La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Reborn ne s'attendait vraiment pas à se retrouver face à ses amis quasiment morts : Fon et Tsuna étaient allongés par terre, leur sang colorant le sol. Le Dragonnier crut bien faire une crise cardiaque sur le coup.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?! s'exclama-t-il.

Gokudera soignait du mieux qu'il put l'asiatique, où son sang s'échappait par la poitrine. Fon semblait être d'une drôle de bonne humeur, souriant plus pour rassurer les autres que pour son vrai bonheur.

L'ange, elle, c'était pire ; le teint de son visage était devenu blême, et Reborn n'arrivait pas à voir le soulèvement de sa poitrine qui signifiait que la personne respirait. Le Dragonnier s'accroupit à côté d'elle et la maintint dans ses bras. Ses yeux étaient cachés par sa frange, mais ils étaient incontestablement fermés. Et aucun d'entre eux ne savait s'ils allaient s'ouvrir de nouveau. L'homme au fédora jeta des regards désespérés vers Fon. Il savait que son ami avait une bonne connaissance dans le domaine médical, et il était le seul à vraiment pouvoir l'aiguiller.

- Fon, vous avez déjà reçu des soins, tous les deux ?

- Pour moi, oui, rassura celui-ci. Pour Tsuna, non.

Le cœur du Dragonnier crut s'arrêter.

- Pourquoi ? bégaya-t-il. C'est pas encore foutu, quand même...

- J'ai préféré que Gokudera ne s'occupe pas de son cas. J'ai préféré que ce soit toi.

- Et... comment je fais ? J'utilise directement ma flamme ?

- Exactement. Applique-le surtout entre ses omoplates ; je crois que c'est là qu'il y a la blessure mortelle.

- Appliquer une flamme ? paniqua Hayato. Mais vous allez faire quoi ?

- Tu vas voir, chuchota l'asiatique.

Reborn prit un grand coup d'inspiration, avant de prendre entièrement Tsuna dans ses bras. Il activa sa flamme dorée par sa patte de dragon, puis la flamme grandit, grandit et grandit jusqu'à prendre le corps entier de l'ange. Le chat-garou fut choqué : il tendit sa main vers la jeune fille, mais la flamme lui lécha ses doigts boursouflés. Étonnement, ce n'était pas brûlant : c'était même une sensation agréable. Quand il les retira de la flamme, il n'y avait plus aucune blessure ou douleur. L'Élu se retourna vers Fon, totalement perdu. Celui-ci rigola devant sa réaction.

- Cette flamme de dernière volonté est celle du Soleil, expliqua-t-il. Cette flamme, contrairement à la plupart des autres qui servent surtout à se battre, sert à soigner : elle régénère les cellules du corps et soigne les blessures.

Quand Reborn arrêta d'activer sa flamme, grandement affaibli, il regarda le visage de Tsuna. Elle commençait à reprendre des couleurs, et une de ses mains agrippa doucement la chemise de l'homme au fédora. Les ailes commencèrent à remuer avant de s'arrêter. Tsuna leva lourdement sa tête vers Reborn. Un sourire rassuré illumina le visage du Dragonnier. Il caressa délicatement la joue de la jeune fille où celle-ci s'appuya davantage sur la main, un doux sourire au lèvres.

- Tu peux te reposer, rassura-t-il. Tout le monde va bien, maintenant.

Elle tenta de tourner sa tête vers Gokudera et Fon, qui lui adressèrent un sourire. Tsuna se posa définitivement contre le torse de l'homme au fédora. Une petite larme coula sur la joue de l'ange.

- Merci, tout le monde... murmura-t-elle avant de s'endormir.

...

Là, Trior allait passer un sale quart d'heure. Ça, c'était sûr.

Les autres, il savait que ce n'était pas plus que ça. Après tout, c'étaient de simples militants, sans vraiment d'histoire. Mais lui, avec ses quatre compagnons, c'étaient sûr qu'ils allaient la sentir, ce coup-là. La première fois, ils avaient échoué, mais Iemitsu a eu la bonté de les épargner - peut-être parce que Lal lui a apporté une bonne nouvelle au même moment -, mais là, ils venaient d'échouer une seconde fois leur mission : capturer le Dragonnier et la fille du boss, et celui-ci ne laisserait pas passer ça.

