Je suis en retard? Vraiment?
Désolée, mais j'ai eu de grosses préoccupations ces derniers mois
Bon voici le dernier chapitre de la troisième partie. Le premier passage reprend la scène de l'infirmerie, mais avec de grosses coupures histoire que ce ne soit pas un copier/coller de l'original. Dîtes moi si c'est trop du coup!
Bonne lecture!
Chapitre XXXXVII: Démons
Merlin, mais ce boucan allait bientôt cesser?
Kécile ouvrit péniblement les yeux avec ce malaise qui nous tient lorsqu'on sort d'un cauchemar et qu'on a besoin de temps pour réaliser que rien de ce qu'on a rêvé n'est vrai... en temps normal.
Que se passait-il donc pour que Harry beugle ainsi? On n'aurait vraiment pas dit qu'il venait de se trouver nez à nez avec une armée de détraqueurs...
Kécile reconnut dans les brumes de son sommeil la voix de Pomfresh excédée qui tentait de faire taire tout ce petit monde... Hein, qu'est-ce que qu'elle venait de dire? M. le ministre?
Elle retint un glapissement et plongea sous sa couverture sans chercher à vérifier la présence de Fudge. Il ne fallait surtout pas qu'il s'aperçoive de sa présence à elle.
La porte de l'infirmerie s'ouvrit. Peut-être allait-il partir?
- Professeur Dumbledore, Sirius Black... s'exclama Harry.
- Pour l'amour du Ciel! interrompit Pomfresh. C'est une infirmerie, ici! Monsieur le Directeur, il faut absolument...
- Toutes mes excuses, Pompom, mais j'ai besoin de dire un mot à Mr Potter et Miss Granger, répondit Dumbledore. Je viens de parler à Sirius Black...
- J'imagine qu'il vous a raconté le même conte de fées qu'il a fourré dans la tête de Potter? intervint Severus d'un ton sec.
Il fallait s'en douter, songea Kécile. Severus n'allait accorder aucun crédit à Potter et à Black. Peut-être que si elle intervenait... Non, non, non! Fudge est dans la pièce, se rappela-t-elle. Alors ils se débrouillaient sans elle. De toute manière, Dumbledore, lui semblait être prêt à croire cette histoire abracadabrantesque. C'était le principale.
- Monsieur le Directeur! Ils ont besoin de repos!
- Désolé, mais ça ne peut pas attendre, j'insiste, répliqua fermement Dumbledore.
De sous sa couette, Kécile entendit du mouvement, comme si tout ce beau monde se décidait enfin à prendre la porte.
- Les détraqueurs ont dû arriver, à présent, dit la voix de Fudge. Je vais aller à leur rencontre. Dumbledore, je vous retrouverai là-haut.
Il n'était quand même pas en train de sous- entendre que les détraqueurs allaient rentrer dans le château, n'est-ce pas? s'horrifia Kécile qui commençait à suffoquer de chaleur sous sa couette mais préférait toujours ça à être aperçue de Fudge.
Les explications des enfants apparemment sans queue ni tête confirmaient le récit de Black. Kécile qui s'était dissimulée pour échapper à Fudge émergea de sous ses couettes, rouge et hirsute. Dumbledore aurait sourit si l'heure n'avait pas été aussi grave.
- A vous d'écouter, maintenant, et je voudrais que vous me laissiez aller jusqu'au bout sans m'interrompre, car nous n'avons pas beaucoup de temps.
Une fois de plus de plus il faudrait jouer par-dessous le ministère en utilisant des armes qu'il ignorait être en leur possession. Il ne fut pas aisé de faire comprendre aux enfants que lui-même, quelque soit son envie, ne pouvait rien. En revanche, Miss Granger...
- Ce qu'il nous faudrait, c'est un peu plus de temps...
- Mais... fit Hermione Granger. Ho! comprit-elle alors.
- Maintenant, écoutez moi bien, dit-il. Sirius est enfermé dans le bureau du professeur Flitwick au septième étage. la treizième fenêtre à droite de la tour ouest. Si tout se passe bien, vous pourrez sauver plus d'un innocent, ce soir. Mais rappelez-vous ceci: il ne faut pas que l'on vous voie. Miss Granger, vous connaissez la loi, vous connaissez l'enjeu... Il ne faut surtout pas que l'on vous voie!
