La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).
Cependant, l'histoire m'appartient.
Quand les autres ressortirent à leur tour de la salle, il n'y avait plus que le Dragonnier et le vampire qui les attendaient.
- Chrome voulait prendre de l'air, expliqua l'homme au fédora, et Ryuko l'a accompagnée.
- Et où est Lambo ? demanda Tsunayūki.
- M'en fous.
- Il doit être avec Chrome et Ryuko-san, proposa le zombie. Ce n'est pas étonnant qu'il préfère rester dehors à jouer que de s'intéresser à ce genre d'affaires...
Il rajouta cela en regardant la salle, perdant pendant quelques instants son sourire. Il y eut un silence pesant avant que le vampire n'invite tout le monde à sortir du château.
Dehors, ils retrouvèrent Chrome en train de s'occuper avec le petit yokaï qui faisait des démonstrations d'éclairs face à l'exorciste. Ryuko et Marciéloga les surveillaient au loin, appuyés contre la façade. L'ange partit rejoindre son amis pour vérifier comment elle allait, rejoint rapidement par la plupart des Élus. Reborn et Irugorn s'assirent à côté du Bosatsu.
- Chrome va bien ? demanda le Dragonnier en regardant le groupe s'amuser.
- Oh… elle a l'air de mieux aller que tout à l'heure, répondit Ganka. Le plus étonnant est, que même si tout cela la secouait, elle n'aurait pas été surprise de ce qu'elle a vu.
- Pourquoi vous n'êtes jamais allés dans la pièce depuis l'agression ? s'adressa l'homme au fédora au vampire.
- Une forte odeur de sang nous met en appétit, pour dire les choses les moins détaillés possible, déclara Marciéloga, et on se jette un peu sur n'importe qui pour apaiser notre soif. Quand il y a eut le vampire qui a vu le bureau, il est devenu très agressif et à failli s'attaquer à l'un d'entre nous. En ce moment, il est encore au lit pour se reposer et reprendre ses esprits.
- Pourquoi le garder si longtemps dans un lit ? voulut savoir Iru. Il suffit juste qu'on lui donne calmement du sang pour qu'il n'ait plus soif et basta, non ?
- Ce n'est pas si simple : lui donner du sang l'exciterait encore plus : le repos est la seule solution.
- Je trouve que vous êtes bien calme, pour des créatures de la nuit… remarqua Ryuko.
Reborn ne le remarqua que maintenant, mais le Bosatsu n'avait pas lâché une seule fois son khakkhara, ni lâché des yeux Chrome depuis qu'ils étaient arrivés. Il y avait rien de plus normal qu'un exorciste confirmé n'ait pas l'esprit tranquille avec des Élus qu'ils avaient toujours considérés comme démoniaque - même si dire qu'ils étaient des anges seraient légèrement mensongers -. Après un petit temps de réflexion, Reborn se leva d'un seul mouvement en s'étirant les bras.
- Je vais un peu détendre mes jambes, déclara-t-il.
Les autres le laissèrent faire, Iru s'occupant à arracher des brins d'herbes au sol comme un gamin. Chacun fut plongé dans sa pensée quand il y eut un cri de surprise avant quelques rires : c'était juste l'homme au fédora qui venait d'arriver derrière Tsunayūki pour l'effrayer et les autres qui s'amusaient de la réaction. Irugorn créa un magnifique nœud-papillon avec les pousses qu'il venait d'arracher.
- Pff… sacré gamin, ce Chibi, se plaignit le dragon qui défaisant ses nœuds en deux trois mouvements.
- Rooh, laisse-le s'amuser, rigola Ryuko. Il a de la tension sur les épaules, le petit.
- T'as pas faux… affirma-t-il dans un soupir. Après tous ces événements, il n'a jamais été aussi tendu qu'en ce moment.
Ça en avait pas l'air, mais il disait vrai : pour arriver à accomplir sa mission - de transmettre au Grand Duc un message de paix -, le Dragonnier n'avait jamais été aussi anxieux après avoir rencontré Tsuna ; échouer si près du but le forcer à garder davantage ses sens éveillés. Alors, à certains moments, il se permettait de se changer les idées, comme en embêtant l'ange, par exemple. Mais Iru ne lui en voulait pas pour autant - il trouvait cela même très bien car il pourrait embêter le Dragonnier plus tard -.