Déjà, lorsqu'il s'est réveillé, il se faisait porter par Lal, une des « chouchous » du boss. Sérieusement, elle pourrait faire de plus grosse gaffe que lui, Iemitsu la pardonnerait toujours. Pourquoi ? Parce que c'était un excellent pion sur son échiquier ! Et peut-être qu'elle avait même conscience de ça, la pauvre agente, sentir qu'on était utile juste parce que on était bon à se faire manipuler.

Mais là, il faudrait surtout dire : « Pauvre Trior » ! Il avait toujours aimé ces gendarmes des anges, le CEDEF, agir et protéger les habitants de HeavenGard. Il avait toujours rêvé d'être comme eux, être au cœur de l'action. Et maintenant qu'il a été, il commença à regretter son avenir.

Pour rentrer chez eux, ils doivent rejoindre un endroit précis pour reprendre les capsules de téléportation. Bon, ce n'était pas la porte à côté, non plus, mais cela leur a permis d'éviter de faire trois jours de voyage lassants à bord d'un train avec des humains. Ça fonctionnait bien, la capsule, cependant, ça coûtait une blinde. Mais Iemitsu avait tellement de l'intérêt pour cette mission qu'il aurait dépensé tout l'argent du monde pour pouvoir avoir de nouveau sa fille chérie près de lui.

En tout cas, il s'était rendu compte qu'elle pouvait se montrer pas commode et puissante quand elle le voulait, la gamine : en mode dernière volonté, elle arrivait à utiliser autant de flamme qu'elle le voulait ! Ça pouvait créer la jalousie de certains machos, qu'une jeune femme comme elle était aussi forte, comme par exemple pour Trior.

Mais maintenant, ça servait à rien de se plaindre : la meilleure qu'il puisse faire pour échapper à sa sentence serait de s'échapper des anges et de se faire le plus petit possible. Mais Lal avait une de ses poignes et retenait l'ange, malgré le fait qu'il utilisait toute son énergie pour tenter quelque-chose. Celle-ci eut même marre de cette agitation et hurla dans la nuit :

- Tu vas arrêter de bouger comme ça, oui ?! La prochaine fois, je te fais bouffer de la terre !

On ne dirait pas, mais elle aussi, elle était à cran. Elle fut heureuse de savoir que Fon et Reborn étaient devenus plus forts, mais là, elle ne savait pas si Iemitsu perdrait sa confiance en elle. Comme le dit un dicton, « Il faut beaucoup de vérités pour gagner une confiance, mais il suffit d'un mensonge pour la perdre ». Dans ce cas-là, il n'était peut-être pas question de vérité ou mensonge, mais il n'empêchait qu'il lui avait fait confiance ce coup-là et qu'elle avait échoué.

Alors oui, elle gueulait car il fallait qu'elle ramène sa colère contre quelqu'un, même si la personne en qui elle en voulait le plus, c'était elle.

Il n'y eut plus aucun bruit durant tout le trajet. Ils arrivèrent en silence devant les capsules de téléportation. En disait « capsule », mais ça ressemblait plus à de grosses boules de chewing-gum mécaniques. Mais le constructeur a trouvé que « capsule de téléportation » faisait plus sympathique que « chewing-gum mécanique de téléportation ». Dans chacune des capsules, elle pouvait accueillir dix personnes. Le fonctionnement était des plus simples : la destination était déjà réservée et il fallait cliquer sur le bouton « Start » pour commencer la téléportation.

Lal alla dans la capsule la plus proche. L'intérieur faisait beaucoup plus moderne, limite futuriste que l'extérieur : il y avait juste du blanc avec un petit tableau de bord. Les quatre copains de Trior se joignirent à elle pour rester solidaire à leur ami. Quatre autres anges, qui étaient terriblement blessés, complétèrent le nombre. La femme n'attendit pas que les autres capsules soient complétées pour démarrer la sienne : en cliquant sur le bouton de démarrage, elle eut la sensation de se décomposer en état d'atomes puis de se remodeler à l'arrivée. Le voyage ne faisait que quelques secondes, mais cela était bien suffisant pour les utilisateurs.

