Chapitre XXXXIII: Sortie à Pré-au-Lard

La colère retentissante de Dumbledore s'était ébruitée dans tout le château.

Sparkley avait dû proposer des mesures adéquates, car les détraqueurs restèrent à leur place, à la grande horreur de Kécile.

Lorsque Hermione avait eu fini de lui raconter ce qui s'était passé sur le stade, Kécile était restée muette de terreur. L'idée que les détraqueurs puissent s'approcher ainsi du château la glaçait. Seule la pensée que Dumbledore avait sûrement d'autres choses à faire que de s'occuper des états d'âme d'une gamine perturbée, ainsi que la colère qu'elle avait vu chez le directeur et qu'elle n'était pas prête d'oublier, la retinrent d'aller lui demander l'assurance que décidément elle n'avait vraiment rien à craindre, même après cet incident.

Harry était resté à l'infirmerie jusqu'à ce lundi matin. Kécile lui jeta un regard par-dessus son livre d'histoire de la magie. Il était un peu pâle. Mais le contraire l'eut étonné. Tous pensaient que ce n'était que le contrecoup de son évanouissement. Kécile savait qu'il n'en était rien.

La veille, elle était allée lui rendre visite à l'infirmerie.

Elle l'avait trouvé perturbé et surtout peu enclin à communiquer. Kécile était bien placée pour savoir que le sujet était délicat et désagréable, mais qu'il était nécessaire d'en parler. Sur le moment, elle en avait voulu à Dumbledore de l'avoir obligée à parler de son séjour à Azkaban, mais elle reconnaissait avec du recul que cela lui avait fait du bien.

- Tu sais, Harry, avait-elle finit par dire à son camarade muet. Je suis bien placée pour savoir ce qu'il se passe dans ta tête quand tu t'évanouies. Moi aussi je revois les pires moments de ma vie.

Harry l'avait regardée, mais n'avait toujours pas ouvert la bouche.

- J'imagine que tu as entendu la mort de ta mère...

Il avait hoché la tête.

- Tu n'as peut-être pas envi d'en parler, surtout avec moi, la fille de son meurtrier...

- Ça n'a rien à voir, avait enfin daigné dire Harry.

Kécile en avait été secrètement soulagée.

- Je réalise seulement que... tout ça c'est la faute de Black!

Elle avait moyennement apprécié le ton rageur sur lequel il avait dit ça.

- Malfoy a peut-être raison...

- Arrêtes ça de suite, Harry!s'était exclamée Kécile qui n'aimait pas la tournure que prenait la conversation. Je suis d'accord avec toi que Black est un salaud et un fou, mais malheureusement, ça n'en fait qu'un de plus sur terre et tu es incapable de te venger. Tu aurais à peine le temps de le trouver qu'il t'aurait déjà tué! Brillant comme vengeance!

Harry n'avait rien rétorqué, mais Kécile était sortie de l'infirmerie un peu inquiète. Avait-elle bien fait de lui révéler ce que Drago savait au sujet de la trahison de Black? Il ne manquerait plus qu'il aille au devant de l'ennemi!

xxxx

Cette après-midi là, les troisième année de Gryffondor avait à nouveau cours de défense contre les forces du mal. Tous les élèves furent soulagés de constater que le professeur Lupin était suffisamment remis pour pouvoir assurer ses cours.

Alors qu'elle s'asseyait à sa place, Kécile ne put s'empêcher de scruter l' homme: il semblait très fatigué et arborait de grandes cernes sous les yeux. Elle se prit à le plaindre sincèrement. Severus avait beau dire, il devait être le premier à souffrir de sa condition. Elle se demanda néanmoins où il pouvait être durant la lunaison. Etait-il suffisamment prudent pour ne pas rester à l'école?

A la fin du cours, alors qu'Harry était retenu par le professeur, Kécile fila à la salle commune récupérer ses affaires d'arithmancie afin de rejoindre Drago à la bibliothèque. Sur le chemin, elle croisa Harry qui semblait brusquement de bonne humeur.

- Qu'est-ce qui t'arrive? demanda-t-elle sans cacher sa surprise.

- J'ai discuté avec le professeur Lupin.

Il regarda autour d'eux si personne ne pouvait surprendre leur conversation et dit à voix basse:

- Il va me donner des cours pour m'apprendre à me défendre contre les détraqueurs. Après Noël.

