La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Maintenant, Tsuna trouva l'intérieur fort silencieux, après tout le chahut de dehors. Elle s'installa par terre, près du gérant toujours assommé, alors que Reborn lui posait une serviette mouillée sur son front pour le soulager. De la fenêtre, l'ange remarqua la présence du dragon avec son œil, semblable à celui de l'homme au fédora.

Au bout d'un moment, elle vit que le barman ouvrait péniblement ses yeux pour voir autour de lui. Tout aurait pu lui sembler normal, à vrai dire. Sauf qu'il voyait les yeux vairons de Reborn avec sa main droite transformée en griffe de dragon et les grandes ailes angéliques de Tsuna. Choqué, il commença à avoir un léger mouvement de recul, avant de se ressaisir calmement - peut-être car il s'était rendu compte que le moindre mouvement lui réveillait des douleurs à la tête -. Il dévisagea tour à tour ses deux clients avant de parler :

- Il faudra m'expliquer tout ça, si vous ne voulez pas que je devienne fou...

- Il essaya d'accompagner ses paroles avec un sourire pour calmer la tension, mais cela ne fit pas son effet.

Reborn échangea un regard avec Tsuna. La situation enchanta guère la jeune fille, mais elle considéra qu'il avait le droit d'en savoir plus sur tout ça - et espérait par la même occasion d'en savoir plus sur le Dragonnier... -. Malgré le fait que ce soit la première fois qu'ils se rencontrent, un lien unique s'était déjà tissé entre eux, sans même qu'ils le sachent vraiment.

Elle hocha de la tête pour donner l'élan à l'homme au fédora. Celui-ci se tourna alors vers le barman.

- Je ne cache pas qu'après ce que vous allez entendre, il y a de plus gros risques pour que vous deveniez réellement fou. Vous voulez quand même le savoir ?

Dit comme ça, rien de très assurant allait être annoncé.

Le barman jeta un regard désespéré à la jeune fille, mais celle-ci ne fit rien pour l'apaiser : après tout, elle ne voulait pas lui faire de fausse joie en lui mentant que tout allait bien se passer. Ce qu'il allait entendre aurait de quoi choquer un humain normal.

Au préalable, Tsuna alla chercher des coussins qui se trouvaient dans les chambres à louer qu'elle positionna autour du gérant au cas où il retomberait dans les pommes.

Enfin, le vieil homme acquiesça de la tête pour entendre la vérité. Tsuna s'assit de nouveau par terre auprès du barman alors que Reborn prit une chaise à une des nombreuses tables qu'il mit en face d'eux. Depuis tout à l'heure, il gardait un air sérieux, presque tendu - la jeune fille pensa qu'il ne devait pas avoir un grand sens de l'humour -.

Il soupira avant de regarder droit dans les yeux de l'humain.

- Bon, il est évident que tout cela doit rester secret, compris ?

Le gérant hocha de la tête.

- Alors, commençons par le commencement : déjà, il faut savoir que des êtres fabuleux, que vous avez sûrement entendu dans les histoires pour enfant, sont vrais.

- Êtres... fabuleux ? bégaya le gérant, Vous... vous en faîtes partis ?

- Question intéressante, se dit Tsuna dans sa tête.

- Les questions après, coupa le Dragonnier.

L'ange fit la moue secrètement.

- Les êtres fabuleux regroupent tous les êtres vivants qui possèdent une partie physique dite « paranormale » pour vous, continua l'homme au fédora, comme posséder une paire d'ailes, par exemple. Chez ''nous'', on appelle ces êtres des Élus.

Il garda le silence quelques secondes, en échangeant un regard avec son coéquipier Iru. À ce moment-là, Tsuna soupçonna le Dragonnier de communiquer mentalement avec le dragon. Finalement, il reporta son regard sur l'humain et l'ange.

- Bon, pour éviter que je n'en dise trop non plus, car d'après « Monsieur » (il désigna l'animal mythique), je parlerai trop, c'est mieux que vous posiez des questions et que j'y réponde.

Ensuite, il regarda Tsuna.

- Pour toi, reprit-il, ça sera en privé, si ça te dérange pas.