Lal sortit de la capsule avec les neuf autres : le décor avait changé comme par magie et ils se trouvaient dans la partie « Laboratoire » de la grande agence du CEDEF à HeavenGard. Des scientifiques et des médecins s'approchèrent des voyageurs et leur posèrent divers questions sur leur santé et impression. La capsule de téléportation était encore tout nouveau dans le monde de l'industrialisation et les chercheurs devaient encore faire des analyses et des statistiques pour pouvoir faire créer leur avertissement - comme par exemple interdit au enfant de moins de trois ans etc. -. Lors de la sortie de l'engin, Trior vomit tout ce qu'il avait dans le ventre de recrachable ; les médecins ont donc alors pensé que les voyages pouvaient provoquer des nausées. Ce n'était pas totalement faux, mais la véritable raison c'était qu'il stressait tellement pour sa convocation avec le boss que le voyage fut la goutte qui débordait le vase. Lal aurait peut-être pu elle aussi vomir pour la même raison, mais elle n'avait rien mangé avant de partir, elle.

Et puis, la convocation ne sera que pour demain, hein ? On pouvait encore dormir tranquillement au moins cette nuit-là...

...

Tsuna ouvrit pour la première fois les yeux depuis l'attaque. Elle se trouvait dans son lit, comme si rien ne s'était passé.

Puis elle tenta de se lever, et elle sentit ses muscles tiraient et lui faire mal. Elle décida de bouger le moins possible, mais elle devait vérifier quelque-chose pour avoir l'esprit tranquille : elle se redressa, puis battit des ailes. Ses muscles tiraient comme les autres, mais elle arrivait de nouveau à pouvoir les bouger. Elle se rappelait qu'après avoir reçu la balle mortelle de l'agente du CEDEF, elle était restée à moitié consciente quelques secondes pour essayer de battre des ailes, mais elle n'avait pas réussi sur le coup. Elle se sentit alors soulagée de pouvoir y arriver maintenant.

Elle alluma la petite lampe sur sa gauche. Elle regarda alors l'état de ses blessures et de ses vêtements ; elle portait encore son pyjama qui se trouvait dorénavant dans un piteux état, avec toutes ces marques de brûlure. Cependant, elle fut étonnée de voir que son corps n'avait pas l'air de souffrir de l'extérieur : aucun hématome ou blessure était présent sur sa peau.

Elle alla pour regarder sa main droite, mais quelque-chose l'empêcha de lever la main. Tsuna regarda sur sa droite. Un grognement se fit entendre : Reborn se frottait les yeux comme s'il venait de se réveiller. Il était assis par terre, appuyé contre le lit, sa main droite gantée qui frottait ses yeux et sa main gauche qui tenait celle de Tsuna. Il la tenait bizarrement car son pouce arrivait à toucher le poignet de la jeune fille.

Le Dragonnier leva la tête vers la jeune femme. Lorsqu'il constata que celle-ci regardait leurs mains, il l'enleva délicatement avant de replacer son fédora.

- Ne crois pas que je tenais ta main juste pour le kiffe, hein ? remarqua-t-il alors que Tsuna se mit à rougir de plus belle en s'imaginant tout et n'importe quoi - et surtout n'importe quoi -. Je vérifiai uniquement que ton pouls allait bien, c'est tout.

- Ma poule ? répéta l'ange. Ou alors, c'est un mot italien, peut-être ?

- Non, ça existe, un pouls. C'est grâce à ça qu'on peut mesurer le rythme cardiaque.

Tsuna soupira en se rendant compte que c'était beaucoup moins romantique qu'elle avait pensé. Elle oublia ça aussitôt après ; en se remettant en place, sa douleur dans le dos augmenta. Elle lâcha un petit cri de surprise avant de serrer les dents, le temps que la douleur passait. Reborn se leva et l'aida à l'allonger.

- Comment vont tes ailes ? demanda-t-il.

- Euh... bien, dit-elle. En fait, comment ça se fait que j'ai plus de blessure, comme ça ? Je croyais même que j'arriverai plus à faire bouger mes ailes !

L'homme au fédora fronça des sourcils pour se souvenir, puis hocha de la tête en se rappelant.

- Tu étais dans un état léthargique, expliqua-t-il enfin. Normal que tu t'en souviennes pas. Mais en gros, j'ai utilisé ma flamme pour te soigner.

- Pardon ? Tu m'as brûlée ?

- Mais n'importe quoi ! exaspéra-t-il. Avec ma flamme dernière volonté, celle du Soleil.

- Ah ! Je vois, je vois. D'ailleurs, où sont Gokudera-kun et Fon ? Est-ce qu'ils vont bien ?

- Ils vont très bien, t'inquiètes pas : de nous cinq, c'était toi qui était dans le pire état.

Tsuna se sentit mal à l'aise et détourna du regard.

- Pardon, s'excusa-t-elle.

