Bonjour à tous!

Alors pour commencer, quelques nouvelles, plutôt bonne concernant l'avancement de cette fanfiction. Voici le quatrième chapitre de la quatrième partie, et je reprends à partir de maintenant l'histoire de Rowling. Il y aura entre treize et quinze chapitre pour cette partie et j'en ai déjà déblayé un bon bout puisque j'en suis au chapitre 57, soit au 1O ème chapitre. Si je continue sur ce rythme, j'entame la cinquième partie dans quinze jours! Petit moment d'auto-satisfaction, j'ai écris presque 60 pages en moins de trois semaines... Un record pour moi!

Bref, arrête de t'envoyer des fleurs...

Bien, concernant la trame, vous savez que j'ai longtemps hésité à garder le quatrième tome dans cette fanfic. En effet, Voldemort n'ayant pas disparu, cela posait quelques problèmes pour coller avec l'histoire originale. Cependant, trop de choses dépendent de cette résuréction, notamment l'échange de la protection du sang de Harry. J'ai donc décidé que ce serait là le but de Voldemort. Je modifie aussi le faite que Karkaroff est un traître pour pimenter un peu l'histoire.

Un chapitre un peu plus long que les précédents que je me suis bien amusée à écrire.

Bonne lecture!


Chapitre XXXXXI : Le Terrier

Kécile avait eu beau protester, Dumbledore avait été inflexible.

Ce fut donc une Kécile boudeuse qui débarqua sur le pas de la porte de Weasley deux jours plus tard.

Molly Weasley accueillit Dumbledore avec chaleur, et la jeune fille avec politesse, mais Kécile comprit tout de suite qu'elle ne l'acceptait sous son toit que pour rendre service à Dumbledore. Elle pouvait cependant comprendre que l'idée d'héberger la fille de Voldemort ne l'enchantait guère.

- Je vous sers quelque chose, professeur ?

- Je vous remercie, Molly, mais je n'ai malheureusement pas le temps. Ah, bonjour Miss Granger ! Fit le vieil homme en voyant surgir la Gryffondor.

- Bonjour, professeur Dumbledore. Bonjour Kécile, ajouta Hermione avec un grand sourire. Je suis contente de te voir plus tôt que prévu.

- Bonjour Hermione. Je suis contente que tu sois là. Ça sera moins terrible, souffla-t-elle plus bas, en espérant que Dumbledore n'entendrait pas.

Mais le regard sévère que lui jeta le directeur la détrompa. Elle avait cependant promis de se comporter correctement quoi qu'il arrive, avec tous les Weasley. Aussi elle s'arma de courage lorsqu'elle vit arriver Ron dans la cuisine.

- Oh ! Fit celui-ci en les découvrant. Bonjour, professeur. Bonjour Miss Mystère.

- Bonjour, Ronald.

- Ron ! Tu ne vas pas commencer ! S'exclama Hermione.

- Mais rien du tout. Tu vois, je suis poli, je lui dis bonjour...

Mrs Weasley leva les yeux aux ciels et murmura : « Ça promet ! », avant de les renvoyer tous de la cuisine.

- Harry doit arriver dans quelques jours, expliqua Hermione. La veille de la coupe du monde. D'ailleurs, est-ce que tu y viens ?

- Je ne sais pas. Personne ne m'en a parlé. Mais je te promets que ça ne me manquera pas.

- Ce serait dommage que tu restes toute seule au Terrier, déclara Hermione.

Ce n'était visiblement pas l'avis de Ron, mais il eut la décence de ne pas l'exprimer à voix haute.

Il s'esquiva rapidement tandis qu'Hermione emmenait Kécile dans la chambre de Ginny par des couloirs étroits et un escalier qui craquait de manière épouvantable et tenait certainement par magie.

Kécile n'avait jamais prêté attention à Ginny Weasley. Elle savait qu'elle était en quatrième année, mais ne lui avait jamais parlé. Elle fut donc assez surprise en constatant que la jeune gryffondor ne semblait pas prévenue contre elle. Kécile était certaine qu'Hermione était passée par là pour préparer le terrain.

- Bien, dit Ginny après les salutations d'usages. On ne se connaît pas, alors autant te demander directement : Qu'est-ce que tu aimes faire ?

- J'aime lire, faire des potions...

- Je parlais d'activités de détente ! Protesta Ginny.

- C'est de la détente...

La rouquine la regarda les sourcils haussés avant de marmonner :

- Tu es pire qu'Hermione. C'est exactement le genre de réponse qu'est sûrement capable de faire Rogue.

Kécile étouffa un rire.

- Tout à fait, avoua-t-elle. J'aime aussi marcher... c'est une activité de détente, ça, non ?

