Me revoilà!

Non, non, je suis toujours vivante et j'ai toujours la ferme intention de poursuivre cette histoire. Mais entre le manque de temps et les problèmes internet, je suis très en retard.

J'ai pas mal cogité ce chapitre, et j'ai essayé de pousser un peu plus loin le rapport texte musique. Je sais bien que nous avons tous des rythmes de lecture différents, mais j'espère que ça vous plaira.

Comme la dernière fois, je vous conseille de préparer les liens avant.

Lien 1: toujours sur youtube: .com/watch?v=6BUFEzXb0yw (edit: l'ancien lien a été supprimé, c'est bien dommage. Enfin bon, c'est quand même une bonne version.)

Lien 2: youtube puis .com/watch?v=nGfWVh98p2g&feature=related

Un chapitre assez court, mais... je ne pouvais pas faire autrement! Vous verrez!

Bonne lecture!


Dumbledore retourna s'asseoir auprès de Kécile. L'annonce de Dame Serdaigle l'avait secoué bien davantage qu'il ne l'avait montré à la sorcière.

L'enlèvement de Ludivine. Sa gorge se serrait à chaque fois qu'il repensait à la disparition tragique de sa fille. Après l'avoir frappé en tuant sa femme, Dumbledore avait pensé que Voldemort voulait l'anéantir en lui enlevant Ludivine. Il s'était trompé, et une supposition lui glaça le sang. Selon toutes probabilités le meurtre de Ludivine avait servi à créer l'horcruxe.

Son enfant, si pure et radieuse, avait été utilisée pour la pire pratique de la magie noire qui existât.

Mais il refusait de se laisser aller. Bien trop de choses devaient être réglées pour qu'il s'apitoie sur son sort. Il devait réfléchir, il devait sortir de cet exil forcé, raffermi, l'esprit clarifié, et savoir ce qu'il allait affronter.

Sa discussion avec Dame Serdaigle laissait supposer que Voldemort avait selon toute vraisemblance crée deux horcruxes... au moins. Car si réellement, il employait ce moyen pour ouvrir la chambre, c'était prendre le risque considérable qu'il soit détruit. N'était-ce pas faire bien peu de cas d'un objet qui devrait être aussi précieux? Quoique, songea avec amertume Dumbleodre, un horcruxe n'était pas détruit par mégarde, ni par des moyens simples et sans danger... Malgré tout, il trouvait que Voldemort accordait bien peu d'importance à l'un de ses précieux fragments d'âme. Cela laissait présager le pire...

Non pas un, ni deux, mais plusieurs horcruxes, une descente aux enfers monstrueuse, entachée de sang, une mutilation atroce que seul un esprit des plus noir pouvait envisager sans frémir, l'immortalité au prix de la mort de l'âme.

Dumbledore fut saisi de vertige. Comment avait-il pu ne pas voir à quel point le jeune Tom Jedusor se perdait, comment avait-il pu ne pas intervenir en voyant cet esprit prendre secrètement les chemins les plus sombres de la magie. Il avait su le premier quel genre d'être était le jeune Tom, et pourtant il l'avait laissé grandir ainsi. Il avait gardé un oeil sur lui, mais n'avait jamais cherché à le redresser. Il ne pouvait se trouver d'excuse. A 11 ans, il ne pouvait croire qu'un enfant était définitivement perdu. Lui qui croyait par dessus tout à la force de l'amour n'avait montré que de la méfiance envers cet enfant qui avait avant tout besoin d'un foyer, d'un tuteur ferme et attentif, mais attentionné qui sache imposer des limites, rectifier en douceur un esprit déjà altéré, et entouré d'un amour discret mais salvateur.

Illusions! rit sa conscience, utopie! A quoi sert de penser cela? Le mal est fait, et tu ne veux le réparer que maintenant que tu en connais les maux! L'amour n'est pas un sentiment de commande, et tu n'aurais offert à cet enfant qu'un artifice! Maintenant il faut penser à réparer le mal, sans songer à ce qui aurait pu être évité.

