IMPORTANT! La semaine prochaine, cette histoire paraîtra sous le titre "Requiem pour l'Innoncence". Un prologue sera ajouté au début de l'histoire (soit en ajoutant un chapitre, soit au début du chapitre 1).

Concernant ce chapitre, moment de pur détente et d'amusement et j'ai moi même bien rigolé en l'écrivant...


Chapitre XXXXXVI : La gageure

Il l'avait fait... Harry avait réussi la première tâche ! Et pire que ça, il s'était débrouillé pour être en tête de la compétition. Quand Kécile songea à toute l'ironie de la situation, elle ne put s'empêcher d'éclater de rire.

- On peut savoir ce qui vous amuse ainsi, Miss Gaut, demanda Seveurs d'un ton pincé.

- Il ne vaut mieux pas, Severus, vous ne partageriez pas mon hilarité, répondit Kécile avec un sourire malicieux.

Tous deux n'avaient plus reparlé de leur dispute, et Kécile, pour se faire pardonner son insolence, avait été vigilante à se montrer particulièrement respectueuse avec son professeur. Severus, se sachant dans son tort même s'il ne le reconnaîtrait jamais, avait donc passé l'éponge.

- Je pense deviner ce qui t'amuse, Kécile, dit Dumbledore qui l'observa avec un air grave par dessus ses lunettes en demi-lunes. Mais il ne faut pas que Harry se repose sur ses lauriers et toi non plus. Je pense que la deuxième tâche sera moins dangereuse pour lui. Mais Karkaroff est furieux de son succès. La colère pourrait très bien lui faire perdre toute prudence.

- Probablement espérait-il que le dragon ferait le travail à sa place, fit remarquer Severus avec un rictus.

- Qu'il vienne ! S'exclama Kécile avec défi. Je l'attends au tournant. Soyez sans crainte, professeur, je surveillerai Harry de près.

- Je me demande... dit Severus l'air tout d'un coup concerné. Les élèves de Durmtrang, Karkaroff, les mangemorts à l'extérieur... Le Seigneur des Ténèbres, accessoirement... Il serait peut-être nécessaire que nous reprenions nos anciennes leçons, Kécile. Notamment les cours de duel.

- C'est une excellente idée, Severus, approuva Dumbledore. Mais est-il besoin de vous demander d'être discrets.

- Severus, demanda Kécile en plissant les yeux. Vous ne seriez pas là en train d'aider Harry par un moyen détourné, non ?

- Le regard glacial que son professeur lui lança convainquit Kécile qu'il valait mieux qu'elle se taise si elle voulait bénéficier de ces cours.

XXX

La vie s'était avérée beaucoup plus facile pour Harry depuis la fin de la première tâche. Il s'était d'abord réconcilié avec Ron.

Kécile n'était pas absolument convaincue du bien de cette réconciliation, mais elle semblait très importante pour Harry. Aussi après une bonne dispute qui avait attiré du monde dans la salle commune, où Kécile avait dit sa façon de penser à Ron, et ou celui-ci avait vertement répliqué, tous deux avaient tant bien que mal enterré la hache de guerre, elle parce qu'elle savait que l'amitié de Ron était importante pour Harry, lui parce qu'il reconnaissait qu'elle pouvait considérablement aider Harry à rester en vie d'ici à la fin du Tournoi.

Tout était donc rentré dans l'ordre : Kécile passait ses soirées entre ses amis, Severus et Dumbledore avec qui elle écoutait de la musique. Elle pouvait discuter avec Susan sans que d'un côté ou de l'autre on les accuse de fraterniser avec l'ennemi, et elle avait même reçu une lettre de Martine, l'invitant à passer deux jours chez elle avant Noël avec Dumbledore. L'invitation l'avait touché, lui donnant l'impression d'avoir presque une famille.

Le seul point noir selon elle, c'était que Harry était un peu trop insouciant au sujet de la seconde tâche ( avis que partageait également Hermione) et qu'il avait décidé que les cours supplémentaires de sortilèges n'étaient plus nécessaires. Devant l'obstination de leur camarade, les deux filles avaient capitulé.

