La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).
Cependant, l'histoire m'appartient.
L'adolescent au milieu de la fumée rose regardait autour de lui, décontracté - contrairement à tous les autres -. Le moine guerrier s'accrochait au bras de Tsunayūki, totalement apeuré - mais l'ange ne s'en pré-occupa -.
- Hm ? C'est vrai que j'ai changé en dix ans, mais je n'aurais pas cru que tu ne me reconnaîtrais pas, Tsuna-nee…
Chacun s'échangea un regard, totalement incrédule.
- Lam… Lambo ? proposa-t-elle.
- Oui, c'est ça, approuva-t-il.
- Hein ?! firent l'homme au fédora et le dragon, abasourdis.
- Ben quoi ? Il y a quelque-chose qui ne va pas ? voulut savoir Sasagawa.
- De un : il est encore vivant, commença Iru.
- De deux : on a pensé que c'était quelqu'un d'autre, d'autant plus qu'il a exactement le même visage, compléta Reborn.
- De trois : nous sommes en face de la version futur du stupide bovin, terminèrent les deux en même temps.
Tsuna soupira, assistant à deux véritables jumeaux.
Pourtant, en entendant la voix du Dragonnier, le futur Lambo tilta avant d'afficher un petit sourire lugubre que personne ne vit sur le coup.
- Mais maintenant… déclara-t-il, maintenant je pourrai te tuer…
- Hein ?
- Meurs, Reborn !
- Oh non ! Ça va pas recommencer ! paniqua Tsuna.
Tout doute que ce n'était pas Lambo s'évapora. Cependant, ce qui la faisait la plus paniquée, c'était que le yokaï avait maintenant dix ans de plus, et donc grandement plus puissant que le gamin qui lâchait des éclairs et des grenades lorsqu'il y avait la moindre contrariété.
En courant vers sa cible, les cornes de Lambo se mirent à briller en se chargeant en électricité : l'attaque fut évidente, il voulait foncée tête baissée vers Reborn. Le moine guerrier se cacha derrière l'ange, maintenant totalement effrayé de l'action, alors que l'ange aurait voulu retenir le yokaï. À ses côtés, Gokudera sortit ses griffes et aurait sauter sur le Lambo du futur si Reborn ne l'avait pas arrêté d'un signe la main. Le Dragonnier semblait avoir la situation entre ses mains et comptait bien régler le problème le plus efficacement possible ; Iru n'avait pas l'air soucieux et alla même rejoindre l'ange, détendu. Alors, avec un manque total de respect, Reborn projeta du bout d'un doigt un petit caillou qui arriva pile dans l'œil du yokaï. Totalement meurtri, Lambo du futur cessa son offensive et pleura un bon coup - Tsunayūki eut de la pitié pour lui -.
Soudain, deux personnes débarquèrent derrière la troupe : le copain de l'étudiant et un grand homme tout souriant. Il avait presque plus de cheveux sur son crâne, et il était habillé d'une chemise blanche et d'un salwar sombre. Il avait dans sa main un bâton semblable à celui des deux autres, sauf qu'il comportait six anneaux. En le voyant arrivé, l'étudiant fit une courbette de respect. Reborn sourit en le remarquant à son tour.
- O-Bosatsu-sama, je suis désolé de vous avoir demandé de l'aide ! Veuillez accepter mes excuses !
- Chaos Ryuko, comment ça va depuis la dernière fois ? salua Le Dragonnier.
- On voit de suite le manque de respect de Reborn… désespéra Tsuna.
Elle fut alors surprise - du moins, pas autant que les deux moines guerriers - lorsque le Bosatsu se mit à rire et à taper le dos de l'homme au fédora, enchanté lui aussi de le revoir.
- Je suis content que tu sois revenu, Reborn ! sourit le Bosatsu avant de remarquer tous les autres Élus. Dis-moi, je vois que tu t'es fait de nouveaux copains, entre temps !