Mais Marciéloga alla droit au but et remit le sujet principal sur la table :
- Et vous avez trouvé des indices pour la disparition d'Hibari-sama ? questionna-t-il.
- Rien de franchement flagrant, avoua Iru. On a même rien trouvé, si ce n'est : « - 2 » écrit au mur qui ressemblerait le plus à un indice.
- Ça vous dit quelque-chose ou pas ? demanda Ryuko.
- Non, ça fait référence à rien du tout… objecta le vampire. Hm… le plus étrange, c'est pourquoi mettre un chiffre, négatif en plus ? Les agresseurs s'amusent ou quoi ?
- Ça en a tout l'air, en tout cas… soupira le Bosatsu.
- Bon, je vais effrayer Tsu… m'amuser avec les autres, déclara le dragon en se relevant à son tour.
Ryuko ricana sous cape avant de se lever à son tour. Marciéloga, lui, soupira d'exaspération : quand on lui avait dit qu'une Élue et qu'un simple humain avaient réussi à repousser des attaques de vampires tous seuls, ils s'attendaient à un peu plus de sérieux de leur part…
Finalement, après avoir pique-niqué autour du château, la troupe repartit à l'académie bredouille, sans rien avoir appris de plus sur cette affaire. Ils s'attendaient à un indice plus évident, mais chose était de constater que ce n'était pas le cas. Tsunayūki remarquait alors qu'après avoir quitté l'ex-collège, l'apprentie exorciste était devenue étrangement silencieuse et était davantage inexpressive qu'à son habitude. C'était pour cela, qu'une fois rentré, l'ange alla directement lui parler en tête à tête.
- Tu vas bien, Chrome-chan ? demanda-t-elle, anxieuse. Tu agis bizarrement, aujourd'hui : c'est ce que t'as vu qui te met dans cet état ?
Dokuro releva la tête, surprise.
- Hein ? Oh, non, pas du tout ! assura-t-elle. C'est seulement que... j'aurai vraiment voulu trouver quelque chose pour cette histoire.
- Tu sais, c'est vrai qu'on a rien trouvé, ce coup-là, mais je pense que c'est parce qu'on a raté des indices capitales ou juste qu'il y en a tout simplement pas, s'imposa Sawada. En tout cas, on retrouvera les agresseurs, alors ne t'inquiètes pas.
- Non ! contesta Chrome avec un sursaut d'émotion violent. Il…il faut qu'on trouve quelque-chose d'ici demain soir ! Sinon… ça sera trop tard…
Tsuna l'observa, interdite : la jeune fille en face d'elle avait l'air tellement assurée en disant cela que ça la déconcertait. Cependant, elle aussi, quand elle se mettait à penser à Hibari, un frisson parcourut son échine : elle se douta alors que c'était une manifestation de son hyper-intuition quant à son sujet - allait-il bien ? était-il seulement en vie ? -.
Cependant, l'apparition de Lambo coupa net dans les songeries : il avait à la main des papiers et un crayon pastel noir. Il courut vers les filles et s'assit sur le lit sans demander leur avis.
- Meuha ah ah ! Lambo-san a fait un jeu avec Reborn ! Vous voulez jouer au grand jeu de Lambo-san ?!
- Pardon ? s'exclama Tsuna.
S'il y avait un truc à savoir sur le Dragonnier, c'était qu'il avait une aversion particulière envers le yokaï, au point même de l'ignorer avec le plus grand sérieux. Alors, jouer avec lui… Non, l'ange n'arrivait pas à croire tellement c'était absurde.
- T'es sûr qu'il a vraiment voulu jouer avec toi ? demanda Tsuna avec un sourire au coin des lèvres.
- Ouais ! affirma le bovin. Le but du jeu, c'est de trouver un mot ! J'suis sûr que vous n'allez jamais trouvé !