Une semaine plus tard, une nouvelle faisait sensation parmi les élèves: un bal de Noël allait être organisé. Toutes les filles étaient excitées comme des puces, à part Hermione qui restait digne en toute circonstance, et Kécile qui se demandait si elle n'allait pas demander à Henri et Martine de l'héberger un jour de plus.

Il y avait eu un certain nombre de bals durant son enfance au manoir Malfoy. Drago savait d'ailleurs très bien danser, il fallait au moins lui reconnaître cela. Mais Kécile n'y avait jamais participé et était généralement cloîtrée dans sa chambre durant ces moments là. Telle avait été la volonté du Lord.

Elle ne savait donc pas danser, et savait pertinemment qu'aucun garçon ne voudrait y aller avec elle Quoi que peut-être que Harry n'aurait pas dit non, mais apparemment, il pensait à quelqu'un d'autre, aussi Kécile préféra-t-elle ne rien demander. Sans compter qu'il aurait sans doute un certain nombre de filles qui lui tourneraient autour. Elle envisagea tout simplement de rester ce soir-là dans la salle commune. Après tout, ce ne serait vraiment pas le premier Noël triste qu'elle passerait. Elle s'en remettrait.

Elle se trompait cependant en pensant que Harry n'aurait aucun mal à se trouver une cavalière.

Le dernier jour des cours, une semaine avant le bal, lui et Ron n'avaient toujours personne.

- Alors, toutes les belles filles sont prises ? Demanda d'un ton hautain Hermione. Eloïse Midgen commence à être jolie, non ? Enfin, je suis sûre que vous finirez par trouver quelqu'un, quelque part, qui acceptera de vous accompagner.

- Hermione, dit soudain Ron, comme pris d'une révélation. Neville a raison, après tout : tu es une fille.

Kécile pouffa et admira le sang froid d'Hermione.

- Quel sens de l'observation ! Lança-t-elle d'un ton acide.

- Alors, tu n'as qu'à venir avec un de nous deux !

- Non, impossible.

- Allez arrête. On a besoin de cavalières, on va avoir l'air vraiment idiot si on n'en a pas...

- Je ne peux pas venir avec vous, répliqua Hermione fermement, mais sans pouvoir s'empêcher de rougir. J'y vais déjà avec quelqu'un d'autre.

- Tu parles ! Tu dis ça simplement pour te débarrasser de Neville.

- Ah tu crois ça ? Répliqua Hermione qui commençait à s'énerver. Ce n'est pas parce que tu as mis trois ans à t'en apercevoir que d'autres n'ont pas vu tout de suite que je suis une fille.

- D'accord, d'accord, on sait que tu es une fille. Ça te va ? Alors tu es d'accord pour venir avec nous, maintenant ?

- Ron, tu es un vrai mufle... déclara Kécile qui admirait la patience de sa camarade.

- Je t'ai dit que c'est impossible. Je vais au bal avec quelqu'un d'autre.

- Très bien, capitula-t-il enfin. Tout ça devient franchement idiot. Ginny, tu n'as qu'à y aller avec Harry et moi je...

Ginny devint aussitôt écarlate et répondit d'un ton déconfit qu'elle ne pouvait pas car elle s'était déjà engagée auprès de Neville. En la voyant partir l'air aussi malheureuse, Kécile songea que Harry aurait vraiment dû commencer par penser à elle.

- Mais comment on va faire ? Gémit Ron.

- Tu n'as qu'à demander à Kécile! répliqua vertement Hermione.

- Je préfère encore demander à Eloïse Midgen, marmonna-t-il.

- Kécile, dit Harry en se tournant vers cette dernière qui riait sous cape, accepterais-tu de venir au bal avec moi? demanda-t-il très sérieusement.

- Mon cher Harry, répondit celle-ci, ce n'est pas que je ne veux pas, mais je ne sais pas mieux danser que toi... Dans la mesure où tu dois ouvrir le bal, ce ne serait vraiment pas un service à te rendre!

Harry eut l'air découragé.

Mais après un moment de silence, Kécile reprit:

- A moins que je trouve quelqu'un pour m'apprendre à danser...

- Pitié, pas McGonagall!

- Non, je ne pensais pas à McGonagall, fit Kécile avec un sourire que les trois autres avaient fini par associer à son côté serpentard.

