Me revoilà pour un nouveau chapitre, un peu plus long que la moyenne.

Ceux qui se plaignent qu'il n'y a pas assez de Harry devrait être content. A partir de maintenant ça va s'arranger...


Chapitre XXXX: Comme quoi la sociabilité peut arranger bien des choses.

Harry ne parla ni à Hermione, ni à Ron de la conversation qu'il avait eu avec Kécile. Pendant plusieurs jours, il évita de croiser le regard farouche de sa camarade. Et Kécile elle-même semblait décidé à ne plus lui adresser la parole.

-" Mon pire souvenir, c'est mon premier meurtre"

Sur le moment, il n'avait pas saisi l'ampleur de ce qu'elle avait dit. Il ne l'avait pas prise au sérieux. Mais sa colère et sa fuite par la suite était bien la preuve qu'elle disait vrai. Et cette pensée lui semblait abominable. Bon sang! Elle avait le même âge que lui et elle avait du sang sur les mains... Cela expliquait pas mal de choses: la distance qui lui avait été recommandée, sa froideur à l'égard des autres élèves... Les propos de Dumbledore lorsqu'elle était à Azkaban lui revinrent en mémoire. Il avait refusé de lui dire pourquoi elle avait changé de camp, considérant que c'était à elle de le dire. Voulait-il parler de cela? Etait-ce pour cette raison que Kécile avait été envoyée à Azkaban? Il finissait à force de la fréquenter par oublier qu'elle était la fille de Voldemort, un meurtrier notoire, un monstre...

Une pensée dérangeante rongeait petit- petit l'esprit de Harry: Se pouvait-il que Kécile mérite Azkaban?

Kécile était furieuse contre elle-même. Mais quelle imbécile elle faisait! quelle crétine! Elle avait beau se traiter de tous les noms, les faits étaient là, elle avait bel et bien avoué son meurtre à Potter.

Non mais qu'est-ce qui lui avait pris? Comment avait-elle pu croire un seul instant qu'il la comprendrait? Simplement parce que lui aussi craignait les détraqueurs plus que tout...

Ce que son père lui disait lui revint en mémoire. Il avait parfaitement raison: donner sa confiance à quelqu'un, c'était lui laisser la possibilité de vous faire du mal.

Maintenant, Potter la fuyait, ça n'avait rien de surprenant. Et tant qu'il se contentait de cela, elle pouvait même s'estimer heureuse! Rien en lui garantissait qu'il n'allait pas en parler à ses amis et cela finirait par se savoir. Que se passerait-il si cela tombait dans les oreilles du ministère? Elle était bonne pour un procès en règle dont Dumbledore ne pourrait pas la sortir, cette fois-ci...

Kécile plongea la tête dans ses mains et fut submergée par un brusque envie de pleurer. Mais qu'est-ce qui lui avait pris?

Plusieurs jours passèrent, et Kécile vivait dans la hantise que la vérité éclate au grand jour. Elle se rendait compte maintenant des risques qu'elle avait pris en se rapprochant du trio. Mais c'était trop tard, le mal était fait. Et à plus d'un niveau..

Outre l'angoisse qui ne la quittait plus, elle s'était en effet à nouveau enfermée dans un cercle de solitude qui lui pesait. Jamais auparavant elle n'avait ressenti ce désarroi. Mais elle constatait que les petites piques qu'elle échangeait avec Weasley lui manquaient, de même que la relative proximité qu'elle partageait avec Granger et Potter.. Elle prenait conscience d'une certaine dépendance vis à vis d'eux. L'idée la révulsait mais elle n'arrivait pas à le regretter réellement. Au contraire, puisqu'elle aurait souhaité garder les choses comme elles étaient avant cette maudite conversation avec Potter.

La rentrée avait eu lieu depuis quinze jours lorsque Kécile se décida à aller parler à Dumbledore. Severus continuait à lui faire la tête, le directeur était donc le seul à qui elle pouvait se confier. Elle secoua la tête en songeant combien elle avait changé. Et elle n'était pas certaine que ce soit en bien... A son arrivée à Poudlard, l'idée de se confier lui semblait ridicule et dangereuse. Maintenant, elle en avait besoin. Elle avait besoin de la vision objective et rassurante du vieil homme.

Lorsque Dumbledore vit apparaître Kécile dans son bureau, il comprit aussitôt que quelque chose l'inquiétait: elle avait un air perdu et vaguement angoissé qui ne ressemblait pas à l'enfant décidé et autoritaire qu'elle était ces derniers temps.

- Bonjour Kécile.

- Bonjour, professeur, répondit-elle avec un pauvre sourire.

- Je suis content que tu viennes me voir, cela faisait quelques temps que nous n'avons pas discuté. Assieds-toi et dis moi ce qui te préoccupes.

- Vous me connaissez bien, n'est-ce pas...

Kécile s'assit et il la vit baisser la tête comme pour rassembler ses idées, avant de dire à voix basse:

- Je crois que j'ai fait une bêtise. Et j'ai peur des conséquences.

