La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).
Cependant, l'histoire m'appartient.
- Quoi ? HeavenGard serait... au-dessus de nous ? demanda Reborn, hébété. Mais comment ça se fait que ça vole ? Parce que je crois pas que ce soit des nuages, si ?
- Non ! C'est de la terre comme ici, sauf que la notre est remplie de molécules d'hélium, répondit Tsuna. On a donc décidé de mettre des chaînes, invisibles bien entendu, pour la retenir.
- De l'hélium ? Jamais entendu parler de terre d'hélium...
- Ben... si j'ai bien compris, il y a des espèces de mini-poches fermées dans tout le sol, et les poches sont remplies...
- d'hélium.
Ça faisait longtemps qu'ils marchaient maintenant, la tête dans les étoiles. Ils se trouvaient maintenant dans une forêt dense et charnue, où la lumière se faisait d'autant plus rare. Le Dragonnier regardait toujours le ciel, essayant de trouver la moindre faille pour voir la terre des anges. Pourtant, il ne vit que le bleu foncée de l'espace, avec la lune et des nuages en plus d'un point doré lumineux qui les suivait depuis le début de la marche.
- Irugorn, t'as déjà remarqué un truc dans le ciel ? pensa l'homme au fédora.
- Absolument pas, répondit le dragon. Je te ferai rappeler que c'était ta première théorie et qu'on a volé vingt-quatre heures NON STOP pour ne rien trouver. Ça doit être sûrement à cause...
- de l'anti-radar, compléta l'homme.
Cela était logique, après tout. Cependant, quelle technologie avancée pouvait rendre invisible une terre énorme et faire effacer la présence d'un peuple entier ? Un mystère de plus à résoudre.
Reborn observa l'ange ; elle fixait un point invisible au-dessus elle, peut-être parce qu'elle était en train de rêvasser, la tête dans les nuages. Le peu de vent d'en face soulevait doucement la cape qui révéla un bout de ses ailes blanches. L'air écartait quelques mèches collées à ses joues et révélait son visage de profil. Le Dragonnier resta dans la contemplation quelques instants.
Soudainement, Tsuna se ramassa et tomba à terre à cause d'une branche d'arbre mort en plein milieu de son chemin. Reborn se mit à toussoter de gêne, avant de s'accroupir pour se rapprocher de la jeune fille embarrassée.
- T'étais pas maladroite comme ça durant le combat, hier, remarqua l'homme.
- Mais ! allait protester l'ange. C'est quand je passe en « mode dernière volonté » que je ne commets pas de « maladresse ».
- « Mode dernière volonté » ?
- Oui, quand un Élu invoque une flamme de dernière volonté, il passe en mode... dernière volonté. Ça ne te fait pas ça pour toi aussi, alors que tu arrives à utiliser la flamme ?
- Je ne suis pas un Élu.
Tsuna acquiesça de la tête. Elle se releva péniblement, mais la fatigue l'a prise et elle s'écroula sur Reborn. Le Dragonnier remit son chapeau correctement après que l'ange se soit levée et se soit excusée environ quatorze fois - si si, il a compté, et il sentait que ce n'était pas le meilleur score de la jeune fille -.
Bon, je pense qu'on va trouver un petit coin tranquille pour dormir, d'accord ?
Une fois de plus, Tsuna accepta sans dire un mot, avant de se remettre à s'excuser. Ce coup-là, Reborn s'arrêta de compter à cinquante.
Il se demandait si tous les anges s'excusaient tout le temps à chaque fois. Mais il espéra que ce n'était qu'elle parce que sinon, il savait ce qu'avait entretenu la colère les dragonniers contre les anges.
