Je sais que certaines personnes trouvent qu'il ne se passe pas grand chose en ce moment. Je fais un effort à la fois pour donnner un ton plus léger, développer la relation de Kécile avec le trio et pour avancer rapidement dans ce troisième peux d'ores et déjà vous annoncer que l'un des chapitres à venir (43 ou 44) vous dépaysera un peu!

Dans ce chapitre, Kécile tente d'élucider certains mystères.


Chapitre XXXXI: La Rancune de Severus

Depuis quinze jours, Kécile se sentait d'incroyablement bonne humeur. Elle avait retrouvé des relations cordiales avec Harry, Severus ne lui faisait plus la tête, Drago échangeait quelques propos avec elle en cours, et elle pouvait retrouver un Weasley désagréable avec qui se chamailler à chaque repas. Même la pensée des détraqueurs au portail de l'école de parvenait pas à l'assombrir.

" Bonjour! lança-t-elle à la cantonade en s'asseyant à la table des gryffondors pour le petit déjeuner. Harry lui rendit son salut, Hermione et Neville lui sourirent, et Ron lui jeta un regard mauvais. Quant aux autres gryffondors, ils avaient renoncé à comprendre l'attitude lunatique de leur camarade et continuaient de l'ignorer. Mais Kécile n'en avait cure. Sauf qu'aujourd'hui, ils ne semblaient même pas l'avoir entendue, plongés dans des conversations excitées.

- Qu'est-ce qui se passe? s'enquit-elle.

- Première sortie à Pré-au-lard prévue le jour d'Halloween, répondit Neville.

Il y avait de quoi se réjouir, en effet... sauf dans son cas.

Mais Kécile nota que quelque chose clochait. Le trio n'avait pas l'air d'apprécier la nouvelle autant que les autres. Elle interrogea du regard Neville sur l'humeur morose de ses camarades, mais celui-ci haussa les épaules en signe d'ignorance. Elle s'attaqua donc à son petit-déjeuner sans plus poser de question, certaine qu'on lui expliquerait ce qui se passait en temps voulu. Dans l'immédiat, à voir les regards furieux qu'ils se lançaient, Weasley et Granger semblaient fâchés et Harry d'humeur morose. Elle n'avait donc personne à interroger.

Le soir venu, la seule chose que Kécile avait compris, c'est qu'Harry n'avait pas l'autorisation d'aller à Pré-au-lard et que c'était pour cette raison qu'il était aussi déprimé.

Ils étaient tous les quatre à faire leurs devoirs dans la salle commune et Weasley vitupérait tout ce qu'il savait contre MacGonagall qui avait refusé de le laisser partir sans autorisation.

- Il y aura quand même le banquet de Halloween...

- Oui, quelle joie... répondit Harry avec un enthousiasme délirant.

- Vois le bon côté des choses, Harry, intervint Kécile, tu n'auras pas à passer devant les détraqueurs!

- On te ramènera plein de choses, dit Hermione. Et je suis sure que bientôt tu pourras aller les acheter à ton tour. Dès que la menace de Black sera levée tu pourras aller à Pré-au-lard.

Kécile se retint de dire qu'alors à son avis ça n'était pas près d'arriver. Mais pour ne pas déprimer davantage Harry, et aussi parce qu'elle refusait d'envisager que les détraqueurs puissent rester indéfiniment aux portes de Poudlard, elle se tut.

- Dis, Harry, s'exclama Thomas, tu veux que j'imite la signature de ton oncle? Ça ne devrait pas être trop compliqué et qui ira vérifier?

- C'est gentil, Dean, répondit Harry, mais j'ai déjà dit à MacGonagall que le formulaire n'était pas signé... C'est trop tard maintenant.

- Dommage qu'on n'y ait pas pensé avant, dit Weasley avec regret, déclanchant un regard réprobateur de Granger. Eh Harry! fit-il en baissant la voix, tu pourrais peut-être utiliser ta cape.

Kécile ne comprit pas de quoi il parlait, mais apparemment, ce n'était pas une bonne idée.

- Impossible, rétorqua Hermione. Dumbledore nous a dit que les détraqueurs ne se laissent pas abuser par ce genre de ruse. Je suis désolée Harry, mais je crois vraiment qu'il faut que tu te résignes, conclut-elle.

- Allez, ne fais pas cette tête-là! s'exclama Kécile. Tu ne seras pas tout seul, on trouvera bien de quoi s'occuper!

- Tu ne vas pas à Pré-au-lard? s'étonna Hermione.

- Hors de question! S'il faut passer devant les détraqueurs, franchement, le jeu n'en vaut pas la chandelle! Pour rien au monde je ne m'approcherais de ces monstres. Je pense que je m'évanouirais purement et simplement.