- Ah oui, confirma son collègue. Je te les présente…
- Non non non ! interrompit Ryuko. Nous ferons les présentations à l'intérieur ! Allez, en route, mauvaise troupe !
Et ni plus, ni moins, il se retourna pour partir en direction de l'institut, mais un des étudiants eut le courage de l'interpeller :
- Monsieur ! Nous devons d'abord vérifier la nature d'un de ses gens ! Une des personnes est un esprit !
- Ah bon ?
Ryuko se retourna et vit une épaisse fumée rose apparaître, avant de révéler un petit garçon qui semblait être perdu. Lange se jeta dans ses bras, le yokaï tout content d'avoir un petit câlin en plus d'un bonbon que lui offre la jeune femme. L'un des étudiants qui venait de parler pointait du doigt ce petit garçon. Le Bosatsu se gratta le menton avant de déclarer :
- C'est vrai que c'est un esprit, mais il n'est en rien offensif : il n'est pas dangereux.
Un des moines guerriers se retint de leur décrire que ce même gamin « inoffensif » venait de grandir et de tenter de tuer un de ses propres camarades. Sinon, il n'était pas dangereux, en effet.
Enfin, la troupe put se rapprocher davantage de l'académie des exorcistes : de plus près, des détails ressortaient qui le rendait encore plus beau. Un peu devant eux, le Bosatsu donnait à ses deux élèves quelques conseils pour des situations à venir. Tsuna eut l'impression qu'elle allait enfin rencontrer des gens sains d'esprits.
- Il a l'air gentil, Ryuko-san, déclara-t-elle. Il est toujours comme ça ?
- Oh oui, c'est un bon vivant, approuva Reborn. Cependant, il lui arrive tout de même d'être sérieux dans certaines situations.
- Il me fait un peu pensé à Yamamoto…
- C'est pas faux.
- En fait : c'est quoi, ces armes ? J'en ai jamais vu comme ça, jusqu'à maintenant…
- Et c'est réparti pour les questions… maugréa le Dragonnier avec un sourire narquois.
Tsuna allait s'énerver, mais elle ne fit que bégayer et ne rien trouver en réplique.
- C'est un khakkhara, répondit Ryuko lui-même.
- Un khakkaka quoi ?
- Un khakkhara. Je ne recommande à personne de l'écrire, parce que je retrouve des fautes un coup sur deux !
- Mais ça sert à se battre ?
- Oh, pas seulement : on s'en sert majoritairement dans des cérémonies. Mais tout le monde en a un pour se protéger, au cas où.
- Mais pourquoi sur le votre, il y a six anneaux, alors que sur les autres, il y en a que quatre ?
Le Bosatsu sourit à cette remarque et secoua légèrement son khakkhara ; les anneaux s'entrechoquèrent et produisent un petit tintement.
- Ça dépend du grade où on est, reprit-il. Et évidemment, plus ton grade est haut, plus tu as d'anneaux !
- Hein ? Mais ça représente quelque-
Ryuko posa son index sur la bouche de Tsuna pour la faire taire. Malgré le geste - qui montrait clairement qu'il n'avait pas que ça a faire -, il conservait encore son sourire sur ses lèvres.
- Tout ça pour après, petite fille ! D'abord, une bonne douche et un bon repas chaud pour bien vous reposer, d'accord ?
Tsuna bouda silencieusement ; c'était un peu pour l'avoir coupé dans son élan comme un certain Dragonnier, mais c'était surtout parce qu'il l'avait appelé « petite fille » - alors c'était vrai qu'elle avait quasiment l'apparence d'une mineure, mais elle avait déjà dépassé la vingtaine… -. Cependant, elle arrêta de faire la tête lorsqu'ils empruntèrent les sorties de secours de l'académie dans le sens inverse. Au bout du chemin, ils se retrouvèrent dans le hall de l'Institut, à leur droite l'entrée principale. En face d'eux ils y avaient les casiers des étudiants. Discrètement, les deux moines guerriers qui étaient restés avec eux depuis tout ce temps prirent rapidement des affaires dans leurs causées avant de s'éclipser silencieusement à un angle à gauche. Le Bosatsu gloussa.