Ils trouvèrent une grande plaine cinq minutes plus tard. Il y avait un petit ruisseau tout près, et on entendait son glougloutement. Il y avait tellement de place que le dragon piqua net au sol, puis s'installa tranquillement pour s'allonger et dormir. De suite arrivée, Tsuna s'écroula par terre, épuisée, avant de s'endormir quasiment de suite. Reborn soupira d'exaspération avant de s'allonger à son tour. Cependant, il ne trouva pas le sommeil aussi facilement que son amie l'ange, car il n'avait pas l'habitude de se coucher si tôt. En déduisant avec les étoiles présentes dans le ciel, l'homme en déduisait que ça devait tourner autour des vingt heures. Lui, il marchait jusqu'à vingt-trois, peut-être même minuit. Ça lui semblait alors un peu tôt. Il aurait bien voulu se promener dans les parages sans trop s'éloigner, mais il se sentait assez responsable pour ne pas laisser Tsuna seule ici, sans défense - il entendait sa légère respiration, signe qu'elle dormait profondément -.
Il essaya de sentir la conscience d'Iru. Inaccessible. Comme si on plongeait dans un gouffre sans fond. En plus que ce n'était pas agréable à la personne, ça réveillait la personne « victime ». Reborn préféra alors ne pas gêner un dragon en manque de sommeil - il avait appris à ses dépends ce qu'il arrivait -.
Il se força alors à s'endormir. Mais généralement, quand il faisait ça, il dormait mal et il faisait même des cauchemars.
Ce coup-là ne fit pas l'exception.
...
Comme tout cauchemar, le début était la moins pire et la plus passable. Là, il se retrouvait en petit garçon, quand il se trouvait encore dans l'établissement de Flader.
Il était encore dans son coin, seul, assis sur le grand banc de l'école, quand un drôle de duo connu du petit garçon débarqua.
La petite fille avait les cheveux bleus sombres courts, et possédait des yeux rouges. Reborn se rappelait comment elle était : rageuse, gueularde et bagarreuse avec tout le monde pendant ses temps perdues, mais avant tout, elle était rageuse, gueularde et bagarreuse envers ses amis, dont Reborn en faisait les heureux membres.
À côté d'elle, il y avait le petit garçon blond aux yeux bleus. Il était toujours souriant, et quand la jeune fille le frappait violemment, il acceptait de se laisser faire avec une drôle de joie. En fait, Reborn avait remarqué depuis longtemps que ces deux-là avaient un faible pour l'autre, mais qu'ils n'étaient pas foutus de se l'avouer.
- Tu viens ? demanda drôlement gentiment la fille.
- On va allez s'amuser ! rajouta le garçon blond. Tu nous rejoins, n'est-ce pas, kora ?
Reborn souriait joyeusement. Sans arrière pensée, il sauta de son banc pour les rejoindre.
Une fois les pieds au sol, il commença à voir le monde en rouge. Le sol commença à se dérober sous ses pieds. Il vit le garçon et la fille le regardaient sans agir ; même, ils affichèrent un sourire de psychopathe exagéré, qui allait jusqu'au oreilles - au sens propre -. De leur corps, des plaies se créèrent comme des fleurs qui écloraient, et le sang en coulait abondamment. Reborn en eut des frissons d'horreur. Ils ne ressemblaient plus à rien, finalement.
- N'est-ce pas ?
À la dernière syllabe prononcée, le garçon tomba dans un abîme sans fin. Durant sa chute en enfer, Reborn vit des images de son passé, tout en ayant l'impression de brûler et de respirer des flammes.
Cette maison qui brûlait...
Cette attaque qui changea pour toujours sa vie...
Cette blessure qui lui faisait encore mal, et lui fera pour toujours mal...
Soudain, il crut s'arrêter de tomber ; il restait en vol stationnaire. Une petite pointe de lumière éclaira le tunnel sombre de sa vie. Une voix douce se remplit dans la tête, et qui l'appelait.
- Tsuna ? Reconnut-t-il finalement.
D'un seul coup, il arrêta d'avoir cet sensation de brûler.
...
- Reborn ? Ça va ?
L'homme crut s'étouffer. De l'eau avait rentré par inadvertance dans son nez.
De l'eau ?
Le Dragonnier regarda autour de lui. Tsuna lui tenait fermement sa main, et Irugorn l'observait, la bouche pleine - d'eau, espéra Reborn -.
