus tôt qui est le coupable !

- Ils arrivèrent devant la cabane de Hagrid.

Dumbledore frappa et attendit que le garde-chasse vienne ouvrir. Celui -ci apparut à la porte, arbalète à la main.

-Bonsoir Hagrid.

Il s'avança et laissa passer Cornélius Fudge. Lorsqu'il le vit, le garde-chasse pâlit visiblement. Dumbledore crut à ce moment percevoir un souffle près de la cheminée. Crockdur était cependant sous la table, ce n'était donc pas lui.

- Sale affaire, Hagrid, dit Fudge d'un ton détaché. Très sale affaire. Il fallait que j'intervienne. Quatre agressions contre des enfants de moldus. Les choses sont allées suffisamment loin comme ça. Le ministère doit agir.

- Je n'ai jamais... se défendit Hagrid en regardant Dumbledore d'un ton implorant. Vous savez bien, professeur que je n'ai jamais...

- Cornelius, je voudrais qu'il soit bien clair que Hagrid à mon entière confiance.

- Ecoutez, Albus, les antécédents de Hagrid ne jouent pas en sa faveur. Le ministère doit faire quelque chose. Les mebres du conseil d'administration de l'école se sont consultés.

- Encore une fois, Cornelius, je vous répète qu'éloigner Hagrid ne changera strictement rien, répliqua Dumbledore, contenant sa colère.

- Mettez-vous à ma place, dit Fudge, mal à l'aise. Tout le monde a les yeux tournés vers moi. Il faut qu'on me voit agir. Si on s'aperçoit que Hagrid n'est pas coupable, il reviendra chez lui et on n'en parlera plus. Mais il faut que je l'emmène. Je ne ferai pas mon devoir si...

M'emmener ? dit Hagrid en tremblant. M'emmener où ?

- Pour quelque temps seulement, répondit Fudge, ce n'est pas une punition, Hagrid, une simple précaution tout au plus. Si on trouve un autre coupable, vous serez libéré avec toutes nos excuses...

- Allez-vous aussi présenter des excuses Kécile ? Demanda Dumbledore d'un ton narquois. Son emprisonnement à elle aussi me semblait préventif! commente-t-il.

- Vous n'allez pas me emmené à Azkaban ! rugit Hagrid.

A ce moment-là, quelqu'un frappe à nouveau la porte. Dumbledore à l'ouvrir et se trouve face à Lucius Malfoy. Sans un mot, il s'effaça pour lui laisser le passage dans l'enclave. À nouveau, il crut percevoir un bruit près de la cheminée.

- Vous êtes déjà là, Fudge déclara M. Malfoy d'un air approbateur. Très bien, très bien...

- Qu'est-ce que vous faites ici ? S'insurga Hagrid. Sortez de ma maison !

-Mon cher Monsieur, soyez certain que je n'ai aucun plaisir à me trouver dans votre... euh, comment appeler vous cela ? Une maison ? Répondit Malfoy avec un regard dédaigneux. Je suis simplement passé à l'école où l'on m'a dit que le directeur se trouvait ici.

- Et que ne voyez-vous, exactement, Lucius ? Demanda Dumbledore prudemment.

Venant de Malfoy il, s'attendait le pire. Celui -ci avait sur le visage un air bien trop satisfait.

- Je suis navré pour vous, Dumbledore répondit M. Malfoy d'un ton nonchalant.

Il sortit un parchemin de sa poche.

- Mais le conseil d'administration de Poudlard estime qu'il est temps pour vous de passer la main. J'ai ici un ordre de suspension vous concernant. Vous y trouverez les 12 signatures réglementaires. Nous avons estimé que vous n'étiez plus à la hauteur de la situation, j'en suis désolé. Combien d'agressions ont eu lieu jusqu'à présent ? Il y en a eu deux de plus cet après-midi, n'est-ce pas ? A ce rythme là, il ne restera bientôt plus aucun enfant de moldu à Poudlard et nous sommes tous conscients de l'horrible perte que cela représenterait pour l'école.

-Attendez, attendez, Lucius, intervint Fudge, l'air affolé. Dumbledore suspendu ? Non, non, c'est la dernière des choses à faire...

