Salut !
Je vous présente aujourd'hui un OS sur MHA. Il s'agit de mon premier sur ce fandom. J'ai déjà écrit des fictions sur MHA, si vous voulez aller lire.
J'espère que cet OS va vous plaire !
Je n'ai pas de bêta pour cet OS, donc je vous demanderai d'être indulgent avec les fautes, j'en ai forcément laissé traîner.
Disclamer : les personnages ne sont pas à moi, ils appartiennent à Horikoshi Kohei. L'image d'illustration de mon histoire n'est pas non plus à moi.
Je soupirai et respirai l'air japonnais. Je savourai chaque sons, chaque odeur de ce pays que j'avais quitté presque cinq ans auparavant. Tout me semblait nouveau : plus beau. Je traînai ma petite valise dans les rues de cette grande ville. Je redécouvrais avec enthousiasme de nombreux lieux.
Peut-être par hasard, je retournai à la gare de Dagoba, là où j'avais aidé Katsuki Bakugo et All Might. Là où ma vie avait changé.
Il y a cinq ans, j'avais suivis All Might en Amérique pour m'entraîner. Maintenant, je revenais chez moi, au Japon, retrouver ma mère, mon père et mes amis dont je n'avais presque pas eu de nouvelles. Je m'étais coupé du monde quelques temps, je ne savais du monde que ce que All Might me disait. Peut-être que c'était pour ne pas me torturer ou me tenter qu'il faisait ainsi le tris ? Après tout, j'avais promis de me consacrer corps et âme à mon entraînement pendant cinq ans.
All Might était resté en Amérique, il avait prévu de revenir dans un mois. Je l'avais quitté il y a quelques heures, mais j'avais déjà hâte de le revoir.
Je marchais vers le quartier où vivait ma mère depuis ma naissance. J'espérai que mon père serai aussi à la maison : je ne l'avais pas vu depuis très longtemps. Je ne savais même pas si je lui avais manqué. De ma famille non plus je n'avais aucune nouvelle.
La ville avait changée. À quelques pâtés de maison de l'immeuble de ma mère, se trouvait maintenant un très joli parc. Il y avait une grande fontaine au milieu dans laquelle jouaient des enfants. Je souriais en les voyant. Puis, mes yeux se plissèrent. Il y avait une silhouette que je connaissais, assise sur le bord de la fontaine. Mon cœur s'emballa. Il se mit à battre à un rythme effréné, je ne contrôlais plus mon corps qui se mit à s'échauffer. Mes joues devaient être toutes rouges.
Shoto Todoroki était là, assis, l'air mélancolique, regardant dans le vide. Il semblait insensible à l'agitation autour de lui. Je ne pu détacher mon regard de lui. Il n'avait pas changé ! Toujours aussi asymétrique, aussi beau. Je souris. Il était peut-être celui qui m'avait le plus manqué parmi tous mes amis.
Au lycée, j'étais secrètement amoureux de lui. Je n'avais jamais trouvé le courage de lui parler. Lui, il était toujours cool, né fort. Il n'avait pas peur de dire ce qu'il pensait. Je ne pouvais détacher mon regard de lui. Je l'admirais. Je l'aimais. Je le désirais.
Et il était là.
Au lycée, il était rare que l'on soit juste tous les deux. C'était aussi cela qui faisait que je n'avais jamais pu lui parler de mes sentiments.
J'étais plus fort désormais, non ? J'avais mûri, je pouvais bien lui dire ce que je ressentais.
Je remontais mon sac sur mon épaule et inspirais. Même si je ne lui disais rien aujourd'hui, j'avais envie de lui parler.
Les enfants quittèrent la fontaine et rejoignirent leurs parents, presque comme s'ils avaient sentit ma détermination et qu'il voulaient me laisser mon tête à tête. J'avançai dans le parc et approchai de Shoto qui regardai toujours le sol, courbé, les coudes sur ses genoux.
Je m'assis à côté de lui et il ne releva pas la tête.
-Todoroki-kun, soufflais-je.
Il paru surpris. Son regard se tourna enfin vers moi et ses yeux s'écarquillèrent.
-Mi-Midoriya ?
-Bonjour ! Dis-je en lui souriant.
Il se leva soudainement et me regarda bizarrement. Mon sourire se fit crispé. Il semblait si tendu en me voyant, c'était bizarre. Il finit par détendre ses épaules et se racler la gorge avant de prendre une pose plus nonchalante, une main dans sa poche, comme avant.
-Ça fait un bail, me dit-il.
-Oui. Tu n'as pas changé.
