Bonjour à tous!

Dans la mesure où il n'y a pas eu de commentaires sur le précédent chapitre, j'en conclue qu'il n'y avait rien à redire, ou au contraire, qu'il ne vous a pas plus, mais que vous n'osez pas le dire... si c'est le cas, très sincèrement, je préfèrerais le savoir... bref, voici, plus rapidement le chapitre suivant!

J'avais dit que ce chapitre serait le dernier de la deuxième partie, et bien finalement non... De même, Kécile n'y fait qu'une rapide apparition. Tout cela est dû à une révélation supplémentaire que je n'avais pas prévu de faire si tôt, mais qui s'est trouvée à un moment opportun. C'est fou comme une histoire n'en fait parfois qu'à sa tête en vertu de toutes vos prévisions!lol!

Bonne lecture!


Chapitre XXXII: La traque commence

Kécile ouvrit péniblement les yeux. Son regard tomba sur un doux sourire, et une barbe blanche. Dumbledore...

Elle lui rendit péniblement son sourire et poussa un profond soupir. Elle avait dormi. Enfin.

- Bonjour Kécile, dit doucement Dumbledore. Comment te sens-tu?

Elle fronça vaguement les sourcils. Comment se sentait-elle?...

- Faible, avoua-t-elle finalement d'une voix rauque. Mais... mieux.

- Severus m'a dit que tu t'es rapidement endormie.

- Je crois. Je n'ai pas eu de cauchemars.

C'était un soulagement. C'était bien la première fois qu'elle pouvait dormir sans être éveillée par des visions terrifiantes.

Des coups furent frappés à la porte du bureau du directeur. Celui-ci ne se donna pas la peine d'aller ouvrir. D'un geste négligent, il ouvrit la porte de la chambre puis celle derrière laquelle le visiteur attendait.

- Entrez, Severus, fit-il.

Le professeur s'avança jusqu'à l'entrée de la chambre.

- Bonjour, Miss Gaunt, dit-il d'un ton détaché.

- Bonjour, professeur.

Kécile ferma les yeux. Toujours cette froideur, cette distance. Dumbledore sembla la ressentir lui aussi, car il dit d'un ton enjoué.

- Venez donc, Severus, j'ai la sensation que sa fièvre est tombée. Kécile dit se sentir mieux. Qu'en pensez-vous?

Le professeur finit par s'avancer jusqu'au lit et Kécile sentit une main fraîche se poser sur son front, puis attraper son poignet pour prendre son pouls. Il y eut un moment de silence, puis, Rogue déclara:

- Tout est rentré dans l'ordre. Je doute cependant que cela suffise à empêcher Mme Pomfresh de réclamer sa convalescente.

- Je m'en charge. Sauf bien sûr, si tu souhaites retourner à l'infirmerie, Kécile, fit Dumbledore en feignant le doute.

- Non!

- Parfait! Je vais pouvoir renvoyer Pompom chez elle. Après cette année éprouvante, elle mérite bien quelque repos. En revanche, professeur, je suis dans l'obligation de vous garder à Poudlard cet été.

- Et pourrais-je savoir pourquoi? demanda Severus un sourcil haussé, brusquement sur la défensive.

- Il se trouve que j'ai eu le plaisir de revoir Lucius Malfoy hier soir. Il m'a de manière fort aimable demandé de vos nouvelles et m'a prié de le rappeler à votre bon souvenir. Il espère pour reprendre ses termes pouvoir bientôt vous rendre visite.

- Vraiment?! s'exclama Severus narquois. Voilà qui est charmant.

- Vous comprenez que je ne peux vous laisser retourner chez vous.

- Il se trouve, Monsieur le directeur, que je n'ai, quelques soient les circonstances, aucunement l'intention de rester barricadé à Poudlard.

- Severus, fit gravement Dumbledore, vous ne commettrez pas l'imprudence de retourner à Spinner's End, n'est ce pas?

Rogue ne répondit pas. Devant son air imperturbable, Dumbledore insista.

- Severus?...

- Je n'ai pas que Spinner's End où aller, finit-il par répondre sèchement.

- Quelque soit l'endroit où vous comptez vous rendre cet été, il sera moins sûr que Poudlard.

Dumbledore finit par pousser un soupir de découragement devant l'air buté de son professeur.

- Promettez-moi au moins de ne pas séjourner longtemps au même endroit... Et espérons que Mr Malfoy sera suffisamment occupé cet été au ministère pour vous "rendre visite".

- Occupé? releva Severus.

- Oui... Suite à certaines découvertes, j'ai l'intention de demander son renvoi du conseil d'administration. Je ne doute pas qu'après le fiasco de la Chambre des Secrets ce sera chose aisée.

Kécile rouvrit brusquement les yeux.

- Que s'est-il passé? demanda-t-elle d'une voix inquiète.

- Tout est fini, maintenant. Le monstre a été tué, le responsable de ces attaques découvert. Tout est rentré dans l'ordre.

- D'ailleurs à ce propos, Miss Gaunt... commença Rogue.

- Non, Severus, l'interrompit Dumbleodre. Tout est éclairci.

- Mais... fit la petite fille.