Kécile écarquilla les yeux.

- Tu devrais peut-être venir, toi aussi... Je suis sûr que Lupin n'y verrait pas d'inconvénient...

- Je ne sais pas, Harry, répondit Kécile mal à l'aise. Je ne crois pas être capable...

Elle frissonna.

- Rien que l'idée de me mettre moi-même en face de ces créatures me donne envie de vomir.

- Je ne crois pas qu'il va nous mettre en face de détraqueurs, corrigea Harry. Mais déjà apprendre le sort...

- Hum... peut-être, reconnut la fillette. Je vais y réfléchir. Bon, tu m'excuses, mais Drago m'attend.

- Qu'est-ce que tu vas faire avec ce petit crétin? gromela le Gryffondor.

- Rien de compromettant, je t'assure! se moqua Kécile. Juste un devoir d'arithmancie imposé par Vector. Tu vois comme c'est excitant!

L'arithmancie n'était pas la matière favorite de Kécile. Tous ces chiffres finissaient par lui donner la migraine, et il fallait reconnaître que dans ce domaine, Drago était plus doué qu'elle. Elle regrettait de ne pas avoir pris étude des runes à la place. Non, rectification,elle regrettait de ne pas pouvoir remplacé l'étude des moldus par celle des runes...

- Dis, Gaunt! s'exclama Drago. Cesse de rêvasser qu'on en finisse! Si tu te bouges un peu dans dix minutes, on a fini. J'ai pas l'intention de passer la nuit ici.

- Arrêtes de m'appeler Gaunt, grommela Kécile.

- Sinon quoi? demanda le serpentard d'un ton provocant.

- Sinon, rien du tout, répondit Kécile en haussant les épaules. C'est du bon sens.

Drago la regarda les sourcils froncés, avant de se pencher à nouveau sur son parchemin en secouant la tête.

- Quoi, qu'est-ce qui a? interrogea Kécile qui n'aimait pas cette attitude pleine de sous-entendu.

- Tu as changé, Gaunt.

- En bien ou en mal? s'enquit-elle d'un ton narquois.

- Ça dépend du point de vue où on se place, répondit son camarde très sérieux.

- Et selon toi?...

- La Princesse est loin. Ça fait bizarre. On dirait que tu ne penses plus à la Grande Cause. Et tu es...

Il hésita.

- Oui?

- Ça ne va pas te plaire, mais te voir à la botte de Dumbledore, c'est écoeurant.

- A choisir, c'est toujours mieux qu'être à la botte du Seigneur des Ténèbres, répondit-elle sèchement.

- Justement, tu as choisi? demanda Drago en la fixant. Ça ne me regarde pas, mais je n'en suis pas certain. Et puis... tu étais persuadée d'être envoyée à Serpentard, et tu finis chez ces crétins de Gryffondors. Sauf que tu as beau avoir changé... Tu es quand même la fille du Seigneur des Ténèbres, et tu fais tâche...

- Je te remercie, répondit Kécile, piquée au vif. Si je te comprends bien, je fais tâche chez les Gryffondors, mais je n'aurais pas non plus ma place chez les Serpentards...

- C'est ça... Ne va pas te mettre en colère, dit Drago en prenant les devant. Tu m'as demandé mon avis, je te le donne.

- Je sais, coupa Kécile.

Malfoy n'insista pas et se pencha à nouveau sur son parchemin, imité par sa camarde au front soucieux.

Cette conversation perturba Kécile. Elle avait soulevé une question qu'elle ne s'était pas posée jusqu'à présent: en dehors de tout lien de parenté, qui était-elle? Une serpentard ou une gryffondor? Elle s'était toujours considérée comme une serpentard de coeur, mais plus le temps passait et plus elle se rendait compte qu'elle se rapprochait de sa maison sans vraiment lui appartenir encore... Et le voulait-elle vraiment? Est-ce que quelque part, elle ne continuait pas à se sentir l'héritière de Serpentard? Est-ce que c'était cela qui l'empêchait de faire réellement partie de la maison de Dumbledore?

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Le mois de décembre arriva et Kécile essayait de ne pas trop penser à ce dilemme. Elle n'avait pas eu le courage d'en parler à Dumbledore et Severus aurait ri de cette question existentielle. Elle finissait par se dire qu'au final, ça se rapprochait de la question de ses principes assez inexistants pour l'heure. Elle sentait de plus qu'elle devait résoudre cette interrogation seule si elle ne voulait pas se faire influencer de quelque manière que ce soit.

