La barre des 200 000 mots passés, 80 reviews... Cette histoire continue son bonhomme de chemin!


Chapitre XXXVIII: Etranges comportements

On y était. La troisième année avait officiellement commencé. Kécile soupira en plongeant sa cuillère dans son porridge. Parfois elle regrettait l'ambiance émulative qui régnait au manoir du Seigneur des Ténèbres où il y avait toujours des choses intéressantes à faire ou à apprendre. Maintenant, elle pouvait toujours courir pour que Severus accepte de lui enseigner de nouveaux sorts, et elle allait retrouver une routine ennuyante. Dans un accès d'humour noir elle songea qu'au moins l'année précédente avait été mouvementée. La pensée des détraqueurs effaça cependant cette pensée. Toute cette histoire était finie, et c'était un soulagement.

- Qu'est-ce qui t'arrive, Harry? demanda l'un des jumeaux Weasley à Potter qui venait de s'asseoir à la table du petit-déjeuner.

- Malfoy, répondit le dernier des fils Weasley

Kécile se retourna pour voir Malfoy imiter quelqu'un s'évanouissant. Le malaise de Potter avait dû faire les gorges chaudes des Serpentards.

- Ce petit crétin, commenta le frère Weasley, il était beaucoup moins fier, hier soir, quand les Détraqueurs sont venus fouiller notre compartiment.

" Qu'est-ce que vous fichiez dans le même compartiment que Malfoy, on se le demande!"

Kécile serra les dents en entendant les autres élèves commenter l'effet que leur faisaient les détraqueurs et s'attaqua à son bol à grands coups de cuillère. Outre de raviver de mauvais souvenirs, la conversation lui faisait se dire que non, cette histoire ne serait vraiment terminée que quand ces monstres auraient définitivement quitté Poudlard."

Elle attrapa d'un geste brusque l'emploi du temps qu'in lui tendait.

Aujourd'hui, elle commençait par Arithmancie, suivi de métamorphose. Après le déjeuner, elle avait cours d'étude des moldus.

Kécile grimaça. Voilà une matière qui n'allait pas aller avec ses idées pas complètement mortes sur la Grande Cause...

- Hermione! s'exclama Ron ils se sont complètement trompés dans ton emploi du temps. Regarde, ils t'ont collé une dizaine de cours par jour. Tu n'auras jamais le temps de tout faire.

- Je m'arrangerai, répondit Hermione qui était assise en face de Kécile. J'ai mis tout ça au point avec le professeur McGonagall.

- Impossible, répondit Ron en éclatant de rire. Tu as vu ce matin? Neuf heures: Divination. Et en dessous, neuf heures: études des Runes. Et... Là regarde! Encore en dessous... neuf heures: Arithmancie.

Kécile haussa les sourcils.

- Je sais que tu es brillante, mais personne ne peut être brillant au point de se trouver dans trois classes différentes à la fois.

- Ne sois pas stupide, répliqua sèchement Hermione. Bien sûr que je ne vais pas suivre trois cours à la fois.

- Alors?

- Passe-moi la marmelade, dit Hermione.

- Mais...

- Ron, qu'est-ce que ça peut te faire si mon emploi du temps est un peu chargé? coupa Hermione agacée. Je t'ai déjà dit que j'ai tout mis au point avec le professeur McGonagall.

- Tu as pris toutes les options ou quoi, Hermione? demanda Kécile. Tu pouvais te passer sans peine de la divination, j'ai vu la prof cette été, c'est une illuminée!

- Ça va?

Kécile sursauta en entendant la grosse voix de Hagrid surgir derrière elle.

- Vous aller assister à mon premier cours! Tout de suite après déjeuner! Je me suis levé à cinq heures du matin pour tout préparer... J'espère que ça se passera bien... Moi, professeur! Si j'avais pu me douter...

- Je me demande ce qu'il a préparé, s'inquiéta Weasley en voyant le nouveau professeur s'avancer vers la table des professeurs en balançant des putois morts d'une main.

- Hum... dans un autre genre, il me semble aussi peu adapté au travail de prof que Lockhart!

Weasley et Potter lui lancèrent un regard furieux. Kécile haussa les épaules.

- Vous avez beau l'apprécier, reconnaissez que même vous vous n'êtes pas très rassurés.. Je vous souhaite bon courage!

