Un chapitre un peu long pour me faire pardonné ma longue absence. Je m'en excuse, mais je croule sous le boulot en ce moment. cependant le visionnage du Harry Potter 7 et la relecture du tome 7 qui s'en ait suivi à eu raison de ma conscience et m'a fait reprendre Works...

Je remercie toutes les personnes qui m'ont laissé des commentaires et ceux qui m'ont envoyé un message pour savoir si j'étais toujours vivante! Cette histoire a dépassé le chiffre symbolique des 100 reviews...

Bonne lecture!


Chapitre XXXXV: Histoires de camp

Les élèves avaient réinvesti le château dès les premiers jours de janvier et les cours avaient repris.

Kécile et Susan remirent leur devoir au professeur Burbage et la poufsouffle proposa son aide à Kécile pour cette matière. Elles convinrent qu'en échange, la Gryffondor, qui n'aimait pas avoir de dette, l'aiderait en potions.

Le professeur Lupin n'avait vraiment pas eu de chance que la pleine lune tombe juste au moment des fêtes, songea Kécile en s'asseyant en Défense contre les forces du Mal.

De magnifiques cernes lui pochaient les yeux et il avait le visage pâle et amaigri. Néanmoins, il arborait toujours un sourire serein et dirigeait son cours avec entrain.

Harry alla le voir à la fin du cours pour lui rappeler sa promesse de leçon pour apprendre à se défendre des détraqueurs.

- Tu vas venir? demanda-t-il à Kécile en sortant.

- Je pense... répondit avec hésitation sa camarade.

- Il a toujours mauvaise mine, vous ne trouvez pas? intervint Weasley. Qu'est-ce qu'il a, à votre avis.

Kécile se garda bien de répondre et tentait de prendre un air ignorant quand Hermione, qui était un peu plus loin derrière eux, s'exclama:

- Non, mais vraiment!

- Non mais vraiment quoi? répondit Weasley d'un ton agressif.

- Rien, fit Hermione sur un ton hautain qui voulait dire exactement le contraire.

- Pourquoi tu dis "Non mais vraiment!" au moment où je me demande ce qu'à Lupin...

- C'est évident, non?

- Si tu ne veux rien dire, ne dis rien! marmonna Ron.

- Très bien! dit Hermione avec dédain en s'éloignant dans le couloir.

Ces deux-là, songea Kécile, dans le genre dialogue de sourds mais qui se tournent autour, on ne fait pas mieux!

- Hermione! Attends! l'interpella néanmoins Kécile. Allez-y, dit-elle aux deux garçons. Je vous rejoindrais plus tard.

Elle rattrapa Hermione et attendit qu'elles fussent bien seules pour demander:

- Toi aussi, tu sais?

- Bien sûr.

- Comment?

- L'épouvantard, le devoir sur les loup-garous... C'étaient des indices bien suffisants, non?

Kécile grimaça.

- Tu dois être particulièrement dégourdie, parce que pour ma part, Severus m'a sérieusement mise sur la voix! Sans lui, je n'aurais jamais compris.

- J'aurais cru que c'était Dumbledore qui te l'avait dit...

- Tu sais, Dumbledore ne me dit pas tout...

Kécile prit un air conspirateur.

- J'ai par exemple tenté en vain de savoir par lui comment tu t'y prends pour assister à plusieurs cours à la fois!

- Tu remets ça! s'exaspéra Hermione.

- Toujours, répondit Kécile avec un sourire moqueur

- Tu peux retourner avec les garçons, alors... dit Hermione en avançant dans le couloir.

- Vous vous faîtes la tête? C'est quoi la raison, au juste? interrogea Kécile perplexe.

- A cause du balai, répondit Hermione en reniflant avec mépris.

- A cause d'un... balai... répéta Kécile, incrédule. Ce Quidditch prend décidément une place démesurée... Harry te fait la tête pour ça alors que...

Elle se tut.

- Quoi? insista Hermione

- Rien. A tout à l'heure.

Et elle s'éloigna sans plus d'explication, laissant en plan Hermione qui se demandait si un jour sa camarade perdrait cette attitude lunatique.

Kécile avait failli laisser échapper des informations au sujet de leur escapade dans la Chambre des Secrets. Mais il fallait avouer que c'était déconcertant! Harry acceptait d'être amical avec elle, tout en connaissant ses opinions et il boudait Hermione parce que celle-ci avait voulu prendre des précautions pour sa sécurité... C'était à n'y rien comprendre!

Remus Lupin toqua à la porte du bureau de Dumbledore et attendit que le directeur l'invite à entrer.

Le vieil homme lui souriait avec chaleur.

- Professeur Lupin, je vous remercie d'être venu si vite.

- A votre service professeur Dumbledore. Que puis-je pour vous?

- J'ai besoin de m'assurer de certaines choses concernant deux élèves de gryffondors. Miss Gaunt vous a-t-elle parlé de se défendre contre les détraqueurs?

- Non, monsieur. Harry m'a en effet demandé de le lui enseigner, mais...

- Harry a suggéré à Kécile de se joindre à lui, expliqua le directeur. Je m'étonne qu'il ne vous ai pas parlé de la possible présence de Kécile... Ce n'est pas très poli de sa part. Cela vous dérangerait-il d'avoir deux élèves au lieu d'un seul?

- Pas le moins du monde, professeur.

- Je vous remercie. Cela étant, vous devez savoir certaines choses au sujet de Miss Gaunt. Je vous demanderai la plus grande discrétion concernant les informations que je vais vous donner.

Lupin acquiesça.

- Harry, comme vous le savez, est très sensible à la présence des détraqueurs et il lui serait utile de savoir produire un patronus, même faible. Mais Kécile a un véritable traumatisme: vous avez peut-être entendu dire qu'elle a été malade l'an passé?

- Oui. Pour être honnête le professeur Flitwick m'a parlé de cette élève assez étrange. Elle ne me pose aucun problème, s'empressa d'assurer Lupin. Mais elle a cette attitude indifférente, presque flegmatique... Une attitude d'adolescent en pleine crise... A la différence qu'elle semble avoir une réelle maîtrise de la magie pour son âge.

