Bonjour à tous!
A écouter en même temps qu'indiqué sur you tube: cette musique
.com/watch?v=Ffb9rVil0VA&feature=related
Chapitre XXXXXIV : Le tournoi des Trois Sorciers
Durant les cours qui suivirent, Kécile put constater que Maugrey n'avait plus de velléité de dénonciation ou de distinction à son égard. Une certaine routine avait repris entre les cours, les devoirs (de plus en plus nombreux) les jeux avec ses amis (notamment, une mémorable partie d'échecs contre Ron que celui-ci remporta à sa plus grande joie) et les discutions avec Severus. Tous deux parlaient la plupart du temps potions ou bien commentaient les derniers événements que la gazette n'avaient pas relayés ( comme l'incendie d'une église moldue non loin de Portmouth) et qui étaient pourtant de toute évidence d'origine sorcière.
Kécile passa aussi quelques agréables moments avec Susan Bones dont le caractère bon enfant faisait une personne facile à vivre. Elle l'avait aidée sur un devoir de potion, Susan en avait fait autant sur un devoir d'études des moldus, et elles avaient même passé un moment toutes les deux dans le parc pendant que Susan lui montrait les photos qu'elles avaient prises d'Espagne. Les commentaires de Kécile furent l'occasion de quelques fous rires et elles en vinrent aussi à se mettre systématiquement ensemble durant les cours de Botanique.
Un devoir à thème amena aussi Kécile à renouer des contacts plus cordiaux avec Drago, même si Kécile dut commencer par essuyer quelques sarcasmes. Néanmoins, cela devenait vite un jeu entre eux deux, une sorte de compétition à qui aurait le plus d'esprit.
Il y eut aussi une conversation mouvementée entre elle et Hermione, lorsqu'elle refusa d'adhérer à la toute nouvelle association de son amie : la S.A.L.E. S'il vous plaît, ne pas prononcer sale... Vous aviez alors encore moins de chance de vous débarrasser d'Hermione.
En bref, malgré ses craintes, jamais Kécile n'avait passé un début d'année aussi serein, jusqu'à ce que...
- AARRGGHHH !
Ce dimanche matin-là, le dortoir des filles de quatrième année de Gryffondor fut réveillé en sursaut. Toutes étaient dans leur lit, sauf Kécile dont les draps étaient vides. Le cri provenait de la salle de bain, et avant qu'aucune d'entre elle n'ait pu vraiment réaliser ce qu'il se passait, elles entendirent leur camarade hurler littéralement :
- Je vais les tuer ! Je vais les bousiller ! Je vais les étriper ! Ah les rats ! Ils vont me le payer !
Et vociférant toujours, Kécile surgit finalement de la salle de bain, rouge de colère comme jamais elles ne l'avaient vue, mais surtout les cheveux... bleus. Mais pas d'un bleu sombre élégant, ou un bleu ciel doux à l'oeil. Non. Un bleu électrique des plus flamboyants qui lui donnaient l'air d'un extra-terrestre.
Lavande et Parvatil éclatèrent de rire. Hermione se mordit la lèvre pour ne pas les imiter mais demanda d'un ton qui tremblait un peu trop :
- Mon Dieu Kécile, qui a fait ça ?
- Tu ne devines pas ? Hurla sa camarade hors d'elle. Les jumeaux bien sûr ! Ils ont dû trafiquer mon shampoing ! Ils vont le regretter !
Elle s'habilla avec des gestes rageurs sous les rires de ses camarades puis se planta devant le miroir avec sa baguette.
- Voyons voir ce que je peux faire pour masquer ça...
Mais elle eut beau essayer plusieurs sorts notamment pour leur rendre artificiellement leur couleur d'origine, rien n'y fit.
Kécile effleura l'idée de rester enfermée ici jusqu'à la nuit et de se glisser ensuite jusqu'aux cachots lorsqu'elle serait sure de ne plus croiser personne. Mais la solution était plutôt lâche et réjouirait bien trop les jumeaux, songea-t-elle.