- Tu n'as vraiment rien d'autres ?

- Euh... dernièrement, j'ai appris à faire les musées et à écouter de la musique... Désolée, c'est tout ce que j'ai en réserve.

- Le quidditch ?

- Je dois être encore pire qu'Hermione !

- Un jeu de société ?

- Les échecs ? Suggéra Kécile.

- Tu devrais jouer avec Ron, alors.

- Hum... je ne crois pas que ce serait une très bonne idée. Plutôt que de parier sur qui gagnerait, vous feriez mieux de parier sur qui va envoyer valser l'échiquier en premier...

- Ça serait plutôt amusant ! S'exclama Ginny ravie de l'idée. Il faudra qu'on essaye. Je suis sure que ça plaira beaucoup à Fred et Georges.

Finalement, il fut décidé pour passer la matinée que les filles resteraient tranquillement dans la chambre de Ginny à dessiner. La jeune Weasley avait un certain coup de crayon, il fallait le reconnaître et Hermione se défendait. Mais les capacités de Kécile en dessin étaient de toutes évidences catastrophiques. La séance se transforma en jeu où les deux autres filles devaient essayer de deviner ce qu'elle tentait de dessiner, et ce fut l'occasion de quelques fous rires. Kécile dut s'avouer qu'elle avait passé un très bon moment.

Lorsqu'arriva le moment de préparer le repas, elle découvrit l'impressionnante fratrie Weasley. Elle connaissait déjà Percy qui avait été à Poudlard durant sa première année, mais ignorait l'existence de Bill et Charlie. Tous deux se montrèrent aimables à son encontre et essayèrent de la mettre à l'aise. En revanche, les jumeaux étaient plutôt froids.

Tandis qu'elle aidait à mettre la table, l'un d'entre eux (pouvait-elle espérer d'ici à la fin de ces quinze jours être capable de les différencier?) la bouscula et s'excusa du bout des lèvres. Mais elle avait malencontreusement lâché le broc d'eau qu'elle tenait qui se fracassa au sol dans un grand bruit. Avant que Mrs Weasley ne vienne voir ce qu'il se passait, elle voulut réparer les dégâts et sortit sa baguette. Elle ne put retenir un cri lorsque celle-ci se transforma en souris entre ses doigts.

- Qu'est-ce que c'est que ce délire ! S'exclama-t-elle.

Elle vit alors les jumeaux s'enfuir en riant sous cape. Se lançant immédiatement à leur poursuite elle leur hurla de lui rendre sa baguette.

- Que se passe-t-il ici ? S'écria Mrs Weasley en surgissant de sa cuisine.

Mais les jumeaux étaient déjà enfermés dans leur chambre et Kécile montait quatre à quatre l'escalier. Elle tambourina à leur porte.

- Rendez-moi immédiatement ma baguette !

Seuls des rires lui répondirent.

- Dêpéchez-vous avant que je ne fasse sauter votre porte ! Hurla-t-elle folle de colère.

Ginny, Hermione et Ron l'avaient rejointe mais restèrent prudemment dans la cage d'escalier en voyant sa fureur.

La porte commença à trembler sur ses gonds et les rires cessèrent brusquement de l'autre côté de la porte. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrait avec fracas, cognant avec violence le mur de la chambre. Ron espérait sincèrement que ses frères ne se trouvaient pas derrière. Tous deux avaient heureusement fait un bond jusqu'à un bureau couvert de cartons, et Kécile se précipita vers eux avec un air menaçant u moment où Mrs Weasley montait les escaliers en catastrophe, affolée par le raffut.

- Qu'est-ce qui se passe, ici ?

- Rendez-moi ma baguette...

- Georges ! Fred ! Vous n'allez pas commencer ! Elle vient à peine d'arriver... protesta Mrs Weasley.

Les jumeaux n'eurent pas le temps de faire un geste que les piles de cartons sur leur bureau s'effondrèrent, répandent leur contenu au sol sous les regards horrifiés des rouquins et devant l'air ahuri de Mrs Weasley. Bon sang Dumbledore l'avait prévenue que cette fille avait un caractère entier et emporté, mais elle n'imaginait pas que ça dégénérerait aussi vite.

Alors que Kécile récupérait sa baguette, Molly se pencha pour ramasser les papiers éparpillés... et se figea.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? S'exclama-t-elle, le volume de sa voix augmentant dangereusement.

- Ce n'est rien, Maman, une simple plaisanterie, répondit l'un des jumeaux.