-Toi si. Tu as grandis.
Je me levais pour comparer nos tailles. Je faisais quelques petits centimètres de plus que lui. Cela me fit rire.
-Je suis content de te revoir, Todoroki-kun.
-Moi aussi, répondit-il avec son premier sourire.
Mes joues restaient un lac de lave et j'avais horriblement chaud. Mais je m'en fichais, il semblait ne pas s'en rendre compte.
-Tu... Tu as déjà revus les autres ?
-Non, je viens juste de rentrer.
-Oh. Je pensais que tu allais te précipiter vers Uraraka et Iida.
-Je voulais d'abord rentrer chez moi et me reposer. Mais je suis tombé sur toi. D'ailleurs, que fais-tu ici ?
Il resta silencieux un moment.
-Rien.
Je sentais mon portable vibrer dans ma poche. Un appel de ma mère.
-Je crois que ma mère s'inquiète.
-Je vois. Tu devrais rentrer alors.
J'hésitai au moment de le quitter. Je sentais, au fond de moi, que ce n'était pas le bond moment pour lui avouer ce que je ressentais.
-Je pourrai te revoir ?
-Bien sûr.
-Tu as toujours le même numéro de portable ?
Je le vis de nouveau se tendre.
-Je n'ai plus de portable. Mais ne t'en fais pas, je ne suis jamais loin. Maintenant, vas-y.
J'acquiesçais et lui sourit de nouveau. Je lui disais au revoir, le cœur peut-être un peu plus léger. Maintenant, je devais rentrer chez moi.
Ma mère m'accueillit avec un grand sourire et une étreinte chaleureuse. Elle pleura de joie très longtemps, on aurait pu remplir une piscine avec ses larmes. Elle avait cuisiné mon plat préféré. Elle voulait, durant le repas, que je lui raconte tout ce que j'avais fait en Amérique, si bien que je n'eus même pas le temps de lui parler de Todoroki.
Je partais me coucher, fatigué mais heureux. J'envoyais un message à Uraraka et Iida pour leur dire que j'étais rentré, puis à All Might. J'enfilais un pyjama et me couchais dans mon lit qui me semblait si petit maintenant. Le sourire ne quittait pas mon visage, même une fois endormis.
J'avais passé ma journée à poser des CV dans différentes agences de super héros. Sur conseil de All Might, je voulais m'allier à un héro déjà bien connus pour qu'on me remarque vite. Si cela n'était pas possible, alors je devrais commencer ma carrière en solo et comme lui, faire des exploits seul. Je n'avais pas peur de travailler seul : je m'étais tellement entraîné. All Might m'avait donné toutes les clés, à moi d'ouvrir les portes.
J'avais eu quelques nouvelles de Iida et Uraraka. Ils travaillaient ensemble depuis trois ans. J'essayais tant bien que mal de contacter Katsuki pour lui demander ce qu'il faisait, mais je n'avais aucune réponse. On n'avait jamais été en bons termes lui et moi, mais j'aimerai bien savoir ce qu'il devient. Et je voulais l'apprendre de sa bouche, aussi, je ne demandais à personne de son entourage ou a Internet.
Iida était dans le top cinquante des héros, ce qui était incroyable pour un héro si jeune. Mais il avait l'avantage de faire partis d'une famille de héro. Il avait pu reprendre l'agence de son frère en sortant de UA, il avait ensuite employé Uraraka.
J'étais tenté par l'envie de travailler avec eux. Mais je savais que si je commençais, j'allais vouloir rester avec eux à jamais. Je les aimais beaucoup et ils étaient fiables. Mais je devais devenir le numéro un. Le nouveau All Might. Un jour, Deku sera sur toutes les lèvres. J'avais hâte.
Je vivais chez ma mère le temps de trouver un emplois stable. Je l'aidais à tout faire dans la maison. Bien sûr, je retrouvais souvent Todoroki. Je commençais à croire qu'il me suivait partout car il était toujours là au bon moment. J'arrivai à le voir environ trois fois par semaine. J'essayais de l'entraîner dans des cafés, au cinéma. Je voulais qu'on fasse des choses ensemble, mais il ne voulait jamais. Alors on restait souvent seuls dans le parc, à discuter jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
Parfois, je m'endormais sur le banc et il attendait avec moi mon réveil. Je n'osais pas lui demander ce qu'il faisait maintenant. J'avais peur d'aborder un sujet délicat. Il ne semblait pas être devenu un héro tout compte fait. Peut-être était-il au chaumage ?
