Bonne année à tous!

Voici ce que je pensais être le dernier chapitre de la troisième partie, mais c'était trop long.


Chapitre XXXXVI: La Lune éclaire tout d'un autre jour

Harry ne prit même pas la peine de s'indigner sur le fait que Severus ait tenté de savoir par quel moyen il s'était rendu à Pré-au-Lard par le biais de Kécile.

En fait, le trio n'avait plus qu'une idée en tête: Buck, l'hippogriffe de Hagrid et Kécile avait du mal à s'intéresser au sujet. Ron passait tout son temps libre le nez dans des bouquins, ce qui était bien inhabituel et en oubliait d'être désagréable avec Kécile. Harry se plongeait dans des historiques de procès les rares fois où il n'était pas en train de faire ses devoirs ou de s'entraîner au Quidditch. Et Hermione n'avait absolument pas le temps de lire quoi que ce soit hors du programme scolaire à cause du nombre impensable d'options qu'elle avait prises. Hermione... ces derniers temps, elle avait vraiment une attitude étrange. D'abord elle giflait Malfoy, ensuite elle oubliait d'aller en cours, et sa dernière trouvaille était de partir en claquant la porte du cours de divination (alors qu'au même moment, notez bien, elle répondait studieusement aux questions du professeur Vector, cherchez l'erreur...)

Les vacances de Pâques arrivèrent, passèrent, la finale de quidditch se profila, arriva à son tour et c'était une ébullition indescriptible dans la salle commune des Gryffondors. A tel point que Kécile fuit la tour et alla se réfugier chez Dumbledore. Le directeur tenta vainement de convaincre Kécile qu'elle ne risquait rien à se rendre au match. Kécile faillit bien accepter, profondément lassée de ne pas sortir du château, mais elle était convaincue que s'il y avait un moment où elle risquait de croiser un détraqueur, c'était bien lors d'un match de Quidditch où ils pouvaient être attirés.

Gryffondor gagna donc la coupe à la plus grande joie des trois quart de l'école et à la totale indifférence de Kécile.

Et puis juin arriva, aussitôt suivi des examens.

Le seul examen que Kécile prit vraiment la peine de réviser fut celui d'arithmancie. Le reste était une formalité... hormis l'examen d'études des moldus. Elle poussa un profond soupir de lassitude devant la dissertation imposée et se débarrassa du sujet aussi vite que possible, bâclant sans scrupule le devoir.

Lorsqu'elle sortit de l'épreuve, Ron et Hermione attendaient dans la salle commune que Harry termine la divination.

- Pas mécontente que tout ça soit terminé pour cette année, dit Kécile en s'étirant. C'est d'un fastidieux. Enfin, je ne vais pas me plaindre, tu dois être la plus soulagée de nous tous, Hermione...

Hermione hocha la tête.

- Je ne sais pas si je vais continuer toutes les options, avoua-t-elle. Je ne suis pas certaine de tenir une nouvelle année comme celle-ci.

- Tu pourrais par exemple arrêter l'études des moldus, suggéra Ron. Même si tu...

Un hibou interrompit Ron en venant atterrir sur ses genoux.

- Qu'est-ce que tu veux, toi?

- C'est sans doute de Hagrid, s'exclama Hermione d'une voix blanche. Vite! Ouvre!

Ron déplia maladroitement le petit bout de parchemin griffonné à la hâte.

- Avons perdu en appel. Ils vont le mettre à mort au coucher du soleil. Vous ne pouvez plus rien faire. Ne venez pas. Je ne veux pas que vous regardiez ça. Hagrid.

- Oh non! gémit Hermione, ce n'est pas possible.

- Avec tous les arguments qu'on avait accumulés, s'exclama Ron furieux, c'est de la mauvaise fois pure et simple! Cette bande de lâches incapables! cracha-t-il.

- C'est l'oeuvre de Lucius, commenta Kécile.

Les deux autres semblaient complètement découragés

- Je peux peut-être aller voir Drago? suggéra-t-elle.

- Pour faire quoi? demanda Ron avec mauvaise humeur. C'est trop tard maintenant. Drago a lui tout seul ne pourrait pas empêcher cette exécution, quand bien même il le voudrait.

L'instant d'après, Harry entrait en courant dans la salle commune.

- Le professeur Trelawney! dit-il hors d'haleine, elle vient de me raconter...

Kécile aurait été curieuse de savoir ce que Trelawney avait bien pu raconter qui déclanche un tel intérêt de la part de Harry, mais il s'interrompit en voyant la mine de ses deux amis.

- Hagrid a perdu, dit Ron en lui tendant le bout de parchemin. Il vient de nous envoyer ça.

- Il faut y aller, déclara Harry dès qu'il eut lu le message. On en peut pas le laisser tout seul attendre le bourreau.

- Au coucher du soleil. On n'aura jamais le droit de sortir... Surtout toi, Harry...

- Si seulement on avait la cape d'invisibilité...

- La quoi? intervint Kécile estomaquée. Depuis quand tu as une cape d'invisibilité?