- Une plaisanterie industrielle alors ! Gronda-t-elle en découvrant le contenu identique de les cartons. Qu'est-ce que ça signifie ? Farces pour sorciers facétieux, Fred et Georges Weasley... Livraison par correspondance ? Allez-vous vous expliquer, vous deux ?

- Ecoute, Maman, on a juste décidé d'ouvrir un commerce par correspondance. On a tout un tas de produits et on commence à avoir un bon stock. On va commencer par vendre à Poudlard, ce sera une excellente étude du marché.

-" Baguette farceuse, réutilisable, 10 mornilles : pralines longue-langue 2 mornilles..." Il est hors de question que vous vendiez cela à Poudlard ! Vous ne croyez pas que vous avez eu assez de retenues comme cela ! Hurla Mrs Weasley qui faisait maintenant concurrence à Kécile quelques instants aupravant. Ah ! C'est à cela que vous vous occupiez plutôt que de faire des choses utiles comme travailler pour vos BUSES ! Je ne m'étonne pas maintenant que vous n'ayez eu que 3 BUSES !

- C'est utile, maman, on va pouvoir...

- Maintenant, s'exclama-t-elle en incendiant d'un mouvement de baguette tous les bons de commande qu'elle avait remis dans un carton, vous allez travailler sérieusement pour vos aspics, si vous ne voulez pas vous retrouver comme homme de ménage au ministère ! Bon sang quand est-ce que vous allez montrer un peu d'ambition...

- En fait, Maman, nous n'avons pas l'intention d'entrer au ministère, tu sais...

- Oui, il y a des d'autres possibilités...

- Beaucoup plus drôles...

- Et beaucoup plus lucratives.

- Ah, vraiment ? Rugit Mrs Weasley. Et qu'avez-vous l'intention de faire, avec vos brillants résultats scolaires.

- Justement, le nombre de BUSE ou d'ASPIC n'a aucune espèce d'importance, expliqua un jumeau.

- On va ouvrir une boutique de farces et attrapes.

- Un peu comme Zonko, si tu veux...

- Mais en mieux...

- Et on s'appellera « Weasley, Farces pour sorciers facétieux. »

- Et vous croyez gagner votre vie comme ça, bande de fainéants ! Ce n'est pas un métier, ça.

- Tu exagères, maman, s'offusqua l'un des jumeaux. Tu peux nous reprocher beaucoup de choses, mais pas d'être fainéants.

- Et c'est un bien un métier, je t'assure Maman... La famille Zonko en vie très bien depuis presque 50 ans.

- Oui, il est temps que quelqu'un vienne un peu les détrôner.

- Très bien, vociféra Molly. Quand vous serez sous les ponts parce que vous aurez dilapidé toutes votre économie et que vous viendrez frapper à notre porte, il ne faudra pas vous étonner si on vous rappelle quelques petites choses...

Et elle quitta la chambre en claquant la porte.

- Qu'attendez-vous tous là ? S'exclama-t-elle en se retournant vers les quatre enfants qui regardaient la scène depuis le palier. Vous n'avez rien d'utile à faire, ou il faut que je vous occupe ?

Les jeunes ne se le firent pas dire deux fois et montèrent à l'étage. Elle était redescendue dans la cuisine et ils l'entendaient pester tout ce qu'elle pouvait quand des pas discrets grimpèrent l'escalier. Quelques instants plus tard, les deux jumeaux Weasley les rejoignaient avec des mines agacés.

- C'est malin ! Dire qu'on avait tout si bien préparer. Il va falloir tout recommencer.

- Sauf que maintenant elle va nous surveiller...

- Et elle est capable d'envoyer une lettre à MacGonagall pour nous empêcher de faire notre commerce.

- Bravo Gaunt !

- Oh, mais je n'y suis pour rien, rétorqua Kécile avec un air hautain. Vous n'aviez qu'à pas me jouer ce tour gratuit et inutile.

- Tu n'as vraiment aucun sens de l'humour !

- En tout cas, tu vas nous payer ça, crois-moi.

Kécile eut un reniflement méprisant.

- J'ai hâte de voir ce que peuvent faire les Farces pour sorciers facétieux contre la fille de Voldemort...

Ainsi commencèrent les hostilités, dignes du meilleur cru serpentard.

D'abord, la première mauvaise surprise qui attendit Kécile fut dans son assiette. A la première bouchée de son porrigde, elle sut immédiatement qu'on avait mis du sel au lieu de sucre. Elle ne cracha pas, ne cria pas. Elle se contenta d'avaler tant bien que mal, de boire une grande rasade de jus de citrouille après, puis dit alors :

- Mrs Weasley, je suis désolée, mais j'ai l'impression que vous vous êtes trompés en préparant ce porridge.

- Vraiment, Kécile ?