Il leur passa un bout de papier où était écrit « Dpmmfgf ». Tsuna fixa le bout papier sans comprendre le sens, puis le passa Chrome. Étonnement, celle-ci sourit et prit le crayon de Lambo pour écrire sa réponse : Collège. Le yokaï se mit à bouder alors que l'ange alterna son regard entre Dokuro et le papier.
- C'est pas juste, râla Lambo. C'était censé être super dur !
- Tu sais, j'avais pas trouver, moi non plus, rassura Tsunayūki. D'ailleurs, comment t'as fait pour trouver, Chrome-chan ?
- D'habitude, j'arrive pas à voir, mais là, ça m'a parue clair : il suffit juste de décaler une lettre dans l'alphabet pour changer le mot : Là, il fallait décaler une lettre en arrière, expliqua Chrome.
- Ah… je comprends mieux, à présent.
- … Lambo-san n'a pas compris ce que t'as dit ! se plaignit Lambo avant de nouveau sourire. Mais là, tu vas pas trouver, parce que c'est Reborn qui l'a fait !
Le petit garçon donna alors aux filles un autre papier avec un plus grand message à décoder : « K'bj dpnqsjt mf nfttbhf qpvs m'bhsfttjpo : sfoefa-wpvt fo cbt ». Ce coup-là, les adolescentes ont réfléchi beaucoup plus longtemps que précédemment. Enfin, lorsqu'elles trouvèrent, elles s'échangèrent un regard surpris, avant de se lever d'un bond et de dévaler les marches quatre à quatre pour retrouver les garçons qui étaient assurément dans le hall, laissant quelques secondes le yokaï seul.
Reborn venait de leur envoyer ce message : « j'ai compris le message pour l'agression : rendez-vous en bas ».
En arrivant à la dernière marche, Tsuna se tordit la cheville et se ramassa par terre, cognant son menton contre le sol avec un bruit inquiétant. Chrome, réagissant malheureusement trop tard, trébucha à son tour et tomba sur la jeune femme. Irugorn les retrouva toutes les deux à terre.
- Vous faites quoi ? demanda-t-il. Je ne connaissais pas ce jeu…
- Ce n'est pas un jeu, Irugorn-san… soupira Tsuna qui se releva péniblement après l'autre fille.
- Vous… vous avez trouvé une piste ? enchaîna immédiatement l'exorciste.
- Ouaip ; Chibi vous expliquera tout là-bas, indiqua le dragon.
De suite après, il alla rejoindre les garçons, suivi au pas près par l'exorciste. L'ange remarquait la jeune fille l'affaire très au sérieux. Même peut-être trop.
« Je suis sûre qu'il y a quelque-chose qui ne tourne pas rond... et dont je suis concernée »
Et si c'était vrai ?
En retrouvant les autres, Tsuna retrouva Reborn assis sur le canapé, une feuille griffonnée sur la table basse. D'ailleurs, Dokuro remarqua immédiatement le papier et le prit dans sa main. Finalement, elle reposa le papier sur la table avant de fixer curieusement l'homme au fédora qui souriait mystérieusement. Quand Tsunayūki s'approcha à son tour de la feuille, elle reconnut alors du romanji.
- Euh... et tu as trouvé quoi, comme indice ? demanda-t-elle.
- Tu l'as sous les yeux, Dame-Tsuna, sourit le Dragonnier.
La jeune femme s'attarda alors plus longtemps sur le papier et arriva à lire Kyoya en kanji et en romanji et - 2. Elle échangea son regard entre la feuille et l'homme au fédora, perplexe.
- Je comprends pas, finit-elle par avouer, faisant davantage sourire le garçon.
- Au départ, on a pensé que le seul indice qu'il nous aurait laissé, c'était - 2, commença Reborn, sauf que ce n'était pas tout, en réalité : il y a aussi « Kyoya » qui pouvait nous mettre sur la voie. Comme c'était écrit en kanji, il fallait d'abord le remettre en toute lettre. Et grâce à ça, on peut trouver où est-ce qu'ils auraient pu l'emmener.
- Euh… et comment, donc ? voulut savoir l'ange.
- Par le même moyen que je vous ai averti avec le message : en décalant les lettres pour cacher un mot. Et là, avec le - 2 écrit sur un mur, le décryptage est assez simple à effectuer.
