La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Dans un des transports communs de la ville - un gros bus pouvant contenir une centaine de personnes -, Tsunayūki s'émerveillait devant tout et n'importe quoi, le nez presque aplati contre la vitre. Sur la même rangée de sièges qu'elle, Gokudera et Lambo se chamaillaient bruyamment, Ryohei tentant de calmer le jeu. Yamamoto rigolait à côté d'eux tandis que Reborn expliquait les différentes places de la ville - pour être plus exact, il faisait davantage la visite à l'ange et au zombie qu'au trois autres guignols -. Sawada avait beau écouté de son mieux les explications du Dragonnier - le seul truc de vraiment utile à écouter, au delà des cris provenant de tout le bus -, elle ne retenait pas grand chose et se souvenait uniquement que Zanju a vécu une grande époque de pauvreté il y avait cent ans et qu'elle avait survécu grâce à la fabrication du « bulok », une substance liquide-gluante crée à partir d'une pierre et d'un acide particulièrement puissant, qui a été vendu dans le monde entier et qui a servi comme carburant pour les véhicules, et que c'était pour cela qu'il y avait quasiment partout dans la ville des usines. La fumée épaisse gâchait une grande partie de Zanju avec ses millions de raffinages de bulok, mais Tsuna restait tout de même stupéfaite de découvrir une aussi grande ville sur Ancester - cependant, elle n'avait pas vu plus grand qu'HeavenGard jusqu'à présent -.

Lorsqu'ils ont traversé toute la ville, la troupe quitta le transport et sortit de la ville. Tsunayūki prit une grande bouffée d'air : toute cette pollution l'empêchait de respirer à pleins poumons ! Chacun de ses collègues en profitèrent de même. L'homme au fédora reprit de suite la marche et s'écarta de Zanju.

- C'est par là que vit le dresseur ? se rappela alors Tsuna.

Reborn acquiesça de la tête. Après ce long trajet, la jeune femme avait totalement zappé que s'ils étaient là, c'était pour demander de l'aide à un fameux dresseur. L'ange s'inquiéta et se demanda si elle allait tomber sur un nouveau jobard - elle en avait eu sa dose pour aujourd'hui, avec l'alchimiste-pervers qui l'avait terrorisée lors de leur rencontre et la démone qui s'approchait de trop près de son ami à son goût -.

Sur le bord du sentier, ils arrivèrent enfin devant une espèce de grande cabane. De loin, elle semblait être faite en bois, entourées de lierres argentées pour mieux se camoufler dans la forêt. Mais en se rapprochant, les lierres étaient en réalité des fils de fers entortillées qui pourraient servir d'antennes - à quoi ? mystère... - .

Alors qu'ils se trouvaient maintenant presque devant la demeure, une vague d'hommes sorti de nulle part s'interposa devant la troupe, une arme de feu à la main. Ils portaient tous un costard et une paire de soleil noirs pour qu'on puisse pas les reconnaître. Quasiment tous les hommes étaient rasés ; seul un avait des cheveux noirs courts en bataille. À leur débarquement, Tsuna lâcha un petit cri et sortit illico ses gants ; Gokudera menaça ses adversaires avec ses griffes et Ryohei avec ses poings. Lambo paniqua et se cacha derrière Yamamoto qui semblait être le seul à ne pas remarquer la menace. Cependant, lorsque Sawada commença à enfiler ses moufles, Reborn l'arrêta de suite en posant sa main sur son épaule. Les regards se convergèrent sur lui.

- Chaos Romario, comment ça va depuis la dernière fois ? salua-t-il.

- Re-Reborn ! C'est donc bien toi ! remarqua l'homme aux cheveux noirs.

Romario avait maintenant l'air gêné d'avoir pointé l'arme sur une de ses connaissances ; il intima aux autres hommes de ranger leur arme. Tsunayūki et ses amis regardèrent incrédules le Dragonnier et l'homme qui venait de leur menacer se serrer la main.

- Vous êtes venus voir Dino-san ? demanda Romario.

- Ça serait bien, en effet, affirma Reborn avec le sourire.

