La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Tsunayūki n'aimait pas mentir. Elle n'avait jamais aimé mentir. Cependant, ce coup-là, ce fut pour la bonne cause : Gokudera agonisait et il avait besoin d'un lit - on avait même l'impression qu'il souffrait encore plus depuis que Dino l'avait soigné -. Shamal en possédait assurément puisqu'il était médecin, et que ça pouvait arriver qu'ils devaient surveiller de plus près ses patients plus longtemps. Enfin, ses patientes, plus particulièrement : l'Alchimiste rejetait toute présence provenant d'un sexe masculin - à part Reborn et quelques autres exceptions, d'après ses dires -. Résultat, Tsuna avait simulé une grosse fatigue et qu'elle devait se reposer au plus vite : le docteur, ne voyant pas le piège gros comme une maison, avait cédé une chambre de repos pour l'ange, qui la donna immédiatement et discrètement à son ami mourant. En dehors de la pièce, Reborn et Bianchi parlaient entre eux - la présence de la succube près de son demi-frère diminuait grandement son traitement -. Une heure passa dans le silence jusqu'à que le Dragonnier rentra dans la chambre avec sa carte dans la main, suivi de près par Bianchi qui ne semblait pas vouloir lui lâcher d'une semelle. Curieusement, cela horripilait Sawada. Mais Reborn n'avait pas l'air de l'apercevoir et déplia son plan sur le chat-garou sans s'en soucier.

- Bon, je vais expliquer un peu comment ça devrait se passer à partir de maintenant, commença l'homme au fédora : pour arriver au plus tôt à Chārwan, on va d'abord passer par cet endroit. Enfin, on devrait, parce qu'il va avoir une petite complication à cause du pleurnichard.

Il parlait sans contester de Lambo. D'ailleurs, c'était quasiment un miracle qu'il puisse parler de lui, lui qui avait toujours ignoré le stupide bovin comme s'il n'existait pas.

- Pourquoi il va avoir une complication ? demanda Tsuna, perplexe.

- Parce que c'est un yokaï, un esprit dont on associe principalement de malfaisant. Et là où je voudrais qu'on passe pour arriver au plus vite à Chārwan, ils ne tolèrent pas beaucoup les esprits.

- Mais pourquoi ?

- Parce que je voudrais qu'on aille à l'Institut de Yoko, une académie composée uniquement d'exorcistes.

En effet, le problème se corsait : les exorcistes sont des chasseurs d'esprits maléfiques et soignent les personnes possédés par ces démons. Ce qui signifiait qu'un esprit en liberté comme le cas de Lambo pouvait en effet menacer de corrompre un personne en la prenant possession - quand bien même cette idée ne frôlerait jamais un enfant de son âge -.

À la citation des exorcistes, Bianchi afficha une mine attristée.

- Cela signifie que je ne pourrai même pas vous accompagner ? en conclut-elle.

- C'est carrément trop dangereux pour toi, approuva le Dragonnier : en étant une démone, tu risques encore moins de passer inaperçue.

La succube poussa un soupir abattu. L'ange eut une certaine peine pour la femme - mais en même temps, elle ne savait pas comment l'aventure se serait terminée si elle se joignait à eux -. Bianchi se retourna Sawada, les yeux larmoyants.

- Je peux donc te confier Hayato, s'il te plaît ? demanda-t-elle. Je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque-chose : c'est la seule famille qui me reste.

- Tu peux compter sur moi... non, sur nous tous : on redoublera d'attention sur lui, promit Tsunayūki.

- Tu sais, il peut parfois se montrer imprévisible et terriblement têtu ; mais enfin bon, c'est dans sa nature de chat-garou. Cependant, il est en fait très gentil derrière son caractère de rustre.

Ce n'était pas faux. Tsuna avait déjà constatait que le chat-garou avait bien son caractère à lui, mais que ce n'était pas totalement désagréable non plus. D'ailleurs, celui-ci était à moitié assommé, et donc, même s'il entendait la conversation qui portait sur lui, il était suffisamment dans les vapes pour ne pas saisir le sens.