- Où est-elle? demanda Hermione, ignorant royalement sa camarade.

- J'ai dû l'abandonner la dernière fois que je suis allé à Pré-au-Lard. Je savais que Drago allait me dénoncer et je ne voulais pas qu'on me trouve avec ça sur moi. Elle est dans le passage secret sous la sorcière borgne.

- Alors Severus avait raison! s'exclama Kécile. Tu sais qu'il se doute que tu as un artefact de ce genre?

- Ça ne lui sert à rien de se douter simplement, rétorqua sèchement Harry. Mais si jamais Rogue me voit encore dans ce coin-là, j'aurais de sérieux ennuis.

- C'est vrai, dit Hermione en se levant. Si c'est toi qu'il voit... Comment on fait pour ouvrir la bosse de la sorcière?

- Il faut donner un coup de baguette magique en disant "Dissendium", mais...

Hermione était déjà partie.

- Elle ne va quand même pas aller la chercher elle-même?

- Harry, même si Hermione revient avec cette cape, tu n'iras pas dehors, n'est-ce pas? demanda Kécile d'un ton insistant.

- Si, répondit fermement Harry. Hagrid est mon ami. Il a besoin de nous

- Il vous a dit lui-même de ne pas venir! Et Black rôde toujours dans le coin. Tu ne vas pas recommencer la même bêtise qu'en février dernier!

- Ça n'a rien avoir avec des farces et attrapes, Kécile! Cette fois-ci, c'est une raison bien valable. Et je serais toujours dans l'enceinte de Poudlard.

- Ça ne signifie pas pour toi qu'il y a moins de danger. Détraqueurs ou pas, Black a déjà réussi deux fois à pénétrer Poudlard.

Mais Harry demeura buté. Kécile soupira bruyamment.

- Je ne peux même pas espérer qu'il t'arrive une bricole histoire que ça te serve de leçon, tu recommenceras à la première occasion, espèce de tête brûlée! Le sujet étant malheureusement clos, dis-moi plutôt ce que Trelawney t'a dit de si intéressant tout à l'heure?

Harry prit aussitôt une mine soucieuse.

- Elle est devenue vraiment bizarre à la fin de l'épreuve. Et elle a dit que le Seigneur des Ténèbres surgirait à nouveau parce que pendant douze ans son serviteur qui était enchaîné se libérerait de ses chaînes ce soir et le rejoindrait. Un truc dans le genre. Après, je ne sais pas si elle faisait semblant, mais elle paraissait ne se souvenir de rien...

- Se libérera de ses chaînes... répéta Kécile d'un air songeur.

- Ce n'était peut-être qu'une blague, souleva Harry d'un air hésitant.

Mais Kécile trouvait le sujet un peu trop sérieux pour une blague. Qui dans la génération des professeurs s'amusait à blaguer du Seigneur de Ténèbres? Sans parler des allusions très claires à Sirius Black. Il allait se passer quelque chose avec lui ce soir... Et ce soir, Harry serait dehors, sans défense, dans le parc de Poudlard...

- Hermione, qu'est-ce qui t'arrive, ces temps-ci? demanda Ron admiratif à la Gryffondor lorsqu'elle revint dans la salle commune dissimulant la cape sous sa robe. D'abord tu donnes une gifle à Malfoy, ensuite tu quittes le cours du professeur Trelawney...

C'était décidé. Il allait bien falloir qu'elle affronte sa peur des détraqueurs. Ce soir, qu'importe où il allait, Kécile accompagnait Harry. Elle avait promis à Dumbledore de le protéger.

Ce fut malgré tout la peur au ventre que Kécile se glissa sous la cape avec le trio et sortit dans le parc. Elle guettait à chaque instant la sensation glaciale des détraqueurs. Mais rien ne vint.

Elle atteignit avec les autres la porte de la cabane de Hagrid, bien que jetant continuellement des coups d'oeil inquiets à droite et à gauche et ce fut avec soulagement qu'elle se réfugia à l'intérieur de la cabane.

Hagrid était complètement désemparé et le trio tentait de le soutenir comme il pouvait. Le professeur refusa cependant catégoriquement qu'ils assistent à l'exécution, ce dont Kécile lui fut intérieurement reconnaissante.

- Et de toute façon, vous ne devriez pas être ici, ajouta-t-il. Si Fudge et Dumbledore te voient dehors sans autorisation, Harry, tu auras de gros ennuis.

Malheureusement, même la menace de Black n'avait pas retenu Harry, alors Fudge et Dumbledore!...

- Ron! s'exclama Hermione d'une voix haut perché. C'est... c'est incroyable! Croûtard!

- Qu'est-ce que tu racontes?

Hermione découvrit le vieux rat de Ron caché dans un pot à lait, encore plus miteux que la dernière fois qu'ils l'avaient vu.

- Croûtard! Qu'est-ce que tu fabriques ici? dit Ron d'une voix blanche.