- Je t'écoute, répondit calmement Dumbledore.

- C'est au sujet de Potter.

- Harry, rectifia-t-il.

- Oui, Harry, si vous voulez... On a eu une conversation et... je ne sais pas vraiment ce qui m'a pris, poursuivit Kécile d'un ton gémissant.

Dumbledore l'écouta raconter comment les deux élèves s'étaient confiés l'un à l'autre. Ou plutôt comment Harry s'était confié et avait poussé Kécile à faire de même. Lorsqu'elle eut terminé, il se tut un moment, mais un sentiment de victoire l'envahissait. Il était fier de Kécile. Elle ne se rendait pas compte à quel point elle avait avancé.

- Kécile, finit-il par dire d'une voix douce, j'aimerais comprendre ce qui te fait croire exactement que tu as commis un erreur.

- Vous ne le pensez pas? s'étonna Kécile

- Au contraire. Mais je veux d'abord savoir ce qui te gènes.

- Cela saute aux yeux, pourtant! Les conséquences, tout simplement! s'exclama Kécile. Quand cela se saura, pourrez-vous encore me protéger?

- Pourquoi veux-tu que cela se sache, demanda calmement Dumbledore.

- Pot... Harry ne va pas garder ça pour lui!

- Tu le connais mal. Tu peux être certaine de sa discrétion. Si c'est là ta seule crainte, tranquillise-toi.

La silence s'installa à nouveau dans le bureau. Dumbledore attendait que Kécile se livre entièrement, mais voyant qu'elle se taisait toujours, il demanda:

- Est-ce que je me trompe en disant que ce n'est pas là la seule chose qui te préoccupe?

Kécile poussa un soupir de lassitude.

- Non, reconnut-elle. Je... je n'arrive pas à comprendre ce qui a bien pu me pousser à parler de ça à Harry, quelle mouche m'a piquée?

- C'est l'amitié, Kécile. Quoi qu'en dise Voldemort, c'est une excellente chose.

Kécile ne cacha pas sa perplexité.

- Tu sembles surprise, mais je dois t'avouer que je suis heureux que tu ais parlé de cet évènement à quelqu'un d'autre qu'à Severus ou à moi.

- Evoqué serait- plus juste, rectifia Kécile.

- C'est un début.

- Je dirais plutôt que c'est une fin, rétorqua-t-elle un brin narquoise. Je peux m'estimer heureuse que Potter, pardon, Harry se taise, mais je peux toujours courir pour qu'il continue à m'adresser la parole. De toute manière, c'était une erreur depuis le début.

- Qu'est-ce qui était une erreur? insista Dumbledore

- De me rapprocher de Potter.

- Harry.

Kécile leva les yeux au ciel.

- Je comprends ta confusion, Kécile, je sais que ce n'est pas facile pour toi d'accorder ta confiance. Mais tu peux la donner à Harry. Il est capable de te comprendre. Tu n'as pas à craindre qu'il en profite. Je suis certain qu'il va venir te parler. Et je te demande de ne pas fuir la conversation.

- Si je comprends bien, vous m'encouragez à me dévoiler davantage encore.

- Je t'invite à te rapprocher de lui. Tu ne peux pas rester toujours seule. Severus et moi ne sommes pas une compagnie suffisante. Tu as besoin d'amis. Et je crois que Harry peut devenir un ami précieux. Vous avez beaucoup de points communs, vous êtes à même de vous comprendre l'un l'autre.

- C'est de la folie! murmura Kécile, cette fois-ci très sérieuse. Il est le survivant et je suis la fille du Seigneur des Ténèbres.

- Vous êtes tous les deux des enfants qui avez subi des drames par la faute de Voldemort. Cesse de croire que tu ne peux pas avoir d'amis, Kécile. Même si tu penses que le fait d'avoir commis un meurtre te coupe des autres, laisse les venir vers toi s'ils te tendent la main.

- Dans ce cas, je suis tranquille, répondit Kécile avec une grimace. Harry m'évite.

- Lui aussi a besoin de temps, tu peux le comprendre, n'est-ce pas? Mais je suis certain qu'il viendra te parler. Harry n'est pas un garçon qui porte des jugements hâtifs. Il cherchera à comprendre. Laisse lui l'occasion.

- Vous voulez que je lui parle de ce qui s'est passé l'été dernier?

L'idée la dégoûtait visiblement.

- Je ne sais pas si j'en serai capable...

- Harry comprendra que tu ne puisses pas te confier entièrement. Mais tu dois essayer. Crois-moi, tu en as besoin.

- Joyeuse perspective, grogna Kécile. Severus avait refusé de jouer les psychologues, comme il disait, mais finalement, je me demande si je n'aurais pas préféré que vous vous en dispensiez vous aussi...

Dumbledore eut un sourire indulgent.

- Ça n'aurait pas été te rendre service. Après tout,c'est toi-même qui m'a demandé d'être ton mentor.

Kécile soupira d'un air dramatique.