Yamamoto se rapprocha de Reborn pour voir la carte dans le bon sens.

- Alors, c'est quoi la suite du plan, chef ? sourit-il à son camarade.

- Donc, je reprends, enchaîna-t-il sans relever le surnom : pour aller chez ces exorcistes, on pourrait, soit emprunter un petit sentier qui fait quand même un petit détour, soit traversait le pré que le chemin contourne.

- On « pourrait » ? releva Ryohei, qui se contorsionnait pour comprendre ce qu'indiquait le Dragonnier - il voyait le plan à l'envers -.

- Je ne suis jamais passé par là, avoua-t-il. C'est Iru qui m'a fait un rapport après qu'il ait volé dans les parages, c'est pour ça qu'il y a tout de même des zones... floues. Reprenons : vous tous, vous passerez par le sentier ; c'est ce qui prend le plus de temps.

- Pourquoi ne pas passer par le champ, alors, si par le chemin, on perd du temps ? intervint Tsuna.

- Parce qu'il faut ensuite qu'on vous rattrape, Iru et moi : donc, pendant que vous prendrez le grand chemin, nous, on traverse le pré, et on se donne rendez-vous chez les exorcistes. Ça marche ?

- Comment on fait si on arrive chez les exorcistes avant toi et Irugorn-san ? On dit que nous sommes tes copains ?

- Normalement, nous arriverons avant vous : le chemin est deux fois plus long que couper par le champ.

- Deux fois plus long ?! s'exclama le cyborg. Mais on va perdre un temps fou à l'extrême limite ! Ce n'est vraiment pas mieux si on passait nous aussi par le champ ?!

- Enfin, ça serait deux fois plus à pied, en effet... rajouta à voix basse Reborn avec un ton énigmatique.

- Hein ?

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Gokudera qui commença à revenir à lui. Vous avez parlé de quoi, pendant que je dormais ?

Avant même de répondre, la porte s'entrouvrit et le visage de Shamal dépassa, en ayant quelque-chose dans sa main que Sawada n'arriva pas à deviner.

- Alors Tsuna-chan, tu vas mieux ? demanda gaiement l'Alchimiste avant de constater que c'était le chat-garou qui était au lit. Non mais, dis donc ! Je ne prête pas les lits aux hommes, et encore moins à toi ! Ce lit était destiné à Tsuna-chan qui ne se sentait pas bien, espèce de chat-pardeur !

- Ne craignez rien, Shamal-san : je vais beaucoup mieux ! adoucit Tsuna avant que le docteur ne vienne coller une rouste au chat-garou.

L'Alchimiste grogna dans sa barbe avant d'ouvrir grand la porte et d'inviter à certaines personnes de partir.

- Allez, tout le monde dehors : je ne veux plus voir vos trognes de la journée ! À part vous, Bianchi-chan et Tsuna-chan ~.

- Ce type me dégoûte à prendre ce ton mielleux, lâcha la succube, les bras croisés et le regard dur vers l'obsédé.

- Tiens ? Elle a dit ce à quoi j'étais en train de penser..., se dit Tsunayūki.

Tous les garçons quittèrent alors la salle - heureusement que Gokudera venait de s'en remettre et qu'il pouvait donc marcher -. Avant que Reborn sorte en dernier, Shamal lui prit le poignet pour le retenir - ce contact direct avec un homme surprirent les femmes -. Il lui tendit alors une fiole qui contenait des petits cachets blancs ovales. Le Dragonnier haussa les sourcils en voyant le résultat final.

- Hm ? Ce n'est pas sensé être un liquide que tu devais me remettre ? À part si tu t'es gouré dans la recette ? proposa-t-il avec un sourire narquois.

- Oh, ça ne me ressemble pas, voyons ! contesta le docteur immédiatement. Seulement, j'ai changé l'état final des médicaments de métamorphose : ça dérangeait Irugorn que tu devais lui donner la potion comme un bébé.

