Bonjour,

Ce chapitre comporte pas mal de petites scènes, mais je ne voulais pas m'attarder sur cette période.

Le prochain chapitre sera durant la période de Noël et nous y resteront un petit moment!

Bonne lecture


Chapitre XXXXXV : Potter, encore une fois !

Quelques heures après cet heureux événements, Kécile se trouvait dans le bureau de Dumbledore, riant encore de la douce vengeance qu'il lui avait permis de savourer, d'autant plus ravie quand le directeur lui annonça que les jumeaux Weasley allaient devoir se raser pendant quelques jours s'ils ne voulaient pas avoir une barbe blanche.

Kécile battit des mains en apprenant cela et supplia Dumbledore de lui expliquer la façon dont il s'y était pris. Finalement, le vieil homme se retrouva à lui expliquer comment se fabriquait une limite d'Age et les quelques petites modifications inhabituelles qu'il y avait ajoutées, à une élève très attentive. Ils passaient un agréable moment à discuter, le phonographe tournant derrière eux, quand on frappa à la porte du bureau.

Dumbledore coupa la musique et Kécile se redressa sur son siège.

- Entrez.

Madame Maxime ouvrit la porte et pénétra dans le bureau avec un sourire aimable. Dans cette pièce qui n'était pas adaptée à sa taille, elle semblait encore plus immense que dans la Grande Salle.

- Bonjour, Madame Maxime. Kécile... fit le directeur en regardant sa jeune élève.

- Bien sûr, professeur, dit la jeune fille en se levant pour partir.

- Oh, mais ne vous dérangez pas pour moi, s'exclama la directrice française en agitant nonchalamment une de ses immenses mains. Je n'en ai que pour deux minutes. Albus, dit-elle au directeur, j'ai promis avant de partir de vous remettre personnellement cette lettre.

Elle tendit un parchemin à Dumbledore qui y jeta un coup d'oeil.

- Je vous remercie, Olympe, mais je n'ai actuellement pas besoin de professeur de sortilèges ou de divination.

- Je le sais bien, Albus, mais cela pourrait arriver un jour. Lucile est une personne extrêmement compétente même en divination, si vous voyez ce que je veux dire. Elle effectue un remplacement depuis la rentrée chez nous, et je dois dire qu'elle obtient véritablement des résultats étonnants. Et tous les élèves adorent le professeur De Visnel. Elle m'a demandé de vous faire parvenir sa candidature, au cas où.

- Très bien, je vous remercie, Olympe, répondit Dumbledore en inclinant la tête. Si le besoin se présente, je penserais à cette Mlle de Visnel-d'Haves, ajouta-t-il en désignant le parchemin.

- Excellent, mon cher Albus. Bien, fit-elle en se levant, je ne vous retiens pas plus longtemps. Nous nous retrouvons ce soir pour le banquet ?

- Bien sûr, ma chère Olympe. A tout à l'heure.

Lorsque la porte se referma, Kécile demanda à Dumbledore s'il recevait souvent des candidatures.

- J'en reçois un certains nombre, mais la plupart ne sont pas sérieuses. Je dois avouer que celle-ci est à retenir... Voilà des années que je n'ai pas reçu de candidature pour le poste de divination.

- Ce serait sans doute mieux que le professeur Trelawney...

Dumbledore lui fit les gros yeux.

- Ecoutez, professeur, vous savez que je dis vrai. Harry m'a raconté qu'à chaque cours, elle lui annonce sa mort prématurée. « L'ombre de la mort plane au dessus de vous, mon chéri », fit-elle en imitant la voix fantomatique du professeur.

Mais contrairement à ce qu'elle s'attendait, elle n'arracha pas un sourire à Dumbledore qui murmura :

- Malheureusement, il se peut qu'elle ait raison.

- Oh, je vous en prie, professeur ! S'exclama Kécile. Elle est complètement ridicule. Ça aurait pu marché au début, mais depuis deux ans, Harry n'est plus du tout impressionné. Je suis sûre qu'il verrait avec plaisir un changement de professeur.

- Je n'ai aucune intention de renvoyer le professeur Trelawney, répondit Dumbledore d'un ton catégorique.

Kécile haussa les épaules mais n'insista pas.