- Alors à qui? interrogea Harry qui s'attendait au pire.

-... A Drago.

- Malfoy? Fusèrent trois cris.

Ron avait hurlé visiblement furieux, tandis qu'Hermione avait répété le nom perplexe et que Harry ne comprenait tout simplement pas.

- Tu ne veux pas aller au bal avec lui tant que tu y es? s'insurgea Ron.

- Pourquoi pas! fit Kécile en haussant les épaules. Mais je crois qu'il y va avec Pansy.

- Explique-toi, Kécile, parce que vraiment je ne comprends pas, s'exclama Harry. Pourquoi Malfoy accepterait-il de t'apprendre à danser?

- C'est un serpentard, Harry. Il me suffira de trouver les arguments et les contreparties qui lui donneront l'impression d'agir dans son propre intérêt.

- Si tu y arrives, j'accepte d'aller au bal avec Midgen, ricana Ron.

- Je n'en demande pas tant, Ron! Mais tu pourrais par exemple cesser de m'appeler Miss Mystère? suggéra Kécile.

Ron réfléchit un instant.

- D'accord, accepta-t-il beau joueur. Je trouverai bien autre chose...

Le lendemain matin, premier jour des vacances, Kécile ne prit pas la direction de la table des Gryffondors au petit déjeuner, mais celle des Serpentards. L'élève qui l'intéressait se trouvait au beau milieu de condisciples de Durmstrang, ce qui ne l'empêcha pas de l'aborder avec assurance.

- Drago?

- Qu'est-ce que tu veux, Gaunt?

- Un accueil plus aimable pour commencer, Malfoy, répondit Kécile en affichant un grand sourire, mais en sortant sa baguette d'un geste ostentatoire.

Drago y jeta un coup d'oeil suspicieux, tandis que les autres élèves les observaient à la dérobée.

- Vas-y, je t'écoute, Kécile...

- Merci. J'aurais besoin que tu me rendes un service.

- Et pourquoi te rendrais-je service? S'exclama le garçon sans cacher un air narquois.

- Parce que ça vaut mieux pour toi? Fit Kécile en masquant à peine la menace par un sourire.

Drago haussa les sourcils.

- Aurais-tu oublié que tu n'es plus la Princesse et que de ce fait tu as perdu toute autorité sur moi?

Quelques élèves commencèrent à fixer la Gryffondor, tout d'un coup beaucoup plus intéressés. Le tout était de savoir s'ils savaient vraiment qui était la Princesse ou si Karkaroff avait gardé ce genre d'informations pour lui.

- Je ne te parle pas d'autorité... plutôt d'influence.

Kécile avait un sourire en coin qui déplaisait souverainement à Drago. Il plissa les yeux et demanda avec méfiance:

- Vas-y, dis toujours, c'est quoi ce service?

- Je voudrais que tu m'apprennes à danser.

Drago ouvrit de grands yeux, désarçonné. Il ne faisait aucun doute qu'il ne s'attendait pas à ça.

- Vois-tu, contrairement à toi, poursuivit Kécile avec nonchalance, je n'ai pas eu l'occasion de m'exercer, mais je veux malgré tout faire honneur à mon rang au cours du bal. J'ai demandé à Severus, mais il a refusé, ajouta-t-elle avec une moue ennuyée.

- Tu m'étonnes! Tu crois honnêtement que Rogue sait danser?

- Ce n'est pas impossible. En tout cas, il m'a dit qu'il n'avait pas le temps et qu'il n'était pas doué pour cela. C'est là qu'il m'a suggéré de te demander. J'aurais pu y penser par moi-même, d'ailleurs. Tu es très à l'aise sur une piste de danse... fit Kécile d'un ton indifférent.

- Tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute, marmonna Drago

- C'est une maxime que Salazar Serpentard affectionnerait, n'est-ce pas?

Drago jeta un regard noir à Kécile avant de dire:

- En clair, si je refuse, tu vas user de ton influence auprès de mon directeur de maison pour me causer des ennuis?

- Tu me connais! s'exclama Kécile avec un sourire angélique. Je ne ferais jamais une chose pareille! Je me contenterais d'en informer Severus.

Les deux élèves s'affrontèrent du regard.