- Tant mieux, alors. Tu me rends un grand service. Merci.

Shamal accepta le remerciement d'un signe de tête. Ça faisait bizarre à Sawada que Reborn remercie ouvertement, comme ça. Avant que l'homme au fédora parte complètement, l'Alchimiste lui chuchota quelque-chose que Tsunayūki n'entendit pas. Le Dragonnier lui gratifia un sourire avant de rejoindre les garçons pour de bon : dan sa démarche, Tsuna déchiffra qu'il semblait plus déterminé, plus sûr de lui. Shamal lui avait sûrement dit un encouragement, à l'instant.

Au bout d'un moment, ce fut au tour de Tsuna de reprendre du poil de la bête :

- Bon ! Il faut rejoindre les autres, maintenant.

- Je vous accompagne : ça ne doit pas être facile d'être la seule fille du groupe, déclara la succube.

- Tu l'as dit.

En effet, être entourée par uniquement des garçons donnait une drôle d'impression à Tsuna, au tout début. Mais maintenant, elle s'était habituée et tout allait pour le mieux.

Les filles sortirent du laboratoire du docteur et virent que les garçons les attendaient patiemment. Ils prirent un transport en commun et retournèrent chez Dino. C'est la deuxième fois que l'ange retournait chez le Dresseur ; seulement Reborn, Ryohei et Gokudera y vont pour la troisième fois pour apporter des soins au chat-garou. Sasagawa s'occupait de porter le souffrant et le Dragonnier faisait office de guide - il fallait avouer que le cyborg n'avait pas un GPS inclut dans sa tête et qu'il était donc très nul en orientation -.

Personne n'eut besoin de rentrer chez le blond pour le trouver : il était déjà dehors, en train de les attendre avec Romario. Tsunayūki savait - et surtout sentit - que les autres hommes en costard les surveillaient de près, prêts à bondir en cas de pépin. L'ange ne remarqua alors pas de suite la malle-poste - une diligence pouvant transporter jusqu'à huit passagers - à côté de Dino, avec quatre chevaux accrochés à l'avant. Curieusement, il n'y avait pas de cocher, ni même de place pour celui-ci. Sawada s'attarda sur les chevaux, beaux, forts et majestueux, avant de se rappeler qu'elle n'avait pas encore capté Dino.

- C'est... c'est pour qui... ?

- Bah, c'est pas destiné pour des milliards de personnes, ironisa le Dresseur ; c'est bien évidemment pour vous.

- C'est incroyable !

- Ce sont des chevaux fantastiques ? voulut savoir Yamamoto qui caressait lui aussi le museau de ses braves bêtes.

- En effet : ils adorent bouger n'importe où et sont donc très musclés. Aussi, ils sont très intelligents et arrivent à comprendre de diverses consignes.

- Et qui est-ce qui va diriger la diligence ? demanda sèchement Gokudera. Pas nous, quand même.

- Non, il y aura personne : comme je l'ai dit, ces animaux sont très intelligents et savent déjà qu'il faut rester sur la route. D'ailleurs, quand ils vous auront amenés chez ces exorcistes, ils reviendront ici d'eux-mêmes : ça me permettra de savoir si vous êtes à bonne destination.

Tsuna avait les yeux qui brillaient.

- Je... je ne sais pas comment vous remercier, s'exprima-t-elle quand elle le put.

- T'as pas à me remercier, Tsuna. C'est, d'une manière, un peu notre participation à tout ça.

La jeune femme comprit qu'il sous-entendait de l'évitement de la Grande Guerre. Elle ne s'en était pas encore rendu compte, mais tant de gens extérieurs, qui n'intervenaient pas directement à la bataille, l'ont aidée avec ses amis. Et ce n'était pas parce qu'ils étaient en retrait qu'ils étaient par conséquent épargnable : au contraire.