Quelques heures plus tard, elle rejoignait le trio à la table des Gryffondors pour le banquet qui allait précéder l'annonce des noms des champions. Une certaine fébrilité parcourrait les élèves et le banquet fut clairement plus court que lors de Halloween.

Sans surprise, Victor Krum fut nommé champion de Durmstrang. Kécile songea que c'était toujours les mêmes qui se faisaient remarquer et qui s'attiraient la gloire, en espérant pour lui que cette fois-ci il n'attirerait pas la mort par la même occasion. La championne ne Beauxbâtons fut Fleur Delacour, cette fille qui selon les garçons avaient du sang de vélane dans les veines. Enfin, Cédric Diggory fut nommé champion de Poudlard, ce qui déclencha un tonnerre d'applaudissements chez les Poufsouffles. Kécile s'attendait davantage à ce que ce soit un Gryffondor qui soit nommé. Néanmoins peut-être que le courage ( ou la témérité, selon le point de vue...) n'était pas la seule qualité nécessaire pour participer à ce tournoi.

Mais alors que Dumbledore avait repris son discours, un quatrième nom sortit de la coupe de feu. Dans un silence total, Dumbledore appela alors :

Harry Potter.

XXXXXXXXX

Bien, c'était un fait établit de manière définitive, Harry attirait l'or comme les niffleurs. Maintenant, qui était le niffleur en question cette fois-ci ?

Kécile donna machinalement le mot de passe à la gargouille et monta les escaliers de pierre. L'année avait si bien commencé... Evidemment, il fallait qu'un nouveau souci vienne planer sur leurs têtes.

- Qu'est-ce que vous faîtes là, Gaunt ?

Kécile releva la tête et vit le professeur Maugrey qui semblait quitter le bureau du directeur.

- On n'a pas besoin de vous en ce moment, dégarpissez, ajouta-t-il fort peut aimablement.

- Oh, vous, je ne vous ai pas demandé votre avis, marmonna-t-elle en passant devant lui. Si Dumbledore ne veut pas me voir, il est capable de me le dire lui-même.

Maugrey lui jeta un regard mauvais qu'elle ignora royalement et cogna à la porte.

Dumbledore ne parut cependant pas dérangé part sa présence. Severus était dans le bureau ainsi que le professeur McGonagall et si tous semblaient préoccupés, Dumbledore lui fit signe de se joindre à eux.

- Harry va concourir ? s'enquit Kécile

- Il y est obligé. Hélas.

- Ne le plaignez pas trop, Albus, s'exclama Severus. Je suis certain que cela doit lui plaire...

- Enfin, Severus, s'indigna Minerva, vous ne croyez tout de même pas sérieusement que ce garçon est responsable de la situation ! Pour ma part je suis tenté de croire qu'Alastor est dans le vrai.

- Que dit le professeur Maugrey ? Interrogea Kécile.

- Kécile, demanda Dumbledore sans répondre à sa question, est-ce que tu sais si quelqu'un aurait pu vouloir jouer un tour à Harry ? En mettant son nom à sa place dans la coupe.

- Professeur, s'exclama Kécile. Vous ne croyez pas raisonnablement qu'il s'agit là d'une farce ? Cette coupe est normalement programmée pour trois champions à ce que je sache ! On aurait pu cautionner cela si Harry avait été nommé à la place de Diggory. Mais aucun élève ne serait capable de trafiquer la coupe pour lui faire désigner un quatrième champion, c'est ridicule.

- Vous accusez donc le corps enseignant, Miss Gaunt, conclut le professeur McGonagall.

- J'accuse plutôt un professeur en particulier... grommela Kécile.

- Vous avez discutez avec le professeur Maugrey avant de venir ici, ou quoi, Gaunt ? Demanda sèchement Rogue.

- Et quoi, Severus ! S'exclama Kécile avec agacement. Votre haine envers Harry ne vous aveugle pas au point de croire qu'il a pu provoquer ce qui arrive ! Soyez réaliste trente secondes, quand bien même il l'aurait voulu, il n'a pas les moyens magiques de le faire. Vous sautez suffisamment sur toutes les occasions pour révéler sa soi-disante incompétence pour ne pas le savoir... La question reste maintenant, pourquoi Karkaroff aurait-il fait cela ? Le savez-vous ? Demanda-t-elle en tournant son regard vers les deux autres professeurs.