Normalement à cette heure, la semaine de cours est déjà terminée et les élèves sont soit repartis chez eux, soit à l'internat pour une minorité de cas, expliqua-t-il quand les autres le fixèrent bizarrement.
Tsunayūki s'émerveilla devant la grandeur et l'architecture de cette académie : tout semblait datée de millions d'années et pourtant ça ne faisait pas vieillard pour autant.
Soudain, elle vit du même coin où les deux autres sont partis une nouvelle élève qui se précipitait dans le hall. Rien qu'en la regardant, l'ange devina qu'elle avait l'air totalement asociale, vue comment elle avait l'air très timide à garder ses livres et ses cahiers de cours contre elle. Elle avait des cheveux courts violets avec une frange rideau. Elle portait assurément l'uniforme de l'académie, c'est-à-dire une veste beige claire et une jupe bleu claire. Le plus surprenant venant d'elle était un cache-œil pour son œil droit. Lorsqu'elle remarqua tout ce monde à dix pas d'elle - et surtout le Bosatsu -, elle se mit à paniquer encore plus - ce qui confirma les doutes de Sawada - avant de faire une courbette maladroite vers eux.
- Je… je suis désolée d'être encore ici, Ganka-sama ! déclara-t-elle d'une petite voix avant repartir aussi tôt.
Tsuna sourit un peu en la voyant partir et eut de la compassion pour elle : elle était exactement la même personne il y a quelques années - à part qu'elle était encore plus maladroite que cette drôle de fille -. Ryuko rigola a son tour avant de faire une rapide présentation :
- Elle s'appelle Chrome Dokuro. Elle vit à l'internat depuis ces huit ans.
- Euh… hein ?
L'esprit de l'ange remarqua immédiatement qu'il y avait un problème : elle avait l'air d'avoir environ dix-sept ans, ça signifiait qu'elle aurait passé de longues années dans un même internat ? Possible, peut-être, mais il fallait se rappeler que c'était une académie et rare les jeunes enfants qui assistent déjà à ces cours malgré leur jeune âge. Elle allait encore poser des questions, mais le regard de Reborn l'en dissuada tout aussi rapidement.
Malgré ce petit moment de silence, Ganka enchaîna :
- Bon, je vous fais visiter tout ça ? interpella-t-il.
Le Bosatsu montra alors les différents parties de cette établissement : en rentrant par l'entrée puis en tournant à gauche il y avait les salles de classes et la cantine ; Ryuko ne s'attarda pas sur les classes mais montra au groupe où se trouvait le réfectoire. En prenant le chemin inverse à partir de l'entrée, on arrivait dans la zone pour les internes - il y en avait pas beaucoup par rapport à l'ensemble des élèves en tout - avec les logements et la salle de jeux.
Quand ils arrivèrent à la salle d'accueil de l'internat, ils tombèrent sur Chrome et les deux moines guerriers qui avaient rencontré le groupe en premier. Ils remarquèrent que le groupe en question était juste à côté d'eux et ils firent tous les trois une courbette a leur Bosatsu - ils avaient l'air très attaché à la politesse -.
- Allez, relevez-vous, ordonna gentiment Ganka avant de s'adresser aux deux garçons. Vous deux, retournez dans la forêt jusqu'à dix-neuf heures puis revenez pour le dîner, d'accord ?
Les étudiants acquiescèrent de la tête puis s'en allèrent discrètement. Après s'être assuré qu'ils partaient bien dans la bonne direction, le Bosatsu se retourna vers la fille timide aux cheveux violets.
- Et toi, Chrome… pourrais-tu faire la visite des chambres des filles à cette demoiselle, s'il te plaît ? Ils resteront ici une soirée.
