Bien! Fin d'année + lumbago + départ précipité en Angleterre= mauvais pour fanfiction!
Ce chapitre est très important! Il ouvre la quatrième année et un tas de pistes pour plus tard.
A écouter en même temps lorsque indiqué sur you tube
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Musique d'ambiance, le texte en allemand n'a aucun rapport avec l'histoire!
Chapitre XXXXVIII : Plumes de Phénix
Le château était devenu définitivement désert, une fois Severus parti.
Kécile avait retourné un bon moment la conversation qu'elle avait eu avec le professeur de potions, au sujet de ce combat contre soi-même et les impulsions qu'elle gardait de son enseignement chez les mangemorts. Elle se demandait ce qu'elle voulait faire, pour sa part, de ce combat. Dumbledore l'obligeait à le mener, cela elle l'avait parfaitement compris. Il la laissait peut-être libre de ses choix, elle ne savait peut-être pas de quel côté ses opinions penchaient, mais elle était certaine d'une chose : elle ne pouvait pas s'éloigner de son mentor. La raison la plus évidente bien sûr, c'est qu'il était la meilleure protection contre la vindicte de Voldemort. Mais ce qu'elle parvenait difficilement à s'avouer et qui pourtant comptait de plus en plus, c'est qu'elle aurait trop souffert de devoir s'éloigner du vieil homme.
Parviendrait-elle un jour à agir comme Dumbledore le souhaiterait ? Serait-elle un jour partie intégrante d'un camp qu'elle considérait comme utopiste et d'un égalitarisme forcé mais qui, il fallait bien le reconnaître, assurerait sa sécurité ? Rien n'était moins sûr, mais elle essaierait. Elle le devait à Dumbledore.
C'est donc armée de cette conviction fragile qu'elle avait décidé de profiter pleinement de ses vacances en commençant par de magnifiques et longues promenades qui lui avaient été interdites l'été précédent par sa faiblesse et au cours de l'année scolaire par la présence des détraqueurs.
Les premiers temps, elle demanda vainement au directeur de l'accompagner dans ses sorties, mais Dumbledore était trop occupé à tout un tas de tâches administratives qui lui semblaient on ne peut plus rébarbatives.
La première semaine de juillet était déjà bien achevée, lorsqu'il accepta de se promener autour du lac après déjeuner.
Kécile était curieuse de ses habitudes. Elle ne savait finalement rien de la vie de son professeur et tenta d'en apprendre un peu plus.
- Vous ne prenez jamais de vacances, professeur ?
- Poudlard est très reposant l'été. C'est en quelques sortes des vacances. Mais il est vrai que je passe habituellement plusieurs semaines chez moi.
- Vous avez une maison ?
Dumbledore acquiesça.
- Un domaine qui appartenait à ma femme et qui m'est resté à sa mort. Le Clos-La-Rive.
- Et par ma faute, vous ne vous y rendez pas...
- Cela n'a pas vraiment d'importance, la rassura le vieil homme.
- C'est amusant, en tant qu'élèves, nous avons tendance à imaginer que vous êtes soudé à Poudlard. C'est idiot, bien sûr, vous avez votre vie en dehors de l'école.
- Plus guère, depuis une dizaine d'année, reconut son professeur, mais cela n'empêche pas que le domaine reste en quelque sorte mon « chez moi ».
- J'imagine qu'on a tous besoin d'un « chez soi »...
- Mais tu n'en as pas... acheva doucement Dumbledore.
- Ça va avec le reste, fit Kécile en haussant les épaules. Pas de famille, pas de maison.
Il y eut un moment de silence avant que Kécile ne dise d'un ton hésitant :
- Professeur, je me demandais... vous pourriez y aller quand même et...
Elle s'interrompit en secouant la tête.
- Non, laissez tomber, finit-elle en croisant le regard interrogateur du vieil homme.
- Va jusqu'au bout de ton idée, insista Dumbledore.
- Elle est impossible... enfin, pas exactement, mais... trop familière.
- Kécile...
- Je... bon, en fait, je me demandais juste s'il était possible que vous alliez chez vous et que je vous accompagne. Mais c'est justement chez vous, ajouta-t-elle en détournant le regard et vous n'avez probablement pas envie qu'une étrangère y débarque.
- Tu n'es pas une étrangère, Kécile. Et si cela avait été possible, je t'y aurais déjà emmener. Malheureusement, suite à certains événements, le manoir est inaccessible à tout ce qui est lié de près ou de loin à Voldemort. Severus ne peut pas y accéder. Tu ne pourras pas non plus.