- Ne vous y fiez pas. Kécile est bien plus fragile qu'elle ne le montre. En partie à cause des détraqueurs.

Devant l'air interrogatif de son professeur, Dumbledore expliqua:

- Sa maladie était une excuse vis-à-vis de l'école pour expliquer son absence durant six mois, bien qu'il y avait une part de vrai. La vérité, c'est qu'elle a passé quinze jours à Azkaban qui ont manqué la tuer.

- Que dites-vous là? s'exclama Lupin horrifié. Qu'a-t-elle bien pu faire pour être envoyée là-bas?

- Ce qui a poussé Fudge à l'arrêter est entre Kécile, le ministère et moi.

Lupin acquiesça.

- Je comprends qu'elle soit traumatisée! Si je peux l'aider d'une quelconque manière...

- Le problème est que je ne crois pas Kécile réellement prête. Elle refuse de sortir du château de peur de ressentir l'effet maléfique des détraqueurs. Je serais heureux qu'elle puisse venir à vos cours, ce serait déjà un grand pas en avant. Mais je doute, au vu des circonstances et de sa situation familiale, qu'elle parvienne à créer un patronus. Comment comptez-vous entraîner Harry?

- Harry m'a révélé craindre par dessus tout les détraqueurs, même avant Voldemort. Je pense utiliser un épouvantard. J'ignore si cela marchera avec Kécile.

Dumbledore réfléchit.

- Voir un épouvantard transformé en détraqueur, même s'il n'est pas tourné vers elle sera déjà une étape importante pour elle. Dans tous les cas, ne la poussez pas trop. Il n'est pas loin le temps où elle enchaînait les cauchemars la nuit. Je ne veux surtout pas que le travail effectué cet été soit détruit parce que nous avons voulu aller trop vite.

- On y va, Kécile?

C'était jeudi soir et Harry et Kécile devaient avoir leur première leçon avec Lupin.

Kécile se leva sans un mot et rangea ses affaire avant de suivre son camarde. Brusquement, son estomac s'était noué et elle eut l'impression d'avoir trop mangé au dîner. Tout au long du chemin jusqu'à la salle d'Histoire de la Magie, une voix de plus en plus forte lui hurlait de faire demi-tour. Le trac la rongeait littéralement et elle se traitait intérieurement de tous les noms. Seul l'orgueil la retint de ne pas céder à cette voix. Elle aurait eu honte d'avouer à Harry que les détraqueurs la paniquaient au point de ne même pas pouvoir se rendre à une leçon où elle risquait au pire de voir une de ces fausses créatures. Mais en arrivant, elle se sentait malade.

Le professeur Lupin entra avec une grande caisse en bois qu'il posa sur le bureau.

- Qu'est-ce que c'est que ça? demanda Harry.

- Un autre épouvantard, répondit Lupin. J'en ai cherché dans tout le château depuis mardi dernier et heureusement, j'ai fini par en trouver un dans l'armoire de Rusard. C'est ce qui peut se rapprocher le plus d'un vrai détraqueurs. Quand il vous verra, l'épouvantard va prendre l'aspect d'un détraqueurs et nous pourrons donc nous entraîner sur lui. Quand on ne s'en servira pas, je le garderai dans mon bureau.

- D'accord, répondit Harry qui cachait difficilement son appréhension.

Kécile, quant à elle, se sentit pâlir. Voilà qui allait faire un détraqueur plus que crédible!

- J'ai été mis au courant de votre passage par Azkaban, Kécile, dit Lupin d'un ton concerné. Il faut que sachiez que bon nombre de sorciers passés par la même épreuve que vous se retrouvent dans l'incapacité de faire face à ces créatures. Vous pouvez vous arrêter quand vous le souhaitez. Vous pouvez par exemple vous contenter de la théorie pour aujourd'hui. Ne vous forcez pas outre mesure.

Kécile hocha la tête, mais le mouvement était raide.

- Le sortilège que je vais vous enseigner est un acte de magie avancée qui dépasse de très loin le niveau de Sorcellerie de premier cycle. On l'appelle le sortilège du Patronus.

- Comment ça marche? demanda Harry avec inquiétude.

- Si le sortilège se déroule normalement, vous verrez apparaître un Patronus, c'est à dire une sorte d'anti-détraqueur, un protecteur qui jouera le rôle de bouclier entre vous et le détraqueur.

Le patronus représente une force positive, une projection de tout ce qui sert de nourriture aux détraqueurs: l'espoir, le bonheur, le désir de vivre, mais à l'inverse des humains, le patronus ne peut pas ressentir de désespoir et le détraqueur ne peut donc pas lui faire de mal. Je dois cependant vous avertir vous aussi, Harry que ce sortilège est peut-être trop complexe pour vous. De nombreux sorciers hautement qualifiés ont des difficultés à le mettre en pratique.

- A quoi ressemble un Patronus? demanda Harry.

- Chacun est unique. Il change de forme selon le sorcier qui le fait apparaître.

- Et comment le fait-on apparaître? demanda à son tour Kécile.

- En prononçant une incantation qui ne produira son effet que si vous vous concentrez de toutes vos forces sur un souvenir particulièrement heureux.

Kécile déglutit. Là, comme ça, aucun souvenir vraiment heureux ne lui venait à l'esprit. Elle repensa au moment où le Seigneur des Ténèbres lui avait confié la bague de Serpentard, mais ce souvenir était maintenant teinté de tant d'amertume! Après avoir réfléchi un moment, Kécile décida qu'aucun souvenir du manoir du Seigneur des Ténèbres ne pouvait convenir.

- Je suis prêt, dit alors Harry.

Kécile lui jeta un regard paniqué. Elle ne l'était pas du tout!

- Prenez encore quelques minutes pour réfléchir, dit Lupin. C'est l'étape la plus importante.