- Je crains malheureusement que Maugrey n'ai vu juste sur ce point là aussi... Ce n'est certainement pas pour doubler les chances de Poudlard de gagner, ni apporter une occasion de gloire à Potter.

- L'éliminer en faisant passer cela pour un accident. C'est un plan ingénieux, fit remarquer Severus. Sauf que ce foutu gamin serait fichu de s'en sortir !

- Je rêve, ricana Kécile, ou vous êtes entrain de faire un compliment à Harry, Severus.

- Bien sûr qu'il va s'en sortir ! S'exclama McGonagall furieuse. Et pour changer, vous allez tâcher de faire ce qu'il faut sans l'enfoncer davantage cette fois-ci !

Severus soupira en pinçant les lèvres

- Potter, encore une fois ! Il faut toujours que ce soit lui qui se fasse remarquer.

Lorsque les deux professeurs eurent quittés à leur tour le bureau, Dumbledore poussa un profond soupir et ferma les yeux. Kécile put voir à cet instant tous les soucis et toutes les responsabilités qui pesaient sur cet homme.

- Vous savez, professeur, dit-elle alors dans une tentative pour le rassurer. Severus a raison. Harry serait fichu de s'en sortir et je vous promets qu'on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l'aider. Entre Hermione et moi, c'est bien le diable si nous n'arrivons pas à lui apprendre ce qui lui faut pour s'en tirer. Quelle est la première tâche ?

- Je n'ai pas le droit de te le dire, Kécile, répondit Dumbledore avec un sourire désolé. Je n'ai pas le droit d'aider Harry et Cédric, ni aucun des professeurs.

- C'est pas grave... déclara Kécile d'un ton décidé. Je vais lui apprendre deux trois trucs qui pourront toujours lui être utile, au cas où...

Lorsque Kécile remonta à la tour Gryffondor, elle décida de passer voir Harry avant d'aller se coucher. Elle toqua à la porte du dortoir des garçons mais entendit des éclats de voix et finit par pousser la porte sans attendre l'autorisation d'entrer. Elle trouva Ron et Harry face à face, visiblement en pleine dispute.

- … tu serais descendu la nuit pour que personne ne te voie... disait Ron. Je ne suis quand même pas complètement idiot.

- Tu sais très bien faire semblant en tout cas, répliqua sèchement son camarade.

- Ah ouais ? Tu ferais peut-être bien d'aller te coucher, Harry. J'imagine que tu devras te lever tôt demain pour une séance de photos ou quelque chose dans ce genre-là.

Et Kécile vit Ron refermer les rideaux de son baldaquin au nez de Harry.

- Non mais quel crétin, celui-là ! S'exclama-t-elle en s'adressant aux tentures rouges. J'espérais que ça s'était arrangé au cours de l'été, mais apparemment, ça a même empiré.

- La ferme, Miss Mystère ! Répondit la voix de Ron.

- Trouve autre chose, Weasley, ça n'est même plus drôle. Bon, Harry, dit Kécile en l'entraînant sur son lit. N'écoutes plus ce sombre idiot, j'ai des choses autrement plus importantes à te dire.

- Tu ne veux pas qu'on aille ailleurs ? demanda Harry en jetant un coup d'oeil au lit voisin.

- Non, la salle commune est bondée, et le couvre feu est passé, répondit-elle en s'asseyant sur le lit de Harry sans plus de cérémonie. Première chose, on est à peu près tous d'accord que c'est un coup de Karkaroff.

- Karkaroff? Mais pourquoi ?

Kécile lui jeta un coup d'oeil déséspéré.

- Pour doubler les chances de Poudlard bien sûr !

Devant le regard d'incompréhension de Harry, elle répliqua.

- Harry, tu as écouté ce que je t'ai dit, mercredi dernier ? Karkaroff est un mangemort... pour te tuer, évidemment. Ce qui laisse supposer que les épreuves ne vont pas être une simple promenade. On le savait déjà, mais apparemment il compte sur elles pour se débarrasser de toi sans être impliqué.

- Le plan est excellent, répondit Harry d'une voix morne.

- Il comporte cependant une faille.

- Vraiment ?fit-il avec une moue désabusée

- Tu es Harry Potter, celui qui ne fait jamais rien comme les autres.

- Merci de me le rappeler.