- Pourquoi faut-il que vous ayez toujours raison?

Dumbledore eut un petit rire et répondit alors que Kécile se levait:

- On me pose souvent la même question. Je suppose que c'est un des avantages de l'âge...

- Donc en résumé, je n'ai aucune inquiétude à avoir, Harry tiendra sa langue, et s'il vient me voir, je ne l'envoie pas bouler, je réponds à ses questions. Je lui fais confiance.

- C'est cela.

Kécile grimaça.

- Faire confiance à Harry Potter. Si Père entendait ça...

- Ce ne serait pas pire que d'apprendre que tu as choisi de m'obéir plutôt qu'à lui.

Evidemment... Vu sous cet angle!...

Rassérénée par cette conversation, Kécile était retournée dans la tour de Gryffondor le front haut et avait osé affronter le regard de Harry lorsqu'ils se croisaient. Les jours s'écoulèrent et le mois de septembre passa sans que Harry ait semblé dire un mot à qui que ce soit. Peu à peu dans le cadre des cours, ils s'adressèrent à nouveau la parole.

Rémus Lupin avait gagné l'estime de la plupart des élèves, y compris de Kécile. Il semblait un spécialiste des créatures magiques, et Kécile était heureuse d'apprendre réellement des connaissances. Ce cours devint rapidement son préféré.

C'était pour compenser avec le cours d'étude des moldus où elle s'ennuyait à mourir. Le dégoût pour cette matière était renforcé par le fait que les devoirs ne l'inspiraient pas le moins du monde et qu'elle crevait d'envie de ressortir dans ses dissertations une bonne théorie bien agrémentée à la sauce mangemort. Exemple avec le devoir à rendre pour la semaine prochaine: emLes mythes surnaturels chez les moldus: décrivez et commentez./em

Grand A: description des mythes moldus: la mythologie antique et nordique, la sorcellerie du moyen Age, le fantastique de l'époque moderne.

Jusque là, rien de "politiquement incorrect", juste du recrachage de cours d'étude des moldus et d'histoire de la magie.

Grand B: antithèse: nourrir le mythe pour mieux se cacher.

Grand C, et c'est là que les choses commençaient à être vraiment intéressantes: thèse: rendre le mythe réalité pour s'imposer.

... Non?

C'était pourtant un bon plan, n'est-ce-pas? Trois parties bien équilibrées, une antithèse hypocrite à souhait et une thèse convaincue. Qu'est-ce qu'elle risquait, au juste, puisque le professeur Burbage était "avertie de son cas"? De se retrouver dans le bureau du directeur dans le pire des cas... Kécile avait songé à aller voir Dumbledore pour lui demander un avis sur son plan. Mais l'idée n'avait fait que l'effleurer. Elle entendait déjà le discours moralisateur du vieil homme et préférait ne pas lui tendre de perche. Et puis il lui aurait jeté un regard déçu qui l'aurait mise mal à l'aise...

Elle se décida donc à rendre un devoir sage et insipide. Grand B: antithèse: des mythes qui menacent chaque jour le secret

Grand C: thèse: les mythes au secours du secret magique.

Développement beaucoup moins palpitant, mais qui ne serait pas considéré comme subversif de la part de Burbage.

Bref, la rentrée était somme toute assez tranquille, si on omettait que Sirius Black était toujours en cavale, que Harry pouvait divulguer à tout moment que Kécile était une meurtrière, et que Severus continuait obstinément à lui faire la tête...

Le cours d'arithmancie venait de se terminer et Kécile avait laissé filer Hermione, comme à l'habitude.

" Gaunt?

Drago venait de l'interpeller. Elle cacha sa surprise et demanda d'une voix parfaitement égale et polie.

- Qu'est ce qu'il y a?

- Potter te fait la gueule en ce moment? On vous voit plus traîner ensemble...

- Drago, si ma compagnie te manque au point que tu espionnes mes relations, dis le de suite! Je suis sure de pouvoir te trouver un peu de place dans mon agenda. A ce propos, j'aurais besoin de prendre rendez-vous avec toi pour que tu m'éclaires un point.

- Arrête de dire des bêtises, Gaunt, je te suis plus là... répondit le serpentard en fronçant les sourcils.

- Je suis pourtant très sérieuse.

- Tu n'as pas besoin de prendre rendez-vous pour me parler.

- Ah bon? Pourtant, dès qu'il s'agit d'adresser la parole à Drago Malfoy sans se faire envoyer sous les roses, j'ai cru compren...

- C'est bon, Gaunt, j'ai compris. Qu'est-ce que tu veux?

- C'est une réponse claire que je veux, pas une vanne quelconque.

- Tu as toute mon attention, répondit le serpentard d'un ton sérieux. Sa camarade avait fini par piquer sa curiosité.

- Pourquoi tu as dit à Potter qu'il devrait se venger de Black?

Malfoy ouvrit de grands yeux.

- Tu ne sais pas?

- Non.

- C'est pas tellement l'endroit pour en discuter. Viens.