- Qu'est-ce que tu me donnes en échange? demanda finalement Drago en plissant ses yeux gris d'un air calculateur.

- Voyons voir ce que tu suggères?...

Drago réfléchit un moment, puis un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres.

- J'aimerais vraiment savoir si Rogue sait danser. Je t'apprends, tu le fais danser au bal de Noël.

Kécile resta un moment estomaquée, puis prit une moue ennuyée.

- Encore faudrait-il qu'il y soit présent!

- Débrouille-toi, fit Drago intransigeant. Après tout, c'est toi qui es censée avoir de l'influence sur lui, répliqua-t-il en lui rendant son air narquois.

Kécile hésita : le pari était risqué. Mais elle avait une idée pour parvenir à ses fins, et elle accepta.

- Tu comprends cependant qu'il me faut une garantie, lui dit Malfoy

Kécile acquiesça.

- Si tu perds, tu devras porter ça jusqu'à la fin du tournois des trois sorciers, décida Drago en tapotant le badge qu'il portait toujours depuis novembre et qui afficha " A bas Potter"

Il perçut parfaitement l'hésitation de Kécile qui fixait le badge avec intensité, les lèvres pincées, comme si elle cherchait à faire disparaître l'inscription. Elle semblait réfléchir à toute vitesse. Elle finit par relever les yeux sur lui et demanda:

- Rendez-vous ce soir à 19h dans la salle de sortilèges.

- Très bien.

- Tu es persuadée que je vais perdre, n'est-ce pas?

- Oui, répondit Drago goguenard.

- Et bien moi, je puis t'assurer que je vais gagner. Tes cours de danse ont intérêt à être à la hauteur de la gageure que tu m'imposes.

Et elle planta là le Serpentard qui fut aussitôt assailli de questions par les élèves de Durmstrang.

Lorsque Kécile rentra dans la salle commune des Gryffondors, un sourire satisfait s'étirait sur ses lèvres.

- Harry, lança-t-elle à la cantonade, je vais pouvoir t'accompagner au bal.

Plusieurs têtes se tournèrent vers elle.

- Il a accepté? fit l'intéressé éberlué.

- En échange de quoi? Tu lui a promis des cours de Magie Noire? interrogea Ron d'un air soupçonneux.

- Non, répondit Kécile avec un grand sourire, je vais devoir faire danser Severus.

Il y eut un instant de stupeur avant qu'Harry n'éclate de rire.

- C'est une plaisanterie? s'exclama Hermione que cette idée semblait davantage paniquer qu'autre chose.

- Absolument pas, répondit Kécile très calmement.

- Tu n'y arriveras jamais! Rétorqua-t-elle.

- Bien sûr que si.

- Kécile, tu as beau être son élève préférée et avoir un peu d'influence sur lui, fit remarquer Harry qui tentait de retrouver son calme, je ne crois pas un seul instant qu'il acceptera ne serait-ce que de se rendre au bal pour te faire plaisir.

- Pour me faire plaisir, certainement pas. Mais on ne lui demandera pas son avis. Bien, vous m'excusez, mais je dois aller voir Severus. J'étais passée prendre quelque chose.

Elle monta dans son dortoir et en redescendit avec un livre.

- Attends! s'exclama Ron alors que Kécile allait passer le portrait. Et si tu n'arrives pas à faire danser Rogue, qu'est-ce que tu devras faire à la place?

- T'occupes! répliqua Kécile avec une grimace. Ça, c'est mon affaire. J'ai d'ailleurs toujours un moyen pour la retourner contre Drago, cette contrepartie-là, marmonna-t-elle pour elle-même.

Aussitôt le portrait refermé sur elle, Hermione pouffa. Les deux garçons la regardèrent sans comprendre.

- Tu nous expliques, qu'on partage ton hilarité? demanda Harry.

- J'ai l'impression que Kécile est en train d'embobiner deux maîtres Serpentards!

- Je n'ai pas trop d'inquiétude pour eux. Ils savent se défendre, remarqua Harry non sans une certaine amertume.

- Ouais, et attends de voir si elle réussit avant de te réjouir... remarqua Ron. Je serais bien curieux de voir ce que c'est que cette contrepartie...