- Et tu possèdes deux filles à l'intelligence brillante pour t'aider.

- C'est de toi que tu parles, là ? Demanda Harry sans pouvoir cacher un sourire. Toujours aussi modeste.

- Eh ! S'exclama Kécile d'un air faussement indigné. Je fais des efforts ! J'inclue Hermione dans le qualificatif !

- C'est vrai, il y a des progrès...

- Bon, le côté négatif pour toi de nous avoir comme vraies amies, c'est qu'on ne va pas te laisser te désespérer dans ton coin, et que dès demain, je vais te soumettre à un entraînement intensif. Et je suis sûre qu'Hermione approuvera et pourra nous aider.

- Mais Kécile ! Je n'ai aucune idée de ce qu'est cette première tâche !

- Quelque chose de dangereux, dans tous les cas. Et il existe quelques sorts qui peuvent être utiles dans presque toutes les circonstances. Sur ce, dors bien, ne te fais pas trop de mauvais sang, et à demain. Bonne nuit !

Et Kécile quitta le dortoir sans laisser à Harry le temps de protester contre ces cours supplémentaires qui allaient d'imposer à lui.

Le lendemain, la jeune fille laissa à Hermione le soin de gérer tout le côté « affectif » de l'affaire : la jalousie de Ron, l'inquiétude, le mépris des autres élèves... tout cela n'était pas vraiment son rayon.

En revanche, le lundi suivant, à peine le dernier cours fini, elle attrapa les deux gryffondors et s'enferma avec eux dans une salle de classe vide.

- Bien, dit-elle en s'adressant plus spécifiquement à Harry. J'ai réfléchi aux sorts qui pouvaient t'être utiles. Nous avons un mois pour t'apprendre le minimum vital. Le premier qui me semble essentiel, c'est le charme du bouclier. Un sort de bouclier simple et élémentaire mais qui peut détourner de toi les sorts mineurs et affaiblir plus ou moins considérablement les autres maléfices un peu plus sérieux.

- Qu'est-ce que tu comptes lui apprendre d'autre ? Demanda Hermione

- Je pense au stupéfix, que vous connaissez sûrement, il y a aussi le diffingo, qui peut se révéler utile ou encore l'incarcerem... Mais je doute que tu ais le temps d'apprendre tout ça, nous allons donc commencer par le protego.

Si Harry trouvait parfois que leurs professeurs étaient durs avec eux, il ne fut sans doute pas déçu du détour avec Kécile. Celle-ci le pressait constamment, et n'hésitait pas à l'attaquer pour le pousser à se défendre.

- Mais tu es folle ! S'exclama à un moment Hermione alors que Kécile venait de l'envoyer valser sur un bureau. Tu vas finir par le blesser !

- Il faut qu'il réagisse. S'il veut apprendre ce sort rapidement, fit-elle en se penchant au dessus du gryffondor étourdi, il faut provoquer des situations d'urgences. On n'a pas encore trouver de moyens plus rapides pour apprendre un sortilège. Crois-moi, dit-elle en passant sa baguette sur le crâne de Harry pour faire disparaître une contusion qui risquait de se transformer en bosse, se contenter de répéter la formule dans le vide, c'est ce qu'il y a de moins efficace. Désolée, Harry, fit-elle en l'aidant à se relever.

- Ça suffit, dit celui-ci. Je ne suis pas contre d'apprendre ces sorts, mais on n'est pas à un entraînement de mangemort, Kécile. Alors on va revenir à des méthodes plus conventionnelles.

Kécile haussa les épaules.

- Comme tu voudras. Mais ne viens pas te plaindre si tu n'as pas appris suffisamment de sortilèges d'ici à la première tâche...

Le lendemain, alors qu'elles planchaient toutes deux sur un cours d'étude des moldus, Kécile eut une conversation animée avec Susan. Celle-ci avait faire remarquer d'un ton amer que Harry ne pouvait décidément pas s'empêcher d'être de la partie.

- Tu te trompes sur toute la ligne, Susan, répliqua Kécile. Il donnerait cher pour ne pas être mêlé au tournoi. Je peux t'assurer que ce n'est pas lui qui a déposé son nom dans la Coupe. Crois-moi, il aurait vraiment préféré laisser toute la gloire à Diggory.

- Cela n'empêche qu'une fois de plus, il se fait remarquer.