- Non, Kécile, tu as besoin de repos. Il n'y a plus à s'inquiéter de rien. Je suis sûr que Harry te racontera tout ce qui s'est passé durant ton absence. Pour l'instant, repose-toi.

- Harry? répéta Kécile sans comprendre.

Mais Dumbledore s'était levé et fit signe à Severus de le suivre dans son bureau.

- Venez avec moi, professeur. Nous devons discuté de nombreuses choses.

Et la porte se referma sur eux.

Kécile poussa un profond soupir. Elle allait devoir patienter. Et Severus qui semblait encore si distant... Le jour où les deux hommes cesseraient de se chamailler n'était pas encore venu, décidément... Se retournant dans le confortable lit, elle se rendormit rapidement, trop faible pour prêter attention aux voix assourdies qui lui parvenaient à travers la porte du salon.

- Allez-vous m'expliquer enfin tout ce que vous avez découvert, Dumbledore?

- Oui, asseyez-vous, Severus.

Le professeur s'exécuta tout en fixant son directeur qui avait abandonné sa mine joyeuse au profit d'un visage fermé.

- Le fin mot de l'histoire a été découvert hier soir. Toute cette affaire se résume à un journal.

Severus haussa les sourcils. Voilà qui n'était pas pour l'éclaircir!

- Lors de ma confrontation avec Mr Malfoy, il s'est avéré que c'est par son biais que ce journal a été introduit malencontreusement à l'intérieur des murs de l'école.

- Expliquez-vous!

- Harry qui était présent à ce moment là, a affirmé avoir vu Mr Malfoy glisser ce journal dans les affaires de Miss Ginervra Weasley l'été dernier durant une rencontre sur le Chemin de Traverse.

- Potter, évidemment!

- Oui, Harry, ne vous en déplaise, Severus. Et Lucius n'a pas jugé utile de le contredire.

- Soit, admettons. Quel est le rapport entre ce journal et la Chambre des Secrets?

- J'y viens. La jeune Weasley a commencé à écrire dans ce carnet qui était certainement très attirant puisqu'il avait la particularité de lui répondre...

Dumbledore attendit la réaction de son professeur. Celui-ci eut une moue dédaigneuse.

- Sans réaliser qu'un tel objet était forcément un artefact de magie noir... Je vois. Et qu'est-il arrivé par la suite?

- Les attaques ont commencé.

Severus attendit que Dumbledore s'explique davantage. Mais le vieil homme le regardait fixement. Severus fronça les sourcils en réfléchissant. Lorsque son regard se posa à nouveau sur le directeur, celui-ci y lut l'incrédulité.

- Vous n'êtes pas entrain de me dire que c'est Miss Weasley qui a attaqué les élèves.?!

- Si.

- ... Le journal l'a possédée, c'est cela?

Dumbledore acquiesça.

- Je vois... Ou plutôt, non! Quel est le rapport avec le Seigneur des Ténèbres? Ce n'était donc pas lui?

- Oh, si! c'était bien lui.

Le directeur sortit d'un tiroir un vieux journal maculé d'encre et percé d'un trou énorme semblable à une brûlure. Il le tendit à Severus en disant.

- Ce journal appartenait à Tom Jedusor. Voldemort par ce moyen discret s'est infiltré à Poudlard, sans qu'on puisse le soupçonner.

- Ingénieux, comme toujours, constata le professeur de potion. Le sortilège a apparemment été détruit.

- Oui, par Harry.

Severus releva brusquement la tête de l'objet l'air stupéfait.

- Potter?! Encore!

- Oui, confirma Dumbledore avec un sourire amusé.

- Et puis-je savoir comment Potter s'y est pris pour détruire un tel maléfice de magie noir?

- Avec le venin d'un crochet de basilic.

Il y eut un instant de silence interloqué de la part du professeur de potion.

- Typiquement gryffondor, finit-il par marmonner. Inutile de me relater la scène, Dumbledore, j'imagine d'ici un mouvement d'héroïsme téméraire de votre élève! C'était ce que vous attendiez, je présume? fit-il ironique.

- Je l'avoue, répondit Dumbledore en souriant devant la mine écoeurée de son professeur. Mais il reprit bien vite son sérieux.

- Il est cependant nécessaire que je vous raconte un phénomène étrange qui s'est produit dans la Chambre, décrit par Harry. Je voudrais avoir votre opinion à ce sujet.

Severus reposa le journal sur le bureau.

- Je vous écoute.

- Lorsque Harry a trouvé le corps de Miss Weasley dans la Chambre des Secrets, inanimé, il n'était pas ce qu'on pourrait appeler.. seul. Il s'est trouvé en face de ce qu'il a d'abord pris pour un fantôme. Le phénomène, quel qu'il soit, lui a répondu être un souvenir, conservé pendant 30 ans dans les pages de ce journal. En résumé, ce souvenir, a défaut d'un meilleur terme, prenait de plus ne plus de consistance au fur et à mesure que Miss Weasley dépérissait.

- Etait-elle blessée?