Kécile suivit le garçon dans les couloirs à la recherche d'une salle vide. Lorsqu'ils se furent enfermés et protégés à l'aide d'un sort de confidentialité, elle se tourna vers lui, bien décidée à obtenir une réponse.

- Alors?

- Je ne t'apprends quand même pas que Black était un mangemort?

- Bien sûr que non, ça a été à la une de tous les journaux pendant deux mois!

- Et tu sais pourquoi il était à Azkaban.

- J'aurais cru qu'être mangemort était un motif d'inculpation suffisant. On m'y a enfermé pour moins que ça, remarqua Kécile avec amertume.

- C'est Black qui a livré les Potter au Seigneur des Ténèbres il y a douze ans. J'aurais cru que tu le savais.

- C'est ton père qui t'a raconté ça?

- Oui... et même pour un mangemort, l'histoire est pas jolie jolie... Sirius Black était un ami très proche de James Potter. Il était le seul à connaître leur cachette et il l'a dévoilée au Maître. Après tu sais ce qui c'est passé.

- Et c'est cette nuit-là qu'il a tué treize personnes?

- Oui.

- Je ne comprends pas. Pourquoi a-t-il trahi ses amis?

- Ça, Gaunt, c'est pas de mon ressort. Père ne m'en a pas dit plus. Mais c'est suffisant pour que Potter ait envi de se venger, non?

- Sans doute, surtout si ça peut le fourrer dans les pattes d'un tueur fou et t'en débarrasser, n'est-ce pas? conclut Kécile avec un sourire moqueur

- Un serpentard ne fait jamais rien gratuitement...

- OK, répliqua Kécile en plaisantant. Tu noteras s'il te plaît que le rendez-vous n'a pas duré longtemps... Je te dois combien?

- La raison pour laquelle Potter ne te parle plus, répondit Malfoy d'un air sournois.

- Eh, c'était pas prévu, ça!

- Rien n'a été prévu. C'était à toi de poser les clauses de cet échange avant. Tu me connais pourtant...

Kécile songea un instant à employer la méthode forte pour mettre fin à l'entretien, mais tout bien réfléchi, elle avait plutôt intérêt à garder des relations neutres avec Drago, ( et à en juger par le sourire goguenard qu'affichait ce dernier, il le savait très bien.) Répondre à cette question ne changerait pas grand chose.

- Tu as gagné pour cette fois, capitula-t-elle. J'ai dit à Potter que j'ai commis un meurtre, répondit Kécile d'un ton faussement détaché.

Drago la fixa d'un air ébahi.

- Tu es folle? Tu veux pas non plus lui dire que t'es la fille du Seigneur des Ténèbres, pendant que tu y es?

- Oh! Ça il le sait depuis un moment déjà...

- OK, c'est bon Gaunt! s'exclama Drago en s'éloignant avec une mine effaré. Je ne veux pas en entendre davantage. On sait tous que t'es une associable mais si tu racontes ce genre de choses, faut pas t'étonner que personne ne te parle. Je crois que même si tu étais à Serpentard tu ferais fuir tes camarades.

- Je laisse donc le sociable et mondain serpentard rejoindre son cercle intime de fils de mangemorts qui ne cachent rien sauf ce qui est important, répliqua Kécile piquée au vif.

- Tu veux que je te dise quelque chose, Kécile, répondit Malfoy en secouant la tête. Tu aurais jamais pu faire une mangemort convenable. Tu es trop sincère pour ça. Tu joues trop franc jeu.

Il ignora le regard furieux de la Gryffondor et s'apprêta à sortir.

- Un petit conseil quand même, dit-il sur le pas de la porte, apprends à dissimuler certaines choses si tu veux pas devoir prendre une réservation à Azkaban.

La fin du mois de septembre approchait, et Kécile se disait qu'elle n'avait guère avancé dans ses problèmes. Certes, elle avait obtenu la réponse qu'elle voulait de Malfoy, mais celle-ci soulevait davantage de questions qu'elle n'en résolvait. Et ça ne l'avançait pas à grand chose dans la mesure où Harry et elle n'avaient toujours pas eu la moindre conversation. Il lui restait trois choses à résoudre: Severus qui lui faisait la tête, Harry qui l'évitait, et Dumbledore à interroger sur Granger.

Plantée au milieu d'un couloir, elle tergiversait pour déterminer quelle était la tâche la moins difficile. Curieusement, entre affronter Severus ou Harry, elle choisissait Severus tout de suite. Au moins, elle savait à quoi s'attendre avec lui. En revanche, difficile de déterminer si il valait mieux commencer par le directeur ou le professeur de potion.

Finalement, c'est après s'être dit que de toute manière après une visite à Severus, elle aurait probablement besoin de parler au vieil homme qu'elle se dirigea vers les cachots. Mieux valait prendre les problèmes à bras le corps. Hum... Gryffondor commençait à la contaminer.

Lorsque Severus ouvrit à l'inopportun qui venait déranger sa soirée, il ne s'attendait certainement pas à voir Kécile devant sa porte.

