Deux mois pour un chapitre... Je suis désolée, j'espère que ça ne se reproduira plus, mais entre les concours, les stages et les vacances...

J'attends un regard très critique de votre part sur ce chapitre, car il n'a pas été évident à écrire dans la mesure où vous reconnaîtrez l'affrontement entre Jedusor et Harry. J'ai essayé d'écrire le combat du point de vue de Fumseck, mais allez retranscrire ce que pense un oiseau!lol!

Je suis ouverte à toute suggestion susceptible d'améliorer ce chapitre.

Malgré tout, bonne lecture!


Chapitre XXXI: La Chambre des Secrets

Minerva, assise sur son fauteuil raide comme un piquet, fixait obstinément la porte de son bureau, tandis que Pompom faisait les cents pas. Severus regardait impassiblement par la fenêtre, mais son oreille était à l'affût du moindre bruit. Cela faisait presque une heure que Fumsec lui avait transmis le message de Dumbledore, et le directeur n'arrivait toujours pas.

- Mais que fait-il, finit par s'impatienter Minerva. Les Weasley vont finir par être là avant lui.

A peine avait-elle fini de parler que la porte s'ouvrit brusquement sur le directeur, son phénix sur l'épaule. Il avait sur le visage un air autoritaire et imposant.

- Mme Pomfresh, dit-il aussitôt, ayez l'amabilité de monter dans mes appartements. Vous y trouverez Kécile qui s'y repose.

- Je vais l'emmener à l'infirmerie, répondit-elle.

- Non, interdit Dumbledore. Elle ne doit en aucun cas croiser les gens du ministère. Hors ces temps-ci, ils peuvent venir à tout moment. Allez-y, Pompom. Le mot de passe est basilic. Ce ne sera pas long. Veillez surtout à ce qu'elle ne se laisse pas envahir par un cauchemar.

- Bien, poursuivit-il une fois que l'infirmière eut fermé la porte derrière elle. Minerva, quand vous êtes-vous aperçue du drame?

- En début d'après-midi, répondit le professeur, des larmes dans la voix. Un message a été inscrit au second étage, en -dessous du premier.

- Avez-vous prévenu les Weasley?

- Bien sûr, mais ils n'ont pas encore reçu mon message.

- Et les enfants?

- Ils sont atterrés.

- Vous n'avez rien entrepris pour retrouver la petite Ginny?

- Que faire? demanda Minerva

- C'est trop tard, maintenant, répliqua Severus d'un ton dur.

- Je ne crois pas. Ginny Weasely est peut-être encore vivante.

- Comment pouvez-vous espérer encore? interrogea Severus amer et désabusé.

- C'est une Sang-pur.

Tandis que Severus relevait la tête en fronçant les sourcils, Minerva ne voyait visiblement pas le rapport.

- Et alors? fit-elle interloquée.

- Et alors?! Ce n'est donc pas l'œuvre du monstre, ni un crime destiné à éliminer les enfants de moldus. C'est un piège.

- Voldemort! grogna Rogue.

- Comment ça, Voldemort?! s'exclama Minerva. Qu'a-t-il à voir là-dedans?

- C'est lui, l'héritier de Serpentard, expliqua Severus.

- En s'attaquant à Ginny Weasley, j'ai bien peur qu'il ne cherche à attirer Harry dans la Chambre des Secrets.

- Et il est bien parti pour réussir! cracha Severus. Allez savoir comment ce gamin a découvert tout ça?

- Un concours de circonstances... expliqua Dumbledore.

- Il a dû sacrément les aider, les circonstances, fit Severus d'un ton glacial.

- Mais de quoi parlez-vous? s'agaça le professeur Macgonagal qui commençait à s'impatienter d'avoir toujours une longueur de retard sur les deux hommes.

- Potter et Weasley ont réussi à découvrir que la chambre contient un basilic et ont, semble-t-il, une assez bonne idée de l'endroit où elle se situe.

- Un basilic! fit Minerva, la voix montant dangereusement vers les aigus. Merlin!

- Minerva, vous allez vérifier que ces deux élèves sont toujours dans leur salle commune. Demandez au préfet en chef de veiller à ce qu'ils ne quittent sous aucun prétexte la tour des Gryffondors.