Réparer le mal... Dumbledore caressa les cheveux de Kécile tout en se demandant si ce n'était pas ce qu'il essayait de faire avec la fillette. Pourtant son affection pour elle était bien réelle. Comment pouvait-il en être autrement d'une enfant qui était prête à sacrifier sa vie plutôt que de le tuer. Quelle différence entre le père et la fille! Kécile avait-elle connaissance des actes abominables de Voldemort? Dumbledore songea que le mage noir devait garder ces pratiques soigneusement secrètes. Ce n'était après tout qu'à la faveur d'un sinistre hasard de circonstance qu'il avait découvert les odieuses pratiques de Voldemort.

Combien avait-il crée d'horcruxes? Il n'avait pour l'instant aucun moyen de le savoir. Trop de toute manière. Autant d'obstacles à sa mort qu'il allait falloir anéantir. Autant d'embûches sur le chemin de la prophétie, de Harry.

Dumbledore se redressa et commença à faire les cents pas dans la pièce, envahi par le regret, les remords, l'inquiétude et une détermination qui avait quelque chose de désespéré. Harry, si vaillant, si courageux, si pur et surtout si jeune avait déjà une tâche tellement lourde sur les épaules! Pourquoi fallait-il que ce poids vienne s'ajouter sur ses épaules? Dumbledore ne se faisait pas d'illusion! S'il allait entreprendre dès à présent une véritable traque des horcruxes, l'entreprise était trop considérable pour qu'il puisse espérer avoir détruit tous les artefacts avant d'annoncer à Harry le contenu de la prophétie qui marquait sa destinée. Il devrait aussi lui confier ce problème. Quand parlerait-il à Harry? Il ne s'en sentait pas le courage. Harry n'avait que douze ans, il était encore innocent, relativement préservé de la guerre, et cependant il avait déjà affronté Voldemort. Comment se décider à briser si tôt son enfance et son innocence? Il y avait déjà bien assez de Kécile...

Dumbledore se rassit en soupirant profondément. Il n'était tout simplement pas prêt à parler à Harry. Pour être honnête, c'était à se demander qui avait le plus besoin de temps de lui ou du garçon. Ce n'était pas le moment, pas encore. Il y avait déjà cette histoire de Chambre des Secrets à résoudre. Comme disait Dame Poufsouffle, il avait déjà répondu à la question qui, il avait une assez bonne idée du comment, restait à savoir ce qu'était ce fameux monstre. Un monstre qui, à en croire la légende, vivait dans les entrailles du château depuis des siècles. Si Harry et Kécile entendaient parler fourchelang, ce devait être une espèce de serpent. Mais quel serpent pouvait pétrifier? Un serpent mord, étouffe, empoisonne, mais ne pétrifie pas! On pouvait aussi supposer que l'auteur de ses pétrifications soit en réalité celui qui ouvre la Chambre, mais à moins que ce ne soit un professeur, aucun élève, même possédé ne pouvait lancer un tel sort de magie noir... Et il connaissait toute son équipe pédagogique depuis des années, il ne doutait d'aucun d'entre eux... sauf peut-être de Lockhart, mais celui-ci, quoiqu'il puisse dire était un sorcier vraiment médiocre. Il n'aurait jamais dû accepter d'engager un tel incompétent, même si celui-ci avait fait force rond de jambes devant le ministre et lui avait été recommandé personnellement. Dans tous les cas, Lockhart n'avait vraisemblablement pas la puissance nécessaire pour pétrifier quelqu'un.

Dumbledore avait beau réfléchir, aucune théorie plausible ne lui venait à l'esprit et il commençait à tourner en rond.

L'état de Kécile sembla stagner pendant plus d'une semaine. Malgré tout, Dumbledore continuait tous les jours à la baigner dans une bien chaude avant de la ramener dans le lit près du feu sous la confortable couette en plume d'oies. Il lui semblait bien qu'elle était moins pâle et moins froide, et il percevait une faible respiration, mais elle n'avait pas encore repris conscience.