- Qu'est-ce que vous faîtes-là?

- Bonsoir à vous aussi, professeur. Je peux entrer?

Il caressa un moment l'idée de lui claquer la porte au nez, mais la gamine était fichue de le harceler jusqu'à ce qu'il cède. Il lui livra donc passage à contre coeur.

- Que me vaut le désagrément de votre visite?

- Ne soyez pas aussi aimable, Severus, ça risquerait de devenir une habitude.

- Vous oubliez que vous parlez à un professeur, Miss Gaunt. Je ne tolère pas d'insolence de la part de mes élèves.

- Je m'excuse, professeur.

Ca , c'était vraiment pour la forme...

- Maintenant, mettez trente secondes de côté l'élève, Severus et expliquez moi pourquoi vous me faites la tête depuis la rentrée. Vous étiez amical le soir du banquet, et puis brusquement vous me battez froid, m'appelez Miss Gaunt et me traitez à peine mieux que Potter.

- Je n'ai pas de compte à vous rendre, Miss Gaunt.

Brillant, Severus! songea le professeur. ce n'est certainement pas comme ça que tu vas te débarrasser d'elle.

- Je sais, répliqua l'élève. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on s'est disputé la dernière fois... C'est vraiment idiot.

Il y eut un silence que Kécile interrompit en demandant, tête penchée et yeux de cocker:

- S'il vous plaît! Severus! Dîtes moi ce qui ne va pas. Est-ce que vous m'en voulez parce que j'ai aidé Neville dans votre dos? Dans ce cas, je m'excuse, professeur. Je suis vraiment désolée et ça ne se reproduira plus.

- Inutile de me faire vos yeux de chien battu, Miss Gaunt. Ça ne marche pas avec moi, répondit le professeur la mine toujours aussi sévère.

Ce n'était certainement pas en tentant de l'amadouer qu'elle allait parvenir à ses fins.

- Et bien quoi, alors? s'exclama Kécile. Est-ce que c'est ce qui s'est passé avec l'épouvantard de Lupin? Sur ce coup là, poursuivit-elle avec véhémence, je n'y suis vraiment pour rien, je vous assure! La seule chose que j'avais en tête à ce moment-là, souleva-t-elle, c'était d'éviter de me retrouver moi-même devant cet épouvantard...

Maintenant, elle essayait de l'apitoyer. Il pensait vraiment qu'elle était capable de mieux...

- Severus, est-ce que c'est Lupin qui vous met dans cet état là? Qu'est ce qui a bien pu se passer entre vous?

- Ça ne vous regarde pas, Miss Gaunt.

- Encore du Miss Gaunt, remarqua Kécile visiblement réellement dépitée. Très bien, je ne vous demande rien, ça ne me regarde pas.

Severus haussa un sourcil. C'était anormal qu'elle cède aussi vite. Il devait lui reconnaître une caractéristique des gryffondor, elle était têtue.

- Mais je n'ai rien à voir avec ce Remus Lupin, poursuivait Kécile d'une air outragé. Que vous fassiez subir votre mécontentement aux autres élèves, ça m'est égal, mais moi ne suis-je pas votre élève préférée?

Severus laissa échapper un petit rire sarcastique.

- Votre présomption ne cesse de croître, Miss Gaunt. Pourquoi auriez-vous droit à un traitement de faveur?

- Je ne sais pas...répondit Kécile en faisant mine de réfléchir. Peut-être parce que je suis plus proche de vous que n'importe quel élève. Vous n'êtes venu au secours d'aucun autre élève lorsqu'il s'est retrouvé face à un épouvantard transformé en Seigneur des Ténèbres. Vous n'avez donné à aucun autre élève une potion anti-douleur en cachette du Seigneur des Ténèbres.

Il fallait reconnaître qu'elle arrivait presque à le faire culpabiliser.

- N'essayez pas davantage de jouer sur mes sentiments, Kécile.

Ca y est... Il avait lâché le fatal "Kécile" qui le désignait perdant.

Severus poussa un soupir de lassitude devant le sourire triomphant de son élève.

- C'est que vous arrivez toujours à vos fins, vilain serpent! grommela-t-il.

- De votre bouche, je devrais plutôt prendre ça comme un compliment. Allons, Severus! Vous n'allez pas m'en vouloir? J'ai été à bonne école, ne croyez-vous pas?

- Très bien, je vous pardonne, Kécile.

- Merci. Euh.. au juste, vous pardonnez quoi, déjà?

- Voyons voir? De vous être payé ma tête avec Londubat, par exemple? Votre insolence, alors?

Kécile avait l'air vraiment gênée... du moins autant que pouvait l'être cette serpentard manquée...

- Alors merci encore, répondit-elle avec sincérité cette fois. Néanmoins, est-ce que vous me promettez de me prévenir la prochaine fois que je vous aurais mis en colère? Parce qu'on me dit souvent que je suis lunatique, mais vos sautes d'humeur me laissent un peu pantoises et j'ai du mal à suivre.