- Il n'était pas censé être mort, ton rat? demanda Kécile en ouvrant la bouche pour la première fois depuis qu'ils étaient chez Hagrid. Comment a-t-il pu survivre tout ce temps?

- Du calme, Croûtard! s'exclama Ron en retenant péniblement son rat qui se débattait comme s'il avait la mort au trousse. Il n'y a aucun chat ici. Personne ne cherche à te faire du mal!

- Ils arrivent... souffla à ce moment Hagrid, le regard fixé par la fenêtre. Il faut que vous partiez. Il ne faut pas qu'ils vous trouvent ici... Filez vite. Je vais vous faire sortir par derrière.

Eloignés avec insistance de la scène du drame par Hagrid, les quatre gryffondors remontèrent la pente vers le château, dissimulés sous la cape. Kécile n'avait qu'une hâte, c'était de retrouver la sécurité du château. Mais Ron les ralentissait en s'arrêtant régulièrement.

- Ron, je t'en prie... murmura Hermione.

- C'est Croûtard! Il ne veut pas rester en place.

Le rat se tortillait dans tous les sens et tentait même de mordre son maître pour s'échapper.

- Croûtard, c'est moi, espèce d'idiot.

La porte de la cabane s'ouvrit derrière eux.

- Ron, allons-y, ils s'apprêtent à le tuer.

- D'accord... Croûtard tiens-toi tranquille... Je n'arrive pas à le tenir. Croûtard! dit-il alors que le rat poussait des cris terrorisés, arrête, tout le monde va nous entendre.

Mais ils n'avaient pas suffisamment avancé pour ne pas entendre. Quelques instants plus tard, le silence fut brisé par un coup sourd suivit d'un long gémissement de souffrance.

- Ils l'ont fait! murmura Hermione d'une voix brisée. Je n'arrive pas à croire... Ils l'ont fait!

- Hagrid, dit Harry qui amorça un geste pour se débarrasser de la cape et retourner sur ses pas.

- Non! s'exclama Kécile en le retenant.

- Impossible, dit Ron. Il aura encore plus d'ennuis s'ils savent qu'on est allés le voir...

- Comment ont-ils pu... sanglotait Hermione. Comment ont-ils pu?

- Avancez! murmura Kécile. Ne restons pas là, ils vont finir par nous entendre.

- Croûtard, reste tranquille! Aïe! il m'a mordu!

- Ron, tais-toi, murmura Hermione. Fudge peut arriver d'un moment à l'autre...

- Il refuse... de... rester tranquille... répondit Ron qui se débattait avec son rat.

- Je vais te le stupéfixier, ton rat, il va nous foutre la paix comme ça, intervint Kécile en sortant sa baguette. Maintenant, avance, Ron.

- Non, Kécile! Ne fais pas ça! s'exclama Hermione. Tu risquerais de toucher Ron plutôt que Croûtard.

- Mais qu'est-ce qu'il a? protesta Ron.

La réponse apparut quelques instants plus tard. Pattenrond s'avançait silencieusement vers eux.

- Pattenrond, non!Va-t'en! gémit Hermione. Va-t'en!

- Croûtard! NON!

Le sort de Kécile fusa à quelques centimètres de sa cible qui filait à toute vitesse dans l'herbe. Déjà Kécile l'avait perdu de vue, Pattenrond s'était élancé à sa poursuite, et Ron à la sienne.

Abandonnant toute prudence, les trois autres se mirent à courir à leur tour sans la protection de la cape d'invisibilité.

- Laisse-le tranquille! criait Ron. Allez, va-t'en! Croûtard, viens ici.

- Maintenant, on est sûr d'avoir ameuté tout le parc! grommela Kécile.

- Je t'ai eu! File d'ici, sale chat!

- Ron... Reviens sous la cape, dit Hermione au rouquin qui maintenait à nouveau péniblement son rat dans sa poche. Dumbledore... le ministre... ils peuvent arriver à tout moment!

Mais ce ne fut pas Fudge qui surgit de l'obscurité, ni un détraqueur. Sans qu'il puisse savoir d'où il surgissait, un gros chien noir se jeta sur eux. Kécile tenta de le stupéfixier, mais elle avait vu sa cible trop tard, le sortilège le manqua et se perdit dans l'obscurité. Dans un bond gigantesque, le molosse atterrit sur eux avant de rouler plus loin, emporté dans son élan. Tandis qu'ils se relevaient, l'animal repartit à l'assaut. Anticipant son mouvement, Kécile lança le sort en direction de Harry. Mais le chien ne bondit pas sur lui, mais sur Ron et l'emporta comme un jouet. Kécile visa à nouveau, mais au moment où le sort partait, quelque chose frappa violemment sa baguette qui se brisa dans un crac horrible alors que l'éclair fusait vers le ciel et que quelque chose frappait violement Kécile dans le dos et la projetait par terre.

- Qu'est-ce que c'est que ça? hurla-t-elle paniquée à l'idée de comprendre ce qui venait de lui arriver.