La jeune fille regarda Tsuna quelques instants avant d'accepter tout en bégayant. Les garçons continuent de marcher tout droit pour aller à leur dortoir alors que Dokuro emmena l'ange vers sa gauche. Avant qu'elles ne partent, Sawada lui tendit la main :
- Je m'appelle Tsuna, enchantée de faire ta connaissance !
Mais Chrome fixa quelques secondes la main avant de l'ignorer et de rejoindre les chambres, Tsuna fut surprise et déçue qu'elle ne lui réponde rien en retour ; elle avait l'air encore plus introvertie et asociale qu'elle aurait pensé.
La visite se passa silencieusement et rapidement. Les chambres étaient réparties dans un box de quatre lits ; chacun était accueillant, et il y avait même une douche incluse à l'intérieur. Quand les filles entra dans la chambre de l'étudiante, Tsuna remarqua vite que la chambre était bien rangée, à la limite avec même l'impression qu'elle paraissait vide. Elle constata aussi qu'elle était malheureusement la seule fille dans ce box. En face de l'unique lit fait, il y avait une petite commode où était posée dessus se qui pourrait faire penser à une photo encadrée de famille, mais elles ne s'y attardèrent pas plus longtemps dans la pièce et continuèrent de marcher. Il y avait aussi un petit sauna réservé aux internes qui se trouvait un peu écarté des dortoirs. Une fois la visite terminée, ce fut le moment de se laver. Pour la douche, Chrome prêta celle de sa chambre à Sawada : même s'il y avait pas beaucoup d'eau chaude - tous les internes prenaient leur douche à la même heure -, celle-ci en profita un maximum et se sentit bien propre en y sortant.
D'ailleurs, en y sortant, Tsuna vit que Chrome était agenouillée devant la photo sur le meuble, les larmes à l'œil. Elle croisait les doigts et semblait s'adresser aux gens sur la photo, mais en remarquant la présence de l'ange, elle s'essuya l'œil en se releva maladroitement. Cependant, en se relevant précipitamment, elle fit bouger la commode et la photo allait inévitablement tomber. Heureusement, Tsuna se jeta par terre et réussit à éviter la catastrophe - même au prix d'une bosse sur sa tête -. Dokuro la fixa, hébétée, qu'elle ait réagi aussi vite, quand bien même elle ait l'air de d'être évanouie. Finalement, Tsuna donna un signe de vie :
- Je suis désolée, déclara-t-elle.
- He-hein ? s'affola l'exorciste.
- Si je t'avais prévenu que j'étais là, tu n'aurais pas paniqué comme ça et il n'y aurait rien eu.
- N-non ! Pas du tout ! Au contraire, c'est à moi de m'excuser : si je ne m'effrayerai pas pour un rien, vous ne vous seriez pas cognée la tête !
Tsuna se redressa, s'asseyant tout comme l'étudiante. Malgré la douleur, elle souriait car Chrome venait enfin se lui parler après une heure.
- Tu peux me tutoyer, si tu veux, demanda Tsuna.
- Oh ! Par-pardon !
Après un petit moment de gêne, elles se mirent à rire sous cape. L'ange se rappela de la photo qui était à ses côtés et la rendit à Chrome qui la remercia chaleureusement.
- C'est ta famille qui est dessus ? devina Tsunayūki.
- Oui… répondit faiblement Dokuro. Je suis fille unique et mes parents… mes parents sont morts lors d'un accident de voiture, après que je me sois prise un camion.
Timidement, elle pointa du doigt son cache-œil : Tsuna comprit de suite les conséquences de cet accident. En face d'elle, la jeune fille timide recommença à pleurer : sans étonnement, les larmes ne coulèrent que du côté gauche. Sawada détourna du regard et avala difficilement sa salive devant la scène. Elle se remémora des constants rappels de Reborn quand à sa curiosité et elle s'en voulut davantage.