" Il faut que je trouve quelque chose!"

Mais le stress lui obscurcissait l'esprit. Elle avait tout d'un coup l'impression d'avoir la vie la plus malheureuse qui soit. Il n'y avait pourtant aucun détraqueur dans la pièce... Voilà qui promettait!

Elle finit enfin par penser à l'améthyste qui trônait dans son dortoir et à l'émotion qu'elle avait ressentie quand Dumbledore la lui avait offerte. A défaut de joie... on verrait bien.

- Je suis prête, dit-elle enfin d'une voix aussi assurée que possible.

Lupin hocha la tête.

- Voici l'incantation qu'il faut prononcer: Spero patronum.

Kécile suivit l'exemple de Harry qui prononça la formule. Une espèce de fumée argentée jaillit bientôt de la baguette du gryffondor, mais Kécile avait davantage de mal à ce concentrer sur le souvenir, trop anxieuse de voir ce qu'il allait arriver par la suite. Une vague brume jaillit timidement de l'extrémité de sa baguette.

- C'est un début, l'encouragea Lupin.

Kécile grimaça. Cette fumée inoffensive n'allait pas avoir grande utilité face à un détraqueur. Harry semblait en revanche beaucoup plus enthousiasme.

- Vous avez vu? s'exclama-t-il. Ça a marché!

- Très bien, répondit Lupin, vous êtes prêt à essayer sur un détraqueur?

- Oui, répondit bravement Harry, gagné à nouveau par l'appréhension mais fixant d'un air décidé la caisse contenant l'épouvantard.

Kécile se sentit prise d'un tremblement convulsif et recula de plusieurs pas. Mais c'était trop tard pour fuir, Lupin avait déjà soulevé le couvercle.

Un détraqueur se dressa aussitôt, terrifiant d'inhumanité, suintant de désespoir et de pourriture, et les lampes de la classe s'éteignirent.

Kécile paniqua, et poussa un hurlement retentissant alors que le détraqueur aspirait l'air dans une vague glacée.

La monstrueuse créature n'était pas dirigée vers elle, mais Kécile glissa le long du mur, sentant ses forces l'abandonner peu à peu alors que Harry hurlait "spero patronum" désespérément, tentant de résister à l'inconscience. Kécile le vit à peine s'effondre au sol à son tour, des voix lointaines obstruant sa raison:

"Tue la.

- Je ne peux pas...

- Tu le pourras. Endoloris"

La voix s'éloigna alors que la lumière revenait et Kécile sentit vaguement Lupin se pencher au-dessus d'elle.

- Kécile, vous m'entendez?

Un murmure informe sortit de la gorge desséchée de la fillette qui se redressa péniblement, le souffle court, les yeux hagards.

- Vous ne vous êtes pas complètement évanouie. C'est plutôt encourageant, n'est-ce pas? dit Lupin dans une vaine tentative d'encouragement.

Il lui tendit une chocogrenouille et se pencha ensuite sur Harry qui était bel et bien évanoui. Quelques instants plus tard, il se redressait, visiblement dépité et honteux.

- Désolé.

- Vous vous sentez bien?

- Oui...

Il se releva péniblement, alors que Kécile continuait à le fixer d'un air incertain, incapable d'esquisser un mouvement pour se redresser de contre le mur où elle était affalée.

Lupin donna une chocogrenouille à Harry et lui dit:

- Je ne m'attendais pas à ce que vous réussissiez du premier coup. J'aurais même été stupéfait si ça avait été le cas.

- C'est de pire en pire, marmonna Harry. Cette fois, j'entendais ma mère encore plus fort... et lui aussi... Vordemort...

- Harry, si vous préférez arrêter là, je le comprendrai très bien...

- Je veux continuer! s'exclama-t-il avec véhémence. Il le faut! Qu'est-ce qui se passera si les Détraqueurs arrivent pendant le match contre Serdaigle? Je ne peux pas me permettre de faire une nouvelle chute. Si nous perdons ce match, nous aurons perdu la coupe!

- Les détraqueurs ne reviendront pas, Harry, dit faiblement Kécile en se relevant enfin. Dumbledore y veillera. Si c'est là ton seul motif...

Elle souhaitait ardemment que Harry renonce, lui permettant ainsi de partir à son tour, mais son camarade campait sur ces positions.

- Ils ont déjà désobéi une fois, ils peuvent recommencer. Je ne peux pas prendre le risque.

- Très bien... dans ce cas, intervint Lupin, peut-être faudrait-il vous concentrer sur un autre de vos souvenirs heureux. Celui-ci ne semble pas suffisamment intense. Kécile retirez-vous au fond, mais gardez votre baguette prête. Et dites l'incantation en même temps que Harry, même si le détraqueur n'est pas tourné vers vous.

Kécile hocha faiblement la tête, et s'éloigna le plus possible du coffre tandis que Harry reprenait le centre de la pièce.

- Prêt? interrogea Lupin, penché sur la caisse.

- Prêt, répondit Harry.

- Allons-y.

Le couvercle fut soulevé. A nouveau, la créature abominable se dressa dans la salle de classe et Kécile sentit ses jambes se dérober sous elle alors que les lumières s'éteignaient, comme aspirées dans le néant.

- Spero patronum! hurla Harry. Spero patronum

Kécile tendit vaguement sa baguette devant elle.

- Spero pat...

Le froid l'engloutissait déjà. Ce même froid qu'elle avait supporté à Azkaban. Il était venu, apportant un peu de chaleur. Dumbledore, Fumsec. Elle devait penser à eux...

Mais il l'avait abandonné! Devant ses yeux Harry s'effondrait au sol.

- Je suis désolé, Kécile. Je reviens bientôt. Courage!

Non, tentait de résister Kécile, il était revenu. Il avait fait ce qu'il avait pu. Elle ne pourrait pas résister davantage. Elle était tombée sur le sol glacé.

- Je ne peux pas t'emmener, Kécile. Pas encore.

Le froid s'intensifiait, il ne la quitterait plus.