Au bout de deux semaines, une agence voulu enfin de moi. Il s'agissait de celle du héro numéro cinq. J'avais hâte de commencer à travailler. Il était très gentil et semblait savoir que je m'étais entraîné avec All Might. Peut-être même que celui-ci l'avait contacté.
Dans cette agence, je pu intervenir dans ce nombreuses affaires, allant du braquage de banque au sauvetage de chat.
Un jour, j'eus la chance d'intervenir sur un sauvetage avec Iida et Uraraka. Ils avaient tous les deux beaucoup changés. Uraraka avait laissé pousser ses cheveux, on avait l'impression qu'ils lui créaient une cape naturelle. C'était très beau à voir en mouvement. À la fin de l'intervention, nous sommes allés boire un café tous ensemble. Ils semblaient étonnement un peu gênés quant j'évoquais nos années de lycée.
-Uraraka-san, tu as des nouvelles de Kat-chan ?
Devant son mutisme, j'étais maintenant obligé de demander à d'autres personnes.
-Oh... Il a suspendu sa carrière il y a quelques temps...
-Il s'est passé quelque chose ?
-Euh... En fait...
Ils se regardèrent longuement. J'avais l'impression qu'Uraraka était au bord des larmes. L'inquiétude grimpa en moi.
Mon téléphone sonna alors. C'était mon patron, il y avait un carambolage important sur l'autoroute, je ne pouvais pas rester plus longtemps avec Uraraka et Iida. J'aurai mes réponses un autre jour.
All Might m'informa qu'il allait retarder de quelques semaines son retour au Japon. Cependant, depuis l'Amérique, il suivait mes exploits. Ma popularité grimpait en flèche. J'avais le sourire, me disait-il. Les gens aimaient mon optimiste.
Je tentais de parler à Kat-chan, sans succès. Je l'appelais presque tous les jours. Il ne me répondait pas. Je voulais entendre de sa bouche la raison de l'arrêt de sa carrière. Ma mère voyait bien que ce manque de réponse m'énervait, pourtant, elle ne me donna aucune explication. Je pensais qu'elle serai au courant. Quand j'étais petit, Kat-chan venait parfois jouer à la maison, ma mère l'aimait bien. Elle lui cuisinait du mapo toffu rien que pour lui.
Mais pour me faire oublier mes soucis, il y avait Todoroki. Je le voyais presque deux fois par jour. Quand j'allais travailler, il était là. Quand je revenais le soir, il était là aussi. Je ne savais pas pourquoi il faisait tout ceci, j'aimerai bien lui demander. Mais je me disais de plus en plus que c'était peut-être moi qu'il attendait. Cette idée me donnait des ailes. Je souriais comme un débile chaque fois que je voyais sa silhouette solitaire dans la fraîcheur du matin.
Et puis un jour, alors que j'étais en mission, je rencontrai Endeavor, le père de Todoroki. Ce fût un choc de le voir. Il était le héro numéro un depuis plus de cinq ans maintenant. Et il n'avait rien perdu de sa prestance. Quand je voyais ses yeux bleus, je ne pouvais penser qu'à Todoroki. Je me rendais compte que j'aimais cette couleur.
En tout cas, malgré le fait que je n'avais eu l'occasion de lui parler qu'une fois, Endeavor se souvenait bien de moi. Il me salua quand la mission fût finie. J'étais intimidé devant lui alors que je savais que d'ici quelques temps, quand je serai en solo, je devrais peut-être collaborer plus souvent avec lui.
-Je suis allé voir Todoroki-kun aujourd'hui, ais-je dit sans réfléchir.
D'ailleurs, c'était plutôt lui qui m'avais trouvé mais... il était vrai que passer par le parc où il traînait le plus souvent me forçait à faire un détour par rapport à l'agence.
En tout cas, Endeavor garda le silence un moment.
-Oh... finit-il par lâcher.
Il se gratta la tête.
-Comment allaient ses fleurs ?
Sur le coup, sa question me surprit tellement que je me mis à rire. Le sérieux d'Endeavor amplifiait mon rire. Il finit par me regarder comme si j'étais un demeuré.
-En tout cas, sache que je suis encore activement à la recherche de ce type.
Je voulu lui en demander plus. Ce type ? C'était de Todoroki dont il parlait ? Ma bouche s'entrouvrit, mais alors que j'allais lui demander, mon supérieur m'appela et Endeavor en profita pour s'éclipser.
Je m'en voulais d'avoir fait mauvaise impression. Je me rattraperai plus tard, je savais que j'en aurai l'occasion.