- Ce n'est pas de sa faute si un mage noir veut sa peau.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Susan en fronçant les sourcils. Tu-Sais-Qui est mort !

- Les idiots qui croient ça vont avoir une mauvaise surprise dans ce cas, répondit Kécile d'un ton détaché.

- Kécile... fit Susan d'une voix peu assurée. Tu sais encore des choses.

- Oui, c'est vrai, je sais énormément de choses, et parmi toutes ces choses je peux t'en assurer deux : Premièrement, Voldemort n'est pas mort du tout et je crains qu'on n'en ait bientôt la preuve. Deuxièmement, Harry est bien plus préoccupé par l'idée de survivre à ce tournoi que de le gagner. Alors si tu pouvais dire à tes amis de cesser de le snober, ce serait sympa.

- Je leur dirai... finit par décider Susan. Mais je ne suis pas sûre qu'ils m'écouteront...

Quelques jours plus tard, le mouvement anti-Potter prit une nouvelle ampleur à l'initiative de Drago, avec un tout nouveau badge qui commença à circuler parmi les élèves. Le dit badge affichait : « Vive Cédric Diggory, le vrai champion de Poudlard », dans le meilleur des cas, et dans le pire « A bas Potter ».

Drago le montra triomphant à Kécile durant le cours d'arithmancie et lui en proposa un.

- Non merci, Drago. Mais je retiens l'idée. Peut-être qu'un de ces jours je me baladerai avec un badge comme toi affichant « A bas Drago Malfoy la vraie fouine de Poudlard. Vive Harry Potter ! »

- Fais ça, espèce de traître et...

- Et quoi ? Tu iras voir ton directeur de maison ? Ou tu m'attaqueras ? Vérifie quand même avant que Maugrey n'est pas dans les parages.

Mais Drago réussit cependant à causer quelques troubles juste avant le cours de potion où il extirpa ses trophées. Les choses dégénérèrent lorsqu'il traita Hermione de Sang-de-bourbe. Lui et Harry s'attaquèrent au même instant et leurs sorts atteignirent Goyle et Hermione.

- Qu'est-ce que c'est que tout ce bruit ? Demanda Rogue en arrivant sur les lieux de la batailles.

- Potter m'a attaqué, monsieur, dit Malfoy.

- Nous nous sommes attaqués en même temps, rétorqua Harry.

- Et il a atteint Goyle... Regardez...

- A l'infirmerie, Goyle, répondit calmement Severus en constatant la tête enflée de furoncles du serpentard.

- Malfoy a frappé Hermione, s'écria Ron. Regardez !

- Je ne vois pas grande différence, répliqua froidement Rogue en faisant mine d'ignorer les dents énormes qui descendait jusqu'au col de sa robe de la Gryffondor.

Celle-ci tourna aussitôt les talons pour se rendre à l'infirmerie, les larmes aux yeux, tandis que Kécile s'exclamait d'un ton outré :

- Professeur Rogue ! Vous devriez avoir honte !

- Quelque chose à ajouter, Miss Gaunt ? Fit Severus en la vrillant du regard.

Et à la consternation d'un bon nombre d'élèves, Kécile dit simplement d'un ton blasé :

- Vous êtes parfois désespérant.

- Voyons... Cinquante points de moins pour Gryffondor et une retenue pour Potter, Weasley et Gaunt.

Le cours se passa comme à l'habitude dans le silence total. Ils devaient préparer leurs antidotes, et Severus avait prévu de les essayer sur quelqu'un. Sa victime toute désignée était bien sûr Harry et lorsqu'elle le comprit, Kécile se retint de jeter son foie de grenouille à son idiot de professeur qui manquait décidément de jugeote concernant certains sujets...

Cependant Hary fut sauvé par un élève de quatrième année, le frère Crivey, celui qui était toujours collé aux basques de Harry avec un regard éperdu d'admiration. Enfin, sauvé... finalement, peut-être que Harry aurait encore préféré l'antidote que d'entendre parler de séance photos devant tout le monde et particulièrement devant Rogue...

A la fin du cours, le professeur retint Kécile.

- Miss Gaunt, dit-il d'une voix glaciale, ne vous avisez plus de me parler sur ce ton. Ce n'est pas parce que vous êtes la fille du Seigneur des Ténèbres...