Ce fut donc la tête haute qu'elle pénétra dans la Grande Salle, déclenchant forces rires sur son passage et se rendit jusqu'à la table des Gryffondors où elle se carra devant les deux Weasley.
- Vous êtes contents du résultats ? Leurs demanda-t-elle d'une voix faussement aimable.
- C'est charmant...
- Oui, ça rehausse ton teint
- Ce n'est pas tout à fait dans les couleurs habituelles d'Halloween,
- Mais c'est tout à fait dans l'esprit.
- Et bien, j'espère que vous n'avez rien prévu pour Hallowwen, conclut Kécile, car je crois que je vais me charger de votre déguisement.
Et elle se détourna d'un pas énergique, pour se rendre sans hésitation à la table des professeurs.
Lorsque Severus avait vu apparaître Kécile quelques minutes plus tôt, il avait avalé son thé de travers. On ne pouvait faire autrement que de la remarquer et Dumbledore pouffa dans sa barbe tandis que Minerva avait une exclamation outrée. Cependant, il ne faisait aucun doute que Kécile n'était pour rien dans la couleur grotesque de sa chevelure aux vues de sa colère.
Lorsqu'elle s'approcha de la table des professeurs, Minerva s'exclama :
- Que veut dire cet accoutrement, Miss Gaunt ?
- Demandez cela aux jumeaux Weasley , professeur, répondit Kécile. Je n'arrive pas à m'en débarrasser. Professeur Rogue, puis-je vous demander votre secours. Je crois qu'il s'agit d'une potion.
- Avez-vous bu quelque chose qui sorte de l'ordinaire ces derniers temps ?
- Non.
- Vous êtes-vous lavez les cheveux dernièrement ?
- Hier soir.
- Apportez-moi votre shampoing et rejoignez -moi dans mon bureau, Gaunt.
- Merci professeur.
Severus termina son petit-déjeuner et quitta la salle sous le regard goguenard des trois personnes qui connaissaient très bien la familiarité habituelle de Kécile avec lui et qui s'amusaient beaucoup de la voir s'adresser à lui en élève modèle en présence de tiers.
Lorsqu'il prit une noix du produit blanc dans sa main, Severus sut tout de suite qu'il avait là l'origine des problèmes de son élève. Les reflets irisés bleus que prenait le liquide ne trompaient pas un œil vigilent.
- Mais comment ont-ils pu ! S'indigna Kécile. Ils ne peuvent pas pénétrer dans le dortoir des filles.
- Ils ont fait appel à une complice, de toute évidence.
Kécile fronça les sourcils : les premières personnes auxquelles elle pensait étaient Lavande, Parvati ou Ginny, bien que cette dernière se montrât plutôt amicale.
Dans tout les cas, c'est du bon travail, remarqua Severus en observant ses cheveux de plus près. Si ces deux idiots passaient autant de temps à leurs blagues et y mettaient autant de soins, ils seraient en tête de promotion.
- Ils suivent toujours les potions ?
- Oui, hélas ! Le pire est qu'ils sont plutôt doués. Bon, voyons ce que je peux faire.
Tandis que Severus se penchait sur un chaudron, Kécile tournait comme un lion en cage dans le bureau.
- Ils ont un de ces toupets ! J'aimerais les y voir, eux avec une couleur pareille étalée aux yeux de toute l'école... Quoi que avec leur tignasse rousse, ils doivent être habitués... Non, il faut que je trouve autre chose.
- Vous auriez tout intérêt à laisser tomber, Kécile, répondit Severus. Cette surenchère n'en finira pas. Quel sera leur prochain tour si vous ripostez à celui-là ? Et avouez que votre dernier tour avec la poudre de rosacrier était vicieuse.
- Mais c'est resté entre nous, tandis que là...
- Tandis que là vous faîtes un esclandre et c'est ce qu'ils attendaient. Vous êtes le dindon de la farce et vous les surprendrez bien davantage en ne répliquant pas.
- Dîtes donc Severus ! S'exclama Kécile à moitié indignée. Si j'en crois ce que racontaient Dumbledore et Lupin, vous n'avez pas toujours eu cette philosophie là...