Le matin du fameux jour, une atmosphère fébrile régnait à la table du petit déjeuner parmi les troisième année gryffondors. Le seul qui n'avait pas vraiment l'air de se réjouir, c'était Harry. Hormis Kécile, évidement, que cette effervescence laissait complètement indifférente. Elle était entrain de se demander à quel moment elle pourrait fausser compagnie à Harry pour aller rendre visite à Severus et à Dumbledore. Cela faisait un moment qu'elle n'était pas allée les voir.

- On va te ramener plein de bonnes choses de chez Honeydukes, disait Hermione dans une vaine tentative pour consoler Harry.

- Ouais, plein!

- Ne vous inquiétez pas pour moi, répondit Harry d'un ton faussement désinvolte. Je vous retrouverai au banquet. Amusez-vous bien.

- Oui, renchérit Kécile, ne vous inquiétez pas pour lui, il est avec moi!

- C'est sûr que ça va nous rassurer de savoir ça, répliqua Weasley.

- Alors, qu'est-ce qu'on fait? demanda Kécile en suivant Harry qui prenait machinalement la direction de la salle commune.

- J'en sais rien.

- Qu'est-ce que tu as envie de faire, dans ce cas?

Harry haussa les épaules. Kécile poussa un soupir et songea que si son camarade ne faisait pas rapidement davantage d'effort, elle l'abandonnait sans scrupule pour aller voir Severus. A moins qu'il ne veuille l'accompagner, évidemment. Tiens, c'était une idée à lui soumettre ça...

- Hé, Harry! Salut, Harry! s'exclama un élève alors qu'ils traversaient le portrait de la grosse dame. Tu ne vas pas à Pré-au-lard, Harry? Comment ça se fait? Viens t'asseoir avec nous, si tu veux.

- J'adore ces gens qui ne te laissent pas répondre aux questions qu'ils te posent, marmonna Kécile.

- Non, merci, Colin, répondit Harry avec réticence. Je dois aller à la bibliothèque. J'ai du travail à faire.

Et ils ressortirent aussitôt de la tour.

- Et moi qui te demandais il y a deux minutes ce qu'on faisait. Merci Colin! Oh allez, Harry! s'exclama Kécile avec un certain agacement face à la mine déprimée de son camarade, tu ne vas pas tirer cette tête d'enterrement toute la journée! Ce n'est pas la fin du monde.

- Je n'ai vraiment pas envie de travailler... soupira-t-il.

- Ça t'occuperait, pourtant. Il faut bien que tu fasses quelque chose. Je te préviens, je ne te suivrais pas longtemps, si tu traînes comme une âme en peine dans le château toute la journée!

- Qu'est-ce que vous faites là? les interpella d'un ton hargneux le concierge qu'ils venaient de croiser.

- Rien.

- Rien! aboya Rusard que cette constatation faisait visiblement frémir. Et vous imaginez que je vais croire ça? Vous rôdez dans les couloirs maintenant? Pourquoi n'êtes-vous pas allés à Pré-au-lard acheter des farces et attrapes en compagnie de votre bande de petits voyous? Retournez dans votre salle commune!

Alors que les deux élèves poursuivaient leur chemin en faisant mine de retourner dans la tour, Kécile remarqua:

- Il est complètement parano, celui-là. Je me suis accrochée plusieurs fois avec lui cet été parce que moi aussi je rôdais dans le château, jusqu'à que j'en ai assez et que je demande à Dumbledore d'intervenir. Ça n'a pas empêché que j'ai eu sa chatte pouilleuse collée aux basques la plupart du temps. Bon, on va où?

- Allons à la volière.

- Tu as du courrier à envoyer?

- Non, à qui voudrais-tu que j'écrive?

Kécile soupira d'un air dramatique. C'était désespérant!

- Bon, ben tu m'excuses, mais je crois que je vais te laisser dans ce cas, je n'ai pas l'intention de...

- Harry?

Les deux élèves se retournèrent alors que le professeur Lupin s'avançait dans le couloir.

- Qu'est-ce que vous faites là? s'enquit-il aimablement. Où sont Ron et Hermione?

- A Pré-au-lard.

- Ah...

Il sembla à Kécile que ce "Ah" signifiait beaucoup de chose. Ou alors c'était elle qui se faisait des idées après sa discussion avec Severus.

- Entrez donc, proposa le professeur à l'adresse de Harry (lui semblait-il), en désignant la porte de son bureau ouverte. Je viens de recevoir un strangulot pour le prochain cours.

- Un quoi? demanda Harry.

- Je peux venir aussi? demanda Kécile tout d'un coup intéressée, mais pas certaine d'avoir été invitée.

- Bien sûr, répondit le professeur Lupin avec un sourire.

Ils entrèrent dans le bureau du professeur pour observer la créature. Kécile en profita pour noter que le professeur était nettement moins ordonné que Severus. Plus chaleureux aussi, fut-elle obligée de reconnaître. On pouvait toujours courir pour que l'austère professeur de potion invite deux élèves dans son bureau simplement pour discuter plutôt que pour leur coller une retenue.