La concernée acquiesça. Bon, pour répondre à ces questions, c'était plus qu'une question de temps...

Comme un écolier, le barman leva la main pour prendre la parole.

- Pourquoi vous vous battez contre des anges ? Ils sont pas censés être pacifiques, protéger des personnes en particulier ou des trucs comme ça ?

- Toutes les légendes ne sont pas forcément vrai, rétorqua Reborn.

Le barman fit la moue vers Tsuna. Celle-ci se sentit toute rouge et honteuse, elle qui lui avait dit que les mythes étaient vrais...

Le Dragonnier avait dû sentir la mini-tension s'installer car il ajouta rapidement :

- Mais elles ne sont pas toutes fausses, non plus. Bref, tout ça pour dire que si certains anges sont protecteurs et tout ça, la plupart sont plus... « humanisés » : ils vivent et se nourrissent comme vous. Et donc, certains ont le job de « gendarmes de l'air » qui éliminent tout danger potentiel, comme par exemple des dragonniers, malheureusement...

Le gérant tressaillit, presque malgré lui.

- Mais vous êtes Dragonnier, non... ?

- Oui.

- Et vous êtes réellement dangereux ? Je veux dire... vous faites le mal ?

- Moi, personnellement, non. Du moins, je tente le moins possible...

- D'autres oui, chuchota Tsuna.

Elle comprit qu'elle venait de parler à voix haute lorsque la discussion s'arrêta et que les regards se braquèrent sur elle. Elle rougit doucement avant de reprendre de l'assurance.

- De ce qu'on a appris, vous n'avez pas fait que le bien, non plus ? ajouta-t-elle.

- Comme chez nous, nous avons appris la même chose sur vous, commenta-t-il. Ce sont des choses vraies qu'on ne peut pas normalement ignorer, sauf que nos peuples respectifs oublient leurs propres erreurs et rejettent la faute sur l'autre. Après, cela n'empêche pas que certains ne mènent pas la guerre ou même, qui sont contre ça, non ?

Il l'avait surtout posée à Tsuna. Était-elle d'accord avec lui ? Heureusement, oui. Ça avait trop duré, cet affrontement.

Le barman leva timidement la main.

- « Guerre » ? Il y a une guerre au-dessus de nos têtes ?

Reborn pesta à mi-voix. Il venait de trop parler.

- Et allez ~ C'est qui qui a eu raison, Chibi ~ ? ricana mentalement Irugorn.

- Ça va, ferme-là... pensa Reborn.

Ce coup-là, l'ange pu entendre la pensée de l'animal. Elle regarda tour à tour Reborn et le barman : celui-ci ne semblait pas avoir entendu les pensées. La jeune fille pensa que ça éviterait à une certaine personne de tomber de nouveau dans les pommes...

Soudainement, le Dragonnier tilta et regarda Tsuna.

- Tu peux nous entendre, maintenant ? demanda l'homme au fédora.

- Euh... Oui, enfin... tenta d'expliquer Tsuna.

- T'inquiète pas, Chibi, rassura Irugorn. C'est moi qui lui ai ouvert à la communication, juste pour mieux t'humilier.

- Oh... trop sympa, ironisa Reborn.

- Euh... ça va ? questionna le barman.

L'appel réveilla l'intérêt de Tsuna. Elle remarqua que Reborn n'était pas le plus paniqué. Il avait sûrement l'habitude de « rêvasser » soudainement.

En tout cas, le gérant fixa intensément le Dragonnier, en attente de sa réponse. Reborn soupira alors de nouveau.

- Eh ben... disons que ça vous concerne pas, heureusement. Vous n'avez pas à vous sentir visé car vous ne l'êtes pas, et même, pas besoin que vous en sachiez plus.

La réponse ne semblait pas satisfaire l'humain.

- C'est uniquement entre les... dragonniers et les anges qu'il y a une guerre ?

L'homme au fédora prit son temps pour répondre.

- Oui.

- Pourquoi ?

Reborn soupira. Les mots peinèrent à sortir de sa bouche. Tsuna n'en aurait pas eu ce courage.