Elle goûta sa propre assiette.

- Je ne crois pas non.

- Oh.. c'est étrange, alors... Ma part est terriblement salée. Si vous permettez, je vais en prendre une autre.

Brusquement suspicieuse, Mrs Weasley fit le tour de la table et vint prendre une miette dans l'assiette de son invité... Les jumeaux Weasley durent faire toute la vaisselle à la main sans magie.

Le soir même, Kécile trouva des doxys dans ses draps. Elle défit entièrement son lit d'un coup de baguette magique, les captura un à un dans une boîte et les laissa là pour la nuit. Le lendemain matin, elle attendit que les jumeaux soient descendus prendre leur petit déjeuner pour se glisser dans leur chambre.

- Accio sous vêtements des jumeaux.

Ayant ainsi localisé sa cible, elle y fourra les doxys et referma le tiroir.

Vingt minutes plus tard, alors qu'elle même prenait son petit déjeuner dans la cuisine, un cri dégoûté leur parvint du deuxième étage.

Enfin, après maints tours pendables, Harry arriva enfin, ce qui calma quelque peu le jeu entre les rivaux.

Il y eut néanmoins à cemoment-là une autre crise de Mrs Weasley, et cette fois-là, les jumeaux ne purent reprocher quoi que ce soit à Kécile. Harry leur raconta comment les deux roublards s'étaient débrouillés pour faire avaler à son cousin Dudley une praline longue-langue qui avait causés quelques agitations chez les Dursley.

Harry ne cacha pas sa surprise de trouver Kécile chez les Weasley, alors qu'il n'ignorait rien de l'inimité entre elle et Ron.

- Oh, mais on ne m'a pas demandé mon avis, tu sais...expliqua-t-elle. Dumbledore a beau m'apprécier, quand il a décidé quelque chose, je ne suis personne pour le faire changer d'avis. Apparemment, il avait besoin de ne pas m'avoir dans les pattes durant les quinze jours précédent la rentrée.

- Ou peut-être qu'il en avait marre de t'avoir dans les pattes, simplement, marmonna Ron. Ça peut se comprendre...

- Peut-être, reconnut Kécile en levant les yeux au ciel.

Ce n'était visiblement pas la réponse qu'attendait le rouquin.

- Qu'est-ce que c'est, les Farces pour sorciers facétieux ? Demanda Harry.

Kécile ne put retenir un ricanement.

- Quelque chose qui leur procure quelques ennuis avec leur Mère ces derniers jours...

- En rangeant la chambre de Fred et George, maman a trouvé une pile de bons de commande au nom de Weasley, Farces pour sorciers facétieux, expliqua Ron.

- J'adore comment tu simplifies l'histoire, coupa Kécile.

- Il y avait toute une liste de prix pour des trucs qu'ils ont inventés, genre fausse baguettes magiques, bonfons farceurs et des tas d'autres choses pour faire des blagues. C'était fantastique, je ne savais pas qu'ils avaient inventés tout ça...

- Ça fait des années qu'on entend des explosions dans leur chambre, mais on n'avait jamais pensé qu'ils fabriquaient vraiment quelque chose, intervint Ginny. On croyait qu'ils aimaient simplement faire du bruit.

Harry reprit vite ses habitudes et comme l'avait prévu Hermione, sa présence calma un peu la rivalité entre les deux éternels chamailleurs.

Mais ce qui rapprocha indéniablement Ron et Kécile durant ce séjour, ce fut très certainement Percy, bien à ses dépends !

Kécile avait évité de faire des remarques à tables, c'est-à-dire la majeure partie du temps où elle se trouvait dans la même pièce que l'agaçant personnage. Non par une quelconque bonté d'âme qu'elle n'avait pas (en tout cas très certainement pas pour ça...), mais simplement pour ne pas se mettre à dos les parents Weasley. Elle savait que rester aussi irréprochable que possible après son éclat le jour de son arrivée était très important dans sa bataille contre les frères Weasley.

Néanmoins, en dehors de la présence de Molly et Arthur, elle ne se privait pas pour singer Percy, et Ron avait souvent du mal à retenir un sourire d'amusement.

La question d'emmener ou non Kécile à la Coupe du monde de Quiddich se posa aussi le jour de l'arrivée de Harry. Kécile connaissait cependant la réponse. Le soir de son arrivée, elle avait surpris une conversation entre les deux Weasley. Mr Weasley voulait essayer de se procurer un billet supplémentaire, car il trouvait injuste que la jeune fille ne puisse pas profiter de cet événement exceptionnel comme les autres.