- Dumbledore!

- Kécile! Revenez parmi nous!

Elle était à Poudlard, pas à Azkaban, et Dumbledore n'était pas là, c'était le professeur Lupin qui se tenait au-dessus d'elle.

Kécile rouvrit les yeux mais réalisa avec consternation que des larmes glissaient sur ses joues.

- Ça va, dit-elle en se redressant péniblement.

- Vous vous êtes évanouie cette fois, dit Lupin en l'observant avec inquiétude.

Kécile secoua la tête.

- Pas complètement. Pas comme Harry.

Mais tandis que le professeur réveillait son camarade, elle s'assit lourdement sur une chaise, ayant du mal à reprendre ses esprits. Elle n'y arriverait pas. Elle n'arriverait pas à faire face à ses souvenirs les plus pénibles. Elle n'avait pas de souvenirs suffisamment forts pour contrebalancer.

- J'ai entendu mon père, disait Harry. C'est la première fois que j'entends sa voix... Il a essayé d'affronter Voldemort tout seul pour donner le temps à ma mère de s'enfuir...

- Vous avez entendu James? demanda Lupin, apparemment ébranlé.

Kécile entendait la conversation de loin, comme détachée de ce qui se passait dans la pièce.

Harry entendait le meurtre de son père. Harry voyait l'un des actes les plus abominables qu'avaient commis son père.

- Pourquoi? vous... vous connaissiez mon père?

- Oui... en effet... Nous étions amis quand nous étions à Poudlard. Harry je crois que nous ferions mieux d'en rester là pour ce soir. Ce sortilège est beaucoup trop complexe... Je n'aurais pas dû essayer de vous l'apprendre...

- Si! s'exclama Harry en se relevant. Je veux essayer encore une fois! Je ne me concentre pas sur des souvenirs suffisamment heureux, voilà tout...

Il était tellement plus courageux qu'elle. Il valait tellement mieux qu'elle.

- Je ne recommencerai pas, déclara Kécile.

Elle se leva lentement, le visage soigneusement fermé.

- Je comprends, Kécile, répondit Lupin. Vous êtes la plus raisonnable des deux, ajouta-t-il avec un sourire. Je vous accompagne à votre dortoir.

- C'est inutile.

- Etes-vous sure de vous sentir suffisamment bien? demanda le professeur d'une voix inquiète.

Kécile hocha la tête.

- Prenez néanmoins cela, dit-il en lui tendant une chocogrenouille.

Elle tendit la main sans un mot, mais fourra le chocolat dans sa poche, pour l'heure incapable d'avaler quoi que ce soit.

- Merci, professeur. Bonne soirée.

Lorsqu'elle se retrouva dans la pénombre du couloir, elle se sentit brusquement très seule. Séparée des autres par cet éternel poids de la culpabilité et de la honte. Une seule personne pouvait comprendre cela. Un seul homme...

Dumbledore lisait avec attention un rapport d'Alastor Maugrey lorsque Severus Rogue surgit dans son bureau sans frapper, le teint encore plus pâle qu'à l'habitude, visiblement fou de rage.

- Severus, que me...

- Vous êtes tombé sur la tête, Albus!

- Je vous demande pardon? demanda le directeur déconcerté

- Vous cherchez quoi au juste? Son équilibre mentale, sa vie vous importent donc si peu?

- Voulez-vous vous expliquer, Severus, demanda calmement Dumbledore.

- Parce que vous n'avez toujours pas compris? murmura Severus d'un ton chargé de menaces. Vous êtes donc complètement inconscient. Vous laissez, que dis-je, vous encouragez Kécile à prendre des leçons sur les détraqueurs alors qu'elle n'ose pas approcher à 500 mètres de ces créatures. Voilà qui est déjà un sujet d'indignation bien suffisant pour moi. Vous ne savez pas dans quel état je l'ai récupéré ce soir! Et comme s'il y avait besoin d'en rajouter, j'apprends que le professeur n'était autre que Lupin! Je croyais qu'on était d'accord pour laisser Kécile en dehors de toute cette affaire. Si vous voulez que Potter devienne ami avec ce monstre, c'est votre affaire. Mais je refuse que Kécile soit exposée!

- Je maintiens, Severus que Kécile ne risque absolument rien à côtoyer le professeur Lupin. C'est un homme très humain et qui peut lui apporter beaucoup.

- Ah! ça! s'exclama Severus qui contenait difficilement sa fureur. Je suis certain qu'il lui a apporté beaucoup durant cette leçon. Ce n'est pas vous qui l'avez vu ce soir complètement égarée, répétant que Harry valait mieux qu'elle, que c'était sa faute si les détraqueurs la dominaient, que vous auriez dû l'abandonner à Azkaban, et qu'ainsi elle aurait payé pour son père.

Dumbledore se sentit pâlir.

- Elle a dit ça?...

- Et bien d'autres choses encore, mais vous avez l'idée générale, répondit Severus d'un ton sec, satisfait d'avoir ébranlé son directeur.

- Où est-elle?

- Dans mon salon. Elle s'est endormie et vous allez la laisser tranquille pour une fois.

Dumbledore ne put retenir un sourire amusé. Jamais un élève ne s'était endormi sur le canapé de Severus Rogue.

- Rangez votre sourire mesquin, Dumbledore, coupa Severus qui avait parfaitement deviné les pensées de son directeur. Demandez-vous plutôt pourquoi c'est moi qu'elle est venue voir et pas vous. Il a bien fallu que je répare les dégâts que vous aviez fait!

- Je vous en remercie, Severus. Et je suis sincèrement désolé. J'ai laissé Kécile libre d'aller ou non à ce cours et je pensais qu'elle saurait s'arrêter là où elle pouvait aller sans se laisser envahir par des pensées pareilles.

- Vous devriez pourtant savoir que Kécile sait se montrer beaucoup plus assurée qu'elle ne l'est. Elle a honte de cette faiblesse. Vous lui avez fait miroiter qu'elle pourrait vaincre cette faiblesse si elle suivait Potter. Elle l'a suivi pour ne pas perdre la face. Le résultat est probant!