Après le petit-déjeuner, Kécile se rendit toute seule en salle d'Arithmancie. Elle put constater que ce n'était pas une matière très prisée des élèves, hormis des serdaigles. Il y avait quatre poufsouflles, et chez les serpentards, seuls Drago et Blaise avaient pris l'option.

- Tu n'es pas avec Potter, cette fois-ci? Il n'est pas assez intelligent pour prendre cette matière, c'est vrai.

- Je peux en dire autant de Goyle et Crabbe, Drago, répliqua Kécile.

A ce moment-là, Hermione débouchait à l'angle du couloir visiblement un peu essoufflée.

- Malheureusement, je vois qu'on n'échappera pas à Granger, grommela Malfoy.

- Qu'est-ce que tu fiches là? demanda Kécie à Hermione. Je croyais que tu étais partie en divination!

A ce moment, le professeur Vector ouvrit la porte.

- Bonjour à tous, dit-il aux élèves qui attendaient dans le couloir. Avant de vous installer, vous apprendrez que dans ma classe, vous devrez systématiquement mélanger les maisons.

Il fixa un regard ferme sur les quatre élèves de Gryffondor et Serpentard, avant de dire avec un sourire aimable:

- Par exemple, puisque votre nombre correspond exactement, j'attends que vous vous mélangiez, messieurs et mesdemoiselles.

Kécile haussa les épaules avec indifférence, mais les trois autres tirèrent des visages de six pieds de longs. Histoire de limiter la catastrophe, Granger se mit avec Zabini, tandis que Malfoy s'asseyait avec Kécile en maugréant contre les profs sadiques.

Malgré tout, le cours se passa calmement. Zabini et Granger s'ignoraient royalement et Drago ne chercha pas de noises à Kécile. Celle-ci, considérant que son condisciple avait fait des efforts, engagea une conversation au moment où la cloche sonnait et où les élèves rangeaient leurs affaires.

- Qu'est-ce que tu as pris comme deuxième option, Drago?

- Soins aux Créatures Magiques.

- Tu vas donc prendre des cours avec Hagrid? demanda Kécile avec un sourire sarcastique.

- M'en parles pas! Si j'avais su, je n'aurais jamais choisi cette matière. Mon père va faire une crise cardiaque quant il va l'apprendre! Et toi, qu'est-ce que tu as pris?

- On ne m'a pas tellement laissé le choix, en fait, répondit Kécile en grimaçant. Etude des moldus.

Drago éclata de rire.

- Tu plaisantes, Gaunt! Toi? C'est une idée de Dumbledore, hein?

Kécile acquiesça avec un geste fataliste. Drago reprit plus bas:

- Quand ton père va apprendre ça...

- Bof, fit Kécile. Avec tout ce qu'il a dû apprendre à mon sujet ces derniers temps, il ne doit plus en être à ça près...

Ils ne purent poursuivre la conversation plus longtemps sur ce sujet de crainte d'être surpris, mais Kécile vit parfaitement la réprobation et le mépris dans le regard du Serpentard.

- Dans quoi tu t'es fourré, Gaunt!

Kécile sortit de la salle à son tour pour se rendre en Métamorphose. Elle songea que l'été aurait apporté au moins une amélioration: elle n'aurait dorénavant plus à jouer la comédie avec le professeur McGonagall. Celle-ci savait parfaitement à quoi s'en tenir. Il était donc prévu qu'elle lui demande un surcroît de travail théorique.

Le cours du jour était consacré aux animagi. En écoutant le professeur McGonagall leur parler de ces capacités particulières, Kécile se dit que ce devait être bien pratique de pouvoir se métamorphoser ainsi. Cependant elle ne se faisait pas d'illusion, elle n'était pas suffisamment douée en métamorphose pour développer cette capacité. Et quelque chose lui disait que Dumbledore ne serait pas très chaud à l'idée de l'y aider.

Cependant, la classe ne devait pas être très attentive, car après leur avoir fait une démonstration, le professeur McGonagall s'exclama:

- Mais qu'est ce qui vous arrive, aujourd'hui? C'est la première fois que mes métamorphoses ne déclenchent aucun applaudissement.

Ce fut Hermione qui répondit.

- Voilà ce qui s'est passé, professeur, nous avons eu notre premier cours de Divination, nous avons lu l'avenir dans les feuilles de thé...