- Une tasse de thé?

Hum... encore moins leur proposer une tasse de thé. L'idée était même complètement risible.

- Asseyez-vous. Je n'ai malheureusement que des sachets, mais je crois que vous commencez à en avoir assez des feuilles de thé, poursuivit le professeur à l'adresse de Harry.

- Comment le savez-vous? s'étonna Harry.

- C'est le professeur MacGonagall qui me l'a dit. J'espère que vous n'êtes pas inquiet?

- Non.

On n'était pas plus laconique, songea Kécile. A croire qu'il mentait!

- Et vous, Kécile, interrogea Lupin. Vous n'avez pas pris la divination?

- Certainement pas! J'ai eu l'occasion de croiser le professeur Trelawney durant les vacances. Cette expérience m'a permis de rayer la divination aux options possibles de manière catégorique et définitive.

Lupin eut un sourire indulgent. Mais lorsqu'il vit la mine sombre de Harry que la remarque de sa camarade n'avait pas déridé, il demanda d'un air inquiet à celui-ci:

- Quelque chose vous tracasse?

- Non... ou plutôt si, se ravisa-t-il brusquement. Le jour où nous avons fait cette séance avec l'épouvantard...

- Oui?

- Pourquoi est-ce que vous n'avez pas voulu que je l'affronte, moi aussi? demanda sèchement Harry.

Kécile grimaça. Terrain beaucoup trop glissant à son goût! Ce n'était certainement pas elle qui allait poser ce genre de question!

- Je pensais que c'était évident, Harry, répondit Lupin visiblement surpris.

Ah! Déjà cela signifiait qu'il l'avait volontairement éloigné de l'épouvantard. Dans ce cas...

- Pourquoi?

- Eh bien, expliqua le professeur le sourcils froncés, j'imagine que si l'épouvantard s'était trouvé face à vous, il aurait pris l'aspect de Lord Voldemort. Apparemment, je me suis trompé. Mais je pensais que ce n'était pas du tout une bonne idée de voir Lord Voldemort se matérialiser dans la salle des professeurs. J'étais sûr que tout le monde serait pris de panique.

- Ça, c'est plus que certain! ricana Kécile

Elle refusait de s'avouer qu'elle-même aurait été moyennement enchantée de l'apparition. Après tout ce n'était pas comme si elle ne s'était pas retrouvée paralysée devant cette vision à l'âge de neuf ans, non?

- C'est vrai qu'au début, j'ai pensé à Voldemort, répondit Harry. Mais ensuite... je me suis souvenu du Détraqueur.

- Bienvenu au club... marmonna Kécile en plongeant le nez dans sa tasse.

La seule différence c'est qu'en ce qui la concernait, elle ne se souvenait pas du Détraqueur, mais de l'armée de détraqueurs. Elle frissonna et secoua la tête en serrant un peu trop fort sa tasse de thé entre ses mains.

- Je comprends, disait Lupin. Je suis très impressionné. Voilà qui voudrait dire que ce dont vous avez le plus peur c'est... la peur elle-même. C'est la preuve d'une grande sagesse Harry.

Kécile ne put retenir un reniflement dédaigneux.

- Excusez-moi de ne pas partager votre avis, professeur, mais en ce qui me concerne, ça serait plutôt de la faiblesse! répondit-elle d'un ton méprisant. C'est surtout la preuve de l'incapacité à faire face à ses pires souvenirs, ajouta-t-elle avec amertume.

Elle allait achever en disant qu'elle n'avait pas peur des détraqueurs en eux-mêmes mais de ce qu'ils provoquent, lorsqu'elle réalisa l'erreur qu'elle était entrain de commettre. Le professeur Lupin n'était pas supposé être au courant de ses mésaventures. Mais pourquoi fallait-il qu'elle se mette dans tous ses états dès qu'on abordait ce sujet!

- Désolée, dit-elle en piquant du nez dans sa tasse. Ça n'a aucune importance.

Le professeur Lupin ne semblait pas de cet avis, mais n'avait apparemment pas l'intention de lancer la polémique.

- Je suis certain qu'avec l'expérience, vous changerez d'avis, Kécile.

Ouais... ça, elle avait eu ce qu'il fallait en terme d'expérience, merci bien.

- Ainsi donc, vous avez pensé que je ne vous croyais pas capable d'affronter l'épouvantard? demanda Lupin à Harry.

- Oui... Professeur! s'exclama-t-il soudain, comme pris d'une idée brillante. Vous connaissez les détraqueurs...Pitié qu'on change de sujet! gémit intérieurement Kécile.

Merlin dut l'entendre, car on frappa à cet instant à la porte du bureau.

- Entrez, dit Lupin.