- Non. Simplement sous l'emprise de l'esprit de ce souvenir. Un esprit d'ailleurs qui ne semblait pas avoir conscience des derniers évènements, tel que la confrontation entre Voldmort et Harry l'an passé. Je trouve cet élément particulièrement intrigant. Sans parler du fait qu'il éprouvait un étrange plaisir à faire la conversation à Harry... C'est aussi ce souvenir qui a appelé le Basilic. Enfin, cette apparition de plus en plus matérielle a disparu lorsque Harry a enfoncé le crochet dans les pages du journal en ce morcelant, tandis que l'encre contenu dans le livre s'échappait. Voilà tout ce que je sais.

Le silence s'abattit dans le bureau. Severus finit par se lever et commença à faire les cent pas.

Dumbledore le laissa faire pendant cinq bonnes minutes, avant que le professeur finisse enfin par s'arrêter et murmure:

- Ce que vous décrivez là dépasse de loin le simple maléfice. On ne pouvait d'ailleurs en attendre moins du Seigneur des Ténèbres. Cependant ce que vous en dite laisse supposer que le Seigneur des Ténèbres n'agissait pas directement... mais si ce que Potter raconte est vrai, alors il avait diablement de l'indépendance pour un maléfice, quel qu'il soit. Sans parler de la distance, du temps... Dans le même temps, cette manie du discours est typiquement représentative de la mégalomanie du Seigneur des Ténèbres.

Severus se tourna vers le directeur et reprit un peu plus haut.

- J'ignore ce dont il s'agit. Ce qui est certain, c'est que cela dépasse de loin le maléfice, l'artefact, la magie noire en général... Il y a, dans ce que vous décrivez, quelque chose de ... vivant.

Dumbledore acquiesça.

- Vous ne croyez pas si bien dire...

- Vous savez donc déjà ce que c'est...

- Hélas, oui, je le crains, reconnut Dumbledore. Votre conclusion ne fait qu'appuyer ma thèse.

- Et bien?

- Avez-vous déjà entendu parlé d'un horcruxe, Severus?

Le professeur se rapprocha du bureau du directeur. Penché par-dessus, le regard rivé sur celui du vieil homme, il murmura:

- Etes-vous conscient du mot que vous venez de prononcer, monsieur le directeur?

- Parfaitement, Severus.

Les deux hommes restèrent à se fixer quelques instants, Severus semblant attendre que le vieil homme retire ce qu'il venait de dire. Mais il n'en fut rien.

Il finit par reculer et se rasseoir sur son siège.

- Ce journal... murmura-t-il, c'est cela, n'est-ce-pas? Un horcruxe.

- Ce l'était du moins.

Severus considéra la découverte quelques instants, avant de se redresser à nouveau brusquement, visiblement en proie à une certaine agitation intérieure.

- Avez-vous réalisé tout ce que cela suppose, Albus? Avez-vous conscience qu'il n'est pas normal que... Enfin! Si réellement ce journal était un fragment d'âme du Seigneur des Ténèbres, comment pouvez-vous supposer qu'il l'ai ainsi exposé en toute impunité? Une chose aussi précieuse?! Par Salazar! Même lui, ne peut accorder aussi peu d'importance à son âme...

- J'y ai pensé, Severus. Et bien que Voldmeort ne pensait probablement pas que cet horcruxe puisse être détruit, qu'il ait ainsi exposé un fragment de son âme simplement pour tuer des élèves moldus de Poudlard me fait croire qu'il n'a pas crée un, mais plusieurs horcruxes.

- Combien?

- C'est ce que j'ignore. Au minimum deux.

- Savez-vous où est le deuxième?

- Non. En revanche, j'ai la quasi certitude de son apparence.

- Et bien! Qu'est-ce donc?

- Le diadème de Serdaigle.

- Comment le Seigneur des Ténèbres aurait-il pu le trouver! Il avait disparu depuis des siècles.

- J'ai eu durant mon absence une conversation très instructive avec Dame Serdaigle. Le diadème se trouvait au Clos-la-Rive, et il a été volé le jour où Ludivine a été enlevé.

Severus s'immobilisa, le visage brusquement fermé. Dumbledore savait que ce qui allait suivre n'allait pas lui plaire.

- Severus, demanda-t-il, j'aimerais que vous me montriez le souvenir que vous avez de cette soirée.

- Je n'en vois pas l'utilité, répondit sèchement Rogue.

- C'est nécessaire. Il peut y avoir eu dans l'attitude ou les paroles de Voldemort ce soir-là, des éléments qui nous mettront sur la voies de ses pratiques, de cet horcruxe... Je veux voir ce qu'il s'est passé ce soir là. Tout ce qu'il s'est passé.

- Vous souhaitez donc assister de vos propres yeux au calvaire de votre fille? cracha Severus avec hargne.

Dumbledore ne répondit pas. Il savait que ce serait une épreuve, mais ne pouvait faire autrement.

- Severus... insista-t-il.

- Oh, et puis, très bien! Si vous y tenez tant que ça!

D'un pas rageur, Severus s'avança jusqu'à la pensine de Dumbledore et tira un mince filet d'argent de son esprit qui se noya rapidement dans le flot de pensées tourbillonnantes.

Alors que Dumbledore se levait à son tour pour le rejoindre, il murmura:

- J'espère que vous ne le regretterez pas...