Il y eut un moment de silence, le temps que Tsunayūki effectue le décryptage. Pourtant, lorsqu'elle termina le travail, sur le bout d'un papier, son visage exprimait toujours de la perplexité.
- Euh… c'est bien beau, tout ça, mais on tombe sur «Iwmwy», déclara-t-elle. Je ne suis pas une pro du décryptage, mais à la fin, on ne devrait pas tomber sur un mot qui a du sens ?
- Et c'est là qu'apprendre sa géographie sert à quelque-chose, contra l'homme au fédora. Car si on déplace les lettres, on tombe sur « Wimwy », une ville relativement connue.
En entendant le nom, Ryuko se crispa et c'était comme s'il rejetait cette ville de tout son cœur.
- Oh, je vois… comprit Tsuna en rougissant légèrement - car elle connaissait absolument pas la géographie d'Ancester -. Et pourquoi il est connu ?
- Je me rappelle que la dernière fois que j'y suis allé, il y avait un gros hôpital à la pointe de la technologie, se remémora Yamamoto. Tout du moins, la technologie de l'époque, en tout cas.
- Sauf que ça date de quatre cents ans, rappela Gokudera.
- Maintenant, ce n'est plus du tout la même chose, informa Irugorn. L'hôpital est maintenant désert et complètement inutilisable, et Wimwy a l'image d'une ville hantée.
- Ah, je m'en rappelle à l'extrême limite ! s'exclama Ryohei. Le scientifique qui m'a gardé dans son labo m'a raconté une légende sur cette ville : on dit qu'il capture tous sortes d'enfants dans différentes villes avec un son étrange pour ensuite faire des expériences et les séquestrer dans l'hôpital abandonné…
- Euh… tu n'y vas pas mollo, niveau légende, crâne de gazon… rajouta Hayato en constatant que sa Jūdaime avalait sa salive de travers en buvant ces paroles.
- Après, ce n'est qu'une légende à l'extrême limite ! rassura le cyborg. Il me disait ça quand il devait resserrer ma vise de la tête et que ça me faisait mal…
Sasagawa se mit à rire en se rappelant de ce moment. Cependant, même cette petite anecdote ne suffit pas à détendre l'atmosphère pesant qui venait de se créer en un rien de temps.
- Cependant, si on parle de « légendes » et qu'on implique des Élus dans cette affaire, c'est que toute cette histoire risque d'être plutôt vrai… murmura le dragon.
- Déjà, ça peut faire une partie du poème, intervint Takeshi, « suivez le son mélodieux », ça me paraît clair que c'est en lien avec ce son qu'entendraient les enfants avant de disparaître chez Wimwy.
- Par contre, pour l'astre qui nous conduirait jusqu'à Hibari, on n'a encore aucune indication dessus, soupira le chat-garou.
- Peut-être qu'ils parlent d'une étoile qui n'est visible qu'à Wimwy, non ? proposa Chrome.
- Espérons que nous trouverons la réponse là-bas, déclara Reborn.
Depuis le début, le seul à ne pas avoir parlé et à être réticent sur cette expédition, c'était le Bosatsu : il n'arrêtait pas de regarder avec inquiétude l'apprentie exorciste. Lorsque celle-ci remarqua cette insistance, elle pencha la tête sur le côté, inquiète.
- Si ça vous dérange d'y aller, vous pouvez ne pas venir, Ganka-sama, déclara-t-elle.
- Le problème n'est pas pour moi, soupira-t-il, mais pour toi : tu ne dois pas te sentir forcée à y aller.
- Je ne me sens absolument pas obligée, Ganka-sama.
- Chro...
Il fut interrompu par la sonnerie de son portable ; il regarda rapidement qui c'était avant d'être obligé de s'absenter, le temps de l'appel téléphonique. Pendant ce temps, le petit groupe s'occupait d'amuser Lambo avant que Reborn interrompt :
Chrome, tu as dit que t'avais fait un drôle de rêve qui te recommandait de nous accompagner, c'est ça ? Ça te dérangerait de nous en parler un peu plus en détail ?