Severus pénétra alors dans la pièce, un gobelet de potion à la main. Il s'immobilisa en voyant Harry et Kécile dans le bureau de son détesté collègue.

- Ah, Severus! Merci beaucoup. Vous voulez bien le mettre sur mon bureau?

Sans un mot le maître des potions s'exécuta en fixant alternativement les deux élèves et le professeur.

- Je montrais à Harry et Kécile mon strangulot, expliqua Lupin.

- Fascinant.

Kécile manqua s'étrangler et ne put retenir un rire devant l'attitude de Severus.

- Vous devriez boire ça tout de suite, Lupin, dit celui-ci sans s'émouvoir davantage.

- C'est ce que je vais faire.

- J'en ai fait tout un chaudron. Si vous en avez encore besoin...

- J'en reprendrai sans doute demain. Merci beaucoup, Severus.

- Je vous en prie.

Kécile se mordit les lèvres. Ou elle se faisait des idées, ou ce "je vous en prie" semblait plutôt signifier " allez vous faire voir"...

- Miss Gaunt, venez avec moi, j'ai à vous parler.

Aïe... ça ne sentait pas bon pour elle sur ce coup là. Elle obtempéra sans discuter et suivit le professeur jusqu'à son bureau.

- Qu'est-ce qui se passe, Severus? finit par demander Kécile une fois qu'ils se trouvèrent dans les appartements su professeur et que celui-ci lui ait indiqué de s'asseoir sans un mot.. J'ai comme l'impression que vous êtes en colère contre moi mais je n'en saisi pas la raison.

Le professeur la fixait en silence les lèvres pincés.

- Ne me proposez pas de thé, je viens d'en boire deux tasses chez le professeur Lupin, plaisanta Kécile qui savait parfaitement qu'il n'avait pas entré dans l'intention de Severus de lui offrir la moindre tasse.

- Qu'est-ce que vous faisiez avec lui? gronda enfin le professeur.

- On discutait.

- Qu'il invite Potter à prendre le thé, je n'en attendais pas moins. Mais vous?

- Quoi? Il n'est au courant de rien... J'étais avec Harry quand il nous a croisé. Il n'allait pas gentiment me demander d'aller voir ailleurs.

Hum, l'argument n'était pas vraiment valable pour Severus qui ne se serait sûrement pas gêné pour le faire, songea Kécile au moment où elle finissait sa phrase.

- J'y ai vu l'occasion d'en apprendre davantage sur votre collègue, se rattrapa-t-elle.

Severus grimaça. La maligne lui coupait l'herbe sous le pied.

- Et qu'avez-vous découvert?

- Rien. Vous êtes arrivé trop tôt. Quoique.. c'est quoi cette potion que vous lui avez apporté?

- Je ne peux pas vous le dire.

- Vous le détestez et vous lui préparez une potion. Je ne comprends pas.

- Il n'y a rien à comprendre. J'obéie à Dumbledore, c'est tout.

- Il a des problèmes de santé?

- On peut dire ça comme ça...

- Pourquoi vous ne pouvez pas me le dire? Ça a un rapport avec ce dont on parlait la dernière fois?

Comme Severus ne répondait pas, Kécile se leva et s'approcha pour inspecter le contenu du chaudron qui fumait encore légèrement. Mais le professeur fut plus rapide qu'elle et abattit un couvercle d'un geste sec sur la potion.

- Ne trichez pas, Kécile.

- Donc, ça a un rapport.

- Que faisiez-vous à traîner dans les couloirs, Potter et vous au lieu d'être à Pré-au-lard? coupa Severus pour changer de sujet.

- J'aurais cru que vous le devineriez... Je ne passerais devant les détraqueurs pour rien au monde. Quant à Harry, son oncle n'a pas signé l'autorisation de sortie. Il a l'impression de manquer la sortie du siècle. C'est si bien que ça, ce village? demanda Kécile, histoire de détourner Severus de sa mauvaise humeur.

- Disons qu'il représente des agréments évidents, particulièrement lorsqu'on est étudiant.

- Le jour où je pourrai y aller sans passer devant ces horreurs, qu'est-ce que vous me conseillez de visiter?

- La poste vaut le détour, la librairie possède des livres insolites que vous ne trouverez pas sur le chemin de traverse. En revanche l'apothicaire est minable.

Kécile sourit aux références du professeur. Il ne fallait pas non plus s'attendre à ce qu'il lui parle de la confiserie ou du magasin de farces et attrapes.

- Et puis, il y a l'inévitable bar "Les Trois Balais" et sa bierraubeurre.

- Oui, j'en ai entendu parler. Et la cabane hurlante? Il paraît que c'est une maison hantée. C'est vrai?