Le soir, je retrouvais Todoroki au parc. Je lui racontais ma journée avec enthousiasme, jusqu'à arriver à ma rencontre avec Endeavor. Todoroki baissa les yeux quand il entendit le nom de son père. Son visage se ferma soudainement. Je savais déjà que son père est lui avaient une mauvaise relation du temps du lycée. J'ai l'impression que ça n'a pas changé.
-Todoroki-kun... comment vont tes fleurs ?
-Elles sont fanées.
-Ah... Je... je pourrai les voir un jour ?
Mais qu'est-ce que je raconte, à parler de fleurs ?!
-Oui, certainement.
Je ne savais même pas ce que c'était que ces fleurs. Je finis par poser la question la plus stupide qui soit.
-Tu es fleuriste ?
Si c'était le cas, je doute qu'il laisserai ses fleurs mourir. En tout cas, cette question fit naître sur son visage un sourire.
-Non, Midoriya.
C'était comme si un voile de tristesse s'était abattu sur lui. Je voulais le consoler. Il me regardait bizarrement depuis que j'avais parlé de son père.
-Tu m'as dit que tu cherchais à avoir des nouvelles de Katsuki.
-Oui.
-Tu n'en as toujours pas eu ?
J'avais l'impression qu'il voulait que je lui réponde que non. Il semblait avoir cet espoir, comme s'il ne voulait pas que je sois au courant de quelque chose.
-Non, je n'ai aucune nouvelle
Il ferma les yeux.
-Tu sais quelque chose, Todoroki-kun ?
-Je sais beaucoup trop de choses.
Il posa une main sur sa poitrine et serra son haut à l'endroit où se trouvait son cœur.
-Todoroki-kun... Je n'ai jamais osé te demander mais... que fais-tu maintenant ? Je veux dire, tu n'es plus un héro, n'est-ce pas ?
Il garda le silence. Trop longtemps à mon goût. Il se pinçait les lèvres. J'inspirai très fort et finit par prendre sa main. Elle me semblait douce et froide, comme une caresse. Son contact ne m'avait jamais paru si étrange. Todoroki tourna ses yeux bicolores vers moi.
-Midoriya...
-Si tu ne veux pas m'en parler... ce n'est pas grave.
-Je suis désolé.
Je me disais que quitte à pourrir l'ambiance de ce soir...
-Tu es toujours ici à m'attendre, Todoroki-kun. J'en arrive à penser que tu n'a plus de chez-toi.
-J'en ais un... mais il est petit, sombre et froid.
Je souris malgré moi.
-C'est à cause du manque de luminosité que les fleurs sont mortes ?
-Non, les fleurs sont à la lumière... bref, c'est loin d'être important, Midoriya.
Todoroki replia ses jambes contre son torse et reposa son menton sur ses genoux. Il avait l'air tellement triste. C'était le sentiment qu'il m'évoquait depuis que je l'avais revus. Il était enveloppé de cette nappe de mélancolie. Je voulais le réconforter, je voulais qu'il sache que j'étais là pour lui.
J'avais lâché sa main et son contact me manquait. Jamais Todoroki et moi n'avions été si proche. Au lycée, nous nous parlions de temps en temps, mais j'avais des choses vraiment importantes. Jamais de nos vrais sentiments.
Il se faisait tard, je ne voulais pas le quitter. Il semblait si seul, je voulais lui tenir compagnie.
-Et si tu venais manger chez moi, Todoroki-kun ?
Il me regarda droit dans les yeux.
-Non. Il ne faut pas, Midoriya.
Je le fixais, interloqué.
-Pourquoi ?
-C'est comme ça.
-Mais moi je... J'aimerai qu'on passe plus de temps ensemble. J'aimerai qu'on soit plus proche. J'aimerai pouvoir te dire tout ce que je ressens.
Ses yeux s'agrandirent. Il semblait surpris par ma confession.
-Non... Midoriya...
-Je me fiche que tu ne sois pas devenu celui que tu voulais être. Je me fiche que tu ne saches pas faire vivre des plantes. Je veux être avec toi, c'est tout. Et je veux, plus que tout, que tu sois heureux. Tu as l'air toujours si triste...
-Tu as pitié de moi ?
-Non, bien sûr que non, dis-je avec une douce voix, pour le rassurer.
Je me rapprochai de lui, doucement, comme on le ferai avec un animal blessé.
-Cela fait très longtemps que je ressens tout ça. Depuis le lycée.