Le professeur de métamorphose quitta son bureau d'un pas raide.

- Que comptez-vous faire? demanda abruptement Severus.

- Dès que Minerva sera revenue, nous irons tous les trois aux toilettes du second étage. Quitte à demander à Harry de nous ouvrir la Chambre.

Devant le sourcil haussé de son professeur, il expliqua:

- Ne vous y trompez pas, Severus, si malgré nos surveillances et nos nombreuses inspections de ces lieux nous n'avons toujours pas trouvé l'entrée de la Chambre, c'est qu'elle n'est accessible qu'aux fourchelangues. C'est la seule explication.

- Ce qui éclaircirait les propos de Kécile lorsqu'elle a vaguement repris conscience à l'infirmerie...

- En effet, seule Kécile et Harry, si on omet Voldemort peuvent ouvrir la Chambre, puisque eux seuls sont fourchelangues.

- Il y a pourtant une faille dans ce raisonnement. Si c'est le Seigneur des Ténèbres qui a ouvert la Chambre, expliquez-moi donc comment! Je puis vous assurer qu'il n'a pas mis les pieds dans cette école...

- Je le sais, répondit Dumbledore en s'asseyant dans un fauteuil qu'il venait de faire apparaître.

Severus attendit quelques secondes des explications qui ne venaient pas. Aussi finit-il par remarquer d'une voix ironique:

- Vous savez peut-être, Albus, mais il se trouve que je ne sais pas...

- Oh! Ne vous inquiétez pas, vous saurez bien assez tôt, hélas. Je préfère, avant de vous faire part de mes hypothèses, en avoir la confirmation. Pour l'instant, contentez-vous de savoir que Voldemort a infiltré dans l'école un artefact magique qui incarnerait une partie de lui-même. J'ignore encore à quoi cela peut ressembler, sa manière exacte d'agir, et qui a bien pu l'introduire dans les murs de l'école.

- Avez-vous pensé tout simplement à Kécile?

- J'y ai pensé, avoua Dumbledore. Mais je veux attendre qu'elle soit à peu près remise avant de l'interroger.

- Comment va-t-elle? demanda Rogue d'une voix sourde.

- Mieux. Sa fièvre a baissé et elle commence à parler. Mais elle est terriblement affaiblie, tant physiquement que psychologiquement.

Severus baissa instinctivement la voix et demanda:

- Où étiez-vous?

Dumbledore eut un sourire mystérieux.

- A Poudlard.

Devant le regard perplexe de son professeur, il dit:

- C'est l'apanage des directeurs de connaître quelques lieux qui sont inconnus et doivent le rester. Bien évidement, j'étais officiellement au Clos-La-Rive.

- Et Kécile? Vous n'espérez pas faire croire qu'elle a pu pénétrer au Clos-La-Rive! Tout le monde connaît les protections qui entourent votre manoir, et jamais la fille du Seigneur des Ténèbres ne pourrait y pénétrer.

- Oh non! Kécile est restée à l'infirmerie, bien sûr!

- Ravi d'en être informé! répliqua ironiquement Rogue.

A ce moment, la porte s'ouvrit à la volée sur une MacGonagall paniquée qui cria d'une voix aiguë:

- Ils sont introuvables!

Dumbledore se leva le front soucieux.

- Albus! Ne me dîtes pas qu'ils y sont allés! Ce ne sont que des enfants!

- Des enfants qui ont volés la pierre philosophales et affrontés une horde d'accromentula, avec votre indulgence, j'imagine, répliqua Rogue.

- Une horde de... Merlin! Et vous n'avez rien dit?

- Si vous me promettez de les renvoyer, je ne vous cacherai plus rien.

- Vous ne changerez décidément jamais, Severus.

- ça suffit, coupa Dumbledore. S'ils sont partis pour la Chambre, il faut agir rapidement.

Mais Dumbledore fut interrompu par un claquement sec à la fenêtre. Deux hiboux se tenaient d'un air impatient derrière le carreau. Mac Gonagall ouvrit et les deux oiseaux se précipitèrent vers Dumbledore qui décrocha deux rouleaux de parchemins. Mais il n'avait pas terminé que 3 autres hiboux s'engouffrèrent à leur tour par la fenêtre. Bientôt suivi par deux autres, alors que plusieurs points noirs se dessinaient à l'horizon.