- T'as fait un cauchemar, Chibi ? questionna le dragon avec une pointe de sarcasme.
- Ouais, affirma froidement le Dragonnier.
Le ton de sa pensée calma de suite le dragon. Par inadvertance, l'homme avait envoyé son rêve par mental. Par réaction, Irugorn avala bruyamment toute l'eau de sa gueule.
Il essaya de reprendre son calme, mais les images de son cauchemar lui revenait à chaque fois. Ce qu'il pouvait être pathétique !
Reborn voulut bouger, mais sa main fut bloquée par la main de l'ange. L'homme la retira immédiatement, étonnement gêné. Il observa autour de lui, ignorant le regard déçu de l'ange suite à son mouvement fortuit. Au final, il se retourna vers elle.
- Bon, il y a quelque-chose à manger ? Parce que j'ai faim.
- Moi aussi, se plaignit le dragon.
En synchronisation, leur ventre grondèrent.
Le repas se fit silencieusement. Reborn se prépara deux sandwiches simples, alors que Tsuna engloutit ses barres au chocolat. Quant à Irugorn partit chasser du gibier et revint glorieux avec deux cerfs. La jeune fille détourna du regard de dégoût. Reborn, lui, s'était habitué à voir le spectacle macabre du matin.
La plupart du temps, il regardait ce qui se passait dans les branches : des écureuils qui se pourchassaient, des oiseaux qui rapportaient à ses petits de quoi manger, ou les papillons qui volaient autour d'eux - un s'est même posé sur la jambe de l'homme pour piquer un bout de mie de pain -. Cependant, Le Dragonnier riait sous cape en constatant de la vitesse que la jeune fille avait pour finir son repas.
Au bout d'un moment, quand il entama son premier sandwich, Tsuna l'interpella. Elle semblait hésiter à mort.
- Euh... en fait, tu... veux me parler, de ton rêve ?
Bon sang ! Dire qu'il l'avait enfin oublié ! En se rappelant, le sandwich eut un tout autre goût des plus désagréable.
Peut-être aurait-il pu lui répondre de manière directe et brutale en disant que ce n'était pas ses affaires, mais le bégaiement de Tsuna montrait que ce n'était pas aisé d'en parler entre eux. Cela ravisa le ton de Reborn.
Il commença à entamer son second sandwich.
- Oh, j'ai fait un mauvais rêve, rien de plus, avoua-t-il entre deux bouchées. Ça t'arrive bien à toi aussi d'en faire quelques fois, non ?
Contre toute attente, Tsuna nia de la tête.
- Non, je n'en fait jamais, répondit-elle. Ou alors, j'étais trop jeune pour que j'en puisse m'en souvenir.
- Sérieux ?
Le Dragonnier bouda intérieurement - super, c'était le seul de la bande à faire des cauchemars comme des gamins ! les dragons ne rêvaient pas, la nuit -. Ce fut au tour de l'ange de rigoler doucement en voyant l'homme au fédora gobait son sandwich d'une traite, légèrement vexé.
La jeune fille perdit soudainement son sourire.
- J'en ai assez vécu en vrai pour ne pas en rêver, en plus de ça, compléta-t-elle.
Reborn avala difficilement sa part. Il regarda perplexe sa coéquipière, mais sentant qu'elle avouerait autant que lui - c'est-à-dire, rien du tout -, il laissa tomber la partie.
Après le petit-déjeuner, ils se préparèrent chacun de leur côté - le Dragonnier dut se faire une toilette à cause de l'eau d'Irugorn -, puis ils rangèrent leur bagage et repartirent d'un pas léger.
Reborn se plaça au côté de la jeune fille et déplia une grande carte. Le plan représentait un espèce de grand trapèze qui se dirigeait vers la gauche qui s'appelait Ancester - c'était le continent sur lequel ils se trouvaient en ce moment - en hommage à leurs ancêtres qui avaient découvert les terres. Avec ça il y avait des petits ronds tout autour qui représentaient les îles. C'était facile à remarquer que la carte était faite à la main, mais était tout de même très bien réalisée. Tsuna fixa l'homme au fédora, admirative.