" Stop! C'est quoi cette histoire? A moins que je n'ai eu la berlue elle était en Arithmancie avec moi ce matin! Elle ne peut pas..."

Kécile fut tirer de sa confusion par la réponse de McGonagall:

- Inutile d'aller plus loin, Miss Granger. Dites-moi plutôt qui doit mourir cette année?

Kécile ricana, et elle reçut un regard noir de Parvati.

Ce fut Harry qui se désigna.

Kécile s'exclama d'un ton hautement ironique alors:

- Elle a signé un contrat avec Voldemort ou quoi?

Le professeur la fit taire d'un regard avant de se tourner vers Potter.

- Il faut savoir, Potter, que chaque année depuis son arrivée dans cette école, Sibylle Trelawney a prédit la mort de quelqu'un. Or, jusqu'à présent, tout le monde est resté bien vivant.

Le moins qu'on pouvait dire, c'est que McGonagall n'appréciait pas beaucoup Trelawney. Il était vrai qu'on ne pouvait imaginer deux femmes plus différentes.

Après son petit discours concernant la faible probabilité que la divination et plus encore leur professeur actuel soit sérieuses, la plupart des élèves se déridèrent.

Apparemment pas tous, cependant, car Weasley revint sur le sujet à l'heure du déjeuner. La question était de savoir si oui ou non, Potter avait vu le Sinsitros. Charmant! Entre le discours crédule de Weasley et celui complètement obtus de Granger, Kécile se dit qu'un juste milieu était peut-être à envisager...

- La Divination, c'est très vague, disait Grangeren se plongeant dans son livre d'Arithmancie. Tout ça, ce ne sont que des devinettes, rien de plus.

- Le Sinistros au fond de cette tasse n'avait rien de vague! s'emporta Ron.

- Tu n'en avais pas l'air aussi sûr quand tu as dit à Harry qu'il s'agissait d'un mouton, répliqua Granger!

Eh bien, elle était là l'explication! Un présage de Sinistros n'était pas négliger, mais Trelawney, probablement prompte à dramatiser et profitant de la crédulité de ses élèves, avait tout de suite fait mine de voir le pire alors que ce n'était probablement pas un signe aussi dramatique...

- Le professeur Trelawney a dit que tu n'avais pas d'aura! Pour une fois qu'il y a une matière pour laquelle tu n'es pas douée, ça t'énerve!

- Si être doué pour la Divination signifie faire semblant de voir des présages de mort dans un tas de feuilles de thé, alors je crois que je ne vais pas continuer très longtemps à l'étudier. Ce cours était d'une nullité totale par rapport à ce qu'on apprend en classe d'Arithmancie!

Et Granger quitta la Grande salle visiblement piquée au vif.

Weasley la suivit du regard l'air perplexe.

- Qu'est-ce qu'elle raconte? Elle n'a encore jamais mis les pieds dans un cours d'Arithmancie.

- Le problème, justement, Weasley, c'est que si, Granger était bien en cours d'arithmancie avec moi ce matin.

- Tu dis n'importe quoi, Gaunt! Ça n'est pas possible.

- Pense ce que tu veux, je suis certaine de ce que j'affirme. Je me demande bien comment elle fait...

C'est en traînant les pieds que Kécile se rendit dans la salle de cours où se tenaient l'étude des moldus. Il n'y aurait aucun Gryffondor dans ce cours, et aucun Serpentard non plus, on pouvait en être sûr. Aussi lorsqu'elle vit arriver Hermione, fut-elle un moment décontenancée.

- Qu'est-ce que tu fiches ici, Granger? demanda-t-elle.

- Je viens assister au cours, répondit Hermione comme si c'était une évidence.

- Granger, tu es une... née moldu, tu sais déjà tout sur eux! ça n'a aucune utilité!

- Biens sûr que si!

- Sans parler du fait que tu ne devrais pas être en Soins aux Créatures Magiques?...

Hermione profita que le professeur Burbage ouvrait la porte et invitait ses élèves à rentrer pour éluder.

En passant devant elle pour aller s'asseoir, Kécile lui murmura:

- Tu ne t'en tireras pas comme ça...

