Premier chapitre dans la troisième année. Avec un retour du trio et de Severus (je suis sure que vous l'attendiez avec impatience celui-là!).
Je me suis bien amusé à écrire ce chapitre, alors j'espère que vous en aurez autant en le lisant!
Chapitre XXXVII: Mi-figue, mi-raisin
Le jour tant redouté arriva un peu trop vite au goût de Kécile. Au matin du 31 août, Dumbledore se rendit à la grille du parc pour recevoir les détraqueurs, tandis que Kécile faisait sa valise.
Pour l'heure, elle balançait ses affaires avec rage dans la caisse: vêtements, livres, parchemins, plumes, tout s'entassait pêle-mêle en une boule informe. Après un dernier tour des appartements de Dumbledore, elle jeta un uniforme en tapon sur le sommet et rabattit le couvercle avec mauvaise humeur.
" Les ignorer, les ignorer, se répétait-elle inlassablement. Il n'y a pas de détraqueurs, il n'y a absolument rien d'inquiétant, tout va bien... hormis cette fichue valise! finit-elle en beuglant.
Evidement, le couvercle refusait de se fermer et après avoir vainement tenté de s'asseoir dessus, Kécile tira sa baguette avec mauvaise humeur.
- Failamalle!
Les livres jaillirent en flèche de la valise et s'éparpillèrent sur le lit au grand dam de Kécile. Il fallut doux ou trois sorts successifs pour que tout ce petit monde se range avant qu'elle ne puisse enfin fermer le couvercle.
- Et tout ça pour descendre deux étages, grommela-t-elle.
Elle aurait très bien pu ne partir que le lendemain matin, mais elle avait piqué une colère en apprenant que Severus ne rentrerait que le lendemain soir et qu'elle ne pourrait donc pas le voir avant la banquet.
Dans un accès d'impatience très mature, elle avait décidé de partir bouder dans le dortoir des Gryffondors.
La mauvaise humeur de Kécile ne passa cependant pas en arrivant devant la tour des Gryffondors.
- Tiens! fit la Grosse Dame, ça faisait un moment qu'on ne vous avait pas vu, vous...
- Merci pour l'accueil... Vous m'ouvrez?
- Le mot de passe?
- J'en sais rien. Comme vous venez de le faire remarquer, ça fait un moment que je ne suis pas venue, et c'est les vacances.
- Cela ne change rien, répondit le portrait, je ne peux pas vous laisser passer sans le mot de passe.
Kécile laissa tomber sa valise par terre en râlant.
- Vous êtes lourde!
Et elle se détourna sans prêter attention aux protestations offusquées de la Grosse Dame pour partir à la recherche du professeur MacGonagall.
Quand elle revint une demi-heure plus tard, après avoir cherché le professeur dans son bureau, dans sa salle de cours et dans la salle des profs pour finalement la croiser dans le hall, elle trouva Miss Teigne entrain de renifler suspicieusement sa valise.
- Jarte de là, toi! fit-elle très aimablement à la chatte. Il n'y a rien qui te regarde là-dedans. Va voir dehors s'y j'y suis, ça va t'occuper cinq minutes, surtout en ce moment!
Le matou feula avant de se sauver.
- Vous semblez d'une humeur particulièrement charmante, aujourd'hui, souligna la Grosse Dame.
- Parfaitement. Fortuna Major.
- Je pourrais peut-être vous chanter quelque chose, ça vous égayerait, dit le portrait en s'ouvrant.
- C'est ça! Allez donc faire la même proposition aux détraqueurs, vous nous en débarrasseriez vite!
Kécile se réinstalla dans le dortoir des filles. Histoire de rajouter à sa bonne humeur, elle réalisa qu'elle allait à nouveau partager la chambre avec Lavande et Parvati.
Le jour s'était levé sur un ciel gris et morne, comme pour annoncer la venue des détraqueurs, et Kécile observa déjà lassée le parc qui allait lui être interdit pour une durée indéterminée.
Elle ne vit aucun détraqueur. Mais en inspectant le parc, elle aperçut Hagrid se démener avec de grandes créatures. De loin, elle n'arrivait pas à déterminer s'il s'agissait d'oiseaux ou de chevaux. Elle pensa un instant à des sombrals avant de réaliser que certains étaient trop clairs pour que ce soit ces étranges chevaux. Elle se dit qu'il s'agissait peut-être de pégases. Et tout en se demandant comment Hagrid avait pu s'en procurer, elle poussa un nouveau soupir à fendre l'âme à l'idée de ne pouvoir sortir.
