La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


- Tsuna est une princesse ? demanda pour la énième fois Fon.

- Oui, répondirent en chœur celle-ci et le chat-garou.

- Une princesse ? répéta Reborn abasourdi.

- Tsuna est vraiment une princesse ? pensa Irugorn au Dragonnier.

- Je crois bien que oui.

Un rugissement se fit entendre dans la chambre. Tout le monde tourna la tête d'un seul mouvement vers le dragon qui venait de rugir d'étonnement. Reborn soupira d'agacement devant la réaction bruyante d'Iru, puis se retourna vers la jeune femme. Celle-ci s'occupait les mains en jouant avec le tissu de son débardeur.

- Pourquoi tu nous as pas dit un peu avant ? demanda-t-il. C'est quand même pas rien, d'être une princesse.

Ce fut au tour de Tsunayūki de soupirer.

- À ton avis ? Comment on réagit lorsqu'on se retrouve face à une princesse ?

- Hm... eh ben...

- On reste poli, on la respecte ; bref, on agit pas normalement avec elle, coupa-t-elle net, commençant à s'énerver. Cependant, je n'ai jamais voulu être la Jūdaime : j'ai jamais aimé avoir de grosses responsabilités. Et malgré tout, on m'a éduquée comme ça sans demander mon avis, et à cause de ça, je n'ai jamais pu me faire de vrais amis, des personnes qui me traitent d'égal en égal avec moi. Alors oui, je me suis permise de ne rien dire et de le cacher puisque de toute façon, ça nous avancerait pas à le savoir et que vous le saurez forcément d'un moment à l'autre. Mais je voulais qu'au moins à un moment de ma vie, on m'appelle « Tsuna » et pas « Jūdaime » et qu'on me traite en tant que telle.

Il y avait personne qui puisse rajouter ou contredire face à cela. Tsuna s'essuya vite le visage avec le bras pour ne pas laisser couler une larme trop longtemps.

Reborn la regarda, une fois de plus, sous un autre angle. Au tout début, c'était un ange, normal comme tout le monde, et qui était simplement contre la guerre malgré son jeune âge. Puis, elle s'était avérée être une jeune adulte qui possédait un très grand pouvoir. Et finalement, elle était une princesse qui avait fugué de chez elle pour échapper à ces responsabilités diplomatiques - dans une politique qui visait à éradiquer les dragonniers - et qui avait pris les choses en main d'elle-même.

Soudain, le Dragonnier trouva ça tellement... impensable. De son plein gré, elle était partie hors de chez elle en terrain inconnu par sa simple volonté. À part si, elle aussi, elle avait une autre raison pour avoir agi... il trouvait vraiment très téméraire de sa part, ce qui faisait qu'elle remontait davantage dans son estime.

Et puis, d'un autre côté, il était un peu rassuré d'avoir rencontré une princesse comme elle. Les premières idées qui venaient lorsqu'on parle de jeune fille de la royauté, on tombait sur des adolescentes qui voulaient toujours se montrer à la mode et utiliser à tout-va l'argent, en plus de posséder un sale caractère à cause de la puberté. Cependant, rien ne décrivez Tsuna - au bonheur du Dragonnier qui ne pouvait pas cadrer des gamines casse-pied -.

Chaleureusement, il posa une main réconfortante sur l'épaule de la jeune fille. Celle-ci leva les yeux vers lui.

- T'as pas à t'inquiéter, au niveau de la politesse ; que tu sois princesse ou pas, tu resteras toujours notre Dame-Tsuna.

Il afficha un sourire sadique à ces dernières paroles avant de frotter rigoureusement les cheveux de l'ange. Tsunayūki se plaignit et protégea sa tignasse avant que Reborn n'endommage davantage sa chevelure. Fon ricana doucement quand il vit l'ange protester vers le Dragonnier.

Au bout d'un moment, malgré les enquiquinements de l'homme au fédora, Tsuna se mit à sourire. Les seules personnes qui l'appelaient simplement par son prénom - ou en rajoutant un petit mot de rien du tout -, c'étaient sa mère et aussi un autre membre de sa famille, anciennement... Elle remercia du regard Reborn, qui acquiesça de la tête en comprenant.

Ensuite, elle se retourna vers Gokudera. Celui-ci se releva et se mit en garde à vue.