- Faîtes attention, Miss Gaunt, vous redevenez insolente!

- Dire la vérité, c'est être insolente?

- Ça suffit, Miss Gaunt.

S'il ne voulait pas se laisser déborder par cette diable de gamine il avait intérêt à mettre une limite à ces joutes verbales.

- Très bien, je n'ai rien dit, ne vous fâchez pas. Maintenant, vous allez me raconter ce qu'il s'est passé avec le professeur Lupin?

- Mais quelle fouineuse! Vous n'allez pas me lâcher sur ce sujet tant que je ne vous aurais rien dit, n'est-ce pas?

- Ah vous d'en juger, Severus.

- Voilà ce que je vais vous dire histoire que vous me fichiez la paix une bonne fois pour toute. Remus Lupin a été à Gryffondor dans la même promotion que moi. Lui et ses amis avaient un goût prononcé pour le risque, les escapades nocturnes, l'humiliation de leurs adversaires et le contournement du règlement. Nous n'avons cessé d'être en guerre.

- Mais ça date de l'époque où vous étiez étudiants, non? Maintenant, vous êtes deux adultes responsables... Et vous êtes entrain de me dire que vous poursuivez une guerre d'élèves?

- Il y a des choses que vous ne pouvez pas savoir, Kécile, répliqua sèchement Severus avec agacement, en partie parce qu'il y avait un fond de vérité dans les propos de son élève.

- Le professeur Lupin cache bien sa véritable personne et vous ne pouvez de ce fait pas saisir l'ampleur de cette histoire. Je peux peut-être espérer qu'avec votre perspicacité vous saurez voir ce qu'il est réellement. Je n'en dirai pas plus. Je fais appel à votre intelligence pour comprendre ce qu'il m'est interdit de vous dire.

En voyant la mine songeuse de Kécile, il comprit qu'il avait joué un bon coup. Lui faire un miroiter un mystère était un très bon moyen pour l'amener à découvrir la véritable nature de Lupin sans que Dumbledore ne puisse l'accuser. Et en se réfugiant derrière le prétexte d'une interdiction du vieil homme, il était assuré d'avoir la paix. Parfait!

Octobre était arrivé et Kécile rêvassait durant un cours d'histoire de la magie, un sujet qui l'inspirait énormément sur l'étude des moldus sous les yeux..

Elle avait avancé dans son effort d'amabilité et de dialogue (sauf avec Potter), elle avait parlé avec toutes les personnes auprès de qui elle s'était engagée (sauf Potter). En résumé, elle avait avancé sur tous les plans... sauf Potter. Ah et Hermione aussi... Elle avait été bien naïve de croire que Dumbledore se laisserait interroger sur ce sujet. Le directeur avait bien des secrets et n'avait aucune intention d'en faire part à son élève. Comme c'était surprenant!

L'ennui c'est que le résultat final laissait davantage de question qu'au départ! Pourquoi Sirius Black avait-il trahi son ami? Quel moyen magique Hermione employait-elle pour se trouver dans plusieurs lieux à la fois, moyen qui nécessitait un accord du ministère? Qu'est-ce que cachait Lupin qui pouvait déclancher une haine aussi tenace de la part de Severus tout en ayant la protection de Dumbledore?

Son regard se posa sur Harry qui somnolait devant elle quelques rangs plus loin. Il restait le dernier problème à régler dans l'immédiat. Cela faisait un moment qu'elle réfléchissait au moyen de l'aborder. Mais quoi! " Harry, j'étais censée avoir ta peau, à toi aussi, mais tu vois tu es toujours vivant, on peut me faire confiance!" " Harry, oublie ce que je t'ai dit, je plaisantais!" "Dis, Harry, je sais bien que je suis une meurtrière, mais j'aimerais quand même qu'on soit ami!"

Ridicule...

Puis soudain, elle eut l'idée qui lui permettrait de tâter le terrain. Avec un peu de chance, elle lui tendrait même une perche qu'il saisirait peut-être au passage, à en croire Dumbledore.

Elle attendit avec impatience que la sonnerie retentisse, et alors que les élèves sortaient tous de leur douce torpeur, elle avait déjà rangé ses affaires et vint toucher l'épaule de l'objet de ses tracas.

- Harry? Je peux te parler?

Kécile vit Potter pris au dépourvu, mais il répondit oui avec hésitation.

- Tu te rappelles, j'avais deux questions à aller poser pour toi. On peut en discuter dans un endroit tranquille?

Il acquiesça et elle attendit qu'il ait rangé ses affaires, et sorte dans le couloir. Weasley lui jeta un regard soupçonneux lorsque Harry dit à ses deux camardes qu'il les rejoignait plus tard. Kécile espèrait que c'était bon signe s'il ne voulait pas qu'il y ait de témoin à leur convesation. Ils trouvèrent une salle vide et Harry s'assit sur une table tandis que Kécile s'appuyait au bureau du professeur.

- Je t'écoute, dit Potter d'un ton neutre.