- Je lui parlerai demain.

- Rien du tout! coupa Severus d'un ton péremptoire. Laissez-là tranquille. Elle me fait davantage confiance sur ce sujet et m'a dit tout ce qu'elle avait besoin de me dire. Ne venez pas rajouter votre grain de sel.

Dumbledore jaugea son professeur du regard. Il n'ignorait pas l'attachement de Severus à Kécile mais c'était la première fois qu'il lui demandait nettement et clairement de le laisser agir seul avec la gamine. Et par la confiance que Kécile lui accordait, il semblait avoir gagné ce droit.

- Très bien, Severus, je vous laisse gérer cette crise puisque vous l'avez visiblement mieux comprise que moi. Je sais que vous prendrez soin d'elle.

Severus haussa les épaules et tourna les talons. Dumbledore avait toujours une façon de présenter les choses!

Kécile ne parla pas à Dumbledore de ce qui s'était passé avec Lupin. D'ailleurs, en ce qui la concernait, il ne s'était rien passé, n'est-ce pas? Elle songeait souvent à ce que Severus lui avait révélé. Que lui-même était incapable de produire un patronus lorsqu'il se trouvait face à des détraqueurs. Elle devait donc se faire une raison...

Harry était au contraire revenu assez enthousiasmé de son cours où il avait eu un semblant de résultat au bout du troisième essai. Il y retourna donc la semaine suivante, et encore la semaine après.

Kécile refusa net de l'accompagner à nouveau. Il insista plusieurs fois, mais ce le tint pour dit lorsque les livres d'Hermione (et il y en avait beaucoup ainsi que des volumineux) se lancèrent à sa poursuite dans toute la salle commune, lui assenant des coups impitoyables sur le crâne jusqu'à que Kécile estime qu'il avait compris.

Les occasions de détourner l'esprit de Kécile de sa désagréable expérience ne manquèrent pas dans les semaines qui suivirent. Il y eut d'abord une avalanche de devoirs et notamment plusieurs devoirs communs: elle dut travailler avec Drago en arithmancie, avec Harry en métamorphose, avec Susan en études des moldus: "L'intégration passive des moldus à la communauté sorcière. Décrivez et commentez."

- Ça veut dire quoi, ça "intégration passive"?

Susan leva les yeux au ciel.

- Que faisais-tu pendant le dernier cours? demanda-t-elle.

- Je pensais à des choses qui ne te regardent pas.

- Et bien ça aurait été sans doute plus utile que tu écoutes.

Susan se résigna à sortir son cours et à lui en expliquer le contenu.

- En échange, dit-elle, tu m'expliqueras la dernière leçon de Rogue sur les relations interférentielles, il aurait pu parler runique pendant tout le cours, j'aurais davantage compris ce qu'il a raconté.

- C'est pourtant pas sorcier... répondit Kécile en haussant les épaules. Bon alors, voyons cette intégration passive. Ça doit encore être une de ces notions fumeuses des sorciers bien pensants.

Susan ne se laissa pas décourager par le manque d'enthousiasme de sa camarade et lui expliqua patiemment le contenu de la notion.

Lorsqu'elles eurent passé en revue le contenu du cours, Kécile relut le sujet, davantage éclairée sur sa signification.

- En clair elle veut qu'on explique comment les moldus se trouvent mêlés aux sorciers malgré eux...

Susan hocha la tête.

- Oui, mais je pense qu'il faut voir deux aspects à la question. Le code du secret magique et tous les sortilèges que les moldus subissent à leur insu pour ne pas découvrir notre existence et les mariages moldus sorciers.

- OK... Je pense que la première partie devrait être dans mes cordes, déclara Kécile.

- Ce serait bien de faire une ouverture en faveur de l'intégration active des moldus, tu ne crois pas?

Kécile lui jeta un regard soupçonneux.

- Qu'est-ce que tu sous-entends par là?

- Parler du rôle qu'ont les moldus au courant du secret magique sur notre société, de l'influence qu'ont en retour les moldus sur notre société...

Kécile leva les yeux au ciel.

- Tu fais comme tu le sens, mais ça par contre, ça n'est pas dans mes cordes, déclara-t-elle fermement. Et puis tu n'as pas l'impression de t'éloigner un peu trop du sujet?

- Hum... si peut-être, reconnut Susan en fixant le titre sur son parchemin d'un air songeur.

- Je suis sure que Burbage a déjà dans l'idée de nous coller un sujet dans ce goût là, de toute manière.

- J'espère bien! Ça sera vraiment intéressant.

Kécile secoua la tête d'un air désespéré et marmonna:

- Parle pour toi!

Lorsque la corvée du devoir d'études des moldus fut achevée, Kécile accepta de bonnes grâce d'expliquer à Susan le contenu du cours de potions et se lança dans l'explication des interférences des différents ingrédients entre eux et des lois chimiques en cause.

Lorsqu'elles rangèrent leurs affaires, Susan remercia Kécile.

- Tu maîtrises vraiment le sujet.

- Il m'intéresse beaucoup, répondit la gryffondor.

- Il y a des rumeurs qui se baladent...

- Encore! s'exclama Kécile.

- Au sujet de Rogue et toi. Certains serpentards disent qu'il ne te traite pas comme les autres. Pas comme les autres gryffondors en tout cas. Et Neville est persuadé que tu le connais personnellement.

- Neville... voyez-vous ça! souleva Kécile en plissant les yeux.

Susan attrapa le bras de sa camarade.

- Tu ne vas pas aller lui chercher des noises parce que je t'ai dit ça, non?

- Rassure-toi, je vais simplement apprendre à me méfier davantage de sa perspicacité...

- Il a donc raison?

Kécile pinça les lèvres et demanda en retour:

- Qu'est-ce qui lui fait croire ça?

