La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Zanju semblait encore plus énorme quand on était dedans que vu de l'extérieur : à l'entrée de la ville, Tsuna eut énormément de mal de suivre tout le monde sans s'accrocher à la manche de quelqu'un - mais Gokudera eut la gentillesse de l'attendre en plus -. De plus, personne n'avait remarqué la drôle de peau du zombie, tellement il y avait de la foule. Tout devant, Reborn marchait avec un pas assuré dans la ville, malgré la foule qui empêchait de circuler librement. Pendant la marche, Yamamoto s'arrêtait au moindre coin de rue pour regarder les différents magasins et boutiques proposés. Hayato l'engueulait à chaque fois et le trajet dut durer plus longtemps, mais Tsuna ne lui en voulut pas pour autant : c'était la première fois qu'il voyait de telles choses, après un si long sommeil !

Finalement, la troupe s'engagea dans une ruelle sombre, pas du tout côtoyé par les gens. Sawada rattrapa le Dragonnier.

- Pourquoi on va ici ? demanda-t-elle. C'est pour prendre un nouveau raccourci ?

- Non, c'est ici que travaille l'Alchimiste, déclara Reborn lorsqu'il s'arrêta devant une maisonnette collée à d'autres.

La maisonnette était très mal entretenue : il y avait carrément plus de pancarte pour prévenir que c'était une boutique. Sans compter qu'elle était mal placée dans la ville - une ruelle mal fréquentée loin du centre - et que la façade avait l'air de pouvoir se casser à n'importe quand, l'ange ne la trouva franchement pas accueillante. Cependant, c'était bel et bien là que travaillait la fameuse personne… avant que l'homme au fédora n'ouvre la porte, Tsuna posa sa main sur son épaule pour l'interrompre.

- En fait, c'est quoi, un alchimiste ? voulut-t-elle savoir.

- Tu ne sais vraiment pas ça, Dame-Tsuna ? désespéra Reborn. Sérieusement, ne pose pas cette question devant lui, il pourrait mal le prendre…

- Un alchimiste est quelqu'un qui fait pleins d'expériences et où ça arrive à ce que ça fasse boom ! résuma Takeshi avec le sourire.

- Quoi ?! Faire boom ?!

- Pour t'expliquer plus en détail, un alchimiste mène des recherches, précisa le Dragonnier, plus particulièrement sur les métaux : la pierre philosophale, ça te dit quelque-chose ? (Hochement de la tête) Bon, ben c'est l'alchimiste qui le cherche. Aussi, il peut voir les propriétés de différents métaux en faisant des expériences… qui peuvent parfois faire sauter le labo. Mais bref, tu verras que celui-là, il est plutôt particulier, comme alchimiste…

Reborn allait une nouvelle fois toquer à la porte, mais il se rappela d'un élément et se retourna vers l'ange.

- En fait, reste derrière moi : il pourrait sauter sur toi s'il te voit.

Tsunayūki prit peur et se colla au dos du Dragonnier. Cet alchimiste voudrait s'en prendre à elle ? Mais pourquoi ? Car elle serait un ange ? Elle fut tentée de faire rebrousse-chemin, ou même de ne pas venir avec eux, mais elle était encadrée par tous les garçons et vouloir partir maintenant était mission impossible. Et puis, si elle se faisait attaquer, elle ne douterait pas que le chat-garou et le cyborg agirait au quart de tour.

En rentrant dans le laboratoire, ce qui marqua immédiatement Tsuna était l'odeur. Une odeur d'œuf pourri régnait dans toute la pièce. Elle se boucha le nez, et constata que ces amis en faisait pareil, même Reborn. D'ailleurs, l'ange se plaignait pour celui-ci et Gokudera qui possédaient tous deux un flair plus développé que les autres. Yamamoto fut le seul à ne pas sembler être ébranlé par l'odeur.

- Eh eh ~ ils ont fait sûrement une omelette ! rigola le zombie.

Hayato était tellement occupé par l'odeur pestilentiel qu'il n'eut pas la réaction d'assommer Takeshi de sa bêtise.