- Je suis... désolée de t'avoir demandé des choses personnelles, s'excusa-t-elle une nouvelle fois avant de chuchoter pour elle-même. Il faudrait vraiment que je tourne sept fois ma langue dans ma bouche…
- Je… ce n'est pas de ta faute, Tsuna-san, rassura l'exorciste. Tout ça s'est passé quand j'avais huit ans, et pourtant, je ne me suis toujours pas habituée ! C'est plus de ma faute que de la tienne…
- On s'habitue rarement à ce genre de douleur.
Chrome hocha de la tête, le souvenir encore douloureux. Cependant, elle s'arrêta de pleurer et afficha un petit sourire à sa nouvelle amie.
- Tu veux faire quoi, maintenant ? demanda-t-elle.
Quand Sawada allait ouvrir la bouche, son ventre lui répond à la place. Chrome gloussa discrètement alors que Tsuna se frotta le derrière de sa tête, embarrassée.
- Eh ben… je pense que tu as compris ce que j'aimerai bien faire, en déduit l'ange.
- Oui. Allons rejoindre les autres ; ils doivent sûrement nous attendre !
Les filles rejoignirent le réfectoire où il n'y avait plus que les amis de Tsuna et Ryuko autour d'une seule table, alors que la cantine en comptait une bonne dizaine - ce qui donnait une étrange sensation de voir cette gigantesque salle vide -. Mais avant de rentrer, Tsunayūki fut retenue par Chrome.
- Désolée, mais je ne peux pas être ici, commença-t-elle. Au-delà de vingt heures, les élèves ont déjà fini de manger et ne sont plus censés être dans le réfectoire.
- Hein ?! Il est déjà vingt heures ?! s'étonna l'ange.
Il fallait dire que le temps était passé comme une fusée. Elle allait alors lui souhaiter bonne nuit, mais Ganka débarqua soudainement près d'elle. Chacune des filles laissèrent échapper un cri de surprise, qui fit sourire l'homme.
- Tu peux rester ici avec elle pour manger si tu le souhaites, déclara-t-il. Juste que ça ne te fais pas trop tard pour le réveil.
- Oh, vraiment ?
- Bien sûr ! Et puis, j'ai pensé que pour ce soir, elle pourrait dormir dans la même chambre que toi : comme t'as l'air de bien t'entendre avec elle, j'ai pensé que ça serait la meilleure solution, non ?
- Oui, Ganka-san !
Pour une fois, elle répondit sans aucune hésitation ; elle ne semblait plus être prise par la timidité. Elle partit en première dans le réfectoire pour tenir compagnie. Pendant quelques instants, il ne resta plus que Tsuna et Ryuko en dehors.
- Je suis content de voir Chrome si heureuse, avoua-t-il en la regardant. À cause de son passé, elle n'est pas très joyeuse et elle n'arrive pas très bien à se faire des camarades, malgré tout le temps qu'elle a passé ici. La voir dans cet état me rassure… et je suis content aussi que ce soit toi, son amie, adressa-t-il ses dernières paroles à la jeune femme.
- Euh… merci…, bégaya celle-ci.
- … bon ! C'est pas tout, mais il faut que tu manges : tu verras, nos cuisiniers sont d'excellents cordons bleus !
Le Bosatsu reprit toute sa bonne humeur avant de rentrer à son tour. Tsuna resta encore quelques instants, seule, avant de rejoindre les autres.
Comme avait dit Ganka, les plats étaient succulents et le groupe se régala - c'était une omelette au fromage avec des pommes de terres sautées, et en dessert des fruits au sirop -. Chacun parlait avec bonheur humeur et énergie, malgré l'heure tardive.
