N'oubliez pas d'aller lire le Prologue...
Vous saurez ici si Kécile va réussir la gageure imposée par Malfoy...
Chapitre XXXXXXII : Le Bal de Noël
Malgré son épopée vestimentaire, ce fut presque à regret que Kécile quitta les Praslins, avec la promesse de revenir pour les grandes vacances.
Le 25 arriva trop vite au goût de Kécile. Enfin, il y eut d'abord les cadeaux, et cette fois-ci elle avait prévu des choses à offrir.
Pour Harry un livre sur les dragons, pour Hermione une palette à dessin, elle avait même trouvé un livre sur les meilleures stratégies d'échecs pour Ron. Elle avait aussi offert à Dumbledore un assortiment de bonbons de chez Honeyduckes et à Severus un assortiment de thé qui, elle l'espérait, l'aiderait à se faire pardonner du tour qu'elle allait lui jouer.
Elle reçut un livre « Paris vu par les écrivains » de Martine, une compilation de disques de concertos pour hautbois de Henri, d'Hermione (cela la fit bien rire qu'elles aient pensé à la même chose) un livre pour apprendre à dessiner, de Ron un paquet de friandise de chez Honeyduckes de Harry un livre intitulé « Les Dangers de la Magie Noire » ce qui prouvait qu'il n'avait pas oublié leur récente conversation, de Severus, rien du tout, et de Dumbledore deux curieux objets : l'un d'eux était une boîte avec une sorte de balancier qui faisait un bruit sonore et qui pouvait aller plus ou moins vite et tout un tas de chiffres indiqués dessus, et l'autre une curieuse fourche qu'elle observa sous toutes ses coutures sans comprendre à quoi elle pouvait bien servir. Il y avait juste une inscription A 440 qui ne l'éclaircissait pas du tout... Et il y avait aussi un mot lui demandant de venir le voir dans l'après-midi car il avait un autre cadeau pour elle.
En début d'après-midi, Kécile, Hermione, Harry et tous les Weasley se rendirent dans le parc. Au début les deux filles de quatrième année s'assirent simplement pour assister à la bataille de boule de neige, mais rapidement, Fred et George prirent d'assaut Kécile qui se lança elle aussi dans la mêlée. Elle se joignit à Harry et Ron contre les jumeaux et Ginny chaque équipe érigeant des murs de neige pour se protéger des assauts et préparant des missiles de plus en plus gros pour tenter de détruire les protections d'en face. En moins d'une demi-heure, Kécile était trempée et frigorifiée, mais elle dut reconnaître qu'elle ne s'était jamais autant amusée de sa vie. Elle scella cet après-midi là la paix avec les frères Weasley et laissa pour une fois toute dignité derrière elle. Nul doute que si Severus l'avait vue il aurait été consterné... Mais tant pis ! C'était trop drôle !
Vers cinq heures, Hermione annonça qu'elle remontait au château pour se préparer.
- Tu as besoin de trois heures pour ça ? S'étonna Ron.
Kécile réalisa qu'elle devait toujours aller voir Dumbledore avant le bal. Elle s'était tellement amusée qu'elle n'avait pas vu l'heure filer.
Elle accompagna Hermione jusqu'à la tour Gryffondor pour se sécher et se changer, histoire de ne pas attraper une pneumonie. Elle prit au passage les deux étranges objets que lui avait offerts Dumbledore pour demander à quoi ils servaient.
Puis elle laissa Hermione à ses préparatifs (il fallait dire sur ce coup-là qu'elle avait plutôt du mal à comprendre : elle aurait davantage vu Lavande prendre trois heures pour se préparer que Hermione.) L'identité du garçon qui la poussait à agir ainsi l'intriguait presque autant que Ron.
L'entrevue avec Dumbledore fut rapide car celui-ci avait déjà de la visite. Lorsqu'elle frappa à la porte du bureau, Karkaroff et Madame Maxime s'y trouvaient déjà.
- Oh, pardon. Je repasserais plus tard, fit-elle en refermant la porte.
- Attends, Kécile, appela Dumbledore. Vous m'excusez un instant ? demanda-t-il à ses visiteurs.
Il fit signe à Kécile de passer dans son salon et referma la porte derrière eux.
- Vous ne semblez pas hésiter à montrer notre familarité... remarqua-t-elle.