Tous les deux jours, Fumsec revenait avec un panier chargé de potions que Mme Pomfresh lui envoyait, réclamant systématiquement des informations sur l'état de la petite. Grâce aux potions nutritives et gavantes en tout genre qu'il lui faisait avaler, Dumbledore la trouvait moins squelettique en constatant avec soulagement que ses côtes étaient moins apparentes.

Il passait beaucoup de temps auprès d'elle, s'installant souvent avec l'enfant contre lui en lisant un livre ou simplement à songer en caressant les cheveux noirs. Parfois, il lisait à haute voix avec le vague espoir que sa voix tire la conscience de Kécile du néant, ou bien encore lui parlait de tout et de rien (surtout de rien, reconnaissait-il). Il discutait aussi longuement avec Dame Poufsouffle qui venait lui rendre visite tous les jours. La sorcière était ravie d'avoir de la compagnie et était avide de savoir comment la société et Poudlard avaient évolué.

Et il attendait, désespérant parfois de sauver Kécile, ayant toujours la morbide impression de veiller sur un cadavre en sursis.

Enfin, deux semaines après son arrivée dans les appartements loyaux, Kécile finit par ouvrir les yeux.

Dumbledore était assis contre la tête de lit et avait redressé la petite fille pour l'entourer d'un bras tandis qu'il lisait.

Il sursauta brusquement lorsque deux iris bleus entrèrent dans son champ de vision. Il la redressa aussitôt, laissant tomber son livre au sol et soutint Kécile pour la rallonger. Sa pupille dilatée et son regard vague était déstabilisant mais il demanda doucement:

- Kécile, est-ce que tu m'entends?

Il vit son regard se focaliser sur lui avant qu'elle ne cligne des yeux et hoche vaguement la tête.

- Et me reconnais-tu? Sais-tu qui je suis?

La réponse vint, pénible et murmurée, mais Dumbledore se rassura quelque peu.

- C'est bien, Kécile, lui dit-il avec un sourire. Tu as fait le plus dur. Maintenant tu ne seras plus toute seule.

Il lui fit avaler plusieurs potions avant de l'inciter à dormir ce qu'elle fit rapidement. Sa respiration était enfin calme et profonde et il sentit un réel soulagement l'envahir. Elle n'était pas perdue. Même si le chemin serait long, elle allait guérir et reprendre goût à la vie. Il y veillerait.

Dumbledore quitta le lit de sa protégée et s'allongea sur le canapé, s'autorisant enfin un repos réparateur après ces journées et ces nuits de veille à guetter le réveil de Kécile.

Lien 1

Il ne sentit pas le moment où il glissa dans le sommeil et où sa rêverie se transforma en un véritable rêve.

La brume l'entoure et il fait nuit noire. Il semble seul au milieu de nul part, mais un bruit lointain semblable au son d'une cloche et d'un doux murmure parvient jusqu'à lui porté par le vent. Il avance de quelques pas vers ce son étrange, et un rayon de lune sort de derrière un nuage pour venir éclairer les alentours.

Son rêve l'a mené au Clos-La-Rive. Mais jamais le parc n'a semblé aussi irréel, désert, éclairé d'une lumière blanche tamisée par la brume, silencieux, seulement troublé par ce son persistant qui semblait l'appeler comme une litanie.

Il continue à avancer vers le manoir et reconnaît enfin le son d'un piano. Le piano du salon qui lui rappele un souvenir. Mais tout est désert. La seule lumière de ce lieu étrange est la lune voilée par les nuages. Il poursuit malgré tout son chemin jusqu'à la grande fenêtre ouverte. Les longs voiles blancs des rideaux battent doucement au vent, semblant matérialiser le son cristallin qui l'attire toujours.

Il entre dans la pièce.