- … Le tout, c'est que tout le monde va bien, non ? Et puis, si ça peut te rassurer, il y a Gokudera et Fon qui t'ont surveillée, chacun leur tour, avant moi. Ils ont même chacun parié que tu allais te réveiller lorsque ça serait leur tour de garde. Ils seront étonnés de s'être trompés tous les deux.

Reborn ricana doucement alors que Tsuna souriait elle aussi, amusée. Puis, elle se rappela de la balle dans la poitrine de l'asiatique.

- Tu... tu as pu soigner comme il faut Fon ? Je l'ai vu se faire tuer sous mes yeux et-

- T'as pas lieu à t'inquiéter. Il n'est plus en danger. Pendant que Gokudera te surveiller, j'ai transporté Fon grâce à Iru à l'ancien village où on était ; j'avais remarqué lors de notre séjour qu'il y avait un hôpital. De nuit, Irugorn est passé inaperçu dans le ciel et j'ai pu donc emmener Fon aux urgences. Donc il y a plus à craindre.

Le Dragonnier s'étira les bras sur place et s'en alla vers la porte.

- Si t'as un quelconque problème, ben... tu cries ; je devrais me réveiller. À demain.

- Euh... attends !

Elle tendait le bras vers sa direction comme si elle pouvait l'attraper, mais il était évidemment qu'elle ne le pouvait pas : c'était plus un geste de détresse. Elle s'était promis de le dire le plus tôt possible, et c'était maintenant l'occasion idéale.

Reborn ferma la porte et s'appuya contre le mur. Il la regardait curieusement, attendant que celle-ci parle. L'ange bégaya quelques secondes avant de pouvoir former une phrase.

- Je... je suis désolée, déclara-t-elle.

- T'as pas à t'excuser, dit l'homme au fédora, ceux qui devraient s'excuser, ce sont ces enfoirés d'anges.

- Je... non, je ne parlais pas spécialement de ça : je... j'ai été indiscrète de demander de suite des questions sur ta vie privée, hier soir, alors qu'on ne se connaît qu'à peine. Je voulais m'excuser surtout pour ça, bien que je regrette aussi d'avoir été aussi faible face à eux.

Reborn ne répondit pas de suite. Il décida de s'approcher d'elle, et de s'asseoir sur son lit.

- Une fois de plus, t'as rien à regretter, pour les anges. Et puis, pour tes questions, ce n'est pas grave. C'est normal d'être curieux et de savoir plus sur l'autre. Mais bon... ne t'attends pas à ce que je te balance tout sur moi en moins deux. Et puis...

Il soupira avant de se relever et s'en aller pour de bon.

- De toute façon, que cela te plaise ou non, notre passé resurgit toujours un jour, prévint-il.

Il lança un regard étrange à Tsuna que elle-ci n'en apprécia pas des masses. Cependant, il faudra que l'ange s'endorme sous cette dernière impression.

Et là, sans même utiliser son intuition, elle savait que demain il y aura quelque-chose auquel elle n'allait pas du tout aimer - et assumer -.

Le lendemain, la jeune fille décida de tenter de se lever de son lit, malgré les multiples courbatures qu'elle avait. Elle y arriva enfin au bout de quelques essais, mais au premier pas, sa jambe lui fit mal et elle se ramassa la tête première sur le plancher. Elle se frotta son menton meurtri, tout en espérant que personne ne l'avait entendue.

Un espoir qui s'écroula rapidement : Gokudera arriva tout joyeux dans la chambre, avec dans ses bras le plateau qui portait le petit-déjeuner. Hayato s'arrêta sur le coup en voyant Tsuna, allongée au sol et paralysée par la douleur - et la honte -. Le chat-garou paniqua un instant avant de déposer le plateau-repas et aider l'ange à se relever. De suite après, Reborn et Fon arrivèrent à leur tour dans la salle ; ils sourirent devant la situation.

Tsuna releva la tête vers l'asiatique ; elle vit qu'il avait des bandages sur sa poitrine, qu'il cachait tant bien que mal par sa tenue rouge d'hier, mais que la blessure ne s'était pas empirée depuis. Il souriait comme à son habitude, rassurant la jeune fille sur son état.

Elle sourit à son tour.

Après qu'on l'ait remise dans son lit, ils enchaînèrent avec le petit déjeuner. Exceptionnellement, ils ont tous pu manger dans la chambre pour tenir compagnie à la blessée. Par la fenêtre, Tsuna remarqua l'œil du dragon qui la surveillait depuis tout ce temps, lui aussi. Elle ferma les yeux pour se concentrer à envoyer un message à Iru.