Susan Bones s'assit à côté d'elle, tandis que Justin Finch-Fletchley prenait la place à côté d'Hermione. Les quatre élèves se connaissaient vaguement pour suivre les mêmes cours de Botanique. En revanche, les trois Serdaigles s'assirent ensemble.

Le professeur Burbage commença par leur demander ce qui les avaient poussé à choisir cette matière. Manquant cruellement d'originalité, toutes les réponses tournaient autour du "pour mieux connaître cette civilisation que nous côtoyons". L'une des Serdaigle, une certaine Morag, fit même un petit speech sur comment l'ignorance des sorciers au sujet des moldus les avaient amenés à les sous-estimer et avait permis l'ascension de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Quand vint le tour de Kécile, cependant, elle ne s'embarrassa pas de grandes idées philosophique et répondit simplement d'un ton morne:

" Parce qu'on ne m'a pas laissé le choix" , ce qui lui valut des regards de travers. Le professeur Burbage, loin de se laisser démonter lui adressa un sourire indulgent.

- Vous êtes Kécile Gaunt?

- Oui, reconnut l'élève perplexe.

- Je vois. Le professeur Dumbledore m'a touché deux mots à votre sujet, fit-elle d'un air entendu qui horripila profondément Kécile. Elle se rembrunit davantage encore et ne dit plus un mot de tout le cours.

Ainsi, Dumbledore avait pris les devants! Kécile se sentit profondément agacée. Elle n'aurait su dire exactement pourquoi. Peut-être parce que le vieil homme mettait son nez partout. Peut-être parce qu'il avait parfaitement anticipé sa réaction. Peut-être parce qu'il ne voulait pas qu'elle fasse d'esclandre.

Oui, en fait c'était ça. Sur ce sujet là, il ne lui faisait pas confiance et ça l'agaçait parce qu'en plus il avait parfaitement raison! Du coup, elle n'écouta pas vraiment le cours consacré à déterminer les différences entre moldus et sorciers "au delà de tout critère de jugement" pour reprendre les termes de Burbage.

Une fois de plus, Hermione s'éclipsa à toute vitesse à la fin du cours, et Kécile se retrouva à prendre seule le chemin de la grande salle. Elle y retrouva l'éternel trio à la table des Gryffondors, tirant une mine de six pieds de longs.

- Qu'est- ce que vous arrive, tous les trois? demanda-t-elle.

- C'est Hagrid, répondit Dean.

- C'est Malfoy, répondit au même moment Weasley.

Kécile qui était la seule Gryffondor de son année à ne pas avoir choisi Soins aux Créatures magiques demanda sans comprendre:

- Décidez-vous! C'est Hagrid, ou Malfoy?

Harry se chargea de lui expliquer ce qui s'était passé durant le premier cours du nouveau professeur.

Kécile mangea un moment en silence, avant d'avouer le fond de sa pensée.

- Honnêtement, je ne sais si c'était très raisonnable de commencer par ces créatures. D'après ce que vous m'en avez dit, les hippogriffes...

- C'est ça! beugla Weasley, j'étais sûr que tu prendrais la défense de Malfoy!

- Pour l'amour du ciel, Weasley! fit Kécile en levant les yeux au ciel, ça n'a rien à voir. Il pourrait s'agir de n'importe qui d'autre, que je me poserais la même question.

- En même temps, fit remarquer Harry avec diplomatie, personne n'a eu de soucis hormis Malfoy. Le seul qui s'est débrouillé pour se mettre dans ce pétrin, il a fallu que ce soit lui... Il était le seul assez stupide pour ne pas en tenir compte.

- A défaut de stupide, je dirais le seul suffisamment arrogant, corrigea Kécile.

- En tout cas, cette histoire risque d'ébranler Hagrid, remarqua Hermione. Je ne le vois pas, il n'est pas venu dîner, poursuivit-elle anxieuse en regardant la table des professeurs. Ils ne l'ont quand même pas renvoyé, j'espère?

- Ils n'ont pas intérêt, répondit Ron qui pour une fois ne faisait pas de mal à son assiette. En tous cas, conclut-il on ne peut pas dire qu'on s'est ennuyés pour ce premier jour de la rentrée...

Après le dîner, le trio se décida à rendre visite à Hagrid. Si Harry dut convaincre Hermione et Ron qu'il pouvait sortir dehors, Kécile refusa tout net de mettre ne serait-ce qu'un orteil dans le parc.