- Il dit que tu es la seule, même parmi les serpentards à lui tenir tête, dit Susan en observant la réaction de Kécile avec une pointe d'incertitude et d'inquiétude. Que tu n'éprouves aucune peur envers lui, qu'il ne t'intimide pas. Et qu'en plus, même si tu es à gryffondor, tu as plutôt tendance à le défendre.

- Je ne pensais vraiment pas être aussi transparente, grommela Kécile. Neville doit vraiment être obsédé par Rogue pour épier ainsi nos relations!

- Alors il a raison? insista Susan

Kécile la fixa un moment avant de demander:

- Tu es capable de garder ça pour toi?

Susan hocha la tête.

- On dit que les Poufsouffle sont loyaux, alors j'espère pour toi que tu ne trahiras pas ta maison.

- Tu peux me faire confiance Kécile, assura la rouquine.

La gryffondor grimaça.

- On va dire que j'ai quelques difficultés avec le principe de la confiance. Mais admettons. Puisque tu tiens à le savoir, je connais Rogue depuis des années. C'est quelqu'un sur qui je sais que je peux compter et il peut faire ce qu'il veut aux autres Gryffondors ça ne changera rien en ce qui me concerne.

- Tu lui fais confiance.

- C'est ça, acquiesça Kécile. C'est l'un des rares cas qui a ce privilège, ajouta-t-elle d'un ton ironique.

Susan n'ajouta rien et termina de ranger ses affaires.

- Je suis sure que tu es entrain de te dire que je choisis bizarrement les gens à qui j'accorde ma confiance, n'est-ce pas?

- Non! rétorqua Susan qui semblait sincère. Tu as certainement tes raisons. Il doit être différent avec toi et...

Kécile l'interrompit d'un petit rire narquois.

- Je n'ai pas dis ça, Susan! Severus est toujours le même avec son fichu caractère et son air impressionnant. Simplement, il faut savoir le prendre et voir au delà de ça.

- Une capacité que tu es apparemment la seule à avoir, il n'est pas très aimé.

- Bel euphémisme! Je ne pensais pas que même un Poufsouffle pouvait dire de Rogue qu'il n'est "pas très aimé"! J'aurais à la rigueur accepté cette description à mon sujet. Dis-moi Susan, il y a encore d'autres rumeurs à mon sujet?

La jeune fille secoua la tête en signe de dénégation.

- J'ai l'impression d'être un service d'information, remarqua-t-elle avec amusement.

- C'est toi qui a commencé à me poser des questions indiscrètes!

- Bien sûr, j'essaie de te comprendre.

- Tandis que moi, murmura Kécile d'un air conspirateur, je te soutire des informations contre l'ennemi. Méfie-toi de moi, Susan Bones, je suis en train de te dévergonder, de t'amener à trahir ta maison. Tes amis vont bientôt se rendre compte de la mauvaise influence que j'exerce sur toi et te conseiller de t'éloigner! Un jour ils te demanderont de choisir!

- C'est déjà fait, répondit très calmement Susan.

Kécile cessa aussitôt tout jeu.

- C'est vrai? Je disais ça pour plaisanter... Il ne t'ont quand même pas...

- Il m'ont dit de me méfier de toi, coupa Susan.

- Qui ça?

- Tu n'as pas besoin de savoir, répondit la Poufsouffle d'un air sévère. Certains de mes camarades...

- Et tu ne les écoutes pas...

- Non, je pense qu'ils ont tort. Ils ne te connaissent pas, c'est tout.

Et Susan attrapa son sac pour quitter la bibliothèque.

- A plus tard Kécile!

Kécile la regarda partir profondément perplexe. Ou cette fille était très généreuse, ou elle était très inconsciente...

Oui, souffla une petite voix dans un coin de son esprit, mais dans tous les cas, elle est très gentille.

Peut-être un peu trop pour son propre bien, songea Kécile.

Cette curieuse relation que Kécile entretenait avec Susan n'était pas la plus étrange. Celle avec Drago était bien plus ambiguë, et elle ne savait elle-même pas quoi en penser. Ils passaient leur temps à se chercher, à s'envoyer des piques mais à se préoccuper l'un pour l'autre.

Ce fut Hermione qui trouva l'explication, un soir que toutes deux planchaient sur un devoir d'arithmancie.

- J'ai deux hypothèses, répondit-elle après que Kécile lui eut fait part de ses doutes.

La première c'est que vous êtes amoureux l'un de l'autre.

Kécile ricana sans retenue.

- Passe tout de suite à la deuxième hypothèse...

- La deuxième, répondit Hermione sans se démonter, c'est que vous vous sentez obligés de respecter la différence de camp qui vous sépare, mais qu'en réalité vous aimeriez être amis.

Cette fois-ci, Kécile ne ricana pas.

Un drame survient dans la salle commune de gryffondor: Pattenrond avait de toute évidence fait un festin de Croûtard (ou alors, Hermione ne nourrissait pas assez son chat...) et Ron semblait ne jamais pouvoir pardonner à Hermione de n'avoir pas pu empêcher son chat d'agir comme un chat...

Hermione se retrouva isolée de Harry et Ron et semblait se noyer dans le travail. Kécile venait s'asseoir auprès d'elle pour faire ses propres devoirs, mais la mauvaise humeur quasi-constante de sa camarade ne l'incitait pas au dialogue. Elle observait du coin de l'oeil sa camarade et l'amoncellement de livres et de devoirs qui l'entouraient mais avait renoncé à comprendre le mystère de son emploi du temps.

Elle ne côtoyait plus beaucoup Harry dont l'essentiel du temps libre était accaparé par des entraînements de Quidditch depuis qu'il avait récupéré son fameux Eclair de Feu.

-! !

Le hurlement retentit dans toutes la tour.

- C'était quoi, ça? s'exclama Kécile en se dressant sur son séant.

Elle bondit hors de son lit alors qu'Hermione fourrait sa tête sous la couette et que Parvatil allumait la lumière d'un coup de baguette.