- Vous allez bien vous aussi, Irugorn-san ?

- Il ne faut jamais sous-estimer les écailles d'un dragon. pensa-t-il. Je suis en pleine forme, contrairement à quelqu'un de ma connaissance.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle une nouvelle fois. Mais je vais très bien, maintenant.

- En fait... il faut que je t'avertisse sur quelque-chose.

- Sur quoi ?

- Tu te rappelles de la femme qui était avec les anges, hier ?

Tsuna leva les yeux en l'air puis se rappela de cette dame au tempérament de feu.

- Oui, je crois qu'elle s'appelait... Lal. D'ailleurs, je crois qu'elle connaissait Reborn, est-ce que vous la...

- Ne parle pas d'elle à Reborn, compris ?

- Euh, pourquoi ?

- Parce que.

- Dis donc, vous vous tapez la discussion sans nous, maintenant ? demanda une nouvelle voix familière.

Tsuna ouvrit les yeux pour revenir à la réalité. Fon la regardait curieusement alors que Gokudera l'observait avec un air paniqué. Seul Reborn continuait à manger son petit-déjeuner en la fixant tout de même. L'ange comprit que le Dragonnier venait d'intervenir dans les pensées à cause de son inactivité flagrante. Elle croisa les doigts pour qu'il n'ait pas entendu la discussion.

- Vous allez bien ? questionna Hayato, à la limite de la secouer pour qu'elle réagisse.

- Oui oui, je vais très bien, rassura-t-elle du mieux qu'elle put.

Elle lui afficha un petit sourire réconfortant pour que le chat-garou ne s'affole plus.

Quand Fon finit de boire sa tasse de thé, il soupira doucement avant de regarder Reborn avec un petit regard triste.

- Vous allez partir de suite, j'imagine, déclara-t-il.

- On n'a pas le choix, s'excusa son ami. Il faut vraiment arriver au plus vite à HeavenGard pour calmer tout le monde.

Reborn lui montra sur la carte la distance qu'il doivent encore parcourir - au grand désespoir de Tsuna -. Étonnement, Hayato regarda avec eux et intervint même à un moment :

- Le plus rapide, c'est d'aller à Chārwan, conseilla Gokudera. On pourra prendre leur nouveau machin pour aller plus rapidement à Groad et ensuite prendre le bateau pour aller à HeavenGard.

En effet, comme l'unique entrée d'HeavenGard se trouvait sur une île, il fallait prendre un bateau. Groad était la ville portuaire la plus proche de cette île, mais aussi la seule à y avoir accès - l'île avait été « achetée » par la commune de Groad -.

- Chārwan ? répéta l'ange, perdue.

Elle avait beau ne pas savoir ce que cette ville avait de particulier, elle était sûre de l'avoir entendu au moins une fois.

- C'est la capitale d'Ancester, soupira Reborn exaspéré. Surtout, ne te perds pas quelque part : tu risques de te retrouver à l'autre bout du continent si tu demandes ton chemin.

- T'es méchant... souffla Tsuna.

- Méchant, mais vrai. Sinon, ils ont fait quoi, à Ancester ?

- Oh, un nouveau genre de train à grande vitesse, répondit Fon. J'ai entendu dire qu'il pouvait aller à Groad en une journée.

- Ce qui pourrait nous faire épargner des mois et des mois de marche inutile, conclut le Dragonnier. Bon, ben si ça vaut réellement le coup, direction Chārwan, alors !

Sur ce, il se leva pour appuyer ses propos. Quand il se rendit compte que ça ne servait à rien, il décida de ramener le petit-déjeuner de tout le monde. Quand il revint, il vit que Fon et Gokudera était en train de réfléchir intensément sur le lit de la jeune fille. Par contre, celle-ci n'y était plus là ; l'homme au fédora remarqua que la salle de bain était éclairée et qu'elle devait se trouver sûrement dedans.

- Vous faites quoi, les gars ? demanda-t-il.

- On se demandait combien de temps il fallait mettre pour aller à Chārwan, répondit Hayato.

- Hm... environ un mois, peut-être ? Du moins, au maximum...

- Quoi ?! s'exclama Tsuna. Un mois ?!

