A/N : Cette histoire a été publiée sur mon ancien compte le 27 octobre 2014, un jour où j'avais terriblement mal à la gorge. C'est d'ailleurs ma maladie et un fan-art qui m'avaient inspirée dans la rédaction de ce One-Shot. C'est un plaisir pour moi de vous l'offrir une seconde fois, un peu rajeuni par quelques corrections. J'espère que vous l'apprécierez, bonne lecture !
Résumé : Raphael est très malade et, pour favoriser son rétablissement, Splinter lui a interdit de quitter sa chambre pendant au moins trois jours. Leonardo décide d'affronter sa mauvaise humeur pour passer un peu de temps avec lui. Il n'imaginait cependant pas retrouver un moment de complicité.
Disclaimer : L'univers des Tortues Ninja ne m'appartient pas et je n'ai rien gagné à écrire cette fan-fiction. L'image est un fan-art et ne m'appartient pas.
FÉBRILE
La tisane à la fleur de sureau
Appuyé contre le mur, assis sur son hamac, et les yeux rivés sur la porte de sa chambre, Raphael laissait ses doigts retracer nonchalamment les pliures de sa couette douce et soyeuse qu'il avait enroulée autour de lui. Une de ses jambes était coincée sous sa cuisse tandis que l'autre se balançait mélodieusement sous son hamac. Il n'arrivait pas à croire qu'il était condamné à rester dans sa chambre pendant trois jours. C'était de la torture. Tremblant comme une feuille en automne, ses dents claquaient légèrement les unes contre les autres.
« Je vais devenir fou si ça continue », pensa-t-il en nichant son nez glacé dans la couverture, les poings contractés.
Bougon, il lorgna le thermomètre qui était posé sur sa table de nuit.
« Mais si je leur prouve que je vais mieux, ils n'auront plus aucune raison de me garder cloîtré ici. »
Astucieux.
Inspiré, il haussa un sourcil et il se pencha pour étrangler le thermomètre entre ses doigts démesurés. D'un geste marqué par l'impatience, il le fourra dans sa bouche. Ils vont voir si je suis malade. Pf. Ronchon, il enroula davantage la couverture soyeuse et chaude autour de lui et, recherchant la chaleur, il ramena ses pieds froids à l'intérieur. Il aurait donné n'importe quoi pour avoir un chauffage dans sa chambre. Donatello travaillait sur ce projet depuis quelques semaines, mais il n'avait pas encore abouti, au plus grand désespoir de Raphael. Il était congelé, pourtant, il pouvait sentir des gouttes de sueur rouler le long de sa peau brûlante. Sa gorge piquait tellement qu'il avait l'impression qu'on y avait planté des dizaines d'aiguilles. Cette douleur lui arracha une toux si forte qu'elle l'empêcha momentanément de respirer. Tout en louchant, il surveillait la ligne rouge qui montait rapidement le long des chiffres du thermomètre de verre. 38,6°. 38,7°. 38,8°. Comme tout reptile, sa température corporelle se régulait par rapport à celle de son environnement, pourtant, il était certain qu'il ne faisait pas aussi chaud dans les égouts.
Il éternua. Une première, puis une deuxième fois. Ses yeux humides brûlaient de fatigue alors que ses doigts tremblants cherchaient à tâtons la boîte de mouchoirs. Il en arracha un et il couvrit son visage avec. Son nez picota à nouveau et il éternua une troisième fois. Il surveillait la ligne rougeoyante de son thermomètre qu'il serrait fermement entre ses dents. Elle progressait, encore et encore.
Ses yeux se décroisèrent lorsqu'un faible coup résonna contre sa porte. Paniqué, il retira rapidement le thermomètre d'entre ses lèvres et il le reposa sur sa table de chevet. Marmonnant des paroles incompréhensibles, il resserra sa douce couverture rouge autour de lui, les sourcils méchamment froncés. Il ne répondit pas au second coup, se contenant d'un profond soupir ennuyé. Quelques secondes s'écoulèrent, puis la poignée joua lentement pour laisser la porte s'entrouvrir. Le mutant au tempérament de feu roula les yeux lorsqu'il croisa ceux azur d'un de ses frères.