- Je ne comprends pas... Ne pouvez vous pas annuler le sortilège ? S'étonna Kécile.
- C'est plus qu'un sortilège. Ce n'est pas moi qui l'ai posé, et toutes mes tentatives pour ouvrir le manoir à Severus se sont révélées vaines. Je ne suis pas l'héritier de ce domaine... Je n'ai guère de pouvoir dessus.
- Vous en parlez presque comme s'il avait une personnalité qui faut convaincre.
- C'est un peu le cas, en effet. Comme Poudlard. Certains antiques lieux fréquentés depuis des siècles par des sorciers possèdent une certaine personnalité, et dans tous les cas ne peuvent être régis que par certaines personnes. Et tout puissant que je sois, le Clos-La-Rive ne m'obéit pas. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas nous rendre là-bas.
- Alors nous allons rester durant toutes les vacances à Poudlard.
- Pas vraiment...
Kécile lui jeta un regard interloqué.
- Cela aurait-il un quelconque rapport avec le programme auquel Severus a fait allusion ?
Dumbledore sourit.
- Je suppose...
- Severus m'a dit que vous avez des projets pour moi cet eé…
Le vieil homme hocha la tête.
- Nous devons tout d'abord te procurer une nouvelle baguette. Que dirais-tu de passer une journée sur le chemin de Traverse ?
Un grand sourire illumina le visage de Kecile.
- Dès que toutes les affaires administratives de l'école seront terminées, je dois ensuite me rendre à un colloque à Parir. Je me suis dis que tu apprécierais de venir avec moi plutôt que de rester en compagnie de Rusard.
Kecile grimaça.
- Sans l'ombre d'un doute !
- Nous y resterons environ une semaine. Tu pourras en profiter pour visiter.
- Seule ?
- Tu as peur ?
- Et si le Voldemort débarque ?
- Voldemort ignorera que tu auras quitte Poudlard et nous prendrons des précautions supplémentaires, sois sans crainte.
Deux jours plus tard, Dumbledore et une Kecile toute excitée prenaient la poudre de cheminette pour le chaudron baveur.
L'arrivée de Dumbledore ne passa pas inaperçue et Kecile réalisa avec consternation que son passage accompagné du directeur de Poudlard serait tout sauf discret. On l'observait sans vergogne tandis que le directeur, totalement indifférent à l'attention qu'on pouvait leur porter, lui parlait.
- Par quoi préfères-tu que nous commencions ? Visitons-nous d'abord le chemin ou préfères-tu que nous allions dès à présent chez Ollivanders ?
- Olivanders, répondit Kecile sans hésitation.
Dumbledore la conduisit dans l'arrière cour du vieux pub et tapota de sa baguette le mur en brique sous l'œil attentif de son élève.
Kecile ne put retenir un grand sourire en découvrant l'allée sorcière et les boutiques bigarrées.
- D'où venait ta première baguette, Kécile ?
- Je ne sais pas…Mon père me l'a donnée la première fois que je l'ai rencontré au manoir. J'avais 6 ans et je n'ai pas posé de questions, fit-elle remarquer non sans ironie.
- Ollivanders sera probablement capable de nous dire à qui elle a appartenu. Sa mémoire est prodigieuse.
Kecile s'assombrit.
- Je ne sais pas si je tiens vraiment à savoir à qui elle a appartenu…gromela-t-elle
- Te convient-elle bien ?
Kecile haussa les épaules.
- ça n'a jamais eté la baguette idéale, mais j'ai fait avec. Je ne peux cependant pas dire qu'elle ne me convenait pas. De toute manière, Père m'a toujours dit qu'un bon sorcier est capable de dominer n'importe quelle baguette.
- De toute évidence, l'importance d'une baguette personnelle est encore une de ces nombreuses choses que Voldemort ignore ou méprise à tort.
Ils arrivèrent devant la boutique.
- Nous y voici. Evidemment, Kecile, cette baguette t'a eté donnée par les Malfoy.
Elle leva les yeux au ciel et poussa la porte du magasin sans répliquer.