- Il y a longtemps, on a soupçonné notre gouvernement d'avoir assassiné un des premiers dirigeants des anges dans un coup monté.

- C'est donc une simple question de vengeance, soupira le gérant. Et ça a duré combien de temps, cette guerre ?

- Ça continue de durer depuis 400 ans.

Le barman avala sa salive de travers. Quant à Tsuna, ça la rendait d'autant plus triste que maussade.

Il y eut un long silence pesant. Ce fut de nouveau l'humain qui parla en premier :

- Et... c'est vrai, cet assassinat ?

L'ange et le Dragonnier ajoutèrent rien sur le coup. Du côté de Tsuna, elle avait appris mainte et mainte fois que c'était bien les dragonniers les responsables de sa mort. Pourtant, qu'ont-ils appris, eux sur cet assassinat ? Que c'étaient des rebelles angéliques qui avaient commis ce complot et qui avaient accusé un peuple avec lequel ils ne s'entendaient déjà pas très bien ? Ou même, qu'ont-ils compris de son peuple ? Qu'ils trouveraient des guerriers assoiffés de sang ? Des malades mentaux ? En tout cas, pas la vérité, elle en était sûre.

- Je n'ai aucune idée, déclara Reborn. Et c'est justement le problème ; si on l'avait réellement su, et que ce soit nous ou pas les coupables, ça serait déjà terminé ; dans les pires des cas, on aurait reçu notre châtiment et basta. Pourtant, à cause de la corruption, cela s'est mélangée avec la vérité et nous l'avons finalement perdue.

La tension était à son maximum. À quoi penser après tout ça ? Pouvait-on encore penser qu'il y aurait une solution à tout ça ?

Cependant, le gérant reprit un véritable sourire qui dévisageait les deux autres.

- C'est vrai que ça n'a pas l'air très jojo, mais rien n'est perdu, non ?

- C'est-à-dire ? demanda le dragon. À ouais, c'est vrai que je ne me suis présenté : je suis Irugorn. Je suis à la fenêtre.

L'humain regarda par la vitre et vit l'œil du dragon qui prenait tout le cadre. Il préféra détourner du regard et ne rien ajouter à cela pour revenir sur la discussion principale.

- Rien n'est encore perdu ? répéta Tsuna.

- Ben oui ! s'exclama le gérant avec enthousiasme. Vous vous êtes entraidez tout à l'heure, malgré le fait que vous soyez chacun un Dragonnier et un ange, non ?

Les deux s'observèrent. En effet, rien n'était encore perdu...

- Il faudra qu'on en discute de ça après, remarqua Reborn. Sinon, t'as d'autres questions ?

- Euh... bégaya le barman. Ah oui ! Et toi, tu es un... Élu ?

- Non.

- Mais ta main ? Ton œil ? C'est assez exceptionnel, quand même...

Le concerné observa sa main déformée.

- C'est un service qu'Iru m'a rendu il y a longtemps.

Il resta pensif après, fixant encore sa main. Tsuna n'osa pas le couper dans sa pensée, mais le gérant avait une tout autre idée, lui.

- Et vous comptez faire comment, pour l'en empêcher ? Parce que seul, ça doit pas faire beaucoup d'impacts...

- Je préfère le garder pour moi-même, répondit-il. Pour l'instant.

Il ajouta ces quelques mots en regardant la jeune fille. Elle comprit de suite le sous-entendu.

- Et... de mon côté, je peux faire quelque-chose pour vous ? demanda gentiment l'humain.

- Le mieux que vous puissiez faire, c'est de garder tout ça pour vous. Et de ne pas s'inquiéter en criant à tout bout de champs que c'est la fin du monde. Parce que vous, vous n'êtes pas concernés et vous êtes dans l'ignorance. Et... c'est tout.

Reborn se leva doucement. Il sourit narquoisement.

- Pas trop choqué de tout ça ?

Le barman lui rendit un faible sourire.

- Je ne vais sûrement pas dormir de la nuit, c'est tout.

- Aahh... à se demander s'il a bien fait de tout savoir, pensa pour elle-même Tsuna.