Harry n'avait visiblement aucune idée de ce qui se passait.
Kécile en revanche commençait à entrevoir là la clé de l'emploi du temps impossible d'Hermione. Elle aurait la possibilité de remonter le temps? Mais comment?
- Je vais verrouiller la porte. il est minuit moins cinq, conclut-il en consultant sa montre. Miss Granger, trois tours devraient suffire. Bonne chance.
Dumbledore était déjà parti et Hermione extirpait du col de sa robe une longue et fine chaîne d'or.
- Bonne chance, disait Harry abasourdi? Trois tours? Qu'est-ce qu'il veut dire? Qu'est-ce qu'on doit faire?
- Viens ici, Harry. vite! Kécile est-ce que tu viens?
- Attends deux secondes, Hermione, j'aimerais comprendre...
- Dépêche-toi!
- On va tout refaire? demanda Kécile. Y compris la fin et les détraqueurs.
- Probablement, mais d'un angle différent. Ils ne nous attaqueront pas.
- Je refuse. Désolée, mais je ne remets pas ça. Cette fois-ci, tu y vas avec la bénédiction de Dumbledore, Harry. Alors je ne m'en mêle pas...
En plus, réalisa-t-elle avec horreur, elle n'avait plus de baguette.
- C'est ton dernier mot? demanda Hermione en la fixant d'un regard pénétrant.
Kécile hocha la tête et elle vit sa camarade passer la chaîne autour du coup de Harry.
- Prêts? demanda-t-elle
- Qu'est-ce qu'on va faire? demanda Harry complètement perdu.
Quelques instants plus tard, ils disparaissaient.
Il fut troublant pour Kécile de songer à tout ce qu'ils avaient dû vivre dans l'espace des deux secondes qui leur fallut pour pénétrer à nouveau dans l'infirmerie.
Ils se précipitèrent vers leur lit tandis que Kécile soufflait:
- Alors?
- Plus tard, répondit Hermione dans un murmure en se couvrant d'un geste brusque alors que l'infirmière arrivait d'un pas rageur.
- Madame Pomfresh semblait vouloir leur donner une indigestion de chocolat. Enfin, ils n'allaient pas se plaindre, pour une fois que ce n'était pas une infâme potion...
- Vous resterez en observation cette nuit, leur annonça-t-elle.
Harry et Hermione ne bronchèrent pas.
- Mais je n'ai rien! s'exclama en revanche Kécile d'un air indigné.
- Ah vraiment? fit l'infirmière narquoise. Pouvez-vous m'assurer que nous n'allez pas reprendre vos cauchemars.
- Mais je vais bien! arqua la Gryffondor. Vous voyez, je ne tremble pas, je ne cris pas que je suis un monstre, et je suis en possessions de toutes mes capacités physiques et mentales.
- En tout cas, nous n'avez pas perdu votre langue. Je verrai cela avec le directeur.
- Vous ne croyez pas que le directeur a d'autres chats à fouetter qu'une gamine perturbée, marmonna Kécile entre ses dents.
L'infirmière ne put répliquer, interrompue par des hurlements de colère qui provenaient des étages supérieurs. Kécile reconnut la douce voix de Severus. Apparemment, Black avait disparu... Ce qui ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout!
Mme Pomfresh eut l'heureuse présence d'esprit de placer un paravent devant le lit de Kécile afin de la masquer au regard du Ministre qui suivait le professeur de Potions. Celui-ci semblait avoir une idée très précise du responsable de la déplaisante nouvelle. Et elle avait beau ne pas avoir les détails, et en trouver l'ide assez déroutante, Kécile était persuadée que Harry et Hermione avaient aidé Black à s'enfuir. Elle se félicita de na pas y être allé.
Outre les détraqueurs, un Severus hors de lui ne paraissait pas beaucoup plus souhaitable si cette rage était dirigée contre elle. Elle ne l'avait jamais entendu vociférer ainsi. L'image de l'imperturbable professeur Rogue se brisait...
Kécile dût retenir un petit rire derrière son paravent. Alors là... C'était le sommet! Dumbledore était royalement entrain de se payer la tête de Severus et celui-ci le savait, elle était prête à en mettre sa main au feu!
Kécile grogna... Elle allait encore être cuisinée, cela, elle pouvait en être certaine.
