La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).
Cependant, l'histoire m'appartient.
Flashback
- Qu'est-ce que vous allez faire, vous tous ? avait demandé Tsunayūki à tout le monde.
- Une visite de la ville par Ryohei, s'il veut bien, avait répondu Reborn en haussant des épaules.
- Oh, bien sûr ! avait accepté le cyborg.
Tsuna était heureuse de constater que Sasagawa et le Dragonnier s'entendait vraiment bien. Cependant elle lut dans les yeux du boxeur une certaine appréhension à marcher dans les rues de Lawn.
- Moi, je vous suivrai n'importe où vous allez, Tsuna-hime ! s'était exclamé Gokudera.
L'ange se retint de faire une énième remarque sur l'appellation. Elle réfléchit quelques instants avant de déclarer d'une voix enjouée :
- Je pense que je vais aller faire les boutiques ~.
- Boutique ? répéta Ryohei. C'est quoi, ça ?
- Alors vous, les filles... soupira le Dragonnier avec des yeux blasés posés sur la jeune femme.
- Quoi ? remarqua celle-ci.
- Allez, rendez-vous à dix-huit heures. Amusez-vous bien.
- Eh oh ! Réponds-moi !
Cependant Reborn et Ryohei étaient déjà sortis de l'hôtel-restaurant. Tsuna les regarda s'éloigner en boudant à moitié, avant de se retrouver sa bonne humeur en se retournant vers le chat-garou.
- Bon, on y va, nous aussi ?
Fin du Flashback
Ils se promenaient maintenant entre les ruelles de Lawn. Les passants marchaient entre eux, en petit groupe ou tout seul. À certains moments, Gokudera bouscula sans faire exprès les gens qui le frôlaient de trop près. À côté de lui, Tsuna était aux anges - une expression qui lui convenait à merveilles, d'ailleurs - : elle portait son sac rempli d'accessoires dans sa main droite. Hayato n'était pas mécontent non plus d'être venu avec elle, quand bien même il n'avait rien acheté au final : passer du temps avec l'ange était tout ce qui lui comptait. Durant les boutiques, elle lui avait montré cinq tenues différentes, pour seulement en sélectionner deux au final - il ne fallait pas oublier qu'elle allait devoir porter tout ça, ensuite ! -.
Plus le chat-garou restait auprès de la jeune femme, plus il avait la certitude que c'était bien elle, la digne héritière au poste de Jūdaime. Elle était dotée d'une gentillesse inégalée et possédait un certain charisme qui entraînait donc du respect. Pourtant, elle était bizarrement contre cette idée, sans qu'il n'arrivait à comprendre la raison. C'était un immense pouvoir et honneur de diriger un peuple entier, pourquoi donc n'en voulait-elle pas ? Peur de commettre une gaffe ? Ou de devenir comme ce Grand Duc, aveuglé par le pouvoir ? Cependant, elle avait bien quelque-chose, ce petit « quelque-chose », qui faisait que jamais elle ne ferait du mal à autrui gratuitement et uniquement pour son propre profil : elle faisait toujours pour les autres et pas pour elle. C'était quelque-chose de remarquable, d'autant plus que de moins en moins de personne pensait ainsi.
En marchant, ils débouchèrent sur la place, là où il y avait l'hôtel où ils allaient dormir. Différents groupes se trouvaient sur les bancs, d'autres marchaient, et rien ne semblerait changer ces habitudes. Deux enfants passèrent devant les Élus, tentant de rattraper leur ballon qui avait l'air de rouler éternellement.
Dans toute cette quantité de gens, deux s'en démarquaient ; c'étaient deux jeunes personnes qui étaient légèrement plus jeune que Sawada - mais qui était difficile à le remarquer tellement elle faisait jeune -. Ils avaient même l'air d'être en couple - Gokudera en jalousa silencieusement -. Mais si s'en était vraiment un, c'était alors un drôle de couple : le garçon gardait la jeune fille contre lui, sans lui laisser faire un quelconque mouvement. Le garçon la forçait à le regarder avec ses deux doigts à son menton et avait un sourire carnassier. La jeune fille ne parlait pas, mais Tsuna lit dans ses yeux du dégoût et de la tristesse. En fait, ça avait carrément l'air d'être une scène d'agression.
Tsunayūki ne put s'empêcher à se mêler dans la foule compacte qui regardait la même scène qu'eux sans tilter, suivie de Hayato qui dut se faire le plus petit possible pour suivre le rythme cadencé de son amie, mais il se retrouva quelques instants après trop éloignée d'elle. En voyant la jeune fille agressée, Tsuna sut de suite qu'elle devait lui venir en aide.
