La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).
Cependant, l'histoire m'appartient.
Une heure plus tard, Tsuna décida d'aller directement dans sa chambre sans passer par le repas, maussade ; elle n'avait aucune appétit. Elle monta les escaliers, et accéda au second étage, celui des chambres - le premier étage abritait les douches -. Elle sortit la clé de son sac le porte-clé indiquait la chambre cinquante. L'ange ouvrit la bonne porte et pénétra dans la pièce. Celle-ci se composait de deux lits séparés avec un bureau et une armoire pour ranger ses affaires. Tsuna s'assit sur le lit de gauche et s'allongea, l'esprit songeur. Que s'était-il passé ? Où était-il en ce moment même ? Allait-il bien ? Ou même, était-il en danger de mort ?
Pendant ses questionnements sans réponse, une voix grave commença à résonner dans sa tête, de plus en plus forte.
- Ohé, Tsu-chan, tu réponds à la fin ?
- Irugorn ?
Elle se rappela du dragon de Reborn. Mais peut-être que comme il était lié avec le Dragonnier, il saurait où il se trouvait !
- I-Irugorn-san ! Est-ce que-
- T'as pas besoin de gueuler : tu peux juste penser.
- Ah oui, c'est vrai, s'excusa l'ange. Alors, est-ce que...
- Non, je ne sais pas où est Reborn. Je pensais qu'on te contactant, j'aurais la réponse, mais ce n'est pas le cas.
L'excitation de la jeune fille retomba d'un seul coup. Son dernier espoir n'avait pas lui-même une idée...
- Vous... vous ne savez pas s'il est au moins encore vivant ? demanda désespérément Tsuna.
- … je ressens légèrement qu'il est en vie. Mais j'arrive pas à le contacter, et si j'y arrive pas, c'est que la principale cause est la mort. Après, lorsqu'on s'éloigne de quelques kilomètres l'un de l'autre, on arrive à moins bien se communiquer ; c'est normal. Mais là... c'est assez étrange, comme sensation. Comme si nos liens s'étaient rompus sans l'être réellement. C'est la première fois que ça m'arrive. Et à lui aussi, par déduction.
- Je... je suis désolée. Si j'avais fait plus attention, il n'aurait pas...
- C'est pas ta faute, Tsu-chan. On va le retrouver : on va commencer notre toute première enquête ! Il aura de quoi à être jaloux, le Chibi...
Tsuna sourit faiblement au ton sarcastique qu'a employé le dragon. Cependant, l'éventualité de la mort du Dragonnier était impossible pour elle...
Non, juste impensable. Mais pas impossible, bien qu'Irugorn se rangeait plutôt de l'avis que ce n'était qu'une simple disparition. Elle devait en faire de même et d'espérer que le meilleur.
- Bon, commençons par le commencement, reprit Iru : quand est-ce que tu l'as vu la dernière fois ?
- À... à la librairie, bégaya la jeune fille.
- Bon, alors, il faut que tu fasses tes recherches à la librairie.
- Quoi ? Maintenant ?
- Ben oui, maintenant. Chaque seconde peut compter dans une enquête, gamine.
- Mais... c'est pas fermé, à cette heure ?
- Ça, t'as l'air d'en pas savoir grand chose, n'est-ce pas ? En tout cas, puisque t'as pas l'air d'avoir l'esprit pour dormir, va vérifier si c'est encore ouvert.
- Et si c'est fermé ?
- Tu démontes la porte.
Quelle chouette perspective ! L'ange espéra du fond du cœur que s'était encore ouvert. Et qu'elle trouvera bien des indices là-bas.
- Bon, j'y vais, alors, décida-t-elle.
- Bien. Et ne te fais pas kidnapper par n'importe quel monstre : ça me dérangerait de faire sauter un village pour rien.
Bizarrement, Tsuna n'entendit pas de ton ironique là-dedans.
L'ange sortit rapidement de l'hôtel, sous les regards curieux des buveurs - étrange une fille qui sort comme ça en pleine nuit...-. À l'entrée, elle prit le premier virage à droite et parcourut les ruelles sombres. Il ne faisait pas particulièrement chaud dehors, et de drôles d'odeurs flottaient dans l'air - un espèce de mélange de viande cramé et de cendres -. Elle ne fit pas attention et se concentra sur son chemin et la présence de son sac en bandoulière, toujours sur elle. Sous la lumière d'une des lampadaires, elle regarda en détail une des nombreuses plaques de la ville : il y avait un gros cercle gravé, et à l'intérieur un trait à l'horizontal avec deux petits triangles à chaque extrémité.