- Mais qu'est-ce que cela signifie?

Severus regardait sans un mot et sans esquisser un geste, le directeur se dépêtrer de la nuée d'oiseaux qui voletaient en tous sens, transformant le bureau en volière et répandant leurs plumes partout et surtout dans la barbe et les cheveux de l'auguste directeur. Il y eut un moment de pagaille avant que Minerva ne vienne à la rescousse du vieil homme. Il ressortait de cet abondant courrier que Dumbledore n'était plus suspendu, à la demande de l'ensemble des membres du conseil d'administration.

La volée de hiboux fut dispersée par la brusque apparition de flammes vertes dans la cheminée. Quelques instants plus tard, Mrs Weasley complètement paniquée suivie de son mari blanc comme un linge surgissaient de l'âtre.

Il fallut cinq bonnes minutes pour expliquer toute la situation aux parents éplorés. Lorsqu'ils comprirent que leur plus jeune fils était très probablement parti à la recherche de sa soeur avec Harry Potter, ils s'effondrèrent dans des fauteuils, refusant d'admettre un tel désastre.

Cependant, Dumbledore s'organisa rapidement. A la stupeur générale, il décida de ne pas intervenir directement. Mac Gonagall s'indigna mais il lui répliqua:

- A l'heure qu'il est, nous arriverions probablement trop tard. Vous devez rester auprès des Weasley, Minerva. Severus, je vous demande de retourner auprès de Kécile et libérer ainsi Mme Pomfresh. Demandez lui d'apporter une potion calmante pour Molly.

- Mais... Vous ne comptez tout de même pas les laisser tous seuls?

- Non. Fumsec les aidera si le besoin s'en ressent.

- Si le besoin s'en ressent? Merlin à quoi pensez-vous, Albus!

- Vous ne comptez tout de même pas que Potter se sorte tout seul de cette situation? demanda aigrement Rogue.

- Si, je l'espère. Car Harry sera amené à faire de grandes choses, ne vous en déplaise, Severus. Mais sa route sera semé d'embûches. Je préfère qu'il apprenne dès à présent à affronter ces situations périlleuses. Il ne sera pas vraiment seul, et je lui fais confiance.

- Vous prenez des risques inconsidérés! vous êtes responsable de cet enfant, Albus!

- Je sais bien qu'il y a des risques, Minerva. Mais ces risques, il les rencontrera tôt ou tard, peut-être même affrontera-t-il des pouvoirs bien plus dangereux dans l'avenir. Ce serait une erreur de ma part de l'empêcher de se confronter au danger. De plus, beaucoup de choses vont dépendre de ce qu'il se passe peut-être actuellement dans la Chambre des Secrets..

- Vous parlez de lui comme... comme d'un soldat, d'une arme! Par morgane! Ce n'est qu'un gosse! s'indigna Mrs Weasley.

- Merlin sait combien j'ai d'attachement pour cet enfant, Molly. Mais malheureusement, trop de choses reposent sur lui et il ne pourra échapper à son destin. Je le répète, il est de mon devoir de l'y préparer. Il s'en sortira. Fumsec va y veiller.

L'oiseau fit un trille mélodieux et rassurant et s'envola jusqu'au plafond. Il tournoya quelques instants comme un rapace avant de fondre sur l'étagère où reposait le choixpeau magique. Après l'avoir agrippé, il disparut dans un halo de flammes.

Au même moment, quelques centaines de mètres plus bas, dans les sous-sols du château, Harry pénétrait dans la monumentale Chambre des Secrets. Entre les pieds de la gigantesque statue, gisait le corps apparemment sans vie, face contre terre, de Ginny.

Harry se précipita et s'agenouilla auprès d'elle.

- Ginny! Ne sois pas morte! Je t'en supplie, ne sois pas morte!

Il jeta sa baguette magique sur le sol, attrapa Ginny par les épaules et la retourna sur le dos. Son visage était blanc et froid comme le marbre, mais ses yeux n'étaient pas ouverts, ce qui signifiait qu'elle n'avait pas été pétrifiée. Peut-être était-elle...