Elle les quitta donc dans le hall et remonta le grand escalier avec l'intention d'aller voir Dumbledore. Mais en passant devint l'infirmerie, l'envie lui prit de passer voir Drago. Elle allait probablement se faire jeter, mais rien ne coûtait d'essayer. Elle dût d'abord promettre à Mme Pomfresh que sa visite ne serait pas longue, et elle n'avait aucun doute là-dessus. Lorsqu'elle entra dans la salle où s'alignaient les lits, elle vit Severus qui finissait apparemment de dire deux mots à son élève. Il haussa un sourcil narquois en la voyant arriver.

- Je vois que vous avez de la visite, Drago. Tâchez de ne pas trop vous agiter. Gaunt, fit-il à Kécile, j'aimerais retrouver mon élève en un seul morceau à la fin de votre visite. Bonne soirée, fit-il en se partant.

Kécile haussa les épaules alors que Malfoy le regardait partir d'un air furieux.

- Qu'est-ce que tu veux, Gaunt, demanda-t-il d'un ton agressif.

- Bonjour, Malfoy. Je viens prendre de tes nouvelles. J'ai appris que tu as été blessé.

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire?

- Question de politesse... Il paraît que Parkinson est très inquiète pour toi.

- Je sais grogna Drago, visiblement très enthousiaste, elle est venue me voir.

- Si tu lui as fait le même accueil, elle n'a pas dû rester très longtemps! Bon, sérieusement, comment tu vas?

- Question débile, Gaunt. Au cas où tu ne le saurais pas, j'ai manqué perdre mon bras.

- Ne sois pas aussi mélodramatique, Drago! Je vais finir par te plaindre. Comment tu as fait ton compte, au juste?

- C'est la faute de ce crétin de Hagrid! Quand je pense que ce balourd a été nommé professeur.

- Je veux bien qu'il n'a pas fait un choix très judicieux pour démarrer le premier cours avec des hippogriffes, mais j'ai cru comprendre que tu as un peu chercher les ennuis...

- Evidemment, tu te ranges à l'avis de Saint-Potter!

- C'est marrant, Weasley m'a dit exactement l'inverse, soupira Kécile en levant les yeux au ciel. Ce que je voudrais comprendre, poursuivit-elle, c'est comment tu as pu être assez stupide pour ne pas suivre les conseils que le prof vous avait apparemment donné, d'après ce qu'on m'a dit.

- Le prof? Parce que tu crois que je vais suivre les conseils de cette pâle imitation de sorcier!

- La preuve est que ça peut servir. Tu as quelque chose contre lui?

- Non mais tu veux rire! Il est tout juste bon à jouer le garde-chasse! Mais être professeur! Quand mon père recevra la lettre demain matin, il va s'étrangler! C'est une honte.

- Tiens, tu as décidé de la faire mourir autrement, apparemment... ce matin il devait avoir une crise cardiaque. Alors si je comprends bien, tu cherches à faire renvoyer Hagrid, c'est ça?

- J'espère y parvenir... répondit Drago avec une mine sournoise. Tu ne m'approuves pas, bien sûr, traîtresse!

Kécile pinça les lèvres mais préféra ne pas relever l'insulte

- Ça m'est égal, répondit-elle sèchement. De toute manière, tu te fais des illusions, si tu veux mon avis. Dumbledore soutient Hagrid. Et il y aura des élèves pour témoigner contre toi.

- Il y en aura aussi pour témoigner pour moi.

- Je doute que ça suffise. Mais enfin! Libre à toi de te donner des airs de martyrs dans cet espoir. Sur ce, bonne nuit, Drago.

Une fois ça BA de la journée exécutée, Kécile s'achemina jusqu'au bureau du directeur, tout en se demandant ce qui avait bien pu la pousser à rendre visite à Malfoy. Ce n'est pas qu'elle ne l'aimait pas, mais elle ne se considérait malgré tout pas proche de lui. Du moins... plus.

Lorsqu'elle frappa à la porte du bureau du directeur, elle trouva le vieil homme en pleine conversation avec le nouveau professeur.

- Bonjour, Kécile, dit-il en lui souriant. Entre, s'il-te-plaît et ferme la porte.