- Romario ?! hurla quelqu'un qui venait de sortir de la maison. Qu'est-ce qui se passe ?!

L'ange vit un jeune homme courir pour les rejoindre le plus vite possible. Il avait des cheveux blonds et des yeux marrons. Il portait un manteau vert avec de la fourrure et un pantalon ample beige. Il avait dans sa main un fouet foncé. Sawada aurait voulu s'enfuir le plus vite possible dans le sens opposé ; il allait se battre contre eux avec son fouet ou quoi ?!

Pourtant, il arrêta sa course et se positionna à côté de Romario, avant de serrer à son tour la main avec Reborn. Avec un sourire sadique au lèvres, celui-ci prit le bras du blond et lui fit une excellente prise de karaté, Dino se retrouvant à manger de la terre. Tsuna observa la scène, dubitatif à savoir qui était le plus débile des deux. Étonnement, les hommes qui les entouraient ne se sont pas mis à se mettre en colère ; ils ont même commencé à rire sous cape à voir le blond étalé par terre. Par la suite, Reborn aida Dino à se relever.

- Tu restes toujours un gros cancre, Dinul, sourit l'homme au fédora.

- Je ne m'attendais pas à une prise de karaté en signe de bonjour, Reborn, se défendit le blond. Et autant de compagnie non plus.

- Bon, je fais rapidement les présentations, quand bien même vous aurez pu vous en douter : c'est Dino, et c'est un dresseur. Et là, nous avons de gauche à droite Yamamoto, le stupide bovin, Ryohei, Gokudera et Tsuna.

- Eh ! Je suis le grand Lambo ! se renfrogna le yokaï.

- Enchanté !

Tsunayūki fut rassurée de faire la connaissance de Dino : enfin quelqu'un qui semblait normal - au moins en apparence - ! Bientôt, les hommes en costume se retirèrent et disparurent comme par magie. L'ange observa les moindres recoins pour voir s'ils étaient cachés là ; peine perdue, elle ne les retrouva pas. Le blond constata sa curiosité et devina rapidement à quoi elle pourrait penser.

- Ne t'inquiètes pas, Tsuna : ils ne vous attaqueront plus, promis ! rassura-t-il.

- Mais... pourquoi il y a autant de gardes ? demanda Sawada. Vous êtes célèbre ? Être dresseur est dangereux ? Ou...

- J'ai oublié de te dire que lorsqu'elle commence, elle ne finit plus, coupa Reborn. N'hésite pas à couper lorsque t'as compris ce qu'elle voulait dire.

- Eh ben ! Tu peux montrer du tact, parfois ! ironisa Dino, subissant un coup de poing bien placé dans l'épaule. Aïe, ça fait mal... sinon, pour te répondre, Tsuna, je ne suis pas célèbre, et heureusement. Mais disons que quand on est un dresseur, plusieurs personnes mal intentionnées tentent de nous cambrioler.

- Cambrioler quoi ?

Le Dresseur regarda le Dragonnier, incrédule que la jeune femme lui pose une telle question.

- Tu lui as rien dit ? en conclut le blond.

- Je leur ai rien dit, informa davantage l'homme au fédora. Je te laisse leur expliquer.

- Oh, quelle délicate attention...

Dino se força un nouveau rire quand Reborn lui donna un bon coup de poing sur le sommet de sa tête. Le blond invita alors la troupe à rentrer chez lui accompagné de Romario.

Contre toute attente, la grande demeure se résumait à un simple studio ; il y avait une grande table au centre, la partie « cuisine » sur la gauche, la salle de bain - se résumant à une simple douche - tout au fond, séparé de la pièce par une porte coulissante, le lit pas fait plaqué contre le mur à droite, et une autre porte coulissante qui devait mener aux toilettes. Tsunayūki trouva tout cet ensemble quelque peu chaotique. La seule chose qu'elle n'était pas arrivée à deviner était une autre porte coulissante avec pleins de petits trous au niveau de la serrure, la porte étant de la même couleur que le mur comme pour passer le moins possible aperçu. Des espèces de fils argentés semblant sortir de nulle part pendouillaient près de cette porte. Tsuna se rappela rapidement où elle avait déjà vu ces fils - facile à deviner si on avait un minimum de mémoire et d'intuition -. En plus, une drôle d'odeur logeait là-dedans.