- Ginny, je t'en supplie, réveille-toi, murmura Harry d'une voix désespérée.

Il secouait Ginny, mais sa tête ballottait de droite et de gauche, sans le moindre signe de vie.

- Inutile, elle ne se réveillera pas, dit alors une voix douce.

Harru sursauta et se retourna toujours à genoux.

Un jeune homme de grande taille, les cheveux noirs, l'observait, adossé contre un pilier. Ses contours étaient étrangement flous comme si Harry l'avait regardé à travers une fenêtre aux vitres givrées. Mais il était parfaitement reconnaissable.

- Tom... Tom Jedusor?

Jedusor approuva d'un signe de tête sans quitter Harry des yeux.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par "Elle ne se réveillera pas?" demanda Harry, désespéré. Elle n'est pas... Elle n'est pas...

- elle est toujours vivante, répondit Jedusor, mais c'est tout juste.

Le Tom Jedusor que Harry avait sous les yeux était bien jeune. Il était probablement semblable à ce que devait être Voldemort 30 ans auparavant. pourtant, ce n'était pas le mage noir; le personnage qu'il avait devant lui était beaucoup moins menaçant. La curiosité prit d'abord le pas sur la haine.

- Vous êtes un fantôme?demanda Harry d'une voix hésitante.

- Disons plutôt un souvenir, répondit Jedusor d'une voix paisible. Conservé pendant trente ans dans un journal intime.

Il pointa l'index vers les orteils géants de la statue. Le petit livre noir que Harry avait trouvé dans les toilettes de Mimi Geignarde était ouvert sur le sol.

- Comment l'avez-vous récupéré? demanda Harry brusquement méfiant.

Après tout, ce souvenir avait l'air indépendant...

- Ce n'est pas moi qui l'ai pris. C'est Ginny.

- Ginny? Ça n'a aucun sens! Pourquoi Ginny se serait-elle intéressé à ce journal. A votre journal.

- Parce qu'il était devenu le sien.

Harry écarquilla les yeux, l'incompréhension se peignant sur chacun de ses traits.

- C'est terriblement ennuyeux d'avoir à entendre toutes les petites idioties d'une fillette de onze ans, poursuivit nonchalamment Jedusor. Mais j'ai fait preuve de patience. Je lui ai répondu, j'ai compati à ses malheurs, j'ai été gentil, très gentil. Ginny m'adorait. Personne ne m'a jamais comprise comme toi, Tom, m'écrivait-elle. Je suis si heureuse de pouvoir me confier à ce journal.. C'est comme si j'avais toujours un ami dans ma poche.

Jedusor éclata de rire, un rire aigu et froid qui ressemblait bien plus à celui de Voldemort qu'à cet élève souriant.

- Je dois reconnaître que j'ai toujours eu le don de séduire les gens dont j'avais besoin. Alors Ginny m'a ouvert son âme et il se trouve que son âme représentait exactement ce qu'il me fallait. Ses peurs les plus profondes, ses secrets les plus obscures me donnaient de la force, de plus en plus de force. J'ai senti grandir en moi un pouvoir infiniment plus grand que celui de la petite Ginny. Un pouvoir suffisant pour commencer à confier à Miss Weasely mes propres secrets, pour déverser un peu de mon âme dans la sienne.

Harry commença à pâlir, en même temps que la rage s'élevait en lui.

- Ce n'est pas vrai... gronda-t-il.

- Tu commences à comprendre, n'est ce pas, Harry Potter? dit Judusor d'une voix douce. C'est Ginny Weasely qui a ouvert elle-même la Chambre de Secrets. C'est elle qui a tordu le cou des coqs, elle encore qui a tracé les terrible messages sur le mur. C'est elle enfin qui a lancé le monstre de Serpentard sur quatre Sang-de-Bourbe et sur la chatte d'un Cracmol.

- Non... murmura Harry.

- Mais si... dit Jedusor sans se départir de son calme. Oh, bien sûr, au début, elle ne savait pas ce qu'elle faisait. C'était très amusant. Si tu avais vu ce qu'elle écrivait dans le journal... C'était de plus en plus intéressant...

Harry serrait les poings, les ongles enfoncés dans ses paumes.