Finalement, après le repas, Reborn se retira plus tôt que les autres de la table pour préparer ses affaires pour demain. Ryuko avait proposé un dernier petit truc en fin de repas, mais le Dragonnier refusa poliment la proposition et s'en alla - c'était d'ailleurs le seul à ne pas avoir accepté -. Quand il finit les préparations, il s'installa sur le canapé de la salle d'accueil de l'internat et continua à travailler à cartographier les derniers lieux qu'il avait visité sur la table basse. Maintenant, être seul et ne plus avoir de bruit autour de lui faisait bizarre à l'homme au fédora. Il avait pris l'habitude de la présence des autres, même si ça lui a pris un certain temps d'adaptation : il lui en faudra dorénavant autant pour la chose inverse.
- Tu fais quoi, Re-kun ? pensa Iru.
Communiquer mentalement lui avait aussi pris du temps : il fallait d'abord ne pas parler à voix haute - à part si on voulait se faire passer pour un fou - et avoir des pensées claires et logiques - quelque chose dont n'est pas inné l'être humain -. Mais comme pour tout, Reborn avait réussi au final.
- Je me repose de mon côté, répondit Reborn. Pourquoi ?
- Tu ne viens jamais t'amuser Re-kun. Rejoins-nous, on s'amuse vraiment bien.
Le Dragonnier commença à se douter qu'il y avait un problème : sans dire que le dragon ne s'amusait jamais, disons que ça ne venait pas de lui de faire ce genre de déclaration. Et puis aussi, il ne l'appelait pas Chibi - un surnom qu'il utilisait pour reprocher quelque chose à l'humain -.
- Tu vas bien, Iru ? Tu m'as l'air bizarre…
- Ben oui, ça va, Re-kun.
Là, c'était encore plus douteux : les dragons transportaient mal ou très peu leurs émotions et sentiments : là, l'homme au fédora sentait vivement la conscience du dragon un peu vague et euphorique. Reborn réfléchit quelques instants avant de se lever.
- Dis donc, Iru, qu'est-ce que Ryuko vous a proposé après que je sois parti ?
- Oh, un jus de raisin âcre. Il nous a juste demandé quel âge nous avons avant de nous en passer. J'ai adoré sa tête quand Tsuna lui a dit qu'elle avait vingt-et-un ans et moi dix mille ans.
- Oh merdia... ne put s'empêcher de penser le Dragonnier.
Et lorsqu'il atteint le réfectoire, son doute fut confirmé : chacun de ses amis avaient trop bu de vin. Gokudera était allongé par terre étant sur le point de vomir, Ryohei voyait un ennemi invisible qui le défiait en duel et Yamamoto était étalé sur son siège et rigolait sans s'arrêter avec Tsuna, alors qu'Irugorn tentait tant bien que mal de marcher dans son état. Ryuko et Chrome étaient au milieu de tout ce bordel, Lambo dans les bras de la jeune fille, totalement fatigué - sans même avoir bu, il restait un enfant qui avait besoin de sommeil -.
- Je... je suis désolé, s'excusa Ryuko en regardant les compagnons de son collègue par terre. Je ne pensai pas qu'ils étaient aussi sensible à la boisson juste en buvant juste un verre...
- Non... ce n'est pas de ta faute : moi non plus, je n'ai jamais su comment ils tenaient l'alcool, rassura Reborn avec un drôle de sourire sur le visage.
Dans sa tête, il venait de réaliser quelque-chose : les Élus étaient infiniment plus sensibles à l'alcool. Ça pouvait se révéler très amusant à exploiter... mais également un sacré point faible.
Au bout d'un moment, Reborn, Ryuko et Chrome décidèrent de porter tout ce petit monde ivre dans les chambres : les garçons s'occupaient des mecs et Dokuro ramènerait l'ange dans sa chambre.