Suite à cette logique, elle se retourna vers Shamal et Bianchi.

- Merci beaucoup à vous aussi.

- De rien, ma TsunaAAAAARGGHH ! déclara l'Alchimiste avant que la femme à ses côtés lui donne un vilain coup dans le plexus.

En retour au remerciement, la succube lui afficha un sourire.

Enfin, l'heure était de partir et de séparer le groupe en deux : Reborn d'un côté, tous les autres de l'autre. Avant le véritable départ, le Dragonnier passa discrètement quelque-chose à Yamamoto, qui lui sourit en retour. Tsunayūki avait beau regardait sous tous les angles le zombie, elle ne vit plus l'objet et ne sut pas de suite ce que c'était. Une fois que la malle-poste s'en alla pour de bon, Reborn, Shamal, Bianchi et Dino se retrouvèrent seuls - Romario avait rejoint les autres gardes -. Le Dresseur se retourna vers le Dragonnier, qui fixait toujours là où la diligence était partie.

- Toi aussi, t'as besoin de chevaux pour aller là où tu veux aller ? demanda alors le blond.

- Pas besoin, remarqua l'homme au fédora. J'ai déjà ce qu'il me faut.

Il sortit de sa poche une petite pierre, quasiment semblable à un stylo. D'un même mouvement, l'Alchimiste et la succube sursautèrent, puis observèrent plus en détail le caillou. Dino les regarda curieusement.

- Euh... vous avez quoi ? Et puis, à quoi ça peut te servir cette pierre, Reborn ?

- Ce n'est pas une simple pierre, murmura le docteur à la place du Dragonnier. C'est ce qui permet aux nains de pouvoir se déplacer n'importe où.

- Comment vous faites pour le savoir ?

- Elles possèdent une certaine magie à l'intérieur, d'où on peut sentir ces choses, expliqua Bianchi. Comment tu as pu en avoir une, Reborn ?

- Oh... c'est une simple connaissance, c'est tout. Je lui ai rendu un petit service et il a bien voulu me le prêter en échange.

Reborn repensa alors à Vken. Il avait beau l'avoir rencontré qu'une journée, il se surprit à s'être déjà lié d'amitié avec lui, ce qui n'était franchement pas dans ses habitudes - peut-être que l'oisiveté de l'ange commençait à déteindre sur lui -. Finalement, il quitta à son tour Zanju, saluant une dernière fois les adultes derrière lui, avant d'écrire sur la terre quelques caractères runiques, puis disparut en s'en allant sous la terre.

...

- Maître, êtes-vous sûre que c'est elle ?

- Exactement ; elle est reconnaissable entre mille avec cette cape. Mes hommes, allez les abattre !

...

Sur les bancs de trois sièges chacun, Tsuna était assise entre Gokudera et Yamamoto ; Ryohei et Lambo se situant juste en face d'eux. Pour une raison de pure stratégie, la jeune femme avec le zombie et le cyborg avaient décidé que Sawada devait se mettre à côté du chat-garou pour le calmer - ils s'étaient rendus compte qu'elle avait un effet de calmant sur lui -, et personne d'autre à côté de lui. Aussi, Sasagawa a décidé de bien vouloir s'occuper tout seul du petit yokaï : voilà donc comment les places furent répartis. Cependant, le petit garçon s'amusait à mettre en rogne Hayato en sautant sur les jambes de l'ange et en montrant à tout le monde qu'il avait réussi à voler des fioles de Shamal. Il y avait donc une bonne ambiance dans la diligence, à part pour Gokudera - et aussi Tsuna qui servait de stabilisateur -.

Quand Lambo s'endormit enfin confortablement contre la jeune femme, Tsunayūki se retourna vers Takeshi qui jouait à faire des ombres chinoises avec ses mains grâce aux rayons de soleil. Elle l'observa, totalement animée par les différents animaux affichés sur le mur.

- Hm ? Il y a quelque-chose, Tsuna ? demanda-t-il joyeusement.