-« Je ne me rappelle pas t'avoir dit d'entrer », lâcha-t-il avec lassitude et désintérêt.
Choisissant de ne pas relever, Leonardo referma la porte derrière lui, un léger sourire aux lèvres et une grande tasse rouge à la main. Le malade grimaça lorsqu'il reconnut sa tasse préféré, celle qu'il avait l'habitude d'utiliser pour son chocolat chaud quotidien étant plus jeune.
-« Tu ne m'as pas dit de ne pas le faire, non plus. »
Raphael lâcha un faible « ouais, peu importe », puis il tourna la tête si violemment qu'il crût se déboîter la nuque. Leonardo étouffa un rire alors qu'il se rapprochait lentement de son frère. Le tas de mouchoirs froissés qui était dans sa poubelle près de son lit ne passa pas inaperçu aux yeux du jeune leader qui fronça légèrement les sourcils. Avec soin et précaution, il posa la tasse fumante et bouillante sur la table de chevet de Raphael, lequel ne daigna pas le regarder.
Les yeux clairs de Leonardo se posèrent à côté de la tasse, sur le thermomètre que Splinter avait mis à la disposition de son frère plus tôt dans la journée. Il le prit délicatement et le secoua alors que Raphael l'observait du coin de l'œil, les bras toujours fermement croisés. Les chiffres que le leader pu y lire le laissèrent coi un moment.
-« C'est ta température, ça ? », demanda-t-il d'une voix étranglée après quelques secondes de silence.
Pas si astucieux que ça le coup du thermomètre, finalement.
L'embarras teignait les joues de Raphael d'une couleur rosée alors qu'il haussa les épaules. Il ramena ses genoux contre son plastron et il y posa son menton, le regard ailleurs. Leonardo plaça avec douceur sa main sur la joue rouge et fébrile de son frère.
-« Tu es bouillant », murmura-t-il.
Le malade le foudroya de ses yeux vert électrique et il tourna la tête d'un geste sec pour échapper au contact.
-« C'est bon lâche-moi, j'ai juste chaud parce que j'suis sous la couette depuis ce matin, pesta-t-il. Je vais même beaucoup mieux tu sais, plus b'soin de me garder en quarantaine. »
Les yeux las et la bouche arrondie, Leonardo se souvint brusquement combien son frère pouvait devenir irritable lorsqu'il était malade, même si cela n'arrivait qu'une fois tous les trente-six du mois.
-« Je n'en suis pas si sûr », rétorqua-t-il calmement.
Son frère lui lança un regard noir et rempli de sous-entendus tout en serrant fébrilement sa couverture autour de lui. Toujours debout face à lui, Léo balançait son poids d'une jambe à l'autre, mal-à-l'aise.
-« Tu me fais une place ? »
Étonné, Raphaël haussa un sourcil. Néanmoins, il soupira tout en se décalant maladroitement sur la gauche de son hamac. L'aîné étira doucement ses lèvres dans un sourire ému puis il s'installa près de lui, du côté de la table de chevet. Il imita la position de son cadet en s'appuyant contre le mur qui était derrière eux. La forme arrondie du hamac obligea leur bras et leur cuisse à la collision. Raphael ne se souvenait pas la dernière fois qu'il avait était aussi proche physiquement de son frère. Gêné, il jouait avec ses six doigts, les entortillant entre eux, les entrelaçant, puis les délaçant. Le silence était beaucoup trop lourd et embarrassant à son goût. Leonardo empiétait sur son espace intime et personnel, mais malgré ça, sa présence ne le dérangeait pas comme habituellement.
Il fut extrait de ses pensées par une odeur très douce et enivrante qui infiltra ses narines. Il ferma lentement ses yeux pour laisser ce parfum l'embaumer davantage mais soudain, il entendit Léo s'éclaircir la gorge. Rapidement, il rouvrit ses yeux fatigués puis il les baissa pour voir que son frère tendait la mystérieuse tasse rouge sous son nez. Le liquide qu'elle contenait était d'une couleur mélangeant vert citron et jaune banane. Il semblait bouillant. La vapeur qui s'en dégageait brûla ses yeux déjà sensibles et larmoyants, pourtant, l'odeur sucrée attisa sa curiosité, bien malgré lui.