Il sembla à Kécile que Severus avait pâli à la mention de la cabane hurlante. Dans tous les cas, sourcils froncés et les lèvres ne formant plus qu'un ligne invisible tellement il les pinçait, il murmura furieusement:

- Cette cabane n'a jamais été hantée au sens propre du terme même si ce qu'il y avait dedans était bien pire que des fantômes. Mais c'est un attrape-touriste, rien de plus maintenant. Et si jamais par malheur les évènements qui ont conduit à cette rumeur stupide se reproduisaient, vous me ferez le plaisir de vous tenir soigneusement à l'écart, Kécile.

Le sujet était à l'évidence très sensible.

- Si vous me disiez tout simplement ce qu'il y avait là-dedans?

- Obéissez sans discuter, pour une fois.

Kécile soupira.

- Très bien. Je ne m'approche pas de la cabane hurlante.

Le silence s'abattit dans le bureau, jusqu'à ce qu'elle finisse par demander:

- Pourquoi êtes-vous en colère, Severus?

- Je ne suis pas en colère.

- ... . Pourquoi m'avez-vous demandé de vous suivre alors? s'exclama la jeune fille, déconcertée.

- Ecoutez, Kécile. Je sais que Dumbledore vous encourage à nouer une amitié avec Potter. J'en fais mon affaire car il ne vous fera pas de mal. Du moins pas directement. Il serait néanmoins fichu de vous embarquer dans une de ses aventures rocambolesques qu'il provoque à tout bout de champs. Mais... Lupin... S'il vient à connaître votre véritable identité... Il n'est d'ailleurs pas impossible qu'il la connaisse déjà... cela pourrait avoir des conséquences... Je vous en prie, ne vous en approchez pas

Kécile ouvrait des yeux ébahis. Severus cherchait ses mots! Severus la priait de quelque chose! Cela signifiait une seule chose: il s'inquiétait pour elle.

- Voulez-vous dire, Severus, que le professeur Lupin peut représenter un danger pour moi?

- A vrai dire, pas seulement pour vous. Mais je n'ai aucune autorité sur Potter et pour cette fois je m'en lave les mains.

- Dumbledore n'aurait jamais employé un professeur s'il représente un quelconque danger.

Severus grimaça.

- Ce n'est pas mon avis. Mais le directeur et moi sommes en désaccord à ce propos.

- Je vois. C'est encore au sujet de ce dont nous avons parlé la dernière fois.

Severus acquiesça.

- Promettez-moi d'être prudente, Kécile. Débrouillez-vous pour ne jamais être seule avec Lupin.

En sortant du bureau de Severus, Kécile se dit qu'elle n'était pas la seule à avoir des comportements bizarres ces temps-ci. L'inquiétude et la sollicitude de l'austère professeur la laissait perplexe. La dernière fois qu'il s'était comporté ainsi remontait à des évènements qu'elle n'avait aucune envie de revivre. Et la situation n'avait apparemment rien de commun. Elle irait voir Dumbledore après dîner. Il l'éclairerait probablement sur les tracas de Severus, même et surtout s'il ne les partageait pas.

Kécile rejoignit Harry dans la salle commune alors que le soir tombait. Weasley et Granger étaient déjà rentrés et parlaient avec animation de leur journée. Harry leur raconta sa visite à Lupin et l'arrivée de Rogue avec le gobelet de la fameuse potion. Ron considérait que Lupin était fou d'avoir bu quelque chose préparé par Rogue. Kécile se retint de lui envoyer un livre à la figure.

- Arrêtes de dire n'importe quoi, Weasley, se contenta-t-elle cependant de protester. Severus n'empoisonne pas les gens simplement parce qu'il ne les aime pas. Grandis un peu! En plus, c'est Dumbledore qui lui a demandé de lui préparer cette potion. Je peux prendre une chocogrenouille, ou elles sont réservées pour Harry?

- Vas-y, sers-toi! s'exclama ce dernier.

Au vue du regard de Weasley, Kécile avait de la chance que ce soit Harry qui ait répondu...

Le banquet d'Halloween se passa tranquillement. Kécile songea qu'au moins cette année était normale au sein du château. Sirius Black était peut-être en cavale à l'extérieur, mais à Poudlard pour une fois, il n'y avait pas de troll arrivé inopportunément, ni basilic qui se glissait dans les murs. Non il y avait juste des détraqueurs aux portes de l'école, comme se fit un plaisir de le rappeler Drago au cours du banquet.

- Les détraqueurs t'envoient leurs amitiés, Potter!

- Celui-là, grommela Kécile, je lui souhaite d'aller passer quelques jours en leur compagnie, ça le calmera cinq minutes!

Ils avaient fini leur repas et Kécile décida de suivre le trio dans la salle commune jusqu'à ce que Dumbledore soit remonté lui aussi dans son bureau. Elle préférait qu'on évite de la voir l'aborder avec la certaine familiarité qui caractérisait leurs rapports.