Lorsque les premiers élèves arrivèrent dans la grande salle, le lendemain soir, Kécile s'était déjà installée à la table des Gryffondors. Les premiers lui jetèrent un regard indifférent ou perplexe, mais elle se fondit rapidement dans la masse. Pas assez cependant pour éviter un Malfoy apparemment très en forme, dans tous les cas hilare à ce moment-là.
Il s'avança le long de la table des rouge et or et stoppa devant Kécile qui le regarda, sourcil haussé sans dire un mot, attendant une explication à cette visite inopportune.
- Tu sais que tu peux être rudement contente de ne pas avoir pris le Poudlard Express aujourd'hui, Gaunt.
- Bonjour à toi aussi, Drago...
- Ton copain Potter, en revanche n'a pas eu la même chance. Vous allez pouvoir faire la paire tous les deux!
- Si tu n'as rien à dire de plus intelligible à dire, Malfoy, débarrasse le plancher avant que les gryffondors ne s'en chargent.
- Ouais! C'est pas Potter qui va me faire du mal aujourd'hui, il doit être encore tout tremblant! ricana Malfoy en s'éloignant.
Plutôt que de chercher à décrypter le sens des inepties du serpentard, Kécile préféra observer la foule des élèves qui entraient. Tous discutaient avec animation, de leurs vacances probablement. Kécile songea que les siennes n'avaient rien eu de très excitantes. Au moins au manoir, on lui apprenait des choses ou bien elle se battait en duel. Cet été avait plutôt traîné en longueur.
Les gryffondors s'installèrent autour d'elle, en l'ignorant royalement, remarqua-t-elle avec ironie. A l'exception de Neville, à qui elle rendit son salut. Weasley s'installa non loin, sur le banc opposé et lui jeta un regard peu amène. Ses deux amis n'étaient pas avec lui.
Dean se chargea de demander au rouquin où était Potter et Granger.
- J'sais pas, répondit Weasley d'un ton un peu morne, MacGonagall voulait leur parler.
Kécile s'intéressa à la table des professeurs qui étaient arrivés progressivement.
Elle constata avec plaisir (bien qu'elle avait parfaitement conscience d'être la seule) que Rogue était enfin revenu. La chaise de MacGonagall était vide, et à côté d'elle, un nouveau professeur discutait avec le directeur par-dessus la place laissée par la directrice des Gryffondors. Ce devait être le professeur de défense contre les forces du mal. Kécile se demanda où Dumbledore était allé pêché celui-là qui semblait prêt à s'évanouir au moindre sort offensif. De plus si Lockhart semblait davantage préoccupé de son apparence que de la qualité de ses cours, celui-ci semblait pêcher dans l'excès inverse... L'impression n'en était pas plus favorable.
Ce n'est qu'à la fin de la cérémonie de la répartition que Potter et Granger se glissèrent à leur place le plus discrètement possible. Ils s'installèrent de part et d'autre de Weasley.
- Alors, qu'est-ce qu'elle voulait? demanda celui-ci à son ami.
- Me faire ausculter par Pomfresh.... Comme si j'avais besoin qu'on en rajoute! C'est tout juste si elle ne m'a pas fait passer la nuit à l'infirmerie.
Kécile allait demander à Potter ce qui avait bien pu lui arriver quand Dumbledore se leva pour faire son habituel discours de bienvenue aux élèves. Cependant, celui-ci prit une tournure un peu plus grave qu'à l'accoutumée:
- J'ai quelques petites choses à vous dire et comme l'une d'entre elle est très sérieuse, autant s'en débarrasser tout de suite avant que la bonne chère ne vous plonge dans une euphorie peu propice à la gravité.
En entendant la façon dont le directeur présentait la chose, Kécile ne put retenir un reniflement méprisant qui se transforma en mine horrifiée en entendant la suite.
- Comme vous avez pu vous en apercevoir en les voyant fouiller le Poudlard Express...
Fouiller le Poudlard Express! Merlin, il était heureux qu'elle n'ait pas été là! Elle serait probablement tombée dans les pommes. A la réflexion, voilà qui expliquait les propos de Potter et de Malfoy! Elle interpella du regard Potter d'un air interrogateur, et il lui confirma d'un signe ses hypothèses. Lui aussi ne devait que moyennement apprécier la compagnie des détraqueurs si leur visite lui avait valu un passage à l'infirmerie...
- ... postés à chaque entrée du domaine, poursuivait Dumbledore, et tant qu'ils resteront là, tout le monde doit être bien conscient qu'il sera rigoureusement interdit de quitter l'école sans permission préalable.