Tsuna osa sortir sa tête derrière l'épaule de Reborn : le laboratoire était en réalité énorme, et était en fait tout en largeur. Tout était fait en bois, de même pour le comptoir sur leur gauche. Sur tout le long du mur, il y avaient des rangées de livres en mauvaise état et tout poussiéreux. À leur droite se trouvait un passage pour accéder à une nouvelle pièce. L'ange fut nullement tentée d'aller voir ce qu'il y avait là-bas car une fumée violette sortait de là ; tous comprirent que cette fumée était la cause de cette odeur dérangeante.

Alors que chacun commençait à marcher pour explorer l'antre de l'alchimiste, une trappe au pied de Sawada s'ouvrit et une tête en sortit. Tsuna fit un bond en arrière avant de mieux se cacher derrière l'homme au fédora qui haussa un sourcil devant l'arrivée originale de l'Alchimiste. Celui-ci regarda alors partout dans sa pièce avant de rencontrer les yeux du chat-garou. Hayato se réprima un frisson en reconnaissant l'homme en face de lui.

- Toi ?! hurla-t-il, totalement surpris.

- Ah, fit seulement l'Alchimiste.

Il sortit alors complètement de son trou et apparut pour la première fois en entier. Il avait l'air légèrement plus âgé que Reborn. Il possédait des yeux noirs et une barbe de quelques jours, et portait une blouse de médecin. Le plus étonnant - pour l'ange, en tout cas - c'était qu'il possédait la même coupe de cheveux que Gokudera, mais avec une couleur noir de jais. Reborn se frotta le menton, lui aussi ayant remarqué la ressemblance.

- Je vois… j'aurais dû me douter que vous vous connaissez, chuchota-t-il pour lui-même avant de reprendre à voix haute. Je vous présente le docteur Shamal.

- C'est pas un alchimiste ? murmura Tsunayūki assez bas pour que le concerné n'entende pas.

- Tout le monde l'appelle comme ça, mais il ne veut rien entendre : il dit qu'il est maintenant un docteur et rien d'autre, répondit-il sur le même ton. Enfin, c'est peu compliqué donc j'expliquerai mieux plus tard.

Le docteur se retourna vers le Dragonnier.

- Oh, ça fait longtemps qu'on ne s'est plus vu, Reborn.

- Que deux mois, rappela Reborn.

- Bah, le temps est relatif : le tout, c'est l'impression de ce qu'on ressent, non ?

- Bien sûr… acquiesça-t-il avant de chuchoter à Tsuna : surtout ne le conteste pas, combien même tu ne le comprends pas.

- Sérieux ? dit Tsuna à voix haute.

Shamal remarqua qu'à ce moment-là la jeune femme derrière le Dragonnier. Pris en grand fin délit, Reborn s'écarta pour la présenter.

- C'est une amie, elle s'appelle Tsuna, et c'est occasionnellement un ange. Par contre, prends un peu sur toi et calme tes ardeurs ; elle a rapidement peur.

- Pas… pas forcément, dit-elle avec une voix absolument pas assurée. En-enchantée de faire votre connaissance, Shamal-san…

Elle aurait voulu courir et prendre la fuite tellement elle avait peur de ce que pourrait faire cet homme, mais il s'était juste avancé vers elle et baisé sa main. Tsunayūki regarda ça avec une certaine répulsion, et vit que Gokudera se mit à crier à voix haute. Le pire, c'était la suite : il la prit soudainement dans sa bras contre sa volonté. Il sentait les produits de laboratoire. Tsuna poussa un cri de surprise, mais Reborn assomma directement le docteur avec un violent coup sur le crâne Shamal lâcha sa prise. Totalement apeurée, Tsuna se plaqua contre le Dragonnier. Elle comprenait pourquoi elle devait se cacher un minimum au départ : c'était un coureur de jupon ! Reborn, lui, tirait le visage de la blasitude-désespoir.

- Calme tes pulsions, Shamal ; tu vas effrayer tes clientes si tu continues avec ce genre d'agissement. Et toi, Tsuna, lâche-moi, compris ?

- Noooon ! se lamenta-t-elle.

Reborn se frotta les yeux, convaincu que tout cela n'était qu'un rêve - ou cauchemar, ça serait plus juste -. Il fit de son mieux pour se baisser à la hauteur de l'Alchimiste parce que Tsuna lui compliqua les choses.

- En fait, c'est quoi cette odeur ? demanda-t-il quand il vit que Shamal était vivant et conscient. Tu fais une expérience avec du souffre ?