Le dernier week-end avant Noël approchait et avec lui se profilait une nouvelle sortie à Pré-au-Lard. Tous les élèves étaient dans un état proche de la surexcitation qui laissait Kécile perplexe. Pour sa part, Noël ne représentait absolument rien, et la sortie était exclue, encore et toujours à cause de ces fichus détraqueurs. Elle commençait à se sentir passablement déprimée depuis quelques semaines, à force de ne jamais mettre le nez dehors.

Le matin de la sortie, Kécile et Harry accompagnèrent Ron et Hermione jusque dans le hall avant de retourner vers la salle commune.

- Hé! Harry!

C'était les jumeaux Weasley qui arrivaient au bout du couloir.

- Qu'est-ce que vous faîtes là? demanda l'interpellé. Comment ça se fait que vous n'êtes pas partis avec les autres?

- On voulait te donner quelque chose d'amusant avant d'y aller, répondit l'un des jumeaux en lui faisait un clin d'oeil. Viens voir.

Ils se dirigèrent vers une salle de classe vide et Kécile les y suivit naturellement. Mais l'un des jumeaux l'arrêta:

- Ça ne te concerne pas, dit-il froidement.

Elle haussa un sourcil et Harry lui jeta un regard d'excuse, mais on lui ferma la porte au nez. Voilà une attitude qui lui plaisait moyennement! Les frères Weasley, comme tout Weasley qui se respecte ne l'aimait pas, ce n'était pas une nouveauté, et n'hésitaient pas à le lui faire savoir...

Elle attendit donc le plus patiemment qu'elle put à la porte de la classe, résistant à l'envie de lancer un sortilège pour entendre ce qui se passait à l'intérieur. Mais elle savait que les jumeaux n'étaient pas des débutants et avaient dû prendre des précautions pour qu'on ne surprenne pas leur conversation.

Ils finirent par sortir et les Weasley s'échappèrent aussitôt tandis que Harry sortait avec une mine réjouie.

- Qu'est-ce qu'ils te voulaient? demanda Kécile.

- Viens, suis-moi, dit Harry sans lui répondre, l'air surexcité.

Il avança dans le couloir et s'arrêta devant la statue d'une sorcière borgne. Il sembla hésiter puis sortit de sa poche un vieux bout de parchemin. Kécile aperçut quelque chose qui ressemblait à un plan et une myriade de petits points.

- Qu'est-ce que c'est?

- Je t'expliquerais plus tard. Il faut se dépêcher,souffla-t-il en fourant à nouveau l'étrange parchemin dans sa robe.

- Dissendium dit-il ensuite en tapotant la statue.

Kécile vit alors avec ébahissement la statue se décaler et découvrir un passage secret.

- Vas-y, lui dit Harry en la poussant vers le trou.

- Tu m'emmènes où, Harry?

- Dépêche-toi, s'agaça le garçon.

Kécile hésita avant de glisser dans le passage. Une minute plus tard, elle se retrouvait dans un souterrain froid et humide, et Harry atterrissait à côté d'elle. Ils allumèrent leurs baguettes et elle vit d'un oeil perplexe Harry tapoter le parchemin en disant "Méfait accompli".

- C'est quoi, ce truc? demanda-t-elle soupçonneuse.

- Une carte de Poudlard. C'est Fred et Georges qui me l'ont donnée. Elle indique les passages secrets.

- Et celui-ci, il va où? interrogea Kécile en désignant le tunnel qui s'enfonçait dans l'obscurité.

- A Pré-au-Lard.

- Comment? s'exclama Kécile horrifiée. Tu ne comptes quand même pas nous faire sortir de manière frauduleuse?

- Bien sûr que si. Qu'est-ce qui te gêne? Tu vas pouvoir sortir sans passer devant les détraqueurs! De quoi tu te plains?

Et Harry s'enfonça dans le passage.

Kécile hésita réellement à le suivre. L'idée que Harry sorte ainsi au nez et à la barbe des professeurs lui déplaisait souverainement. Et si Black débarquait à Pré-au-Lard?