"Parce qu'avant c'était autorisé? se demanda ironiquement Kécile. Dans tous les cas, en ce qui me concerne, il faudra déjà une excellente raison pour me faire franchir ne serait-ce que la grande porte..."
Kécile constata avec une certaine amertume que les élèves ne s'émouvaient pas plus que ça de la nouvelle. Il y avait bien quelques grimaces sur les bancs, mais la plupart affichaient un air assez indifférent. Ils devaient tous considérer que Black était plus dangereux que les détraqueurs. Pour sa part, Kécile préférait se retrouver face à Sirius Black et toute la clique des mangemorts réunis qu'à une armée de détraqueurs.
- Pour continuer sur une note plus joyeuse, continua Dumbledore, je suis heureux d'accueillir parmi nous deux nouveaux enseignants. Tout d'abord le professeur Lupin qui a bien voulu se charger des cours de Défense contre les forces du Mal.
Kécile applaudit poliment, décidé à attendre de voir avant de montrer le moindre enthousiaste vis à vis de ce professeur à l'apparence miteuse... surtout au vu de la tête que Severus faisait en regardant son collègue. Il ne le portait visiblement pas dans son coeur! Kécile, piquée par la curiosité, se fit une note pour en parler avec l'irascible professeur. Après tout, elle se devait bien de lui faire une visite de courtoisie après sa longue absence. D'autant qu'elle pouvait toujours courir pour que Severus vienne la voir de lui-même!
- Quant à la seconde nomination, reprenait Dumbledore, je dois tout d'abord vous informer que le professeur Brûlopot, qui enseignait les Soins aux Créatures magiques, a pris sa retraite afin de pouvoir s'occuper plus longuement des derniers membres qui lui restaient.
"Charmant! songea Kécile. Et il y a des cinglés qui prennent cette option..."
- ... cette discipline sera désormais enseignée par Rubeus Hagrid qui a accepté d'ajouter cette nouvelle responsabilité à ses fonctions de garde-chasse.
Kécile sursauta lorsque sa table explosa en applaudissements, suivi de bon nombres d'élèves des autres maisons.
- On aurait dû s'en douter! remarquait Ron en criant à moitié. Qui d'autre aurait pu nous faire acheter un livre qui mord?
Kécile haussa un sourcil en entendant la remarque.
Eh bien! Décidément, elle ne regrettait pas de ne pas avoir choisi cette matière! D'abord, cela lui évitait de devoir sortir dans le parc. Ensuite, si le livre était dangereux, cela ne laissait rien présager de bon quant aux bêtes que ses camarades allaient étudier...
Le banquet s'étira en longueur pour Kécile qui attendait avec impatience d'aller rendre visite à Severus.
Elle ne discuta guère avec le trio, occupées que les trois élèves étaient à discuter avec leurs amis, et ses autres camarades avaient repris leur bonne habitude de l'ignorer.
Neville osa cependant une question.
- Kécile, depuis le mois de mars précédent, on ne t'a pas vu. Le professeur MacGongall nous a dit que tu étais malade. Qu'est-ce qui t'es arrivé?
- Problèmes cérébraux, marmonna Kécile d'un air vague.
- Oui, ça on sait que tu as des problèmes cérébraux, c'est pas une nouvelle, remarqua Lavande acerbe.
- Méfie-toi que je ne me sois pas transformée en psychopathe durant l'été, ou que je sois pris de crises de somnambulisme et que j'assassine les gens dans leur sommeil, Brown.
Lavande eut du mal à garder sa contenance, et préféra détourner les yeux.
- C'était quoi exactement le problème? demanda Neville avec sollicitude.
Kécile soupira face à l'insistance qui se voulait pourtant aimable de son camarade, et répondit:
- On va dire que je suis tombée dans une sorte de coma et que j'ai mis beaucoup de temps à m'en remettre à cause d'hallucinations et de cauchemars.
- Avec toi, c'est toujours, "on va dire", remarqua Dean. Jamais de réponse claire et précise. C'est vraiment décourageant!
- Dean, mon vieux, t'as pas encore compris que c'est ce que Miss Mystère veut, nous décourager de lui poser des questions?
- Weasley, la ramène pas, grommela Kécile d'un ton menaçant.
- Maintenant que le mystère Gaunt m'a été expliqué, j'éclaire simplement mes camarades.
Kécile se retourna d'un mouvement violent vers Ron, et ses voisins de table purent sentir l'énergie de sa colère vibrer légèrement. Le regard vrillé dans les yeux du rouquin elle menaça dans un murmure parfaitement audible.