L'exorciste déglutit et lâcha le jouet en bois par surprise. Finalement, elle échangea un regard avec Tsunayūki - qui acquiesça de la tête pour lui donner du courage - et se décida d'expliquer de sa vision au groupe. Quand elle finit de raconter son récit, chacun la fixait, désorienté. Sawada s'assit près d'elle et la prit dans les bras pour la calmer.
- Euh... glauque à l'extrême limite, ce rêve, s'exprima Sasagawa.
- Il y a de quoi flanquer une bonne trouille, tout ça, rajouta Hayato qui fit dégager le yokaï à coup de pied.
- C'est le fait qu'il y avait nous dans ce rêve qui t'a poussée à nous suivre là-bas ? devina Takeshi.
Dokuro hocha de la tête comme réponse tout en s'essuyant une larme au coin de l'œil.
- Ça t'arrive souvent de faire ce genre de rêve ? demanda le Dragonnier.
- Non, presque jamais... je crois bien que c'est la première fois que je fais un rêve avec autant de significations, expliqua l'exorciste.
- De significations ? répéta Irugorn. Ce que tu rêves se concrétise ?
- Dans mon cas, j'aimerai pas trop que ce soit le cas... intervint le chat-garou.
- Parfois oui, parfois non : ça reste très souvent flou.
- Et tu n'as jamais réussi à aller à l'encontre de tes rêves ? questionna l'homme au fédora. Ou même, essayé ? Parce que, dans le cas de celui-là, le rêve t'a incitée à nous suivre ; cependant, t'avais quand même le choix de ne pas y faire attention, et peut-être que rien de tout ça ne se réaliserait. À part si tu as peur qui pourrait t'arriver quelque-chose en échange ?
- Euh... c'est hyper compliqué, ce que tu demandes, remarqua Tsuna avec une goutte de sueur.
- Je... non, je ne me suis jamais opposée aux rêves, répondit finalement Chrome après une intense réflexion. Je ne sais pas comment expliquer, mais... il me dit de faire ce que j'ai à faire : par contre, je comprends pas ta dernière question...
Reborn leva les yeux au plafond, cherchant les mots pour expliquer.
- Eh bien... est-ce que, si tu ne fais pas ce que te dicte ton rêve, tu as l'impression que tu recevrais une malédiction ou quelque-chose de ce genre ?
Tout le monde se mit à le regarder avec incrédulité, sauf le dragon qui se retint de tout commentaire. Soudain, Ryohei se mit à rire avant de taper dans le dos du Dragonnier.
- Allons allons, Reborn, tu penses vraiment qu'il pourrait lui arriver une malédiction parce qu'elle ne fait pas ce qu'on dit ? rigola le cyborg. Ça reste seulement un rêve, tout de même, à l'extrême limite !
Mais sa gaieté partit tout aussi rapidement qu'elle soit venue en constatant le regard perçant de l'homme au fédora. C'était dans ces moments qu'il donnait froid dans le dos à Tsuna.
- Je dis ça sérieusement, Ryohei, assura-t-il d'une voix grave. J'ai connu une vestale, qui était aussi oracle malgré son jeune âge. Et même si elle voyait l'avenir, parfois contre sa volonté, elle ne devait en parler à personne, sinon cela ne se réaliserait pas si on tentait d'en empêcher. Cependant, un jour, elle... m'a prévenu d'un certain événement qui n'était rien de réjouissant. J'ai réussi à l'éviter in extremis, mais je l'ai retrouvée extrêmement affaiblie à cause de moi. Et maintenant, je ne sais même pas si elle est encore vivante...
Il finit sa phrase avec un soupir, perdant toute sa combativité et perdu dans ses pensées et souvenirs. Le cyborg lui tapa dans le dos plus doucement comme réconfort, s'excusant à voix basse. Mais Iru passa de suite sur le sujet principal :
- Bon, revenons à nos moutons : sans dire que tu pourrais crever, est-ce que t'as le sentiment d'un truc du genre ou pas ?
- Je... n'en sais rien, avoua Chrome. Comme je ne me suis jamais opposée, je n'en ai aucune idée ; mais ça reste quand même qu'un simple rêve, non ?