Harry et Hermione aussi avaient chuté, mais quelques instants plus tard, alors qu'un projectile sifflait une nouvelle fois à son oreille, Kécile vit la baguette de Harry s'éclairer.

- Le saule cogneur, gémit Hermione.

Le grand chien noir entraînait Ron entre les racines noueuses de l'arbres et ils ne pouvaient pas le suivre.

- Ron! hurla Harry qui tentait de passer au travers des branches folles

- Harry! s'exclama Hermione alors que le chien et sa proie disparaissaient, il faut aller chercher du secours!

- Non! On n'a pas le temps, ce monstre est suffisamment grand pour le dévorer...

- On n'arrivera jamais à passer sans aide...

Kécile les regardait tourner autour de l'arbre sans réagir. Elle tenait sa baguette brisée haut dans sa main, incapable d'accepter ce qui venait de se passer. Dans une situation pareille, elle se retrouvait sans arme. Ce n'était pas possible!

- Si ce chien a pu passer, nous aussi, on devrait y arriver.

- Au secours, au secours...

Dumbledore n'était pas loin. Il fallait qu'elle aille le chercher. C'était la seule solution avant que toute cette affaire ne tourne à la tragédie.

A ce moment-là, l'arbre s'immobilisa.

- Pattenrond! murmura Hermione décontenancée.

Kécile vit alors que le chat avait mis en oeuvre un mécanisme pour contrôler l'arbre.

- Comment savait-il...?

- Il est ami avec ce chien, répondit sombrement Harry. Je les ai vus ensemble. Viens... Et sors ta baguette magique...

- Il faut aller chercher Dumbledore, s'exclama Kécile.

- On n'a pas le temps.

- Mais je n'ai plus d'arme!

- On en a, nous. Viens!

Et Harry l'entraîna parmi les branches immobilisées. Ils débouchèrent dans ce qui étaient vraisemblablement un passage secret.

- Où mène ce passage? demanda-t-elle alarmée.

- Je n'en sais rien... Il est indiqué sur la carte du Maraudeur, mais Fred et George disent que personne ne s'y est jamais aventuré. La carte ne montre pas où il débouche mais il doit sûrement aller jusqu'à Pré-au-lard...

Lorsqu'ils surgirent plusieurs minutes plus tard dans une pièce miteuse, désordonnée et poussiéreuse, Hermione murmura:

- Harry! Je crois que nous sommes dans la Cabane Hurlante.

Kécile regretta aussitôt de les avoir suivi. Elle se rappelait parfaitement de ce que Severus lui avait dit au sujet de la Cabane Hurlante.

Cette cabane n'a jamais été hantée au sens propre du terme même si ce qu'il y avait dedans était bien pire que des fantômes. Et si jamais par malheur les évènements qui ont conduit à cette rumeur stupide se reproduisaient, vous me ferez le plaisir de vous tenir soigneusement à l'écart.

- Severus a raison, dit-elle en montrant les meubles brisées. Les fantômes ne cassent pas les chaises... Vous avez entendu? Il y a quelqu'un là-haut!

Prudemment, ils montèrent à l'étage, à l'affût du moindre mouvement. Ils atteignirent une porte à l'étage. D'un coup d'oeil entendu, Kécile donna un violent coup de pied dans la porte tandis que Harry brandissait sa baguette prêt à jeter un sort sur tout ce qui bougeait. Mais il n'y avait que Ron, affalé sur un grand lit à baldaquin poussiéreux et délabré, Pattenrond pelotonné sur lui, ronronnant avec force. Plus de trace du chien.

- Ron... Comment tu te sens?

- Où est le chien?

- Ce n'est pas un chien! Harry s'est un piège...

Kécile se retourna et brandit alors inutilement sa baguette cassée.

- Le chien, c'est lui... C'est un Animagus.

- Sirius Black! cracha Kécile. J'aurais dû m'en douter!

Mais avant que Hermione ou Harry qui avaient encore une baguette puissent réagir, l'homme les désarma avec la baguette de Ron.

- Tu penses toujours qu'il ne faut pas aller chercher Dumbledore, Harry? grommela Kécile, pourtant consciente que râler n'arrangerait en rien leur situation.

- Je pensais bien que tu viendrais aider ton ami, dit Black à Harry d'une voix gutturale. Ton père aurait fait la même chose pour moi. Très courageux de ta part de ne pas être allé chercher un professeur. Je t'en suis reconnaissant... Ça va rendre les choses beaucoup plus faciles.

Harry, s'avança vers l'homme provocateur, mais Hermione et Kécile le retinrent chacune par un bras.

- Non, Harry! protesta faiblement Hermione.

- Si vous voulez tuer Harry, il faudra nous tuer aussi! s'exclama Ron qui s'était levé péniblement du lit

- Ron, coupa Kécile d'un ton cassant tout en fixant le mangemort, le mélodrame gryffondor ne nous sera d'aucun secours, fais travailler tes méninges.

- Allonge-toi, répondit cependant Black d'une voix aussi douce que possible. Tu vas te faire encore plus mal à la jambe.