- Oh, répondit Dumbledore d'un ton désinvolte. Il n'est pas totalement inutile que Karkaroff sache que je garde plus d'un œil sur toi. Voici le cadeau dont je te parlais, dit-il en lui tendant un paquet assez gros. Il vient de la part des Praslins et de moi-même.
- Ils n'auraient pas du... C'est beaucoup trop ! Et vous non plus.
- Ouvre le.
Kécile obtempéra et déchira le papier pour découvrir une petite malle noire. Lorsqu'elle l'ouvrit elle mit quelques instants avant de comprendre de quoi il s'agissait et s'exclama ravie :
- Un hautbois !
Dumbledore lui expliqua alors qu'il avait trouvé grâce à Henri un professeur qui viendrait à Poudlard une fois par semaine pour lui enseigner le hautbois, ce qui, il fallait qu'elle en soit consciente était un grand privilège et ne devait pas s'ébruiter. En prévision de ces cours, il avait donc loué un hautbois.
Quant aux deux objets mystérieux, il s'agissait d'un métronome et d'un diapason, deux instruments de torture pour les jeunes musiciens.
C'est donc une Kécile ravie qui retraversa le bureau du directeur et lança un joyeux « A tout à l'heure !» avant de refermer la porte sous l'oeil perplexe des deux autres directeurs.
A peine remontée à son dortoir, elle se précipita pour monter l'instrument, mettre une hanche et porta le hautbois à sa bouche. Mais elle eut beau pincer les lèvres et souffler tout ce qu'elle put, rien ne sortit. Elle recommença puis brusquement un son strident et agressif, un épouvantable canard, la fit sursauter. Dans la salle de bain, elle entendit un objet chuter dans un évier. Elle réitéra son exploit tandis qu'Hermione venait voir ce qui faisait cet abominable son de cornemuse.
Une demi-heure plus tard, Kécile se résigna à ranger l'instrument lorsque Lavande et Parvatil qui étaient montées elles-aussi se pomponner réclamèrent à grand cris qu'elle cesse son cirque.
Elle entreprit donc de s'habiller à son tour, ce qui ne prit guère de temps.
Après une rapide douche, elle enfila sa robe toute neuve, ses chaussures à talons et resta plantée devant le miroir à se demander qu'est-ce qu'elle pouvait faire de plus. Elle n'avait pas de bijoux et elle ne savait pas trop quoi faire de ses cheveux. Hermione était en train de batailler avec un sortilège et une potion de mise en plis pour lisser sa tignasse. Pour sa part, elle n'avait pas ce problème et décida de ne pas se compliquer la vie et de laisser ses cheveux tels quels. Elle se trouva donc désœuvrée, et attendit dans la salle commune, prête avant même les garçons qui devaient batailler avec nœuds papillon et autres cravates...
Finalement, Hermione descendit la première, mais fila aussitôt hors de la tour des Gryffondors pour rejoindre son cavalier, dit-elle. Les autres la suivirent de peu, et Harry arriva vers Kécile, embarrassé et un peu emprunté dans sa tenue.
Il fallut descendre se ranger avec les autres champions et Kécile découvrit alors avec qui Hermione allait au bal. Et elle n'apprécia pas du tout. Pas tout à fait pour les même raisons que les autres filles, cependant.
Viktor Krum !
Elève de Durmstrang et chouchou de Karkaroff !
Elle allait l'entendre !
Les champions et leurs partenaires entrèrent en dernier sous les applaudissements de l'école et Kécile eut une autre mauvaise surprise. Les grandes tables avaient été remplacées par une centaine d'autres plus petites et donc plus intimes. Et les champions semblaient tenus de s'asseoir avec les officiels et les directeurs des écoles. Elle grinça des dents. Il ne restait plus que deux places entre Percy Wealsey et Karkaroff. Evidemment, aucun autre couple de champion n'avait voulu la compagnie de tels personnages.
D'un poigne ferme, Kécile dirigea Harry auprès de Percy. Elle se chargeait de Karkaroff. Autant limiter les dégâts.
Elle s'assit la tête haute, fit un grand sourire à Dumbledore qui lui répondit par un léger froncement de sourcils qu'elle comprit comme étant une demande d'être prudente.
Alors qu'elle venait de commander son dîner ( canette rôtie, bien que la blanquette de veau la tentait davantage, mais Martine lui avait bien dit d'éviter à tout prix les plats en sauce... Il paraît qu'il n'y a rien de mieux pour perdre toute dignité.) elle entendit sur sa droite la voix de Karkaroff murmurer :
- Ainsi, vous vous êtes réfugiée dans les robes de Dumbledore...