Le groupe plongea dans une intense réflexion que même le stupide bovin n'arrivait à les faire songer à autre chose. Cependant, lorsque Ryuko arriva dans la salle, tout sourire, tout le monde sortit de sa transe et se força à sourire pour ne pas l'inquiéter.
- Désolé de mon absence, mais mon collègue voulait me demander un petit service, expliqua le Bosatsu avant de se retourner vers son étudiante. Toi, tu n'as pas changé d'avis, j'imagine ?
- Non ; désolée, Ganka-sama... approuva Dokuro.
- Bon, puisque c'est toujours pareil, je vous accompagne de même : nous partons quand ?
- Demain serait au mieux, proposa Reborn. Il se fait trop tard, et nous allons bien marcher, puisque Wimwy se trouve à l'est de Zanju.
- Quoi ?! paniqua Tsunayūki. Il... il faut aller jusqu'à là-bas ?!
- Ça va, c'est pas si loin, non plus, rassura le dragon. On n'a même pas mis une journée pour faire de Zanju jusqu'ici.
- Oui, mais nous, on avait la diligence et les chevaux ! rappela-t-elle en désignant ses amis qui acquiescèrent de la tête en se rappelant. D'ailleurs, j'espère que Dino-san nous en voudra pas trop pour le cheval mort...
- Vu les circonstances, je pense qu'il comprendra tout ça, assura Reborn.
- Bon, interrompit Ganka en tapant dans ses mains, si nous partons que demain, je recommande vivement qu'on prenne la douche assez tôt pour qu'on puisse se coucher de bonne heure !
Tout le monde fut de son avis, n'étant pas contre un bon dodo pour bien se reposer face à la journée épuisante qui allait suivre.
Après une douche bien chaude et un repas toujours aussi excellent, Tsuna s'installa dans son lit : elle resta allongée, sans penser à rien, pendant une bonne dizaine de minutes, le temps que la jeune exorciste prenne sa douche - l'ange avait pris tellement de temps que Dokuro avait dû se laver qu'après le repas -. Finalement, quelque-chose travaillait dans sa tête depuis un petit bout de temps et, comme elle n'avait absolument pas sommeil, Sawada se leva et descendit dans le hall. Elle ne fut qu'à moitié surprise quand elle vit Reborn encore en train de travailler sur la carte. Avec un espèce de compas, il plaçait les différents endroits par où il était placé. Elle l'observa pendant quelques minutes avant que le Dragonnier ne lui jette un coup d'œil.
- Pas encore couché ? fit-il remarqué.
- Toi non plus, à ce que je sache, répliqua l'ange en s'installant à côté de l'homme au fédora.
- Moi, je suis assez grand pour pouvoir me coucher tard sans me plaindre quand c'est l'heure de se lever, contra-t-il en fixant l'ange comme si elle était concernée par ses propos. D'autant plus que je fais quelque-chose. Toi, t'es debout pour... pour rien.
- Hm... soupira-t-elle, tu parles seulement pour me faire des reproches ou quoi ?
- Ah ? Tu veux qu'on discute d'autres choses, en fait ?
Il posa son outil de travail avant se concentrer pleinement sur la jeune femme. Celle-ci se sentit prise d'une légère panique ; il ne cessait de la fixer, les yeux légèrement plissés, comme pour tenter de déchiffrer toutes ses pensées. Finalement, lorsqu'il sembla avoir eu ce qu'il voulait, il afficha un sourire sournois qui fit piquer un fard à Tsuna.
- T'es vraiment facile à deviner, décidément ~, se moqua-t-il ouvertement.
- He-hein ? N'im-n'importe quoi ! bégaya Tsunayūki malgré-elle.
Elle détourna du regard, semblant s'emballer beaucoup trop à son goût : qu'est-ce qu'il a pu encore deviner ?! Elle espéra du fond du cœur que ce n'était pas son doute envers ses sentiments... Cependant, quand elle osa le regarder furtivement, il avait pris une expression sérieuse, presque froide.
- Il y a quelque-chose qui te tracasse, je me trompe ? proposa-t-il.
- Euh... hm, oui, avoua Tsuna avec soulagement que ce n'était pas ce qu'elle pensait. Quoi, après, c'est peut-être un sujet sensi...