Peut de temps après que tout le monde soit sorti, l'infirmière retourna enfin à son bureau.
- Alors, maintenant, nous allez me raconter? demanda Kécile.
Weasley choisit ce moment là pour émerger.
- Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui s'est passé? grogna-t-il. Harry? Qu'est-ce qu'on fait là? Où est Sirius? Et lupin.
Harry et Hermione échangèrent un regard.
- C'est toi qui racontes, décida Harry.
Kécile commençait à s'habituer aux histoires improbables de Harry et à son culot monstre. En revanche, que Hermione l'ai suivi sur toute la longueur la laissait pantoise. Quoi qu'en y réfléchissant bien Hermione avait plus d'un tour dans son sac...
- Dis donc, tu l'as obtenu où ce retourneur de temps? finit-elle par demander. Ce genre de gadget, je ne crois que même Dumbledore en ait dans son bureau.
- C'est MacGonagall qui me l'a procuré auprès du ministère. Non sans mal d'ailleurs.
- Tu m'étonnes! Tu consciente que ça pourrait te coûter cher si on découvrait ce que tu as fait?
- J'ai la couverture du professeur Dumbledore, répondit Hermione. Qui veux-tu qui soupçonne Dumbledore.
- Personne, reconnut Kécile. Sauf Severus, ajouta-t-elle ensuite. Ce qui prouve que seul Severus connaît suffisamment le directeur pour deviner ses petits tours pas très orthodoxes... Je sens que ça va encore chauffer entre eux d'eux... conclut-elle d'avantage pour elle-même.
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Et Kécile avait raison. Elle eut même le privilège d'assister à la scène aux premières loges. Juste après sa sortie de l'infirmerie, elle était montée dans le bureau du Directeur où elle avait été accueillie chaleureusement. Elle s'était installée dans le fauteuil en face du bureau directorial dans un geste agréablement habituel. Dumbledore fit apparaître du thé.
- Je ne te propose pas de sucrerie...
Kécile sourit. Pomfresh les avait en effet gavé de chocolat.
- Comment vas-tu? demanda Dumbledore d'un ton concerné.
- Bien, répondit sincèrement Kécile.
Le regard se fit perçant derrière les verres en demi-lune.
- Je vous assure, insista Kécile. Les détraqueurs ne se sont pas intéressés à moi. Et je vais d'autant mieux que je sais qu'ils ne sont désormais plus aux portes de l'école.
- Tu t'es évanouie.
- C'était inévitable, répondit Kécile en haussant les épaules d'un air un peu trop détaché au goût de Dumbledore. Ils étaient trop nombreux et je suis devenue tellement sensible à leur présence...
Elle ne put réprimer un frisson.
- Qui les a fait fuir? Vous?
- Non. Harry.
Un ange passa.
- Je ne comprends pas... souffla-t-elle. Harry était évanoui...
- La première fois.
Kécile ouvrit de grands yeux.
- Alors sans cette histoire de retourneur de temps, on y serait restés? réalisa-t-elle avec horreur.
Dumbleodre hocha gravement la tête.
- On ne sait jamais ce qui se serait réellement passé, mais c'est fort possible.
Kécile s'affaissa dans son fauteuil.
- Pourquoi arrive-t-il a créer un patronus et moi non? finit-elle par demander. Je suis au moins aussi puissante que lui!
- Cela n'a rien à voir avec la puissance, Kécile. Des sorciers très puissants n'y parviennent pas.
- Comme Severus...
- Tout comme lui, tu finiras par le créer, le jour où tu auras trouvé le souvenir suffisamment fort.
- Il faut l'avoir, ce souvenir, grommela-t-elle.
- Je sais, répondit Dumbledore d'un ton apaisant. Ta vie jusqu'à présent ne te donne peut-être pas les capacités psychologiques nécessaires. Mais lorsque tu auras attrapé le bon souvenir, tu pourras créer un patronus.
- Mais Severus...
- Laisse-moi finir. Tu ignores sans doute que le patronus peut-être créé en dehors de la présence d'un détraqueur. On en détourne parfois l'usage premier pour en faire un élément rassurant, un guide, un messager ou même une alarme. Tout cela, Severus sait parfaitement le faire, parce qu'il a trouvé le souvenir nécessaire, même s'il ne résiste pas aux détraqueurs. Je suis sûr que tu trouveras ce souvenir lorsque tu auras réussi à vaincre tes démons. Severus a vaincu les siens.