Et Dumbledore s'enfonça dans le souvenir.

Il faisait nuit noir et la pluie tombait drue sur le chemin de terre battue. Plusieurs hommes entièrement vêtus de noirs, portant de brillants masques d'acier qui masquaient leurs traits se tenaient devant la haute grille gardant l'entrée du vaste domaine. Tous, sauf un, parfaitement reconnaissable. Ce n'était plus Tom Jedusor, mais ce n'était pas encore totalement le Voldemort que tout le monde connaissait. Il était encore humain.

Voldemort s'avançait vers cette grille et leva sa baguette. Il exécuta plusieurs mouvements complexes, marmonna quelques paroles inintelligibles et le portail s'ouvrit devant lui. Un sourire sardonique éclaira alors son visage. Sa proie n'avait pas été assez prudente...

Il ne fallut pas deux minutes au groupe silencieux pour atteindre la porte du manoir. Un sort la fit littéralement exploser dans un bruit assourdissant, et ils pénétrèrent à l'intérieur du grand hall transparent. Certains mangemorts ne purent retenir leur ébahissement devant le somptueux décor qui les entouraient. Mais toute leur attention fut bientôt tournée vers une silhouette qui surgit sur le palier de l'étage.

Ludivine.

Dumbledore sentit sa poitrine se serrer devant cette apparition. Elle semblait tellement fragile. Elle ressemblait alors tellement à cette ombre qu'il avait vu récemment en rêve, dans sa robe de nuit de gaze blanche et ses longs cheveux blonds hérités de sa mère tombant sur ses épaules... Cependant, son expression en cet instant était tout sauf sereine. La surprise se peignit sur son visage, aussitôt remplacée par la peur et l'incompréhension. Puis par une sorte de détermination farouche lorsqu'elle attrapa sa baguette d'un geste vif.

- Ma chère mademoiselle Deschavelles, déclara Voldemort dans un français très correct, quel plaisir d'être accueilli par une si gracieuse présence...

- Le plaisir n'est pas partagé, croyez-moi, répondit Ludivine d'une voix sourde.

- Comme c'est dommage. Vous ne nous refuserez pas votre compagnie, malgré tout? poursuivit-il en anglais.

- Que voulez-vous?

La voix de Ludivine était maintenant hargneuse et tremblante à la fois.

- Ne restez donc pas là-haut! Venez avec nous... ordonna aimablement Voldemort.

Il y eut quelques secondes de silence pendant lesquelles elle sembla réfléchir. Puis brusquement, elle s'enfuit par la porte par laquelle elle était venue.

- Quelle stupidité! s'exclama dédaigneusement Voldemort. Rattrapez-la.

Aussitôt, trois hommes bondirent dans l'escalier de cristal. En quelques enjambées, ils furent sur le palier où avait disparue la jeune femme et s'engouffrèrent dans l'étage. Des cris retentirent, on entendit plusieurs sorts fuser, des imprécations, des bruits de verre brisé, de meubles bousculés. Puis deux mangemorts revinrent, empoignant fermement leur proie qui se débattait inutilement.

- Elle a tenté de sauter par une fenêtre en appelant quelqu'un... "Eolia".

Il la jetèrent aux pieds de Voldmort alors que celui-ci disait d'un ton aimable en français

- Allons, allons, Mademoiselle Deschavelles, ne soyez pas stupide. Calmez-vous, et je suis sûr que nous pourrons coopérer. Où est Rookwood? demanda-t-il aux deux hommes?

- Elle l'a assommé, ou endormi... je ne sais pas trop... Impossible de le réveiller.

- Oui... évidement... Il ne faut pas oublier que nous avons là une maîtresse dans l'art des sortilèges, murmura Voldemort. Voyons, soyons raisonnable, voulez-vous? Si vous vous comportez correctement, il se peut que je vous fasse grâce de...

Il fut interrompu alors qu'une lumière violente et crue irradiait brusquement des murs, de l'escalier, des rampes, de toute la surface cristalline du hall. L'éclat douloureusement éblouissant aveugla les mangemorts, et Ludivine tenta de mettre à profit leur trouble pour fuir. Mais alors qu'elle atteignait la porte, un mangemort se reprit et lui jeta un sort. Si elle l'esquiva, elle fut frappée de plein fouet par le Doloris que lui lança le mage noir.

Elle s'effondra alors en hurlant, tandis que Voldemort s'approchait d'elle à présent menaçant, la voix sifflante de colère.

- Il suffit, maintenant. Nous avons assez joué au chat et à la souris. Rogue, Malfoy, vous restez avec moi. Les autres, fouillez de fond en comble ce manoir. Je veux que vous me rapportiez un diadème. Débrouillez-vous, il me le faut.

Puis, il lâcha le sortilège sur la jeune femme qui s'effondra sur le marbre glacé, pantelante de douleur.

- Amenez-la.

Voldemort se dirigea d'un pas nonchalant vers le petit salon bleu qui donnait sur la roseraie. On voyait vaguement luire sous la pluie les arbustes bourgeonnants. Les deux hommes se postèrent à l'entrée de la pièce tandis que Ludivine était délivrée au pied du fauteuil dans lequel s'était installé le mage noir. La pâle lueur de quelques bougies éclairait la pièce, rendue sinistre par le clapotis de la pluie contre les fenêtres. Le silence était seulement troublé par des coups sourds provenant des étages et par la respiration erratique de Ludivine.