Elle lui emboîta le pas. Elle avait promis à Dumbledore de garder un oeil sur lui. Et c'était spécifiquement dans une situation pareille où il ne pouvait compter que sur elle qu'elle se devait d'être là.

- Je te préviens, Potter, grommela-t-elle avec mauvaise humeur, si on se fait choper, c'est toi qui prend.

Elle n'avait plus qu'à prier pour qu'aucun détraqueur ne croise leur route.

Le chemin lui sembla interminable, et il fut périlleux de sortir de la cave de la confiserie où le passage souterrain aboutissait.

Hermione et Ron eurent une peur bleue quand ils débarquèrent tous deux dans leur dos. Si Weasley fut enchanté de la découverte de la carte et du passage secret, Hermione n'en aimait pas davantage l'idée que Kécile. Elle pensa même à quelque chose auquel celle-ci n'avait pas songé

- Et Sirius Black? demanda-t-elle. Il pourrait utiliser un des passages indiqués sur la carte pour pénétrer dans le château. Il faut que les professeurs soient au courant.

- Il est impossible qu'il entre par l'un de ces passages, rétorqua Harry. Il y a sept tunnels secrets, d'accords? D'après Fred et Georges, Rusard en connaît déjà quatre. Un aboutit sous le Saule Cogneur, donc on ne peut pas en sortir. Et celui que j'ai pris, impossible d'en découvrir l'entrée dans la cave. Il faut vraiment savoir qu'il est là.

- Cette carte, elle a bien été faite par quelqu'un, déclara sèchement Kécile. Et Fred et Georges ne sont probablement pas les premiers à l'avoir eu entre les mains. Il y a peut-être plus de monde que tu ne le croies qui connaissent ce passage. Black peut faire partie de cela.

Wealsey, qui prenait bien sûr l'avis de Harry, lui montra un avis placardé sur la porte du magasin annonçant que des Détraqueurs patrouillaient dans les rues de Pré-au-Lard toutes les nuits.

Kécile frissonna et marmonna:

- Je te préviens, Potter, à quatre heures, je t'abandonne à ton sort si tu ne rentres pas avec moi.

- Quatre heures! s'exclama Harry.

- On est en hiver, dit-elle d'une voix sans appel. La nuit tombe dès cinq heures.

- De toute façon, coupa Hermione, Harry ne devrait pas venir à Pré-au-Lard. Il n'a pas d'autorisation signée. Si quelqu'un s'en aperçoit, il sera dans les ennuis jusqu'au cou! Et la nuit n'est pas encore tombée. Qu'est-ce qui se passerait si Sirius Black apparaissait maintenant?

- Il aurait du mal à retrouver Harry là-dedans, répondit Weasley avec un certain bon sens en désignant la tempête de neige qui faisait rage au dehors. Ça suffit, Hermione, c'est Noël, Harry a bien droit de s'amuser un peu.

- Vous allez me dénoncer? demanda Harry en souriant.

- Bien sûr que non, mais enfin, quand même...

Hermione et Kécile échangèrent un coup d'oeil, partageant la même opinion.

- Et toi, demanda Hermione à Kécile tandis que les garçons retournaient à la contemplation des étales, qu'est-ce qu'on va dire si jamais on s'aperçoit que tu es sortie?

- Pas grand chose, je suppose. On n'a jamais parlé d'autorisation de sortie avec Dumbledore parce que de toute manière, je n'avais aucune intention d'y aller. Mais rien ne m'y interdit. Je pense même qu'il préfèrerait que j'y aille pour ne pas rester cloîtrer au château. L'ennui, conclut-elle en grimaçant, c'est que jamais il ne gobera que j'ai accepté de passer devant les détraqueurs. Il en conclura forcément que j'ai emprunté un passage souterrain non surveillé...

- Tu lui diras?

- Je n'en sais rien. On verra en temps et en heure... J'espère bien ne pas avoir à décider. Vraiment! s'exclama-t-elle en secouant la tête. Dans quoi Harry m'a embarqué?

- Au juste, pourquoi tu l'as suivi?

Kécile hésita à répondre.

- J'ai promis à Dumbledore de le surveiller au cas où il croiserait la route de Black, répondit-elle simplement. Et elle s'avança à son tour vers les friandises.