- Ça vaut toujours mieux que de se cacher derrière un masque, répondit-elle sur le même ton.
- J'espère que vous êtes consciente qu'il ne vous laissera pas vous en tirer comme ça ?
- Alors, éclairez-moi. Qu'est-ce que vous devez faire ? Profiter de ce dîner pour glisser un poison dans mon verre ? Me poignarder à l'angle d'un mur ?
- Vous manquez cruellement d'imagination.
Sentant le regard de Dumbledore fixé sur eux, ils cessèrent leurs messes basses et se concentrèrent sur leur repas, puis Harry engagea la conversation avec Kécile.
Le moment fatidique pour les deux gryffondors arriva lorsqu'une fois que tout le monde eut fini de manger, Dumbledore se leva pour faire disparaître les tables et que les Bizarr'Sisters se précipitèrent sur scène. Kécile dut tirer Harry avec elle pour l'entraîner sur la piste.
Malfoy lui avait bien dit que c'était toujours l'homme qui menait (espèce de macho, va!) mais Kécile savait qu'il n'allait pas falloir compter sur Harry. Elle plaça d'office une des mains de Harry autour de sa taille, faisant rougir son partenaire, l'autre dans la sienne et plaça sa main gauche suffisamment au milieu de son dos, même si Drago devait ricaner dans son coin, pour pouvoir imposer le mouvement à Harry. Harry n'était pas si mauvais danseur que ça. Il ne lui opposait aucune résistance et s'appliquait à suivre le mouvement. Il ne lui marcha pas sur les pieds non plus. Bref, pour une première fois, il faisait mieux qu'elle n'avait fait elle-même avec Malfoy. A côté d'eux, Hermione semblait bien s'amuser même si Krum n'était de toute évidence pas le danseur du siècle, Fleur Delacour semblait diriger Roger Davies par magnétisme, et Diggory et Chang formaient de loin le couple le plus harmonieux et dansaient très élégamment. Enfin, lorsque la valse s'acheva, Kécile se dit qu'elle avait terminé sa mission... ou du moins la première.
- Merci, Kécile.
- Mais de rien Harry. Ça s'était la partie la plus facile de la soirée, répondit-elle la mine sombre.
Harry grimaça.
- Tu vas t'y prendre comment ?
- Je ne sais pas. Il est là, c'est déjà ça.
Kécile contempla d'un air désespéré Severus, à l'autre bout de la salle, qui fixait les danseurs avec une mine rageuse. Drago surgit à cet instant devant elle.
- J'ai rempli ma partie du contrat, dit-il d'un ton goguenard. A toi d'en faire autant.
- Je sais, Malfoy, répondit-elle le visage fermé. Observe l'artiste.
Et elle se dirigea d'un pas décidé vers Severus.
Elle prit le temps de se modeler une figure plus avenante et qui masque son appréhension avant de l'aborder.
- Bonsoir, Severus. Je ne m'attendais pas à vous trouver là ce soir.
- Bonsoir Miss Gaunt. On ne m'a pas vraiment laissé le choix, répondit Severus en jetant un regard noir à Dumbledore. Le directeur a exigé la présence de tout le corps professoral sans exception.
- Et bien, puisque vous êtes là, vous devriez plutôt profiter de la soirée plutôt que de vous morfondre et de fusiller sur place quiconque vous approche, ne croyez-vous pas ? Dit Kécile en s'asseyant à côté de lui.
- Je vois que vous, vous en profitez, remarqua-t-il sèchement.
- Et bien, autant que possible.
- Vous rappelez-vous ce que je vous ai dit l'an dernier, au sujet de vos fréquentations ?
- Euh... Il me semble que vous me reprochiez de fréquenter Malfoy et d'aider Londubat durant vos cours, quelque chose comme ça, réfléchit Kécile qui ne voyait pas très bien le rapport.
- Et vous souvenez-vous de ce que j'ai dit ensuite ? Murmura le professeur. Que si vous demandiez Potter en mariage la mesure serait comble. Ais-je eu sous les yeux la première étape vers ce drame ?
Kécile leva les yeux au ciel en comprenant pourquoi Severus était aussi furieux.
- Il ne s'agit de rien d'autre qu'un service entre amis, vraiment.
- Je comprends pourquoi vous aviez besoin d'apprendre à danser.