Mais alors qu'ils arrivaient dans le couloir devant le portrait de la grosse dame, un énorme bouchon les obligea à s'arrêter. Kécile se glissa à travers la foule dans le sillage de Percy Weasley pour voir le portrait de la grosse dame complètement lacéré comme si quelqu'un s'était acharné à le détruire. On aurait dit que quelqu'un avait essayé d'arracher des lambeaux de toile pour passer à travers le portrait.

- Que quelqu'un ailler chercher le professeur Dumbledore! Vite! glapit Weasley.

Kécile fila aussitôt. Elle dévala les escaliers en espérant qu'il serait encore dans la grande salle. Les quelques élèves qu'il restait dans la grande salle la regardèrent passer en courant entre les tables et se précipiter vers celle des professeurs.

- Professeur Dumbledore! Venez vite! Le portrait de la grosse dame a été détruit!

La plupart des professeurs se levèrent d'un bond en l'entendant, et se précipitèrent à la suite du directeur au septième étage.

- Sais tu ce qu'il s'est passé, Kécile? demanda-t-il.

- Personne ne le sait. On ne peut plus entrer dans la tour. Tous les élèves sont coincés à l'extérieur. Ça a dû se passer pendant le banquet.

Une soirée d'Halloween tranquille? Kécile ricana intérieurement. Elle s'amollissait. Comment avait-elle pu le croire un seul instant?

Après le troll, le basilic, maintenant Sirius Black. Dans un sens elle préférait. Face à un mangemort elle se sentait en terrain connu. En tous les cas, elle ne quittait plus Harry d'une semelle. Dumbledore lui avait bien dit qu'il en avait probablement après lui...

- Vous croyez que Black est toujours dans le château? murmura Hermione alors qu'ils s'installaient dans leurs sacs de couchage.

- Apparemment, Dumbledore en est persuadé.

- Moi j'en doute, répondit Kécile. Maintenant que tout le château est en alerte, il a dû filer. Et puis, la question n'est pas tellement de savoir où est-ce qu'il est, mais plutôt comment il est entré. Il va revenir, on peut en être sûr.

- C'est une chance qu'il ait choisi ce soir pour se manifester, remarqua Hermione. C'était la seule soirée où on n'était pas dans la tour...

- Il a dû perdre la notion du temps à force d'être toujours en fuite, dit Ron. Il ne s'est pas aperçu que c'était Halloween. Sinon, c'est ici, dans la Grande Salle qu'il aurait débarqué.

- Impossible, rétorqua Kécile. Il a beau avoir tué treize personnes, il n'aurait jamais affronté tous les professeurs ajoutés à tous les élèves susceptibles de se défendre. Ou alors c'est qu'il est suicidaire.

Il devait s'attendre à devoir faire face à des élèves dans la salle commune malgré tout, songea-t-elle. Ça aurait été l'hécatombe... Les élèves auraient paniqué... Elle se demanda si avec l'aide des sixième et septième années elle aurait pu l'arrêter avant qu'il n'atteigne Potter. Elle devait réfléchir à cette éventualité. Il n'était pas impossible qu'elle soit obligée de découvrir ces capacités un peu hors du commun pour une troisième année afin de défendre la cible de Black... Il fallait qu'elle en parle à Dumbledore.

Les théories les plus farfelues expliquant l'intrusion de Black lui parvenaient des discussions des autres élèves. Hermione semblait convaincu qu'on ne pouvait pas berner les Détraqueurs. Kécile ne savait pas trop quoi en penser. A priori, cela semblait impossible. Mais on croyait aussi qu'il était impossible de s'enfuir d'Azkaban. Il y avait forcément un lien entre les deux.

Bon sang! pesta-t-elle intérieurement. On est obligé de supporter ces monstres, et ils ne servent même pas à quoi que ce soit!

Kécile ne parvenait pas à dormir, beaucoup trop de choses se bousculaient dans sa tête, entre la conversation qu'elle avait eu avec Severus et l'intrusion de Black. Et l'échange qu'elle surprit entre le directeur et le professeur de potions lui donna davantage encore de grain à moudre:

- Vous vous souvenez de la conversation que nous avons eue, Monsieur le Directeur, juste avant le... le début du trimestre, disait Seveurs.

- Je m'en souviens, Severus.

- Il paraît... presque impossible que Black ait pu pénétrer dans l'école sans une complicité interne. Je vous ai fait part de mes inquiétudes lorsque vous avez nommé...

- Je ne crois pas que qui que ce soit dans ce château ait aidé Black à y entrer, coupa Dumbledore d'un ton catégorique.

Est-ce que cela voulait dire ce que Kécile comprenait? Au vu des conversations qu'ils avaient eues ensemble, Severus pensait-il que Black pouvait avoir été aidé par le professeur Lupin? Y avait-il une probabilité pour que Lupin soit complice de Black? Etait-ce pour ça que Severus lui avait demandé de se méfier du professeur de défense contre les forces du mal?