Durant sa contemplation, l'intuition de Tsuna la rappela à l'ordre ; il y avait comme des yeux qui la scrutaient. Elle se redressa et continua son parcours dans la pénombre avec un frisson dans le dos. Alors qu'elle aurait été capable de sentir la présence des êtres, la plaque d'égout qu'elle avait fixée sauta et vola dans le ciel avant d'atterrir dans un bruit brut et assourdissant. Les « choses » disparurent. Tsuna se retourna vers le personnage qui venait de sortir. Celui-ci le regarda à son tour.
- Ben tiens ! Si je n'ai pas de la chance, là ! déclara-t-il.
- Re-Reborn ?! s'exclama l'ange.
En face d'elle, le Dragonnier était dans un piteux état, mais vivant.
...
Après l'interruption de Reborn dans le village, ils remirent correctement la plaque d'égout qu'il avait défoncé pour sortir puis ils repartirent à l'hôtel. Le Dragonnier se hâta de se doucher, puis alla à l'accueil-bar pour reprendre des forces. Même Tsuna l'accompagna, malgré la cacophonie qui pouvait vous faire chopper un mal de tête effroyable. Mais pour Reborn, ce n'était pas les buveurs qui l'embêtaient le plus pendant son repas.
- Comment ça va ? demanda Tsuna.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? pensa Irugorn.
- On t'a fait mal ?
- Tu te souviens de quelque-chose ?
- On t'a kidnappé ?!
- Pourquoi on a pas pu se communiquer comme d'habitude ?!
- OK ! Stop ! craqua l'homme au fédora. Ça suffit les questions à tout bout de champs ! Je vais répondre, promis !
Les pensées et les paroles cessèrent. Les tables d'à côté s'arrêtèrent de parler pour se retourner vers cet étrange duo - ce qui gêna Tsuna -, puis reprirent leur discussion comme avant. Reborn poussa un soupir avant de fixer l'ange. Il baissa d'un ton lorsqu'il parla :
- Il n'y a pas eu de kidnapping, ni de torture ni quoi que ce soit. Tu sais, c'est très courant les passages secrets dans les bibliothèques, apparemment... bref, en tout cas, pas de blessure grave. Je pense même que ça peut être bien si on y retourne tous les deux plus tard.
- Mais... il s'est passé quoi ? questionna l'ange.
- Mais rien, je te dis ! On voyait juste presque que dalle à l'intérieur. Cependant, je pense que ça a un lien avec les... « Élus ».
Il prononça le dernier mot encore plus à voix basse. Tsuna acquiesça en silence. Dans sa tête, elle se souvint des pensées du dragon.
- Tu penses que tu trouverais le truc qui t'as empêché de communiquer avec Irugorn ?
Le Dragonnier fit mine d'être étonné puis hocha de la tête avant de reprendre son repas. Comment cela se faisait-il qu'elle savait cela ? Rapidement, il songea que le dragon ait pu lui mettre au courant. Tsuna sourit à la vivacité de l'homme pour manger. Il n'était pas choqué de ce qu'il venait de lui arriver. Au contraire, il avait un petit rictus au coin des lèvres de son impatiente à tout ça.
Finalement, ils allèrent enfin se coucher. Tsuna se ré-installa dans son lit, légèrement tendue de la présence d'un homme dans sa chambre. Elle observa rapidement le lit voisin ; Reborn s'était appuyé contre le mur et semblait dormir, le bord de son chapeau en feutre recouvrant ses yeux. Tsuna fut rassurée que le sommeil lui vint si facilement malgré ce qui lui était arrivé puis elle sombra à son tour dans les bras de Morphée.
...
Lorsqu'elle se réveilla, ce fut une entre-ouverture de la porte de sa chambre accompagné d'un crissement suraiguë. Tsuna se leva d'un bond, prête à l'attaque, et remarqua que c'était uniquement Reborn qui regardait méchamment la porte avant de reporter son regard sur l'ange. Celui-ci semblait déjà être préparé pour partir, contrairement à elle qui était encore en pyjama avec les cheveux décoiffés.
- C'est l'heure de te lever, déclara-t-il. Et par la même occasion de manger : t'as plus que quinze minutes avant que ton petit-déjeuner devienne le repas du midi.