Finalement, ça n'avait peut-être pas été une bonne idée de commencer par Ollivanders, songea Kécile alors qu'elle s'asseyait dans le fauteuil devant le bureau de Dumbledore. La magie du chemin de traverse, la richesse de Fleury et Boot, la glace citrouille-chocolat offerte par Dumbledore chez Florian Fortarôm, la majesté de Gringotts, y compris la surprise lorsqu'avait été soulevé le problème de l'argent et que Dumbledore lui avait dit de ne pas s'en inquiéter car il se chargeait de ses frais... Tout avait été balayé par l'achat de sa baguette.
début du lien
Kécile avait trouvé le magasin sombre malgréson ouverture sur le chemin de Traverse et une forte odeur de poussière l'avait prise à la gorge aussitôt la porte refermée. Des centaines de boîtes entassées le long des murs se dégageaient une évidenteénergie, à la fois étouffante et captivante. Tout contribuait à rendre cet endroit un peu angoissant: de l'absence de source lumineuse digne de ce nom, en passant par le parquet grinçant, jusqu'au bois usé et terni du comptoir.
Ollivanders était un homme sans âge. Sa peau fripee et son aspect un peu rabougri étaient démentis par la vivacité de ses yeux qui l'avaient fixée avec intérêt.
Il lui avait posé d'étranges questions: depuis son défaut principal, en passant par son signe astrologique et ses matières favorites à son moment préféré de la journée.
De la même manière qu'il avait été capable de citer les caractéristique de la baguette de Dumbledore en bois de cèdre et plume de phénix, il avait immédiatement reconnu l'ancienne baguette de Kécile: Bois d'orme et crin de sombral. Une de ses toutes premières réalisations qui avait mis longtemps avant de trouver sa propriétaire en 1970: Gwendoline Grunt.
Evidemment...
Il lui avait fait essayer plusieurs baguettes de compositions différentes, et Kécile n'en avait pas saisi la logique: bois d'aulne et ventricule de dragon, bois de cyprès et crin de licorne, saule et plume de pégase, noisetier et crin de centaure...
Mais aucune ne lui avait convenu. Ollivanders lui avait alors dit qu'elle était pleine de contradiction... Kécile l'avait regardé perplexe. Que pouvait donc justifier cette remarque? Il lui semblait que l'homme avait été capable de saisir sa nature très rapidement et cela la mettait mal à l'aise. Et puis que cherchait-il donc? Il attendait que la baguette jette un sort toute seule?
Elle l'avait compris cependant peu de temps après, alors qu'une nième baguette (bois d'amandier et plume de pégase)entre les mains, il avait fini par la fixer un air de profonde réflexion peint sur son visage ridé.
Il était reparti un nouvelle fois et Kécile et Dumbledoreavaient pu l'entendre fouiller frénétiquement avant de revenir avec une unique boîte.
- J'ai fabriqué cette bagutte il y a presque 50 ans, avait-il expliqué en la sortant d'une boîte poussièreuse où s'accorchaient quelques toiles d'arraignées, lorsque j'expérimentais des assemblages inhabituels. Elle a fait partie d'un lot de quatre baguettes puissantes que j'ai fabriquées à partir d'un même ingrédient, avait-il ajouté en regardant Dumbledore. Toutes ont été vendues sauf celle-ci... trop... déstabilisante, trop contradictoire. Elle est en bois d'amandier et plume de phénix, 22,2 centimètres.
Kécile avait su immédiatement que c'était celle-là qui lui convenait. Un jet d'étincelle en avait jaillit et la sensation de confort qui l'avait envahi ne trompait pas.
Kécile sortit sa nouvelle baguette de sa poche et caressa du doigt son bois lisse, à la jolie couleur marron clair légèrement doré, et aux fines nervures sombres. Elle l'avait immédiatement adoptée et ne l'aurait échangeé contre aucune autre.
Pourtant... cette baguette était reliée à une histoire qui semblait tout sauf anodine. L'échange qu'avait eu Dumbledore et Ollivanders dans le magasin, juste après que cette baguette l'ai choisie lui laissait un vague sentiment d'inquiétude... Un peu comme si elle avait été engagée dans une affaire dangereuse sans avoir pu donner son avis, et surtout sans savoir de quoi il retournait.
Elle observa Dumbledore qui avait ouvert une vitrine où reposait une pensine. Etait-il entrain d'y déposer le souvenir de sa conversation avec le vendeur?
Lorsque les étincelles avaient jailli de sa baguette, Kécile avait vu Ollivanders la fixer avec un air ennuyé.
- La quatrième a trouvé sa propriétaire, avait déclaré Dumbledore d'un ton grave.
- Je n'aurais pas cru que cela arrive un jour, avait répondu Ollivanders en retirant la baguette des mains de Kécile. Je ne sais pas qui vous êtes, Miss, avait-il ajouté les sourcils froncés en une mince ligne broussailleuse, mais dans l'univers fascinant des baguettes, rien n'arrive par hasard.