- Oh ! Euh... bégaya celle-ci, oubliant quelques instants sa question. Je... je voulais juste savoir ce que t'as passé Reborn tout à l'heure.

L'ange fut heureuse que Yamamoto ne le prenne pas mal - elle ne l'avait pas encore vu encore une seule fois en colère ou contrarié - ni que ce soit un secret - ; il chercha dans sa poche et montra un pot de crème. La jeune femme resta perplexe devant l'objet. Ça semblait être juste une crème antirides - Reborn posséderait un sens de l'humour des plus douteux ? la question ne se posait même pas, mais Tsuna ne l'aurait pas soupçonné jusqu'à ce point-là... -. Devant son hébétude, le zombie se mit à rire.

- Ma ma, je ne me moque pas, t'inquiètes pas ! avertit-il quand le chat-garou était à deux doigts de lui couper la gorge avec ses griffes. C'est juste que c'est la même tête que j'ai eu quand il me l'a donné... mais en fait, c'est une crème-maquillage : ça me permettra de mieux me camoufler dans la foule ! Regarde !

Takeshi se retourna quelques secondes le temps d'étaler la crème sur une partie de son visage, puis le fit voir aux autres : la partie naturelle restait verte alors que celle maquillée donnait une couleur beige, quoiqu'un peu pâle. Mais on avait belle et bien l'impression que c'était une peau normale. Tsunayūki se rendit compte que c'était encore plus affolant de le voir ainsi qu'avec le teint uni verdâtre.

- Pas mal, hein ? Comme ça, le problème de me cacher ou pas est résolu ~.

- Quel dommage, lâcha doucement Gokudera quand il se remit à sa place.

La malle-poste replongea dans le silence. Mais c'était tellement ennuyant qu'il n'y ait aucun bruit que l'ange décida de le briser.

- Dis-moi, Gokudera-kun... Bianchi est vraiment ta sœur ?

Elle n'avait pas forcément relevé beaucoup de point commun entre les deux, à part peut-être leurs yeux verts perçants - et aussi leur passion envers une personne en particulier... -.

- Ouais... enfin, c'est plutôt ma demi-sœur, corrigea-t-il avec un grognement.

- Du côté de ton père ou de ta mère ? demanda Takeshi.

- On t'a pas causé, décérébré !

Yamamoto ne sembla pas préoccupé par l'insulte. Il continuait de sourire comme si de rien n'était. La jeune femme soupira devant l'hostilité du chat-garou ; il avait l'air encore plus facilement en colère qu'à l'habitude. Le sujet de famille était peut-être tabou, pour lui...

- Du côté de ton père ou de ta mère ? répéta-t-elle attendrissement.

- Du côté de mon père ; ma mère était une chatte-garelle. Celle de Bianchi était bien sûr une succube.

- Oh, et... ton père ? Je crois que le croisement entre élus peut entraîner certaines maladies génétiques, non ?

- Ouais, c'est ça ; mais mon père était un humain, donc aucun problème de ce côté.

Tsuna aurait bien voulut savoir davantage sur sa famille, mais elle eut l'intuition que le moment n'était pas encore venu. Mais elle ne termina pas pour autant de poser d'autres questions.

- Pourquoi t'aimes pas ta demi-sœur ? Elle a l'air de vouloir prendre soin de toi et faire de son mieux.

- Oh, je n'en doute pas, elle a toujours été comme ça, soupira-t-il qui frotta son ventre automatiquement. Seulement... quand on était petit et qu'on vivait ensemble, c'était elle qui avait l'habitude de cuisiner pour moi, et disons que c'était vraiment, mais VRAIMENT immonde. Depuis, je ne même plus la regarder : ça me refait trop penser à sa nourriture.

- Quoi ? se retint de rire Sawada. Tout un traumatisme sur elle juste parce qu'elle montrait un peu d'attention pour toi en cuisinant ? T'es sûr que ce n'est pas toi qui fait le difficile ?