- Dumbledore a été très ferme sur le sujet, quand il l'a déposée, Arthur, avait répondu Molly Weasley. Elle ne doit pas se montrer. Il m'a dit que ce serait dangereux pour elle : Fudge sera là et en plus vous serez dans la loge officielle. Il semble qu'il ait une dent contre elle. Ça risquerait de faire un scandale. De plus, il y aura aussi les Malfoy et le directeur pense que ce n'est pas une très bonne idée qu'elle se retrouve avec eux. De toute manière, il est certain qu'il y aura d'autres mangemorts non reconnus comme les Malfoy et il craint qu'ils n'en profitent pour mettre la main sur elle. Ce serait signer son arrête de mort.

Mr Weasley avait capitulé devant ses arguments.

Aussi lorsqu'il se confondit en excuse auprès de Kécile la veille du match en lui disant combien il était désolé de n'avoir pas pu se procurer une place supplémentaire pour l'inviter, Kécile lui dit très sincèrement que ce n'était pas grave, qu'elle n'était pas spécialement attirée par le quidditch et que de toute manière il y aurait là-bas certains officiels qu'elle n'avait aucune envie de croiser.

Le lendemain matin, Kécile ouvrit vaguement un œil aux alentours de 3 heures du matin quand Mrs Weasley vint tirer du lit Hermione et Ginny. Avec un grognement de plaisir, elle se retourna sous sa couverture et se rendormit aussi sec.

Cependant lorsqu'elle se réveilla vers 8h30 et qu'elle descendit prendre son petit déjeuner, elle eut la surprise de trouver les trois plus grands des frères Weasley ( ceux qui semblaient ignorer qui elle était vraiment) dans la cuisine.

- Vous n'allez pas à la coupe du monde ? S'étonna-t-elle.

- Bien sûr que si, répondit Bill. Mais nous pouvons transplaner. Nous pouvons donc arriver beaucoup plus tard.

- Je plains les autres qui ont dû se lever avant l'aube, renchérit Charlie.

- Cela ne m'aurait pas tellement étonné que tu n'y ailles pas, Percy, avec ton rapport sur les fonds de Chaudron... Enfin, je suppose que tu es indispensable à Mr Croupton durant cet événement.

Les deux autres éclatèrent de rire tandis que Percy se beurrait un toast avec des gestes rageurs.

- Mon rapport est FINI et oui, Mr Croupton aura sans doute besoin de moi, je ne vais pas là-bas que pour m'amuser, contrairement aux autres.

Les garçons quittèrent le Terrier après le déjeuner. Kécile aida Mrs Weasley à faire la vaisselle, puis toutes deux se rendirent sur le chemin de traverse afin d'acheter les fournitures de tout le monde pour la rentrée.

- Le professeur Dumbledore m'a donné une bourse pour toi. Mais il faut que je passe à Gringotts retirer de l'argent pour Harry.

Les courses prirent bien plus de temps que Kécile ne s'y attendait. Non seulement il fallait les fournitures pour 6 enfants dans trois niveaux différents, mais il ne fallait pas oublier des sacs entiers de rouleaux de parchemins, des plumes neuves, de l'encre... Ils dévalisèrent l'apothicaire pour les ingrédients de potion de base, et Kécile se permit d'acheter quelques autres ingrédients qui pourraient lui être utiles, surtout depuis le début de sa guerre avec les Weasley (elle avait encore trouvé des araignées mortes dans ses chaussures ce matin. Ils ne payeraient rien pour attendre!) Elle acheta notamment de la poudre de rosacrier, qui rentrait dans la composition de la poudre à gratter... Elle se disait qu'elle pouvait en faire un excellent usage dans leurs sous-vêtements).

Puis, il fallut passer chez Mme Guipure. Kécile changea ses robes de l'an passé qui étaient trop justes, d'autant qu'elle s'était remplumée cet été. Puis, Mrs Weasley lui demanda de choisir une robe de soirée.

- Pour quoi faire ? S'étonna-t-elle.

- C'est indiqué sur vos listes cette année. Je suppose qu'il y aura des cérémonies officielles.

Kécile fronça les sourcils.

- En quel honneur ?

- Je ne sais pas. Répondit Mrs Weasley en haussant les épaules.

Mais Kécile était sure du contraire. Son ton était un peu trop dégagé et distrait pour être honnête.

Elle se dirigea donc vers les robes de soirée féminines. Elle finit par arrêter son choix sur une robe longue noire à la taille un peu cintrée et aux manches longues légèrement évasée.

- Kécile, ne veux-tu pas prendre quelque chose de plus gai ? Demanda Mrs Weasley en regardant la rob qu'elle avait choisi avec une moue désparobatrice. Regarde toutes ses couleurs.