Mes joues étaient en feu. Je n'arrivai pas à croire que j'avais eu le courage de le dire. Todoroki ferma les yeux, la tête toujours tournée vers moi. Je ne savais pas pourquoi il faisait ça. J'avais remarqué qu'il le faisait souvent quand il était gêné ou face à un sujet délicat. Mais moi, tout ce que je pensais, c'était qu'il était beau.
Alors je me penchai vers lui et j'embrassai doucement ses lèvres. C'était un contact froid. Comme avec sa main, j'avais l'impression d'une caresse sur mes lèvres. C'était doux. Il ne se recula pas. Il ne se rapprocha pas de moi non plus. Il resta là.
Mon corps se rapprocha un peu plus du sien. Je voulais le sentir contre moi.
-On ne devrais pas, Midoriya.
-Pourquoi ? Demandais-je avec une pointe de désespoir dans la voix.
-Tu ne peux pas vivre avec moi.
Je ne lui laissai pas le temps d'en dire d'avantage. Même si cette nuit devait être la seule que je partagerai jamais avec lui, j'étais près à le faire.
Ma mère dormait déjà. J'entraînai Todoroki dans ma chambre et fermait la porte derrière nous. Il ne détailla pas le lieu, pourtant il y avait de quoi dire : des posters de All Might, des figurines, des goodies de partout. J'avais une vraie collection. Évidement, j'avais un peu honte, mais comme Todoroki n'y prêtait pas attention, cela me détendit.
Je m'approchai pour l'embrasser, les mains de chaque côté de son visage. Il répondit mollement à mon baiser, je sentais qu'il se retenait. Mais alors que je commençais à faire glisser mes mains sur son corps, le désir finit par s'emparer de lui aussi. Je le déshabillai, il se laissait faire. Je retirai mes vêtements à la hâte.
Nous nous allongeons sur le lit, nus. C'était le grand moment, j'avais hâte. Toute ma vie, j'avais attendu cette étreinte. Enfin, je pouvais me couler dans ses bras, embrasser ses lèvres, mordiller ses lobes d'oreilles, entendre ses soupirs, sentir son souffle froid sur ma peau brûlante.
Todoroki me laissa guider la danse, ce qui m'étonna venant de lui. Quand je m'imaginais ce moment, j'avais tendance à penser que ce serai lui qui allait me prendre. Il gémissait mon nom, je soupirai, pris dans un tourbillon de sensation étrange. J'avais l'impression d'avoir la tête qui tournait. Mais j'étais tellement heureux.
Je m'endormais contre lui, un sommeil profond m'emporta.
À mon réveil, Todoroki était parti. Moi qui pensais qu'il allait rester, que j'allais pouvoir le présenter à ma mère qui ne l'avais jamais vu. Pourtant, rien n'occupait ses journées, pourquoi s'en être allé ? Peut-être avait-il finalement quelque chose de prévu. Il n'y avait aucune trace de son passage, je finis par penser que j'avais rêvé.
Je sortais de ma chambre, traînant des pieds. Ma mère prenait son petit déjeuner dans la cuisine, elle semblait gênée. Elle me salua avec un sourire timide.
-Bonjour maman. Quelque chose ne va pas ?
-Oh, euh... non, rien. Enfin...
Je m'assis en face d'elle et attendis qu'elle trouve ses mots.
-Je me disais qu'il serai peut-être bien que tu te trouves un appartement maintenant que tu as un salaire. Cela te permettrai d'avoir un peu plus... d'intimité.
Je me mis à rougir. Mon corps était en surchauffe. Elle se leva pour aller chercher sa tasse dans un placard.
-Je suis désolé... Tu nous as donc entendu.
-Nous ? Dit-elle ne se tournant vers moi.
-Je... j'étais avec Todoroki-kun.
Sa tasse se brisa sur le sol.
All Might venait de poser sa valise sur le sol japonnais. Une première depuis cinq ans. Il n'avait retardé son arrivé que d'une semaine finalement. Je l'attendais dans l'aéroport. J'avais conscience que je ne ressemblais à rien. Je portais encore mon sweat et mon jogging.
Mon esprit était dans un état affreux. Les révélations de ces derniers jours avaient été difficiles à avaler. Même maintenant, je ne réalisai pas encore.
All Might me sourit, j'avançai vers lui. Il du comprendre à mon visage que quelque chose n'allait pas. Et moi, je compris dans ses yeux bleus qu'il savait déjà ce que c'était.
-Pourquoi vous ne me l'avez pas dit ?
All Might soupira et reposa sa valise devant lui.
-Répondez-moi ! Pourquoi vous ne m'avez pas dit qu'il était mort ? Pourquoi m'avoir caché ainsi la vérité ?