- Très bien, répliqua sèchement Severus. Mais ne venez pas pleurez dans mon giron au prochain tour pendable qu'ils vous joueront.
Et il retourna à son chaudron.
- Ce qu'il faudrait... c'est qu'ils ne sachent pas que cela vient de moi... Et...
- Cessez de faire les cents pas ! S'exclama Rogue. Vous me donnez le tournis !
Kécile s'assit sans prêter attention à la rebuffade, plongée dans une intense réflexion. Le cachot devint silencieux, seulement perturbé par le ronronnement du feu sous le chaudron et les cliquetis des flacons et des ustensiles que manipulaient Severus.
Puis soudain, il l'entendit dire dans son dos :
- Oui... c'est ça...Je suis à peu près sure qu'ils essaieront quelque chose. Ça peut être l'occasion ou jamais.
Deux heures plus tard, Severus avait donné à son élève une potion avec laquelle elle devait se laver les cheveux. Elle réitéra l'opération trois fois pour parvenir à enlever le plus gros. Mais le lundi suivant, elle avait encore des reflets sérieusement bleus dans ses cheveux et qui perdurèrent plusieurs jours bien que s'assombrissant progressivement. Cependant comme le faisaient remarquer Ginny et Hermione, ce n'était pas spécialement laid. Alors Kécile prit son mal en patience et s'attela plutôt à trouver les arguments pour convaincre la personne nécessaire à son plan.
Une autre préoccupation vint rapidement éloigner les blagues des jumeaux de son esprit.
Le vendredi 30 octobre, les délégations étrangères devaient arriver. Kécile prit à part Harry.
- Il faut qu'on ait une petite discussion lui dit-elle en le conduisant dans un couloir désert. Au sujet des élèves de Durmstrang et de leur directeur. On en a déjà discuté à la rentrée, tu te rappelles ? Il est mangemort.
Harry hocha la tête.
- Il va falloir se tenir éloigné de lui. Severus et Dumbledore sont convaincus que Voldemort cherche un moyen de t'éliminer toi ou le directeur. Le tout est de savoir qui passera au chaudron le premier, si tu vois ce que je veux dire.
Harry grimaça.
- Tu es entrain de me dire que ce Karkaroff pourrait me tuer ?
- Ce n'est pas exclu. Il sera en mission officielle, donc j'imagine que s'il doit faire quelque chose, il sera extrêmement discret. Raison de plus pour être prudent. Pour une fois, je vais faire comme Fol-Oeil : Vigilance Constante ! C'est d'ailleurs pour ça que Dumbledore l'a engagé cette année. Pour qu'il garde son œil cinglé sur toi... et sur moi accessoirement aussi, parce qu'il n'est pas exclu que les ordres du Seigneur des Ténèbres ne soient pas de m'éliminer aussi si l'occasion s'en présente. Néanmoins, reprit-elle d'un ton dégagé, je ne pense pas être sa priorité, donc je vais aussi garder un œil sur toi, si tu permets. Dans tous les cas, je vais te redire ce que m'a ordonné Severus : ne reste jamais seul avec Karkaroff ou des élèves de Durmstrang.
- Dis-moi ! s'exclama Harry un brin narquois. Il va y avoir un vrai climat de confiance entre les élèves de Poudlard et ceux de Durmstrang !
- J'irai bien les voir si je pouvais... fit Kécile d'un ton désinvolte. Ils doivent savoir deux trois trucs intéressants en matière de magie noire. Malheureusement, je ne pense pas que ce soit au goût de Dumbledore... Tiens, d'ailleurs en parlant de chose qui ne seraient pas au goût de Dumbledore, j'aurais besoin que tu me prêtes ta cape d'invisibilité, un de ces jours.
- Pour quoi faire ? Demanda Harry brusquement suspicieux. Pas pour aller faire un coup pendable à Fred et George, non ?
Kécile leva les yeux au ciel.
- Non, rassure-toi, j'ai simplement besoin d'emprunter un livre à la réserve.
- Oh... rien de répréhensible alors, fit Harry avec un sourire complice.
- Non, absolument rien !