- Il a fallu longtemps pour que la stupide petite Ginny cesse de faire confiance à son journal. mais elle a fini par avoir des soupçons et elle a essayé de s'en débarrasser. Et c'est à ce moment que tu es intervenu, Harry. Tu as trouvé le journal et rien n'aurait pu me faire plus plaisir. N'importe qui d'autre aurait pu tomber dessus, mais c'est toi qui l'a trouvé, la personne que j'avais le plus envie de connaître.

Le regard de Jedusor se fit de plus en plus avide, s'attarda sur la cicatrice de Harry.

- Je voulais en apprendre davantage sur toi, te parler, te rencontrer si c'était possible. Alors pour gagner ta confiance, j'ai décidé de te montrer la célèbre capture de ce grand benêt de Hagrid.

- Hagrid est mon ami, dit Harry qui ne pouvait cette fois empêcher la colère de faire trembler sa voix. Et vous lui avait tendu un piège, c'est ça? Kécile avait donc raison.

Jedusor éclata de nouveau de son rire aigu.

- C'était ma parole contre la sienne, mon cher Harry. Je te laisse le soin d'imaginer la réaction du directeur. D'un côté, Tom Jedusor, pauvre mais brillant, orphelin mais si courageux, préfet et élève modèle. De l'autre, ce gros balourd de Hagrid, qui ne perd jamais une occasion de s'attirer des ennuis en élevant des bébés loups-garous sous son lit ou en allant se battre avec des trolls dans la forêt interdite. Mais je dois dire que j'ai été surpris moi-même de voir mon plan marcher aussi facilement. Je pensais qu'il y aurait bien quelqu'un pour s'apercevoir que Hagrid ne pouvait pas être l'héritier de Serpentard. Seul Dumbledore , le professeur de métamorphose paraissait croire que Hagrid était innocent. C'est lui qui a réussi à convaincre Dippet de garder Hagrid et d'en faire le garde-chasse de l'école. Je crois que Dumbledore avait deviné quelque chose. Il ne semblait pas avoir autant de sympathie pour moi que les autres professeurs...

- Dumbledore a compris à qui il avait affaire! dit Harry sans desserrer les dents.

- Après le renvoi de Hagrid, il m'a soumis à une surveillance quelque peu agaçante, dit Jedusor d'un ton désinvolte. Je savais qu'il ne serait pas raisonnable d'ouvrir à nouveau la Chambre pendant que j'étais à l'école. Mais je n'avais pas l'intention de perdre le bénéfice de mes longues années de recherche. J'ai donc décidé de laisser derrière moi un journal intime qui conserverait dans ses pages l'être que j'étais à seize ans, pour qu'un jour,avec un peu de chance, je puisse amener quelqu'un d'autre sur mes traces et achever ainsi la noble tâche de Salazar Serpentard.

- Vous n'avez rien achevé du tout, répliqua Harry d'un air triomphant. Personne n'est mort, cette fois-ci, même pas la chatte.

- Je ne t'ai pas encore dit, reprit Jedusor d'une voix tranquille, que tuer des Sang de Bourbe ne m'intéresse plus. Depuis plusieurs mois, maintenant, ma nouvelle cible, c'est toi...

Harry sentit sa rage exploser.

- Mais bien sûr! s'exclama-t-il, cela m'aurait étonné! Qu'est-ce que vous cherchez cette fois-ci? A prendre votre revanche de l'an dernier?

- Comment ça, l'an dernier? interrogea Jedusor en plissant les yeux.

- Et qu'est- ce que vous comptez faire, ici , au juste? Demander à Ginny de me tuer? poursuivit Harry en faisant face au jeune homme.

- Oh non! Ginny a pris conscience de beaucoup de choses... elle était devenue difficile à contrôler ces derniers temps. Mais j'ai tout de même pu lui faire écrire son propre message d'adieu sur le mur et je l'ai amenée ici en t'attendant. Elle s'est débattue, elle a crié, elle est devenue insupportable, mais il ne reste plus beaucoup d'énergie vitale en elle: elle en a trop mis dans le journal, c'est-à-dire en moi. Suffisamment en tout cas pour me permettre de me détacher de ses pages et reprendre un existence autonome. Depuis que nous sommes arrivés ici, elle et moi, je t'ai attendu. Je savais que tu viendrais, et j'ai beaucoup de questions à te poser, Harry Potter.