Elle s'exécuta tout en jetant un coup d'oeil au professeur. Il n'avait décidément pas très bonne mine et sa tenue paraissait encore plus miteuse de près.

- Attends -moi donc dans le salon, s'il-te plaît, poursuivit Dumbledore. Je finis avec le professeur Lupin et je te rejoins.

Sans un mot, Kécile traversa le bureau et passa la porte qui menait aux appartements du directeur, agacée de sentir sur elle le regard de Lupin.

Machinalement, elle s'avança jusqu'à la bibliothèque et posa vaguement le regard sur les volumes. Mais les étagères lui étaient familières après plusieurs semaines enfermée dans ses appartements. Elle se rendait compte, rétrospectivement, que c'était un soulagement d'avoir quitté cette pièce et d'avoir retrouvé le bruit et la chaleur indifférente de la tour Gryffondor. Cela l'avait aidé à tourner la page. En seulement deux jours, la pièce auparavant familière et rassurante la rendait mal à l'aise, témoin d'une période difficile, d'un moment de faiblesse qu'elle voulait oublier.

Sans qu'elle sache bien pourquoi, elle se sentit brusquement agacée. Elle ouvrit la fenêtre d'un geste un peu brusque en se demandant ce qui avait bien pu la pousser à venir voir le directeur... Décidément, elle avait vraiment des réactions bizarres aujourd'hui...

Lorsque Dumbledore entra dans le salon, Kécile était à la fenêtre et arborait une expression fermée. Il la connaissait suffisamment pour en déduire que quelque chose la perturbait. Il allait falloir jouer avec le caractère lunatique de l'enfant.

- Je suis content de te revoir, Kécile. Je ne pensais pas que tu viendrais si tôt. Tu semblais en colère contre moi la dernière fois. Quelque chose à voir avec les détraqueurs et Severus...

Kécile haussa les épaules, comme si elle même ne savait plus très bien ce qui avait provoqué sa colère.

- A défaut de pouvoir régler le problème des détraqueurs, t'es-tu occupé de celui de Severus?

Kécile dodelina de la tête.

- Oui et non, répondit-elle. Je suis allée le voir.

Sa mine préoccupée disparue pour laisser place à un air mutin.

- Le côté positif de la chose, c'est que j'ai réussi à lui faire reconnaître que je suis son élève préférée, dit-elle avec un rire dans la voix. Le côté négatif de la chose c'est qu'il a refusé de me dire où il était passé cet été. La seule chose que j'ai obtenu à ce sujet c'est de vous demander directement et que ça concernait le Seigneur des Ténèbres. Donc, je vous retourne la question: où était Severus?

- En mission secrète. Et comme l'indique son nom, cette mission doit rester inconnue de tous.

- Donc je ne peux rien savoir, conclut Kécile avec une moue contrariée.

Dumbledore acquiesça.

- Parle moi plutôt de ta rentrée.

- Je n'ai pas grand chose à en dire... Ah si! s'exclama Kécile brusquement très sérieuse et la mine ombrageuse. Qu'est-ce que vous êtes allé dire au professeur Burbage? J'ai eu l'impression d'être un cas spécial à soigner! fit-elle avec indignation.

- Connaissant ton enthousiasme débordant pour cette matière, j'ai pris quelques précautions afin d'éviter tout esclandre qui attirerait davantage l'attention sur toi.

Devant la mine de plus en plus furieuse de Kécile, il eut un geste apaisant et lui dit avec un sourire amusé:

- Je te promets que je ne lui ai rien dit de compromettant. Je lui ai simplement précisé que tu avait grandi dans la famille Malfoy, comme chacun le sait, que tu n'avais pas choisi cette matière de toi-même, et qu'il ne fallait pas s'étonner que tu ne partages pas les convictions que cette discipline met en valeur. Ais-je dis quelque chose de trop?

Kécile poussa un soupir agacé.

- C'est réellement tout ce que vous lui avez dit? demanda-t-elle d'un ton soupçonneux. Aucune allusion à nos petites "discussions" de première année?

- Aucune. Te voilà rassurée?

Kécile grimaça.

- De toute manière, le professeur Burbage va tout faire pour me faire changer d'avis, alors...

- Comprends bien ma démarche en te demandant de suivre ces cours, Kécile. Je veux que tu ais une connaissance objective de la société moldue, sans a priori, ni dans un sens, ni dans un autre. De façon à ce que tu puisses décider par toi-même ce que tu penses.