- Hein, moi, être difficile ? J'aime tout habituellement, vraiment ! Cependant, Bianchi a développé une technique d'assassinat qu'elle a baptisé le « Poison Cooking » : tout ce qu'elle fait permet de tuer n'importe quel être humain, contre sa volonté-même, parfois. Le Poison Cooking relâche aussi une fumée violette et infecte, comme quand elle a cuisiné une « omelette » au laboratoire de l'autre abruti de pervers.

- Eh ben, ça n'a pas dû être facile, tout ça.

Malgré cette compassion, Tsuna ne pouvait s'empêcher de rigoler le plus discrètement possible, trouvant cela aussi drôle et absurde que dramatique comme le ton de la voix d'Hayato.

Soudain, son intuition lui avertit d'un nouveau danger - ça faisait longtemps, tiens ! -. Elle se fit le plus petit possible avant de crier : « Tous à couvert ! » comme une dingue sans aucune raison. Cependant, ce fut la meilleure chose à faire à ce moment-là : les autres la suivirent dans le mouvement et purent tous esquiver au tranchant d'une longue lame qui coupa net en deux la diligence ; celle-ci se mit à tomber sur le côté et à faire plusieurs roulé-boulés d'affilés, faisant paniqué tout le petit monde à l'intérieur. Quand Tsuna leva la tête pour voir ce qui se passait, elle fut déconcertée : la diligence se retrouvait étalée dans un pré, les cordes retenant les chevaux ayant cédées. Même, un des cheval s'est retrouvé décapité à cause de l'attaque, la lame encore dans la gorge ensanglanté de la pauvre bête. Les trois autres se mirent à hennir avant de courir dans le sens inverse, ne pouvant plus prêter main forte à Tsunayūki et ses amis. Car ceux-ci étaient entourés par une bande d'humains désarticulés, ressemblant davantage à des zombies que Yamamoto lui-même.

En voyant l'encerclement, Lambo se mit à paniquer et à pleurer très fort : le temps fit de même et une tonne de pluie s'abattit sur tout le monde, même sur nos héros. Des éclairs apparurent dans le ciel assombri et tombaient quelques fois sur des ennemis, mais la plupart des dégâts n'étaient pas bénéfiques et tout ça ne servait à rien. Tsunayūki activa sa flamme de dernière volonté et enfila ses gants : elle se mit en position de combat. Ils n'avaient plus le choix.

- Gokudera-kun, grand frère : vous venez avec moi ! déclara-t-elle autoritairement. Yamamoto, garde Lambo avec toi et fais-en sorte de le calmer : la pluie ne mène à rien !

Les directives données, l'ange, le chat-garou et le cyborg s'élancèrent sur les assaillants.

Takeshi, quand à lui, ne voulut pas passer inactif durant ce combat : avec cette vingtaine d'hommes attaquant ses amis, il imaginait mal les voir se débrouiller sans un coup de pouce de sa part. Il prit alors le pleurnichard dans ses bras et le rentra dans la diligence. Il essaya alors de le consoler :

- Ne t'inquiètes pas : nous allons nous en sortir, rassura-t-il doucement - lui crier dessus ne servirait pas à grand chose -. Tiens, je vais te donner un stylo et une feuille blanche : fais-moi le plus beau dessin, d'accord ?

Le yokaï renifla sa morve quelques fois avant de se servir du matériel et à commencer à dessiner : comme il s'occupait, il ne souciait plus du combat qu'il y avait à deux pas de lui : le temps redevint potable, seulement des nuages à l'horizon. Le zombie décida que c'était le moment de se battre avec les autres : sans faire abstraction de la bête morte, il se saisit de l'épée et partit rejoindre les autres.