Dumbledore garda un visage impassible, regardant d'un air presque détaché les échanges entre les deux hommes.

- La nomination ou la suspension du directeur relèvent de la décision du conseil d'administration, Fudge, répliqua M. Malfoy d'une voix douce. Et comme Dumbledore a été incapable de mettre un terme à ces agressions...

- Voyons, Lucius, si Dumbledore ne peut pas y mettre un terme, qui donc en sera capable ? Dit Fudge.

Le ministère semblait légèrement paniquer, et Dumbledore voyait des gouttes de transpiration sur sa lèvre supérieure.

- Nous verrons bien, déclara M. Malfoy avec un sourire mauvais. Mais les douze membres du conseil ont voté...

À ce moment-là, Hagrid décida d'intervenir et se leva d'un bon. Dumbledore perçut un léger mouvement de recul de la part des deux autres hommes en raison de sa grande taille qui le rendait légèrement impressionnant.

- Et qu'elles ont été vos arguments pour les convaincre? Rugit-t-il. les menaces? Le chantage?

- Mon cher Hagrid, répondit Malfoy, votre caractère emporté vous attirera un jour de sérieux ennuis. Je vous conseille de ne pas crier comme ça lorsque vous aurez à faire aux gardiens d'Azkaban. Ils n'aimeraient pas ça du tout.

- Vous ne pouvez pas renvoyer Dumbledore ! Hurla-t--il si fort que Crockdur alla se réfugier dans son panier en tremblant. S'il s'en va, les enfants de moldus sont condamnés ! La prochaine fois, il y aura des morts !

- Calmez vous, Hagrid, intervint sèchement Dumbledore.

Il se tourna vers Lucius Malfoy et répondit :

- Si le conseil d'administration souhaite mon départ, Lucius, je m'en irai, bien entendu.

- Mais... Balbutia Fudge.

- Non ! S'exclame Hagrid.

Dumbledore vrilla Lucius Malfoy du regard et continua :

- Cependant, vous vous apercevrez que je n'aurais véritablement quitté l'école que lorsqu'il n'y aura plus personne pour rester fidèle. Vous vous apercevrez aussi qu'à Poudlard, une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent.

En disant cela, Dumbledore tourna son regard vers le coin de la cheminée où il était persuadé que des élèves se cachaient. Et qui pouvait se cacher ? Harry, très certainement, et tout aussi certainement accompagné de Ronald Weasley. Lucius Malfoy ne sembla pas comprendre les sous-entendus. Il se contenta de répondre en s'inclinant :

- Ce sont là des sentiments admirables. Nous regrettons tous votre... euh... façon très personnelle de diriger les choses, Albus, et j'espère simplement que votre successeur sera empêcher que... ''la prochaine fois, il y ait des morts.''

Et sans rien ajouter, il ouvrit la porte et fit signe à Dumbledore de sortir. Quant à Hagrid, Dumbledore le déplorait, mais dans l'immédiat, il ne pouvait rien faire pour empêcher Fudge de l'emporter Azkaban. Il l'entendit simplement dire du seuil de la porte :

- Si quelqu'un voulait découvrir quelque chose, il lui suffirait de suivre les araignées. Elles leur indiqueront le bon chemin ! C'est tout ce que j'ai à dire !

Il en était sûr, maintenant. Harry avait du assister à toute la scène. Pourvu qu'il n'aille pas encore se mettre dans des situations impossibles... Si c'était le cas, qu'il accomplirait son message.

Bien que tenue d'évacuer les lieux sur-le-champ, Dumbledore prit tout de même le temps de rassembler ses affaires les plus précieuses dans son bureau.

Mais alors qu'il descendait l'escalier tournant, son regard se posa sur l'aigle qui ornaiet le centre de l'escalier. Son regard brilla alors d'une nouvelle lueur, et il murmura:

- Je ne laisserai pas deux innocents à Azkaban. La bataille ne fait que commencer pour nous, Fumsec. Dame Poufsouffle ! M'accorderez-vous l'honneur de votre aide?