Kécile n'y comprenait plus rien. S'il y a avait le moindre risque pour que Lupin soit un mangemort, jamais Dumbledore ne l'aurait engagé! Ce devait être là le sujet de discorde entre Severus et le directeur. Il était décidément vraiment nécessaire qu'elle aille rendre visite à son mentor pour essayer d'y voir un peu plus clair dans toute cette affaire.

Lorsque Kécile monta l'escalier en colimaçon qui menait au bureau du directeur, elle se demanda si c'était bien le moment de le déranger. Il avait probablement d'autres chats à fouetter que de papoter avec une gamine en ce moment.

Mais lorsqu'elle poussa la porte et vit qui se tenait assis devant le bureau de Dumbledore, elle se figea, tous scrupules oubliés.

- Entre, Kécile, l'invita le directeur.

- Je ne vous dérange pas, professeur? demanda-t-elle en ignorant royalement le petit homme joufflu qui la fixait avec insistance.

- Jamais. Je n'en ai plus pour longtemps.

- Je vous attends à côté, dans ce cas.

Et Kécile passa d'un air digne devant le visiteur pour se réfugier dans le salon.

Elle eut néanmoins le temps d'entendre une remarque prononcée d'un ton acerbe:

- Je vois que les récents évènements ne vous ont pas incité à vous éloigner de cette gamine.

Elle n'entendit pas ce que Dumbledore répondit de manière calme et poli, mais elle admira la maîtrise dont il faisait preuve. Pour sa part, ministre ou pas, Fudge pouvait toujours courir pour qu'elle lui adresse ne serait-ce qu'un bonjour.

- Je me demandais quand tu viendrais me voir, dit Dumbledore, en venant s'asseoir en face d'elle un moment plus tard. Severus s'est plaint que tu le harcèles! ajouta-t-il en souriant malgré son visage fatigué.

- Severus est d'humeur morose ces derniers temps et je n'ai pas l'intention de le laisser se morfondre dans son coin. Sans parler du fait qu'il fait moins de cachotterie que vous. Voilà pourquoi je vais davantage le voir.

- Je fais des cachotteries? répéta Dumbledore amusé. Dois-je en conclure que toute question qui n'a pas obtenue réponse de ma part se retrouve aussitôt soumise à Severus?

- De manière générale, oui, répondit crânement Kécile. Il est souvent plus bavard que vous. Sauf au sujet de Lupin. Pourquoi le déteste-t-il autant?

- L'inquisition commence...

Kécile se renfrogna.

- J'essaie simplement de comprendre quelque chose au comportement des gens qui m'entourent... du moins de certains. Vous n'allez pas me le reprocher? Et Severus déteste le professeur Lupin. A peu près autant que Harry. Sauf que je ne comprends pas pourquoi.

Dumbledore gloussa.

- Ce n'est pas sans raison. Je ne vais pas rentrer dans les détails car cela ne te concerne pas. Mais je veux bien t'expliquer certaines choses. Cependant, Harry, qui est le premier intéressé n'est pas au courant de ce que je vais te dire, et ce n'est pas à toi de lui en parler. Est-ce bien clair?

Kécile acquiesça, bien que ne voyant pas ce que faisait Harry dans l'affaire.

- A l'époque ou Severus et Remus étaient élèves, expliqua le directeur, la rivalité entre Gryffondor et Serpentard avait atteint un niveau épique. Les rixes étaient monnaies courantes et deux bandes se détachaient du lot. D'un côté Severus avec Bellatrix Black, Lucius Malfoy et Rodolphe Lestrange...

- Les futurs mangemorts, commenta Kécile

Dumbledore hocha la tête.

- De l'autre, poursuivit-il, il y avait entre autres Remus Lupin et James Potter. Ces deux bandes se haïssaient cordialement et ces élèves n'hésitaient pas à s'humilier les uns les autres. Severus a la rancune tenace.

Oui, Kécile en savait quelque chose. mais c'était malgré tout une raison assez puérile.

- Professeur, demanda soudain Kécile, est-ce que Sirius Black faisait partie des élèves de Poudlard à cette époque? De quel côté était-il? Lui aussi faisait partie de la bande des mangemorts en herbe?

Dumbledore soupira.

- Black était le plus proche ami de James Potter. Avec Peter Pettigrow, ils formaient la bande qui s'opposait à celle de Severus.

- Peter Pettigrow... Je ne me souviens plus où j'ai déjà entendu ce nom-là.

- Assassiné par Sirius Black alors que celui-ci prenait la fuite après l'assassinat des Potter.

- Il y a quelque chose qui m'échappe, dit Kécile les sourcils froncés Vous ne me dites pas tout. Si Black faisait partie de cette bande, pourquoi a-t-il tué ses amis? Ça n'a pas de sens!