- Parlons sérieusement, maintenant, murmura Voldemort en français. Je pense que tu as compris pourquoi je suis ici...

- Oui... souffla Ludivine.

- Ce diadème qu'on dit perdu, je suis sûr qu'il a été retrouvé.

- Je l'ignore.

- Vois-tu, ma chère Ludivine, j'ai mené ma propre enquête. Et comme tu le verras, je sais me montrer très persuasif quand il s'agit d'obtenir ce que je veux. La logique voulait que ce soit les descendants de Rowena Serdaigle qui gardent ce savoir. Je me suis donc renseigné auprès du plus proche héritier encore accessible, un héritier bien plus proche que vous les Deschavelles. Tu ne vois pas? Voyons, si je te parles de Poudlard, cela t'aide-t-il ? Non, toujours pas? Et bien, où est donc la fameuse intelligence des Serdaigle! Et si je te dis fantôme, comprends-tu?

Un éclair de stupeur traversa le regard de Ludivine.

- La dame Grise! souffla-t-elle

- En effet, la propre fille de Rowena Serdaigle, qui m' appris que ton arrière grand mère, Erlésie Deschavelles a retrouvé le diadème. Je ne doute donc pas un instant qu'il soit ici. Voilà pourquoi, ma chère Ludivine, je te conseille de parler immédiatement si tu ne veux pas souffrir atrocement et inutilement...

- Je ne sais pas où est ce diadème, souffla Ludivine. J'ignorais qu'il puisse être entre ces murs.

- Voyons, tu ne me ferras pas croire cela... Faut-il que je t'explique pourquoi? On dit que les femmes Deschavelles ont dans leur tradition d'écrire un journal intime qui passe de mère en fille au travers des générations. Je ne doute pas que tout y est inscrit dans celui d'Erlésie Deschavelles. Alors?

- Je n'ai rien lu de tel.

- Endoloris! cria Voldemort.

Ludivine recommença à se tordre de douleur sur le tapis.

- Nous verrons bien combien de temps tu vas tenir.

Lorsqu'il leva le sort, il demanda:

- Alors?

- Je ne sais pas, haleta Ludivine.

- Nous allons procéder autrement. Où est le journal d'Erlésie Deschavelles?

Ludivine sembla hésiter un instant puis murmura:

- Dans le grenier... Un coffre en merisier...

- Malfoy! lança Voldemort. Montez avec d'autres dans le grenier, trouvez en coffre en merisier et amenez-le ici.

- Bien, Maître, répondit le mangemort avant de disparaître.

Un moment s'écoula durant lequel Ludivine semblait reprendre quelques forces, avant que Voldmeort ne murmure à nouveau en français:

- Vois-tu, Ludivine, ta famille a déjà de nombreuses fois tenté de s'opposer à ma puissance. Tes grands parents, pour commencer...

Les yeux de Ludivine s'écarquillèrent de stupeur.

- Oui, tes grands-parents... Oh pas directement, eux du moins. Cependant, ils n'auraient pas tenté de protéger stupidement ces moldus contre mes fidèles mangemorts, leur fin aurait été moins brutales... Ils n'avaient pas la carrure pour s'opposer à moi. Surtout ce .... comment s'appelait-il, déjà? Ah oui! Robert! Un misérable sang-de-bourbe qui avait osé s'allier avec l'une des plus grandes familles de sorciers de tous les temps. Quel gâchis! Il y a aussi eu ta tante, poursuivit-il. Valérie, c'est bien cela? Fichue gryffondor qui m'a causé quelques contrariétés, je dois l'admettre. Elle aussi ne m'a pas agacé longtemps. Elle est morte dans des souffrances délectables, sans plier un seul instant, je le reconnais... Dommage qu'elle m'eut offensé et qu'elle fut aussi têtue. C'était une brillante sorcière, je lui aurais peut-être laissé sa chance. Mais elle a bêtement choisi une autre fin en s'opposant à moi.

Quant à ta mère... son seul tort était de donner de la force à Dumbledore. Et quel force! L'amener à s'opposer à Grindelwald, détruisant ainsi les démons de cet idiot d'Albus... Oui.. cela t'étonne, n'est ce pas que je connaisse le lien qui unissait ton père avec Gellert Grindelwald? En découvrant cela, j'ai été stupéfait d'apprendre que Dumbledore, cet homme faible et sentimental, avait pu avoir le courage d'affronter son ancien ami. J'ai vite compris que seule cette Camille avait pu en être la cause. Cette femme lui donnait trop de force. Il s'en remettait trop à elle. Lui brillait dans le monde magique, elle était discrète. Je ne dis pas que ton père n'est pas puissant, loin s'en faut. Mais il a toujours eu cette énorme faiblesse qu'il appelle l'amour. Ce qui avait momentanément fait sa plus grande force allait se retrouver être sa plus grande faiblesse. Voilà pourquoi je me suis attaqué à ta mère, Ludivine. Elle était un soutien à mon plus grand obstacle vers la puissance. Je m'en suis débarrassée.