- C'est toi qui a fait la carte ?
Il acquiesça de la tête pour réponse.
- J'ai déjà fait toute cette partie-là.
Il la montra du doigt. Les zones en questions étaient hachurées d'un léger coup de crayon. En ce moment, ils étaient au sud de la grande terre, quoi que plus légèrement à l'est que le méridien tracé en bleu.
- En fait, reprit-il, je voulais savoir où ça se trouvait, HeavenGard.
- C'est géant ! s'exclama-t-elle. Je dirai... de partout. Cependant, la seule entrée pour y aller, c'est ici.
Elle pointa de l'index un endroit au nord-ouest de la carte, sur une île éloignée des côtes, une des seules que Reborn n'avait pas pensé à visiter.
Sur Ancester, à la droite de l'entrée de Heavengard, se trouvait un gros point rouge qui se démarquait des petits points noirs, symbolisant chacun un village. Au-dessus du point rouge devrait se trouver le nom de la ville, mais l'ange ne sut pas lire – car elle n'arrivait pas à lire autre que le japonais -. Reborn remarqua sa perplexité.
- C'est mon village natal : Arford , expliqua-t-il. C'est là qu'habitent principalement les dragonniers.
- « Principalement » ?
- Il y en a certains qui habitent à Flader ; c'est juste à côté, mais ça ressemble plus à un bidonville. Les deux villes forment l'espace le plus protégé pour les dragonniers. Et puis, d'autres ont préféré partir chez les humains pour mener une vie plus... normale, selon leurs dires.
Tsuna hocha de la tête.
- D'abord, on va aller à Frocchio, reprit Reborn, c'est le village le plus proche, et on va peut-être pouvoir chercher des informations, tout en dormant dans un vrai lit, d'accord ?
L'ange acquiesça de nouveau, sans émettre un son. Ou même avoir réellement entendu la question. Elle réfléchissait toujours à ce qu'il avait dit, il y avait un instant.
Une vie normale...
...
Le reste du voyage se fit silencieusement. La jeune fille n'était pas disponible à parler ; elle était dans ses souvenirs. L'homme au fédora n'était pas de nature non plus à bavarder tout le temps, et ce parce qu'il n'avait pas l'habitude. Il reçut de temps en temps des images mentales du dragon qui volait au-dessus des nuages en compagnie d'oiseaux effrayés qui changeaient instantanément de chemin, ce qui le fit sourire pour rien en apparence.
Enfin, ils arrivèrent à Frocchio. Un petit panneau en bois gravé du nom du village se trouvait à l'entrée. Ils le dépassèrent en un pas.
Des petits bâtiments, des habitats pensait Tsuna, se dispersaient dans la limite et l'intérieur du village, sans sens logique apparente - et réel, après coup -. La plupart étaient tout de même plus grands que ceux du village précédent. Cependant, l'architecture paraissait plus vieille et travaillée. Les maisons créaient de multiples rues, et les pierres taillées offraient un sol pavé magnifique. L'ange remarqua la présence presque omniprésente de plaques d'égouts.
Sur le côté, des marchands invitaient chaque passant avec leurs stands et leurs magouilles des plus étranges. Reborn n'eut pas de mal à trouver une carte détaillée de la ville. Au prix le plus bas, ça, ce fut autre chose.
Toutes les ruelles se ramenaient au centre, sur la grande place. L'homme au fédora décida qu'ils iront là-bas pour commencer leur recherche. Il tira par la peau du cou Tsuna, attirée comme une mouche aux diverses marchandises proposées.
Une fois arrivée, ils trouvèrent dans tous les coins des marchés fleurissants et en croissance. Au milieu se trônait une cathédrale médiévale imposante par sa taille et son architecture. Tour autour les gens allaient de x endroit à un autre, de droite à gauche et de gauche à droite. L'ange a perdu de vue à deux reprises le Dragonnier qui se fendait parfaitement dans la foule. Elle le suivit difficilement là-dedans, et quand elle le rejoignit enfin, ils s'arrêtèrent devant un des plus grands bâtiments de la place. Il était collé à un plus petit que lui mais les murs sont tous les deux crépis jaune sale. Reborn invita Tsuna à rentrer dedans avec lui.