Les personnes qui entouraient le duo étaient presque que des jeunes de leur âge ; ils regardèrent alors avec une certaine incrédulité l'apparition d'une fille comme eux à l'apparence. L'ange s'en moqua royalement des regards et elle intervint sur le champs sans arrière pensée.
- Eh toi, là ! interpella-t-elle.
Le garçon se retourna vivement vers elle. Il montrait une grande contrariété mélangée à de la surprise sur son visage, car il ne devait sûrement pas s'attendre à ce que quelqu'un l'arrête ainsi. La fille dans ses bras regarda l'ange, elle aussi : celle-ci vit une étincelle d'espoir dans ses yeux. Ça lui donna le courage de continuer :
- Lâche-là de suite !
- On t'as causé, peut-être ? demanda le garçon avec un profond mépris. Et qui t'es toi, hein, pour te mêler de choses qui ne te regardent pas ?
- Je m'en moque royalement que je te connaisse ou pas : on ne force pas les gens à faire ce qu'on veut contre leur volonté !
Les mots firent tilt dans l'esprit du garçon et il commençait sérieusement à s'énerver. La jeune fille dans ses bras put enfin se dégager de son emprise et à se cacher derrière la fille qu'elle n'avait jamais connu auparavant. Étonnement, les observateurs du début commencèrent à rire, faisant rougir les trois personnes. Le garçon fixa la demoiselle qu'il connaissait dans les yeux, avant de reprendre son calme et reporter son regard sur l'autre fille :
- Tant pis, qu'il en soit ainsi. Comment tu t'appelles ?
- Tsuna. Juste Tsuna.
- Enchanté, Tsuna, moi c'est Mochida, se présenta celui-ci - il avait prononcé le prénom de la jeune femme comme si cela lui donnait une douleur atroce dans la bouche -. Je te donne rendez-vous ici à dix-huit heures pour te faire quelques mises en points, même si je pense que Kyoko va tout t'expliquer. T'es o.k ou t'as la trouille ?
- Bien évidemment que c'est o.k, je ne me défilerai pas devant un type de ton genre.
Ils se défièrent du regard avant que Mochida se retourna et s'écarta de la masse. Mais comme un aimant avec un métal, celle-ci était bien décidée à ne pas le lâcher et à le suivre partout où il irait. Il ne restait donc plus que Tsuna, la jeune fille et le chat-garou qui arriva enfin à se faufiler et à sortir de la foule.
Tsunayūki regarda la prénommée Kyoko ; celle-ci s'écarta maladroitement de l'ange, contre qui elle était restée cachée depuis tout ce temps. Elle tremblait de tous ces membres, comme si elle avait froid, et la jeune femme décrypta de la culpabilité dans ses yeux. Se sentait-elle coupable de ce qui venait de se passer ?
Tsuna s'approcha d'elle. Elle lui tendait la main pour l'inviter à la rejoindre de son plein gré - elle n'aimait pas contraindre les choses comme ce certain Mochida -.
- Tu n'as rien à craindre ; il ne viendra pas, promis.
Elle souriait. Elle venait de parler avec la même douceur qu'aurait dit une mère à son enfant.
Kyoko s'approcha d'elle. Elle jetait des coups furtifs entre cette demoiselle totalement inconnue et cet homme qui la fixait comme si c'était sa future proie. Finalement, elle compris qu'ils ne leur feront pas de mal. Cependant, elle ne se sentit pas du tout rassurée par ce qui venait de se passer : Mochida avait sûrement mal pris qu'elle avait refusé devant tout le monde...
Devant le silence gênant, Sawada commença à parler :
- Alors tu t'appelles Kyoko.
- C'est ça, affirma celle-ci. Kyoko Sasagawa.
- Pardon ?! s'exclama Hayato.
- Gokudera-kun ! réprimanda son amie.
Elle le supplia de se calmer en un signe de main discret. À vrai dire, elle aussi, elle avait du mal à cacher sa stupéfaction, mais elle ne voulait pas faire une mauvaise impression devant Kyoko.
Son nom de famille est Sasagawa ? Comme Ryohei ? Cela avait-il un lien avec son fameux malaise à aller dans ce village en particulier ?
Cependant, Tsuna se força à ne pas poser les questions qui lui tournaient dans la tête et reprit la discussion normalement.