Malgré tout, elle sourit à son tour.

Exceptionnellement, le barman ne leur demanda pas de payer pour la location de deux chambres cette nuit - il leur était assez reconnaissant de ne pas avoir fait sauter le bâtiment -. Avant de monter à l'étage, Tsuna demanda à Reborn de s'éloigner du gérant pour parler de chose plus complexe et confidentielle. Il n'ajouta rien à redire et la suivit. Celui-ci avait remis son gant qui donnait miraculeusement l'illusion d'une main normale pour ne rien blesser ou casser - ou éviter d'effrayer quelques personnes en même temps -. Il possédait lui aussi un sac noir qui faisait plus randonnée que celui de Tsuna, mais qui pouvait contenir plus d'affaires qu'elle.

Maintenant qu'ils se trouvaient seuls dans la chambre, Tsuna se sentit étrangement nerveuse de la présence de l'homme au fédora. Elle le trouvait imposant et il affichait un air grave. Elle s'assit sur le bord du lit, en face de Reborn qui lui prenait appui sur le bureau. Finalement, elle prit discrètement une grande inspiration et commença à parler :

- Vous n'êtes donc réellement pas un Élu ?

Il la regarda étrangement, étonné de sa question, avant d'afficher un petit rictus.

- Oh... les informations montent doucement dans ta tête, hein ?

La jeune fille bouda de la boutade.

- Je rigole, continua-t-il. Oui, je suis un simple humain, comme le gérant. Comme tous les autres dragonniers, d'ailleurs.

- Alors comment cela se fait que vous puissiez connaître les flammes de dernière volonté ? Ou même, d'en utiliser ? Seuls les Élus peuvent l'utiliser, pourtant.

- C'est vrai, admit le Dragonnier. Déjà, il faut comprendre que tous ceux qui se préparent à la guerre ou qui tentent d'en empêcher, comme moi, sont au courant pour les flammes de dernière volonté. Quant à la maîtrise... certains s'agrafent des organes d'Élus morts et trouvés en bonne état. Pas forcément très appétissant, ni même très efficace. Je te rassure, pour moi, c'est en même temps que le « don » d'Iru.

Il lui indiqua son œil doré et sa main gantée.

Tsuna tenta d'assimiler les nouvelles qu'elle venait d'apprendre. Maintenant, un des seuls avantages que possédaient les anges pouvait être contré ? Elle resta silencieuse.

- Bon, à mon tour de te poser des questions, si ça te dérange pas, reprit-il.

Elle n'ajouta rien. Que cela la dérangeait ou pas, elle devrait répondre à ses questions, de toute manière - ce n'était qu'une simple formule de politesse -. Elle lui en avait déjà assez posées pour qu'elle ne puisse pas ne pas répondre.

- Alors, première question : pourquoi est-ce que tu es partie de chez toi pour arrêter la guerre ?

- Hein ? C'est-à-dire... vous aussi, vous êtes partis de chez vous, non ?

- Je pourrai très bien te répondre. Cependant, réponds déjà à la mienne.

- Elle réfléchit quelques secondes. Elle opta pour la réalité :

- Chez nous, on ne peut pas se révolter directement : le gouvernement, même si c'est plus semblable à une monarchie qu'à autre chose, ne l'entendrait pas. C'est pour ça que je...

Elle eut un moment de blanc.

En fait, elle ne le savait même pas elle-même. Elle baissa la tête.

Elle était bel et bien partie, finalement, on revenait sur le point de départ : que faire ensuite ? Tout en dehors de chez elle se trouvait inconnu, étrange, effrayant même.

Reborn attendit quelques secondes la suite, mais voyant qu'il ne l'aurait pas, il décida de passer à côté.

- Bon, on laisse tomber. De mon côté, j'ai un service à te demander.

Tsuna releva sa tête. Elle regarda droit dans les yeux le Dragonnier.

- Il faudrait que tu m'amènes à HeavenGard.

- He-hein ? Vous... vous ne savez pas où ça se trouve ?

- Il a beau être fortiche en géographie, il n'a jamais appris là où vous habitez, gloussa le dragon.