- Première question: pourquoi devrais-tu te venger de Sirius Black.

- Tu as réussi à faire parler Malfoy? s'étonna-t-il.

- J'ai eu une conversation courtoise et instructive avec lui, oui. C'est à Black que tu dois d'être orphelin. C'est lui qui a dénoncé la cachette de tes parents à Voldemort. C'est à cause de lui qu'il les a tués. Après... tu sais ce qui s'est passé...

Harry resta silencieux et fixait un point du mur derrière elle. Voyant qu'il ne réagissait pas, Kécile poursuivit:

- Ça c'était la partie facile, dit-elle dans une tentative pour détendre l'atmosphère. La deuxième question, au sujet d'Hermione nécessitait que j'aille voir Dumbledore. Et évidemment, comme je m'y attendais, pas de réponse! Il a refusé de m'expliquer comment Hermione s'y prend pour assister à plusieurs cours à la fois.

- Que t'a-t-il dit exactement?

- Que je ne devais pas me poser de question, ni chercher à comprendre, répondit-elle dépitée, qu'Hermione avait dû faire une requête auprès du ministère pour cela et qu'elle avait juré de garder le secret.

- Donc, elle assiste bien à plusieurs cours à la fois.

- De toute évidence.

- Mais ça n'est matériellement pas possible!

Kécile leva les yeux au ciel.

- Harry, le matériellement pas possible, avec la magie, ça n'existe pas, ou presque. Il semble matériellement impossible de ressusciter les morts, mais il est matériellement possible de se trouver dans plusieurs lieux à la fois. Hermione en est la preuve. Maintenant, vous n'avez qu'à la cuisiner. Voilà, dit Kécile en s'avançant vers la porte, c'est tout ce que je voulais te dire.

Maintenant, songea-t-elle, soit il l'arrêtait, soit il la laissait partir, et après un échange aussi plat, elle n'était pas très avancé. Dumbledore allait-il perdre ou gagner?

- Kécile!

... Gagné. C'était presque fatiguant à la fin.

- Oui? répondit-elle en se retournant.

- Ecoute... je voulais te dire, au sujet de l'autre fois... Je suis désolé.

Kécile s'attendait à tout sauf à ça. Elle regarda le garçon avec des yeux ronds.

- Je n'aurais pas dû te pousser à me révéler ce genre de choses...

- Je t'arrête de suite, Potter! s'exclama-t-elle. Tu n'as rien à te reprocher, c'est moi qui aurait dû me taire. Poussée par les autres ou non, ce genre de choses, on les garde pour soi. C'est plutôt moi qui doit te remercier de ne pas l'avoir crié sur les toits. Ça m'aurait attiré quelques soucis.

- J'imagine que si Dumbledore est au courant et que tu es toujours là, c'est que tu as des circonstances atténuantes.

- Ouais... répondit Kécile avec une moue désabusée. C'est ce qu'il dit. Pour ma part, je n'en suis pas convaincue.

- Tu.. tu veux en parler? propose Harry avec maladresse.

- Ah non! Stop! Ça suffit! Tu vas pas te mettre à jouer les psychologues, toi non plus?

Un silence embarrassé s'abattit entre eux, mais Harry, une nouvelle fois, en courageux gryffondor brisa le silence.

- Je sais que j'ai été un peu distant, ces derniers temps... Je me posais des questions...

- On s'en poserait à moins! s'exclama Kécile en levant les yeux au ciel. Laisse-moi deviner: tu te demandais si je ne méritais pas mon séjour à Azkaban, c'est ça?

Potter eut l'air gêné.

- Il faut te mettre à la place des gens qui ne te connaissent pas, Kécile. Rappelle-toi ton comportement lorsque tu es arrivée. Je sais bien que tu as changé depuis...

- Et c'est pour ça que tu n'as pas crié sur les toits que j'étais une... enfin, que tu ne l'as pas crié de façon à ce que je ne me retrouve pas à Azkaban une nouvelle fois. Je t'en remercie.

- C'est à Dumbledore de savoir si on peut te faire confiance ou non. Je suis simplement son jugement.

- Pourtant, beaucoup de gens considèrent Dumbledore comme beaucoup trop confiant, souleva Kécile.

Et elle n'était pas la dernière...

- C'est sûr, répondit Harry en souriant. C'est d'ailleurs la grande discussion avec Ron et Hermione: Dumbledore a-t-il raison de faire confiance à Rogue? Les avis sont très partagés.

- Je peux répondre à cette question avec assurance: Dumbledore a parfaitement raison de faire confiance à Severus. Je lui fais entièrement confiance. Et c'est en partie grâce à lui que je me trouve aujourd'hui de ce côté de la barrière.

- Kécile, interpella Harry avec curiosité, je sais que c'est personnel, mais... il y a quelques temps tu avais refusé de répondre, quand je t'avais demandé qu'est-ce qui a fait que tu as changé de côté. Est-ce que c'est à cause de ce... meurtre?