Les délégations étrangères arrivèrent enfin, à la grande joie de toute l'école. Kécile découvrit enfin qui était ce Viktor Krum dont Ron ne cessait de leur rabattre les oreilles depuis la Coupe du Monde, et apparemment, ça n'allait pas cesser... Heureusement pour elle ( bien que ce ne soit pas du tout l'avis de Ron) la star internationale alla s'asseoir avec les autres élèves de Durmstrang à la table des Serpentard, tandis que les élèves de Beauxbâtons s'installaient avec les Serdaigles.
Au court du banquet, Kécile découvrit des plats que Martine leur avaient cuisinés durant leur séjour à Paris. Elle se servit généreusement en saumon fumé et mousse de pomme, s'aventura vers le chou d'une choucroute sous le regard prudent de Harry tandis que Hermione se servait de la bouillabaisse. Laquelle fut réquisitionnée quelques minutes plus tard par l'une des filles de Beauxbâtons qui rendit pendant quelques instants Ron complètement débile et ne laissa de toute évidence pas Harry indifférent, au plus grand agacement de Hermione.
Au moment du dessert, Ron voulut glisser bien ostensiblement la crème Chantilly aux vues de la supposée Vélane.
- Ramène ça par là, Ron ! S'indigna Kécile qui n'avait aucun intention qu'on vienne lui retirer son nouveau dessert favori. Donne moi ça.
Elle s'en servit une part généreuse sur son sorbet groseille, avant de se resservir une seconde fois et de la manger sans rien à la petite cuillère.
- Tu as l'air d'aimer ça, fit remarquer Hermione en souriant.
- La Chantilly ? Un vrai régal ! En plus ça se mange sans fin. Vraiment, tu rates quelque chose, Ron. Hum... Elle est vraiment aussi bonne que celle de Martine ! Ses elfes sont de vraies perles … Oups, pardon Hermione...
Le festin fut suivi par un discours de Dumbledore présentant les modalités exactes du concours. On présenta le fameux reliquaire, et il fut question d'une Limite d'Age empêchant les candidats de moins de 17 ans de se présenter.
- Une Limite d'Age ! S'excama Fred avec des yeux brillants. Il devrait suffire d'une potion de Vieillissement pour arriver à la franchir, non ? Et une fois que ton nom est dans la Coupe, comment savoir si tu as dix-sept ans ou pas ?
- Je ne crois pas que quelqu'un qui a moins de dix-sept ans puisse avoir la moindre chance de gagner. Nous n'en savons pas assez, tout simplement... remarqua Hermione.
- Parle pour toi ! Répliqua George. Harry, tu vas essayer, non ?
Avant qu'ils ne quittent la salle, Kécile retint Harry et lui dit.
- Harry, je serais toi, je ne ferais pas ça. Dumbledore n'apprécierait pas que tu essayes avec tout le mal qu'il se donne pour te garder en vie, et tu donnerais le bâton pour te faire battre à Severus. De toute manière, tu ne t'y connais pas suffisamment, Hermione a raison.
- Je sais, Kécile, soupira Harry. Je n'en ai pas vraiment l'intention ? Et toi ? Demanda-t-il soudain. Tu as les connaissances...
- Harry, moi non plus ne passerait pas la limite d'âge. Et je ne tiens pas à m'attirer les foudres de Dumbledore, non plus qu'à me faire remarquer de Maugrey et Karkaroff, non plus que de faire parler de moi, non plus que de risquer ma vie alors que je peux enfin mener une vie tranquille. Il te faut encore d'autres raisons ou ça te suffit ?
- Je crois que j'ai compris l'idée générale, répondit Harry en riant.
Kécile cependant rit beaucoup moins lorsque quelques instants plus tard, Karkaroff croisa la route du gryffondor. Il fut aussitôt attiré par Harry, et Kécile en profita pour se dissimuler derrière Ron qui la dépassait d'une bonne tête. Heureusement, le professeur Maugrey intervint rapidement et le directeur de Durmstrang n'eut pas le temps de la repérer. Cependant, Kécile savait parfaitement que ce n'était que partie remise. Il y aurait bien un moment où l'homme la verrait. Elle n'avait plus qu'à espérer que Maugrey serait à nouveau dans les parages alors, et tenir sa baguette prête dans le cas inverse.