Suite à cette déclaration, le cœur de Tsuna s'agita d'une traite et l'ange tomba à la renverse, totalement paniquée. L'homme au fédora rit sous cape. Tsuna regarda avec inquiétude l'heure qu'il était : neuf heures quarante-cinq. Elle fixa Reborn en boudant - il l'avait inquiétée pour rien ! elle qui se levait tellement plus tard, d'habitude... -. Le Dragonnier, lui, sourit à sa boutade avant de descendre au rez-de-chaussée. Tsuna profita de l'absence de l'homme pour se préparer et ensuite le rejoindre.
Au petit-déjeuner, des croissants, des pains au chocolat - ou chocolatines pour certains - et toutes sortes de pâtisseries locales garnissaient chacune des tables. Les serveurs et serveuses, qui habituellement vendaient des verres de vins et choppes de bières, offraient maintenant de simples jus de fruits et des boissons chaudes. Cependant, les ivrognes ne se plaignirent pas de ce changement. Même, les gens semblaient plus calmes que l'après-midi ou le soir.
En silence, Tsuna rogna les bords de son croissant comme un écureuil savourant sa friandise, alors que Reborn but une tasse de café avec deux biscottes. La jeune fille leva ses yeux vers l'homme au fédora.
- Quand est-ce qu'on va dans ce fameux... endroit ? demanda Tsuna.
- Hâte d'y aller ? ricana le Dragonnier.
- Quoi ?! Euh... non. Pas vraiment. Mais j'ai bien appris une chose dans ma vie : il faut mieux affronter au plus tôt les problèmes avant que cela dégénère.
- … Plutôt bonne mentalité, pour une gamine comme toi.
- Mais ! se plaignit l'ange. C'est vrai que je suis à peine majeure mais ça ne veut pas dire que je suis une enfant !
- Et c'est à quel âge que vous passez la maturité, chez les anges ? Dix-huit ans ?
- Non, vingt-et-un an.
Reborn crut bien recracher d'une seule salve la boisson qu'il venait d'ingurgiter. Il ne fit qu'avaler difficilement son café. Tsuna ne semblait pas avoir remarqué son étonnement et recommençait à manger.
L'homme regarda sous un autre angle la jeune femme. Elle lui semblait si... gamine. D'autant par son caractère que son apparence ! Bon, pour l'apparence, il fallait avouer une chose qui n'allait pas dans la faveur de l'ange, c'était qu'elle était plutôt petite pour son âge. Mais même en dehors de sa taille, elle faisait toujours adolescente de dix-sept, dix-huit ans : son style vestimentaire, ses grands yeux enfantins... Et du côté de son caractère, elle pouvait se comportait comme un enfant, parfois contre sa volonté : plutôt curieuse, gaffeuse, et elle avait l'air de faire que ce qui lui passait par la tête. Néanmoins, elle pouvait aussi réfléchir, se sentir concernée pour des sujets sensibles comme la guerre, avoir des pensées profondes et même avoir des priorités - preuve de sa maturité -.
Cependant, tout cela ne semblait être que des illuminations car son côté maladroit reprit le dessus et elle vint à se renverser du jus d'orange sur son pantalon. Elle s'excusa - mais à qui ? - puis s'en alla pour se changer. Reborn la regarda, dépité. Finalement, il allait garder en tête que c'était qu'une gamine...
Tsuna revint au rez-de-chaussée quelques minutes plus tard. Elle vérifia que sur sa chaise il n'y avait plus de jus puis s'assit, fatiguée. Elle reprit rapidement son petit-déjeuner avant de s'arrêter de nouveau.
- Et toi ? T'as quel âge ? questionna-t-elle. Non, attends, laisse-moi deviner...
Elle prit quelques secondes avant de dire son verdict.
- Trente ans !
- Perdu, fit seulement Reborn.
- Euh... vingt-neuf ?
- Tu te rapproches.
- Hé hé... t'as toujours fait plus vieux que ce que tu es, remarqua Irugorn en ricanant dans leur tête.
- La ferme, reprocha le Dragonnier.
- Vingt-sept ans ? tenta Tsuna.
Ça coupa court les pensées des deux hommes. Reborn regarda l'ange avant de acquiescer de la tête. Tsuna sourit de toutes ces dents, joyeuse d'avoir trouvé. Dans la tête de Reborn, elle apparaissait d'autant plus enfantine, à s'amuser pour un rien. Il soupira antérieurement.