- Craignez rien, Jūdaime ! Je ferai de mon mieux pour vous servir !

Tout le monde soupira et le regarda de travers.

- C'est mal parti comme ça... rechigna Irugorn.

- Mais non ! Mais... tenta de se corriger maladroitement Hayato. Je... je vous promets de faire de mon mieux, Jūdaime !

- Ça va aller, Gokudera-kun... rassura Tsuna.

Les deux adultes rigolèrent sous cape devant la pseudo-dépression du chat-garou. Tsuna entendit, en plus des gloussements, un drôle de bruit provenant de dehors. Elle constata alors que c'était le dragon qui en faisait de même. Elle soupira d'exaspération.

Après, tout le monde débarrassa le petit-déjeuner. Heureusement, la douleur entre les omoplates qu'avait jusqu'à maintenant Tsuna se dissipait de plus en plus vite, puis disparut totalement. À un moment, elle tenta de voler pendant un petit temps, mais la douleur se raviva et elle dut s'arrêter de suite. Elle espéra qu'elle pourra voler aussi longtemps qu'elle voudra comme avant.

Ensuite, Tsunayūki s'en alla dans sa chambre et s'assit parterre en fermant les yeux. Elle avait l'impression que c'était la première fois qu'elle se reposait vraiment. La nuit était tellement passée vite qu'elle ne semblait pas avoir assez dormi. Aussi, elle avait marre d'être allongée sur le lit comme une handicapée, alors elle s'était assise contre le mur.

La porte s'ouvrit brusquement ; Reborn rentra dans la pièce. Il jeta un vif coup d'œil à l'ange quand il la remarqua.

- Tu fous quoi ? demanda-t-il.

- Je me repose, répondit-elle.

- Ça risque de ne pas durer longtemps : on part dans quelques minutes.

- Déjà ?!

La jeune fille soupira. Elle qui voulait se reposer ! Elle avait l'impression que les choses défilaient à toute allure sans jamais s'arrêter.

- Tu sais, s'il faut arriver à HeavenGard le plus vite possible, ce n'est pas en dormant pendant une matinée entière que ça va faire accélérer les choses, remarqua le Dragonnier.

- Je sais, je sais... soupira Tsuna. En fait, c'est pour ça que t'es venue ici ?

- C'est vrai qu'on te cherchait un peu, avoua-t-il. Mais je suis spécialement ici pour récupérer ma carte.

Reborn trouva le plan au sol et se baissa pour le ramasser. En même temps, Tsunayūki voulut savoir quelque-chose et se leva pour rejoindre l'homme au fédora. Celui-ci releva la tête quand il vit la jeune femme près de lui.

- Euh, ça se trouve où, Chārwan ? questionna-t-elle. C'est si loin de nous ?

- C'est à l'est d'Ancester, décrit-il en montrant en même temps où ça se trouvait sur la carte. Et puis il nous faut un mois pour y aller, mais après, ça nous aurait pris quasiment trois fois plus si on allait directement vers Groad.

- C'est trop loooiiiin... pleurnicha-t-elle.

Elle constata que le parcours qu'ils allaient faire était deux grandes diagonales qui traversaient tout le continent, alors qu'à vol d'oiseau, ils auraient pu tracer tout droit jusqu'à Groad. Paradoxalement, les deux diagonales était le chemin le plus rapide pour eux - car le parcours d'une des diagonales ne durerait même pas une journée -.

Au bout d'un moment, le Dragonnier rangea la carte dans son sac à dos et alla vers la porte.

- Bon, si c'est tout, je descends rejoindre les...

- Euh... attends !

Reborn se retourna, le sourire au lèvres.

- Décidément, t'aimes pas que je te laisse comme ça, hein ~ ? ricana-t-il.

- Mais non, enfin ! rougit Tsuna. Je viens juste de me rappeler d'un truc...

Elle fit mine de réfléchir avant de reprendre :

- C'était quand on allait chez Fon, j'ai vu qu'il y avait un dragon sur une pierre, sur le bord du chemin. Et j'ai remarqué que chez Fon, il y avait aussi ce dragon, et je me disais ce que ça symbolisait... enfin, si tu le sais toi aussi, bien entendu.

Pour toute réaction, Reborn soupira. Il observa par la fenêtre avant de regarder Tsunayūki.