- Vraiment, vous avez des questions à me poser?! J'aurais cru que c'était autre chose qui vous intéressait!

- Comment se fait-il par exemple qu'un bébé sans talent magique particulier ait pu vaincre le plus grand sorcier de tous les temps? Comment as-tu réussi à t'en tirer avec une simple cicatrice, alors que les pouvoirs de Voldemort ont été détruits?

Il y avait à présent une étrange lueur rougeâtre dans ses yeux avides.

- Qu'est-ce que ça peut vous faire? dit lentement Harry. Cela ne change rien à ce qui s'est passé.

- Mais cela peut changer ce qui se passera, Harry Potter.

- Je ne crois pas. Personne ne sait pourquoi vous avez perdu vos pouvoirs la nuit où vous m'avez attaqué.

- La nuit où je t'ai attaqué? demanda Jedusor d'un ton doucereux.

- Oui, vous, Tom Jedusor. Vous pensiez peut-être me prendre par surprise, mais je sais qui vous êtes. Et grâce à qui? A une fille de moldue! A ce que vous appelé une sang-de-bourbe, Lord Voldemort.

- Tu oses donc prononcer mon nom? murmura le mage noir.

- J'ose, et je ne suis pas le seul, cracha Harry.

- Pauvres fous! Votre bravade est inutile. Combien êtes-vous à tenter de résister à la crainte que vous respire mon nom?

- Si on vous craint, que vous soyez Jedusor ou Voldemort, ça n'a aucune importance! Le résultat est le même, vous êtes un monstre.

- Oh si, cela en a de l'importance, Harry Potter. Tu crois que j'allais accepter le "jeu du sort" qui m'avait donné ce nom immonde de "Jedusor", légué par mon Moldu de père? Moi, l'héritier par ma mère du sang de Salazar Serpentard qui coule dans mes veines? Non, Harry, je me suis forgé un nouveau nom, et je savais que le temps viendrait où les autres sorciers auraient peur de prononcer ce nom-là, lorsque je serais devenu le plus grand sorcier du monde!

- C'est raté, répondit Harry d'une voix basse, remplie de haine. Vous n'êtes pas le plus grand sorcier du monde. Désolée de vous décevoir, mais le plus grand sorcier du monde, c'est Albus Dumbledore. Tout le monde est d('accord là-dessus. Même au temps de votre puissance, vous n'avez jamais osé vous attaquer à Poudlard. Dumbledore a tout de suite compris qui vous étiez lorsqu'il vous avait comme élève et il vous fait toujours peur, quel que soit le lieu où vous vous cachez.

Jedusor perdit brusquement ce sourire faussement avenant qu'il arborait jusqu'alors et Harry ressentit pour la première fois la peur, que sa haine avait étouffée.

- Dumbledore a été chassé de ce château par mon simple souvenir! répliqua le mage noir d'une voix désagréablement sifflante.

- Il n'est pas aussi loin que vous le pensez!

"Il s'en sortira. Fumsec va y veiller"

"Il n'est pas aussi loin que vous le pensez"

La confiance de deux hommes l'un en l'autre....

Une musique étrange s'éleva de la tour de Dumbledore pour résonner contre les parois rocheuses de la Chambre des Secrets et l'oiseau surgit en haut d'une colonne monumentale. Celui qui l'avait appelé se tenait vaillamment debout face à un étrange phénomène...

Il fondit sur lui et lâcha le choixpeau magique à ses pieds avant de se poser sur son épaule.

Ce n'était vraiment qu'un enfant, et il pouvait sentir la peur latente qu'en vaillant gryffondor le petit s'efforçait d'étouffer.

Il flamboya doucement pour le rassurer toute en fixant cet étrange ombre qui flottait devant eux.

- C'est un phénix, dit l'ombre.

- Fumseck? demanda le garçon.

Il pressa l'éapule sur laquelle il était perché et sentit une confiance démesurée envahir son protégée. Le petit aurait vraiment dû être beaucoup plus effrayé...

Il ne savait pas exactement ce qui lui faisait face, mais c'était de la magie noir, il le sentait. La chose n'était pas vivante, mais elle était dangereuse.