Pourquoi donc avait-il cru que cette baguette était condamnée à rester éternellement dans une boîte poussiéreuse?
- Les trois autres baguettes ont eu ou auront leur mot à dire dans le destin de notre monde. La quatrième aussi. C'est la plus faible, mais aussi la plus surprenante des quatre...
- Mr. Ollivanders, avait demandé soudain Dumbledore, cette baguette-ci a-t-elle une jumelle?
Le vieil homme secoua la tête.
- Le phénomène des baguettes jumelles est rare et encore inexpliqué. Il ne suffit pas que deux coeurs soient identiques pour que deux baguettes soient jumelles: les essences d'arbres utilisées, la longueur, le calibre sont les autres critères à prendre en compte, mais il y a aussi le moment, le temps, le processus de fabrication et une foule d'autres paramètres encore mal maîtrisés.
Dumbledore avait hoché la tête visiblement soulagé.
Faible mais surprenante. Liée à trois autres baguette. Kécile espérait que Dumbledore allait pouvoir l'éclairer.
Le vieil homme se rassit enfin. Derrière ses lunettes en demi-lune, Kécile lui trouva un regard particulièrement vif.
Pour sa part, songeait le directeur de l'école, ce n'était pas la destinée de ces quatre baguettes qui l'intriguait. Non, en soit, que cette dernière baguette se retrouve entre les mains de Kécile n'était pas étonnant. Ce qui l'intriguait en revanche, c'était plutôt l'ancienne propriétaire de la baguette en bois d'orme et crin de sombral. Une baguette si proche de la baguette de sureau... Une composition apparemment idéale pour la nécromancienne qu'était Gwendoline Grunt. Mais comme l'avait fait remarquer Ollivanders, une baguette lunatique et puissante, inadaptée entre les mains d'une sorcière en formation. Pourquoi Voldmort avait-il donné cette baguette à sa fille? Comment l'avait-il récupéré? Et la question légitime qu'avait posé le vendeur à Kécile l'intriguait: était-elle la fille de Gwendoline Grunt? Avait-elle un lien avec celle qui avait probablement détenue entre ses mains le secret de l'immortalité de Voldemort?
- Qui était ta mère? demanda-t-il alors à voix haute.
Kécile le regarda avec des yeux exorbités. Elle ne s'attendait de toute évidence pas à cette question.
- Qu'est-ce que ça peut bien vous faire? cracha-t-elle d'un ton agressif.
- Ta réaction lorsqu'Ollivanders t'a parlé de Gwendoline Grunt...
- Pourquoi attacher vous autant d'importance à Gwendoline Grunt? coupa Kécile avec agacement.
- Elle était très proche de Voldemort.
- Je le sais.
- Elle a également travaillé avec lui à des expériences qui sont aujourd'hui des barrières contre la mort pour ton père.
- Et qu'est-ce que ça peut faire que je sois sa fille?
- Tu as l'air d'en avoir honte.
- Ce n'est pas ça.
- Alors qu'est-ce? demanda doucement Dumbledore.
Kécile hésita avant de dire en baissant la tête.
- Je ne sais pas vraiment qui est ma mère.
Dumbledore n'ajouta rien mais était sceptique. Ce n'était pas la première fois que Kécile (et Severus) se braquaient lorsqu'on abordait le sujet de Gwendoline Grunt. C'était terriblement frustrant...
Kécile détourna les pensées du vieil homme vers sa nouvelle baguette qui l'interrogeait beaucoup plus que la précédente.
- Ollivanders a décrit ma première baguette comme lunatique et puissante. Je suppose que ça peut plus ou moins me convenir comme description. Mais... Faible et surprenante? Qu'est-ce que ça veut dire? Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de baguette jumelle?
- Tu as sans doute besoin d'explications après tout ce qu'il s'est passé, reconnut Dumbledore. Mais ce que je vais te révéler à ce sujet ne devra pas sortir de ce bureau, Kécile. Pas même pour aller dans les cachots. Cela touche de près Voldemort.
Kécile se raidit. Son père revenait décidément toujours sur son chemin...
- Comme tu l'as sans doute compris, il existe quatre baguettes semblables par l'un de leurs composants: la plume de phénix. Ces plumes proviennent de Fumsec. Si Ollivanders a dit de ta baguette qu'elle est faible et surprenante, il a aussi dit qu'elle était déstabilisante et contradictoire. Ta baguette est la plus faible des quatre et tu es sans aucun doute la plus fragile des quatre sorciers. Cependant, ajouta-t-il en voyant son mouvement d'humeur, la plume de phénix reste malgré tout un vecteur puissant, cette faiblesse est donc toute relative. De plus, tu es aussi celle qui peut nous surprendre le plus, dans le bon sens comme dans le mauvais. J'imagine que cela a son importance...