- Oh, je vous en prie, Severus ! S'exclama Kécile sans masquer son irritation. Ne me refaites pas ce coup là, ça ne marchera pas.

- Silence, Gaunt ! Vous oubliez que je suis avant tout votre professeur.

- Et bien comportez vous comme tel !Honnêtement, Severus, pourquoi faut-il que vous agissiez comme un adolescent à chaque fois qu'il s'agit de Harry. Enfin zut ! Vous êtes sur la même barque...

- Votre impertinence coûtera vingt points à Gryffondor, Gaunt.

- Enlevez-moi des points si ça vous chante. Mais votre attitude est ridicule et je suis certaine que Dumbledore sera de mon avis.

- Vous n'allez pas raconter cela au directeur, tout de même...

- Je vais me gêner ! S'exclama Kécile avec un reniflement méprisant. Mais si vous pensez vraiment que votre attitude est digne d'un professeur, ça ne devrait pas vous poser de problème n'est-ce pas ?

Le silence s'abattit entre eux tandis que Severus fixait Kécile d'un œil rageur.

- Et oui, Severus, j'ai du sang de Salazar Serpentard dans les veines, et de temps en temps, je m'en rappelle. D'autant que j'ai été à bonne école.

- Vous aurez une semaine de retenues, Gaunt.

Abandonnant son air supérieur, elle se rapprocha de son professeur et dit :

- Ecoutez, Severus. Je tiens à vous. Énormément. Vous le savez. Et je n'ai aucun plaisir à m'opposer à vous. Mais Harry est mon ami. Et il a besoin d'aide. Pas qu'on l'enfonce. Et vous devriez l'aider, pas agir comme vous le faîtes. Alors je le défends, même si cela signifie s'opposer à vous. Laissez le un peu tranquille. Ça sera plus simple pour tout le monde. Je peux partir ou vous souhaitez me punir pour vous avoir dit franchement ma pensée ?

- Fichez le camp, Gaunt.

- Bonsoir Severus.

Kécile sortit un peu triste du bureau de Severus. Elle savait qu'elle avait été impertinente, qu'elle avait fait un coup bas à Severus et elle n'aimait réellement pas ça, et encore moins le fait qu'il soit en colère contre elle. Mais c'était plus fort qu'elle. Quand il agissait ainsi, elle avait l'impression d'avoir affaire à un gamin qui avait besoin d'une bonne paire de claques.

Ce soir-là, elle n'alla pas parler à Dumbledore. Elle s'occupa plutôt de tenir compagnie à un Harry maussade qui avait subi une séance photos et interviews apparemment éprouvante.

Lorsqu'ils remontèrent dans la salle commune, Ron leur annonça qu'ils devraient faire leur retenue le lendemain soir, et que Harry avait du courrier.

- Je me demande bien ce que Sirius peut vouloir te dire, dit Kécile lorsqu'elle eut à son tour fini de lire la lettre. C'est risqué.

- Je ne sais pas. Mais j'ai besoin de lui parler.

Alors en attendant la nuit où il pourrait trouver un peu de réconfort, ils continuèrent leurs entraînements. Harry (et Hermione aussi par la même occasion) avait fini par apprendre le charme du bouclier et ils s'étaient attaqués au stupéfix. Mais quelques jours plus tard, la situation empira brusquement pour Harry lorsqu'un article de Rita Skeeter apparu sur le Tournoi des Trois Sorciers.

La bonne femme avait complètement divagué, mais l'ensemble des élèves, loin de réaliser que tout cela n'était qu'un amoncellement de grandes phrases destiné à faire un article à sensation complètement ridicule, prenait toutes les déclarations de la journaliste comme argent comptant . Ce qui mettait Harry passablement sur les nerfs, comme s'il avait besoin de ça.

Le dernier week-end avant la première tâche fut organisée une sortie à Pré-Au-Lard. Ce serait la première sortie officielle pour Kécile, et elle espérait qu'elle se passerait mieux que la précédente où elle était restée une partie de l'après-midi sous une table des trois balais pour sa cacher au regard du premier ministre... Harry pour sa part s'obstina à porter sa cape d'invisibilité, qui le protégea des quolibets et regards habituels. Cependant, assis tous les trois aux trois balais, ils découvrirent que Potter pouvait être vu par quelqu'un.