A cet instant, le dit Severus fit irruption dans la pièce.
- Dumbledore! cracha-t-il en se plantant devant le bureau du directeur. Qu'avez-vous encore fait? C'est Potter, je le sais. Ça ne peut-être que lui. Et vous l'avez encore couvert. Vous l'avez même aidé! Un tel tour ne peut pas être effectué seul même par un Potter!
- Severus, vous voyez le mal là où il n'y en a pas, répondit calmement Dumbledore.
- Ne me prenez pas pour un imbécile! tonna Severus.
- Loin de moi cette idée. En revanche, vous vous laissez aveugler par la rancune.
- Vous avez laissé fuir Black, martela Rogue.
- J'ai aidé Harry à libérer un innocent.
- Vous l'avez fait! gronda Severus en s'approchant du bureau, les yeux dangereusement étincelants. Vous l'avez fait. Je n'y crois pas. Vous êtes fou! Voilà un an que le ministère lui court après et lorsqu'il met enfin la main sur lui...
- Le ministère avait condamné Sirius Black à un sort pire que la mort sans écouter sa parole ni celle de témoins, de la même manière qu'il l'a condamné à 12 ans à Azkaban sans jugement.
- Vous devriez savoir que le ministère est coutumier du fait, souleva Kécile.
- Gaunt, je serais à votre place, je me ferais oublier, répliqua Rogue en tournant un regard rageur vers son élève.
- Ah non! se rebella Kécile qui n'était pas prête d'oublier la période où Severus lui faisait la tête. Vous n'allez pas recommencer. Je n'y suis pour rien dans cette affaire. Je suis sagement restée dans mon lit durant la seconde qu'il leur a fallu pour libérer Black.
Severus plissa le regard avant de le reporter son regard sur le directeur.
- Une seconde? Leur? Qu'est-ce que cela signifie? Qui y avait-il d'autre hormis Potter?
- Cela n'a aucune importance, coupa Dumbledore. Et j'interdis à Kécile de vous en dire plus. L'important est que Black soit libre. Non taisez-vous, Severus. Ecoutez- moi sans m'interrompre, pour une fois. J'ai parlé à Sirius. Le récit qu'il m'a fait était sincère et il m'a livré son esprit pour le vérifier. Il a été corroboré par celui des enfants, ajouta-t-il en désignant Kécile. Pettigrow n'est pas mort. C'est lui qui était le gardien du secret. C'était lui le traître et nous avons eu de la chance, beaucoup de chance que votre inimité avec les maraudeurs m'ait poussé à vous éloigner d'eux lors des réunions de l'ordre. C'est lui qui a trahi les Potter et c'était après lui que Sirius en avait. C'est pour cette raison qu'il cherchait à s'introduire dans Poudlard. Pettigrow se cachait sous la forme d'un rat appartenant depuis 12 ans à la famille Weasley.
- Comment Black l'a-t-il su? interrogea Rogue incrédule.
- Le hasard. Je reconnais que Sirius n'a pas eu le comportement d'un innocent, mais il méritait que lui fasse saisir l'unique opportunité d'échapper à un sort abominable et injuste. Maintenant que vous connaissez la vérité, l'auriez-vous malgré tout livré aux Détraqueurs?
Severus ne répondit pas et détourna le regard sous les yeux perçants du directeur.
- Votre rancune est donc tenace à ce point? murmura Dumbledore. Et la décéption était perceptible dans sa voix.
- De toute manières, Black est loin à l'heure qu'il est, alors qu'importe mes cas de conscience? grogna Severus.
- Cela importe, car vous aurez probablement à travailler à nouveau ensemble. Et vos envies respectives de meurtres peuvent compliquer la tâche.
Seveurs eut une moue profondément écoeurée avant de visiblement préférer changer de sujet.
- Je suppose que la présence de quatre élèves en dehors des murs du château à des heures interdites et en présence d'un supposé meurtrier n'est pas sujet à sanction? demanda-t-il d'un ton faussement détaché.
- Vous supposez bien, répondit fermement Dumbledore. D'autant mieux que sans eux, la vérité n'aurait jamais été découverte.
- Combien de temps allez-vous encourager Potter dans son arrogance et son mépris du règlement?