Après le repas, les deux partirent de l'hôtel. Reborn déplia la carte de la ville près de Tsuna pour qu'elle puisse voir elle aussi. Les choses sérieuses revinrent.
- Il va falloir aller dans les égouts ? demanda Tsuna légèrement dégoûtée.
- Non, pas besoin, rassura l'homme au fédora. Le mieux, c'est de retourner à la librairie, Comme ça, tu pourras voir le passage que j'ai trouvé.
Il rangea sa carte et partit en tête vers la librairie. L'ange le suivit derrière, quelque peu effrayée de ce qu'il allait lui arriver.
Arrivés au magasin, ils rentrèrent tous les deux, sous l'œil attentif du propriétaire. De plus, le libraire ne prit même pas la peine de se lever pour les rejoindre. Pendant un instant, Tsuna crut remarquer que celui-ci était étonné. Dans la tête de l'Élue, si c'était bien lui le coupable de ce qu'il était arrivé à Reborn, elle comprenait bien que le librairie ne paraissait pas tranquille de les voir. Mais ce n'était pas l'heure de la spéculation.
Autour d'eux, il y avait encore plus de monde que hier. Reborn se dirigea vers le dernier étagère qu'il avait touché avant de disparaître. Anxieusement, Tsuna chuchota :
- T'es sûr qu'on ne risque rien ?
- Le risque zéro n'existe pas, rassura - pas - Reborn. Mais comme j'y suis déjà allé, je connais une des sorties plausibles.
- Les égouts, donc... il va falloir qu'on reprenne une douche, une fois qu'on sorte de là-dedans.
Tsuna soupira, mais le Dragonnier sentit qu'elle essayait de se décontracter et se rassurer. Reborn posa une main réconfortante sur l'épaule de Tsuna.
- T'inquiètes pas, ça va bien se passer.
L'ange hocha de la tête, maintenant un pour cent de son esprit rassuré. Après Reborn communiqua avec seulement le dragon.
- Bon, toi, tu fais pas sauter le village de suite. Compris ?
- Ça dépend, pensa Iru. À quelle heure je peux commencer à cramer la ville ?
- Pas aujourd'hui, en tout cas.
Reborn coupa directement la communication. Il espéra avoir eu le dernier mot dans cette conversation. Il pouvait se montrer tellement têtu quand il le voulait, ce dragon !
Lorsque l'homme au fédora actionna la porte invisible - un simple mouvement d'un livre -, Tsuna se saisit de l'autre main du Dragonnier. Soudain, une force l'entraîna en avant et le souffle lui coupa le juron qu'elle allait dire.
Elle se serait ramassée la tête première si Reborn ne l'avait pas retenue. Elle ne vit rien autour d'elle : tout était noir. Un petit frisson de peur parcourut le long de son corps. Malgré tout, elle ne céda pas totalement à la panique ; elle tenait encore dans sa main le poignet de l'homme.
- T'as pas pensé à prendre de lumière ? demanda Tsuna.
- Normalement, il y en avait pas besoin, répondit Reborn sceptique.
Avec les dents, Reborn enleva son gant bleu qui recouvrait sa main-patte-de-dragon puis activa sa flamme de dernière volonté ; une flamme jaune doré s'enroula autour du bras de son possesseur. Lorsqu'elle put reprendre sa vue, Tsuna serra sa prise plus fort : quatre murs intacts les enfermaient dans un espace étroit. Ils pouvaient faire chacun trois grands pas dans toutes directions, mais c'était là que les mouvements possibles : le plafond rasait presque le haut du chapeau du Dragonnier. Tsuna regarda le visage de son coéquipier : il semblait sceptique, avec légèrement de l'inquiétude. Une goutte de sueur perlait sur sa tempe. Il observait vivement autour de lui tout en réfléchissant. Tsuna ne voulait pas le couper dans sa réflexion, mais le stress lui fit parler :
- Il... il y a un problème ?
Reborn regarda l'ange, comme soudainement conscient qu'elle était près de lui. Il mit du temps avant de dire :
- J'avoue qu'il y a un léger problème : on ne devrait pas être là.
Et voilà, un chapitre de plus ^^. Il est un peu plus court que d'habitude, mais j'espère que ça vous a plu quand même.
Aujourd'hui, on souhaite un « Buon Compleanno » à Reborn - et un peu en avance à Tsuna aussi ;) -, et rendez-vous au chapitre 06 ! Ciao ciao !