- C'est vrai que le souffre a cette odeur, commença le docteur, mais je ne fais en ce moment aucune expérience : c'est Bianchi qui nous prépare une omelette.

Toutes les têtes se retournèrent vers Yamamoto qui souriait. Shamal ne comprit pas pourquoi ils tiraient des visages interloqués. Aussi, Gokudera tomba lourdement à genoux sur le sol, se tenant du mieux qu'il pouvait son ventre. Sawada partit à sa rescousse quand elle s'assura que Shamal ne pouvait rien lui faire.

- Gokudera-kun ! Tu vas bien ? s'inquiéta-t-elle.

- Je… je crois qu'il va falloir que je sorte, Jūdaime : je ne peux pas me la saquer.

- Allons allons, intervint une nouvelle voix féminine qui provenait de la pièce voisine. C'est comme ça qu'on accueille sa grande sœur ?

Tsuna vit alors une femme arrivait dans l'accueil avec élégance. Ses talons claquaient sur le sol avec douceur tout en marchant à pas de félins. Ses longs cheveux rose pales lisses arrivaient jusqu'aux omoplates et avaient les mêmes yeux verts pétillants que Gokudera. Elle abordait une robe rouge pourpre sans bretelles, ce qui mettait davantage en valeur sa poitrine - « le monde pouvait se montrer injuste » pensa alors l'ange -. Sur son épaule droit était tatoué un scorpion et elle portait une assiette d'omelette dégageant la même fumée que tout à l'heure.

Elle s'avança alors vers son petit frère et lui met sans mot une part d'omelette dans sa bouche : Tsuna croyait qu'Hayato allait tout simplement rendre son âme. Elle prit son ami du mieux qu'elle pouvait et le tira pour ne plus être d'accès à la drôle de femme. Celle-ci la regarda alors de travers, une lueur de colère dans ses yeux.

- N'enchaîne pas les bêtises, l'ange, prévint-elle. Tu as déjà tenté de voler mon Reborn, alors n'essaie pas non plus de prendre mon frère.

- Euh… quoi ?

Ce fut au tour de Tsuna de regarder Bianchi bizarrement.

- « Mon » Reborn ? répéta-t-elle, légèrement déconcerté.

- Laisse tomber, intervint le Dragonnier, j'ai beau lui dire d'arrêter de m'appeler comme ça, je n'ai pas réussi ; je pense que tu n'arriveras pas à faire mieux.

- T'inquiètes pas, rassura Bianchi, un jour, ton cœur m'appartiendra comme le mien t'appartient déjà ~.

- Oui, c'est ça, approuva le Dragonnier avec une voix maussade surtout pour qu'elle lâche l'affaire.

Tsunayūki échangea les regards entre les deux personnes : alors que la femme semblait être aux anges en s'imaginant son rêve devenir réalité, l'homme au fédora soupira d'exaspération. Bizarrement, ça fit légèrement sourire Sawada avant de l'effacer directement quand elle constatait que Gokudera gisait toujours inconscient dans ses bras.

- Pourquoi est-il dans cet état ? demanda-t-elle.

- Les chat-garous ne supportent pas les odeurs trop prononcées, quand bien même ça ne sente pas mauvais en soi, répondit Bianchi. Il vaut mieux le mettre dehors. Si tu veux, je t'aide à le porter.

Sawada porta un nouveau regard sur elle ; bien qu'elle la prenait pour une folle quand elle est venue l'agresser à l'instant, elle était simplement une mauvaise cuisinière, apparemment folle amoureuse de Reborn, mais qui était tout de même serviable et gentille. Tsuna lui adressa un nouveau sourire.

- Merci beaucoup !

Bianchi lui afficha à son tour un petit sourire avant qu'elles portent le chat-garou et le posent par terre. Son visage reprenait très légèrement de ma couleur, mais Tsuna sentit qu'elles allaient devoir attendre encore un temps avant de pouvoir faire tenir Gokudera debout.

- En fait, Bianchi-san, vous êtes réellement sa grande sœur ?

La femme caressait le front d'Hayato, comme une mère poule tenant à son enfant - quand bien même le visage du malade palissait à vue d'œil -.

- En réalité, c'est mon beau-frère, avoua-t-elle. Mais je le considère comme mon frère à part entière.

- Ce qui est le cas, affirma l'ange avec un sourire attendrissant.