- Vous m'avez entendu? Vous devrez nous tuer tous les trois.

- Heh! s'exclama Kécile. Merci de ne pas décider pour moi. J'ai l'intention d'utiliser ma vie un peu plus utilement qu'en mourrant héroïquement mais stérilement.

- Voilà une demoiselle qui n'est pas à Gryffondor, murmura Black en fixant Kécile. Mais tu n'as pas d'inquiétude à avoir. Il n'y aura qu'un seul meurtre ce soir.

- Et pourquoi ça? lança Harry qui semblait prêt à bondir sur l'homme si Kécile ou Hermione le relâchait. Vous n'avez pas eu ce genre de scrupule, la dernière fois. Vous n'avez pas hésité à tuer tous ces Moldus pour assassiner Pettigrow... Qu'est-ce qui se passe, vous vous êtes ramolli à Azkaban.

- Harry! gémit Hermione. Tais-toi!

- IL A TUE MON PERE ET MA MERE! rugit Harry.

Et il se libéra de l'étreinte des deux filles pour se ruer vers le meurtrier.

- Harry! hurla Kécile en se précipitant à sa suite.

Elle dut faire un brusque écart pour éviter le triple éclair rouge qui jaillit des baguettes que Black tenait à la main. Kécile tenta d'écarter Harry tandis que celui-ci rouait de coups l'homme qui se débattait sous lui. Black essaya de l'étrangler, mais Hermione projeta son pied sur son visage, lui faisant lâcher prise, tandis que Kécile récupérait les baguettes. Elle garda celle de Ron, estimant qu'elle serait plus utile dans sa main, et rendit les deux autres à leurs propriétaires.

Elle brandit comme Harry sa baguette vers l'homme affalé à leurs pieds, mais contrairement à son ami qui tremblait d'une rage difficilement contrôlée, elle se sentait parfaitement maîtresse d'elle-même, enivrée par cette sensation de puissance qu'on pouvait avoir lorsqu'on tentait quelqu'un à sa merci et qu'elle n'avait plus ressenti depuis longtemps. Cela datait de l'époque où elle se battait en duel avec des mangemorts. Cet homme méritait la mort, et sa vie se tenait là, à l'extrémité de cette baguette.

- Vous allez me tuer, Harry?

- Vous avez tué mes parents, répondit le jeune homme d'une voix frémissante de colère et peut-être aussi de stress.

- Je ne le nie pas. Mais si tu connaissais toute l'histoire...

- Vous les avez vendus à Voldemort, c'est tout ce que je sais!

- Il faut que tu m'écoutes, dit Black comme s'il prenait brusquement conscience qu'un sort de mort se tenait au bout d'une des baguette brandies sur lui. Tu le regretteras si tu ne le fais pas... tu ne comprends pas...

- Je comprends beaucoup mieux que nous ne le croyez. Vous ne l'avez jamais entendue, ma mère... ma mère qui essayait d'empêcher Voldemort de me tuer... Et c'est vous qui avez fait ça! C'est vous!

Pattenrond surgit de sous le lit et vint se pelotonner sur le torse de Black qui tenta vainement de le faire partir. Kécile lui lança un sort d'expulsion et le chat, bien qu'accroché de toutes ses griffes à la chemise miteuse fut projeté de l'autre côté de la pièce. Alors, dans le silence tendue qui s'était installé, Kécile dit d'une voix décidée:

- Harry, tu n'as pas les capacités pour tuer cet homme d'un sort. Moi, si. Dis un mot et il est mort. C'est toi qui décide, Harry.

- Kécile, murmura Hermione. Tu ne peux pas faire ça!

- Je l'ai déjà fait, Hermione, répondit calmement la jeune fille. Et je recommencerai si Harry le veut, sans remord cette fois, parce que cet homme le mérite.

- Ce n'est pas à toi de le faire, coupa Harry.

- Mais je suis la seule ici capable de le faire, rétorqua Kécile.

- Ne faîtes pas ça! Ni l'un ni l'autre! s'exclama Hermione qui semblait paniquée. Livrons le aux détraqueurs.

- Les détraqueurs ne lui font rien, cracha Kécile. Il leur échappera à nouveau.

Un bruit de pas étouffés leur parvint alors du rez-de-chaussé.

- On est ici! hurla soudain Hermione. On est ici avec Sirius Black! Vite!

- C'est maintenant ou jamais, Harry! dit Kécile.

Mais alors qu'Harry restait toujours indécis, la porte s'ouvrit à la volée sur le professeur Lupin qui embrassa la pièce d'un regard et les désarma aussitôt qu'il eut compris la situation.

Kécile jeta un regard noir au professeur qui lui avait retiré son arme. Mais Harry semblait soulagé, tous comme les deux autres.

Leur soulagement fut cependant de courte durée...

- Où est-il, Sirius? demanda Lupin.

Kécile fronça les sourcils perplexe. Et tout comme les trois autres elle ne comprit pas davantage pourquoi Black désigna Ron du doigt. Qu'avait donc Weasley à voir dans l'affaire?