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Ah, ça! Elle s'y prendrait à deux fois, à la prochaine occasion , avant de jouer les chiens de garde. Dumbledore avait bien raison, Harry attirait décidément les ennuis comme l'or les niffleurs! Accroupie sous une table des Trois Balais, elle jetait des regards furieux à son camarade lui aussi courbé, mais bien trop intéressé par la conversation qui se tenait de l'autre côté des sapins pour prêter attention à la colère de la jeune fille.

Kécile avait avalé de travers la gorgée de délicieuse bièraubeurre qu'elle dégustait (seule chose intéressante au final dans cette escapade) quand elle avait vu entrer le Ministre avec trois professeurs de l'école: MacGonagall, Flitwick et Hagrid. Elle s'était planquée avec Harry sous la table pour ne pas voir le détesté personnage et attendait qu'il veuille bien enlever son précieux derrière de cette foutue chaise pour voir ailleurs si elle y était.

Hélas, il semblait bien installé, et la conversation roulait depuis un moment sur Black, écoutée avidement par Harry. Les détails de l'amitié entre James Potter et Sirius Black lui laissait les yeux exorbités. Kécile grimaça intérieurement quand elle entendit que les Potter avaient fait suffisamment confiance à Black pour le nommer gardien du secret... Décidément, c'était vraiment une sale histoire. Elle voyait les poings de Harry se serrer de colère.

" Merlin! Faites qu'il ne se lance pas dans une vengeance folle... Je n'ai aucune envie de devoir le suivre pour l'empêcher de se jeter dans les griffes de Black ou le tuer à sa place."

Elle poussa un soupir las, et se laissa glisser complètement au sol, bousculant légèrement la table au passage, en souhaitant de tout son coeur que Fudge et compagnie s'en aillent pour qu'ils puissent rentrer au château. L'heure tournait de manière alarmante.

- Est-il vrai qu'il est fou, Monsieur le ministre? demandait Madame Rosemerta.

- J'aimerais bien pouvoir vous répondre qu'il l'est, en effet, répondit Fudge.

" Bien sûr qu'il l'est, imbécile! Tous les Black sont fous, c'est dans leurs gênes. Je n'ai pas connu Regulus, mais on en racontait de belles à son sujet chez les mangemorts. Quant à Bellatrix... sans commentaires. Ah non, tiens, il y a Narcissa... La seule récupérable dans le lot."

- J'ai cependant rencontré Black lors de ma dernière inspection à Azkaban, continuait Fudge. La plupart des prisonniers passent leur temps enfermés dans le noir à marmonner des paroles dénuées de sens... Mais j'ai été frappé de constater à quel point Black paraissait normal. Il m'a parlé d'une manière parfaitement raisonnable. C'en était même déconcertant. On avait l'impression qu'il s'ennuyait, c'est tout. Il m'a demandé très calmement si j'avais fini de lire mon journal et si je voulais bien le lui donner... Il regrettait de ne plus pouvoir faire de mots croisés! J'ai été stupéfait de voir que les Détraqueurs avaient eu si peu d'effet sur lui. Il était pourtant un des prisonniers les mieux gardés. Des Détraqueurs étaient postés devant la porte de sa cellule jour et nuit.

C'était au tour de Kécile d'être horrifié. Quel pouvoir extraordinaire pouvait donc bien posséder cet homme pour être indifférent aux détraqueurs? Cela dépassait l'entendement!

- Et qu'est-ce qu'il a l'intention de faire, à votre avis, maintenant qu'il est libre? Mon Dieu, Monsieur le Ministre, ne me dites pas qu'il essaye de rejoindre Vous-Savez-Qui?

- Malheureusement, je crois bien que c'est son... objectif final. Mais nous espérons bien le rattraper avant qu'il n'y parvienne. Car je dois vous dire que Vous-Savez-Qui, seul et sans amis, c'est une chose, mais rendez lui son serviteur le plus dévoué et j'ai bien peur qu'il ne ressurgisse très vite des ténèbres...

Kécile ricana intérieurement. On aurait pu croire que depuis le temps, le ministère ait fini par s'apercevoir que Voldemort était loin d'être seul et isolé. Quant à appeler ses mangemorts des amis... c'était complètement risible! Décidément, ce Fudge n'avait vraiment pas les pieds sur terre. Il amoncelait les arguments pour se faire appeler crétin...


Prochain chapitre: l'antre de Salazar!

Je vous laisse deviner ce que cela peut bien vous réserver...

A la semaine prochaine!