Tenant la sienne prête, elle ouvrit la porte du dortoir et se précipita dans les escaliers menant à la salle commune. Le portrait se refermait silencieusement. Quelqu'un venait de sortir de la tour.

Kécile dévala les escaliers et se lança à sa poursuite. Au moment où elle atteignait le portrait, la porte du dortoir des garçons s'ouvrit et Harry, Ron, Dean, Seamus et Neville sortaient de leur pièce, bientôt suivis par un bon nombre de Gryffondors.

Dans le couloir une ombre se sauvait et disparut à l'angle du mur.

Kécile hésita à se lancer à sa poursuite, mais ses pieds nus la retinrent de s'élancer dans les couloirs glacés.

- Tu es vraiment sûr que tu n'as pas rêvé, Ron? demandait Harry lorsqu'elle referma le portrait derrière elle.

- Je te dis que je l'ai vu!

- Qu'est-ce que c'est que ce vacarme?

- McGonagall nous a dit d'aller nous coucher!

- Formidable! On continue la fête? demanda l'un des jumeaux Weasley

- Tous le monde dans les dortoirs! cria le préfet.

- Percy! Sirius Black! s'exclama Ron. Dans le dortoir! Avec un couteau! Il m'a réveillé!

Kécile regretta aussitôt d'avoir laissé filé l'ombre. Elle aurait dû lui jeter un sort tant qu'elle pouvait encore l'atteindre...

- Absurde! répliqua Percy. Tu as trop mangé, Ron... C'était un cauchemar, tout simplement...

- Je te dis que non!

- Bon allez, maintenant, ça suffit! s'écria le professeur McGonagall qui venait d'entrer dans la salle commune. Je suis enchantée que Gryffondor ait gagné le match, mais tout cela devient ridicule! Percy, j'attendais mieux de votre part!

- Je n'ai absolument pas autorisé ce qui vient de se passer, professeur! réplique Percy Weasley avec véhémence. J'étais en train de leur dire de remonter se coucher! Mon frère Ron a fait un cauchemar...

- Ce n'était pas un cauchemar! Beugla Ron. Professeur , je me suis réveillé et Sirius Black se tenait devant moi, un couteau à la main.

- Ne soyez pas ridicule, Weasley!

- C'est vrai professeur, intervint Kécile. Lorsque Ron a crié, je me suis précipitée hors du dortoir et j'ai vu quelqu'un. Qui s'enfuyait. Je ne sais pas si c'était Black, mais en tout cas il a filé sans demander son reste.

- Comment aurait-il pu franchir le portrait? demanda le professeur, déconcertée.

- C'est à lui qu'il faut demander, dit Ron en désignant le portrait du chevalier de Catogan. Demandez-lui s'il a vu...

Il l'avait vu, l'imbécile, et l'avait laissé entrer pour avoir été capable de lire les mots de passes perdus par Neville.

Kécile, et elle n'était pas la seule, ne parvenait pas à comprendre pourquoi Black s'était donné la peine de pénétrer jusque dans la tour de Gryffondor mais était reparti aussi sec en voyant qu'il s'était trompé de lit. (Comment ça elle regrettait qu'il ne les ait pas débarrassé de Weasley? Mais, non qu'allez-vous vous imaginer?)

La menace de Black fut cependant vite oubliée par la plupart des élèves à l'annonce d'une prochaine sortie à Pré-au-lard.

Kécile ne comprenait pas qu'on autorise encore les élèves à sortir alors que le tueur fou rôdait dans les environs. mais elle fut proprement horrifiée en apprenant que Harry avait l'intention de s'y rendre. Hermione semblait du même avis.

- Harry, si jamais tu retournes à Pré-au-Lard... Je raconte l'histoire de la carte au professeur McGonagall, déclara-t-elle.

- Tu entends quelque chose, Harry? fit Ron dans une tentative grossière pour l'ignorer.

- Ron, comment peux-tu l'encourager à venir avec toi? Après ce que Sirius Black a failli te faire? Je parle sérieusement, je vais vraiment le dire...

- Alors, maintenant, tu essayes de faire renvoyer Harry! s'exclama Weasley furieux. Tu trouves que tu n'as pas encore fait assez de dégâts, cette année?

- La ferme, Weasley! coupa Kécile d'un ton péremptoire. Tu ne manques pas de culot de comparer la sécurité de Harry à la mort de ton rat! Ça prouve ton immaturité! Si Black débarque, tu feras quoi? Tu lui donneras des bonbons de chez Honeydukes en échange de la vie de Harry? Hermione a parfaitement raison, Harry. Et moi, ce ne sera pas McGonagall que j'irai voir, mais Dumbledore.

Persuadée que sa menace ferait de l'effet, Kécile s'en retourna à ses devoirs, un sourire goguenard aux lèvres.

Mais le samedi qui suivit, elle eut une bien mauvaise surprise.

Alors qu'elles étaient toutes deux en train de travailler à la bibliothèque, Hermione reçut un message de Hagrid lui annonçant que le procès de l'hippogriffe était terminé et qu'il avait été perdu. La nouvelle sembla bouleverser Hermione qui partit aussitôt à la recherche de Ron et Harry.

- Hermione, demanda Kécile, pourquoi veux-tu le leur dire, vu l'amabilité de Ron déployée à ton égard en ce moment.

- Hagrid est leur ami. Ils voudront savoir.

- Eh! Gaunt!

Kécile se retourna pour voir Malfoy s'avancer vers elle d'un pas vif.

- Qu'est-ce que tu veux, Drago.

- Tu diras à ton copain Potter qu'il n'a pas intérêt à me rejouer des tours comme ça s'il ne veut pas se retrouver avec un balafre supplémentaire.

- De quoi tu parles? demanda Kécile perplexe.

- Bien évidement, tu n'auras peut-être pas l'occasion de lui transmettre le message... Rogue l'a peut-être déjà expulsé de l'école.

Et Drago repartit aussi vite qu'il était venu, un sourire mauvais aux lèvres.