- La ferme, déclara simplement Reborn sans hausser le ton (à elle ou à Irugorn ?). C'est que vous avez mis un espèce d'anti-radar autour de chez vous et depuis, on n'arrive plus à retrouver la trace d'HeavenGard.

- Et pourquoi vous voulez vous y rendre ? questionna l'ange.

Suite à sa question, le Dragonnier ouvrit son sac et sortit d'une des poches un papier légèrement froissé. Lorsqu'il le remit en bonne état, il n'y avait étonnement plus de plis apparente. Il le passa entre les mains de Tsuna. En haut à gauche, il y avait un gribouillis avec un tampon rouge qui symbolisait un dragon ; tout le reste était de la lecture. L'ange essaya alors de lire l'écriture petite et nerveuse, mais elle ne sut décrypter le langage qui lui était inconnu.

Reborn remarqua sa perplexité car il en fit ensuite un court résumé.

- C'est un document officiel, déclara-t-il. Même si nos deux chefs du gouvernement se tapent dessus, c'est le général des armées qui décide si oui ou non ils attaquent, chez nous en tout cas. Et donc, celui-ci explique là-dessus qu'il devrait plutôt faire une réunion diplomatique pour tenter de trouver un accord que de se taper infiniment la gueule. Il y a sa signature ici (il lui montra l'espèce de gribouillis en haut à gauche). Je suis chargé de l'amener au tien.

- Qui n'est autre que le Grand Duc... soupira Tsuna.

- Le Grand Duc ?

- C'est le nom du chef du gouvernement, qui remplace en ce moment le Kyūdaime. Même s'il a des conseillés qui parlent au nom du peuple, il possède les pleins pouvoirs comme un roi, alors il n'en fait qu'à sa tête : c'est-à-dire la guerre...

Reborn assimila l'information. Il reprit d'un ton plus optimiste - qui ne lui ressemblait pas - :

- Ça, tu n'en sais rien. Peut-être continue-t-il la guerre pour son « honneur », ou même celui de ta patrie. Par contre, s'il verrait que son adversaire veut faire la paix, il peut quand même faire une trêve et...

- Mais il est égoïste et débile comme ce n'est pas possible ! s'emballa Tsuna. Il n'y a même pas une question d'honneur ou de vengeance ! C'est un pourri gâté psychopathe qui se moque de l'avis des autres et qui tue tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui ! Il se croit supérieur et rien que pour le prouver, il serait capable de poignarder dans le dos ! Il aurait même pu envoyer ses soldats-là juste pour « s'amuser » !

Elle reprit sa respiration. Reborn, lui, était resté impassible et n'avait pas bougé d'un millimètre durant la tirade.

Elle récupéra de nouveau son sang-froid avant de s'excuser au Dragonnier.

- Je suis désolée... je n'aurais pas dû m'énerver comme ça. Vous n'avez rien fait et...

- C'est pas grave : parfois, il faut que ça sorte. Hein, Iru ?

Le dragon ne répondit pas, mais Tsuna sentit qu'il faisait la tête dans son coin.

Reborn bougea de sa place et se plaça en face de l'ange. Il s'accroupit pour être à sa jeune fille se rendit enfin compte de sa grande taille.

- Tu sais..., commença Reborn, tu as sûrement raison, par rapport à ton Grand Duc. Tu le connais mieux que moi, et si tu dis que c'est un bâtard, je n'aurais pas d'argument pour te le contredire. Cependant, il y a une chose qui nous a aidés à agir, à toi et moi : c'est l'espoir. Et je refuse de perdre espoir face à un roi de pacotille ou à un quelconque chef d'état. Après tout, c'est contre eux qu'on agit pour arrêter cette guerre, non ?

L'ange acquiesça de la tête. Elle était totalement d'accord avec lui.

Le Dragonnier lui tendit la main.

- Acceptes-tu de faire équipe avec moi pour m'amener à HeavenGard ?

- O.k !

Tsuna lui prit sa main, symboliquement.

Reborn se releva puis aida la jeune fille à en faire de même.