D'ailleurs, à côté d'elle, Gokudera se mit à se boucher le nez.

- Mais ça put, ici ! fit-il remarquer à voix haute, de suite réprimandé par un « Reborn's Kick ».

- Ah, c'est le dur métier de dresseur, vois-tu, expliqua Dino.

- Et c'est quoi alors, un dresseur ? questionna Ryohei.

Sans que personne l'ait remarqué, Yamamoto allait leur répondre, mais Reborn lui intima silencieusement le silence. Comme s'en doutait le Dragonnier, Takeshi n'était pas juste un crétin écervelé - au sens propre et figuré du terme - comme l'aurait défini Hayato, mais un fin observateur possédant déjà une culture venant de son temps. Bien sûr, ses connaissances s'étaient légèrement estompées au fil du temps, mais il n'empêche qu'il était un excellent atout pour la troupe. L'homme au fédora était d'ailleurs curieux de savoir s'il savait se battre ou pas...

À la question, Dino se retourna vers la troupe et leur sourit.

- Eh ben... être dresseur, c'est un peu comme éleveur : on s'occupe de tous pleins d'animaux ! D'où la provenance de l'odeur...

Chacun hocha de la tête, assimilant l'information à l'odeur. Cependant le chat-garou continuait à tirait une drôle de tête.

- Ouais... mais tu éduques pas tes animaux ici, non ? C'est légèrement étroit pour qu'il y ait des animaux en plus de toi.

- Oh, je fais venir les animaux qui doivent se faire soigner, mais c'est vrai qu'ils ne vivent pas ici, confirma Dino.

- C'est quoi cette porte, là-bas ? remarqua Yamamoto en pointant du doigt la porte camouflée. C'est là-bas que vivent les animaux ?

Tsunayūki se tourna vers lui, totalement surprise que quelqu'un d'autre ait remarqué la même chose qu'elle - contrairement à un certain Dragonnier -. Elle allait d'ailleurs poser la même question.

- D'une certaine manière, oui. Mais il faut pas seulement ouvrir : on risque de tomber sur ma penderie, avoua le dresseur avec un petit sourire gêné. Pour que ça donne accès à l'« élevage », il faut aussi...

- Faire des connections avec les bidules chouettes ? déduit l'ange.

Ses amis la regardèrent curieusement, ne pigeant pas un traître mot de ce qu'elle venait de dire, à part, une fois de plus, l'homme au fédora qui arrivait à être au courant de tout.

- Ben, les espèces de fils gris, il faut les brancher, non ? expliqua-t-elle du mieux qu'elle put. Il y a sept trous dans la porte, autant que les fils gris : j'en ai déduit qu'il fallait les brancher.

Dino la fixa, agréablement surpris. Un sourire flotta sur ses lèvres.

- Ouais... c'est ça, affirma-t-il une nouvelle fois. Pour faire simple, ces fils sont assez particuliers car ils relient cet endroit à un autre grâce à une très forte magie. Et lorsqu'on les relie à une porte, celle-ci devient un « portail ». Vous verrez, ça va faire bizarre quand on y rentre dedans !

Le blond les amena devant la porte et les brancha durant qu'il expliquait tout ça. Tout le monde restait dubitatif.

- Tu as dit... magie ? répéta Gokudera. Comme les flammes de Tsuna-Hime ?

- Ouais, les flammes de dernière volonté, continua le Dresseur. Oh, ne vous inquiétez pas : je connais un peu tout cet univers là ! D'ailleurs, je vis même avec eux.

- Hein ?

- Vous allez vite comprendre.