Début du lien
Lorsque Kécile entra dans le bureau de Dumbledore, celui-ci sembla heureux de la voir.
- Kécile ! Je suis content que tu sois là, j'ai quelque chose à te montrer.
- Quoi donc ? Fit-elle interloquée.
- Viens voir, c'est dans mon salon.
En effet, sur la table basse du salon trônait un étrange appareil composé d'une énorme trompe en cuivre et d'une plate forme noire.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Kécile perplexe.
- Un phonographe. Cela sert à écouter de la musique. Je l'ai ramené hier soir du Clos-La-Rive.
- Et ça ? Dit-elle en désignant des formes plates noires sur la table.
- Ce sont des disques. C'est sur ces supports qu'on stocke la musique. Chez les moldus, tout cet attirail est passablement démodé, cependant.
Il mit un disque en route et invita Kécile à s'asseoir sur le canapé en face de lui.
- C'est Henri qui m'a incité à me remettre là-dedans. Il m'a envoyé tout un tas de nouvelles musiques. Lui est beaucoup plus au courant et beaucoup plus à l'aise que moi avec toutes les nouvelles technologies moldues. Il se débrouille pour adapter les enregistrements à mon appareil.
- C'est agréable... Ce n'est pas la même chose que quand on voit vraiment les musiciens jouer, mais...
- Oui, et cela a l'avantage non dédaignable de nous permettre de parler en même temps sans nous attirer les regards noirs des musiciens ! Fit Dumbledore en riant.
- N'y a-t-il pas moyen d'écouter de la musique uniquement avec la magie ?
- Si, bien sûr. On peut parfaitement conjurer des instruments qui joueront tous seuls. C'est néanmoins un procédé très limité pour les vrais amateurs de musique. Les instruments vont être limités aux morceaux que le sorcier connaît bien. On ne peut pas découvrir de nouvelles musiques avec la magie. La musique est magique elle-même. On ne peut pas la créer complètement de manière artificielle.
Ils restèrent quelques minutes à écouter en silence, Kécile appréciant le son de cet étrange instrument à la fois pincé et doux.
- Je suppose que tu n'étais pas venu au départ pour écouter mes considérations sur la musique. Quelle était la raison qui t'amène ?
- J'ai besoin de votre aide, expliqua la jeune fille. Vous n'avez certainement pas oublié l'épisode des cheveux bleus que je dois aux jumeaux Weasley ?
Kécile vit le vieil homme se mordiller les lèvres pour ne pas rire. Apparemment, la plaisanterie ne lui avait pas déplue. Bien, peut-être ne serait-il pas contre jouer un tour aux jumeaux, dans ce cas.
- J'ai l'intention de leur retourner l'ascenseur. Seulement, comme me l'a fait remarquer Severus, il va bien falloir que nous nous arrêtions à un moment ou un autre...
- Ah, c'est Severus qui a dit ça ? S'étonna Dumbledore sans pouvoir cacher un air amusé.
- Oui, j'ai trouvé ça assez ironique. Malgré tout, c'est néanmoins vrai. Je voudrais donc leur jouer un tour sans qu'ils puissent se douter que je suis la responsable de leurs déboires.
- Je ne peux guère t'aider. Ce ne serait pas juste que je prenne partie...
- Sauf que ce que vous allez faire est juste le travail d'un directeur responsable... Ils m'ont donné une excuse en or ! Fit Kécile avec une mine réjouie, les yeux brillants d'une lueur rusée qui n'aurait pas dépareillé chez Serpentard. Car cela rentre dans le contexte du tournoi des Trois Sorciers.
Dumbledore haussa les sourcils mais accorda toute son attention à l'idée de Kécile.
- Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que les jumeaux Weasley sont furieux de ne pas pouvoir participer au Tournoi. Et vous vous doutez sans doute qu'ils vont tenter quelque chose pour contourner votre limite d'Age.