- mais si je peux penser comme vous, c'est quand même mieux, n'est-ce pas, répliqua Kécile en le regardant à la fois agacée et amusée.

- Bien sûr, répondit Dumbledore avec un air exagérément entendu.

On frappa à la porte du bureau. Dumbledore alla ouvrir.

- Severus!

- Bonsoir, professeur, je viens d'envoyer la lettre à Lucius Malfoy.

- Bien. Je crains qu'il ne faille s'attendre à ce qu'il saisisse le Conseil d'administration de l'école... répondit Dumbledore.

Kécile entra à son tour, comprenant qu'on parlait de l'accident de Drago.

- Miss Gaunt... fit le professeur, assez peu surpris de la trouver chez le directeur. Mon élève est-il toujours entier?

- Bien sûr, Severus. Je n'avais aucune intention de l'abîmer davantage qu'il ne l'était.

- Ce ne serait pas la première fois qu'il vous ferait perdre votre calme...

Kécile comprit qu'il songeait à ce jour, lors de sa seconde année où elle avait assez sérieusement amoché le serpentard, dans le bureau même du professeur.

- Notre échange a été très courtois, soyez sans crainte, professeur, répondit Kécile d'un ton un peu trop poli pour être honnête.

- Des échanges courtois entre une élève de Gryffondor et un élève de Serpentard! Voilà qui est à marquer dans les annales, plaisanta Dumbledore.

- Vous allez voir que Miss Gaunt va contribuer au rapprochement des deux maisons que vous désirez tant, fit Rogue d'un ton railleur. Plus sérieusement, Kécile, je m'étonne que vous gardiez des rapports avec Malfoy.

- Cela m'étonne moi-même, avoua Kécile, avec une mine désabusée. Honnêtement, je ne sais pas ce qui me pousse à vouloir garder un minimum de relation avec lui. Ce n'est pas très logique.

- Ça l'est bien davantage que tu ne le crois, intervint Dumbledore.

Kécile le regarda d'un air dubitatif.

- Il représente une attache à ton passé.. Ta petite enfance.

- J'ai tourné la page, répondit Kécile d'un ton catégorique.

- L'un n'empêche pas l'autre. De ce que tu m'en as raconté, les temps passés avec Drago au manoir Malfoy sont des meilleurs que tu ais vécus. Je trouve normal que tu ne veuilles pas perdre cela. Tourner la page ne veut pas forcément dire jeter aux orties tous les souvenirs et toutes les expériences passés.

- Dit comme ça, ça paraît d'un sentimentalisme, répondit Kécile en secouant la tête d'un air dramatique.

- Je croirais entendre Severus.

- On me le dit assez souvent, souligna Kécile.

Dumbledore sourit. Le fait était que consciemment ou non, Kécile prenait beaucoup de mimiques du professeur. Il jeta un regard à Severus. Cela lui suffit pour comprendre que celui-ci avait des choses à lui dire et qu'il attendait que Kécile parte pour lui en faire part.

- Il se fait tard, Kécile, et j'ai encore des choses à voir avec le professeur Rogue. Tu peux revenir demain, mais pour l'heure, il est temps que tu retournes à ton dortoir.

Kécile obtempéra. Après leur avoir souhaité bonne nuit, elle quitta le bureau.

Aussitôt la porte fermée, Severus demanda à Dumbledore

- Vous croyez vraiment que c'est une bonne idée de l'inciter à fréquenter Malfoy?

- Elle en a besoin. Je pense que ce peut-être un élément stabilisateur pour elle.

- Ce que je vois surtout, c'est que Drago prend de plus en plus le chemin de son père et qu'un beau jour il n'est pas exclu qu'il reçoive l'ordre de se charger d'elle.

- Vous ne prêtez pas un très bon fond à Drago...

- Je lui prête surtout ce qu'on lui donne. Et ça ne me pousse pas à lui faire confiance, surtout depuis que ma trahison est connue. Mais je parle dans le vide... Il est bien connu que vous êtes la personne la moins méfiante qu'il existe. Ce serait trop vous demander d'être prudent!

- Je pense que pour l'instant, nous n'avons rien à craindre de la part du jeune Malfoy, répondit Dumbledore.

- Pour l'instant...