Le duel se passait plutôt bien pour nos héros - enfin, tout était relatif - : ils arrivaient au moins à retenir les espèces de zombies et à les blesser et les empêcher d'attaquer Yamamoto et Lambo. Cependant, si le duel s'éternisait comme en ce moment, ils allaient perdre ce peu d'avantage : les ennemis se battaient avec un tel acharnement qu'il était difficile de se défendre. La mémoire de Tsuna lui fit une nouvelle fois défaut, car si elle s'en rappellerait, elle s'était déjà battue contre ces personnes.

À un moment, un assaillant arriva à se retrouver dans le dos de l'ange : Gokudera avait tenté de la prévenir en hurlant, mais le coup allait être de toute façon porté. Pourtant, Tsuna avait la ferme intuition qu'elle ne recevra jamais ce coup, mais elle ne savait pas pourquoi ; en se retournant, elle vit Takeshi trancher la main adverse avec une épée, avant de donner un coup dans la tête avec le plat de la lame.

- J'ai réussi à calmer Lambo : je peux me joindre à vous ? demanda-t-il.

Sawada acquiesça de la tête : exceptionnellement dans un combat, elle s'autorisa à sourire, car elle savait qu'avec une aide en plus, tout n'était pas encore perdu.

Durant la bataille, Tsunayūki ne voyait plus trop Hayato et Ryohei : elle les remarquait parfois en train d'achever un quelconque ennemi. Elle passa la plupart du temps avec le zombie, quand elle n'était pas seule : elle observait alors que jamais il ne tuait ses ennemis, il se contentait uniquement d'assommer les assaillants. Elle commença à l'apprécier d'autant plus. Aussi, il maniait cette épée comme si c'était la sienne, avec une telle dextérité qui ne faisait qu'aucun doute qu'il en avait déjà manié une.

À la fin, ils arrivèrent enfin à bout et mirent à terre le dernier ennemi. Le champ est maintenant recouvert de corps inertes, inconscients. Cependant, une telle vue fit monter un haut-de-cœur à l'ange. Subitement, les corps se décomposèrent sur place, sans aucune raison apparente, avant que la poussière s'élève dans le ciel. Plus aucune trace de combat, à part quelques blessures superficielles pour le petit groupe. Le mystère à cette soudaine attaque s'intensifie : qui c'étaient ? Pourquoi les avoir attaqués, eux en particulier ? C'étaient peut-être des pilleurs de trésors, mais Tsuna doutait fort que ce soit ça. Au bout d'un moment, Lambo sortit de la diligence complètement cassée ; d'ailleurs, il avait bien fait de sortir à ce moment-là car la malle-poste explosa instantanément et aurait réduit en miette tout ce qu'il y avait à l'intérieur - s'il y avait justement quelque-chose à l'intérieur -. Tout le monde le regarda bizarrement en train de donner un petit bout de feuille à Yamamoto. Celui-ci sourit avant de tapoter gentiment la tignasse du yokaï.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Tsunayūki.

- Un petit dessin ça lui a permis de passer le temps en attendant, répondit le zombie.

- Oh ? Et c'est quoi ?

Le jeune homme lui passa alors la feuille dans ses mains ; elle ne put s'empêcher de sourire à son tour.

- Il a dessiné tout le monde, tous heureux, avec un beau soleil dans le ciel, compléta-t-il.

...

Après un petit vote à la main, ils décidèrent de continuer leur chemin en traversant le champ : le sentier où ils étaient au moment de l'attaque se trouvait à une centaine de mètres au-dessus du pré, et ils ont dégringolé de là-haut - leur vie fut miraculeusement sauvé grâce à la ceinture de sécurité à bord - : il était donc inconcevable de remonter sur le chemin. Ils avancèrent dans le champ, puis, comme par magie, une forêt commença à se dresser devant eux. Mais cette forêt n'avait plus l'air vivante : c'était que des troncs d'arbres dépourvus de feuilles ou d'épines, même pas de mousse ni d'oiseaux. Il y avait aucune couleur claire : que des nuances sombres de marrons, allant jusqu'au noir. Cependant, ils décidèrent d'y rentrer dedans à cœur joie, ne se doutant absolument pas qu'ils allaient encore plus souffrir qu'à l'instant.