- Mon père ne s'en ai pas moins opposé à vous, gronda Ludivine.

- C'est vrai. Néanmoins les visions de ta mère ont cessé de se mettre en travers de mon chemin, et les attaques de Dumbledore contre moi ce sont faites moins précises. A partir de ce jour, ma puissance n'a cessé de croître. Mais j'admets que je m'attendais à un plus grand abattement de la part de ton père. Comme quoi, cet amour ne devait pas être si fort que je l'espérais.

- Vous n'avez décidément rien compris!

- Vraiment? s'exclama Voldemort visiblement amusé. Dans ce cas, éclaire-moi, ma chère Ludivine.

- Mon père aimait ma mère plus que tout, et il s'est battu pour ne pas que son sacrifice soit vain. L'effort qu'il a fait sur lui-même pour passer au-delà de cette perte, il l'a fait pour moi et pour le monde la sorcellerie. Mais aussi pour le souvenir de ma mère. Pour qu'elle soit fière de lui.

Voldemort éclata de rire.

- C'est tellement pathétique! Dumbledore a toujours été un original, mais plus le temps passe, plus il ressemble à pauvre vieux fou. Je me demande comment il réagira en apprenant la perte de sa fille! Crois-tu qu'il va continuer le combat, alors, pour que tu sois fière de lui?!

Le rire de Voldemort devait résonner dans toute la maison tellement il semblait aigu. Ludivine frissonna, mais elle murmura sur un ton de défi:

- J'en suis convaincue.

- Si cela peut t'être une consolation, grand bien te fasse!

A ce moment, Malfoy revint, faisant léviter le fameux coffre devant lui.

- Lucius! Mon ami! Vous avez donc trouvé?

- Oui, Maître. Mais nous ne sommes pas parvenus à l'ouvrir.

Il le déposa tout près de Ludivine aux pieds de son maître. Voldemort pointa sa baguette et plusieurs jets de lumière vinrent frapper la serrure de fer ouvragé qui résista insolemment aux attaques.

- Bien, il fallait s'en douter... Ludivine, ouvre ce coffre, ordonna-t-il sèchement.

La jeune femme s'exécuta sans broncher. Elle posa sa main sur le bois aux teintes chaleureuses et murmura les yeux clos des paroles runiques. Le coffre luit doucement et un simple alohomora suffit à ouvrir le couvercle. Il révéla alors une multitude de carnets vieillis par le temps. Voldemort se pencha et ordonna à Malfoy d'éclairer le contenu. Il chercha quelques instants avant de tirer trois carnets de velours rouges et de refermer le coffre.

- Les voici, Ludivine. Il serait plus rapide que tu me dises ce que tu sais... Mais j'ai tout mon temps.

- Il n'y a rien là-dedans, affirma Ludivine d'un ton assuré.

- C'est ce que nous allons voir. Malfoy, toujours rien du côté du diadème?

- Non Maître.

- Ce n'est pas grave, nous allons bientôt savoir.

Se rasseyant, il entreprit alors de feuilleter les carnets, passant rapidement au-dessus des époques qui ne lui semblaient pas appropriées. Il était si attentif, que son attention fut momentanément détournée de Ludivine. Malfoy était sorti de la pièce. Seul restait Severus qui gardait son oeil fixé sur la jeune femme. Les lèvres de celle-ci commencèrent alors à bouger en silence, son regard dans le vide. Le jeune homme dût voir la manoeuvre car il s'approcha prudemment.. A quelques pas d'elle, il parut se cogner sur un mur invisible. Ludivine fronça les sourcils, les lèvres pincés lorsqu'après un moment d'hésitation il passa au travers.

Il se tint alors devant elle et murmura d'une voix si basse que même Ludivine eut du mal à l'entendre:

- Arrêtez. Vos tentatives de fuites sont vouées à l'échec. Il y en a dehors postés devant les fenêtres. Ils vous rattraperaient.

Et Severus s'éloigna. Ludivine s'affala au sol visiblement résignée à mourir.

Le silence sembla s'éterniser, tandis que Voldemort tournait inlassablement les pages des carnets. Lorsqu'il eut fini le troisième, il rouvrit le deuxième aux dernières pages avant de déclarer d'une voix sombre:

- Il en manque un. Où est-il? demanda-t-il brusquement à Ludivine.

- Je n'en sais rien, répondit celle-ci misérablement. J'avais déjà constaté un blanc dans la rédaction de ce journal.

- Tu mens! clama Voldemort. Endoloris!

Il réitéra sa question lorsqu'il eut relevé le sort. Ludivine avait les larmes aux yeux. Larmes de douleur, mais aussi de désespoir.

- Je ne sais pas! gémit-elle. Je vous le jure!

Voldemort sembla la croire car il appela Malfoy qui surgit aussitôt dans le salon.

- Lucius, fais chercher un carnet semblable à ceux-ci, dit-il en montrant ceux qu'ils venaient de parcourir. Débrouillez-vous, mais trouvez-le moi. Il est quelque part, ici, c'est obligé!

- Bien, maître.

Il y eut un nouveau moment de silence, puis Voldemort s'adressa à nouveau à Ludivine, d'une voix redevenue soyeuse.