- Mais dans ce cas... murmura Lupin, pourquoi ne s'est-il pas montré avant? A moins que... A moins que ce soit lui qui... A moins que vous ayez changé de... sans me le dire?

Si les quatre Gryffondors n'avaient pas compris un traître mot, Black lui acquiesça. Et Kécile se sentit particulièrement démunie lorsqu'elle vit Lupin et Black s'étreindre comme de vieux amis. Qu'allaient-ils faire maintenant, avec deux ennemis en possessions de baguettes et eux désarmés? Kécile sembla la seule qui garda son sang froid. Il n'y avait pas trente-six solutions, il fallait remettre la main sur une baguette, guetter le moment où Lupin serait le moins vigilent. Mais Hermione semblait totalement hors d'elle. Elle hurla dans un accès de fureur parfaitement stérile que Lupin était un loup-garou, à la stupeur de Harry et Ron.

Kécile leva les yeux au ciel. Elle semblait annoncer ça comme la conséquence logique qu'il soit un traître ou vice-versa.

- Dumbledore vous a engagé en sachant que vous étiez un loup-garou? dit Ron suffoqué. Il est fou?

- Voilà qui résume assez bien la pensée générale... ricana Kécile.

- Certains professeurs l'ont pensé, répondit Lupin. Il a eu beaucoup de mal à convaincre certains de mes collègues qu'on pouvait me faire confiance...

- Et il avait tort! hurla Harry. Vous l'avez aidé dès le début.

- Je n'ai pas aidé Sirius, insista Lupin. Si vous voulez bien me laisser une chance de m'expliquer... Tenez...

Il sépara les trois baguettes qu'il gardait et les lança à leurs propriétaires. Kécile, d'un geste vif, intercepta celle de Ron.

- Voilà, dit Lupin en glissant sa propre baguette dans sa ceinture. Vous êtes armés, nous ne le sommes pas. Vous allez m'écouter, maintenant?

Kécile eut un sourire mauvais. Elle n'allait certainement pas perdre son temps... Pointant d'un geste décidé la baguette de Ron sur Lupin, elle le désarma.

Le professeur la regarda déconcerté attraper sa baguette et rendre celle de Ron à son propriétaire.

- Maintenant vous êtes désarmés. Cependant, je ne voudrais pas interrompre votre débat... Allez-y.

Et elle passa devant Harry et Hermione pour prendre la porte.

Lupin et Sirius firent minent de l'arrêter, mais elle pointa sa baguette vers eux.

- Méfiez-vous, murmura-t-elle, je connais des sorts beaucoup plus dangereux qu'un simple expelliarmus.

- Qu'est-ce que tu fais, Kécile? s'inquiéta Hermione.

- Chercher de l'aide, répondit Kécile sèchement. Avant que toute cette affaire ne tourne mal.

- Non, attends... s'exclama Harry.

- Rien du tout! s'écria Kécile en haussant le ton. Je n'assume pas la responsabilité de tenir Black sous ma baguette. Tâche de ne pas les laisser s'enfuir, ajouta-t-elle en désignant les deux hommes.

Et Kécile fila en coup de vent sous le regard horrifié des deux adultes.

Tant mieux s'ils discutaient de la prétendue innocence de Black, ils lui faisaient gagner du temps.

Lorsqu'elle fut sortie du tunnel et déboucha dans le parc, elle se mit à courir de toutes ces forces. Elle détestait se trouver ainsi seule dans le parc, à la merci du moindre détraqueur qui passerait. Mais le parc était désert. Il n'y avait plus aucune lumière près de la cabane de Hagrid. Elle crut voir quelque chose bouger à l'orée de la forêt interdite mais ne s'arrêta pas pour vérifier.

Lorsqu'elle poussa les portes du hall du château, elle se trouva nez à nez avec Severus.

- Kécile? Que faîtes-vous dehors à cett...

- Severus! Venez vite! Black! s'exclama-t-elle. Il est avec Harry et les autres! Dans la cabane hurlante! Et Lupin.

- Je m'en doutais! gronda Rogue. Kécile suivez-moi.

- Mais... Dumbledore...

- Nous n'avons pas le temps, dépêchez!

Severus se rua vers le grand escalier et Kécile le suivit à contre coeur. Ils atteignirent le saule cogneur et le professeur l'arrêta.

- Restez-là, ordonna-t-il. Surveillez attentivement l'entrée. Qui que ce soit qui tente de s'enfuir, stupefixiez le.

Kécile hocha la tête et tint fermement la baguette empruntée.

- Ce n'est pas votre baguette! s'étonna Severus.

- Non, c'est celle du professeur Lupin.

Severus eut un rictus satisfait.

- Brillant! Enfin un juste retour des choses...

Et il fila entre les branches du saule cogneur avant de disparaître.

Les minutes semblèrent interminables à Kécile. Elle observait avec inquiétude tout autour d'elle, se sentant épiée, et craignant à tout instant voir surgir de l'ombre un ennemi invisible. Guettant le moindre bruit en provenance du tunnel, elle eut l'impression que des heures s'écoulaient.