- Très belle, cette cape, Potter, fit Maugrey qui s'était approché de Kécile, au grand déplaisir de celle-ci, tandis que Hagrid parlait avec Hermione.

- Votre œil peut... Je veux dire, vous arrivez à...

- Ouais, j'arrive à voir à travers les capes d'invisibilité, répondit Maugrey à voix basse. Et je peux te dire que c'est parfois très utile.

- Le renseignement pouvait être utile, songea Kécile. Décidément, il fallait se méfier de cet homme sur tous les plans ! Son escapade à la réserve sous cette cape n'était peut-être pas une si bonne idée que ça.

- Harry, souffla Hagrid, viens à ma cabane ce soir à minuit. Et mets ta cape.

- Pourquoi est-ce qu'il veut que j'aille à sa cabane à minuit... souffla Harry. Ça risque de me mettre en retard pour Sirius.

Kécile et Hermione n'eurent pas à attendre le retour de Harry. La salle se vida suffisamment tôt pour qu'il ne soit a priori pas inquiété durant son entrevue avec Sirius.

Mais le lendemain matin, quand elles virent arriver leur camarade et qu'il leur demanda de sortir dans le parc pour pouvoir discuter, elles comprirent que les nouvelles n'étaient pas bonnes.

- Des dragons... Evidemment... Kécile se prit la tête entre les mains. Elle aurait pu préparer Harry à affronter pas mal de choses mais pas... des dragons !

Sirius aussi avait mis en garde Harry contre Karkaroff, mais comme fit remarquer Hermione d'un ton légèrement paniqué :

- On va commencer par essayer de te garder en vie jusqu'à mardi soir. Ensuite, seulement, on s'inquiétera de Karkaroff.

Ils passèrent leur dimanche à fouiller frénétiquement des livres. Kécile commença cependant par prendre un moment pour se rouler en boule dans un fauteuil et réfléchir de manière stratégique.

A sa connaissance, il n'existait pas de sort qui permettait à un seul sorcier de vaincre un dragon. Le stupefix ou même l'avada Kedavra ne serait d'aucun secours lancé par un seul sorcier. Bien sûr avec certains sorts, on pouvait lui causer quelques dommages. Elle songea notamment au sort des fléchettes qui, lancé à répétition, devait bien finir par aboutir à quelque chose. Mais Harry n'aurait jamais le temps d'apprendre ce sort complexe en 48h et en plus c'était de la magie noire. Elle songea un cours instant que le feudeymon, aurait sans doute permis de tuer le dragon, mais il ne faisait aucun doute que ça n'était pas possible non plus et que ce serait encore moins au goût du jury...

- J'ai une idée ! Dit-elle soudain. Ça ne va pas régler entièrement ton problème, mais ça pourrait éviter que tu ne sois trop grièvement blessé. Tu connais déjà le protego. Mais face au feu, c'est assez limité. Je vais t'apprendre le sort de Gèle-Flamme.

- Kécile ! S'exclama en gémissant Hermione, c'est un sort complexe. Et ça ne permettra pas de vaincre le dragon.

- Tu as une meilleure idée ? Continue à chercher, toi, dans ce cas, rétorqua t-elle. Mais on ne sait même pas ce qu'il doit faire au juste avec ce foutu dragon. Et moi, ça me paraît quand même un peu gros de devoir vaincre un dragon, tout seul, pour des élèves. Je ne suis même pas sûr que Dumbledore pourrait le faire... Si ça trouve, il s'agit juste de passer devant.

- Juste ! souleva Harry. J'aimerais t'y voir ! Bon sang, pourquoi ce n'est pas à toi que c'est arrivé, hein ? Pourquoi c'est à moi que Karkaroff devait s'en prendre ? Au moins, tu sembles armée pour te débrouiller.

- Merci, Harry, mais je passe mon tour. Allez, viens, on va se mettre dans une salle et travailler ce sort.

Malheureusement, comme l'avait fait remarquer Hermione, c'était un sort assez complexe. Pour commencer, Kécile conjura un feu et le lança avant de faire tester les effets du sort à Harry qui put constater que le feu n'était plus qu'agréablement tiède.

- Ne te fais pas d'illusion, avec un dragon ça sera une autre paire de manche, avertit Kécile. Mais au moins tu ne brûleras pas vif.