- Ose ne serait-ce que laisser filtrer à demi-mot la moindre information à mon sujet, Weasley, et Dumbledore ne m'empêchera pas de te régler ton compte. J'ai de l'avance sur le paiement, si tu vois ce que je veux dire... C'est compris?
Ron, légèrement effrayé, parvint à détourner le regard et préféra ignorer la dernière question. Kécile avait jeté un froid sur la table des gryffondors et chacun l'ignora, la laissant dans son coin avec ses mystères. Seule Hermione lui jeta un regard de compassion.
Lorsque Dumbledore annonça la fin du banquet, alors que le trio se précipitait vers la table des professeurs pour féliciter Hagrid de sa nomination, Kécile accrocha le regard de Severus et lui fit un coup d'oeil insistant. Le professeur pinça les lèvres avant de faire un bref signe de tête.
Ils se rejoignirent devant la porte des appartements de l'austère professeur.
- Où étiez-vous passé tout cet été Severus?
- Vous n'avez pas l'impression de brûler les priorités? demanda Rogue en ouvrant la porte et en faisant passer la jeune fille devant lui.
Kécile n'avait pas l'air de comprendre. Il lui posa donc la question qui lui semblait la plus importante.
- Comment allez-vous? reprit-il.
- Comment ais-je l'air d'aller? rétorqua Kécile en levant les yeux au ciel face au ton concerné du professeur.
- Encore plus insolente qu'à mon départ, ce qui m'inquiète. Faîtes attention à ne pas trop fréquenter Potter où je ne vais plus pouvoir vous supporter.
- Vous supportez bien Malfoy, alors j'ai encore de la marge...
- Tâchez quand même de ne pas trop vous laisser influencer.
- D'après MacGonagall, c'est surtout vous qui m'influencez.
Severus haussa un sourcil et Kécile retint un rire en reconnaissant le geste qu'elle avait en effet adopté.
- Elle dit que par certains côtés, je vous ressemble tellement que je pourrais être votre fille.
- Je me contenterai de vous avoir comme élève, ça me suffit amplement, répondit Severus d'un ton neutre.
- J'imagine. Même si je suis votre élève préférée, vous pouvez toujours me mettre à la porte si je vous ennuie trop. Tandis que votre fille...
- Qui vous a dit que vous êtes mon élève préférée?
- Personne. Je le sais c'est tout. Je le vois.
- Et comment le voyez-vous?
- Voyons voir... fit mine de réfléchir Kécile. D'abord j'ai beau être à Gryffondor vous me mettez de bonnes notes et vous ne m'enlevez pas de points.
- Je vous mets les notes que vous méritez comme aux autres élèves.
- Hum... sans commentaire. Deuxièmement, alors que je ne suis pas de votre maison, vous vous inquiétez de savoir comment je vais. Troisièmement, je ne connais pas un seul élève qui a déjà pénétré dans ces appartements. Et quatrièmement, vous ne laisseriez pas un seul autre élève se chamailler avec vous comme nous le faisons actuellement.
Severus fixa Kécile qui posait sur lui un regard confiant. Un infime sourire étira de manière imperceptible le coin de sa lèvre.
Oui, Dumbledore avait raison, la fillette s'était remise de sa tragique aventure, et avait repris du poil de la bête. Elle était toute prête à s'épanouir et peut-être enfin à s'ouvrir à la vie de la jeunesse. Pas plus que Dumbledore il ne se sentait le courage de rabrouer les propos insolents et ironiques de l'élève. Il appréciait lui même bien trop ce langage. Et ce qu'elle venait de dire n'était rien d'autre que son assurance envers les sentiments qu'il éprouvait pour elle. La confiance. Ce que lui et Dumbledore cherchaient par-dessus tout à développer. Lui-même avait trop grandi dans la défiance pour souhaiter le même sort à Kécile.
- Bien, vous avez gagné, finit-il par reconnaître à Kécile qui ne l'avait toujours pas lâché de son regard souriant. N'en profitez pas trop au risque de perdre ces faveurs. Au fait, Minerva m'a dit qu'elle avait appris beaucoup de chose sur vous cet été. Qu'est-ce que cela signifie exactement?
Kécile grimaça à l'évocation de ce souvenir, et relata brièvement sa conversation avec la directrice de maison.
- J'espère qu'il n'y aura pas trop de fuite dans le corps enseignant, soupira t-elle à la fin.