Tsunayūki ne s'était jamais imaginée la famille de Gokudera ; en fait, elle ne lui avait jamais posé la question, non plus. Elle se sentit soudainement embarrassée de ne pas lui avoir demander auparavant, mais elle se dit qu'elle aurait peut-être eu les mêmes réponses que le Dragonnier - c'est-à-dire rien du tout - et que le déroulement des actions d'aujourd'hui ont fait bien les choses. Bianchi se concentra encore un peu sur son frère avant de se retourner vers Tsuna.

- Tu peux y aller, déclara-t-elle, ces genres de petites crises durent un certain temps et je pense que vous avez des choses à faire de votre côté, n'est-ce pas ?

- Vous… vous êtes sûre ?

- T'as rien à craindre : je le protégerai au cas où.

Sawada hocha de la tête pour affirmer, puis se leva pour rejoindre les garçons dans la maisonnette. À l'intérieur, Yamamoto, Ryohei et Lambo étaient assis autour d'une table qui a été rajoutée, fixant leur verre vide ; ils avaient l'air de s'ennuyer profondément. Ils levèrent les yeux vers Tsuna en synchronisation.

- Shamal n'a pas voulu qu'on les suive, lui et Reborn, expliqua grosso modo Takeshi en se forçant un sourire. Et disons que Shamal a dit qu'à partir du moment où on arrivait à faire bouger ses verres par télékinésie, on pouvait les rejoindre, mais pas avant…

Ça avait l'air totalement passionnant et efficace, ce petit entraînement imprévu, vu la tête que tiraient les garçons.

- Et pourquoi il vous fait ça ? demanda Tsuna, perdue.

- Qui sait ? Je ne pense pas qu'il porte au cœur les garçons, rigola le zombie. Enfin, à part quelques exceptions aussi, comme Reborn.

- C'est un misandre à l'extrême limite ! conclut Ryohei en secouant violemment la table.

- Attendez… il est connaît des mots aussi compliqués que ça ? pensa Tsuna.

Ça relevait quasiment de l'exploit, à ce stade-là.

- Vous pensez que je pourrai les trouver où ? enchaîna l'ange.

- Ils sont allés dans la salle là-bas, indiqua Yamamoto en pointant du doigt. Après, qui sait s'ils ont pris d'autres passages secrets comme la trappe ?

- Bon, je verrai de moi-même, alors.

- Bonne chance !

Tsunayūki lui rendit le sourire, puis alla dans la salle d'à côté. Dans la pièce se trouvaient des instruments qui n'auraient pas dû se retrouver au même endroit : un four, des pioches, des marteaux, un chauffage transportable, un burin avec plusieurs géodes coupées à côté, et tous sortes d'instruments que l'ange ne reconnut pas. Elle distingua dans un mur un autre accès pour une nouvelle pièce ; elle y alla d'aussitôt. Ce coup ci, par contre, il n'y avait rien de nouveau ou de surprenant pour la jeune femme ; il y avait des livres, des livres, et encore des livres. Elle allait faire un excès de bouquin, un de ces jours… Cependant, aucune présence vivante dans la salle quand elle rentra.

Soudain, elle sentit une présence à sa droite avant de se placer pile derrière elle. Tsuna se retourna vivement et tomba sur Reborn, les bras croisés.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il. Et comment se porte maintenant Gokudera ?

- Eh ben… apparemment, ça durerait longtemps et Bianchi le surveille dehors. En fait, je peux venir avec vous ?

Le Dragonnier haussa un sourcil avant de montrer à la gauche de la jeune femme une seconde trappe. Sawada comprit qu'il l'invitait silencieusement à le suivre. Une fois le passage refermé derrière elle, Tsuna suivit Reborn comme son ombre ; le passage emprunté était légèrement étroit, et de la lumière se faisait voir à l'autre bout de l'espèce de tunnel. Tsunayūki aurait bien voulu aller plus vite, mais elle ne tenait pas à dépasser Reborn et à se prendre de mauvaise surprise dans la tête.

- Donc, si j'ai bien compris, résuma le Dragonnier, tu as laissé Gokudera seul avec Bianchi, c'est ça ?

- Euh, oui, d'après les dernières nouvelles… pourquoi ?