- Tu te rappelles de la lettre officielle que je t'ai fait lire, l'autre jour ? demanda-t-il.

Elle ne comprenait pas où il en voulait venir, mais elle se rappela en effet de la lettre ; de se qu'elle se souvenait, c'était écrit que le chef des armées des dragonniers voulait arrêter la guerre et qui demandait au chef des armées des anges de l'arrêter avec lui. C'était ça que devait remettre Reborn au Grand Duc - une mission impossible et impensable pour Tsuna -.

- Oui, je m'en souviens, répondit-elle. Mais je ne vois pas le lien avec le dragon...

- Tu n'avais pas remarqué le tampon, en haut à gauche ?

Cela fit tilt dans la tête de la jeune fille, sans pouvoir y mettre la main dessus. Pour rafraîchir la mémoire de Tsuna, Reborn sortit le document et le lui montra : le dessin que représenté le tampon était exactement le même dragon !

- Mais... je comprends pas... chuchota-t-elle.

- C'est pourtant maintenant facile à deviner, répliqua-t-il : c'est le symbole officiel des dragonniers. Tu peux te dire que c'est une sorte de blason.

- Le fait que Fon en est un chez lui... ça signifie qu'il est un dragonnier, comme toi ?

- Jusqu'à qu'il est perdu son dragon, oui.

Tsuna venait d'élucider un des mystères. Mais elle n'arrivait pas à comprendre pour l'autre partie du problème.

- Bon, je comprends pourquoi Fon a le blason chez lui, mais pour le village : pourquoi dans le village il y a aussi ce symbole-là ?

- … c'était le symbole de cette ville, Dafror, répondit-il après un instant de réflexion.

- C'est... c'est un village de dragonniers ?

- C'était un village de dragonniers ; on l'appelle de nos jours « l'Ancienne Capitale ». Uniquement pour nous, les dragonniers, évidemment.

- Il... il y a plus de dragonniers, ici ?

- Ben, beaucoup moins qu'avant ; à cause d'un incident il y a bien longtemps, les habitants se sont déplacés et ont décidé de vivre à Arford. D'ailleurs, Arford est un anagramme de Dafror, en hommage à celui-ci.

- Mais pourquoi partir si loin ? On est totalement au sud et Arford au nord ! Ne me dis pas que c'était le seul endroit où il pouvait y aller !

- Le point commun entre les deux villages est que ce sont des coins reculés qu'il faut connaître pour pouvoir y aller.

Dans la tête de Tsuna, pleins d'éléments se rassemblèrent et formèrent une théorie.

- C'est quoi, cet incident ? demanda-t-elle. Ça pourrait avoir un lien avec... ce qui s'est passé il y a quatre cent ans, chez nous ?

Reborn sourit devant son anxiété.

- T'as pas d'inquiétude de ce côté : ça date de mille ans, ça ! Et à vrai dire, c'était pas des plus fabuleux pour nous ; ce sont les dragons qui ont cramé la ville...

- Qu-quoi ?! s'exclama l'ange. Mais pourquoi ?!

- Oh, sur un coup de tête, peut-être ? Les dragons peuvent être si imprévisibles et...

- Impulsifs ? coupa Irugorn en transmettant ses pensées au duo.

- … Je pensais à autre chose, en fait, avoua Reborn.

Tsuna rigola doucement, devant le dialogue entre les deux garçons.

Le Dragonnier se mit à soupirer avant de regarder de nouveau vers la fenêtre.

- C'est là aussi que tout a commencé, pour moi... chuchota-t-il.

- Qu'est-ce qu'il y a commencé ?

- Ma lutte contre la Grande Guerre, soupira-t-il.

Il resta à la fenêtre pendant un moment encore, dans le silence. Tsunayūki n'en sut pas davantage, mais elle se sentit satisfaite de connaître un tout petit peu de tout ce que l'homme au fédora pouvait cacher. Elle s'en alla en première pour laisser le Dragonnier méditer seul.

En bas, Fon et Gokudera étaient assis à la petite table. Ils ne se parlaient pas ; Fon semblait faire de la méditation alors que Hayato faisait tourner son verre pour occuper son temps. Lorsque le chat-garou vit l'ange, il bondit de sa place, surprenant l'asiatique qui se réveilla de sa transe, les yeux grands ouverts.