-Midoriya, mon garçon... c'était une chose très difficile à te dire... je ne savais pas comment faire. Et puis, tu aurai sûrement laissé tomber ton entraînement pour aller retrouver le meurtrier de Todoroki.
À l'entente de ce nom, je fondis en larme.
Todoroki était mort. C'était il y a quatre mois. À l'époque, il faisait équipe avec Katsuki. Ils traquaient Dabi. Un jour, Uraraka et Iida l'aperçurent et entamèrent un combat contre lui pour l'arrêter. Todoroki et Katsuki furent appelés en renfort. Uraraka et Iida furent vite incapables de combattre.
Katsuki était en train de batailler avec les grenades de son costume pour la dégoupiller. Le système s'était coincé. Il vit Dabi se jeter sur Todoroki, sa main en proie à des flammes bleues. Todoroki dressa une barrière de glace. Mais elle ne résista pas longtemps face au feu et la main de Dabi s'enfonça dans la poitrine de Todoroki. Il lui avait carbonisé le cœur. Il était mort sur le coup.
Katsuki ne se pardonnait pas de ne pas avoir pu le sauver. Il avait en plus laissé filer Dabi. Évidement, il ne pouvait pas me regarder en face après tout ça. Katsuki était l'un des rares à savoir quels genres de sentiments j'avais envers Todoroki.
Durant tout ce temps... c'était son fantôme que je voyais. Il n'était pas réel. D'ailleurs, depuis que je savais la vérité, il ne s'était plus montré.
Uraraka m'avait accompagné sur sa tombe. J'y avais vu les fleurs fanées. Je comprenais mieux maintenant la réflexion de son père. J'avais tellement honte de mon ignorance. Si seulement j'avais su qu'il était mort...
Pour le moment, je n'arrivai pas à pardonner à All Might de m'avoir caché la vérité. Je gardais le goût amer de la trahison dans la bouche. Je savais qu'il pensait bien faire, il n'avait pas de mauvaises intentions. Mais j'aurai pensé qu'il se montrerait honnête envers moi et qu'il comprendrait que mes amis comptaient beaucoup à mes yeux, autant que mon envie de devenir le plus grand des héros.
Par la suite, j'eus l'occasion de recroiser Endeavor. J'avais repris de force le travail malgré la grande douleur qui me rongeait chaque jour. Je ressentais à chaque instant le manque de Todoroki. Je m'étais habitué à le croiser si souvent, à lui raconter mes journées, à contempler son visage. Cette fois-ci, face à son père, je ne fit pas de gaffe. Croiser son regard bleu, me fit l'effet d'un coup de poignard. Ses yeux étaient si semblables à ceux de Todoroki...
-Je suis désolé, dis-je en premier en le voyant. Je ne voulais pas paraître impolis la dernière fois. J'ignorai ce qui s'était passé.
Endeavor fronça les sourcils. Il semblait comprendre de quoi je parlais.
-Tu ignorai, dis-tu ? Comment peux-tu ignorer ?
-All Might ne m'avait rien dit durant mon entraînement.
Le héro afficha une mine de dédain.
-Quel idiot !
Puis Endeavor reporta son visage sur moi.
-Pourtant, gamin, tu m'a dit que tu étais allé le voir ce jour-là.
-En fait, je...
Difficile d'expliquer que j'avais vu son fantôme. Endeavor était quelqu'un de pragmatique. Il ne pouvait croire à ces histoires.
-Je pensais le voir...
Je me sentais si débile de raconter cela... Pourtant, Endeavor ne sembla pas surpris.
-Je vois... Ma femme m'a raconté la même chose.
Je relevais la tête vivement. La mère de Todoroki aurait elle aussi vu son fantôme ? Je me sentais soulagé de ne pas être le seul. Le voyait-elle encore ? Comment faisait-elle ? Pourquoi ne pouvais-je plus le voir ? Je pensais que c'était parce que je savais qu'il était mort et donc que je le voyais différemment, mais l'explication était peut-être autre.
-Vraiment ?
-Oui. Les médecins disent que c'est parce qu'elle refuse d'admettre qu'il est mort.
Endeavor se gratta la nuque. Le portable du héro se mit à sonner. Il sembla très heureux de cette interruption. Il fila sans me dire au revoir.
Désormais, j'avais très envie de rencontrer Rei Todoroki. Mais j'ignorai si elle vivait encore à l'hôpital où si elle avait repris sa vie autre part. Peut-être même vivait-elle avec son mari ? Je ne savais pas où aller pour la trouver.