Elle sortie une robe jaune pâle qui aurait très bien fait ressortir ses cheveux de jais.

- Hors de question ! J'aurais l'air d'un canari là-dedans. Et on dirait une coupe moldue...

- Mais les robes de soirée des femmes ressemblent à celles des moldus ! C'est tellement plus élégant...

- Non, je vous assure, Mrs Weasley, celle-ci sera très bien.

Il était hors de question qu'elle ressemble à Lavande au cours de ces soirées officielles !

La matriarche Weasley acheta une robe vert bouteille pour Harry, puis ils se rendirent dans un magasin de vente de robe d'occasion. Mrs Weasley trouva une robe vermillon tout à fait correcte pour Ginny. Lorsqu'il fallut trouver quelque chose pour les garçons, en revanche, ce fut nettement plus difficile. Une robe Kaki et une autre Marron furent attribuées à Fred et George. Elles n'étaient guère différentes des habituelles robes scolaires, mais un peu usées aux coutures. « Rien qui ne soit pas réparable. » Dit Molly. En revanche pour Ron, elle ne trouva rien d'autre qu'une horreur violette à jabot de dentelle qui était certainement à la mode au siècle précédent. Kécile eut pitié de lui... Elle imaginait déjà les sarcasmes de Drago quand il découvrirait ça !

De retour au Terrier, Molly s'attaqua à la lessive. Kécile se proposa de l'aider, notamment à plier le linge et le porter dans les chambres. Elle se chargea volontairement de la pile de linge des jumeaux. Lorsqu'elle fut dans leur chambre, elle ferma soigneusement la porte avant de fouiller dans le linge. Elle hésita un moment. Evidemment, les caleçons étaient la cible privilégiée... Elle craignit néanmoins de leurs causer des problèmes qui dépasseraient le cadre de la simple plaisanterie. Elle se rabattit donc sur les chaussettes des jumeaux. Elle défit une à une les paires et y glissa de la poudre de rosacrier. Elle secoua et frotta chaque chaussette, de manière à ce que les fibres soient bien imprégnés. Lorsqu'elle eut terminé, elle replia le tout et le posa sur le lit avec le reste des vêtement, au moment où Mrs Weasley venait voir ce qui lui prenait autant de temps.

- Oh, j'ai juste fait tomber le linge par terre, mentit-elle en arrangeant une dernière paire sur la pile. J'ai dû tout replier.

Ah la fin de la journée, Kécile pouvait être contente d'elle-même. Mrs Weasley qui semblait à son arrivée avoir quelques a priori sur son invitée forcée se montrait cordiale. Elle n'allait pas jusqu'à l'appeler « Ma chérie » comme Hermione, ce dont elle lui était plutôt reconnaissante. Sans doute ne parvenait-elle pas à oublier complètement qui était son père. Mais Kécile pouvait considérer être parvenue à entrer dans ses bonnes grâces.

La quiétude qui régnait au Terrier depuis le départ de toute la fratrie pour la Coupe du Monde fut cependant brisée le lendemain matin.

Kécile dormait encore dans la chambre de Ginny lorsqu'un cri la réveilla. Un peu désorientée, elle se demanda si elle n'avait pas rêvé mais un drôle de bruit parvenait du rez de chaussée. Elle s'habilla rapidement et descendit voir ce qu'il en était. Elle trouva Mrs Weasley en larmes devant la Gazette du Sorcier, la bouilloire fumant tout ce qu'elle pouvait sur le feu, une poêle encore vide à côté et la boîte à thé ouverte sur la table, la tasse intacte renversée et une petite cuillère par terre.

- Mrs Weasley ! Que se passe-t-il ?

- Oh ! Merlin ! C'est terrible ! Les mangemorts !

Un cube de glace descendit brusquement l'estomac de Kécile.

- Qu'ont-ils fait ? Demanda-t-elle d'un ton brusque.

- Ils... Ils y sont apparus, hoqueta Molly. A la Coupe du Monde.

- Merlin, c'est pas vrai, grogna Kécile en attrapant la Gazette.

Sur la première page, une photo de la Marque des Ténèbres au-dessus d'une forêt avec pour gros titre : SCENES DE TERREUR LORS DE LA COUPE DU MONDE DE QUIDDITCH

Elle lut rapidement l'article et poussa un soupir de soulagement. Pas de retour officiel du Seigneur des Ténèbres. Rien de plus qu'une bévue. Rien non plus qui égalait les raids auquels elle avait pu participer deux ans auparavant.

- Je ne crois pas que ce soit si grave, Mrs Weasley. Apparemment, il n'y a pas de victimes.

- Tu le vois bien ! Il y aurait des corps...