- C'est au sujet de l'oracle, c'est ça ? Que je sois devenu « triste » en parlant de ça ? enchaîna-t-il en faisant des guillemets avec ses doigts.
Comme elle le niait pas, il laissa échapper un soupir.
- Écoute, c'est vrai que je ne suis pas forcément de nature à être nostalgique, mais je reste quand même un être humain, et il y a forcément des expériences qui sont moins agréables que d'autres.
- Je sais, approuva Tsunayūki. Mais... j'aime pas quand les gens sont tristes...
Reborn haussa un sourcil avant de frotter rigoureusement la tête de l'ange : au final, ses cheveux se trouvaient en bataille et emmêlés - plus qu'à l'habitude, en tout cas -. Tsuna fusilla du regard le Dragonnier.
- Et si t'arrêtais un peu de te soucier pour un rien à chaque fois ? remarqua-t-il. Ça va finir par te perdre, un jour.
- Mais... ! J'ai bien le droit de m'inquiéter, non ? Tu montres si rarement tes émotions que lorsque c'est le cas, j'ai peur que c'est parce que tu en as trop en toi... tu devrais en parler plus souvent.
- Je n'en parle pas car des personnes normalement constituées ne se soucient pas de ce que ressentent les autres, objecta-t-il alors que la jeune femme fit légèrement la tête.
- Sauf que moi, je ne suis pas normalement constituée et que je me fais du soucis pour toi quand t'es triste. Point final !
- Ah ? Et qu'est-ce que tu proposes pour que tu me lâches la semelle ?
- J'en sais rien ! Peut-être t'ouvrir un peu plus aux autres ? Ou trouver un moins pour te détendre ?
L'homme au fédora la fixa quelques instants avant de nouveau maltraiter les cheveux de Sawada.
- Mais... ?! Ça suffit, un peu, avec mes cheveux ?! se plaignit-elle. Ils ne t'ont rien fait que je sache !
- Je me détends, contesta Reborn.
Tsuna le regarda, surprise, avant de rajouter un « n'importe quoi », le sourire aux lèvres.
Soudain, un cri se fit entendre. Ça provenait du dortoir des filles, et c'était incontestablement la voix de Chrome. Les deux s'échangèrent un regard avant que Tsunayūki accourt à la rescousse de Dokuro. Une fois en haut, l'ange soupira, rassurée : c'était juste Lambo qui avait surpris l'exorciste lorsqu'elle était sortie de la douche. Tsuna prit le yokaï et le ramena en bas, celui-ci se plaignant de vouloir encore s'amuser.
- Reborn, ça te dérangerait de mettre Lambo au lit ? demanda Sawada.
- Oui, répondit au tact au tact le Dragonnier.
L'ange soupira d'exaspération avant de poser le petit garçon par terre et de le convaincre d'aller se coucher - en échange, elle ira jouer avec lui demain - : Lambo s'en alla alors directement dans le dortoir des garçons, rigolant à pleins poumons et réveillant assurément les garçons qui tentaient de dormir. Après s'être occupée du yokaï, elle reporta son regard sur le Dragonnier qui s'était remis au travail.
- Et toi, si t'as le moindre soucis...
- Je viendrai te décoiffer, promis, compléta l'homme au fédora.
Tsuna allait contester mais, finalement, elle se retint de tout commentaire. Elle attendit quelques secondes avant de murmurer :
- Hm... bonne nuit, Reborn.
Le Dragonnier se tourna vers elle, un sourire aux lèvres.
- Buonanotte, Tsuna, souhaita-t-il à son tour.
Il prit un ton affectueux qui fit soudainement accélérer le rythme cardiaque de l'ange. Elle le salua une dernière fois avant de retourner rapidement dans sa chambre, abordant un sourire niais - qui fit légèrement inquiéter Chrome sur le coup sans pour autant qu'elle fasse de remarque la-dessus -.
On est déjà à 30 chapitres. Je trouve que s'est passé drôlement vite, quand même... XD
Merci à Tsuki Banritt pour le commentaire et à Neko no Yvee pour le favori et le follow ^^
ciao ciao ~