- Le pauvre… déclara-t-il, un sourire espiègle aux lèvres que même Tsuna pouvait sentir sans le savoir. On risque de ne pas revoir Gokudera vivant…

- Hein ? Mais pourquoi ? Bianchi est gentille, non ?

Reborn tourna la tête vers l'ange : vu sa tête, ça se voyait qu'il ne se sentait pas convaincu par ce qu'elle venait de dire.

- Gentille ? répéta-t-il. Aucune idée. En tout cas, pot-de-colle, oui.

Tsuna allait alors lui demander quelque-chose, mais elle préféra ce raviser au dernier moment. Plongée dans ses questionnements, elle percuta sans faire exprès l'homme au fédora ; ils venaient de sortir du drôle de passage. En face d'eux, des étagères entières étaient remplies uniquement de fioles de différentes couleurs, formes ou tailles - Sawada vit une qui faisait facilement un mètre ! -. Pile en face d'eux, Shamal feuilletant dans le plus gros grimoire que Tsuna n'avait jamais vu. Il redressa la tête et sourit à l'invitée.

- Coucou, Tsuna-chan ~.

Celle-ci se retint toute tentative de fuite ou tout commentaire qui aurait fait pâle figure. Reborn interrompit la contemplation du docteur en lui soulevant au nez le grimoire qu'il regardait à l'instant.

- Pas le temps avec tes pitreries, Shamal, gronda le Dragonnier. Plus vite tu trouves la potion, plus vite je te foutrai la paix.

- Tu… tu le menaces pas, quand même ? demanda Sawada.

- Ne t'inquiètes pas, Tsuna-chan ~, rassura l'Alchimiste, il ne ferait jamais une telle chose ; il pourrait rapidement le regretter.

- Oh, j'aimerais bien voir ça, sourit Reborn.

- Ça… ça suffit, tous les deux !

L'ange soupira de fatigue quand elle réussit à calmer le jeu. Un silence pesant régnait quand le docteur et le Dragonnier se re-plongèrent dans leur lecture. Tsuna ne risqua pas de jeter un coup d'œil au livre au risque de retrouver des caractères illisibles sans queue ni tête pour elle. Cependant, elle savait déjà de quoi leur recherche porte.

- Vous recherchez la potion pour Irugorn-san ? confirma-t-elle.

Chacun acquiesça de la tête sans quitter pour autant le bouquin des yeux. Soudainement illuminée par la logique-même, Tsuna poussa une petite exclamation de surprise avant d'interrompre la lecture des garçons.

- Mais si vous êtes au courant pour Irugorn-san, commença-t-elle, vous êtes donc au courant pour les Élus ? Pareil pour Bianchi, par conséquent ?

- Oh, mais il n'y a pas lieu à être étonné, Tsuna-chan, assura Shamal. Généralement, lorsque nous menons à bien nos expériences, nous finissons bien souvent à connaître l'existence des Élus ; des phénomènes décrites comme paranormal par certaines personnes sont en réalité tout à fait singulière quand nous vous connaissons. Et puis, Bianchi est aussi au courant de tout cela : après tout, elle a un frère chat-garou.

- Mais ça signifie qu'elle est elle aussi une chatte-garelle ?

Tsuna était réellement surprise de penser à ça ; après tout, c'était logique, d'une certaine façon !

- Non, ce n'est pas un chat-garou, contredit Reborn. Même si elle est, comme toi, aussi une Élue.

- Hein ? Comment ça se fait ? Et elle est quoi, alors ?

- De ce que j'ai compris entre ces deux là, Hayato et Bianchi n'ont pas la même mère, mais le même père humain : la mère d'Hayato était une chatte-garelle, alors que celle de Bianchi était une succube.

- Une… succube ? C'est-à-dire ?

Shamal et Reborn se regardèrent quelques secondes, un peu incrédules qu'une Élue ne sache pas ça. Comprenant leur étonnement, l'ange se rattrapa le plus vite possible :

- Chez… chez nous, nous apprenons pas les différents Élus dans notre monde… avoua Tsunayūki, ni même les humains d'ailleurs. On apprend qu'il n'existe pas que des anges dans le monde qu'à partir des études supérieurs, ce qui signifie pas de suite, même si je suis un peu une exception…

- T'es au courant de tout ça au préalable grâce à ton père, hein ? devina Reborn.