Kécile frappa à la porte des appartements du professeur des potions qui vint lui ouvrir d'un geste brusque.

- Miss Gaunt?

- Bonsoir, professeur. Je vous dérange? Ou je repasse plus tard ?

- Non, entrez, fit-il en allant se rasseoir à son bureau.

- Je ne serais pas longue. Je venais juste vous rendre le livre, fit-elle en lui montrait ce qu'elle tenait à la main.

- Allez donc le ranger dans la bibliothèque, demanda Rogue.

Kécile s'exécuta puis demanda avec une feinte indifférence :

- Vous restez au château durant Noël ?

- Que voulez-vous que je fasse d'autre ! S'exclama d'un ton agacé Severus en levant le nez de ses copies.

- Je ne sais pas... Les Praslin, vous savez les amis de Dumbledore, nous ont invités à venir passer un week-end chez eux. Je crois que nous irons juste avant le bal. En parlant de ce bal, vous irez ?

- Je n'ai absolument rien à faire dans ce genre d'événements.

- Mais vous êtes un professeur de l'école !

- Je crois que les élèves se passeront très bien de ma présence, fit remarquer Severus avec un rictus.

- Au moins, on est sûr que Gryffondor ne perdra pas de points ce soir-là, remarqua Kécile avec un sourire taquin. Bien, je vous laisse raturer toutes ces copies, Severus. Bonne journée.

- Bonne journée, Kécile.

- Ah, au fait ! S'exclama la gryffondor sur le pas de la porte. J'ai demandé à Drago de m'apprendre à danser.

Severus haussa un sourcil interrogateur.

- J'ai dû user de subterfuges pour le convaincre. Je lui ai notamment dit que c'est vous qui m'aviez suggéré l'idée... Je ne crois pas qu'il vous demandera de compte, mais on ne sait jamais. Je préfére vous avertir pour éviter que vous ne me contredisiez. Au revoir.

Et elle referma la porte, laissant un Rogue perplexe dans ses appartements.

Kécile fila ensuite chez Dumbledore. Elle se doutait bien que Severus ne voudrait pas se rendre au bal et le professeur aurait sans doute trouvé bizarre qu'elle insiste pour qu'il y assiste, sans compter qu'il n'était pas du tout garanti qu'elle parvienne à le convaincre. Le meilleur moyen pour s'assurer la présence de Severus à ce bal, c'était donc de passer par Dumbledore. La question était de savoir si elle allait pouvoir jouer carte sur table avec le directeur ou si elle allait devoir l'embobiner lui aussi. Curieusement, c'était celui qu'elle avait le plus de scrupules à tromper... Autant qu'on puisse le tromper, bien sûr. Mais en même temps s'il refusait, la partie face à Drago serait serrée...

Elle décida de ne pas aborder le sujet tout de go. Dumbledore l'invita à passer dans son salon et lui proposa de mettre de la musique, ce qu'elle accepta avec joie.

Elle lui demanda s'il pouvait mettre une valse.

- C'est pour te préparer au bal ?

- Plus ou moins... avoua Kécile.

- J'en conclue donc que tu as trouvé un cavalier pour t'y rendre, dit Dumbledore en souriant d'un air satisfait.

- Tout à fait. J'aimerais que vous m'appreniez ce sort pour faire apparaître des instruments qui jouent tous seuls, demanda Kécile avant qu'il n'ait le temps de s'enquérir du nom du cavalier qu'elle voulait dévoiler plus tard.

- Nous pouvons essayer si tu veux. Maintenant que tu commences à connaître la plupart des instruments de l'orchestre, ce devrait être possible, même si ta connaissance du répertoire reste limitée.

En effet, Kécile comprit vite qu'un minimum de connaissances basiques de la musique était nécessaire à la maîtrise de ce sort. Il fallait avoir une idée très précise de ce qu'on voulait exécuter. Dumbledore lui expliqua comment faire surgir de nul part un seul instrument.

De plus, comme Kécile le réalisa rapidement, ce n'était pas de créer l'instrument en lui même qui était compliqué, mais de le faire agir de manière autonome.

- L'instrument que tu veux faire apparaître n'est pas réel. Nous ne pourrions pas nous en servir comme tel. Ce n'est qu'une sorte d'illusion qui sert de support à l'enchantement suivant, si tu veux.