- Je veux bien croire que tu ignores où se trouve ce diadème, Ludivine. Cependant, si tu sais quoi que ce soit qui puisse m'y conduire, tu seras récompensée.

- Vous me ferez la grâce de me tuer aussitôt, c'est cela? hoqueta-la jeune femme.

- Non, ma chère Ludivine. Toi, contrairement aux autres membres de ma famille n'a rien fait pour me déplaire. Tu possèdes des pouvoirs rares de part ton héritage, tu descends d'une des plus grandes familles de sang pur. Si tu me rejoignais, ton rang serait des plus enviables. Ce diadème dit-on permet la sagesse absolue. Que dirais-tu qu'il soit à toi, rien qu'à toi? Tu serais alors ma conseillère... Tu serais respectée et tes pouvoirs enfin estimés à leur juste valeur.

Ludivine secoua la tête.

- Je ne sais pas pourquoi vous cherchez à tout prix à trouver ce diadème, mais ce n'est certainement pas pour le donner à qui que ce soit!

- Je vais te révéler un grand secret, Ludivine, pour te prouver ma bonne foi. Moi aussi je descend d'un fondateur de Poudlard.

- Inutile de demander duquel... marmonna Ludivine.

- Je souhaite plus que tout redonner aux descendants des quatre fondateurs leurs éclats d'antan. Dans ce but, je cherche des objets leur ayant appartenu.

- Et vous en avez trouvez beaucoup?

- Je suis sur la voie de quelques uns d'entre eux. Et le diadème de Serdaigle est un élément indispensable à cette collection. Réfléchis-y, Ludivine.

Et Voldemort laissa la jeune femme à ses réflexions. Et Ludivine semblait bel et bien réfléchir à ce qui venait d'être dit. Alors que le mage noir lui tournait le dos, elle posa son regard sur lui, une expression de profond doute sur le visage. Etait-elle entrain de peser la proposition de Voldemort, ou était-ce d'autres pensées qui agitait son esprit?

Au moment où une sorte de détermination se peignait sur son front, Malfoy entra dans la pièce, d'un air empressé.

- Le carnet a été trouvé, Maître. Dans un double fond de la bibliothèque au premier.

- Fais voir.

Voldemort attrapa le petit cahier de velours rouge d'un geste vif et commença à le feuilleter. Rapidement sa lecture se fit plus attentive et un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres.

- Parfait, dit-il en reposant le carnet sur le fauteuil. Ludivine, viens donc avec nous.

Severus aida la jeune femme à se remettre sur pieds et à suivre Voldemort. Le petit groupe monta le premier escalier, puis parcourut tout le palier jusqu'à un deuxième escalier. Il monta la première volée de marches, et c'est alors qu'il s'arrêta. Dans une petite niche, se tenait fièrement dressé un buste de Rowena Serdaigle sur son socle de marbre blanc.

- C'est ici. C'est sous cette statue qu'est caché le diadème de Serdaigle. Ton arrière grand mère dit que seule une Deschavelles peut l'ouvrir... Quand au mot de passe, il faut le deviner. J'espère pour toi que tu as l'esprit délié, ma chère Ludivine. Voici l'énigme. " Savoir n'est point qu'apprendre car le véritable esprit ne peut s'en satisfaire. Caput sine quoi non ." D'après ton ancêtre, elle n'est guère difficile à résoudre. Je te laisse réfléchir.

Ludivine fixa le mur devant elle pendant une minute avant de murmurer "Intelligentia".

Aussitôt, la statue pivota.

- Bravo, Ludivine! apprécia. Voldemort. Je vois que tu mets de la bonne volonté...

Quelques instants plus tard, il extirpait du creuset de marbre un paquet de tissus de soie. Il sembla vérifier son contenu à l'abri du regard de ses deux mangemorts et murmura toujours en français:

- Voici donc le fameux diadème de Rowena Serdaigle, réceptacle de son intelligence.

Il resta quelques instants à contempler l'objet avant de le fourrer sous sa cape, et de dire en anglais d'un ton menaçant.

- Severus, Lucius, vous ne parlerez de cela à personne, m'entendez-vous? Si quelqu'un l'apprend, je saurais que c'est l'un de vous. J'éliminerais alors le malheureux qui aurait prêté l'oreille à vos propos, et je vous éliminerai tous les deux sans savoir qui est le fautif. Est-ce clair?

- Bien sûr, Maître, répondirent les deux hommes d'une seule voix.

- Malfoy, tu vas cherchez Yaxley pour escorter cette jeune demoiselle au quartier général. Tu congédieras tous les autres.

- Bien Maître.

- Severus, tu peux partir. Je me passerais de tes services pour ce soir. Tu recevras dès l'aube une liste de potions à confectionner dans les plus brefs délais.

- Bien Maître.

Le souvenir s'estompa. Dumbledore dut s'extirper de la pensine et retourner à la réalité présente.

Il se rassit derrière son bureau la mine grave et fermée. Severus le laissa à son silence. C'est le directeur qui finit par le rompre en demandant:

- Elle l'a suivi?

- Oui.

- Sans résister?