Elle acquiesça de la tête. En tant que la fille du chef du CEDEF, il était en effet difficile de passer derrière les affaires et les multi-espèces vivants en réalité. Le Dragonnier soupira avant de lui expliquer :

- Bon, autant te l'apprendre maintenant pour que tu n'aies pas de mauvaise surprise à l'avenir : une succube est une démone qui séduit... ou du moins, tente de séduire les hommes durant la nuit et leur sommeil.

- Mais pourquoi elles font ça ? demanda Sawada déconcertée devant cette explication.

- On ne sait pas exactement, admit l'Alchimiste. Peut-être font-elles ça pour punir des hommes, ou juste pour le plaisir : après tout, elles auraient bien le droit, vu comment elles sont…

- Hm hm, intervint indiscrètement Reborn.

- Enfin, bref ; une fois qu'une succube est fixée sur quelqu'un, il est difficile de lui faire changer d'avis, à part si la personne en question coopère…

Le regard lourd de sous-entendu sur Reborn, celui-ci se contenta de hausser les épaules devant la jalousie naissante du docteur.

- J'y peux rien si elle a flashé sur moi, déclara-t-il. De toute façon, je lui ai déjà dit de me foutre la paix, donc maintenant tout dépend d'elle.

L'ange commença à être gênée de la tournure de la discussion.

- Euh… merci de l'explication, enchaîna-t-elle rapidement.

La salle se replongea dans le silence. Tsuna se rapprocha des étagères pour voir les différentes mixtures. Tout était calme jusqu'à que Shamal s'exclame à voix haute, surprenant les deux autres sur le coup. Vu la tête qu'il tirait, difficile à dire si c'était une bonne nouvelle ou pas. L'Alchimiste pointait du doigt les caractères en gras où Tsuna aurait sûrement pu lire « Potion pour transformer un animal en humain » si elle avait su lire les drôles de caractères, encore plus bizarres que le romanjī, lui semblait-elle.

- C'est une écriture qui date de plusieurs millénaires, informa Reborn en chuchotant à l'ange.

- Je vois… déclara Tsuna sur le même ton. En fait, pourrais-tu arrêter de lire dans ma tête, s'il te plaît ? Pas que ce soit limite gênant, mais c'est juste que c'est personnel, parfois…

- Je ferai de mon mieux à l'avenir, promit Reborn avec un sourire narquois.

- Dis donc, de quoi vous parlez, à faire des cachotteries comme des gamins ? intervint Shamal en posant un marque-pages dans le livre.

- Rien de très important, répondit de suite l'homme au fédora. D'ailleurs, ce que t'as trouvé, c'est une bonne ou mauvaise nouvelle ?

- Eh ben… disons que c'est l'un est l'autre ; j'ai bien trouvé ce qu'il me fallait, mais…

- Mais… ?

- Mais il me manque des ingrédients pour faire la recette et je ne peux donc rien faire pour toi.

Vu de l'extérieur, on aurait dit qu'ils parlaient de cuisine, mais en fait, ils discutaient de potion de métamorphose. Une très légère différence…

- Ça signifie qu'Irugorn-san ne pourra pas venir avec nous ? En conclut l'ange, une pointe de tristesse dans sa voix.

- Il faut juste trouver les éléments manquants, non ? rectifia Reborn. Si tu veux, je peux aller les chercher.

- Oh, ben si tu tout apporter sur un plateau, ça sera volontiers, en effet, remercia Shamal. Je te marque tout ça et tu peux partir voir le Dresseur : tu devais tout trouver là-bas.

- Oh, on va aller chez Dino ? demanda le Dragonnier, sincèrement surpris.

- Normalement, oui. Je savais que ça te ferai plaisir de le revoir.

Vu l'intonation qu'il venait se prendre, Tsunayūki pensa alors que c'était de l'ironie et qu'ils allaient devoir aller chez une personne insupportable. Mais quand elle se rapprocha de l'homme au fédora pour voir son humeur, celui-ci affichait un petit sourire satisfait - l'Alchimiste avait donc visé juste -.

- Quand le Docteur passa un petit bout de papier écrit avec l'écriture d'un médecin, Reborn jeta un rapide coup d'œil avant de faire demi-tour et de sortir de cet endroit confiné. Tsuna salua de la main Shamal avant de courir rejoindre le Dragonnier.

- On y va de suite ? demanda Tsuna.