- Venez avec moi, Severus, dit brusquement Kécile en se levant, vous pourrez expérimenter mes toutes nouvelles acquisitions.
- Pardon ? Demanda Severus qui avait peur d'avoir compris.
- Venez danser avec moi ! Les danses civilisées, comme les appelle Drago, ne vont pas durer toute la soirée.
- C'est hors de question.
- Allons, Severus, vous n'allez pas rester là à faire la tête toute la soirée.
- Vous êtes une élève, Miss Gaunt.
Kécile eut un petit rire.
- Tous les élèves et professeurs savent déjà que nous entretenons des relations particulières. Et s'ils en doutaient encore, de nous voir tranquillement discuter ainsi leur aurait enlevé leurs derniers doutes. Vraiment, Severus, s'il n'y a que ça qui vous retient, venez !
Et elle lui tendit la main d'un geste ostentatoire.
- J'ai dit non, Miss Gaunt.
- Severus, s'il vous plaît, pria-t-elle.
- Je ne sais pas danser.
- Ça n'est pas grave, Harry non plus, et je l'ai tout de même guidé pour une danse.
- Pour la dernière fois, c'est non, Kécile.
- Severus, venez avec moi, dit Kécile qui commençait à se sentir agacée par l'entêtement de son professeur, ou je vais de ce pas inviter Karkaroff !
- Vous ne feriez pas cela ! S'exclama Severus outré.
- Je vais me gêner !
Et Kécile partit d'un pas décidé en direction du directeur de Durmstrang qui se trouvait de l'autre côté de la salle. Severus eut la réaction qu'elle attendait. Voyant qu'elle s'apprêtait à mettre sa menace à exécution (et elle l'aurait très certainement fait) Severus la rattrapa alors qu'elle traversait la foule des danseurs et l'agrippa par le bras assez violemment, le visage déformé par la rage.
- Cessez ce petit jeu stupide !
Profitant de l'aubaine, Kécile se retourna et enserra d'une main ferme la taille de son professeur avant de l'obliger à se mouvoir, aidée par les couples qui avaient tendance à les bousculer tant qu'ils restaient immobiles. Quelques secondes plus tard, Severus et Kécile se retrouvaient à danser au milieu de la piste, Kécile tirant plutôt qu'autre chose l'homme qui siffla entre ses dents.
- Allez-vous finir, Kécile ! C'est totalement ridicule. Je ne sais pas ce que vous essayez de faire.
- De vous faire danser, rien d'autre, je vous assure, répondit en toute sincérité Kécile.
- Ah ! Severus ! Je vois que vous avez enfin décidé de vous amuser un peu, lança Dumbledore qui passait non long d'eux aux bras de Minerva.
Il affichait un grand sourire et Severus comprit que le directeur et l'élève s'étaient ligués contre lui. Rassemblant le peu de dignité qui lui restait, il décida de reprendre la danse en main et se plia bon gré mal gré à tenir la piste de danse jusqu'à la fin de la valse. Sentant la fin de la résistance, Kécile le laissa aussitôt guider leurs pas et put constater que, sans égaler l'aisance de Drago, Severus était tout à fait capable de danser quand il le voulait bien. Elle lui en dit la remarque et demanda :
- Pourquoi alors toute cette histoire pour une malheureuse danse ?
- Et vous, Miss Gaunt, pourquoi cette insistance à me faire danser ?
- Vous sembliez tellement malheureux tout seul sur votre siège que j'ai voulu vous distraire, vous amuser un peu.
- Et bien lorsque cette maudite valse sera terminée, je vais retourner sur ce siège jusqu'à la fin de la soirée, et je vous prie de ne plus m'y importuner pour ce genre de bêtises, Miss Gaunt.
- Vous êtes désespérant, Severus, soupira Kécile. Et arrêtez de m'appeler Miss Gaunt.
De ce fait, personne d'autre n'osa venir inviter à danser l'austère professeur de potions qui retourna d'asseoir à la table des professeurs avant d'aller faire un tour dans le parc, sans doute pour fuir le bruit du bal.
- Alors ? Demanda Kécile avec un petit air suffisant à Drago.
- Je ne peux que m'incliner, avoua en toute bonne fois Drago. C'était du grand art. Et Severus sait donc danser. Tu crois que tu pourrais recommencer cet exploit ?
- Très peu pour moi ! Trouve un autre cobaye, Drago !
- Je regrette presque que tu ais réussi. J'aurais bien aimé te voir arboré un badge, toi-assi... fit t-il d'un air rêveur.