Le piano est là.

Assise à son clavier d'ivoire, une jeune femme blonde toute vêtue de blanc, semblable à un fantôme.

Une Apparition.

Elle ne semble pas le voir, ni sentir sa présence. Elle paraît iréelle, comme immatérielle, irradiant d'une légère lueur argentée. Ses mains d'albâtre caressent les touches froides au mouvement gracieux de ses bras de neige. Elles viennent toujours se poser sur deux notes insistantes qui l'appellent comme un vague écho. Écho d'une voix. D'une voix de femme.

D'une femme aimée, chérie.

Il l'a déjà entendu.

Il connaît ces paroles.

Il connaît cette musique.

Camille?

Ludivine?

La voix d'une ombre au piano.

Le piano que baise une main frêle

Luit dans le soir rose et gris vaguement

Tandis qu'avec un léger bruit d'aile

Un air bien vieux, bien faible et bien charmant

Rôde discret, épeuré quasiment,

Par le boudoir longtemps parfumé d'Elle.

Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain

Qui lentement dorlote mon pauvre être?

Que voudrais-tu de moi, doux chant badin?

Qu'as-tu voulu fin refrain incertain

Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre

Ouverte un peu sur le petit jardin?

La voix s'évanouit dans la nuit emportée par le flot sonore, mais résonne dans son coeur douloureusement serré. "Ce n'est qu'un rêve" tente-t-il de se convaincre.

Mais la voix et la musique lui murmure "Bien plus que cela."

La réminiscence de deux être chers qui a l'amertume des beaux jours à jamais révolus, la tristesse d'un sanglot, la beauté d'un instant hors du temps, le charme d'une fleur fanée.

Il rencontre alors deux yeux qui le contemplent et se reflètent dans un miroir à l'éclat terni.

La musique résonne toujours, mais l'apparition s'efface peu à peu, comme un halo de brume dissipé par la brise.

Il ne veut pas qu'elle s'en aille. Il veut savoir qui elle est.

Il s'approche jusqu'à toucher la surface froide et argentée.

Est-ce le miroir ou son rêve qui l'empêche de voir les traits de ce visage aimé?

Sa femme. Sa fille.

Les deux images se brouillent et se confondent pour ne laisser que ces orbes bleus qui le fixent comme pour le retenir dans ce rêve mystérieux mais charmant.

Et pourtant?

Est-ce le vent ou sa mémoire qui estompent le reflet envoûtant?...

La forme blanche se fond dans la nuit et s'envole par la fenêtre agitant d'un dernier souffle les voiles blancs.

Dans le miroir terni luit encore la lune sur le noir verni.

Elle est partie.

Il appuie sur la surface glacée son front brulânt. Quitter ce rêve troublant...

Mais le piano continue toujours. Comment?

Il se retourne et voit alors un souvenir.

Il est là, plus jeune, entourant de ses bras Camille en un geste tendre. Elle est accoudée au piano et tous deux regardent en souriant Ludivine assise à l'instrument.

Dans un murmure amoureux et douloureux, sa voix claire s'élève sur ses vers prémonitoires:

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent

Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse?_ Je l'ignore.

Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

La voix se tut en même temps que le piano; et tout disparut.

Fin du lien 1

Dumbledore se réveilla en sursaut, déboussolé et troublé. La dernière partie de son rêve était un souvenir bien réel, peu de temps avant la mort de sa femme.

" Elle savait" songea amèrement Dumbledore en se levant. " Elle savait et elle ne nous a rien dit..."

Mais la première partie était tellement étrange, les sensations si présentent...

- Vous me semblez bien troublé, professeur Dumbledore.

Il se tourna brusquement vers le portrait au dessus de la cheminée. Dame Poufsouffle était réapparut.

- Comment va Kécile? s'enquit-elle.

- Elle a reprit conscience. Pour l'instant elle dort.

L'auguste sorcière sourit doucement.