- Cela aurait été vint, Albus, répondit Severus en voyant le vieil homme s'assombrir encore davantage. Croyez-moi, Ludivine a eu l'attitude la plus sensé en n'opposant pas de résistance au Seigneur des Ténèbres. Mais pas un seul instant elle n'a cru plus que vous ou moi aux promesses de celui-ci.

- Je suppose... murmura Dumbledore.

- Soyez-en certain. Quant à moi, j'ai été stupide de ne pas faire le lien entre ce diadème que Voldemort recherchait et l'objet de Serdaigle...

- J'ai cru remarqué que vous étiez davantage préoccupé par Ludivine qu'autre chose.

Le professeur pinça les lèvres. Evidement, le vieil homme l'avait remarqué.

- Severus, cdemanda brusquement Dumbledore. Combien de temps s'est-il écoulé entre ce souvenir et sa mort?

Rogue eut l'air embarrassé.

- Un peu moins d'un an... Dix mois pour être exact.

- Tant de temps?! Vous ne me l'aviez pas dit...

C'était peu de temps après la mort de Lily. Severus revenait d'une de ses missions d'espionnage et venait faire son rapport au directeur. Il avait ramené de son expédition la copie d'un parchemin écrit dans une langue ancienne.

- J'ai trouvé cela dans les anciens appartements de Gwendoline Grunt. Je pense que c'est un des travaux sur lesquels elle travaillait avant de déserter.

Dumbledore observa le document avec attention mais fronça les sourcils.

- Il me faudra retourner au Clos-La-Rive. Je ne connais pas cette langue... Elle ressemble aux runes, mais ce n'en est clairement pas. Ah! Si seulement Ludivine était là! s'exclama-t-il amèrement.

- Ludivine?! souffla Severus.

- Oui, ma fille. Vous devez vous souvenir d'elle, Severus , j'imagine. Elle a disparu voilà bientôt deux ans.

Severus devint livide.

- Vous ne savez donc pas? murmura-t-il.

- Quoi donc? Severus, sauriez-vous quelque chose à son sujet?!

- Si je sais quelque chose? Oh mieux que quiconque! s'exclama le jeune homme amer. Elle est tombée entre les mains du Seigneur des Ténèbres. J'aurais cru que vous le saviez.

Il y eut un moment de silence. Dumbledore semblait assommé par la nouvelle. Severus baissa la tête, et sa voix ne fut pas plus élevée qu'un souffle. Pourtant, le vieil homme entendit chaque mot.

- Voilà un an qu'elle est morte. Et c'est moi-même qui l'ai enterré.

- Vous ne m'aviez pas dit à l'époque, remarqua Dumbledore. Qu'a-t-elle fait durait tout ce temps?

Severus haussa les épaules, mais ces traits étaient crispés.

- Elle a croupi dans un cachot. Parfois, le Seigneur des Ténèbres descendait la voir et lui demandait d'exécuter un sortilège, ou de traduire un texte ancien. La plupart du temps, elle s'exécutait. Cela valait mieux pour elle. Et puis un jour, il en a eu assez.

Dumbledore se leva et commença à faire les cents pas autour de son bureau.

- Inutile de retourner les fantômes du passé, murmura-t-il. Ou plutôt! s'exclama-t-il en redressant la tête, l'oeil brusquement en éveil. Pas celui-ci. Mais la réponse à nos questions ce trouve dans le passé de Voldemort. Cette conversation entre Voldemort et Ludivine était très instructive...

- Oh! Je n'en doute pas... C'est bien la seule fois où je l'ai entendu parler une langue étrangère et se donner cette peine pour que ses mangemorts ne le comprennent pas.

- Severus, je vous avais dit que j'aurais probablement un travail à vous confier. Vous ne semblez pas décidé à rester à Poudlard durant cet été. Voici ce que je vais vous demander: Trouvez-moi tous les souvenirs concernant de près ou de loin Voldemort que vous pouvez découvrir. Usez de vos talents de légilimens, de la presse, demandez si vous en avez besoin l'aide de Shacklebolt et Maugrey pour fouiller les archives du ministère, n'hésitez pas à partir à l'étranger s'il le faut.

Severus haussa les sourcils en demandant:

- Et par où voulez-vous que je commence? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin!

- Commencez... Dumbledore sembla réfléchir. Commencez par la famille de Tom Jedusor, les Gaunt... Après tout, ces sont eux les descendants de Salazar Serpentard. Nul doute que Voldemort a croisé leur route pour en apprendre davantage sur son ascendance.

- Cela va prendre... des mois, souleva Severus.

- Je le sais. C'est pour cela que je veux commencer dès à présent. Je vous relayerai à la rentrée. Les Gaunt habitaient à Little Hangleton. Cela me semble un bon point de départ.

- Très bien. Dans ce cas, je m'y rends dès à présent.

- Soyez prudent, Severus. J'ai confiance en vous, mais gardez à l'esprit que Voldemort vous cherche et qu'il ne doit apprendre sous aucun prétexte que nous avons percé à jour son terrible secret...


Alors, que vous inspirent ces deux souvenirs?

Peut-être à la semaine prochaine, je vais essayer, dans tous les cas, à bientôt!