- J'avais préparé l'éventualité de perdre, et j'ai en effet un badge. Je peux même te faire le plaisir de le porter, si tu le souhaites.
Drago fronça les sourcils soupçonneux, sentant qu'il y avait anguille sous roche.
- Tu ferais ça?
- Mais oui! Regarde!
Et Kécile découvrit un joli badge rond qui affichait tour à tour " A bas Drago Malfoy la vraie fouile de poudlard! Vive Harry Potter"
Drago devint livide de fureur et serra les poings convulsivement comme pour s'empêcher de jeter un sort à Kécile. Celle-ci lui dit oguenarde.
- Malheureusement, j'ai réussi mon gage... Ce badge va donc rester au placard. Dommage... Enfin, sait-on jamais. Il reste encore 6 mois avant la fin du tournoi. Tu me donneras peut-être l'occasion de le ressortir.
Et Kécile le laissa en plant. Elle alla s'asseoir avec Harry et Ron juste au moment où Hermione revenait elle-aussi, toute étourdie par les danses.
- Il fait chaud, vous ne trouvez pas ? Dit-elle en s'éventant inutilement avec sa main. Viktor est allé chercher quelque chose à boire.
- Viktor ? Répliqua Ron d'un ton féroce. Tu ne l'appelles pas encore Vicky ?
Hermione sembla prise au dépourvue.
- Qu'est-ce ce qui t'arrive ?
- Hermione, dit Kécile qui comprenait la colère de Ron. C'est un élève de Karkaroff. Imagine qu'il agisse sur les ordres de celui-ci ?
- C'est complètement idiot. Il n'en a pas du tout l'attitude. Il sait de plus très bien avec qui je suis amie et que Harry est beaucoup plus important à mes yeux que lui.
- Tu as une drôle façon de le montrer ! S'esclaffa Ron.
- J'espère que tu sais résister à l'Imperium, Hermione...
- Mais tu deviens paranoïaque, Kécile !
- Peut-être bien, mais je ne te laisserais pas fréquenter Krum sans t'avoir mise à l'épreuve. Que ça te plaise ou non, tu viendras t'entraîner avec moi demain. Il est hors de question que tu nous mettes en danger.
- Jamais Viktor ne sera un danger, voyons ! S'offusqua Hermione.
- Comme tu l'as dit, il sait très bien qui sont tes amis et il essaye tout simplement de se rapprocher de Harry, supputa Ron. Il veut obtenir des informations ou trouver l'occasion de lui jeter un mauvais sort.
- Je te signale qu'il ne m'a pas demandé la moindre chose au sujet de Harry, pas la moindre... s'indigna Hermione dont la voix commençait dangereusement à grimper vers les aigus.
- Alors, il espère tout simplement que tu vas l'aider à résoudre l'énigme de l'oeuf. J'imagine que vous avez parlé de choses et d'autres pendant ces charmantes petites séances à la bibliothèque.
- Il ne me viendrait jamais à l'idée de l'aider en quoi que ce soit ! S'insurgea Hermione. Jamais ! Comment peux-tu dire une chose pareille ! Je veux que ce soit Harry qui gagne le tournoi et il le sait très bien, n'est-ce pas, Harry ? Ce tournoi a pour but de rencontrer des sorciers d'autres pays et de nouer des liens d'amitié avec eux.
- Non, ce n'est pas ça du tout ! Il s'agit de gagner, rien d'autre !
- Ron, intervint Kécile, ne rêve pas trop. Il s 'agit surtout de garder Harry en vie jusqu'à la fin de ce Tournoi. Maintenant Hermione, Krum n'a peut-être aucune mauvaise intention, mais mieux vaut prévenir que guérir. Alors dans le doute tu restes sur tes gardes, et on s'entraîne demain, dit-elle d'un ton définitif.
- Tu ferais bien de rejoindre Vicky, il va se demander où tu es passée, conclut Ron.
- Arrête de l'appeler Vicky ! Cria Hermione avant de s'enfuir.
XXX
Severus marchait dans le parc sans but particulier, désireux uniquement de s'éloigner de la foule ainsi que de Kécile et ses idées tordues pour le divertir.
- Rogue.
Severus se tendit et se retourna lentement.
- Qu'est-ce que tu me veux, Karkaroff ? demanda-t-il prudemment, alors que son regard balayait les alentours.
- Ils étaient seuls.