Une fois que le Dragonnier réussit à clouer Irugorn au lit - celui-ci ne voulant pas encore dormir, l'homme au fédora mit un coup bien placé dans la nuque pour l'assommer -, il redescendit dans la salle d'accueil pour reprendre sa carte qu'il avait laissée. Mais dans le hall il tomba sur les filles qui étaient sur le canapé. Tsuna était toujours aussi ivre, et l'exorciste de l'académie faisait de son mieux pour la garder le plus au calme. Reborn soupira d'exaspération en voyant cela. Tsunayūki, elle, quand elle vit son ami arriver, se leva maladroitement pour aller à sa rencontre avant de tomber en avant. Patiemment, l'homme au fédora l'aida à la relever, puis à l'amener au fauteuil. Cependant, quand il prit tout ce qu'il avait besoin et qu'il voulut partir vers l'autre sens, il avait une Tsuna collée au bras.
- Tsuna, lâche-moi et va te coucher, ordonna-t-il.
- Ne pars paaaaass ! gémit la jeune femme.
- Arrête de faire ton caprice ; on part tôt demain.
- Tu... tu ne m'aimes pas ?
Reborn se retourna vers elle ; elle tentait de se retenir de pleurer, mais les larmes coulaient d'eux-même sur son visage. Ce coup-là, l'homme au fédora ne savait pas vraiment comment réagir. En arrière-plan, Chrome regardait la scène, incrédule.
- Tu... tu ne veux pas que je reste avec toi par-parce que tu ne veux pas de moi... ! bégaya-t-elle entre deux pleurs.
- Hein ? Mais pourquoi faut-il que ça n'arrive qu'à moi ? s'adressa le Dragonnier à Dokuro qui haussa des épaules.
- Ouuiinnnnnn ! Tu ne m'aimes paaas !
Sawada serra Reborn dans ses bras au point de lui couper momentanément la respiration. Même si elle était totalement soûle, inconsciemment, l'homme au fédora s'en voudrait de la laisser dans un tel état aussi pitoyable. Il laissa échapper un soupir avant de tapoter la tête de l'ange.
- Ne dis pas n'importe quoi ; je t'aime bien, avoua-t-il. Tu veux qu'on reste sur le canapé, le temps que tu te calmes ?
- Oui ! fit-elle avec un grand sourire.
En fait, le Dragonnier constata que c'était juste une grosse gamine quand elle buvait - mais ça ne changeait pas tant que ça des habitudes -.
Mieux installés sur le grand fauteuil, Tsuna s'approcha encore plus de son ami qui se sentit de plus en plus oppressé. Lorsqu'il jeta un coup d'œil vers l'ange, celle-ci commençait à s'endormir.
- Génial, murmura-t-il, il ne reste plus qu'une couverture et elle dormira comme un loir...
- Je vais en chercher une... se leva Chrome en pensant que c'était un ordre.
- Hein ? Mais pas du tout !
Cependant, elle était déjà partie en chercher sans entendre la protestation. Elle prit énormément de temps pour trouver une couverture assez chaude - mais pas trop non plus -, et elle ne savait donc pas si les deux seraient encore sur le canapé quand elle reviendrait. Néanmoins, quand elle retourna dans la salle d'accueil, elle retrouva bien Reborn et Tsunayūki ils s'étaient tous les deux endormis, l'un contre l'autre. Chrome rigola doucement pour ne pas les réveiller, puis posa le draps sur eux pour qu'ils n'attrapent pas froid dans la nuit. Elle décida de les laisser se reposer et elle remonta dans sa chambre, laissant les deux compagnons de route seuls.
Yo ! On dirait pas, mais je trouve que deux semaines, ça passe vachement vite...
En fait, on parlant de deux semaines, je crois que je vais dorénavant garder ce rythme de publication : j'ai de moins en moins le temps d'écrire cette histoire - principalement à cause des devoirs XD -, donc désolée.
Je remercie Nephlim-Diafire5 et Tsuki Banritt pour les commentaires et hadrian phantomhive pour le favori et le follow. De plus, nous avons même franchi la barre des 10 favoris ^^ ! Au départ, je croyais que j'allais même pas en avoir XD, donc merci beaucoup à tous ceux qui lisent cette histoire ! Ciao ciao ~