La pièce était sombre et humide. Les murs étaient abîmés et salis par les clients. Des planches de bois sciées proprement composaient le sol. Quelques morceaux de verres y traînaient dessus. Des gens installés aux tables proposées aux clients riaient fort et joyeusement, mais la tête de certains ivrognes effrayèrent l'ange qui se cacha dans l'ombre de l'homme au fédora. Celui-ci alla d'un pas décidé au comptoir. Tsuna remarqua qu'au coin à gauche se trouvaient des marches d'escaliers, éclairée par la faible lueur des chandelles.
Tsuna se concentrait tellement sur l'escalier qu'elle ne se rendit pas compte que Reborn s'était retourné vers elle. Il fut à la limite de l'ensuquer sans le faire exprès. Silencieusement, il intima à la jeune fille de le suivre pour dehors - de toute façon, s'il avait parlé, la fille n'aurait pas pigé un mot, tellement le niveau sonore de l'antre était élevé -. Tsuna ne fut pas contre la proposition.
Dehors, les oreilles de l'ange tintèrent avant de réentendre normalement. Le Dragonnier attendit quelques secondes lui aussi avant de prendre la parole.
- Bon, là, c'est l'hôtel de la ville, expliqua-t-il. Je te donne quartier libre jusqu'à sept heures. Ensuite, rendez-vous ici, compris ?
Tsuna hocha joyeusement la tête. Reborn lui passa le double de la clé de la chambre puis partit. L'ange rangea l'objet dans son sac en bandoulière puis suivit l'homme au fédora de près.
Ça faisait cinq minutes que Tsuna et Reborn marchaient entre les passants.
- Tu sais, t'es pas obligée de me suivre, non plus, commenta le Dragonnier peut-être légèrement agacé. T'as quartier libre, quoi...
- Je sais, confirma-t-elle. Et comme tu l'as dit, je vais où je veux.
Il n'ajouta rien. Il était déjà assez désespéré dans son for antérieur qu'il pensait que ça ne valait pas le coup de l'engueuler en plein rue. Elle avait raison, après tout.
- Tu vas où ? demanda finalement l'ange.
- À la librairie.
Il regarda par dessus son épaule la réaction de Tsuna. La réponse ne semblait pas la satisfaire. Il soupira.
- C'est pour mieux apprendre le japonais.
- Ça la foutrait mal s'il débarquait à HeavenGard sans savoir parler la langue du pays, non ?, pensa Irugorn.
- Tiens, c'est vrai ça... il faudrait que j'apprenne aussi la langue de chez vous ! remarqua Tsuna. En fait, c'est quoi, déjà ?
- L'italien.
- Ah oui. C'est vrai.
Pour résumer la situation : en ce moment, ils se communiquaient avec la langue des humains la plus mondialisée, le français. Chez les anges, leur langue c'était le japonais, et chez les dragonniers c'était l'italien. Leur langue avaient ensuite évolué chez les humains et depuis, ceux-ci les connaissaient aussi.
- Tu sais le parler ? questionna Reborn.
Elle acquiesça de la tête, timide. En réalité, elle ne savait plus trop... Le Dragonnier a du sentir son hésitation car il se retourna vers elle.
- C'est-à-dire ? Tu sais dire des phrases ?
- Euh, j'ai oublié... avoua-t-elle.
- Ou des bouts ? Des trucs ?
- Euh... pas sûre.
- Dis-moi, ça veut dire quoi, « ciao » ?
Elle réfléchit quelques secondes.
- Au revoir ?
Reborn la dévisagea, suspect.
- C'est pas la traduction première, dit-il. Chez nous, c'est « salut » ou « bonjour ».
- Aaaah... d'accord. Je vais tenter de me souvenir.
- Je crois que tu as bien besoin de me suivre pour trouver un livre sur l'italien, déclara-t-il.