Alors, n'y tenant plus, bravant les ordres de Severus, elle immobilisa à son tour l'arbre fou et se glissa dans le passage secret.

Le trajet lui sembla plus court que la première fois, et elle avançait moins prudemment, bien que l'oreille toujours aux aguets.

Pourquoi n'étaient-ils pas tous revenus ? Etait-il arrivé quelque chose ? Elle imagina un instant Black tuant tous les sorciers présents dans la cabane. Mais elle s'obligea à chasser cette crainte de son esprit. Severus était un combattant accompli. Il ne se ferait pas avoir. Néanmoins, Kécile pressait le pas et elle grimpa sans hésitation l'escalier branlant qui menait au premier étage, à l'instant même où un "non" retentissant éclatait dans le silence.

Elle allait se précipiter lorsqu'elle entendit :

- Vous ne pouvez pas le tuer. Vous ne pouvez pas !

De qui parlait donc Harry ? Pas de Black tout de même !

- Harry, c'est à cause de cette vermine que tu n'as plus de parents, entendit-elle ce dernier répondre.

Mais qu'est ce que c'était que ce délire ? Baguette brandie, elle poussa la porte et resta figée sur le pas de la porte.

Severus gisait contre le mur, un filet de sang coulant de sa tempe.

- Severus! s'exclama t'elle en se précipitant vers lui. Elle essuya de sa manche le sang et le sentit respirer. Le soulagement de constater qu'il était bien vivant se mua aussitôt en fureur. Elle se tourna vers Black et s'approcha dangereusement menaçante.

- Ça suffit, maintenant, gronda-t-elle. Vous avez assez fait de dégâts comme ça.

- Arrête, Kécile ! Hurla Harry. Il est innocent.

Kécile haussa un sourcil avec une mine mauvaise et désigna le corps de Severus.

- Et ça, ce n'est pas lui peut-être ?

- Non, intervint Hermione. C'est nous.

Kécile resta muette d'horreur avant d'exploser.

- Non mais vous êtes complètement malade, ma parole ! beugla-t-elle. Ce n'est pas possible, ils vous ont lancé un sort de confusion !

Elle s'arrêta net en remarquant un petit homme à l'aspect presque aussi miteux que Black qui se glissait subrepticement vers la porte. Pointant sa baguette vers lui, elle s'exclama :

- Vous allez où comme ça ?

Les autres gryffondors le pointèrent à leur tour.

- Et puis d'ailleurs, vous sortez d'où ?

- C'est Peter Pettigrow.

- Il n'est pas censé être mort ? demanda Kécile le nez froncé

- Ecoute, Kécile, répondit Harry la voix urgente, c'est lui le vrai coupable, on t'expliquera tout plus tard. Pour l'instant, on va l'escorter jusqu'au château où il sera livré aux détraqueurs.

- Harry, intervint Black, ce lamentable détritus t'aurait tué toi aussi, sans le moindre scrupule. Tu l'as entendu. Sa répugnante petite personne avait beaucoup plus de valeur à ses yeux que toute ta famille.

- Je sais, répondit Harry. Mais il faut l'amener au château. Nous le livrerons aux Détraqueurs. Il ira à Azkaban… ne le tuez pas…

- Harry ! dit Pettigrow en lui serrant les genoux ! Merci… C'est plus que je ne mérite… Merci…

- Lâchez-moi, lança Harry. Je ne fais pas ça pour vous. Je le fais parce que je pense que mon père n'aurait pas voulu que ses meilleurs amis se transforment en tueurs… simplement à cause de vous.

Kécile regardait la scène ébahie . Quelque chose lui disait qu'il y avait eu un sacré retournement de situation durant son absence. Il fallut prendre quelques dispositions pour pouvoir quitter la cabane hurlante. Pettigrow fut ligoté et Lupin mit une atèle à la jambe cassée de Ron.

- Et le professeur Rogue ?

- Il n'a rien de grave, dit Lupin. Vous avez simplement fait preuve d'un peu trop d'enthousiasme. Toujours inconscient. Il vaut peut-être mieux ne pas le ranimer avant d'être revenu au château.

- Ça c'est certain ! ricana Kécile. Il va moyennement apprécier la plaisanterie.

- On va l'emmener comme ça…

- Laissez, coupa sèchement Kécile. Je m'en occuper.

Elle ne décolérait pas qu'ils aient osé s'attaquer au professeur Rogue. Merlin! Il allait être dans une fureur noire ! Et cette fois, elle n'interviendrait pas pour défendre Harry. Qu'il se débrouille face à la colère de Rogue.

Ils quittèrent enfin la cabane hurlante et parcoururent le tunnel en une étrange procession.

- Tu vas m'expliquer maintenant toute l'histoire que je sois sure qu'on n'est pas en train de remettre en liberté un tueur en série qui va te poignarder dès que tu auras le dos tourné ? demanda Kécile à Harry.