Lorsqu'ils décidèrent d'arrêter pour cette soirée, la flûte de Kécile émettait vaguement quelques sons abominablement faux, mais Dumbledore assura que c'était un très bon début.

- Maintenant, dis-moi, Kécile, demanda Dumbledore en lui faisant signe de s'asseoir et en faisant surgir de nul part des tasses de thé. Avec qui vas-tu au bal ?

- Je ne vous savais pas avide de cancans ! plaisanta Kécile. De toute manière, c'est pour lui rendre service que j'ai accepté. Et j'ai dû demander à Drago Malfoy de m'apprendre à danser pour pouvoir tenir parole. Vous savez que Severus ne veut pas aller au bal ?

- Ça ne me surprend pas.

- J'ai besoin qu'il y soit.

- Pourquoi donc ? S'enquit Dumbledore perplexe

- Ça va causer des ennuis à Harry, si Severus n'y est pas.

Bien, ce n'était pas l'exacte vérité, mais ce n'était pas faux non plus. A ce stade de la conversation, Kécile put voir que Dumbledore était perdu.

- Il va falloir que tu m'expliques tout depuis le début, Kécile...

- Drago a accepté de m'apprendre à danser en échange d'une sorte de... gage. J'ai besoin que Severus soit au bal pour pouvoir le remplir. Et j'ai vraiment besoin d'apprendre à danser. C'est avec Harry que je vais au bal. Et ni lui ni moi ne savons actuellement danser. Donc je me suis dévouée pour qu'on n'ait pas l'air trop ridicule à l'ouverture. Oh ! Ne me regardez pas avec cet air là, fit-elle en voyant le grand sourire espiègle qu'affichait le vieil homme.

- Et quel est ce gage ?

- Je ne sais pas si c'est une très bonne idée que je vous le dise... Ce n'est qu'un tour innocent, mais... Pourriez-vous faire en sorte qu'il soit présent au bal ?

- C'est une chose envisageable... Après tout, en tant que membre du corps enseignant, sa présence peut se révéler indispensable...

- Très bien. Parce que c'est la partie la plus facile du gage... La deuxième l'est beaucoup moins... Je dois le faire danser.

Dumbledore resta interloqué un court instant avant de pouffer sans retenue.

- Rien que pour voir cela, Kécile, tu as ma parole que Severus n'échappera pas au bal. Mais j'espère que tu es consciente des risques que tu prends...

- Oui... avoua Kécile en riant. Je pense qu'après cela, Karkaroff ne sera plus ma première menace...

XXX

A 19h, Kécile se rendit pour son premieer cours de danse dans la salle de cours de sortilèges qui était toujours ouverte, et suffisamment grande pour qu'ils puissent y déambuler sans gêne.

Drago tint parole, et arriva quelques minutes plus tard, son expression oscillant entre un sourire narquois et son habituel petit air supérieur.

- Bien, Kécile. Nous n'avons que quelques heures d'ici au bal, alors, je n'ai pas le temps de t'apprendre toutes les danses de salon. De toutes manières, j'imagine qu'ici, il va y avoir quelques trucs conventionnels à l'ouverture, et qu'ensuite ça va partir dans tous les sens... Je vais t'apprendre quelques bases du rock, mais tu dois avant tout savoir danser la valse. Les bals commencent toujours par ça.

- Alors parfait, c'est ce qui me faut, approuva Kécile qui n'avait aucunement l'intention de passer la soirée à danser.

Elle ferait une valse avec Harry, et après il se débrouillerait s'il voulait continuer à danser.

Il se révéla que Kécile n'était pas plus douée pour la danse que pour le dessin, ce qui n'était pas peu dire. Au bout d'une heure et demi, Drago renonça à se faire marcher sur les pieds plus longtemps et lui donna rendez-vous pour le lendemain.

Le jour suivant, elle retourna voir Dumbledore pour continuer à travailler le sortilège musical, et arriva à sortir quelque chose d'à peu près potable... La leçon de danse en revanche ne se passa pas beaucoup mieux.