Le Dragonnier fit signe à l'ange d'accélérer le pas. Tsuna ne comprit pas tout de suite, mais elle suivit ensuite Reborn le cœur léger et le sourire au lèvres.
Ils arrivèrent enfin à la librairie. Elle se trouvait totalement à l'opposé de la place, bien reculée de tout. De l'extérieur, elle semblait propre. Ce fut le cas à l'intérieur aussi. C'était un grand espace, où en face de l'entrée il y avait des rangées de livres par milliers, à droite des fauteuils-coussins verts collés au mur et à gauche le libraire. Il possédait une blouse blanche de médecin et des lunettes rondes qui cachaient ses yeux à cause du reflet du soleil couchant. Tsuna eut un petit frisson lorsqu'il marcha vers eux d'un pas nonchalant, puis s'arrêta enfin.
- Bonjour, dit-il. Avez-vous besoin d'aide ?
- Non merci, répondit Reborn au tact au tac.
Le libraire hocha de la tête sans avoir l'air offensé - peut-être avait-il l'habitude de se faire remballer comme ça ? - puis repartit bouquiner sur sa table. Après un certain temps, Tsuna le trouva simple et sûrement gentil. Seulement, il était introverti et cela créait une espèce de... barrière ? Non, en fait, l'ange n'aurait pas su dire ce qu'elle avait ressenti à cet instant, de quoi penser de l'homme.
Le Dragonnier avait l'air de s'en moquer puisqu'il partit directement aux étagères une fois le libraire écarté. Tsuna le rattrapa quand elle se rendit compte qu'il n'était plus à ses côtés.
Les étagères faisaient la taille de Reborn - c'est-à-dire très grand pour Tsuna -. L'homme au fédora feuilleta quelques ouvrages avant de se diriger plus à droite et de recommencer. L'ange ne comprit pas vraiment ce qu'il faisait. Son regard fit relever la tête du Dragonnier.
- Tu cherches pas ? Il faut qu'on trouve des livres de langue, si t'as déjà oublié.
Cela fit tilt dans la tête de la jeune fille qui commença à son tour la recherche. Elle tomba sur un livre, lut son résumé puis commença à le lire sur place, et quand elle se rappela qu'elle devait trouver un livre de langue et non de romance, et remit le bouquin à sa place pour recommencer avec un autre. Au bout d'un certain temps, elle tourna la tête vers le Dragonnier.
- T'as trouvé quelque-chose, Reborn ?
Sauf qu'il n'y avait pas Reborn.
Cependant, elle ne s'inquiéta pas sur le coup. Elle jeta un coup d'œil à l'étagère d'à côté, et trouva enfin un livre de conjugaison italienne écrit en japonais. Elle se demanda si l'homme se trouvait dans le tas de fauteuil-coussin, mais elle vit tellement de gens qu'elle n'arriva même plus à distinguer les visages parmi les autres. Elle s'installa parmi eux et commença sa nouvelle lecture des plus... passionnantes.
Six heures cinquante. Elle rangea le livre là où elle l'avait trouvé, puis regarda vers les poufs. Plus personne. Peut-être était-il parti plus tôt ? En tout cas, elle décida de ne pas être en retard pour le rendez-vous et s'en alla, étrangement fatiguée. Elle fit même un signe d'au revoir au libraire, qui le lui rendit en souriant. Elle se balada alors dans les rues désertes. Les commerçants étaient partis chez eux sûrement. Elle se dépêcha de rentrer à l'hôtel.
Sept heures cinq. Toujours personne. Ça faisait dix minutes que l'ange patientait devant l'entrée, de plus en plus stressée. Ça l'étonnerait que le Dragonnier n'ait pas prit de montre sur lui. Et encore moins qu'il ne soit pas ponctuel - elle se l'imaginait ainsi -. Il fallait se rendre à l'évidence.
Reborn avait disparu.
Tadam ! Le chapitre 04 enfin publié ^^. J'espère que, comme d'habitude, ça vous a plu et à la prochaine ~