Kécile fronça les sourcils et posa un regard ombrageux sur son camarade.

- Désolée de te décevoir, Potter, répondit-elle d'une voix sourde, mais: non. Pas vraiment. On va dire que ce soir-là, j'ai commencé à me poser sérieusement des questions. Mais on ne quitte pas Voldemort en lui envoyant une lettre recommandée! Surtout quand il est ton père, ajouta-t-elle avec un soupir de lassitude.

Le regard presque avide de Potter la mettait mal à l'aise. Elle avait pas vraiment prévu que la conversation aille aussi loin.

- Ecoute, j'ai vraiment pas envie de parler de ça.

- Kécile! J'ai vraiment besoin de comprendre. Je ne veux pas continuer à t'ignorer. Mais je ne comprends pas tes réactions. Qu'est-ce qui a fait que tu as changé de côté? Explique moi. S'il-te-plaît.

Kécile jaugea son interlocuteur un moment. Jusqu'à quel point pouvait-elle lui faire confiance? Il avait déjà montré qu'il était digne d'être pris pour confident. Mais l'idée de se confier à quiconque autre que Dumbledore ou Severus déplaisait souverainement à Kécile. En même temps, elle lui avait déjà révélé pour une raison stupide ce qu'il y avait de pire, alors...

- Bon, je vais être franche avec toi, se décida-t-elle à répondre. La vraie réponse tu ne l'auras pas. Même Dumbledore l'ignore, si ça peut te consoler.

- Personne ne le sait?

- Severus la connaît, mais il est le seul. Maintenant, ce que je peux te dire, c'est que ce meurtre a remis pas mal de choses en question, mais que j'avais trop peur. Et puis on m'a demandé de faire d'autres choses, de commettre un autre meurtre. Je n'ai pas trouvé le courage de le faire. J'ai désobéi au Seigneur des Ténèbres, je n'étais pas censée en sortir vivante. J'ai eu de la chance, et pour sauver ma peau et éviter qu'on me demande de tuer d'autres personnes, j'ai changé de camp. Tu vois, rien de très glorieux.

- Ce n'est donc pas par conviction?

- Non, désolée de te décevoir, pas de convictions, pas de beaux sentiments non plus. C'était juste... je sais pas si tu peux comprendre, Harry. C'est juste que j'avais l'impression d'être plus proche des gens qui étaient de l'autre côté de la barrière que de ceux qui étaient dans le même camp que moi. Tu tergiverses, tu hésites, tu pèses le pour et le contre, et puis un jour, tu sais pas vraiment comment tu as franchi la ligne, tu te retrouves de l'autre côté. Et là, tu te mors les doigts en te disant: bon sang, qu'est-ce que j'ai fait? Mais c'est trop tard.

- Tu veux dire que tu regrettes? demanda Harry en fronçant les sourcils.

- Non. Mais ça ne veut pas dire que je ne le regretterai jamais...

Harry semblait ne pas vraiment apprécier cette dernière remarque. Kécile jugea bon d'expliquer son point de vue. Même si ça ne lui plaisait pas. Elle n'était vraiment pas à ça près.

- Tu sais Potter, pour toi, il y a le camp des méchants, et celui des gentils. Pour moi, il y a le camps de mon père, et l'autre. Et puis un beau jour il y aura le camp des gagnants et le camp des perdants. Ce qui m'importe de savoir, c'est dans quel camp je serai. Dans la mesure où je suis dans le camp de l'autre, je vais faire ce qui est en mon pouvoir pour aider ce camp à gagner. Mais ce ne sera pas pour une quelconque notion de bien ou de mal.

- Ça viendra peut-être... répondit Harry dans une tentative de conciliation.

Kécile eut un reniflement méprisant.

- Dumbledore dit la même chose. J'ai des doutes... Il me suffit de regarder Severus.

- Rogue est un serpentard. D'accord, rectifia Harry en souriant, tu es une gryffondor ratée.

- Merci du compliment, Potter.

Au moins, il ne semblait pas s'offusquer de ses propos.

Il y eut un moment de silence plus amical entre les deux élèves, avant que Harry ne dise:

- Merci Kécile d'avoir posé ces questions à Dumbledore et Malfoy.

- De rien. Et toi, Harry, merci de continuer à me parler, de me laisser une chance malgré ce que tu sais. Plus d'un m'aurait tourné le dos... m'aurait dénoncé.

- Là, tu es entrain de penser à quelqu'un, répliqua Harry en pointant un doigt accusateur vers Kécile.

- On va dire qu'un nom frôle mon esprit! avoua Kécile avec un sourire sarcastique. Weasley, par exemple?

- Je ne pense pas que Ron t'aurait dénoncé.

- Hum, je préfère ne pas avoir à vérifier. Evite de lui en parler, s'il te plaît.

- Je n'en ai parlé à personne, rétorqua Harry. Pas même à Ron et Hermione.

- Et bien ça signifie que tu es quelqu'un en qui on peut avoir confiance, Harry. Je te le revaudrais.


A la rentrée!