Le dernier fil branché, il y eut comme un bruit de moteur provenant d'un endroit inconnu, avant qu'une énergie parcourt les fils argentés et allume la porte : en ouvrant celle-ci, il y avait un tunnel bleu violet qui semblait s'étendre à l'infini. Dino ouvrit la marche suivis des autres. Légèrement anxieuse, Tsunayūki prit la main de ses compagnons pour ne pas se retrouver éloignés d'eux s'il y avait un quelconque problème. Cependant, même Tsuna ne pouvait pas nier : le tunnel était magnifique, abordant les mêmes couleurs qu'un ciel assombri tachetées d'étoiles. À l'intérieur elle se sentait aussi plus légère - les effets de la gravité était nettement atténués à l'intérieur -. Elle ne fit que trois pas dans ce passage qu'elle vit déjà la fin du trajet. En posant son pied sur la terre ferme, elle se sentit beaucoup plus lourde et avait peur d'avoir pris du poids. À côté d'elle, Gokudera, Lambo et Yamamoto se portaient à merveille ; ce ne fut pas le cas pour les autres. Reborn s'en sortait le mieux, il se frotta les yeux comme pour revenir à la réalité après un lourd sommeil ; Dino tirait une tête comme ce n'est pas possible, étant sur le point de vomir et Ryohei et Romario vomissaient déjà - il y avait déjà près d'eux des sceaux où on pouvait vider un peu plus loin -. Pendant que Gokudera et Lambo se moquaient méchamment des plus sensibles, Reborn expliqua rapidement aux deux autres les effets secondaires :

- En temps qu'Élus, vous ne ressentez quasiment rien. Cependant, pour nous, c'est un peu plus difficile à... digérer. Déjà que je m'en sors bien grâce à Iru, je n'ose même pas imaginer ce que ressentent les autres.

- Moi non plus, je ne suis pas un Élu ! s'exclama Yamamoto. Pourtant, ça ne m'a rien fait !

- Le fait que tu sois revenu à la vie doit y faire quelque-chose, alors.

L'ange regarda anxieusement le zombie : elle ne savait pas trop si aborder le sujet d'être un mort-vivant était facile ou pas. Mais Takeshi hocha la tête et se réjouit d'être un veinard qui n'a pas mal au cœur au cours d'un voyage dimensionnel.

Lorsque chacun reprit ses esprits - et son estomac -, Tsuna fit davantage attention à où ils venaient d'atterrir : c'était une pièce légèrement sombre, éclairci par le rideau qui cachait une grande partie de la lumière, de l'autre côté. D'un geste vif , Dino tira sur le tissu pour laisser le groupe admirait le paysage : c'était une véritable forêt, avec une faune et flore complexes. Les fleurs multicolores se comptaient par milliers, plus belles les unes que les autres. Du haut des arbres, des oiseaux volaient de nid en nid pour faire la distribution de nourriture à ses semblables ; des singes curieux s'approchaient de près des visiteurs avant de repartir se cacher ; dans un lac, au loin, une petite baleine projeta pendant un instant une colonne d'eau avant de disparaître dans les eaux. Voir tous ces êtres vivants réunis dans un seul endroit mit du baume au cœur de Tsuna. Avec le sourire, Dino les présenta tous, à bras ouverts :

- Je ne suis pas un dresseur ordinaire : je m'occupe ici, de ce qu'on appelle chez nous, d'animaux fantastiques !

Avec tous les autres, Sawada s'avança prudemment dans cet environnement avant de se faire accoster par trois espèces magiques : un singe avec des espèces de pantoufles faites d'herbes, un loup avec des genres de tatouages fluorescentes sur sa fourrure et un lionceau avec une couronne de flammes à la place de sa crinière. L'ange s'empressa de se baisser et de prendre le dernier animal dans ses bras ; celui-ci ronronna doucement comme un chat. Même Dino s'approcha doucement de l'ange et commença à grattouiller le lionceau sous le cou.

- Eh ben, je ne t'ai encore jamais vu, toi, déclara-t-il en s'adressant à l'animal - qui allait assurément pas lui répondre -. Elta a dû accoucher il n'y a pas longtemps, alors. D'ailleurs, cette espèce est un ignisleo, si tu veux savoir.

Tsunayūki acquiesça lentement de la tête. Voir ce petit lion enflammé lui a fait penser à Netts, un petit ignisleo qui vivait avec elle, quand elle était encore à HeavenGard. Se souvenir de son animal de compagnie à enchaîner avec d'autres souvenirs d'avant, quand elle vivait chez elle. Bien sûr, elle n'avait pas vécu la vie qu'elle aurait voulu vivre, mais il n'empêchait qu'elle avait un chez soi et qu'elle était tranquille, au chaud, pas en terre inconnu.