En manque de piste, je décidais de me rendre là où, dans mes souvenirs, travaillait Fuyumi, la sœur de Todoroki pour lui poser quelques questions. À mon grand soulagement, elle était toujours institutrice là-bas. Je la croisais à la sortie des classes. Elle attendait devant le portail avec un petit garçon dont les parents étaient apparemment en retard pour venir le chercher.
Fuyumi avait l'air fatiguée. Elle avait les trait tiré et remettait régulièrement ses lunettes sur son nez. Je la voyais parler au petit garçon.
-Fuyumi-san ? Dis-je en m'approchant.
Elle me regarda avec surprise. Je connaissais son existence mais elle ne devait pas savoir qui j'étais.
-Oui ?
-Je suis Midoriya Izuku... Un ami de Todoroki-kun.
Aussitôt, le visage de Fuyumi exprima une profonde tristesse. Elle serra la main du petit garçon qui ne broncha pas.
-Midoriya... il m'avait déjà parlé de toi je crois. Tu l'avais beaucoup inspiré.
Mes joues rosirent.
-On s'inspirait mutuellement je crois...
-Peut-être. Pourquoi es-tu ici ?
-Je... j'aurai voulu parler avec votre mère, Rei-san.
-Oh... maman est...
Une voiture se gara dans la rue et un homme en sortit en trombe. C'était le père du petit garçon. Il s'excusa un milliard de fois pour son retard. Sa réunion avait duré plus longtemps que prévu. Il prit son fils dans ses bras, remercia l'institutrice d'être resté avec pour pour attendre et repartis dans sa voiture après avoir attaché son fils sur le siège auto à l'arrière.
Fuyumi focalisa à nouveau son attention sur moi.
-Maman avait repris une vie normale depuis un an quand mon frère est décédé. Elle a fait une rechute quand elle a appris ce qui lui était arrivé. À l'hôpital, elle n'arrêtait pas de dire qu'elle le voyait, qu'il venait tous les jours lui rendre visite. Du coup, elle a finit par penser qu'on lui mentait quand on lui répétait qu'il était mort.
-Elle le vois toujours ?
-Je ne sais pas. Cela fait quelques temps que je ne vais plus la voir. Ça me déprime. Mais Natsu par contre trouve toujours un moment pour lui rendre visite.
J'acquiesçai. Fuyumi me donna l'adresse de l'hôpital où séjournait actuellement Rei. Je décidais d'y aller le lendemain, dimanche, jour où je ne travaillais pas.
Je ne savais pas vraiment ce que je pensais voir. Je n'avais jamais rencontré Rei Todoroki et elle-même ne me connaissait pas. Je me demandais, sur le trajet en train pour me rendre à l'hôpital, quel genre de femme c'était.
J'eus vite la réponse à la question : Rei Todoroki était une femme réservée mais étrangement souriante. Elle avait le regard un peu vitreux, peut-être à cause des médicaments qu'on lui donnait. Je reconnaissais dans ses yeux gris ceux de Todoroki. J'avais l'impression de le voir partout chez les membres de sa famille. Pourtant, Todoroki était unique.
-Bonjour, dis-je, timide, en entrant dans la chambre.
Rei Todoroki pencha la tête sur le côté, dubitative.
-Je vous connais ? Demandât-elle.
-Non. Je suis Midoriya Izuku.
-Ah, alors si, je vous connais : Shoto me parle souvent de vous.
Je sentais mon cœur se serrer.
-C'est possible, soufflais-je.
Rei m'invita d'un signe de la main à m'asseoir sur le tabouret en face d'elle. Elle, était assise sur le bord de son lit. Près d'elle, sur la table de chevet, plusieurs photos de sa famille et une, bien mise en évidence, de Shoto quand il était plus jeune. Il devait avoir cinq ou six ans.
Je ne savais pas par quoi commencer, quoi lui dire. Je n'allais pas directement lui demander si elle avait vu Todoroki aujourd'hui.
-Est-ce Todoroki-kun vient souvent vous voir ?
-Oui. Presque tous les jours. Un peu moins ces derniers temps... mais il me semble justement que c'est parce que vous demandez beaucoup son attention...
Rei eu un petit rire.
Moi, je n'avais pas du tout envie de rire. Je déglutit difficilement, cherchant quoi répondre.
-En effet. J'avais l'habitude de le retrouver au parc. Mais depuis... depuis deux semaines, je ne l'ai pas revu.
-Tiens donc... Vous vous êtes disputés ?