- Enchantée, moi c'est Tsuna. Et lui, c'est Gokudera-kun : il montre parfois ses crocs, mais c'est quelqu'un de très gentil.
- Enchanté, grogna à mi-voix le concerné.
- Enchantée de même.
- En fait, pourquoi cet enfoiré s'en est pris à toi ? reprit le garçon. Et c'étaient qui, tous ces gens qui étaient autour de vous ?
Sasagawa eut du mal à faire une phrase. Elle bégaya quelques secondes avant de pouvoir lui répondre :
- C'est Mochida Kensuke. C'est un garçon dans ma classe et... je sors avec lui. Les autres élèves étaient dans ma classe, aussi.
- Qu-quoi ?! rougit de honte l'ange.
Elle avait cru faire une bonne action à ce moment-là, mais elle s'était totalement trompée : ils sortaient ensemble ! Et en plus, elle a intervenu devant toute la classe de Kyoko... celle-ci devait se sentir tellement malaisée quand elle a dut la voir arriver et intervenir de la sorte ! Tsunayūki enfouit son visage derrière ses mains, voulant disparaître et partir immédiatement, mais Gokudera reprit la discussion avec un ton étrangement sérieux.
- Et c'était quoi, ce rassemblement à la noix ? Ils n'avaient jamais vu des personnes ensemble ?
- Eh ben... tenta de répondre Kyoko, en fait, je sors avec lui que depuis hier, et... et Mochida a dit à tout le monde qu'il sortait avec moi, et il a donc voulu leur montrer que c'était vrai en m'embrassant devant eux. Mais c'est là que vous êtes intervenus.
- Je suis désolée... pleurnicha Tsuna, la tête baissée.
- Non ! Tu... tu n'as pas à te pardonner, vraiment, rassura la jeune fille.
Sasagawa posa une main apaisant sur l'épaule de l'ange. Gokudera fut à la limite de gueuler sur la jeune fille de s'écarter de suite de sa Jūdaime et de s'excuser de la faire pleurer, mais il préféra rajouter d'un ton plus sec :
- Et ce Mochida... tu l'aimes vraiment ?
Quand Tsunayūki releva la tête pour entendre la réponse de Sasagawa, elle retrouva celle-ci aussi en larmes. Sawada regarda dans un premier temps le chat-garou qui haussa des épaules comme si ça ne le concernait pas avant de s'inquiéter pour la jeune fille. Après un court instant d'hésitation elle lui prit dans les bras pour la consoler. En fait, vers la fin, c'était plus Kyoko qui consolait Tsuna qui s'excusait encore et encore. Quand les larmes finirent de tomber, Kyoko reprit d'une voix plus douce.
- Je... je ne l'aime pas, avoua-t-elle à mi-voix. Mais je suis incapable de refuser quoique ce soit aux autres, de peur qu'il m'arrive que des malheurs. J'ai eu une mauvaise expérience quand j'étais petite, quand je n'ai pas voulu faire quelque-chose et... ça a mal tourné.
- C'est pas grave, Kyoko-chan... rassura l'ange.
La jeune fille se remit à pleurer. Gokudera jura dans sa tête, commençant à avoir marre que l'inconnue chiale à tout bout de champs. Mais bon, il n'en voulait pas pour sa Jūdaime. Il savait qu'elle, elle était naturellement gentille et sensible, donc ça lui pardonnait les quelques larmes qu'elle avait laissées couler. D'ailleurs, pourquoi la Jūdaime s'occupait d'elle ? Elle avait assurément du s'attacher à Sasagawa plus vite qu'on pouvait le dire.
- Tu sais, Tsuna-chan... commença Kyoko, tu n'as pas besoin de te retrouver face à Mochida par ma faute. Je lui expliquerai la situation et il comprendra parfaitement...
- Il n'en est pas question ! s'emballa la jeune femme.
Elle vint de se rendre compte qu'elle venait presque de hurler et fit une rapide pirouette d'excuse pour la jeune fille.
- Je veux dire... je préfère quand même y aller, reprit-elle d'un ton plus calme mais pas moins déterminé. C'est vrai que maintenant, je comprends mieux ta relation avec lui, mais aussi je te comprends mieux, toi. Tu n'as pas voulu être dans cette situation et tu t'es sentie obligée, et ça, je veux qu'il le comprenne. C'est pour ça que j'irai à ce rendez-vous.
- Mais il est violent ! objecta Sasagawa. Il est le chef du club de kendo, et n'hésite pas à utiliser la violence pour régler ses problèmes !