-« Tiens, bois. Ça te fera du bien.
-Vire ça de sous mon nez, grommela le cadet en tournant la tête. Tu ne crois pas que j'ai déjà assez chaud comme ça ? »
Leonardo baissa la tasse de quelques centimètres en secouant légèrement la tête.
-« C'est à base de plantes. Bois-en, ça apaisera ta fièvre, ta toux et ton rhume », répéta-t-il doucement.
Raphael fronça simplement les sourcils.
-« Ouais...j'y crois pas trop », marmonna-t-il entre ses claquements de dents.
Sur ces mots, Raphaël lui arracha toutefois la tasse des mains en marmonnant un presque-inaudible « file-moi ça ». Après avoir ramené ses jambes en tailleur, il posa la tasse sur ses cuisses tout en veillant à ne rien renverser. Sa couverture rouge était toujours sur ses épaules comme un voile de réconfort et de protection. Sans un mot, il se contenta de fixer sa tasse, les lèvres serrées et les joues en feu. Attendri par le comportement de Raphael, Leonardo réprima son rire du mieux qu'il le put. Son frère était décidément adorable.
Il baissa lentement ses yeux indigo pour les poser sur leurs deux épaules jointes par la seule force de la gravité. La couverture rouge sang qui enveloppait son frère était le seul intermédiaire entre leurs peaux reptiliennes. Normalement, Raphael l'aurait repoussé depuis longtemps mais l'immobilité et le silence prolongés de son frère le laissaient bouche-bée. Léo se contenta de l'observer en silence. Le malade ne décrochait pas ses yeux émeraude de la tasse qu'il tenait entre ses mains, l'air absent. Ses joues rougies semblaient bouillantes et ses yeux lourds clignaient de temps à autres, comme s'il était prêt à s'endormir. Il était incroyablement calme lorsqu'il était malade et Leonardo ne put retenir un nouveau sourire à ce constat. Il aimait ces moments-là.
Serré contre son frère, Léo le sentait trembler sous sa couverture et il ne put s'empêcher de poser sa main à l'endroit de son bras. Raphael se crispa au contact mais lorsque Leonardo commença à frotter énergiquement son bras, il cligna paresseusement ses yeux, se laissant réchauffer de bonne grâce.
-« Tu te souviens quand nous étions petits ? », chuchota Léo.
Raphael hésita puis il hocha lentement la tête, les yeux bas. Comme pour réveiller les souvenirs de son frère, Leonardo se décolla doucement de lui pour passer son bras musclé autour de lui. Il continua ainsi à frotter ses deux bras pour le réchauffer, de gestes marqués par la tendresse. Les tremblements de Raphael s'atténuaient lentement, jusqu'à disparaître. Le malade soupira doucement d'aise, les yeux mi-clos.
-« J'avais l'habitude de faire ça quand tu étais malade...pour te rassurer », continua Leonardo tout en laissant sa tête reposer timidement contre la sienne.
Raphael n'était pas - plus - habitué à une telle proximité avec son Leonardo, mais ce dernier savait visiblement toujours comment le mettre à l'aise, même après toutes ces années. Il reproduisait les mêmes gestes qu'il utilisait quand ils étaient petits et à sa grande surprise, Raphael y répondait de la même manière. Lentement, et comme autrefois, il frotta son museau froid contre l'épaule de son frère, ce qui arracha un léger rire à Léo.
Raphael ne riait pas. Il ne souriait pas non plus. Il profitait simplement de la présence de son frère, les dents et les poings pourtant toujours autant contractés sous sa couverture. En tant normal, il l'aurait repoussé. Pourtant, à cet instant, il n'en n'avait ni le courage ni la volonté suffisante. Malgré lui, il aimait les rares moments en compagnie de Leonardo car ils lui rappelaient leur enfance, quand tout était simple, mais surtout, quand il n'y avait pas de concurrence entre eux.