- Eh ben dis donc, t'as vachement la larme facile, toi, fit remarquer Reborn, de l'autre côté de Tsuna.

Tsunayūki sursauta légèrement ; le Dragonnier était en compagnie d'un chien-dauphin, qui aboyait de plaisir comme l'animal aquatique pendant qu'on lui caressait sa tête.

Elle repensa aussitôt à la remarque faite à l'instant elle toucha sa joue avec sa main et sentit une larme du bout des doigts. Même Dino et le petit ignisleo la regardaient, inquiets de son état. Pour rassurer l'animal, Tsuna lui caressa doucement sa crinière - elle n'était pas brûlante, contrairement à des idées reçues -. Pour le Dresseur, elle lui afficha un sourire réconfortant.

- Désolée. C'est... l'émotion.

- L'émotion de... ? voulut savoir le blond.

- Eh ben... voir tous ces animaux réunis, vivants ensemble en harmonie... et puis, ce petit ignisleo, aussi, je... je me mets à penser à cette guerre... et voilà.

Entre-temps, un espèce de perroquet qui pouvait changer de couleur se posa sur le chapeau de Reborn. Dino et Tsuna rigolèrent doucement devant la perplexité du Dragonnier qui tentait tant bien que mal à voir l'animal.

- T'as pas intérêt à déféquer sur mon chapeau, toi, ordonna l'homme au fédora au volatile avant de se concentrer sur la discussion.

- Tu sais, Tsuna, reprit Dino, ce n'est pas toujours la joie, ici : quand ils se mettent à « jouer » tous ensemble, il y a plus de blessés qu'autre chose ! Mais il faut pas oublier que, nous aussi, nous sommes des animaux : alors, il est possible d'amener un terme à cette guerre, non ? Il y aura des moments difficiles, comme pour tout, mais je pense que vous en êtes capables... non, je sais que vous pourrez le faire. Surtout avec le dingo qui est à côté de toi.

- C'est de moi que tu parles, Dinul ? menaça Reborn avec un regard de l'enfer.

Tsuna rigola quand le Dragonnier se leva brusquement pour donner une rouste au Dresseur. Parfois, elle avait l'impression qu'être partie de son nid douillet n'a servi à rien, que tout ce qu'elle faisait ne mènera à nulle part.

Mais là, pas maintenant. Elle avait la ferme conviction qu'elle pourra faire quelque-chose. Avec ses amis.

Quand les coups de poings furent donnés, Reborn et Dino partirent dans l'épaisse forêt pour chercher les ingrédients nécessaires à Shamal pour faire sa potion pour Irugorn. Quand elle se retrouva seule en compagnie de l'ignisleo, elle se leva et partit rejoindre ses amis qui devaient être eux aussi occupés là-dedans.

Quand elle les retrouva, chacun s'occupait avec un animal fantastique personnel : Lambo se tenait tant bien que mal à un taureau qui lâchait des décharges électriques par ses cornes Yamamoto s'amusait avec un akita avec un joyau sur son front et une hirondelle, capable d'émettre et recevoir des sentiments grâce à des espèces de capteurs au niveau de ses oreilles et Ryohei était avec un kangourou avec des gants de boxe. Cependant, le cyborg ne s'amusait pas avec l'animal : il riait de bon cœur vers Gokudera qui se faisait maltraiter par un chat aux pattes surdimensionnés. Quand l'animal partit, on retrouva un Hayato au visage griffé et ensanglanté. Tout le monde se mit à rire.

- Eh ben ! Un chat-garou qui se fait laminer à l'extrême limite par un chat, c'est du jamais vu ! se moqua ouvertement Sasagawa, se vengeant de la moquerie de tout à l'heure.

Gokudera s'essuya maladroitement le visage ; Tsunayūki lui passa rapidement une serviette dans son sac et le lui passa. Voyant que même sa Jūdaime rigolait, Hayato se força à sourire avant de rire naturellement. Le rire de tout le monde se répercuta dans la forêt, des oiseaux s'approchant d'eux, curieux de connaître la nature de ce son si cristallin.