- Ce sera un éternel sujet de discorde entre nous, Severus. Alors restons en là.
Rogue eut un geste d'impatience et prit le chemin de la porte.
- Je vous préviens, Gaunt, je ne vous soutiendrais pas encore longtemps si vous laissez Potter vous influencer de la sorte, dit-il en s'apprêtant à quitter le bureau.
- Oh, mais , je ne crois pas que Harry m'influence... Je n'ai fait que suivre les directives du professeur Dumbledore en le suivant partout et surtout là où il ne devrait pas être pour lui éviter les pires ennuis.
Severus se retourna brusquement en entendant cette remarque.
Dumbledore ne put retenir une grimace. Kécile aurait pu se dispenser de divulguer cette information! Au vu du protectionnisme de Severus vis-à-vis de Kécile, il doutait que le professeur serait heureux d'apprendre que sa protégée servait à défendre Potter...
Kécile fixait Severus avec un air goguenard. Allait-il exploser?
Mais non. Il se contenta de secouer la tête comme si Duymbledore avait complètement et définitivement perdu la tête. Et la porte claqua sur ses talons.
- Qu'est- ce que vous disiez, professeur? Que Severus avait vaincu tous ses démons? J'ai bien l'impression que celui de Potter le hante encore...
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La fin de l'année était finalement arrivée et Kécile, heureuse de pouvoir sortir à l'air libre sans crainte, avait accompagné ses camarades jusqu'aux calèches.
- On t'écrira, lui dit Hermione, histoire que tu ne te sentes pas trop seule dans cet immense château vide.
- Merci, mais ça ira. J'aurais de la compagnie et de la place pour me divertir. Pas comme Harry!
- Tu viendras chez-nous cette année, Harry. intervint Ron. Il y a la coupe du monde de Quidditch.
Kécile leva les yeux au ciel et croisa le regard d'Hermione. Elles échangèrent un sourire de connivence.
- Quand vous rendez-vous au chemin de traverse? interrogea-t-elle.
- Généralement à la fin des vacances, pourquoi?
- Je vais enfin pouvoir m'y rendre! expliqua Kécile avec un sourire réjoui. C'est bien le seul point positif d'avoir cassé ma baguette.
- Tu vas aller chez Ollivanders, je suppose. Qui t'accompagnera?
- Je ne sais pas. Peut-être Dumbledore ou Severus. A moins que ce ne soit MacGonagall... Dans tous les cas, j'espère bien y aller dans les prochains jours. Je ne veux pas rester sans baguette tout l'été!
- Nous irons probablement sur le chemin de traverse lorsque les listes de fournitures seront arrivées, remarqua Hermione. C'est-à-dire pas avant le mois d'août. Tiens-nous au courant quand même.
Kécile hocha la tête avant de leur souhaiter bon voyage.
Hermione lui fit un signe de la main lorsque la calèche s'éloigna, et elle y répondit vaguement, se sentant stupide.
- Kécile?
Elle se retourna brusquement pour voir Susan Bones qui s'avançait vers elle.
- Je voulais te dire au revoir. Tu ne pars pas?
- Non, je passe les vacances au château.
- C'est triste, répondit Susan, qui semblait sincère.
Kécile haussa les épaules.
- Je ne trouve pas.
- Tu permets que je t'écrives pendant les vacances?
- Euh... si tu veux, répondit-elle un peu déconcertée.
- Super! Je t'enverrais une carte postale! Je pars en Espagne... Tiens, voilà mon adresse si tu veux m'écrire.
Susan lui fourra un bout de papier dans la main.
- Allez, bonnes vacances, Kécile!
Et elle s'échappa.
Kécile ne savait pas vraiment ce qu'était une carte postale, mais une chose dont elle était certaine, c'était que Susan avait de la suite dans les idées. Elle s'imagina un instant envoyer une lettre à Drago. Mais l'idée perdait une bonne part de son attrait dans la mesure où elle ne verrait pas sa tête lorsqu'il la recevrait , ni celle de Lucius... Aucun intérêt!
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Kécile descendit frapper à la porte des cachots. La porte s'ouvrit toute seule et elle trouva Severus affairé autour d'une malle.
- Vous partez aussi? demanda-t-elle dépitée.