- Vous devez être soulagé. Pourquoi donc cette mine sinistre, alors?

- Un rêve... Probablement rien d'important. C'est la deuxième fois que je fais un rêve curieux ces derniers temps.

- Ah! s'exclama Dame Poufsouffle apparemment peu surprise.

Dumbledore lui jeta un regard vaguement soupçonneux.

- Sauriez-vous quelque chose?

- Hum... Il semblerait que cet endroit ait une légère tendance à diriger les rêves de ces habitants. D'ailleurs ce ne sont pas à proprement parler des rêves, mais plutôt des visions, des souvenirs, des angoisses... Le chevalier de Troyzac s'en était déjà plaint, répondit-elle d'un ton faussement léger.

- Voulez-vous dire que vous faîtes en sortes que nous ayons ses rêves étranges?

- Oh non! Cette capacité des appartements m'échappe. Mais je dois reconnaître que je n'ai jamais rien fait pour l'enrayer. Je crois que c'est une bonne chose.

- Une bonne chose?... Peut-être... murmura Dumbledore.

- Ne vous inquiétez pas malgré tout outre mesure ce que vous appelez vos rêves. Je ne crois pas qu'ils aient une incidence directe sur votre vie. Veillez en revanche attentivement sur Kécile. Elle risque de faire beaucoup de cauchemars. Lorsqu'elle se réveillera faîtes lui boire un bouillon et du jus de citrouille. Et faîtes la parler autant que possible. Le plus dur pour vous reste à faire. Bon courage!

Et Dame Poufsouffle quitta son tableau.

Ainsi ce n'était pas vraiment un rêve? Qu'était-ce donc alors?


Kécile avait la sensation de sortir d'un long séjour dans le néant. C'était comme si son existence avait été mise entre parenthèses. Que s'était-il passé? Elle tenta vainement de se souvenir. Elle avait vaguement conscience d'avoir reconnu et entendu Dumbledore, et elle n'avait plus froid. Elle avait même chaud, trop chaud.

Elle voulut ouvrir les yeux, mais ses paupières restaient obstinément clauses. Elle avait mal à la tête. Et pourquoi tout devenait noir?

Il fallait qu'elle ouvre les yeux. Dumbledore lui avait dit qu'elle ne serait plus seule. Mais Dumbledore l'avait déjà abandonnée. Aux détraqueurs.

Les détraqueurs! La peur recommençait à s'insinuer dans son corps. L'obscurité s'épaississait autour d'elle. Elle avait l'impression d'être emprisonnée. Encore. Dans un cauchemar. Toujours.

Lien 2

Le vent s'élevait soudain. Elle avait trop chaud, mais elle grelottait de fièvre et de peur. Cet endroit est trop lugubre. Une ombre gigantesque et macabre se dressa un instant devant elle dans une rafale effrayante et disparut aussitôt.

Mais elle allait revenir. Elle était là, tapie dans l'ombre. Elle avait tourné autour d'elle comme pour repérer sa proie. Le coeur de Kécile battait frénétiquement et elle poussa un hurlement lorsque trois créatures surgirent à nouveau en l'entourant, tendant vers elle leurs mains putrides avec un râle morbide.

Elle se mit alors à courir. Elle devait fuir. Elle ne voulait pas qu'ils l'attrapent à nouveau. Elle avait déjà été happée dans leur désespoir. Ça ne devait pas recommencer. Elle ne devait pas les laisser gagner cette fois. Dumbledore lui avait dit qu'elle n'était plus seule. Il n'aurait pas la cruauté de l'abandonner à nouveau. Elle devait le trouver. Où était-il? Où était-elle? Dans cette obscurité, elle ne distinguait rien. Elle trébuchait sur des pierres, et manquait à chaque pas de s'effondrer. Mais elle devait fuir. Elle courrait, courrait aussi vite qu'elle le pouvait, avec l'énergie du désespoir. Mais les détraqueurs la poursuivaient. Elle pouvait presque entendre leurs rires diaboliques dans son dos qui semblaient s'amuser de sa fuite. Comme s'ils savaient qu'elle ne leur échapperait pas.