- Et si on allait voir nos amis les anges ~ ? Peut-être qu'ils peuvent nous informer sur leur... boss ?

Avant d'avoir eu la petite discussion avec le gérant, nos deux acolytes avaient emmené les anges dans la cave sombre du bâtiment. Ils avaient trouvé de la corde et les avaient ficelés pour que lorsqu'ils se réveilleraient, ils ne leur viendraient pas à l'esprit de se venger.

Tsuna et Reborn descendirent dans la salle lugubre. Ils avaient bien fait de demander une lampe à huile au gérant car à l'intérieur de la cave on distinguait à peine ses pieds et le chemin, délimité par de gros tonneaux sur le côté. Ça puait le vin et l'alcool et rester dedans trop longtemps apporter les mêmes effets que de boire cinq choppes de bières.

C'était pour cela qu'ils ne s'inquiétèrent pas lorsqu'ils retrouvèrent les mercenaires totalement saouls. Ils chantaient médiocrement des chansons du pays de Tsuna que celle-ci reconnaissait, même si elle trouva que leurs voix étaient trop aiguës à son goût - sûrement dû à leur joie soudaine -.

Reborn ne fit pas dans la délicatesse : il s'en saisit d'un - le chef, comme par hasard - et le porta sur les épaules pour lui faire prendre l'air. Tsuna eut malgré-elle le cœur serré lorsqu'elle entendit les lamentations des autres qui ne voulaient pas que leur leader s'en aille.

Une fois dehors, le Dragonnier posa le prisonnier à terre et attendit deux minutes que l'ange aux ailes noires reprenne ses esprits. Cependant, on ne voyait que le blanc de ses yeux et on entendait des fredonnements des plus étranges - une tentative de chant, peut-être -. Perdant sa patience, Reborn utilisa une manière plus radicale pour le faire revenir sur terre, c'est-à-dire de lui foutre des baffes jusqu'à que la personne ait des réactions normales.

- Aïe ! gémit le chef. Tu vas arrêter, oui ?!

S'énerver était une des réactions possibles.

- C'est mieux quand tu gueules, mais que tu sois toi-même, que quand tu te crois au pays imaginaire tout en chantonnant faux, ricana Reborn.

- Sale Dragonnier... tu me le paieras !

- On verra.

Tsuna les regardait de loin. L'ange tentait de se défaire les liens ; sans grand succès.

Intérieurement, la jeune fille eut un peu honte de se battre contre des anges - des personnes comme elle, bon sang ! - avec des gens qu'elle ne connaissait même pas...

Elle ne se rendit pas compte, mais le Dragonnier avait posé une main sur son épaule tout en la fixant étrangement.

- Tu vas bien ?

Elle ne se sentit pas de répondre. Ou même d'agir. Elle remarqua qu'elle fut au point du non-retour : soit, elle affirmait haut et fort qu'elle s'alliait et qu'elle rejetait le gouvernement du Grand Duc - et là, gare à la punition si elle se faisait chopper... -, soit, être de nouveau cette petite fille qui se cachait sans rien dire ou faire pour s'exprimer librement.

Elle prit une grande inspiration pour se calmer et, avant que Reborn réagisse, elle s'avança vers le prisonnier. Celui-ci la dévisageait.

- Tu as choisi ton camp, traîtresse ? On travaille pour l'ennemi, maintenant ?

Elle le fixa sévèrement. Elle n'avait pas à lui répondre : ce serait rentrer dans son jeu. Elle s'accroupit pour être à la hauteur de l'ange assit.

- Qui est-ce qui t'a envoyé ?

- Je n'ai point besoin d'être envoyé pour agir si un ennemi est en face de moi.

- Qui est-ce qui te donne les ordres ?

Le chef soupira bruyamment.

- Sérieusement ? Je n'ai pas à t'aider, traîtresse, mais je peux te dire une chose évidente : au fond de toi, tu le sais très bien.