Une dizaine de minutes plus tard, Yamamoto indiqua aux autres quelque-chose où ils s'attendaient le moins : un gros château fort médiéval, encore en parfait état, avec un peu de toiles d'araignées par ici et par-là. Chaque tour entourait chaque coin du bâtiment, et une passerelle permettait aux invités d'atteindre le pont-levis, étrangement déjà abattu. Tout le monde resta paralysé devant le château, perplexes.

- Euh... je ne croyais pas qu'on soit déjà arrivé chez les exorcistes, avoua Tsuna, se sentant étrangement angoissée.

- Ben, comme a dit Reborn, c'est un raccourci ! rappela Yamamoto.

- Un château ! Lambo-san veut rentrer dans le château ! ordonna le yokaï.

- Non... c'est beaucoup trop rapide, déclara Gokudera. Et puis, c'est quand même un peu douteux, vous ne trouvez pas ? Il faut qu'on reste prudent, pas qu'on se jette dans la gueule du loup !

- Le mieux, c'est de voir dedans à l'extrême limite, non ? proposa Ryohei. Et puis, au pire, on ressort comme on est rentré. Ça va pas se fermer pile derrière nous, non plus !

Il était donc décidé de rentrer explorer le château fort. Tout le monde avança à pas prudents, effrayé que la passerelle sous leurs pieds peut céder à tout moment - qui sait de combien il datait, ce pont ! -. Mais le passage fut le moment le plus tranquille : soudain, le pont-levis se releva à une vitesse vertigineuse et prit la troupe par surprise. Tout le monde atterrit brutalement contre le sol, en premier Tsuna, puis Gokudera, Yamamoto, Ryohei et enfin Lambo - entre parenthèse, le seul qui pleura lors de la chute fut Lambo car il trouvait le ventre du cyborg pas assez mou -. Lorsque tout le monde se leva et qu'elle put enfin respirer, Tsunayūki observa autour d'elle : ils étaient, sans contesté, arrivés au hall du château qui n'était pas des plus chaleureux. Tout était sombre et les seules lumières étaient les bougies accrochées au mur. Un grand lustre de l'ancien temps pendouillait au-dessus d'eux et un grand escalier avec un tapis rouge se présentait en face. Sans arriver à distinguer quelque-chose dans le noir, Tsuna sentit la présence d'une autre personne excepté eux : elle frissonna.

- On ne peut pas être dans une pire situation que celle-là ! râla Gokudera. Le pont-levis s'est fermé pile derrière nous : tu nous as jeté un mauvais sort ou quoi, crâne de gazon ?!

- Pour-pourquoi ça s'est relevé soudainement, comme ça ? demanda-t-elle aux autres, sa voix tremblotant à chaque mot.

- Je n'en sais rien à l'extrême limite ! se défendit Sasagawa. En tout cas, c'est super mesquin, comme attaque !

- Ma ma, c'est pas forcément une attaque, hein ? Tenta de rassurer Yamamoto.

- En effet ; le pont-levis ferme mal, c'est tout, répondit une nouvelle voix.

La voix de l'inconnu provenait du haut des escaliers : Tsunayūki sentit son regard sur eux. Cependant, à cause de la forte luminosité de dehors, elle n'arriva pas à le distinguer dans la pénombre, sa vue ne s'adaptant pas aussi vite.

- Qui êtes-vous ? enchaîna l'inconnu, une certaine rage montant en lui.

Pourtant, les autres avaient une autre question à lui poser avant de lui répondre.

« Qui est-t-il, lui ? »


Ouh là là ! Scusi du retard : ce week-end, je n'étais pas chez moi - encore désolée - ^^' !

En fait, je suis allée à la Japan Expo Sud ce week-end : il y a toujours autant de monde, mais c'était vraiment l'éclate :D !

Merci à Tsuki Banritt pour le commentaire et à la semaine prochaine - enfin, normalement ^^ -