- Oui ; c'est juste de l'autre côté de la ville, indiqua l'homme au fédora.

- Hein ? Mais je croyais que c'était beaucoup plus loin, vu que Shamal-san ne semblait pas y aller. A part s'il s'entend mal avec ce « dresseur ». En fait, c'est quoi un dre…

- Stop ! Tu poses trop de questions d'un coup, avertit Reborn. Non, ce n'est pas si loin que ça, même s'il est plutôt conseillé de prendre un bus pour traverser Zanju si Shamal ne veut pas, c'est juste parce que c'est un gros flemmard. Et il est en bon terme avec lui. Et tu verras sur place ce qu'est un dresseur. Normalement, tu devrais bien t'entendre avec lui.

Il y avait trop d'informations d'un coup pour l'ange qui ne retint pas tout d'un coup - elle ne se souvenait que, hélas, que Shamal était un feignant. Quand ils arrivèrent dans le hall de la maisonnette, Reborn convoqua toute la petite troupe - même Gokudera qui semblait ne pas aller mieux depuis tout à l'heure - pour leur projeter ce qu'ils allaient faire :

- Je compte faire un petit tour de ville à qui le souhaite. À qui ça tente ?

- Tant… que je m'écarte d'elle… c'est tout ce qui compte, souffrit Gokudera en se tenant encore le ventre.

Pas besoin d'expliquer qui c'était ce « elle » : c'était assurément sa sœur. Reborn acquiesça de la tête ; il ne pouvait être contre, de toute façon. Maintenant qu'elle connaissait la véritable nature de Bianchi, Tsunayūki comprit, qu'au sens propre comme figuré, qu'elle était bel et bien une démone.

- Je veux bouger à l'extrême limite ! s'exclama Ryohei à pleins poumons, pour une fois pas interrompu par Gokudera.

- Moi aussi, bouger ne me fera pas de mal ! approuva Yamamoto.

- Lambo-san en a marre de l'entraînement ! Lambo-san ne veut plus d'entraînement ! s'emballa celui-ci après avoir pété deux verres par colère.

Tsuna sourit pour montrer son approbation. Elle avait bien cru entendre un Dragonnier lâcher un « dommage » quand il sut que le yokaï viendrait avec eux. Cependant, il leur souriait quand même.

- Très bien, alors en route, mauvaise troupe ! Vous aurez même une surprise à la fin ~.


Bon, le voilà enfin, ce chapitre !

Je tenais juste à faire deux petites précisions par rapport à l'histoire :

1) au niveau de la relation entre Reborn et Bianchi : dans le manga, Bianchi est censée être la quatrième maîtresse de Reborn. Bon, sauf que là - comme vous aurez peut-être pu remarqué -, ce n'est absolument pas sa maîtresse - et il en n'a tout simplement pas -. Cependant, ils s'entendent tous les deux bien.

2) aussi, pour le terme de "chatte-garelle" : je l'ai totalement inventé XD, mais j'espère que tout le monde a compris sur le coup : c'est le féminin de "chat-garou". Je me suis inspirée du féminin de loup-garou qui se dirait "louve-garelle"

Voilà, c'était juste pour préciser tout ça. Et maintenant, voici un petit bonus ^^

...

Moi : Bonjour tout le monde ! Aujourd'hui est un grand jour !

Reborn : Quoi ? Tu vas arrêter d'écrire cette histoire ?

Moi : Jamais, imbécile !

Reborn : Ça va, ça va... c'était une blague ! Pas besoin de me frapper.

Yamamoto : Ah ah ah ah !

Tsuna : Il se passe quoi, alors, aujourd'hui ?

Moi : On va commencer notre F.A.Q !

Tsuna : Génial ! Ça fait presque vingt chapitres qu'on l'attendait...

Gokudera : Et... vous allez l'appeler comment ?

« F.A.Q » n°1

Reborn : Wouaw. C'est si original...

Moi : Ouais, ben... j'avais pas d'autre idée. Désolée.

Ryohei : Pas grave ! Nous allons répondre à la première question à l'extrême limite !

Question : Est-ce que Takeshi est le plus vieux ? je veux dire il est mort à 20 ans mais on ne sait pas quand...

Moi : Hm... intéressant.

Reborn : C'est vrai qu'on n'a pas vu ta tombe lors de notre passage au cimetière.