- Enfin vous voilà, Tsuna-hime ! déclara-t-il. On vous cherchait partout !

« Partout sauf dans ma chambre... » pensa-t-elle pour elle-même.

- Tsuna-hime ? répéta celle-ci, totalement perdue.

- Eh ben, je pensai que si vous ne voulez pas que je vous appelle Jūdaime, je pourrai vous appeler Tsuna-hime, fit-il remarquer.

- « Princesse Tsuna » ? traduit-elle. Tu trouves pas que ça reste encore... un peu trop respectueux ?

- Mais voyons ! Vous êtes quand même une princesse ! Je ne vais pas me montrer irrespectueux envers la Jūdaime !

- Arrête de m'appeler comme ça : je ne veux pas être Jūdaime ! s'exclama-t-elle.

Pendant que les deux jeunes adultes se disputaient, Reborn descendit à son tour et rejoignit son ami discrètement. Il soupira en voyant ses deux compagnons de voyage se crier comme ça.

- Tu ne t'ennuieras pas avec eux, en tout cas, ironisa Fon.

- Ça va être si long... soupira-t-il.

Fon lui sourit et tapota doucement dans son dos pour tenter de le consoler.

Finalement, ils préparèrent de ranger leurs derniers affaires, et grâce à Fon, ils ont pu s'approvisionner en nourriture. En partant, Tsuna et Gokudera serrèrent la main de Fon pour se souhaiter au revoir et bonne chance. Avec Reborn, ils se firent une accolade ; le Dragonnier sentit l'inquiétude de son ami pour le départ.

- T'inquiètes pas, je ne vais pas crever demain, rassura-t-il.

- Promets-moi de faire attention, s'il-te-plaît, supplia Fon.

- Bien évidemment ; je demanderai aux anges qui m'attaqueront de bien vouloir aller doucement, ironisa-t-il.

Le maître d'arts martiaux soupira du sarcasme de Reborn, mais il sourit tout de même, car il avait confiance en lui et qu'il restera aux aguets durant son voyage - c'était dans sa nature même -. Fon finit par une petite caresse sur le museau du dragon avant de laisser Reborn, Tsunayūki, Hayato et Irugorn quitter Fadror.

Lorsqu'ils sortirent l'Ancienne Capitale, ils tournèrent à gauche et empruntèrent le petit sentier entre les arbres. Iru s'envola de nouveau dans les airs pour ne pas se faire remarquer par de quelconques voyageurs. Au bout d'un moment, Gokudera se tourna vers le Dragonnier.

- Reborn-san, pourquoi il y a que Fon dans ce village paumé ? demanda-t-il.

- En fait, on arrive surtout à un moment de l'année où il y a pas beaucoup de gens, remarqua l'homme au fédora, comme c'est l'été et que la chaleur est presque suffocante, la plupart partent.

- La plupart, la plupart... on a vu personne, sur notre chemin !

- Peut-être ai-je fait exprès de prendre certaines ruelles pour ne pas se faire voir ?

Le chat-garou resta muet. Le silence s'installa mais se brisa de suite quand l'ange reprit la discussion :

- En fait, c'est quoi, le prochain village, maintenant ? questionna-t-elle.

- C'est pas avant des jours qu'on y sera, répliqua Reborn.

- Co-comment ça ?!

- C'est normal Tsuna-hime, répondit Gokudera, on prend un raccourci ; on va passer par des chaînes de montagne, reculé du monde !

- Là, par exemple, compléta le Dragonnier, on va d'abord traverser un entrepôt abandonné.

- Mais vous êtes des malades ! paniqua-t-elle.

Tsuna soupira de dégoût.

- Ça va être si long... soupira-t-elle.

- C'est justement la même réflexion que je me suis fait il y a pas longtemps, avoua Reborn avec le sourire.


Voili voilou, le chapitre 12 est là - un peu plus court que d'habitude - ~

Je ne sais pas trop si ça se voit trop, mais en fait, j'ai toujours peur de faire Reborn trop OOC - parce que bon, là, il n'aime pas spécialement faire du mal aux autres gratuitement et il n'est pas non plus un tueur -. Prévenez-moi si c'est le cas, que j'avertisse cela en description... ^^'

Merci à Tsuki Banritt pour le favori et le commentaire et ciao ciao !