- Ça, c'est Skeeter qui le dit, rétorqua Kécile. Et le jour où on pourra faire confiance à Skeeter pour rapporter les faits tels qu'ils sont, Voldemort embrassera Dumbledore...

Mrs Weasley ne put retenir un petit rire qui ressembla à un hoquet entre ses larmes.

- Ecoutez, Mrs Weasley, les autres ne vont probablement pas tarder. Attendons-les avant d'imaginer le pire. Il y avait des dizaines de milliers de sorciers là-bas. Il y a peu de chance que ce soit tomber sur votre famille.

« Sauf que Harry Potter était avec eux... songea la jeune fille. Apparemment ce n'était pas leur cible ce soir-là, mais Harry a tellement de malchance que ce ne serait pas étonnant qu'il ait croisé leur route... »

Kécile prit son petit déjeuner tandis que Mrs Weasley refusait d'avaler ne serait-ce qu'une tasse de thé. Elle restait immobile à fixer les aiguilles de son étrange pendule. Toutes étaient sur « En vacances ». Kécile considérait donc qu'il n'y avait pas besoin de s'inquiéter outre mesure. Ce n'est pas comme si les aiguilles étaient sur « en danger de mort ». Mais sa remarque ne dérida pas Mrs Weasley. « Peut-être qu'elle ne marche plus... »Kécile leva les yeux au ciel et retourna à ses œufs au plat, tandis que Molly ne tenant plus en place sortit sur le pas de la porte pour attendre le retour de sa famille.

Une demi-heure plus tard, elle l'entendit s'exclamer : « Oh, merci, merci, au nom du ciel, merci ! ».

Bien, apparemment tout le monde était sain et sauf. Kécile entendit la rumeur des voix à l'extérieur, des exclamations, des larmes de Mrs Weasley, puis tous le monde la rejoignit enfin dans la cuisine.

On ne pouvait pas dire que les nouveaux arrivants avaient très bonne mine. Il fallait dire aussi que les deux dernières nuits avaient été plutôt courtes. Cela n'empêcha cependant pas Mr Weasley et Percy de se rendre au ministère sans même prendre le temps d'un petit déjeuner.

- Mrs Weasley, demanda Harry, Hedwige ne serait pas venue m'apporter une lettre par hasard ?

- Hedwige ? Répondit Mrs Weasley étonnée. Non... non, il n'y a pas eu de courrier du tout.

Les trois autres le regardèrent avec curiosité et ils acceptèrent sans discuter le prétexte de Harry pour monter dans la chambre de Ron.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda celui-ci lorsqu'ils furent à l'abri des oreilles indiscrètes (enfin, autant que cela était possible quand les jumeaux étaient dans les parages.)

- Il y a quelque chose que je ne vous ai pas dit, répondit Harry. Dimanche matin, je me suis réveillé et ma cicatrice a recommencé à me faire mal

- Mais... Il n'était pas là, quand même ? S'alarma Ron. Je veux dire, Tu-Sais-Qui... La dernière fois que ta cicatrice t'a fait mal, il était à Poudlard, non ?

- Je suis sûr qu'il n'était pas à Privet Drive. Mais je rêvais de lui... de lui et de Peter. Je ne me souviens plus des détails, maintenant, mais ils étaient en train de faire des projets pour... pour tuer quelqu'un.

- Ce n'était qu'un rêve, assura Ron. Un simple cauchemar.

- J'en doute, intervint Kécile. Un simple cauchemar ne déclencherait pas une douleur à sa cicatrice. Ça m'est déjà arrivé une fois d'avoir une sorte de vision... J' étais sûre qu'il s'agissait de la réalité. Il s'est peut-être passé la même chose Harry, pendant que tu dormais.

- Peut-être... J'avoue que je ne sais pas... Mais.. C'est bizarre, non ? Ma cicatrice me fait mal et trois jours plus tard, les Mangemorts défilent et le signe de Voldemort réapparaît devant tout le monde.

- Ne Prononce pas son nom ! Siffla Ron.

- Et vous vous souvenez de ce qu'avait dit le professeur Trelawney ? A la fin de l'année dernière ?

- Harry, tu ne vas quand même pas accorder la moindre importance à ce que dit cette vieille folle ? S'exclama Hermione ? Elle n'a jamais raconté que des mensonges.

- Je suis convaincue au contraire que ce jour-là , elle a fait une véritable prémonition, intervint Kécile. Les faits l'ont démontrés.