Tsuna : Brr... ça me donne froid dans le dos rien que de penser à ce lieu pleins d'esprits...

Lambo : Lambo-san aussi.

Gokudera : Alors que t'es toi-même un esprit ?

Ryohei : Alors, Yamamoto, t'es le plus vieux de nous tous ou pas ?

Yamamoto : … je n'en sais rien ! On est en quelle année, maintenant ?

Reborn : En 2001.

Yamamoto : Hm... il faudrait faire un calcul... mais je suis nul en calcul !

Gokudera : Mais c'est pas possible !

Yamamoto : Je sais que je suis né il y a, au moins, plus de quatre cent ans, c'est tout.

Tsuna : Quatre cent ans, au moins ?! T'es largement le plus vieux de nous tous !

Gokudera : Mais il ne faut pas oublier qu'il y aussi Irugorn-san !

Reborn : Il a environ dix mille ans. Le pauvre, au fur et à mesure des chapitres, il sombre dans l'oubli...

Moi : Mais non, il faut pas dire ça... en tout cas, pour conclure cette question : si on compte que les « humains » - et je mets d'énormes guillemets quand je dis humains car j'inclus dedans quelques Élus -, c'est effectivement Yamamoto le plus vieux. Après, si on inclut Iru... il devient le deuxième plus vieux.

Reborn : Après, pour complexifier les choses, en terme « d'existence », c'est le deuxième plus jeune.

Ryohei : Comment ça à l'extrême limite ?!

Gokudera : Ce que dit Reborn-san n'est pas faux : Jūdaime a vingt-et-un ans, Reborn-san vingt-sept ans, tête de gazon et moi vingt-deux ans, et le stupide bovin cinq ans. Si cet abruti de base-ball dit vrai en disant qu'il n'a vécu que vingt ans, alors il est effectivement le deuxième plus jeune.

Tsuna : Eh ben... tu es vraiment plus jeune que moi, Yamamoto ? Pourtant t'es vachement plus grand que moi...

Yamamoto : Ah ah ah ah ! Il faut croire, oui.

Reborn : Et si on continuait cette série de questions ?

Question : Fon a perdu son Dragon ?! [...] Est ce que l'on sera comment cela c'est produit ?

Reborn : C'est vraiment tragique lorsqu'un dragonnier perd son dragon : plus les liens entre dragon et dragonnier sont importants, plus la disparition de l'autre est difficile à supporter, jusqu'à entraîner la mort elle-même. Fon s'entendait vraiment bien avec lui ; je n'imagine même pas ce qu'il a ressenti. Mais il a toujours été fort antérieurement, et c'est sûrement pour ça qu'il est encore vivant...

Tsuna : C'est... émouvant. Alors, Aūtor, on le saura, plus tard ?

Moi : …Peut-être.

Gokudera : … on aurait voulu une autre réponse de votre part. Mais question suivante !

Question : Lal Mirch, c'est aussi une wagonnière qui a perdu son dragon ?

Moi : …Peut-être.

Reborn : Hein ? Pourquoi vous parlez-

Tsuna : Question suivaaaaaannnte !

Question : Est-ce que c'est Xanxus qui est au pouvoir (d'HeavenGard)?

Tout le monde : Euh... c'est qui ?

Moi : … Peut-être.

Reborn : Eh oh ! Tu vas arrêter de répondre toujours par la même chose ?!

Moi : Mais je vais pas vous spoiler ! D'autant pour les lecteurs... que pour vous tous !

Tsuna : Hiiiii ! Vas-y mollo avec Aūtor, Reborn !

Yamamoto : On... on devrait arrêter au plus vite cette F.A.Q.

Gokudera : … pour une fois, tu dis quelque-chose d'intelligent.

Moi : Merci pour ces questions ! N'hésitez pas à poser d'autres questions, tout ce qui vous passe par la tête !

Ryohei : Aūtor ? Vous n'étiez pas en train de vous faire martyriser par Reborn à l'extrême limite ?

Moi *sourire inquiétant*: Quoi, moi, me faire martyriser ? Oh oh oh, tu me connais mal, Ryohei : je l'ai forcé à faire une petite sieste, rien de plus. *sort un taser de sa poche*

Tsuna : Hiiiii ! Rebooooornn ! Réveille-toi !

Moi : Encore merci pour Tsuki Banritt pour le commentaire et à plus ~.