- Je serai là pour vous aider s'il le faut, Tsuna-hime ! déclara Hayato qui reprit du poil de la bête.
- Arrête avec ce surnom ! remarqua une énième fois la jeune femme. De plus, tu n'as pas à t'en mêler : c'est à moi de régler ce problème.
- Bien, Tsuna-hime...
- Mais tu comprends quand je te dis d'arrêter ?!
Kyoko ne comprenait pas vraiment pourquoi Gokudera l'appelait comme si elle était une princesse - même si tout chez elle la faisait paraître comme telle -, mais la dispute entre les deux la fit doucement rire. En remarquant sa réaction, Tsuna se mit à son tour à rire près d'elle alors que Gokudera n'arrivait pas à comprendre pourquoi elles rigolaient. Finalement, elles cessèrent de rigoler avant de se regarder dans les yeux.
- Tu es vraiment une super copine, Tsuna-chan. Je ne regrette pas de t'avoir rencontré.
- Moi non plus, Kyoko-chan. Cependant, il faudrait mieux que tu ne viennes pas au rendez-vous, ce soir : s'il se met à te menacer...
- Ne t'inquiètes pas pour moi, Tsuna-chan.
Kyoko s'écarta du duo avec un sourire doux. Elle leur fit signe de la main.
- À tout à l'heure, Tsuna-chan, Gokudera-kun.
Tsunayūki lui rendit le sourire alors que le chat-garou gardait ses mains dans les poches ; la jeune fille partait sûrement rejoindre sa classe. Intérieurement, l'ange espéra qu'elle passera tout de même une bonne après-midi...
- Dites-moi, Tsuna-hime...
- Arrête ce sur-
- Le rendez-vous avec l'autre enfoiré, c'est à quelle heure ?
- Six heures, pourquoi ?
- Et à quelle heure on doit retourner à l'hôtel avec les autres ?
Ce coup-là, l'ange prit plus de temps pour répondre, légèrement déconcertée.
- À six heures...
Alors qu'ils allaient immédiatement partir à la rechercher du Dragonnier et du cyborg dans tout le village, Tsuna fonça direct sur Reborn qui se trouvait déjà derrière elle. Ryohei était juste derrière lui ; on ne voyait pas son expression à cause de sa cagoule et il était difficile de le deviner.
- J'ai cru comprendre qu'il y a failli avoir du grabuge par ici, dit l'homme au fédora. Et sans même avoir la preuve, je savais que vous y étiez concernés.
Il avait un sourire carnassier. Tsuna se sentit rougir alors qu'Hayato prenait l'initiative d'expliquer ce qui s'était passé. En arrière-plan, le boxeur n'ajoutait pas de commentaire, comme s'il n'était pas concerné par le déroulement des événements, jusqu'à qu'il entende le prénom de la jeune fille qu'ils venaient de faire connaissance. Sawada remarqua alors la soudaine attention du cyborg qui fixait le chat-garou avec intérêt. À la fin de l'explication, Tsuna prit la parole tout en regardant Ryohei dans les yeux :
- Elle disait qu'elle s'appelait Kyoko... Sasagawa. Comme toi, Ryohei. Est-ce que tu l'as connais ?
- … oui, je la connais, répondit-il.
- Il va falloir nous expliquer ton lien avec ce village et cette Kyoko, crâne de gazon, intervint brutalement le chat-garou. Il faut que tu expliques tout ce que tu sais sur tout ça.
Il y eut un nouveau silence avec une forte tension dans l'air. Reborn regardait le cyborg, curieux de sa réponse.
- De toute façon, il faudra qu'ils le sachent à un moment, prévint-il.
- T'es déjà au courant ? demanda Tsuna.
Mais c'était presque une question rhétorique pour elle : il savait quasiment tout sur tout. Imperceptiblement, le Dragonnier le confirma de la tête.
Enfin, Ryohei poussa un soupir avant de déclarer :
- O.k, vous avez le droit de savoir, les gars : je vais tout vous dire. Mais d'abord, je préfère qu'on rentre à l'hôtel : j'ai pas envie qu'on me reconnaisse ici et qu'ils croient qu'il y a un revenant qui se balade dans leurs rues...
Yo ! Bonne année à tout le monde et tous mes meilleurs vœux pour vous :D. J'espère que vous passerez une bonne année 2019 ! Moi, de mon côté, je ferai de mon mieux pour publier quotidiennement les chapitres pour cet histoire ;) !
Encore merci à Tsuki Banritt pour le commentaire et à la semaine prochaine ^^.