Le froid s'intensifiait. La peur devenait pure terreur. Elle comprit pourquoi: Des détraqueurs! Des détraqueurs partout! Des centaines de détraqueurs qui volaient en tout sens comme une bande de vautours au-dessus de leur proie. Ils faisaient déjà d'elle un cadavre.

C'est un cauchemar!hurla sa conscience à Kécile Un cauchemar! Sinon tu serais retournée dans le néant.

Il fallait fuir, fuir toujours. Trouver la sortie de cette immensité noire, la porte derrière laquelle elle laisserait ces horreurs. Alors malgré la panique elle avançait à l'aveuglette.

Elle poussa un nouveau hurlement lorsqu'elle se sentit glisser le long d'une pente interminable, avant d'atterrir brutalement sur le sol.

Elle se releva en tremblant. Les détraqueurs semblaient avoir un instant perdus sa trace. Il fallait en profiter. Elle courut le long du ravin dans lequel elle était tombée, tentant de percer l'obscurité. Un trou... Un tunnel. Peut-être une sortie.

Kécile s'y engouffre et continue à courir. Les détraqueurs ne semblent plus la suivre. Peu importe ils peuvent revenir. Il faut se sauver d'ici! Ce tunnel est presque aussi oppressant que le nuage de détraqueurs. Elle ne sait toujours pas où elle va, mais elle y courre. L'obscurité devient moins épaisse. La sortie n'est pas loin! Elle débouche enfin sur une plaine désertique, et un hurlement reste bloquée dans sa gorge. Elle vacille. Le manoir! Le manoir du Seigneur des Ténèbres! Autour d'elle, des mangemorts, et surtout... des cadavres. Par dizaine, et qui tournent vers elle des yeux accusateurs. Elle voit la petite fille, son premier meurtre se dresser devant elle. Et Kécile comprend. Ce ne sont pas des cadavres, ce sont des Inferi. L'horreur la prend à la gorge, et elle tente de se sauver à nouveau. Une de ces horribles créatures coupe sa retraite désespérée. Ce n'est pas possible! Non! Albus Dumbledore n'est pas mort! Elle ne l'a pas tué! Stop!Stop!Stop! Hurle Kécile. Elle sent son esprit vaciller. La folie la guette.

Une formidable explosion d'énergie et de désespoir émane alors de son corps tremblant. Le paysage autour d'elle est soufflé. Ses ennemis ne sont plus dressés devant elle, mais balayés au sol comme de vulgaires poupées de chiffons.

- Kécile!

On l'appelle.

- Kécile!

Dumbledore! Où êtes-vous?!

- Kécile réveille-toi!

Oui, se réveiller. Il faut qu'elle se réveille. Elle n'en peut plus. Trop épuisée. Et brusquement le silence et le noir s'abattent sur elle.

Plus rien.


.... Je suis sadique? Peut-être.

Le premier poème est le cinquième poème des Ariettes oubliées dans les Romances sans paroles, et le second Mon rêve familier dans Melancholia de Verlaine.

La première musique est La vallée des cloches, tirée des miroirs de Ravel, (compositeur français, 1875-1937).

La seconde musique est Suggestion diabolique de l'opus 4 de Prokoviev (compositeur russe 1891- 1953)

Je viens de remarquer que je n'avais pas précisé la musique du précédent chapitre. C'était le second mouvement de la Symphonie du nouveau monde de Dvoràk (compositeur tchèque 1841-1904).

Voilà! Je risque de publier nettement moins souvent dans les mois à venir pour cause de prix de piano qui approche à grand pas (avec Suggestion diabolique entre autre d'ailleurs!lol!) puis de vacances et de stages.

Quand même à bientôt! Et puis si vous m'encouragez... ça viendra peut-être plus vite!lol!