Tsuna frissonna. Ses craintes étaient donc bien réelles. Elle prit avec assurance et rapidité un petit badge dans une des poches invisibles de la veste de l'ange : le badge recouvrait les trois couleurs de leurs principaux revêtements - la cape noire, avec du jaune et du rouge - : le blason se composait d'une arme angélique du médiéval en jaune - une espèce de hallebarde -, et le fond se trouvait noir et comportait des tâches rouges, symbole du sang qu'il pouvait faire couler...

Elle s'énerva sur le coup et le balança loin d'elle. C'était bien ça.

C'était bien lui.

Avant même d'avoir pu se calmer, le chef rit sous cape avant de siffler entre ses dents :

- Sache que c'est déjà trop tard pour agir, Tsunayūki Sawada. Nous allons tous les détruire, jusqu'au dernier, sans que tu puisses faire la moindre chose.

Normalement, Tsuna aurait tremblé d'effroi rien que de penser qu'il avait probablement raison. Cependant, sous le coup de la colère, elle rétorqua avec une assurance qu'elle s'était jurée de ne jamais utilisée.

- Rien n'est encore fini. J'ai encore mon mot à dire : surtout, n'oublie pas qui je suis, car je peux encore changer la donne.

Elle se releva doucement en évitant de l'écraser par inadvertance ou pour qu'elle ne retombe pas à cause du sang à la tête. Mais alors qu'elle allait perdre son équilibre lamentablement, Reborn la retint. Il affichait un air satisfait.

- Tu peux « encore changer la donne »., répéta-t-il. J'ai hâte de faire équipe avec toi, Tsuna ~.

Il commençait à se faire tard. Ils remirent le chef des anges avec les autres, le temps de trouver une petite punition, puis Tsuna alla se laver et se coucha directement dans son lit. La journée avait été longue et dure, mais à partir de maintenant, elle sentit que cette étape était la première et la plus facile. Elle soupira de fatigue.

Elle porta sa main à son collier autour de son cou. Le joyau en forme de goutte d'eau reflétait les sept couleurs de l'arc-en-ciel. Un dernier cadeau de sa mère avant que la jeune fille parte...

Mais le temps n'était plus à la nostalgie, ni à la tristesse. Demain serait un un nouveau jour et elle était assurée qu'il serait bien chargé, tout en bien qu'en mal.

Surtout si elle était à partir de cet instant en compagnie d'un dragon et d'un Dragonnier.


Moi : Hey ! Bonjour à tout le monde ! Je suis en ce moment en compagnie de Tsuna...

Tsuna : Bonjour !

Moi : D'Irugorn...

Irugorn : GROOORR ! Salut.

Reborn : T'aurais du hurler plus fort, je n'ai qu'un tympan de péter.

Irugorn : GRRRROOORRRR ! Salut !

Reborn : Non, mais tu le fais exprès !

Moi : Faîtes comme moi : casque anti-bruit.

Tsuna : Mais... vous le sortez d'où ?

Moi : Mais bref ! Et enfin... de Reborn !

Reborn : … bonjour.

Irugorn : Ça manque d'énergie, tout ça.

Reborn : On s'en tape pas un peu, non ?

Moi : Mais si, c'est très important ! Mais tant pis, si t'as aucune volonté...

Reborn : … vous me soûlez. Bon, je recommence : Bonjour ! Ça vous va, comme ça ?

Moi : C'est beaucoup mieux ! Mais passons : merci beaucoup d'avoir lu ces chapitres ~.

Reborn : En fait, on est où, ici ?

Moi : Eh ben... je pensais qu'ici, on pourrait répondre aux questions des lecteurs !

Reborn : Quoi ?!

Irugorn : Grooor ? On a donc que ça a faire ?

Tsuna : Mais on va répondre à quoi, précisément ?

Moi : Eh ben, à toutes sortes de questions ! Sur tout et n'importe quoi !

Reborn : J'ai peur de ce « n'importe quoi ».

Moi : Et vous pouvez poser des questions autant pour moi que pour les autres ! Nous tenterons de répondre au mieux !

Tsuna : Ça a l'air drôle !

Reborn : Alors uniquement pour toi.

Irugorn : J'imagine que c'est à partir du prochain chapitre que cette F.A.Q commence ?

Moi : Exactement ! Allez, à plus ~.