...

Une heure plus tard tout le monde fut réuni devant le portail, mais avant de partir, ils ont d'abord dû régler un problème important : en effet, des boutons verts apparaissaient sur le visage de Gokudera. Chacun se retenait de rire pendant que Dino faisait de son mieux pour le soigner - le pauvre chat-garou hurlait de douleur à cause du traitement -.

- Désolé, s'excusa le Dresseur. Vu comment vous me l'avez décrit, tu as sûrement dû te faire attaquer par un felesvenemum : ses griffes sont terriblement empoisonnées. Et le seul remède contre ça, c'est... ça.

- Aaaaah ! L'enfeeeer ! se plaignit Hayato.

Tsuna n'aurait pas aimer être à sa place : le liquide transparent émettait des vapeurs nauséabondes et de grosses bulles comme si le liquide était bouillant. Le supplice de l'Élu était de plonger sa tête dedans.

- Mais Dino-san, interpella-t-elle, c'est quoi, ce truc ?

- Crois-moi, vaux mieux que tu ne le saches pas, esquiva le Dresseur avec une petite goutte de sueur sur la tempe. Ou surtout, que Gokudera ne le sache pas... tout ce que je peux dire, c'est que c'est origine animale.

L'ange avala sa salive de travers. Elle se tourna vers Reborn et Romario pour leur demander discrètement s'ils le savaient, mais ils refusèrent net en secouant la tête, pas sans montrer un certain dégoût sur le visage.

Non, la situation de Gokudera n'était pas enviable.

Après avoir rincé mainte et mainte fois le visage de la victime, ils décidèrent de partir de cet havre de paix. Tsunayūki caressa chaleureusement la tête du petit ignisleo en signe d'au revoir avant de rejoindre les autres. Elle profita moins de ce voyage dimensionnel car elle avait pris un petit retard par rapport aux autres. Quand elle se retrouva chez Dino, Ryohei et Romario se remirent à vomir, alors que les autres humains tanguaient et résistaient du mieux qu'ils pouvaient. Le Dragonnier portait dans sa main un sachet plastique remplit de pots de confiture aux couleurs étranges.

- C'est quoi ça ? demanda Tsuna

- Ce sont les ingrédients manquants pour la potion, répondit Reborn.

- Non, je sais, mais... c'est quoi, exactement ?

- Il est préférable de savoir le moins de chose dessus. J'ai même de la pitié pour Iru...

Il tirait la même tête que lors du traitement de Gokudera - mais en pire à cause de la traversée dimensionnelle -. Tsuna se sentit alors très mal pour le dragon qui devra ingurgiter tout ça...

La troupe remercia et salua Dino et Romario avant de repartir chez l'Alchimiste. Le trajet était d'autant plus long pour la jeune femme qui s'impatientait qu'Irugorn puisse bientôt les rejoindre. Mais pour cela, il fallait d'abord aller chez le docteur.

Enfin, ils arrivèrent dans le laboratoire de Shamal. Aucune apparition de Bianchi, au grand soulagement de son demi-frère. Le docteur était à son bureau en train de se documenter - avec, hélas, un magazine affligeant qui donnait à Tsuna l'envie de donner un coup de pied bien placé au pervers -. Sans une salutation, Reborn déposa les ingrédients manquant devant l'Alchimiste avec un bruit sec, le faisant sursauter. De suite après, Shamal laissa pousser un petit soupir avant de passer au travail - et de faire sortir tous les garçons, excepté l'homme au fédora -. Par pure curiosité, Tsunayūki resta là pour observer la fabrication de la potion : rien de sensationnel, contrairement à ce qu'elle s'attendait. Que des pesées d'ingrédients, des mélanges à la petite cuillère, et l'utilisation d'un espèce de micro-onde de l'ancien temps. Ça ressemblait davantage à de la cuisine qu'à de l'alchimie. À la fin, Shamal versa le mélange dans des petites moules qu'il mit dans un réfrigérateur.