Elle éclata de rire. Vraiment mauvais.

- Et c'est ça que Dumbledore t'envoie pour te défendre! Un oiseua chanteur et un vieux chapeau! Voilà qui devrait te donner du courage Harry Potter. Tu dois te sentir rassuré à présent!

Et le garçon l'était.

L'autre n'était pas conscient de ce qu'il pouvait faire. La magie noir dénigrait la magie blanche.

Les deux adversaires parlaient. Il pouvait sentir le mépris de l'un et la rage de l'autre, l'affrontement qui approchait.

Le petit était tendu.

- Maintenant Harry, je vais te donner une petite leçon. Nous allons mesurer les pouvoirs de Lord Voldmort, héritier de Salazar Serpentard à ceux du célèbre Harry Potter, muni des meilleures armes que Dumbledore ait pu lui envoyer.

Alors que l'ombre le regardait comme un oisillon insignifiant, le garçon se laissait enfin gagner par la peur.

Imperturbable, il suivit de ses yeux perçants l'humain fantomatique qui s'avançait jusqu'à la statue de pierre de Salazar Serpentard, et ses plumes se hérissèrent alors qu'un sifflement s'élevait dans la salle. Tous les sens en éveille, il sentit la Chose approcher, alors que le garçon horrifié, reculait devant la menace.

Il s'envola pour échapper au regard de la Chose. Il allait enfin voir ce qui hantait les murs du château depuis des mois, ce danger dont il avait régulièrement perçu la présence ces derniers temps.

Lorsque le monstre tomba au sol en ébranlant les murs, l'ombre qui semblait le diriger lui donna un ordre et la chose se tourna vers le garçon qui chercha à s'enfuir les yeux fermés. Pourquoi fermait-il les yeux?

Tournoyant au dessus de la scène de panique qui se déroulait au dessous de lui, il cherchait par où attaquer. La peau d'acier du monstre était inattaquable, et les cros pouvaient le broyer en un instant. Les yeux. Il devait s'attaquer à ses yeux jaunes énormes qui le faisait frémir jusqu'au bout de la queue.

Plongeant brusquement comme un rapace, son bec doré et crochu pointé à l'avant, il réussit à surprendre de vitesse la Chose, et sentit à peine une résistance lorsqu'il creva l'oeil qui déversa aussitôt un sang noir et répugnant.

le monstre se mit à siffler bruyamment de douleur et tenta vainement de l'attraper dans sa mâchoire puissante. il manqua perdre sa queue alors que les longs crochets rasaient ses plumes. Le deuxième oeil allait être plus difficile à atteindre maintenant que la Chose se défendait, secouant furieusement sa tête et balançant dangereusement sa queue gigantesque qui pouvait l'assommer.

Il finit par plonger à nouveau, achevant son oeuvre dans un sifflement abominable.

C'était maintenant au garçon de jouer. Lui ne pouvait plus faire grand chose. Pour donner du courage au petit, il se remis à chanter, couvrant les sifflements furieux du monstre et du fantôme et tournoya autour de la tête défiguré en lui infligeant quelques coups de becs supplémentaires.

Lorsque l'épée de Gryffondor surgit du choixpeau et que le garçon se redressa pour combattre, Fumsec cessa de harceler le monstre et s'envola derrière les colonnes à l'abri de la baguette de l'ombre fantomatique. Il vit la Chose aiguillonnée par son maître qui poursuivait le garçon à l'odeur, faute de voir et plongeait régulièrement sur sa proie. l'autre esquivait comme il pouvait, jusqu'au moment où l'épée et le bras qui la tenait plongèrent dans la gueule béante du monstre qui s'effondra au sol dans un bruit fracassant, sa queue frappant violemment les colonnes.

mais le petit n'allait pas bien. Pas bien du tout. il pouvait voir d'ici le sang qui imbibait ses vêtement d'une plaie béante au bras, et il s'écroula contre un mur, épuisé.

Surveillant d'un oeil l'espèce d'apparition qui semblait décidemment prendre de manière inquiétante consistance, il vint se poser auprès du petit garçon affaibli.

- Fumesck... Tu as été magnifique.

la plaie était vilaine, visiblement infectée par un poison violent. Ce monstre était en plus venimeux...