- C'est la première fois que nous avons l'occasion d'une petite discussion. Ne crois-tu pas qu'elle est nécessaire ? Demanda Karkaroff avec un petit sourire vicieux.
- Laisse tomber la diplomatie, Igor. Que veux-tu savoir ?
- J'aimerais surtout comprendre. Et je ne suis pas le seul. Tu étais bien l'un des derniers auquel nous aurions pensé. Est-ce que fréquenter Dumbledore t'a rendu aussi fou que lui ?
Severus le jaugea du regard. Peut-être était-il idiot de se faire ces illusions, mais que risquait-il ? Ça ne servirait probablement à rien, mais au pire il ne le croirait pas... Et on ne savait vraiment pas de quoi les prochaines années seraient faites...
- Fréquenter Dumbledore m'a surtout mis dans une position impossible. Lui et la Princesse m'ont donné leur totale confiance. Je n'allais pas les détromper.
- Qu'es-tu en train d'essayer de dire ? N'imagine pas que je vais croire que tu fais toujours partis des nôtre, Severus
- Je n'ai pas l'intention d'essayer de te convaincre non plus, répondit le professeur d'une voix égale. Et mon attitude peut très certainement s'appeler une désertion. J'ai eu peur... Tu peux comprendre cela, n'est-ce pas Igor ?
- Peur de quoi ?
- Sais-tu comment cela s'est réellement passé ? Non. Tu ne peux donc pas comprendre, murmura Severus. Imagine que quelqu'un que tu fréquentes depuis des années et qui a totalement confiance en toi, envoie une lettre au Seigneur des Ténèbres pour lui annoncer que tu l'as trahi ? Qu'est-ce que tu aurais fait ? C'est ce qui s'est passé. La Princesse a envoyé cette lettre. Je ne l'ai appris que quelques semaines plus tard.
- Tu aurais dû revenir.
- J'ai eu peur. Je n'avais aucune preuve pour démontrer au Lord que c'était faux. Le mal était fait, d'autant plus que je ne l'ai réalisé que plus tard. Et Dumbledore aurait immédiatement compris la vérité s'il avait su que je continuais à me rendre auprès du Maître. Mets-toi à ma place, Igor. Je connais la Princesse depuis sa naissance. Je suis professeur ici depuis des années et Dumbledore m'a connu avant le Seigneur des Ténèbres. J'aurais dû réaliser que la Princesse changeait de camp et en avertir le Lord. Ça n'a pas été le cas. Je passe le plus clair de mon temps avec ces deux-là. Bien plus qu'avec les Mangemorts. Et du jour au lendemain, le Maître apprend ma trahison. Qu'est-ce qui est le plus probable ? Que le directeur a réussi à me faire changer de camp ou que tout est faux malgré les apparences ?
- Je vois... Je te croyais plus courageux. Je n'aurais vraiment pas imaginé une telle faiblesse de ta part.
- C'est pour cela que c'est trop tard. Le Lord non plus ne l'imaginera pas. Il ne me croira pas. Je suis obligé de rester ici, maintenant. Qu'est-ce que vous faîtes là, tous les deux ? Aboya soudain à l'adresse de deux silhouettes qui venaient de surgir de derrière un buisson. Potter et Weasley, évidemment.
- On se promène, répondit le rouquin avec insolence. Ce n'est pas interdit que je sache.
- Eh bien, continuez à vous promener ! lança-t-il en s'éloignant des oreilles indiscrètes.
Igor le suivait toujours et lorsqu'ils eurent pris une distance respectable, Severus demanda :
- Qu'est-ce que tu as l'intention de faire pour Potter ?
- Pardon ?
- As-tu un plan B ? Parce que malheureusement, cet insupportable gamin est foutu de s'en sortir vivant.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler, Rogue, répondit Karkaroff en haussant les épaules. Il est temps que je rentre. On va finir par trouver mon absence suspicieuse. A plus tard.
Severus grimaça en voyant partir le mangemort.
Il n'était pas sûr d'avoir été très convaincant. Mais difficile de faire croire qu'il n'avait pas pu revenir à cause de la peur de la punition. Enfin, mieux valait toujours qu'on le croit lâche mais toujours convaincu à la Cause que courageux et traître...
Un grand merci à Loun-Ao, éternelle lectrice qui a crée le badge spécial Drago que vous pouvez trouver sur ce lien: http*:/dl*.*/u/538409*9/perso*/Badgegif.*gif