Ça y est, c'était terminé. Sawada n'avait pas trouvé tout cela palpitant. Pourtant, il paraissait assez connu en tant qu'alchimiste. Peut-être avait-il d'autres tours dans son sac ?

Pendant que la solution était au froid, Tsuna pensa que c'était une bonne idée de parler de sa blessure au dos au docteur pour voir s'il pouvait y faire quelque-chose :

- Tu as mal depuis combien de temps ? demanda Shamal.

- Depuis qu'on m'a tiré dessus avec une balle, avoua-t-elle, le souvenir davantage douloureux. Je dirai environ une semaine.

- Et c'est permanent ?

Tsuna le regarda, sans avoir compris - elle ne reconnaissait pas ce mot -. Reborn déduit de suite le problème.

- T'as mal tout le temps ? reformula celui-ci.

- Ah ! Euh... oui, un peu tout le temps. Mais j'ai davantage mal depuis deux jours, lorsque j'ai étiré mes ailes.

- Pourquoi tu nous as rien dit pendant tout ce temps ?

- Hein ? Je... pas que je vous croyais incapable, mais je n'ai pas voulu non plus que vous utilisez votre énergie pour moi on a assez d'ennemis comme ça. Et puis, je pouvais aussi prendre sur moi : ce n'était pas insupportable, non plus...

Enfin, jusqu'à avant-hier.

Les hommes réfléchissaient à une solution, mais la porte du laboratoire s'ouvrit brusquement pour faire apparaître le gentil zombie et le yokaï pleurnichard. De suite à l'intérieur, Lambo s'aventura entre les milliers de potions sur l'étagère - Shamal ne semblait pas l'avoir remarqué ; il était davantage concentré sur Yamamoto -. Celui-ci avait toujours le sourire, même si sa nervosité était marqué par le froncement de ses sourcils.

- On a besoin d'aide : Bianchi est de retour ! Et Gokudera commence à refaire un malaise.

- Ouais ! Il est nul, Stupidera ! hurla Lambo, toujours en foutant le désordre dans les potions.

- J'arrive alors, se désigna Reborn, prenant par la même occasion la tignasse du yokaï pour l'entraîner avec lui.

Tsunayūki se retrouva alors seule avec l'Alchimiste. Finalement, Shamal reprit la parole :

- Je vais devoir voir la blessure pour diagnostiquer : il va falloir que tu enlèves ton tee-shirt, déclara-t-il comme un vrai professionnel.

- Oh, pas besoin ! s'exclama la jeune femme.

Elle enleva sa cape puis son pull-over : le tee-shirt était cousue de façon à laisser le dos dénudé et donc la blessure voyante : il y avait maintenant une zone plus claire entre les ailes - une cicatrice qu'elle allait devoir garder pour toute sa vie -.

Shamal regarda rapidement la blessure sous tous les angles, sans pour autant y toucher - entre les ailes était une zone sensible pour les anges -. Après cinq minutes d'analyses, il partit dans une pièce voisine avant de revenir avec des espèces de cachets.

- Prends-ça une fois par jour : normalement, tu devrais ne plus avoir mal d'ici cinq jours, espéra-t-il. Tu peux commencer maintenant, d'ailleurs. C'est à croquer

- Je... merci beaucoup, Shamal-san, remercia Tsuna.

Elle avala de suite le médicament ; ça avait un drôle de goût sucré, mais pas désagréable. Immédiatement, Tsunayūki sentit la douleur atténuait jusqu'à disparaître : elle battit des ailes et se surprit à se retrouver au-dessus du sol en moins de deux. Elle se posa alors au sol, remerciant une nouvelle fois chaleureusement l'homme. Finalement, ce n'était pas un si mauvais médecin...

Maintenant qu'ils étaient seuls, Sawada voulut savoir un peu plus sur lui et sa curiosité lui fit parler :

- Dites, je peux vous poser des questions ?

- Oui, bien sûr, ma Tsuna-chaaan ~.

- Euh... merci ? D'abord, pourquoi vous n'aimez pas les hommes ?

- Parce que j'aime les femmes, répondit simplement Shamal banalement.

Logique.