- Il n'y a rien à craindre de Sirius. C'est mon parrain. Il a cherché toute cette année à me protéger. Et il lui fit un bref résumé des évènements exacts de ce 31 octobre 1980

Qu'est-ce qui était le plus démentiel ? Le récit de Harry où le fait de se retrouver face à un loup garou ? Merlin ! Qu'allait dire Severus lorsqu'il apprendrait ça ? En même temps, il ne pourrait pas lui reprocher grand-chose.

Le grand chien noir et le monstre s'éloignaient dans l'obscurité lorsque Hermione poussa un cri. Kécile laissa alors tomber Rogue comme une vulgaire poupée de chiffon en comprenant que Pettigrow s'enfuyait….

- Expelliarmus ! s'exclama Harry envoyant la baguette de l'ennemi voler au loin. Restez où vous êtes !

Alors là, il pouvait toujours courir…

- Stupefix !

Le sort de Kécile frôla le corps en mutation de l'animagus.

- Non ! Stupéfix !

L'éclair rouge s'écrasa dans l'herbe éclairant le rat qui filait dans l'herbe.

- Et M…e !

- Sirius! hurla Harry, il s'est échappé ! Pettigrow s'est transformé !

Le bruit de pattes qui martelaient le sol s'évanouit au loin.

- Il ne le rattrapera pas, grogna Kécile. Mais lançons toujours Pattenrond à sa suite.

Kécile s'accroupit auprès du chat inanimé.

- Enervatum.

Quelques seconde plus tard, le chat se dressait maladroitement sur ses pattes.

- Il n'a rien ? demanda Hermione inquiète.

- Je n'en sais rien, Hermione. Je ne suis pas vétérinaire. Mais je suppose que si un simple enervatum suffit à le remettre sur pattes c'est que ce n'est pas trop grave… Essaie de lui faire comprendre ce qu'on veut.

- Je vais simplement lui parler. Pattenrond, le rat s'est enfui. Il faut que tu l'attrapes, Pattenrond. Mais vivant, d'accord ? Je suis sure que tu me comprends. Alors file.

Et en effet, le chat fila dans l'obscurité.

- Je ne sais pas s'il est intelligent au point de te comprendre rien qu'à la parole…

- Si, j'en suis convaincu.

- Peu importe, ne restons pas là. Il y a un loup-garou dans les parages et des détraqueurs pas beaucoup plus loin.

Ils entendirent alors un aboiement, puis le gémissement d'un chien qui souffre.

- Sirius, murmura Harry en scrutant l'obscurité.

D'un même mouvement, Kécile vit Harry et Hermione se précipiter en direction du bruit, vers le lac.

- Non ! hurla-t-elle N'y allez pas ! C'est trop dangereux !

Mais ils étaient déjà loin.

Kécile hésita. Elle devait protéger Harry à tout prix, elle l'avait promis. Mais elle ne pouvait décemment pas laisser Ron et Severus à la merci d'un passage du loup-garou…

Elle tenta de réanimer le professeur de potion, mais sans succès. Un simple enervatum ne pouvait rien contre un assommement naturel. Alors elle réveilla Ron.

- Weasley, tu te sens comment ? Tu peux marcher ?

- Qu'est ce qui s'est passé ?

- Pettigrow s'est enfui, Lupin est en cavale, Black à sa poursuite et Harry et Hermione au secours de ce dernier. On aura du pot s'ils reviennent vivants ! Accio baguette de Ronald . Je vais les rejoindre. Toi, tu réveilles Rogue, puis retourne au château chercher de l'aide.

- Tu ne vas pas me laisser seul avec lui quand il va se réveiller, non ? s'exclama Ron horrifié.

- Il n'y a pas d'autre solution, Ron. Si j'apprends que tu l'a laissé ici tout seul à la merci de Lupin ou Pettigrow, tu regretteras le savon de Rogue, je te le promets !

Et Kécile, sans écouter les protestations de son camarade, se lança à la poursuite de Harry et Hermione. Pourvu qu'il ne soit pas trop tard !

Plus elle courrait, plus elle avait froid. Ça n'était pas normal, décidément... Et soudain, elle les vit. Les détraqueurs ! Merlin non! gémit-elle, en se mettant brusquement à trembler. C'est la soirée ! Elle avança encore de quelques pas pour voir Harry tenter désespérément de maintenir à distance les immondes créatures à l'aide de son maigre patronus. Il y en avait partout! Des dizaines, peut-être des centaines qui tournoyaient dans le ciel et gelait l'air de leur râle putride... Comme à Azkaban.

- Harry! hurla Kécile, alors que ses genoux cédaient sous elle. Elle revoyait Azkaban et ses murs humides, elle entendait à nouveau les hurlements des sorciers qui devenaient fous. Elle aussi devenait folle.

- Non, pas ça! gémit-elle alors que les larmes s'étaient mises à couler sur ses joues. Dumbledore avait dit qu'il la protégerait. Où était-il? Il l'avait déjà laissé dans le noir... Et le noir la reprit.