La semaine s'écoula, et la veille du jour de son départ pour Paris, Kécile arriva triomphante à son habituel rendez-vous avec Drago. C'était leur dernier cours. Kécile avait fait des progrès et réussissait à se mouvoir correctement, mais elle restait raide et empruntée.

- Regarde ça ! Annonça-t-elle avec un sourire très satisfait en sortant sa baguette.

Sous le regard surpris de Drago apparut un piano qui commença à jouer tout seul une valse de Chopin.

- Où as-tu appris ce sort ?

- Avec Dumbledore. Je n'arrive pas encore à faire jouer plusieurs instruments en même temps (enfin si,elle y arrivait mais pour l'instant, un orchestre qui s'accorde était mille fois plus harmonieux que ce qu'ils sortaient, c'était donc inutile de le préciser à Drago.) . Mais il dit que ça va venir maintenant que je maîtrise la polyphonie avec le piano.

- Espérons que cela va t'aider à danser un peu moins comme un piquet... On dirait que tu as McGonagall dans tes bras, grommela-t-il.

XXX

Le lendemain matin, Kécile et Dumbledore quittèrent de bonne heure le château pour transplaner sur la rive sud de l'Angleterre, puis à nouveau pour traverser la manche et prendre la poudre de cheminette jusque chez Henri et Martine qui les attendaient lorsqu'ils débouchèrent dans le salon.

Kécile fut embrassée avec chaleur par Martine et Henri la salua cordialement.

- Que je suis contente que vous ayez pu venir, Albus ! Avec tout le remue-ménage de ce tournoi, j'avais peur que tu ne trouves une excuse...

- Martine, tu parles comme si je fuyais nos réunions.

- Ah ! Quand tu n'es pas d'humeur, c'est le cas, ne dis pas le contraire...

Dumbledore leva les yeux au ciel, et se tourna vers Henri, tandis qu'ils s'asseyaient tous dans les causeuses recouvertes de soieries qui laissaient toujours à Kécile l'impression qu'elle allait salir quelque chose.

- Au fait, Henri, merci pour tes derniers enregistrements, ils sont absolument remarquables. Les moldus ont encore faire des progrès en prise de son. On peut presque se croire dans une salle de concert. C'est d'une précision et d'une netteté remarquable.

- Je savais que cela te plairait, assura Henri. Il faut que je te fasse écouter un enregistrement d'un clarinettiste... je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi beau et d'aussi pur. Il est jeune et enseigne à Genève...*

Laissant Henri et Dumbledore débattre sur les qualités du dit clarinettiste, Kécile se tourna vers Martine et lui dit :

- Le professeur Dumbledore m'a fait écouter pas mal de musique, ces derniers temps. Il m'a fait découvrir les instruments. Je crois que je suis à peu près décidée sur un instrument...

- Pour commencer à l'apprendre ? Demanda Martine très intéressée.

- Oui.

- Fantastique ! Je ne sais pas pourquoi, mais je te vois bien avec un instrument à vent...

Kécile sourit.

- J'ai choisi le hautbois.

- Oh ! S'exclama Martine en riant. Tu n'as pas choisi le plus facile. Henri, tu entends cela ? Kécile voudrait faire du hautbois.

- Vraiment ? Demanda Dumbledore à qui la jeune fille n'avait pas encore parlé d'un choix arrêté d'instrument. Henri, j'ai comme l'impression que tes concertos pour Hautbois baroque y sont pour quelque chose.

- Et bien pourquoi pas après tout... dit le clarinettiste. Si tu es suffisamment patiente pour supporter quelques années de canard ! Ajouta-t-il avec une moue amusée.

Et les trois adultes éclatèrent de rire, sous l'oeil perplexe de Kécile. Ils finirent par lui expliquer que le hautbois était peut-être l'instrument qui prenait le plus de temps à avoir un joli son et que durant les premiers temps, le bruit qui en sortait n'était pas des plus agréables, surtout pour ceux qui devaient le subir.

Mais Kécile ne démordit pas de son choix et ils commencèrent alors à réfléchir comment et avec qui lui prodiguer les cours.

Au cours du repas de midi, où Martine avait encore « mis les petits plats dans les grands » pour reprendre une expression de Dumbledore, ils en vinrent naturellement à parler du tournoi des Trois Sorciers et du bal qui devait avoir lui deux jours plus tard.