- Non, je voulais dire... pourquoi vous avez l'air de les rejeter ? approfondissa-t-elle. Et pourquoi pas Reborn ?

- Oh, je ne les supporte pas, les mecs : ils ont presque tout le temps l'esprit mal placé, et ils n'ont aucun tact ou culture ! S'en ait presque lassant...

L'esprit mal placé ? Il ne se sentait pas concerné ou quoi ?

- Après, il arrive qu'il y ait tout de même des exceptions : par exemple, je connais Reborn depuis qu'il est gosse, normal que je sois un peu plus souple avec lui.

- Vous le connaissez auparavant ?

- Ouais, j'étais infirmier quand il était au lycée.

Tsuna le regarda, surprise. Quelque-chose n'allait pas, dans cette histoire.

- Attendez... vous avez pas le même âge, tous les deux ?

- Oh non ! Je suis largement plus âgé que lui ! Ce n'est qu'un bébé, comparé à moi !

Ce qu'il venait de dire n'avait pas du tout avancé les choses : ça restait encore flou pour la jeune femme. Cependant, elle laissa de côté et s'attarda sur une autre question :

- Pourquoi Reborn vous appelle l'Alchimiste ?

- Hm... c'est un véritable interview que tu me fais ! rigola Shamal. Eh ben... disons qu'auparavant, j'étais en effet un alchimiste. Mais ça commençait à m'en lassait, et après avoir fait le bulok, j'ai renoncé à ça et je me suis passionné de la médecine. On est beaucoup plus proche des femmes ainsi, hein ?

Sawada le dévisagea sans gêne. Pardon ?

- Quoi ? Vous avez... crée... le bulok ? répéta-t-elle, hébétée.

- Oui. Rien de très sensationnel : je savais déjà que la pierre avait de drôle de propriétés avec certains acides, mais de là à en créer du smile... c'est dégoûtant !

- Mais le bulok a été crée il y a une centaine d'années !

Devant le visage choquée de l'ange, l'Alchimiste afficha un sourire, toute en ayant visage sérieux.

- C'est vrai que je viens de t'affirmer que j'étais un alchimiste... mais pas pourquoi j'étais « L'Alchimiste », remarqua-t-il. Il y a deux cent ans, après mainte effort, j'ai trouvé ce que tous les alchimistes recherchaient dans le monde : la pierre philosophale. Avec ça, j'ai pu changer le plomb en or, soigné des maladies rares, et j'ai surtout crée l'élixir de jouvence et je suis toujours resté aussi jeune et beau qu'il y a deux cent ans.

La mâchoire de Tsunayūki allait totalement se décrocher. Il était maintenant devenu... immortel ?!

Alors qu'elle allait s'exclamer, la porte s'ouvrit de nouveau brutalement et il y avait tout le reste de la troupe, excepté le zombie et la succube. Ryohei portait dans ses bras un Gokudera meurtri, où les boutons empoisonnés ont resurgi sur son visage. Avant même que Tsuna pose la question, Ryohei fit un rapide débriefing :

- Tête de poulpe a refait une poussée d'acné en restant trop longtemps avec sa sœur à l'extrême limite ! informa-t-il. Et Yamamoto retient Bianchi en lui faisant un cours de cuisine extrême, bien que je ne sais pas si ça lui plaît vraiment ! En tout cas, Shamal, il faut que tu fasses quelque-chose à...

- Je ne soigne pas les mecs, coupa l'Alchimiste : démerdez-vous.

- Tant pis, soupira Reborn : il faut aller revoir Dino, les symptômes sont quasiment les mêmes que ceux de tout à l'heure. Il saura quoi faire.

L'ange s'approcha du chat-garou pour le soutenir, même si celui-ci poussait plus des cris d'agonie sans se soucier du reste.

Non, aujourd'hui n'était vraiment pas la journée pour Hayato.


Hey ! Ce chapitre a été un peu plus long, mais j'espère que vous aurez quand eu le même plaisir à le lire que moi à l'écrire ^^.

Merci beaucoup à Tsuki Banritt pour le commentaire et à night dark angel pour le follow et le favori :) et à plus ~