Le directeur hocha la tête.
- Ils vont utiliser une potion de vieillissement.
- C'était le plus prévisible, et malgré mes avertissements, ils ne seront probablement les seuls.
- Qu'avez-vous prévu pour leur cas ?
- Ils seront expulsés de la limite d'Age, tout simplement.
- N'y aurait-il pas moyen de faire quelque chose d'un peu plus spectaculaire ?
- Comme ?
- Je ne sais pas... Puisqu'ils vont se vieillir, vous pourriez leur donner l'apparence de vieillards pour quelques heures...
Dumbledore réfléchit quelques instants, caressant sa barbe blanche d'un air songeur.
- Je pense que je peux faire quelque chose...
- Vraiment ? S'exclama Kécile ravie. Formidable ! Quoi donc ?
- Je te laisse la surprise en mêle temps que les autres.
Kécile allait quitter le bureau du directeur lorsque celui-ci la rappela :
- Kécile ?
- Oui ?
- Je voudrais juste m'assurer que tu ne comptes pas te présenter au Tournoi. Je sais qu'il ne te faudrait pas beaucoup d'effort pour contourner ma limite d'Age et que tu aurais les capacités de concourir, mais...
- Soyez sans crainte, professeur. Je n'ai aucune intention de tendre le cou aux ennuis.
Le lendemain matin, Kécile descendit avec le trio et arriva juste à temps pour le grand spectacle.
- Ça y est ! Leur murmura Fred d'un ton victorieux. On vient de la prendre.
- Quoi ? Demanda Ron.
- La potion de vieillissement, tête de nouille, répondit Fred.
- Une goutte chacun, dit George. On n'a besoin que de quelques mois de plus.
- Si l'un de nous gagne, on partagera les milles Gallions en trois, ajouta Lee.
- Je ne suis pas du tout sûre que ça marche, fit remarquer Hermione. Dumbledore y a certainement pensé avant vous.
Kécile regardait le spectacle avec un air réjoui. Harry échangea un regard et dû certainement remarquer la mine un peu trop narquoise qu'elle ne parvenait pas à camoufler.
- Prêt ? Demanda Fred aux deux autres. Allons-y, je passe le premier.
Lorsqu'il enjamba la ligne, Kécile retint son souffle. Il ne se passa rien pendant quelques instants jusqu'à ce que George le rejoigne avec un cri de triomphe. Parfait, songea Kécile. Dumbledore s'était assurer que les deux élèves subiraient la vengeance. En effet, à peine le deuxième frère eut-il franchi la limite que tous deux furent expulsés plusieurs mètres plus loin avec un grand bruit de pétard.
Au même instant, apparaissait sur leur visage une barbe blanche qui faisait paraître ridicule celle de Dumbledore.
Toutes les personnes présentes dans le hall éclatèrent de rire et Kécile participa à l'hilarité générale, absolument ravie.
- Je vous avais pourtant prévenus, dit Dumbledore qui apparaissait aux portes de la Grande Salle et ne cherchait pas à cacher son amusement. Je vous conseille d'aller faire un tour chez Mme Pomfresh. Elle s'occupe déjà de Miss Faucett de Serdaigle et de Mr Summers de Poufsouffle. Eux aussi ont eu l'idée de se vieillir un peu. Mais je dois reconnaître que leurs barbes sont beaucoup moins belles que les vôtres.
Kécile fut sure qu'il lui fit à ce moment un clin d'oeil. Elle lui répondit par un discret signe de tête pour le remercier et s'en alla prendre son petit-déjeuner dans une humeur radieuse.
La musique était le premier mouvement d'un concerto pour hautbois de Vivaldi (1678-1741) compositeur italien dont tout le monde connait les quatre saisons! Pour une fois, donc, je vous mets de la musique baroque... Si vous avez aimé, n'hésitez pas à écouter tout le concerto sur youtube, il est magnifique.
Chers lecteurs, donnez un petit signe de votre passage!
J'ai commencé à écrire la fin de la partie cinq, et un petit coup de motivation est toujours le bienvenu!
Allez, à la semaine prochaine!