- A qui appartiennent les trois autres baguettes?
- Tu ne le devines pas?
Les plumes provenaient de Fumsec, réfléchit Kécile, et cela avait affaire au Seigneur des Ténèbres. Deux propriétaires étaient assez aisés à trouver.
- A vous?... A Voldemort?
Dumbledore hocha la tête.
- En 1936, peu de temps après que Fumsec m'ait rejoint, j'ai moi-même brisé ma baguette. Le lendemain, je trouvais 4 plumes sous le perchoir du phénix. J'étais persuadé que ce n'était pas un hasard, et je décidais de saisir l'occasion pour faire fabriquer une baguette sur mesure. Ollivanders était encore jeune à l'époque, mais prometteur. Je suis allé le voir et lui ai donné les 4 plumes pour qu'il m'en face la baguette parfaite. Il a toujours été extraordinairement doué pour saisir la nature des gens. Je me souviens qu'il m'a fait essayer une bonne dizaine de baguettes, a gardé l'ancienne et m'a posé plusieurs questions avant de me dire de revenir dans un mois. Un mois plus tard, une baguette était prête et c'était pour moi la baguette parfaite. Je lui ai laissé en remerciement les trois autres plumes de Fumsec. Il a utilisé deux d'entre elles pour faire deux baguettes à la puissance identique, mais aux caractères bien différents. Coup de génie, ou coup de chance, il s'est avéré que ces deux baguettes sont jumelles. C'est à dire qu'elle possède exactement les même propriétés. L'une a trouvé a été acheté par Tom Jedusor en 1957. L'autre a été vendue plusieurs dizaines d'années plus tard. Et elle croisera certainement le chemin de sa jumelle. Qu'arrivera-t-il alors... Peut-être que l'avenir du monde sorcier se jouera à ce moment là...
- Qui possède cette baguette?
Dumbledore ne répondit pas.
- Ollivanders a fabriqué avec la dernière plume la quatrième baguette que tu possèdes. Il est étrange de voir comment ces quatre baguettes fabriquées presque en même temps, semblaient à peine terminées déjà destinées à un sorcier en particulier, et amenées par la force des choses à se rencontrer, se côtoyer, s'allier et s'affronter...
Kécile commença alors à prendre la mesure de ce que signifiait posséder cette baguette. Elle se rangeait à l'avis d'Ollivanders, lorsqu'il lui avait dit qu'avec les baguettes, rien n'arrivait au hasard, et cela arrivait même avec une ironie grinçante! Une boule d'angoisse naquit au creux de son estomac.
Fumsec surgit alors de nul part dans un flamboyment de plumes et se posa sur son perchoir avec son habituel trille mélodieux. Kécile l'avait déjà vu revenir ainsi de vadrouille, mais cette fois-là, l'oiseau la fixa intensément. Puis, il s'envola pour venir se poser sur l'accoudoir de sa chaise. Elle tendit la main pour caresser le plumage soyeux.
- Vous croyez qu'il l'a senti? demanda Kécile au directeur.
- Très certainement, répondit le vieil homme. Et si j'en juge par sa réaction, il a plutôt l'air d'être d'accord, ajouta-t-il en souriant.
Kécile eut un reniflement dubitatif.
- Merci, Fumsec, fit-elle en s'adressant à l'oiseau. Mais moi, j'aimerais bien pouvoir dire que je ne suis pas d'accord... J'essaie désespérément de m'éloigner de la route du Seigneur des Ténèbres, mais m'y voilà ramenée de force...
- Que tu le veuille ou non, tu seras amenée à croiser de nouveau sa route. Cependant, posséder cette baguette ne te prédispose pas à être dans un camp plutôt qu'un autre. Ce sera à toi de choisir...
La musique est de Berg (1885-1935) compositeur allemand qui a su écrire de très belles choses durant sa jeunesse. Il s'agit d'un lied tiré des Sieben Frühe Lieder. Si vous avez aimé, vous pouvez écouter les autres, mais après dirigez vous plutôt vers Richard Strauss. Le reste de la composition vocale de Berg est... comment dire... spéciale!
Je suis en train d'écrire le prochain chapitre qui se passe à Paris et avec des moldus! Sans doute un petit brin de nostalgie, puisque je suis en Angleterre pour 2 mois...
A bientôt!