- Ne prenez pas les professeurs pour des idiots, Kécile, la plupart se doutent de quelque chose. Ils ne se sont pas satisfaits de l'excuse de la maladie pour expliquer votre absence durant la moitié de l'année. Des rumeurs ont filtré du ministère. Ils finiront bien par noter le rapport particulier que vous entretenez avec le directeur. Ils ont déjà constatés votre attitude déroutante en cours ou avec vos camarades. Ils ne sont pas dupes! Un jour ou l'autre la vérité se saura. Sans même parler du fait qu'il n'y pas beaucoup d'élèves qui ont déjà passé leur vacances entières à Poudlard.
- Et vous qu'avez-vous fait durant cet été? demanda Kécile qui n'avait pas le moins du monde oublié le but premier de sa visite.
- J'ai exécuté une mission pour Dumbledore. S'il ne vous en a pas parlé, c'est qu'il ne veut pas que vous en ayez connaissance. Le sujet est donc clos.
- C'est au sujet du Seigneur des ténèbres, n'est-ce pas?
Severus acquiesça.
Kécile frissonna.
- Il sait maintenant que je ne suis plus à Azkaban?
- Au cas où vous l'auriez oublié, je n'ai aucun moyen de le savoir. Je suppose en revanche que Lucius l'aura su et l'en aura averti...
- En parlant d'Azkaban, que pensez-vous de l'affaire Sirius Black?
Severus se rembrunit.
- Beaucoup de choses, et certaines ne vous regardent pas.
- Fort bien, répondit Kécile en levant les yeux au ciel. Néanmoins j'aimerais que vous me parliez de ce mangemort. Ça au moins vous en avez le droit? Parce que je ne me rappelle pas en avoir entendu parlé.
- Il se trouve que j'ai moins même ignoré jusqu'au dernier moment la présence de Black dans les rangs du Seigneur des Ténèbres, ce qui n'a en soit rien d'étonnant. D'abord parce que nous nous détestions cordialement. Ensuite parce que nous étions tous deux dans l'ordre du phénix.
- L'ordre monté par Dumbledore? Mais comment avez-vous pu...
- Auprès du Seigneur des Ténèbres, j'étais dans l'ordre comme agent double. Apparemment c'était aussi le cas de Black, ce que nous avons su trop tard. Mais si lui connaissait ma position, j'ignorais en revanche la sienne. Cela aurait pourtant évité une catastrophe.
L'évocation de ces souvenirs semblait peser à Severus. Aussi, Kécile préféra ne pas insister sur la catastrophe en question, et remarqua:
- Ça semble décidément une manie chez le Seigneur des Ténèbres de partager ses rangs ainsi.
- Il exerce de cette manière un meilleur contrôle sur ses troupes et limite les risques de trahisons.
Le professeur se leva pour couper cours au sujet qu'il estimait glissant et déclara:
- Miss Gaunt, le couvre-feu ne va pas tarder à sonner. Il est temps que vous retourniez à votre salle commune.
Comprenant qu'elle se faisait aimablement congédier, Kécile se leva à son tour pour obtempérer. Cependant, elle demanda malgré tout:
- Une dernière chose, Severus, vous connaissez le professeur Lupin?
Rogue tourna vers elle un regard noir.
- Pourquoi me posez-vous cette question? interrogea-t-il d'un ton dur.
- Simple curiosité. A la façon dont vous le regardiez tout à l'heure au banquet, vous ne semblez pas le porter dans cotre coeur...
- Vous êtes beaucoup trop curieuse pour votre bien, Miss Gaunt.
- Ca doit être mon côté gryffondor qui ressort, fit Kécile en haussant les épaules. Mais plus sérieusement, est-ce que c'est parce qu'on va encore avoir un professeur du genre de Lockhart, si tant est qu'on puisse appeler ça un professeur, ou bien...
- La raison de mon inimité avec Lupin est plutôt d'ordre personnel, et remonte à mes années d'études, coupa Rogue d'un ton sec.
- Conclusion, cela ne me regarde pas.
- Vous avez tout compris.
Kécile laissa échapper un soupir faussement fataliste.
- Bien. Je n'aurais pas appris la moitié de ce que je voulais savoir ce soir, mais enfin... C'est compensé par le plaisir de vous voir, poursuivit-elle avec un sourire malicieux.
Severus haussa les yeux au ciel.
- Bonne nuit, professeur, salua-t-elle en ouvrant la porte. Je suis réellement contente que vous soyez revenu, assura-t-elle avec sérieux.
- Je sais, répondit Severus laconique. Bonne nuit, Kécile.
Comme vous avez pu le constater, un changement de ton qui devrait se prolonger. On ne peut pas toujours vivre dans le mélodrame!