- Moi aussi, renchérit Harry. Tu n'étais pas là, Hermione. Tu ne l'as pas entendue. Cette fois, c'était différent. Je t'ai dit qu'elle était entrée en transe... Une vraie transe. Et elle a dit que le Seigneur des Ténèbres surgirait à nouveau... plus puissant et plus terrible que jamais... D'après elle, il allait y parvenir parce que son serviteur s'apprêtait à le rejoindre... et la nuit suivante, Queudver s'est enfui.

- Il a rejoint le cercle des mangemorts, c'est certain, dit Kécile. Et il est probable qu'ils sentent leur heure approcher. D'où le débordement d'hier soir, je suppose.

Elle fronça les sourcils et secoua la tête, un pli soucieux barrant son front.

- Cela fait des années qu'il se prépare. En revanche, je me demande bien en quoi ce misérable Pettigrow est une clé qui va permettre son retour. Que peut-il lui fournir de plus ?

- La question est plutôt de savoir qu'est-ce que Voldemort attendait pour faire son grand retour ? Remarqua Hermione

- La mort de Dumbledore, répondit Kécile sans hésitation.

- Mais il ne l'a pas obtenue...

- Tu crois que c'est ce qu'il prépare ? Demanda Ron

- Je ne vois pas très bien ce que Pettigrow viendrait faire là-dedans, avoua Kécile. Mais c'est très probable qu'il essaie à nouveau de se débarrasser du directeur. Comment pourrait-il le faire, cependant ?

- Malfoy ? Suggera Harry.

Kécile secoua la tête.

- Non, je doute que Drago soit impliqué. Il est trop jeune, il n'a aucune expérience de combat. C'est un élève comme un autre, il n'est pas de taille à l'affronter.

- Un infiltré alors ? Proposa à nouveau Harry Après tout, il va y avoir un nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Tu sais qui c'est ?

- Non. Mais c'est une possibilité, en effet. As-tu parlé à Dumbledore de tout cela ?

Harry secoua la tête.

- Mais j'ai parlé à Sirius de ma cicatrice. J'attends sa réponse.

- C'est une très bonne idée ! S'exclama Ron. Je suis sûr que Sirius saura ce qu'il faut faire.

- J'en parlerai quand même à Dumbledore à la rentrée, déclara Kécile d'un ton ferme.

- En tout cas, j'espère que Sirius me répondra vite.

- Mais on ignore où il est... remarqua Hermione. Peut-être en Afrique ou ailleurs... Hedwige ne pourrait pas faire un tel voyage en quelques jours.

- Je sais, répondit Harry sans pouvoir cacher le regret que cela lui causait.

Ron et Harry ne voulurent plus reparler de tout cela et étaient bien décidés à profiter de leur dernière semaine de vacances. Hermione finit aussi par se ranger à son insouciance.

Pour sa part, Kécile passa un bon moment à retourner les événements dans sa tête.

Elle savait que cela arriverait un jour où l'autre. Elle savait que depuis son échec face à Harry Potter ce 31 octobre 1981, l'unique but de Voldemort avait été de réapparaître aux yeux du monde aussi puissant sinon plus qu'auparavant. Cela faisait 13 ans qu'il attendait cela. Elle savait que son père pouvait être incroyablement patient. Le temps ne semblait pas être grand chose pour lui (aussi loin que remontent ses souvenirs, il n'avait pas changé...) et il avait patiemment retrouvé ses pouvoirs d'antan et reconstruit son empire sur les mangemorts disséminés après son échec. Il se concentrait depuis quelques années sur ses deux obstacles : Dumbledore en premier lieu, pour la vigilance qu'il opposait et étant probablement le seul sorcier à pouvoir le battre en duel, et Harry Potter, probablement pour l'image qu'il représentait pour le monde sorcier. Et par vengeance aussi. Et elle n'ignorait pas que sur ce plan là, elle-même et Severus figuraient en tête de liste. Mais il lui semblait bien qu'il n'entrait pas dans les intentions du Seigneur des Ténèbres de se dévoiler aux yeux de la population et surtout du ministère aveugle avant qu'au moins le premier de ces deux obstacles ne soit éliminé. Alors que fallait-il voir dans les derniers événements ? N'était-ce là qu'une fantaisie qui avait sans doute été punie par la suite, d'un mangemort ivre ? Ou était-ce un avertissement ?

Un dimanche soir où Mr Weasley n'avait pas encore quitté le ministère à 20h30, Mrs Weasleu soupira :

- La dernière fois que votre père était obligé d'aller au bureau le week-end, c'était au temps de Vous-Savez-Qui. Son dîner sera immangeable s'il ne revient pas très vite.

Kécile songea que si Arthur Weasley était à nouveau au travail un week-end, c'était probablement encore de la faute de Voldemort, et que dans ce cas, il aurait rapidement d'autres soucis qu'un dîner immangeable...