L'ange sortit en catastrophe de la salle de bain et se plaça au côté de Reborn. À la place de son pyjama elle portait un débardeur à dentelle blanc avec un short en jean noir. Cependant, elle ne semblait pas plus coiffer que lorsqu'elle était dans son lit - peut-être n'avait-elle pas eu le temps à cause de la nouvelle qu'elle venait d'apprendre -.

Elle regarda Reborn étonnée, avec presque de l'angoisse.

- Il... il faut combien de temps pour aller à Chārwan ? questionna-t-elle.

- Environ un mois au maximum, répéta-t-il. Mais ça, c'est si on prend trop notre temps...

- Il faut y aller de suite ! paniqua-t-elle.

- Calme-toi, ordonna-t-il.

Il la frappa sur le sommet de son crâne. Une petite bosse apparaît malgré les épis de cheveux qui la cachaient mal. Fon soupira doucement devant la réaction de Reborn et Hayato était à court de mot.

- Pourquoi faudrait-il qu'on se dépêche davantage ? demanda le Dragonnier sceptique de l'inquiétude de la jeune fille.

L'ange se calma petit à petit avant de parler à voix basse.

- Parce que... parce que quand j'étais encore chez moi, j'ai entendu dire que le Grand Duc voulait attaquer les dragonniers dans six mois car il aurait trouvé, euh, comment ça s'appelle, déjà ? Flader, je crois... mais maintenant, il reste plus qu'un mois avant l'attaque, finit-elle.

Les autres ne rajoutèrent rien de plus.

Les anges avaient finalement trouvé Flader ? Ils allaient réellement attaquer dans un mois ?

Là commença un réel compte à rebours : il restait plus qu'un mois pour aller à HeavenGard et tentait de faire la paix entre les deux peuples.

Cependant, quelque-chose troubla le Dragonnier quant à l'information.

- Comment tu sais ça ? demanda-t-il. Je veux dire, je te fais confiance, mais que votre chef du gouvernement dit haut et fort : « Allez les gars ! Vous êtes prêts à faire la guerre dans six mois ? ». Le plus souvent, on évite de diffuser ce genre d'information à la population, non ?

- Euh... je... bégaya Tsuna.

- C'est parce que t'es la « Jūdaime », c'est ça ?

L'ange ne se mit pas à paniquer ou à contester ; elle détourna uniquement le regard, évitant les yeux des garçons. Reborn continua avec une voix plus ferme :

- Écoute, ça ne te paraît pas facile, mais maintenant, il faut poser les cartes sur la table : est-ce que tu es la « Jūdaime » ?

Tsuna tressaillit à la question ; elle ne réagit pas de suite et baissa davantage la tête. Pourtant, à un moment, elle releva la tête, avec des yeux déterminés.

- Oui, je suis bien la Jūdaime, déclara-t-elle posément.

Fon se gratta le menton, songeur, alors que Gokudera fut le plus choqué des trois ; il tirait une tête de merlan frit. On ne voyait que l'œil d'Irugorn alors on ne savait pas véritablement à quoi penser le dragon. Reborn regardait sceptiquement Tsuna et Hayato tour à tour.

- Bon, ben maintenant, on peut m'expliquer ce que c'est un Jūdaime ? finit-il par poser comme question.

- C'est un truc... important, dit l'ange. Que je n'ai jamais voulu faire ! se précipita-t-elle de rajouter.

- Et c'est quoi, alors ?

Ce fut au tour de Gokudera de lui répondre - quand il put reprendre sa voix -, choquant en même temps Reborn, Irugorn et Fon :

- Normalement, celui qui est à la tête de HeavenGard est le Kyūdaime, ce qui signifie en japonais la « neuvième génération » : c'est le neuvième chef d'état depuis l'assassinat d'il y a quatre cent ans. Jūdaime signifie la « dixième génération » ; ce qui veut dire que Tsuna va hériter des pleins pouvoirs de chef d'état et qu'elle est donc, en ce moment, une princesse d'HeavenGard.


Et voilà ; un chapitre de plus de publié :D

Bon, là, je n'ai pas de petit commentaire de fin de chapitre, donc je vais éviter de parler/écrire pour rien, hein -.-' ?

à Tsuki Banritt : en fait, je n'ai pas forcément prévu de faire davantage inclure Fon dans l'aventure... désolééee ! Mais on le verra peut-être plus tard dans l'histoire...

Je remercie mahon5971 pour le favori - et une fois de plus Tsuki Banritt pour le commentaire ;) - et rendez-vous au prochain chapitre ^^