Il posa doucement sa tête sur la chair abîmée.- Tu es mort, Harry Potter, fit l'ombre menaçante. Mort. Même l'oiseau de Dumbledore l'a compris. Tu vois ce qu'il fait? Il pleure.

Les larmes commencèrent à couler sur la plaie. Si le maître du monstre n'avait pas conscience qu'il guérissait le petit, l'ignorant, celui-ci serait sur pied dans quelques minutes. Les larmes coulaient toujours. Les premières s'infiltrèrent dans le sang pour neutraliser le poison, puis petit à petit, elles réparèrent la peau meurtri. Il sentait le garçon reprendre des forces, alors que l'ombre débitait un flot de paroles doucereuses.

- Va-t-en, l'oiseau! s'écria soudain la voix irritée. Va-t-en, laisse-le. J'ai dit va-t-en!

L'ombre pointa sa baguette vers lui, et il s'envola avant de recevoir un sort. L'oiseau! Vraiment! Il était plus qu'un simple oiseau! Il allait le lui prouver aussitôt. Il sentait que l'ombre allait s'en prendre à Harry. Il fallait le détruire avant. Lui couper son énergie.

Il fondit sur le journal abandonné aux pieds de la statue et voleta au-dessus du garçon avant de le laisser tomber sur ses genoux. Il fallait qu'il comprenne.

Il sentit un moment d'hésitation entre les deux adversaires, puis le petit empoigna le crochet venimeux du monstre et l'enfonça dans le livre.

Tout ce passa très vite. Il ne fallut pas une minute pour que l'apparition hurlante et tordue se dissipe dans l'air, toute son énergie détruite par le venin. Vraiment, quoique cela était, c'était vraiment de la très mauvaise magie noire... quant à ce garçon, un vrai gryffondor, aucun doute...

Le garçon et la fillette étaient dans tous les cas sauvés. Il s'agissait maintenant de les ramener. La petite fille s'était réveillée mais semblait secouée. Il fallut quelques minutes pour que les deux enfants retournent dans le tunnel, et il continua à voleter, flamboyant doucement pour éclairer le passage humide et sombre, les rassurant ainsi davantage. Bientôt un étrange bruit de raclement résonna contre les parois, provoqué par un deuxième garçon qui creusait dans un éboulis de roc.

- Ginny! Vivante! Je n'osais plus y croire! Qu'est-ce qui s'est passé? Tout va bien, Ginny. C'est fini maintenant. D'où il vient, cet oiseau?

- C'est celui de Dumbledore.

Laissant les enfants à leurs retrouvailles, il vola en direction d'un autre bruit. Un peu plus loin dans le tunnel était assis un autre homme... il l'avait déjà vu d'ailleurs à Poudlard. Il était déjà venu dans le bureau d'Albus. Albus ne l'aimait pas beaucoup d'ailleurs...

L'homme le regarda d'un air surpris, avant de se désintéresser de lui et de fredonner des notes sans suite d'un air vague. Etrange... Il n'avait vraiment pas le souvenir de cette attitude chez cet individu. Enfin, un de plus qu'il allait falloir ramener au bercail.

- Tu as réfléchi au moyen de remonter là-dedans? demanda le deuxième garçon

L'autre secoua la tête. Il vint alors voleter devant lui en agitant ces plumes, tournoyant ensuite vers le tunnel qui s'élevait à pic dans le plafond.

- On dirait qu'il veut que tu t'accroches à lui. Mais tu es beaucoup trop lourd pour un oiseau!

- Fumseck n'est pas un oiseau ordinaire.

Enfin quelqu'un qui semblait en avoir conscience...

Finalement, les quatre en guirlande accrochés à sa queue, il put s'élancer dans les profondeur du tuyau, nullement incommodé par le poids de ses passagers. Ils furent ainsi tous rapidement de retour dans les murs du château. Ils le suivirent dans les couloirs de l'école où il n'avait qu'un hâte s'était rejoindre Albus. Il serait satisfait. Et il aimait quand Albus était satisfait.


Normalement le prochain chapitre clos la deuxième aprtie de l'histoire. Vous y retrouverez Kécile.

A bientôt!