Depuis le jour où Splinter l'avait désigné leader, à l'âge de treize ans, leurs chemins se sont séparés de manière irréversible, à mesure du temps qui passait.
-« Ça me manque », confia Raphael contre son épaule, de sa voix quasi-inaudible.
Désormais, les moments de complicités avec Leonardo étaient rares. Très rares. Le temps qu'ils passaient ensemble n'était fait que de reproches, de regards froids, de disputes, de combats et d'ordres. Ils n'étaient plus faits pour s'entendre et rien ne ramènerait leurs âmes d'enfants. Rien ne les ramènerait à l'époque où ils étaient amis et où ils se confiaient tout. Raphael ne connaissait plus le mot complicité en compagnie de Léo. Il avait été remplacé depuis bien longtemps par la compétition.
Ému par cette confidence, Leonardo tourna la tête vers lui en grimaçant légèrement. Gêné, Raphael se décolla rapidement de lui, les sourcils froncés, ce qui força Léo à retirer son bras.
-« Écoute Raph, j-je –
-Tais-toi. Fais-nous une faveur à tous les deux et oublie ça. Juste…laisse tomber. »
Raphael ne voulait pas en parler car comme chacune de leur conversation, celle-ci se terminerait par un violent désaccord. Il savait que rien ne serait plus jamais comme avant et il détestait se le rappeler. Ils avaient pris des chemins différents et rien ne changerait jamais ça. Leonardo continuerait à lui donner des ordres, à la prendre de haut, à se montrer froid et distant avec lui. Raphael, quant à lui, laisserait toujours sa colère prendre le dessus sur la raison, car il était incapable de la dompter, malgré lui. C'était ainsi et pas autrement. Leonardo baissa les yeux alors que Raphaël touillait lentement sa boisson. Elle fumait toujours mais elle était nettement moins chaude.
-« En fait, qu'est-ce que c'est ?, demanda Raph en désignant la tasse d'un signe de la tête.
-Une tisane à la fleur de sureau », murmura Léo, les yeux bas.
Raphael grimaça. Boire de la tisane correspondait à Leonardo, mais certainement pas à lui. Néanmoins, il débordait de curiosité à l'égard de son supposé pouvoir de guérison. Ainsi, il glissa un de ses doigts dans l'anse de la tasse et, les yeux clos, il la ramena sous son nez pour s'imprégner une nouvelle fois de l'odeur sucrée qui s'en dégageait. Il hésita puis il trempa finalement ses lèvres dans le liquide coloré en grimaçant. Il fut surpris par le goût qu'il trouva agréable puis il commença à siroter lentement, soupirant légèrement de bien-être à chaque gorgée. Il adorait sentir cette eau chaude et sucrée couler le long de sa gorge, apaisant momentanément ses irritations.
Leonardo l'observait silencieusement. Plus jeune, il était toujours fourré avec Raphael. Ils étaient meilleurs amis. Ils avaient toujours eu une relation spéciale, mais depuis cinq ans, plus rien n'était pareil. Il savait que plus jamais ils ne s'entendraient de la même façon qu'auparavant et il eut un pincement au cœur à cette dure pensée.
Malgré cela, le simple fait d'être avec Raphael lui faisait toujours autant de bien, même si c'était pour ne rien dire et rester dans le silence. Tant qu'ils ne se disputaient pas, cela suffisait amplement au jeune leader. Raphael cligna plusieurs fois des yeux, avant d'éternuer bruyamment dans sa couverture.
-« Arg, j'en ai marre ! » grogna-t-il alors que ses yeux brûlaient de plus belle.
Leonardo feignit un sourire narquois et moqueur.
-« À part ça, t'es pas malade. »
Haussant un sourcil, Raphael lui tira la langue avec ferveur. Pour toute réponse, Leonardo appuya sur le bout de son nez rouge quoique glacé en riant. Tandis qu'il avala la dernière gorgée de sa tisane anti-brûlure-de-gorge, Raphael se dit qu'il préférait largement entendre son frère rire que crier. Il reposa sa tasse rouge sur ses cuisses et il l sa tête laissa sa tête basculer en arrière, contre le mur froid et dur. Leonardo l'imita, l'air pensif. Il savait que Raphael mourrait d'envie de remonter à la surface et une idée lui vint alors à l'esprit.