- De quoi veut-il parler? s'exclama Kécile en se tournant vers Hermione.

- Je crois que Harry ne nous a pas écouté et est allé à Pré-au-Lard. Il a dû se faire prendre.

- Non? s'indigna Kécile. Il n'a quand même pas fait ça! Si jamais je mets la main sur lui, je...

- Viens, l'interrompit Hermione en la tirant par le bras en direction de la salle commune.

- C'est vraiment trop fort! continuait de s'indigner Kécile en la suivant. Il se fiche donc complètement de sa vie? Et Dumbledore ne l'impressionne pas apparemment! J'espère que Severus lui aura passé un de ces savons dont il a le secret.. Avec une retenue en prime, histoire de faire rentrer quelque chose dans sa tête brûlée!

Kécile interrompit sa diatribe en voyant Harry et Ron au bout du couloir. Weasley la devança.

- Tu vas nous expliquer que c'est bien fait pour nous? demanda-t-il à Hermione, avec agressivité. Ou alors tu viens nous dire que tu nous a dénoncés?

- Non, répondit Hermione d'un ton étonnement calme alors que Kécile mourrait d'envie de le gifler. Je pensais simplement que vous voudriez être au courant... Hagrid a perdu son procès. Buck va être mis à mort.

Les deux garçons prirent à l'évidence une douche froide.

- Il... il m'a envoyé ça... poursuivit Hermione en leur tendant la lettre qu'elle avait reçue.

- Ils ne peuvent quand même pas faire ça, dit Harry. C'est impossible. Buck n'est pas dangereux.

- Le père de Malfoy a intimidé les membres de la Commission. Tu sais comment il est. Il y a toute une bande de vieux gâteux là-dedans et ils ont eu peur. Il va y avoir un appel, bien sûr, il y en a toujours un. Mais je ne vois aucun espoir. Rien n'aura changé d'ici là.

- Si, ça va changer, répliqua Ron d'un air féroce. Cette fois, tu n'auras pas à faire le travail toute seule, Hermione. Je vais t'aider.

- Oh, Ron!

Kécile regarda avec stupéfaction Hermione se jeter au cou de Weasley et fondre en larme.

Elles n'étaient pas censées être fâchées contre les garçons?

- Ron, je suis vraiment, vraiment désolée pour Croûtard, sanglotait Hermione.

- Oh, de toute façon, il était vieux, répondit Ron. il ne servait pas à grand-chose. Maintenant, on ne sait jamais, peut-être que mes parents vont m'acheter un hibou.

Kécile observa le trio d'un air réprobateur. Elle trouvait cette réconciliation un peu trop facile! Les garçons s'étaient quand même payés leur tête dans les grandes largeurs! Et évidemment, elle allait passer pour la rabat-joie de service.

Harry s'aperçut sans doute de sa réprobation, car il lui dit à voix basse.

- Je suis désolé, Kécile. Vous aviez raison, toutes les deux. C'était immature.

- Contente que tu t'en aperç...

- Gaunt! s'exclama une voix grave au bout du couloir qui figea le groupe.

Kécile se retourna, un air prudent sur le visage.

- Oui, professeur Rogue?

- Venez avec moi, dit Severus en jetant un regard assassin aux trois autres Gryffondors.

Elle suivit son professeur, sous le regard paniqué de Harry, se demandant ce qui pouvait bien lui valoir cette convocation.

Rogue rentra directement dans le vif du sujet lorsqu'ils eurent atteint son bureau.

- Vous allez me dire, vous, le fin mot de l'histoire. Comment Potter s'y prend-il pour se rendre à Pré-au-Lard sans autorisation?

Kécile le regarda estomaquée.

- C'est de la délation, professeur!

A peine eut-elle prononcé ses mots, qu'elle réalisa qu'elle avait bien failli aller le dénoncer à Dumbledore. Oui, mais entre dénoncer Harry au directeur et à Severus, ce n'était pas du tout la même chose.

- Je suis certain que vous le savez.

- Comment pouvez-vous vous être certain, en ce qui vous concerne, que Harry était à Pré-au-Lard? demanda Kécile, histoire de gagner du temps.

- Si la tête de Potter était à Pré-au-Lard, le reste y était forcément... répondit Severus avec un rictus.

- La tête de Potter? demanda Kécile de plus en plus déconcertée.

- Comment Potter a-t-il peut se rendre au village sans que personne ne le voit, hormis Drago?

- Vous voulez dire que personne n'a vu Harry là-bas si ce n'est Drago! s'exclama Kécile déconcertée. Alors Drago s'est trompé! C'est la seule explication logique.

- Ne prenez pas la défense de Potter, Kécile.

- Professeur, quelqu'un d'autre l'aurait forcément vu.

- Sauf si Potter possède un moyen de se rendre invisible... Comme une cape, souleva Rogue en dardant un regard fixe sur Kécile.

Celle-ci eut une moue perplexe.

- Je n'ai pas connaissance que Harry ait un objet de ce genre. Et il n'est pas suffisamment habile pour se rendre invisible.

- Ce bout de parchemin n'était pourtant pas par hasard dans sa poche. Vous avez déjà dû le voir cela en revanche.

- Je suppose que vous parlez de la carte de Poudlard, dit Kécile en fronçant les sourcils.

- Tiens, tiens, Lupin et Wealsey soutenaient que cela venait de chez Zonko. Je suis pourtant certain que ce magasin ne vend pas de plans de Poudlard., souligna Severus avec un sourire mauvais Même si son goût pour les insultes est aussi douteux que le reste des produits en vente là-bas.

- Ce n'est peut-être pas la même chose, tenta de rattraper Kécile. A ma connaissance, cette carte n'insulte personne et vous n'auriez pas besoin de moi pour vous dire ce que c'est.

Severus la fixa d'un air calculateur, mais Kécile soutint son regard, décidée à ne pas abandonner Harry en pâture à son sévère professeur.

- Bien, finit par dire Rogue l'air pincé. Je vois que vous avez choisi votre camp, Kécile.