- Ne vous inquiétez pas, je n'aurais pas le temps de vous manquer. Je crois que Dumbledore a prévu quelques activités pour vous, répondit Severus en attirant à lui une pile de livres.
- Quoi donc?
- Allez donc le demander directement à ce spécialiste des cachotteries.
Kécile retint un sourire. De toute évidence, Severus n'avait pas digéré la pilule Black.
- Vous rentre chez vous, ou vous partez en mission?
- Je pars en mission, répondit Severus en calant deux flacons de potions entre les livres.
- Loin?
- Je l'ignore encore.
- Vous reviendrez quand?
- Allez-vous arrêter avec vos questions? s'exclama-t-il excédé.
Il disparut derrière une porte que Kécile supposait être sa chambre.
Elle s'assit sur le canapé et attendit. Ce ne serait donc pas Severus qui l'accompagnerait à Londres.
Lorsque Severus revint avec un sac de voyage, il trouva à son élève un air triste et préoccupé. Résigné à servir une nouvelle fois de psychologue, il posa le sac avec un soupir auprès de l'énorme malle et demanda:
- Que se passe-t-il, Kécile? Videz votre sac, j'ai le mien à remplir, et je n'ai pas toutes les vacances.
Kécile sourit vaguement à la tentative d'humour (il fallait en profiter!) et dit:
- C'est au sujet de Black... Quand on s'est retrouvé tous les quatre avec lui dans la cabane hurlante avant que Lupin n'arrive...
- Par Salazar! l'interrompit Severus. Allez-vous m'expliquer comment vous avez pu vous laisser embarquer dans une histoire pareille?
- Ce n'était pas tellement prévu, grimaça Kécile. A la base, je devais simplement accompagner Harry voir Hagrid avant l'exécution de l'hippogriffe. L'idée qu'il sorte sans protection dans le parc ne me plaisait pas. Et puis, on s'est fait attaquer par Black sous sa forme d'animagus et tout s'est emballé. Quand on a été face à Black et que Harry voulait le tuer... J'étais prête à le faire.
Severus n'eut aucune réaction, aussi continua-t-elle:
- Harry a hésité et Lupin est arrivé. Mais j'attendais son ordre. J'étais sur le point de le faire.
- Pourquoi?
- Justement... je ne sais pas. C'était avec une froide détermination, rien à voir avec ce que j'avais pu ressentir il y a deux ans.
Severus s'assit sur le fauteuil en face d'elle et réfléchit la mine sombre.
- Ainsi, ce que Bellatrix tentait vainement de vous enseigner, vous l'avez mis en oeuvre, conclut-il enfin.
- Etre sans pitié? Oui. Mais pourquoi Severus? Je sais que c'est ridicule de dire ça mais... Je ne comprends pas ma réaction. Je n'avais pas à me venger de quoi que ce soit!
- Vous avez à prouver dans quel camp vous êtes. Quoi de mieux que d'éliminer un mangemort? Vous avez été formée pour vous débarrasser de ceux qui se mettent sur votre chemin. Votre attitude ne m'étonne pas.
- Le camp dans lequel je suis n'apprécierait pas, répondit Kécile en baissant la tête.
- Heureux que vous vous en rendiez compte! Maintenant, vous allez devoir faire avec. Croyez-moi lorsque je vous dis qu'on ne passe pas des méthodes du Seigneur des Ténèbres à celles de Dumbledore en quelques mois, ni même en quelques années. Je ne me suis toujours pas fait à celle du directeur, ne lui en déplaise. Et il fait avec.
- Alors, c'est ce que vous croyez? Que ce n'est pas grave? s'exclama Kécile. Vous dites ça parce qu'il s'agissait de Black!
Severus leva les yeux au ciel.
- Laissez Black en dehors de tout ça. Ce que j'essaie de vous expliquer, c'est que vous allez devoir apprendre à contrôler vos instincts ou faire avec. Et bien des sorciers du "bon camp" ne s'embarrassent pas d'autant de scrupules. Retenez bien ceci, Kécile: on ne devient pas gentil parce qu'on le veut. Vous devrez vous battre contre vous-même.
- Ce combat, Severus, l'avez-vous mené?
Severus hocha la tête.
- Et l'avez-vous gagné?
Severus se leva et retourna à sa malle qu'il ferma dans un claquement sec.
- Est-ce que ça en vaut la peine?