-« Quand tu seras guéri, on pourrait aller faire la course sur les toits, si tu veux. Comme avant. »
Raphael tourna lentement la tête vers pour le dévisager avec une profonde incrédulité.
-« C'est...vrai ? »
-« Bah oui », sourit Leonardo pour le rassurer.
Un sourire sincère illumina alors le visage de Raphael, ce qui lui conféra un air adorablement enfantin qui avait manqué à Leonardo.
-« Si je ne t'ai pas contaminé avant », le défia Raphael en souriant.
Un faible sourire orna les lèvres de Léo mais il se dissipa lorsque Raphael couvrit brusquement sa bouche pour tousser. Leonardo secoua légèrement la tête puis il s'empara de la tasse vide de son frère. Il posa une main réconfortante sur son épaule puis il se releva finalement avant de se diriger vers la porte.
-« Léo ? »
Le prénommé se retourna lentement, un sourcil levé.
-« Je voulais te dire...tu sais…merci. », grommela Raphael les yeux bas et les sourcils froncés.
L'aîné baissa les yeux, un faible sourire décorant ses lèvres. Il savait que ce moment d'amitié serait terminé dès l'instant où il refermerait la porte. Demain, la violence reprendra. Il soupira silencieusement.
-« Repose-toi », murmura-t-il.
Puis il quitta la chambre, en silence. Raphael fixa la porte encore un long moment, pensif.
Il savait que malgré les disputes et la violence dont ils faisaient souvent preuve l'un envers l'autre, il pouvait encore exister des moments de rires et de tendresse. Juste des moments comme celui qu'ils venaient de vivre. Des moments de fraternité. Fatigué, Raphael s'allongea lourdement et il ferma ses yeux bouffis, toujours enrobé dans sa chaude couverture rouge.
Il n'avait plus froid. La visite de Leonardo l'avait apaisé, si bien qu'il semblait avoir oublié son besoin de prouver qu'il n'était plus malade pour sortir de sa quarantaine.
Quelques jours plus tard, les microbes de Raphael s'étaient emparés de Leonardo. Un matin, lorsqu'il souleva ses lourdes paupières, son premier réflexe fut d'essayer d'atteindre la boîte de mouchoirs qui se trouvait sur sa table de chevet. Pourtant, ses doigts frôlèrent quelque chose de bouillant. Par réflexe et stupeur, il retira rapidement sa main et il se redressa légèrement. Il fut surpris en remarquant la tasse bleue nuit qui était posée près de lui. Il toussota une ou deux fois puis il s'assit en tailleur pour la prendre entre ses mains tremblantes. Grelottant, il remonta maladroitement ses couvertures jusqu'aux bras alors qu'il se laissait bercer par la douce odeur et chaleur que dégageait de sa tasse, un léger sourire aux lèvres. Il adorait cette odeur sucrée. Du coin de l'œil, il aperçu un petit morceau de papier qui était également posé sur sa table de chevet. Tout en faisant attention à ne rien renverser, il se pencha sur le côté pour attraper la petite note.
« Probablement cachée sous la tasse », devina-t-il par l'humidité et la tiédeur du petit morceau de papier.
Il leva un sourcil, en déchiffrant la note, reconnaissant immédiatement l'écriture aux courbes maladroites.
« Tisane à la fleur de sureau et une cuillère de miel. Si tu viens te plaindre, t'as un poing dans la tronche. Tu savais que j'étais contagieux. »
Ce petit mot griffonné par un frère un peu trop grognon lui fit réaliser que, malgré le gouffre qui les séparait, ils se connaissaient l'un l'autre bien mieux que ce qu'il croyait. Leonardo esquissa un sourire ému alors qu'il ramena la tasse à ses lèvres, les yeux mi-clos. Les moments de complicité étaient devenus rares, mais savoureux.
A/N : ça marche vraiment cette tisane si vous êtes malade ! J'en bois immédiatement quand les premiers symptômes arrivent, 3 à 4 fois par jour.