- Je ne te cache rien. Parmi tous ceux qui connaissaient Sirius Black élève, pas un n'a compris. Seule l'évidence a pu nous faire accepter la vérité. Sirius s'est toujours opposé à sa famille au cours de son adolescence. Il était d'ailleurs le seul Black à Gryffondor. Son frère cadet, Regulus est devenu mangemort à peine sorti de Poudlard.

Kécile acquiesça.

- Bellatrix l'a déjà mentionné comme un modèle.

- L'hypothèse la plus probable est que Sirius a fini par rejoindre son frère. Mais rien ne laissait imaginer qu'il trahirait les Potter qu'il considérait comme sa véritable famille. C'est une bien triste histoire, acheva Dumbledore.

- Pourquoi Harry n'est-il pas au courant de tout cela? Pourquoi le tenez-vous dans l'ignorance?

- Ce n'est pas à moi de parler à Harry. Je suis certain que le professeur Lupin et lui se rapprocheront au cours de cette année. Tous d'eux gagneraient beaucoup à faire connaissance. Et ce genre d'histoires partagées est propre à les rapprocher.

Si Dumbledore espérait que le professeur Lupin et Harry entretiennent une relation qui se rapproche de près ou de loin à celle qu'elle-même avait avec Severus ou le directeur, c'était qu'il lui faisait entièrement confiance, songea Kécile. Elle ne pouvait décemment pas remettre directement en cause cette confiance. Mais elle comprenait les doutes de Severus. Sauf qu'elle ne parvenait vraiment pas à imaginer le placide professeur en mangemort infiltré...

- Severus ne semble pas faire confiance au professeur Lupin, finit-elle par remarquer. Croit-il réellement qu'il pourrait être un espion?

- Jamais Severus n'a sérieusement pensé cela. Il est vrai néanmoins...

Le directeur s'interrompit et posa un regard grave sur son élève.

- Kécile, ajouta-t-il, je fais confiance à ta discrétion. De plus tu connais Severus, tu sais donc qu'il a la rancune tenace et que son jugement est parfois aveuglé par elle.

- Je le sais, acquiesça Kécile. Je vois bien son comportement avec Harry.

- Comme je viens de te le dire, le professeur Lupin et Sirius Black étaient amis. Sans être un mangemort, Severus croit que Remus aurait pu se laisser abuser par Black et lui fournir une aide.

- Il croit donc que le professeur Lupin est un complice Black?

- Jusqu'à un certain point.

- Severus sait-il que Black en veut à Harry?

- Bien sûr.

- Et vous êtes persuadé qu'il se fait des idées.

- Je puis t'assurer que le professeur Lupin plus que n'importe qui d'autre considère Black comme un ennemi.

- J'imagine que Severus finira par le comprendre. Surtout si tous les deux doivent s'allier pour protéger Harry. Cela mettrait peut-être fin à cette haine stupide...

- Vois-tu, Kécile, on me considère souvent comme un grand optimiste. Mais je n'irai malheureusement pas jusqu'à espérer cela!

- Avez-vous déterminez comment Sirius Black a pu s'y prendre pour pénétrer le château?

Dumbledore secoua la tête.

- De la même manière qu'il semblait impossible de s'échapper d'Azkaban, je ne vois pas comment il a pu forcer les défenses de l'école incognito.

- N'avez-vous pas pensé que la méthode est la même?

- Si, bien sûr, mais cela ne m'avance guère. C'est de toute évidence quelque chose qui échappe aux détraqueurs.

- Ça n'est pas très rassurant. Ça signifie qu'Harry est en danger?

Dumbledore acquiesça sombrement.

- Lui plus que tous les autres. Mais Black a déjà montré que tuer des innocents gratuitement ne l'effraie pas. Tout le monde est en danger.

- Croyez-vous que je serais capable de me défendre? demanda Kécile.

Le directeur la regarda avec hésitation.

- Je suppose que tu aurais davantage de chances face à Black que la majorité des autres élèves. Mais où veux-tu en venir?

- Je me demandais quelle attitude adopter si un jour je croise sa route.

- Ne vas pas tenter de l'arrêter!

- Non, bien sûr, répondit Kécile en haussant les épaules. Severus a beau dire, je ne suis pas une stupide gryffondor. Néanmoins, s'il menace des élèves en ma présence, je ne peux décemment pas le laisser nous massacrer sans broncher. Ais-je votre accord pour dévoiler mes .. disons, capacités anormales?

- Si tes camarades ou toi sont en danger, bien sûr, Kécile. Je te demande même de protéger tout particulièrement Harry. Essaie de garder un oeil sur lui dans les semaines qui viennent. Ce garçon attire les catastrophes comme l'or les niffleurs...


Au programme de la semaine prochaine, encore du Lupin, un peu de Severus et des détraqueurs en prime... version Dumbledore cette fois.