- Comment t'habilles-tu, ma chérie ? S'enquit Martine.

Kécile devint brusquement méfiante.

- J'ai une robe de soirée noire, répondit-elle du bout des dents.

- Noire ? Vraiment ? Ça va faire tristounet, surtout avec tes cheveux... remarqua Martine sans retenir une moue. Comment est-elle? En quelle matière ?

Et Kécile dut décrire en détail sa robe sous les questions insistantes de la vieille femme qui semblait connaître un rayon en matière de mode.

- Mais cela ne va pas du tout, ma chérie !s'exclama la vieille femme lorsqu'elle eut fini son interrogatoire.. Tu auras l'air d'aller à un enterrement...

« Et bien, comme ça je suis déjà armée pour celui de Harry au cas où... » songea ironiquement Kécile.

- Tu ne peux pas y aller comme ça, continuait Martine. Surtout si tu ouvres le bal ! Ecoutes, cet après-midi, nous irons t'acheter une robe adéquate.

- Vous voulez dire... Faire les magasins ? S'exclama Kécile horrifiée.

- Je connais les bonnes adresses, fais moi confiance.

Même la chantilly ne parvint pas à dérider Kécile.

XXX

Kécile pensait que les deux femmes allaient se rendre sur la place escamotable. Mais à sa grande horreur, ce fut dans une petite boutique typiquement moldue que Martine l'emmena.

- Je ne viens plus ici depuis belle lurette, toutes ces tenues ne sont hélas plus de mon âge. Mais on trouvera sans doute quelque chose de charmant.

Il fallait reconnaître que les rayonnages ne manquaient pas de choix, mais Kécile ne mettait aucun entrain à trouver une robe, persuadée qu'elle avait déjà ce qu'il lui fallait. Elle n'était pas assez imploie pour s'asseoir tout bonnement sur un siège et attendre que la vieille femme fasse défiler tous les modèles du magasin devant elle. Mais elle triturait le rayonnages avec distraction.

R- egarde ce bleu turquoise ! Cela t'irait à ravir...

Kécile secoua la tête énergiquement, catastrophé. C'était beaucoup trop voyant à son goût.

- Et comment s'habille Harry ? Demanda Martine. En noir ?

- En vert.

- Oh! Alors on peut abandonner l'idée du bleu, déclara-t-elle catégorique. Ce serait une faute de goût énorme. C'est dommage, c'est une couleur qui t'irait vraiment à merveille...

Kécile haussa les sourcils et marmonna qu'elle s'en fichait royalement, et qu'elle ne voyait vraiment pas quelle importance cela pouvait avoir.

- Mais c'est ce qui fait toute l'élégance, ma chérie. Ce sont à ces détails qu'on reconnaît une femme du monde.

Kécile ne put retenir un sourire. C'était une remarque qui n'aurait pas dépareillé dans la bouche de Narcissa Malfoy !

Parmi diverses couleurs et diverses formes, Martine lui en présenta une robe jaune clair avec insistance et Kécile demanda ce que tout le monde avait à vouloir qu'elle ressemble à un canari.

Finalement, la vieille femme finit par lui faire admettre qu'elle était très élégante dans une robe carmin suffisamment sombre pour ne pas être trop voyante au goût de Kécile.

Lorsqu'elles quittèrent le magasin et rentrèrent chez les Praslin, Kécile était épuisée et ne songeait plus qu'à se fourrer dans un fauteuil en attendant l'heure du dîner. Aussi lorsque Henri les accueillit avec un « Déjà ! » surpris, elle se demanda s'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie.

- Oui, ça n'a pas pris longtemps... Nous n'avons eu qu'à faire un seul magasin, répondit Martine sur un ton réjoui.

Kécile se promit de ne plus jamais retourner faire les boutiques avec Martine.


* Je parle ici d'un réel clarinettiste que j'ai rencontré et écouté plusieurs années de suite au cours des stages de MusicAlp. Pour ceux qui aiment cet intrument, il s'appelle Romain Guyot. Je ne suis pas fan de cet instrument, mais avec lui c'est merveilleux...Bref...


Alors? Que pensez-vous de ce gage?


Alors? Que pensez-vous de ce gage?