-Non. Je... Il est venu chez moi un soir. Et...
Je sentais des sanglots me secouer. Je ne voulais pas pleurer. Je décidais de me jeter à l'eau.
-On m'a dit qu'il avait... été tué. Et depuis, je ne le vois plus. Comment peut-il venir vous voir ? Pourquoi vous le voyez et pas moi ? Avant que j'apprenne sa mort, je le voyais... je l'ai touché.
-Shoto erre, tout simplement. Il ne sait pas où aller alors il reste près de nous.
Rei avança sa main vers la mienne et la serra. Elle avait la main froide.
-Fermes les yeux, chuchotât-elle. Souviens-toi de lui. Concentres-toi sur ce que tu ressens quand il est près de toi. Imagines-le. Appelles-le de toute ton âme et il viendra. Tu le verra. Il m'est apparu alors que je repensais au premier jour où je l'ai tenu dans mes bras, alors que je me souvenais de la chaleur de son tout petit corps, à la douceur de ses cheveux tout fins. Souviens-toi de chaque détails, laisses tout ce que tu ressens pour lui t'envahir...
Je repensais à la froideur de sa peau lorsque je l'avais touché, à la sensation sur mes lèvres, à mon cœur gonflé d'amour.
J'ouvris les yeux. Todoroki n'était pas là. Rien n'avait changé. Je semblais déçu car Rei se dépêcha de me rassurer.
-Ma présence le gêne peut-être. Réessaies quand tu sera seul.
Je n'étais pas certain de la méthode de Rei. Un instant, je pensai qu'elle avait peut-être vraiment des hallucinations et que la mort avait creusé une trop grande tranchée dans son être.
Je quittais l'hôpital et retournais dans le petit parc où j'avais vu Todoroki pour la première fois lors de mon retour au Japon. Je m'asseyais sur le même banc et repensais à ce moment, fermant les yeux, comme Rei m'avait dit de faire.
Il n'y avait personne d'autre à part moi. Je n'entendais que le bruit des oiseaux et me concentrais pour me souvenir de la voix de Todoroki.
Un frisson parcourra ma colonne vertébrale. Je me sentais soudainement gelé. J'ouvrais et yeux et découvrit, debout, face à moi, Todoroki. Il avait le regard tout aussi triste que les autres fois. Peut-être même était-ce pire.
Je me levais d'un bout et approchai ma main de la sienne mais il s'écarta vivement. Désormais, il avait presque l'air en colère.
-Todoroki-kun...
-Ce n'est pas bien, Izuku, de continuer à faire vivre aussi vivement mon souvenir. Je t'avais pourtant dit qu'on ne pouvait pas être ensemble.
-Tu n'avais qu'à disparaître de ma vue. Mais tu es resté près de moi.
Todoroki eu l'air coupable.
-Tu étais le dernier encore innocent... Le seul qui ne savait pas que j'étais mort. C'est pour cela que tu as pu me voir. Face à cette possibilité... celle de me sentir un peu vivant, aimé... C'est vrai, j'aurai dû disparaître en remarquant que tu ignorai que j'étais mort. Tu vivais dans une illusion qui allait te faire du mal un jour ou l'autre. Et c'est arrivé.
Puis, Todoroki sourit. Ses yeux continuaient à exprimer cette tristesse qui lui était propre.
-Cependant, tu m'as rendu heureux, Izuku.
-Toi aussi. Je préfère souffrir et t'avoir revu, tu sais. Au moins, j'ai pu te dire tout ce qui me tenais à cœur.
Je sentais les adieux venir. Je savais que cela devait arriver. Évidement, depuis que je le savais mort, je pensais déjà ne jamais pouvoir le revoir, je pensais que même son fantôme ne m'apparaîtrai plus. Je pensais lui avoir dit adieux.
Mais en le voyant face à moi, aussi réel que lorsqu'il était en vie, je ne pouvais me résoudre à lui dire adieux. Je voulais encore passer du temps avec lui.
-Ne pars pas, soufflais-je.
-Izuku... tu es et restera le plus heureux souvenir que je possède. À jamais.
Il s'approcha de moi, pencha la tête vers la mienne et posa délicatement ses lèvres froides sur les miennes. Je ressentais une caresse glacée. Je voulais le serrer contre moi mais mes bras se refermèrent sur du vide.
Il avait disparu.
Et voilà ! Honnêtement, je suis pas 100% satisfaite de cet OS, je trouve qu'il lui manque un truc.
J'espère que vous l'aurez quand même aimé ! Merci d'avoir lu.
Bisous !
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