A la fin de la soirée, Kécile était tentée de pousser Harry dans un brasier pour l'inciter à aller au-delà de ses moyens. Mais elle se contint, en se disant qu'il ne servirait rien de faire le travail à la place de dragon.

Le lendemain matin, Harry arriva en retard au cours de botanique, s'excusa rapidement, et se glissa auprès d'Hermione, non loin de Kécile qui se trouvait elle même en face de Susan. Il semblait complètement excité.

- Hermione, Kécile, murmura-t-il. Il faut absolument que vous m'aidiez...
- Et qu'est-ce qu'on essaye de faire, à ton avis ? Chuchota furieusement sa camarade.

Hermione, il faut que demain après-midi, je sois capable d'utiliser convenablement un sortilège d'Attraction.

- Bon, Harry, dit Kécile en sortant de la serre une heure plus tard. Tu maîtrises le protego et le stupefix, tu as même appris l'an dernier à jeter le sortilège du patronus ce dont je suis incapable, alors tu vas maîtriser l'accio rapidement, s'il-te-plaît. Ce n'est vraiment pas sorcier, tu fais des choses bien plus difficiles. N'importe quel élève de quatrième année sait lancer ce sort.

- Tu es entrain de l'encourager, là ? Demanda Hermione.

- Je ne sais pas pourquoi j'ai un blocage avec ce sort.

- C'est psychologique, Harry, répondit Kécile. Le jour où Flitwick nous a appris ce sort, tu n'étais pas du tout dans ton assiette, tu as échoué et depuis tu n'arrives pas à sortir de cet engrenage. Maintenant, on n'a plus le temps pour tes états d'âme, il FAUT que tu maîtrises ce sort.

Ils y travaillèrent durant tous leurs moments de libre de la journée, et durant une bonne partie de la nuit. Ce ne fut que vers deux heures du matin, que Harry sembla enfin avoir compris le truc et put attirer à lui n'importe quel objet de la salle commune.

- C'est pas trop tôt, grommela Kécile en s'effondrant dans un fauteuil.

- C'est mieux, Harry, beaucoup mieux ! Répliqua Hermione qui n'appréciait pas beaucoup la méthode d'encouragement de Kécile.

- Maintenant, on sait ce qu'il reste à faire la prochaine fois que je n'arrive pas à apprendre un sortilège, dit Harry. Il suffit de me menacer avec un dragon...

- Je t'avais dit, Harry que la méthode de l'urgence est celle qui marche le mieux.

Le lendemain, il n'y avait pas que Harry qui était stressée. Hermione ne mangea pas grand chose au repas et était pâlichonne. Kécile était plutôt irascible. Ils croisèrent un Drago hilare qui s'exclama : « On va préparer une boîte de mouchoirs pour te pleurer, Potter » et Kécile se retourna vers lui, baguette au poing et lui lança un sortilège de mutisme en disant : « La ferme, la fouine ».

Lorsque Harry dut partir rejoindre les autres champions, Hermione eut un air désespéré.

- Ne t'inquiète pas, Hermione, tenta de la rassurer Kécile. Tu sais mieux que quiconque qu'il est débrouillard. J'en connais un qui va avoir une mauvaise surprise, tout à l'heure, dit-elle en regardant la table des professeurs.

Karkaroff y finissait son déjeuner et ne semblait pas spécialement détendu non plus. Leurs regards se croisèrent et elle le fixa avec défi pendant quelques secondes, se retenant de lui tirer la langue, jusqu'à ce que Madame Maxime oblige le directeur de Durstrang à détourner la tête en s'adressant à lui.

Kécile ne put retenir un reniflement méprisant. Cet homme était vraiment un bel exemple de lâcheté. Mais il n'aurait pas Harry avec le tournoi. Quant à sa propre mort, Kécile ignorait s'il entrait dans les intentions du Mangemort de s'en charger, mais il allait falloir qu'il se lève de bonne heure pour l'abattre. Après tout, elle n'avait pas vécu pendant 6 ans chez les mangemorts sans y avoir appris de quoi se défendre.

- Viens donc te frotter à moi, mon coco, pensa-t-elle. J'espère pour toi que Voldemort t'a renseigné sur mes capacités ou tu risques d'avoir quelques surprises...


Voilà! A la semaine prochaine.